La campagne présidentielle et la méthode Sarkozy marquent une nouvelle ère. Plus moderne, plus américaine, plus people.
Candidats, médias, débats : la modernisation. La modernisation de notre vie politique du point de vue de la communication est apparue au grand jour lors de la campagne présidentielle. Ce fut d'abord un moment de renouvellement du personnel politique : pour la première fois depuis 1969, aucun des deux finalistes n'était un ancien candidat malheureux, un Président sortant ou un ancien Premier ministre. Renouvellement générationnel, aussi, avec pour la première fois trois quinquagénaires au trois premières places du scrutin.
Le Net abondamment utilisé dans la campagne
Cette situation a évidemment pesé sur les stratégies de communication. L'Internet a pour la première fois été abondamment utilisé. Ségolène Royal a misé toute sa campagne sur l'idéal de « démocratie participative » dont le vecteur principal fut la consultation en ligne, via des forums participatifs. Elle est allée jusqu'à prétendre que son programme était le fruit de la synthèse des milliers de discussions et propositions reçues.
Durant la campagne, les cybermilitants ont été organisés selon un plan de bataille : certains étaient chargés de surveiller les forums des adversaires et de faire remonter des arguments échangés pour y trouver des parades, d'autres de répondre sur des forums, etc.
Pour François Bayrou, l'Internet a été présenté comme un vecteur d'égalisation des situations, pour celui qui a fait des médias traditionnels une cible et un argument de campagne. Les médias, argue-t-il alors, sont aux mains des puissances industrielles qui favorisent son adversaire UMP ; les journalistes restent prisonniers d'un schéma gauche droite (PS/UMP) qui ne lui permet pas d'occuper l'espace médiatique qu'il mérite.
Quant à Nicolas Sarkozy, il a progressivement trouvé un usage spécifique de son site de campagne. L'UMP a compris plus vite que les autres partis, l'utilité de la bataille sur le Net, avec par exemple l'achat de noms pour faire aboutir les recherches Google sur son site, ou encore les adhésions express par électronique et le marketing politique par mail ou SMS. L'innovation est venue de la montée en puissance de la NSTV, une « télévision » à la gloire du candidat, faite de centaines de reportages vidéos : meetings, visites, déclarations, témoignages de soutien…
Deux débats entre les deux tours
Dans ce contexte, l'innovation du second tour de la présidentielle 2007 fut de livrer non pas un mais deux débats télévisés, avec en apéritif un débat entre Ségolène Royal et François Bayrou. Débat qui faillit ne jamais avoir lieu (à cause des règles de contrôle du CSA sur l'égalité des temps de parole des candidats), mais que BFM diffusa finalement. Plusieurs médias internet s'étaient d'ailleurs proposés pour l'organiser, si la diffusion sur les ondes télévisuelles s'avérait impossible.
La mise en scène du premier débat était inhabituelle, la disposition des tables et le contexte évoquant davantage une discussion de salon autour d'un thé, que l'affrontement dual en face à face, comme ce fut le cas pour le second débat Royal/Sarkozy, de facture plus classique.
Mais si le premier débat fut un coup médiatique, il en reste l'impression d'un coup d'épée dans l'eau : aucun projet d'alliance électorale ou gouvernementale n'en est ressorti. François Bayrou s'est employé à conserver sa position ni droite ni gauche, soulignant tour à tour ses points de rapprochement avec la candidate socialiste et ses points de désaccord.
La colère de Ségolène Royal
Lors du second débat, l'histoire retiendra, comme toujours, un passage, celui de la colère de Ségolène Royal. Les commentateurs s'employant à percer un mystère : était-elle feinte et préparée ou non ? Les deux protagonistes ont rejoué, en quelque sorte le fameux débat Laurent Fabius/Jacques Chirac, préparatoire à la campagne des législatives de mars 1986.
Nicolas Sarkozy était accusé par tous ses adversaires d'être autoritaire et cassant, et de flirter avec les thèses du Front national. Il a donc choisi de se montrer courtois en toute circonstance, de se contrôler, de ne surtout pas déraper, donnant régulièrement du « madame Royal » à son adversaire.
Celle-ci passe pour une femme de caractère certes, mais ses adversaires la présentent alors comme connaissant mal ses dossiers, manquant de pugnacité pour un rôle de chef de l'Etat trop grand pour elle. Du coup, elle décide d'être sévère, d'attaquer, d'essayer, comme l'avait fait Laurent Fabius en 1985 d'exciter son adversaire, pour le faire sortir de ses gonds, pour montrer son « vrai visage ». Dans les deux cas, la tactique s'est retournée contre eux. (Voir la vidéo.)
La stratégie du roseau de Sarkozy
Ségolène Royal a été félicitée au soir du débat par ses amis du PS et ses supporters. Ils considéraient qu'elle avait dominé le débat ; à l'inverse, des cadres de l'UMP avaient trouvé leur candidat trop dominé. Mais c'est justement parce qu'elle a gagné le débat qu'elle a perdu l'élection. Après avoir réussi à imposer l'image d'une femme d'ouverture, dialoguant dans une certaine proximité avec François Bayrou, elle a cassé cette image auprès des électeurs de centre droit, en se montrant par trop pugnace, voire un brin arrogante, d'autant qu'elle ne maîtrisa pas la totalité de son argumentaire, comme les journalistes l'ont souligné dans les heures qui suivirent.
Nicolas Sarkozy n'a pas manqué de souligner les défauts d'une telle posture :
« Pourquoi regardez-vous toute personne qui n'a pas votre opinion avec ironie, avec mépris ? “
La stratégie du roseau adoptée par Nicolas Sarkozy, forme de soumission volontaire, fut pour lui bien plus payante, puisqu'elle lui permit de rompre avec une image dure que la débauche de clips ‘sarkostiques’ sur Internet avait puissamment contribué à installer. A cet égard, nous préférons retenir de ce débat un extrait emblématique et pas assez souligné dans la presse du lendemain, un échange en tout point étonnant et inhabituel, où l'un des candidats flatte l'autre et où un dialogue quasi sado-maso s'esquisse :
Nicolas Sarkozy : Vous n'avez pas besoin d'être méprisante pour être brillante.Ségolène Royal : Je connais vos techniques. Dès que vous êtes gêné, vous vous posez en victime.
Nicolas Sarkozy : Avec vous, ce serait une victime consentante ! Ségolène Royal : Tant mieux, au moins, il y a du plaisir.
Bien sûr, comme pour toute élection, les stratégies de communication ne sont pas le seul et principal facteur explicatif du résultat du vote, mais on peut à bon droit souligner que Nicolas Sarkozy a su mieux gérer la sienne.
De plus, Ségolène Royal est finalement partie avec un handicap que le Parti socialiste ferait bien de méditer à l'avenir. Elle a gagné une primaire interne assez dure, bien médiatisée, y compris avec des débats à trois à la télévision. Ce qui pourrait passer pour un atout -elle sort renforcée dans sa légitimité- s'avère un facteur de fragilisation.
En effet, l'UMP avait mis en place une cellule de veille des propos de campagne des trois socialistes et a pu ainsi se constituer un stock d'arguments hostiles à resservir au candidat désigné par les militants. Le procès en incompétence nourri contre la candidate socialiste, mettant en scène ses ‘bourdes’, ses déclarations supposées à l'emporte-pièce, a ainsi pris naissance lors de la campagne interne au PS.
Surmenage, débauchage, langage : l'américanisation. Une fois élu président de la République, Nicolas Sarkozy a tout de suite imposé un style nouveau à l'Elysée. Il se pose en rupture avec la tradition républicaine faisant du Président une sorte de monarque, prenant de la hauteur, assurant ‘par son arbitrage’ comme le professe l'article 7 de la Constitution, le bon fonctionnement de nos institutions.
Depuis son entrée au ministère de l'Intérieur en 2002, Nicolas Sarkozy se positionne sur un créneau dont il ne se départit jamais : il est l'homme de l'agir. Répondant à une des critiques fortes et rémanentes de l'opinion publique vis-à-vis de notre classe politique : ils sont incapables de faire changer les choses ; Nicolas Sarkozy entend être vu agissant.
Il a multiplié les déplacements sur le terrain, les rencontres, les participations directes à des opérations de surveillance, de contrôle… Il a mis en place une série d'indicateurs de traitement de la délinquance afin de pouvoir chiffrer l'efficacité de son action, en imposant une logique du chiffre aux policiers (au prix de quelques torsions parfois, pour aboutir au résultat escompté, celui d'une baisse de la délinquance statistique).
Une ouverture qui rappelle la vie politique américaine
Cette conception de la politique, il l'a importée à l'Elysée, en se présentant comme un homme d'action, présent sur tous les terrains, au point de mettre dans l'ombre le Premier ministre et la plupart des autres.
Cette très forte présidentialisation de la Ve République la fait, du coup, ressembler beaucoup au système américain. Le président se veut pragmatique, homme d'action avant tout, qui s'engage pour quatre ans à changer les choses sur quelques points précis.
Pragmatisme qu'on retrouve dans la volonté d'ouverture gouvernemental, faisant sauter le clivage gauche droite autour de l'idée d'hommes de bonne volonté et de convictions capables de s'entendre sur un projet. De même, aux Etats-Unis, la séparation entre démocrates et républicains n'a rien d'une barrière intangible, tout au contraire, les points d'accord sont souvent nombreux.
Une mise en avant du corps du Président
Cette américanisation on la retrouve aussi dans le style beaucoup plus décontracté, moins guindé, que le nouveau Président impose. La mise en scène de son énergie passe par la mise en avant de son corps. L'arrivée en tenue de jogging à l'Elysée avec son Premier ministre, ou son jogging à New York lors d'une visite aux Etats-Unis, sont ainsi les marqueurs d'une volonté de rupture avec le style compassé des anciens Présidents, même si Valery Giscard d'Estaing avait, en son temps, fait des efforts pour être vu jouant au foot ou se baignant.
L'idée que le Président doit faire preuve d'énergie et manifestée par son attitude corporelle. Cette faculté à agir est omniprésente dans la vie politique américaine, où le Président et les candidats à la présidence font assaut de mises en scène de leurs activités sportives (VTT, golf, jogging…) ou encore de leurs facultés à danser, comme récemment à la télévision, dans des émissions de show, avec Barack Obama ou son adversaire républicain Rudolph Giuliani.
Américanisation de notre vie politique, aussi, dans la façon de s'exprimer : Nicolas Sarkozy souhaite démentir une critique faite en permanence à la classe politique, ‘ils sont trop éloignés de nos réalités’, ‘pas des gens comme nous’… Dans sa façon de s'exprimer et de s'habiller (souvent en chemise et sans cravate), il entend abolir le sentiment de distance que des personnalités comme le général de Gaulle ou François Mitterrand s'employaient, eux, à entretenir
D'un abord facile, parlant comme tout le monde (‘racaille’) Nicolas Sarkozy veut incarner un style direct, voire familier, comme ce 6 novembre, lors de ce dialogue avec un marin-pêcheur qu'il tutoie d'emblée et menace sur un ton qui évoque plus une altercation de cités que la docte parole présidentielle :
‘C'est toi qu'as dit ça, ben descends un peu le dire, descends un peu ! Si tu crois que c'est en insultant que tu vas régler le problème des pécheurs, et bien pé-permets moi de te dire… bien viens, viens, viens qu'on discute ! (Voir la vidéo.)
Il faut noter au passage un élément de contradiction dans la communication présidentielle. L'ostentation dont il fait preuve dans ses goûts (Rolex au poignet, dîner au Fouquet's, vacances sur un yacht prêté par un riche industriels ami…) infirment partiellement sa volonté de se montrer comme tout le monde’.
Cécilia, Carla, et caetera : la ‘monégasquisation’. Le propre du marketing politique est de vouloir vendre une personnalité autant sur ses qualités personnelles que sur son programme. Dès 1965, avec la première campagne pensée d'un point de vue publicitaire et marketing, Jean Lecanuet a été mis en scène dans sa vie privée, en famille. Valery Giscard d'Estaing fera de même en 1974, avec sa première affiche, aux côtés de sa fille.
Plus tard, au milieu des années 80, TF1 pour concurrencer le succès de l'émission politique phare de l'époque, L'Heure de vérité (sur Antenne 2), inventa ‘Questions à domicile’, émission commençant par un visite des appartements privés de l'invité politique, ou plutôt de l'invitant.
Dévoiler son chez soi était présenté comme une façon de mieux comprendre la personnalité de l'interviewé. La ‘pipolisation’ de la vie politique n'est donc pas un phénomène entièrement nouveau , si on la considère sous l'angle du dévoilement de l'intimité. Mais ces deux dernières années marquent incontestablement un tournant.
Le boomerang de la ‘pipolisation’
En effet, si les hommes politiques ont pu mettre eux-mêmes en scène leur vie privée, au mieux de leurs intérêts du moment, le boomerang semble leur revenir au visage, singulièrement à celui de Nicolas Sarkozy. Ayant mis sous les feux de la rampe sa femme et son fils Louis, Nicolas Sarkozy s'est exposé à voir sa vie sentimentale être déballée sans contrôle.
Paris Match a publié le 25 août 2005 des photos de Cécilia Sarkozy et de son ami présumé du moment, Richard Attias, prises à New York et à Paris, sous le titre ‘L'heure du choix’. Le Journal du Dimanche a pu aussi s'intéresser à l'absence d'émargement de Cécilia Sarkozy sur les listes électorales de son bureau de vote, prouvant ainsi qu'elle n'avait pas été voter pour son mari à la présidentielle.
Information qu'il ne serait venu à personne de vérifier avant… (elle a finalement été censurée au JDD avant que Rue89 ne révèle l'affaire). De la même manière, le magazine people Closer a-t-il décidé de publier des photos du couple Hollande-Royal à la plage, montrant donc la candidate à l'investiture du PS en bikini, en août 2006.
Les tabloids ont élargi leur ‘clientèle’ au personnel politique
La concurrence introduite par une nouvelle génération de titres ‘people’ pousse sans doute à étendre le marché des gens ciblés. Les femmes et hommes politiques en font désormais partie. La vie de couple tumultueuse du président Sarkozy offre à la presse un excellent prétexte à trouver cette pipolisation des politiques légitime. L'annonce du divorce présidentiel, le 18 octobre 2007, était inédite. Elle ouvre la voie à une ère nouvelle, celle d'une monégasquisation de notre vie politique, la vie sentimentale du Président devenant aussi épiée que celle du prince et des princesses du Rocher.
Là où une sorte d'omerta régnait dans les rédactions concernant la vie sentimentale et sexuelle des hommes politiques (la fille cachée de François Mitterrand a été un secret de Polichinelle bien gardé durant des années), la liaison d'à peine un mois avec le mannequin Carla Bruni fait très vite la une des journaux, suivant une logique de dévoilement qui tient du ‘forcé-négocié’.
Les paparazzis planquaient devant chez la chanteuse et la filaient, faisant en sorte que le couple n'avait plus d'autre choix que d'essayer de maîtriser ce qui pouvait l'être : le lieu de l'officialisation de leur idylle, en l'occurrence le très américain, familial, convivial, Eurodisney.
Le temps des vacances devient politique
Le temps des vacances, celui de la disparition provisoire de la scène publique devient donc aussi un temps politique, Nicolas Sarkozy livrant de bonne grâce ou à son corps défendant des images de lui, au repos ou en visite, sur un yacht ou dans un hôtel, aux Etats-unis ou en Egypte, avec Rachida Dati ou Carla Bruni, nourrissant les commentaires, les allusions, les suspicions, alimentant des chroniques qui n'ont plus rien de politiques.
Nul doute que l'année 2007 marque une année de rupture dans la conception de la fonction présidentielle. La personnalité de Nicolas Sarkozy y est pour beaucoup, mais d'autres facteurs jouent. Ce sont aussi les effets -pas toujours bien anticipés- du quinquennat, renforçant de fait la présidentialisation et la personnalisation du régime.
Un effet générationnel
Ce sont encore les effets d'un renouvellement de génération. L'arrivée d'un personnel né après la guerre, qui a toujours connu la télévision, qui a découvert le militantisme non pas dans le maquis, sur les barricades, mais sur les plateaux, à qui il ne viendrait même pas à l'esprit de critiquer le recours aux ressources du marketing à des fins politiques. L'arrivée enfin d'une génération qui, si elle croit à la politique, est quand même porteuse d'une certaine forme de désenchantement, au profit d'un discours de la proximité, de la banalisation de la politique.
Vers une dépolitisation ?
Ce positionnement rencontre sans conteste un public mais n'est-il pas, à terme, lourd de menaces sur un futur regain de désenchantement, sur une banalisation qui irait jusqu'au désintérêt, jusqu'à une franche dépolitisation ? Peut-être Coluche a-t-il eu le tort d'avoir raison trop tôt lorsqu'il s'écriait en 1980 :
‘Les hommes politiques sont des clowns, alors votez pour un clown !





















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De Sylv1
13H07 | 30/12/2007 |
J'ai pas pu m'empêcher de remater pour la énième fois la vidéo de Sarko avec les pêcheurs ! Cela défoule de le voir pèter les plombs comme cela !
à Sylv1
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 19H06 | 30/12/2007 |
Et bien moi je ne peux pas voir sa photo, d'ailleurs quand Rue89 en met une de lui pour illustrer son article, à chaque fois ça me démange de leur demander d'éviter de le mettre en photo surtout en gros plan.
Alors le voir s'animer aussi médiocrement, c'est au dessus de mes forces, il pollue mon esprit et je me dis « c'est ça le président (sans majuscule) de le France ? » Pouuuuaahh ! ! !
C'est la première fois de ma vie que je suis si triste, si inquiète et même désespérée de l'élection d'un président.
Et je me rends compte que je ne suis pas la seule.
Je lis ici ou là sur les forums, des gens qui ont du vécu et qui vont jusqu'à dire « pour la première fois, j'ai envi de faire la révolution »
Hélas le rusé de la com, nous pondra tout comme Bush, un ennemi venu de nulle part pour justifier la nécessité de rester au pouvoir. Nous en reparlerons.
Et il m'inspire une chanson de Zazie (en partie pour la place :
- Je suis un homme - Album Totem 2007 -
Je suis un homme de Cro-Magnon
Je suis un singe ou un poisson
Sur la Terre en toute saison
Moi je tourne en rond, je tourne en rond.
Je suis un seul puis des millions
Je suis un homme au coeur de lion
A la guerre en toute saison
Moi je tourne en rond, je tourne en rond.
Je suis un homme plein d'ambition
Belle voiture et belle maison
Dans la chambre ou dans le salon
Moi je tourne en rond, je tourne en rond.
Je fais l'amour et la révolution
Je fais le tour de la question
J'avance, avance à reculons
Et je tourne en rond, je tourne en rond.
Tu vois, j'suis pas un homme,
Je suis le roi de l'illusion
Au fond, qu'on me pardonne
Je suis le roi, le roi des cons.
Je fais le monde à ma façon
Coulé dans l'or et le béton
Corps en cage, jeté en prison
Moi je tourne en rond, je tourne en rond.
Assis devant ma télévision
Je suis de l'homme, la négation
Pur produit de consommation
Oui, mon compte est bon
Mon compte est bon.
Tu vois, j » suis pas un homme,
Je suis le roi de l'illusion
à Les Chats
De king selewa
19H34 | 30/12/2007 |
puisqu'on est dans les citations,celle-ci est pas mal non plus : « sarkozy est un type nul et incohérent qui exerce une fascination sur les catégories superieures.il prouve que nous sommes dans une société malade »
c'est moins glam que zazie, c'est emmanuel Todd
www.myspace.com/kingselewa
à king selewa
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 20H23 | 30/12/2007 |
« une fascination sur les catégories supérieures » ?
financièrement je suppose ! Ce serait intéressant de dire pourquoi.
Parce qu'il leur fait beaucoup de cadeaux financiers ?
Mais alors c'est fichu pour l'avenir, si ça complète ce que je viens de poster à l'instant sur la psychologie très primaire, s'il a été élu c'est sans doute grace à la majorité d'incultes fascinés par un langage à leur porté.
C'est sur que pour certains pas besoin de prendre le dico comme pour Rocard.
Si on ajoute à cela le FN ! !
On a du travail sur la planche pour inverser les données.
à Les Chats
De Lemmy
Headbanger since 1980 | 01H35 | 31/12/2007 |
« une fascination sur les catégories supérieures » ?
Bien sûr Les Chats, comme tous bons cadres-sup qui exercent une certaine fascination sur leur dirigeant et qui bien souvent sont responsables de la dégringolade de l'entreprise.
Les dirigeants sont rarement les vrais décisionnaires, ils sont flanqués de conseillers, pas toujours de bon conseil, mais en qui ils ont la plus grande confiance.
J'ai vu de mes yeux de « hauts » responsables, se faire embobiner par de « simples » commerciaux. Du grand thêatre Guignol… ils n'y voyaient que du feu, là où beaucoup des « petits » que nous sommes auraient décelé la farce !
Le berlingot n'était-il pas lui-même avocat d'affaires ?
Il a dut en epater plus d'un, pour qu'ils le concidèrent à ce point !
Après tout, la démocratie est une grande entreprise, le peuple, de par sa définition, en est le dirigeant… quelques fois bien mal conseillé.
Et oui, Todd a bien raison, notre société est malade, elle a chopé le virus de la « COM ».
à Lemmy
De nogent
15H47 | 31/12/2007 |
Bonjour Lemmy.
Pour compléter votre pensée à propos des dirigeants voici quelques citations de Michel Audiard qui connaissait bien les Français et leurs dirigeants :
« la différence entre un con et un voleur : un voleur de temps en temps ça se repose » (j'en connaîs un qui ne se repose jamais même quand il est en vacances (en égypte,eurodisney ou ailleurs).
« les cons ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît ».
« On est gouverné par des lascars qui fixent le prix de la betterave et qui ne sauraient pas faire pousser des radis ».
Et pour finir :
« Tu penses comme moi. Il faudra bien un jour dans ce pays que ça craque. Si nous parlons du même pays, je pense même que ça craque depuis les derniers Valois ! »
nogent
à king selewa
De J.C.M.
21H16 | 30/12/2007 |
Bonjour King.
Le problème est : pourquoi ce « nul et incohérent “ a-t-il recueilli les suffrages d'électeurs qui ne font pas partie des ‘ catégories supérieures ?
Emmanuel Todd semble dire : s'il n'exerçait une fascination que sur les catégories non-supérieures… après tout… mais que cette fascination s'exerce sur les catégories supérieures… cela prouve que nous sommes dans une société malade .
Notre société est malade parce que l'idéologie de la classe dominante … domine.
Cordialement.
J.C.M.
à J.C.M.
De king selewa
10H43 | 01/01/2008 |
et comme le poisson pourrit par la tete…
à king selewa
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 21H50 | 30/12/2007 |
Excellente citation de Todd , comme toujours , sauf qu » on peut peut etre remplacer « categories superieures » par « gros riches » , ce qui ne veut pas dire exactement la meme chose ..
à Les Chats
De anky
panky | 22H43 | 30/12/2007 |
Bonsoir à vous : les chats .
Je viens de mettre « la note “maximale à votre réflexion .
Pauvre de nous les plus pauvres ?
Pauvre France si minable actuellement .
Pauvres petites gens allant doucement vers le seuil de la pauvrté en 2008.
Pauvres petits esprits mal intentionnés qui vont effacer ce post révelateur , comme beaucoup d'autres : de la misère , des misères de cette France détruite , méconnaisable , risible , aneantie ridiculisée .
La France Pays des droits de l'homme ou sévit un ministère de l'immigration .
La France de Coluche et de toutes les Personnes suppléantes de l'état pour lutter contre la pauvreté .
La France de mes 20 ans insouciants , ma France devenue la plus pauvre et la plus totalitaire envers les moins nantis .
La France des retraités oubliés et méprisés ,
la France des Marquis et des courtisants .
La France de l'oubli de ses sentiments glorieux d'humanité .
La France des nantis .
La France des dehérités .
La france ou les SDF meurts dans l'indiférence .
La France ou tous les cocus vont se mettre une bonne couche de vaseline en 2008 .
La France des illusions .
La France , notre France devenue si laide .
Bonne mauvaise nouvelle année à ceux ayant entendus le chant des sirènes , alors que ce n'était que du vent mauvais chantant dans les palais dorés .
Bonne mauvaise année 2008 pour ceux ayant pris ,les étincellantes lumières aveuglantes des promesses et des mensonges , pour le feu eblouissant du salut alors que ce n'étaient que les derniers feux follets d'un cimetière en devenir .
Allez vous promener sur les forums de Marianne 2007 , vous y retrouverez vos idées .
bonne année à Vous
à Les Chats
De patrice06
15H28 | 31/12/2007 |
Prétentieux, arrogant et incapable d'appliquer le devoir de réserve minimum lié à sa fonction, c'est le président de la France. (Pas de majuscule à président, je n'ai pas trouvé de lettre encore plus minuscule que celle-là sur mon clavier.)
Je n'ai pas utilisé le qualificatif du pêcheur breton lors de la visite présidentielle sur place, mais il correspond assez bien à ce que je pense du personnage.
Il faut patienter et lutter…
à Sylv1
De Pierre973
désanusseur de porcs | 03H48 | 31/12/2007 |
Je trouve sincèrement désolante cette outrance de com'.
La com » prend la place du débat politique de fond. Le PS en a fait les frais au travers d'une campagne , axée quasi-exclusivement sur de la com » de sa candidate, avec le succès que l'on sait vu la qualité de la com » produite … C'est encore plus vrai aujourd'hui avec l'artiste en la matière qui nous sert de président.
Mais on le voit également dans le contenu des articles ou reportages qui sont exposés tous azimuts dans les médias aux bien pauvres penseurs que nous sommes devenus, nous, citoyens français.
Même sur Rue89, ce contenu devient par trop encombrant. Le problème, c'est comme pour les programmes de TF1 : aux heures de grande écoute, la débilité est devenue la norme sur la TV française, service public compris, car ces programmes font de l'audimat auprès des « cerveaux disponibles » si chers à Le Lay et dont le nombre augmente chaque jour, à force d'explorer des émissions de merde. Pour suivre le marché, tous les autres emboitent le pas…
Sur le plan des messages politiques, il est navrant que la médiocrité -qui consiste à s'intéresser uniquement à la forme des messages ou aux faubourgs (voire aux dessous) de la République- s'empare de tous les acteurs médiatiques. Cette com'…édie est pourtant la belle réalité du paysage actuel.
Puisse Rue89 offrir une meilleure résistance sur ce terrain là. C'est un souhait que je transmets à la rédaction pour 2008, en même temps que mes sincères salutations et remerciements pour leur hospitalité dans ce lieu d'information et de liberté.
De PauvreFrance
13H08 | 30/12/2007 |
» Ma chère Laurence,
Ce matin 30 décembre, j'ai entendu sur toutes les infos, comme prévu, mon porte-parole dire que « 53% des français sont optimistes selon l'IFOP » , en réponse aux journalistes qui parlent d'une perte de confiance du peuple.
Merci pour le coup de pouce. C'était parfait.
Bons baisers d'Egypte.
Nicolas «
De ART MONIKA
13H13 | 30/12/2007 |
Voilà un article bien intéressant, dont j'apprécie particulièrement la conclusion toute coluchienne (de garde, bien-sûr).
La politique « COM » de Sarkozy est exclusivement constituée d'effets. Tout est dans le paraître, et dans le détournement du sens des mots et des valeurs, surtout lorsqu'ils sont plutôt marqués à gauche.
« Volonté d'ouverture gouvernemental, faisant sauter le clivage gauche droite autour de l'idée d'hommes de bonne volonté et de convictions capables de s'entendre sur un projet » dit l'auteur de l'article.Je crains bien qu'il ne s'agisse pas d'une « ouverture » mais d'un simple effet d'ouverture. La preuve : Kouchner n'est plus libre de dire, en tant qu'homme de gauche, qu'il soutient Delanoë à la Mairie de Paris ! Donc, il n'est plus un homme de gauche.
Comme le dit un autre clown, Guy Bedos, Sarkozy - comme le fit Bernard Tapie - achète les joueurs de l'équipe adverse pour mieux l'annihiler, et il a repris les idées du Front National pour mieux le phagocyter…
En fait, comme on procède en linguistique, il faudrait distinguer dans cette politique la structure de « surface » (celle que l'on perçoit, par les effets de COM) et la structure « profonde » (qui dit et fait tout autre chose).
à ART MONIKA
De mister yozo
16H25 | 30/12/2007 |
Certes, il y a une difference entre la surface et la structure profonde dans la politique de ce président (remarquez au passage ; qu'on ne parle plus de la politique d'un gouvernement mais de celle d'un homme seul).
Il est devenu superflu de dire que derrière une aparence proche-du-peuple (discours populiste d'extrême droite et référence symbolique au gens de gauche comme Jaurès, Blum ou Guy Moquet), ce chef d'état contribue considérablement à une société ou le peuple n'as aucun pouvoir d'agir, et même plus le devoir de voter.
Bien mais, comme le souligne l'article il y a une contradiction : Alors qu'il semble parfaitement maîtriser la « com », pourquoi est-ce-que tout le monde sait qu'il mène une vie de monégasque (y compris le lecteur de rue89 et l'auditeur de « la-bas si j'y suis ») ?
Croisières, montres luxueuses, partie de baise avec d'anciens mannequins ; voilà des pratiques bien loin des problèmes du peuple.
Il y au moins deux possibilité de réponse à cette question : premièrement parce que moi, gens du peuple, je sais qu'une montre suisse en or fonctionne bien mieux que la montre en plastique made in P.R.C que j'ai acheté à un vendeur itinérant la semaine dernière et qui déconne déja. Et il est important que le président arrive à l'heure à ses rendez-vous serieux avec les dict… les chef d'états étrangers.
deuxièmement, parce que les mannequins, l'or et les voyages ça fait me fais rêver, moi, gens du peuple. Et plus je suis pauvre, et plus je rêve. Et pendant que je rêve, je ferme les yeux, et j'oublie que j'ai froid, faim, ou pas de papiers. Ou les 3 à la fois.
J'ose espérer, pour ma part ; deux chose l'une : soit le peuple existe, en tant qu'entité, et dans ce cas,il se révolte, rouge de colère, comme il l'a fait dans le passer et particulièrement le peuple de France. Soit « Le Peuple » ça n'existe pas, il n'y a que des individus, des gens du peuple, qui, tout les jours se battent pour rester intègre à des valeurs tel que solidarité, égalité, fraternité, ou un truc dans le genre, en bref résister aux mattraquages divers et aux mattraquages d'hivers.
à mister yozo
De chtivelo
17H47 | 30/12/2007 |
Juste une remarque
Sa Rollex suisse hyper précise ne l'a pas empêché d'arriver en retard à son rendez-vous avec Benoît XVI
En pénitence ses élécteurs devraient lui enlever quelques % aux prochaines élections
à mister yozo
De ART MONIKA
18H24 | 30/12/2007 |
Mister Yozo, c'est hélas bien la politique d'UN homme, comme je le faisais remarquer dans le petit encart à gauche sur les admonestations de Sarkozy à la Syrie !
Pour ce qui est de votre question sur la mode « monégasque », je suppose qu'elle est vraiment liée à l'attrait que représente, pour certaines personnes, tout ce qui brille. Sarkozy a dû en rester à la théorie ancienne de Le Bon sur la foule, stupide masse de moutons de Panurge, qui suivent leur maître jusque dans le précipice.
Sarkozy n'a sans doute pas lu l'analyse que fit Freud, lors de la montée du nazisme, sur les mécanismes complexes d'identification de la foule au leader, censé représenter le Moi idéal. Car il saurait que ces effets superficiels de paillettes indisposent nombre d'entre nous (qui n'y retrouvent nullement leur idéal, c'est un euphémisme), et finiront par insatisfaire ceux qui rêvent de devenir Sarkozy… comme ils rêvaient, voici quelques années, de devenir Zidane (pour moi, c'est à peu près du même niveau).
Sarkozy a une psychologie très primaire et je ne comprends pas pourquoi tant de gens sont convaincus qu'il est extrêmement intelligent. C'est une véritable imposture.
à ART MONIKA
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 20H11 | 30/12/2007 |
Je me souviens d'un débat entre amis, je défendais la la culture en terme de connaissance, qui rend la société moins agressive.
Une société cultivée sera plus enclin au dialogue, au débats plutôt qu'aux coups, aux agressions de toutes sortes, sur les personnes ou les biens.
Cette violence entraîne un surcroît de police, caméras, réparations, donc davantage de dépenses financières sans compter les drames humains.
Donc les politiques devraient faire le nécessaire, puisqu'au final c'est moins de dépenses.
Mais l'intérêt des politiques est justement d'avoir le plus d'abrutis possible pour croire leur discours et donc être réélu.
Conclusion : la société, l'avenir du pays, la paix des âmes ils s'en moquent. Si désordre il y a, ils règlent ça à la matraque.
Voilà pourquoi la droite, donne moins de moyens (je dis moyens, pas forcément financiers) à l'éducation que la gauche.
Peut être que la masse de la population a aussi une psychologie très primaire si sark'or a été élu.
à ART MONIKA
De zorbec
9945
retraité | 16H23 | 31/12/2007 |
à ceci près que Zidane était reconnu dans sa discipline,par toute la profession,et bien plus connu dans le monde que ne le sera jamais Sarkosy !
bonne année.
à ART MONIKA
De pablico
18H28 | 30/12/2007 |
l'image qui me vient, en lisant l'article, c'est un toréador en habit de lumière, qui s'agite dans l'arène (médiatique), en faisant milles passes avec sa grande cape rouge qu'il manipule merveilleusement bien, pour qu'on ne voit quelle et lui, sans qu'on puisse bien voir le ou les taureaux.
c'est cela la communication du moment. Il s'affuble maintenant d'un mannequin pour mieux mettre en valeur son habit de lumière. Olé ! ! a mi me gusto el toreador.
De Bebert Cassandre
13H28 | 30/12/2007 |
C'est bien ! ça avance ! mais il faut absolument aller plus loin ! Peut-être : « Satisfait ou remboursé ! » ou « Si vous trouvez meilleur ailleurs on vous rembourse la différence ! » Quand un président de la république devient un produit marketting on devrait lui imposer une étiquette de salubrité comme pour les huîtres…
à Bebert Cassandre
De ART MONIKA
15H27 | 30/12/2007 |
Oh oui, Bebert Cassandre, et on pourrait ajouter une étiquette comportant la traçabilité du produit, sa DLP (date limite de péremption)et sa DLC (date limite de consommation).
Je trouve que le produit est déjà périmé, pas vous ? Les risques de salmonellose politique sont grands et, par principe de précaution, on devrait raccourcir les délais.
But…I'have made a dream !
De kamelya
13H38 | 30/12/2007 |
La révolution en terme de communication vient de Mitterrand. Sorko s'efforce de lui emboiter le pas. Il s'offre les services de Séguéla, pratique l'ouverture comme l'a fait auparavant Mitterrand (surnommé à l'époque Dieu). Il souhaite passer ses vacances aux mêmes endroits.. Finalement Sarko n'est pas un créateur, il adapte le sénario Mitterrand à sa sauce. Le Problème c'est que face à lui les adversaires sont fades d'autant plus qu'ils passent leur temps à se déchirer et par conséquent à lui laisser un boulevard. Du débat Ségo Sarko, je me souviens de l'impossibilité qu'avait Sarko à regarder Ségo, le regard fuyant cherchant sans cesse le soutien de PPDA. Comme quoi chacun a sa lecture ! ! !
à kamelya
De skalpa
actif et militant ? | 16H46 | 30/12/2007 |
Nouveau ?

Renouveau ?
Réaction ?
Réactionnaire ?
skalpa, bloguer actif et militant
De fleur
13H52 | 30/12/2007 |
La seule chose que l'auteur oublie (volontairement ? )de commenter, c'est la corruptibilité « sans complexe » du président. Les autres hommes politiques n'étaient certes pas des anges dans ce domaine, mais ce qui est nouveau, c'est la place prépondérante des « amis » qui l'invitent sur leur yachts, dans leurs avions, dans leurs propriétés, etc… D'autant plus qu'une partie des « frères » tient bien en main les médias français…
Ce genre d'invitations (qui ne sont qu'un prêté pour un rendu) ne pourraient jamais avoir lieu aux Etats-Unis ni dans d'autres pays européens comme p.ex. l'Allemagne. Le président n'y va pas à titre privé, mais, jusqu'en 2012, comme représentant élu de la France.
L'article analyse en surface l'américanisation de la politique française, mais - à aucun moment - ne montre du doigt le danger profond que représente pour la démocratie un président achetable tel que NS. La phrase de Coluche est même banalisée : elle représentait une force explosive extraordinaire. Si le bouffon élu reçoit bientôt encore plus de pouvoir, dont celui de s'exprimer à l'Assemblée, que reste-t-il de nos institutions politiques, sinon de la cendre ?
à fleur
De Mengneau Michel
16H01 | 31/12/2007 |
Comme ce mot peu usité mais correspond à la circonstance m'amuse : privilégier ses amis ou, suivant le petit Robert, perception illicite d'argent par un fonctionnaire, cela s'appelle de la « concussion ». Pour laquelle le Robert nous offre une citation de Proust qui rentre bien dans la situation : « Croyant tous les hommes politiques véreux, le crime de concussion lui paraissait moins grave que le plus léger délit de vol ».
De Avril
14H02 | 30/12/2007 |
Merci pour le sujet. Je trouve quelques euphémismes à l'article. Ainsi le titre, « 2007, l'année où la com » politique a basculé ». Est-ce juste la communication qui a basculé ? Voyons, cherchons…
« 2007, comment ne pas vous dire que les impôts des plus riches et votre pouvoir d'achat baissent »
« 2007, le yacht, Wolfeboro, Cécilia, Carla, Disneyland et le démantèlement des acquis sociaux »
« 2007, l'année où la France n'est plus une démocratie » (celle-là fait choc mais beaucoup s'y retrouvent. C'est en tout cas mieux que de parler de « modernisation », non ? ).
« pour 2008, Sarkozine matin, midi et soir » D'autre idées ? je lance un concours.
à Avril
De mister yozo
15H33 | 30/12/2007 |
« 2007, l'année ou la France n'est plus une démocratie » sans aucun doute.
Par contre, il n'est pas question de se « retrouver » ou non dans cette formule comme des militants, partisans ou autres preneurs de position.
En effet cette équation : « France 2007 » n'est pas égal à « démocratie » est une vérité générale. Peut-etre est-il trop tôt pour le crier sur tout les toits, comme au temps de Galilé, certaines verités générales doivent massérer longtemps avant de d'être admises.
à Avril
De Caribou99
16H51 | 30/12/2007 |
Effectivement, comme vous, je pense que le titre de cet article cache une contre-vérité.
2007 est l'année où la com » politique a basculé car plus moderne, plus américaine, plus people, nous dit l'auteur de l'article
Je pense qu'il y a là comme une erreur ; ce n'est pas là que la com » politique a basculé, et certainement pas grâce à Monsieur Plus….
Certes, aujourd'hui la com » politique est plus moderne qu'hier, mais cette modernisation n'est qu'une adaptation aux nouveaux moyens ! La véritable bascule s'est produite lorsque le Général de Gaulle a saisi toute l'importance de l'usage de l'outil télévision et qu'être excellent tribun ne suffisait plus…
Certes, aujourd'hui la com » politique est plus « américaine » qu'hier, mais cette « américanisation » n'est que le ravivage d'une flamme mise en veilleuse. La véritable bascule avait été initiée par Valéry Giscard d'Estaing qui se mettait en scène pour faire sentir au français qu'il était proche de leur préoccupation : Valéry dîne chez les Français, Valéry fait du ski, Valéry se montre en famille, Valéry invite les éboueurs au petit déj », etc.
Certes, aujourd'hui la com » politique est plus « people » qu'hier, mais cette bascule n'est pas nouvelle et a été largement amorcée par François Mitterrand qui aimait se montrer auprès des « plus grands » (chacun a ses « plus grands », mais cela est une autre histoire ! ).
Non ! Aujourd'hui, la véritable bascule n'est pas dans la com » politique proprement dite mais dans l'usage qui en est fait.
Hier, la com » politique était de montrer, expliquer, argumenter, compléter, dénoncer, etc.
Aujourd'hui, la com » politique a un nouvel usage : un coup chasse l'autre. Elle sert quand cela arrange à masquer, effacer, faire oublier le coup précédent ou le coup que l'on n'aurait pas voulu voir.
Plus de com » pour masquer les moins.
Hein ! Quoi ? Le paquet fiscal ? Mais non ! Les infirmières bulgares sont libérées…
Hein ! Quoi ? La visite de Kadhafi ? Mais non ! Allons chanter avec Mickey…
Et j'espère que la conclusion prédisant une dépolitisation est de nouveau une erreur.
J'ose même penser le contraire ! …
à Caribou99
De Avril
23H02 | 30/12/2007 |
Merci pour ta réponse, Caribou. Il est bien sympathique ce professeur d'université, mais derrière cette érudition se cache, à mon avis, un postulat un peu naïf : celui que la com peut tout faire. Après les économistes, les communicants.
Quand un candidat possède la totalité des télés, la quasi totalité des radios et de la presse, est appuyé par tout le pouvoir financier et industriel, les 200 familles, si on ajoute qu'il détient la force publique (il est resté ministre de l'intérieur quasiment jusqu'au 1er tour) et est porté par l'immoralité des think-tanks libéraux US, vraiment, comment pouvait-il perdre cette élection ? Alors croire que seule une com efficace l'a fait élire…C'est un peu comme si on regardait le champion de Formule 1 et on disait : il parle bien, rien d'étonnant à ce qu'il ai gagné.
Et puis au moins avant on appelait la publicité politique --pardon, la com-- par son nom : de la propagande.
j'ai pas trop le moral en ce moment, hein ? !
: D