TRIBUNE

Romans d’arts martiaux: des contes de fées pour adultes?

Haussement d’épaules, regards condescendants, telles sont les réactions que provoquent parfois l’évocation des romans chinois d’arts martiaux. La parution il y a deux mois d’un des chefs d’œuvre du genre, « Tigre et Dragon » de Wang Dulu dans l’élégante traduction de Solange Cruveillé conduit à des appréciations plus nuancées.

Les origines de cette littérature « wuxia » sont très anciennes : ces chevaliers errant n’étaient pas des soldats ni des seigneurs, leur origine importait peu, ils pouvaient louer leurs épées pour protéger des convois mais ce qui les distinguait était leur sens de la justice, de la loyauté et de l’honneur. En cela, ils se rattachent à la grande tradition de Confucius tout en plaçant parfois la loyauté personnelle au dessus de celle due à la famille.

Les turbulences de l’histoire et les invasions venant du Nord, les sociétés secrètes politiques et religieuses, les moines de Shaolin et les monastères-refuge, les luttes des fidèles lors des changements dynastiques, tous ces thèmes seront utilisés par ce courant littéraire.

La filiation est directe avec les conteurs des Ming ou avec de grands romans classiques comme « Au bord de l’eau ». Les marais des Monts-Liang du roman, préfigurent le monde imaginaire, en marge, le « monde des fleuves et des lacs », décor de nombre de romans d’arts martiaux.

Le roman kung fu moderne suit le renouveau littéraire qui suit le Mouvement du 4 Mai 1919 et l’instauration de la République ; mais la volonté de rupture avec la tradition confucéenne et les valeurs familiales créent des difficultés avec la censure. Cette situation va s’aggraver avec la République Populaire où ces livres étaient considérés comme de « mauvaises herbes empoisonnées » et interdits.

L’âge d’or du genre se développera à Taiwan et à Hong Kong dans les années 1950 à 1970. Les principaux auteurs traduits sont Wang Dulu, Gu long et surtout Jin Yong. Leurs personnalités sont totalement différentes : Wang Dulu et « Tigre et Dragon” : Né en 1909 à Pékin dans une famille mandchoue pauvre, après nombre de métiers différents, il commence à écrire des romans policiers ou sentimentaux dans les années 1930, puis seize romans d’arts martiaux jusqu'à la création de la République Populaire. Il deviendra alors professeur. Cela ne lui évita pas des difficultés lors de la Révolution Culturelle, il mourut en 1977. Le cycle des cinq romans “Grue de Fer » (cet oiseau est le symbole de l’immortalité) est le plus connu. L’épisode qui vient d’être publié est le premier tome du premier épisode ; le deuxième tome devrait suivre cette année. Le film à succès de Ang Lee est inspiré du quatrième épisode du cycle.

Gu Long et « Les quatre brigands du Huabei” : l’auteur est né à Hong Kong en 1937 mais a vécu à Taiwan ; après un passage à l’université, il trouva un travail auprès de l’armée américaine à Taipei et commença à publier en 1960. Sa vie personnelle fut très agitée et après un deuxième divorce il passa par une phase de dépression qui aggrava son alcoolisme. Il mourut prématurément à 48 ans et ce fut le nombre de bouteilles de cognac XO qu’apportèrent ses amis lors des funérailles… Le roman “Les quatre brigands du Huabei » a été publié en 1990 par les éditions Philippe Picquier. Le style est très différent : prépondérance des dialogues, décors très sommaires… l’auberge, le petit bourg, la montagne, le repaire ; les héros ne font pas partie d’un grand épisode de l’histoire comme chez Jin Yong. Les coup de théâtre comme toujours sont le moyen essentiel de faire rebondir l’action. L’amitié entre les héros est la valeur primordiale en marge de la société. Gu Long écrivit près de soixante dix romans, parfois vers la fin avec un co-auteur. Le succès fut important et de nombreuses séries TV et adaptations cinématographiques conduisirent l’auteur à créer son propre studio.

Jin Yong et « La légende du héros chasseur d’aigles” : voilà un monument, un auteur qui a vendu cent millions de livres et beaucoup plus si l’on compte l’énorme production pirate, c’est aussi un patron de presse et une personnalité politique. Louis Cha (son nom de plume) est né en 1924 au sud de Shanghaï, dans une grande famille de lettrés. Après des études en langues étrangères et en droit, il commence comme journaliste pour un journal de Shanghaï qui l’envoie à Hong Kong qu’il ne quittera plus. C’est là qu’il rencontre Liang Yusheng qui deviendra un écrivain d’arts martiaux célèbre dont malheureusement les livres ne sont pas traduits. Sous son influence, il écrit en 1955 “Le livre et l’épée”. Treize romans suivront jusqu’au dernier “Le cerf et le chaudron » en 1972. Ces deux romans sont traduits en anglais par un traducteur de premier plan John Minford (qui a publié une traduction de l’un des plus beaux romans de la littérature universelle ‘Le rêve dans le pavillon rouge’.

En 1959 le « système » Jin Yong se met en place, il fonde le journal “Ming Pao’ qui publie à la fois ses éditoriaux et ses romans en feuilleton. Le succès des romans et du journal est spectaculaire et, après 1972, Louis Cha se consacre à l’édition révisée et ‘officielle” de ses romans qui trouvent un nouveau public, la Chine post Mao. Les adaptations radio, télévision et cinéma et plus récemment les jeux vidéo constituent une activité économique importante dans le monde de culture chinoise. En 1993, il vend ses parts dans son journal, il « pèse » alors 60 millions d’Euros.

Il est couvert d’honneurs, professeur honoraire des plus grandes universités chinoises et d’Oxford et Cambridge. Le gouvernement français lui confère plusieurs décorations. De nombreux hommes politiques de Chine et de Taiwan sont des lecteurs fidèles et Deng Xiaoping était un de ses fans. Son œuvre constitue l’un des thèmes de la critique littéraire et universitaire chinoise, mais la « jinologie” ne le met pas à l’abri d’âpres controverses. Wang Shuo un écrivain de Pékin, talentueux mais mauvais garçon, sonne la charge en 1999 : “Jin Yong a maladroitement fabriqué des personnages qui, largement diffusés par le cinéma et les séries TV (…) donnent au reste du monde une fausse image du peuple chinois. » La controverse soulignait aussi le caractère infantilisant de ces romans et la fuite devant la réalité.

Ce débat n’a pas atteint la popularité du genre. Il est également intéressant de voir les sites internet spécialisés où les abonnés venant du monde entier, mettent en ligne leur propres traductions des romans, échangent des milliers de messages, essayent de créer des points de rencontre.

Jin Yong, le style et les valeurs

Les romans sont précisément situés dans des crises historiques bien connues des lecteurs chinois. Les héros ne recherchent pas les honneurs mais leur patriotisme les conduit à des actions d’exception ; de plus « voler au secours de la veuve et de l’orphelin, cela fait partie des devoirs des justes et des preux » (p.132).

Le style, les descriptions, les dialogues sont beaucoup plus élaborés. Il est aussi intéressant de constater son admiration pour les valeurs des envahisseurs du Nord bien différentes de la décadence de l’administration impériale. Il est clair également que ce nationalisme culturel se définit aussi contre les excès de la Révolution Culturelle. La femme a un rôle important dans le roman, elle est indépendante, est une combattante chevronnée, parfois plus intelligente que le héros Guo Jing, le chasseur d’aigles.

Les valeurs véhiculées par la littérature d’arts martiaux ont été analysées par Nicolas Zufferey, professeur à l’Université de Genève, dans le volume « La pensée en Chine aujourd’hui » dirigé par Anne Cheng, qui regroupe nombre de contributions fort intéressantes.

Arts martiaux et confucianisme

Il ne paraît pas évident de rapprocher romans d’art martiaux et Confucianisme. Les lettrés ne sont certes pas valorisés dans ces romans et les influences taoïstes paraissent plus présentes. Néanmoins de nombreuses valeurs s’accordent avec la moralité confucéenne : piété filiale, fidélité due au maître et aux autres disciples, vision autoritaire du clan et de la société. Pour N. Zufferey, « nombre des modèles et valeurs récurrentes dans cette littérature recoupent ceux du Confucianisme et proposent une vision de la société qui convient par certains aspects à un régime autoritaire ».

De même, plusieurs films (Hero, par exemple, de Zhang Yimou, 2003), posent des relations explicites entre formation de la nation Han, arts martiaux et nationalisme. Comme dit N. Zufferey : On notera que les romans d’arts martiaux, qui proposent une vision romantique du passé chinois, contribuent à la fierté nationale et donc peut-être à la montée du nationalisme ; ou encore : Il ne s’agit pas ici d’incriminer la littérature d’arts martiaux mais simplement de constater que la résurrection du genre sur le continent coïncide avec la montée en puissance du discours néo-autoritaire et nationaliste.

Il est possible que dans le Singapour d’un Lee Kwan Yew, féru de valeurs asiatiques et d’une conception autoritaire de la démocratie, la mise au programme de textes de Jin Yong pour les lycéens étudiant le chinois, ne soit pas uniquement motivée par la volonté de distraire les élèves...

► Tigre et Dragon, première époque : la vengeance de petite grue. Calman-Lévy 2007, 344 pages, 19€.

► La légende du héros chasseur d’aigles. Editions You Feng 2004, deux volumes, 1006 pages, 29 et 31€.

► La pensée en Chine aujourd’hui, sous la direction d’Anne Cheng. Folio essais, juillet 2007, 478 pages, 8,70€.


En notant les commentaires pour leur pertinence, vous en facilitez la lecture. Les moins bien notés se replient d'eux-même mais peuvent s'ouvrir d'un clic. Pour pouvoir commenter et noter, merci de vous inscrire. Les commentaires sont fermés après sept jours. Pour en savoir plus, lire la charte des commentaires.

 
thierry reboud
20H01 29/12/2007

Bon, j’en ai marre, je trouve votre article excellent et ça m’énerve de voir qu’il n’y a aucun commentaire. (En même temps, il n’en justifie guère…) Alors voilà.
Une remarque tout de même, en vous lisant, je me suis dit que ces contes de fées pour adultes se retrouvent assez bien en Occident dans les romans de fantasy.

 
Bertrand Mialaret | Consultant à Paris
21H08 29/12/2007

D’accord avec vous; dans cette ligne de pensée on peut se demander pourquoi un tel décalage entre les tirages du type Harry Potter et ceux des romans d’art martiaux chinois qui font aussi souvent appel au fantastique mais qui sont très peu traduits et peu lus; je crois que ce qui gène le lecteur occidental c’est qu’il n’a pas les références culturelles et historiques nécessaires; ce qui peut plaire c’est l’aspect combat kung fu et c’est pourquoi à mon sens les films ont plus de succés que les romans.

 
freakfeatherfall
22H02 29/12/2007

Article super intéressant !
J’avoue que je ne connais quasi-rien à la littérature chinoise, jusqu’à présent je me suis plutôt intéressé à la littérature japonaise ou au cinéma chinois (enfin surtout hong-kongais - et pas zhang yimou, j’ai trop de mal avec son côté couleurs et paillettes), mais votre article me donne envie de lire !

Si je ne suis pas en total désaccord concernant le rapport à la fantasy, moi je pencherais plutôt vers les romans « historiques », Alexandre Dumas par exemple (oui, bon, je sais c’est bateau comme référence mais là j’en ai pas d’autres sous la main!)

merci pour l’article en tout cas !

 f.

 
Bertrand Mialaret | Consultant à Paris
15H04 30/12/2007

Vrai pour Dumas mais avec une nuance à mon sens: les héros d’art martiaux ne sont pas au service du roi ou …de l’empereur, ils seraient plutot contre les pouvoirs et surtout les abus de pouvoir.

 
pikasso02
17H28 30/12/2007

D’accord avec vous.
Nous pourrions peut-être proposer des hypothèses au pourquoi de ce manque d’ouvrages pour adultes dans la littérature Française. Ne pensez-vous pas que comme pour la peinture moderne, le début du 20ème siècle a voulu faire table rase. Nos grands parents adoraient lire les romans qui paraissaient dans les revues. En recherchant la modernité à tout prix, le Français a peut-être perdu cet esprit d’aventure que nous retrouvons dans les « Trois Mousquetaires » par exemple. Pourtant, aujourd’hui avec le terrorisme, des romans seraient peut-être (encore un peut-être! sorry!)plus efficaces que la diplomatie pour éclairer le bon peuple de France! Et pourquoi pas des remake des romans chinois. Au cinéma ça a marché avec les Japonais et les sept Samouraï au 20ème siècle! Pourquoi pas en littérature au 21ème.Une nouvelle Bicyclette rouge par exemple!
Merci pour cet article! et d’excuser mon délire!

 
f_m_erre | Publicitaire
14H22 30/12/2007

Merci pour cet excellent article.

Le genre « wuxia » en Chine correspond au renouveau d’intérêt en occident pour les romans sur la chevalerie mythique de la légende arthurienne et de la conquête du Graal.

Les films de SF basés sur les romens de Tolkien en sont une expression contemporaine.

Quel que soit son « environnement », je remarque surtout que cela permet un retour à l’expression de VALEURS findamentales : loyauté, courage, respect de l’engagement envers son groupe, respect des femmes…

Au final, pourquoi les occidentaux considèrent-ils ce genre comme « mineur » dans une autre civilisation que la leur ? Par simple ignorance culturelle, qui ne leur permet pas de faire la comparaison…

Faire lire ces « romans » peut « amorcer » une envie d’en connaître plus sur la civilisation chinoise en général, et c’est souvent avec ce genre de « prétexte » que se décide le choix d’une langue au cours d’une scolarité…

 
thierry reboud
15H29 30/12/2007

Pour ce qui concerne les romans de fantasy dont Tolkien est une sorte d’archétype idéal (plutôt que de la science-fiction), le genre est également tenu pour mineur chez nous, y compris par de nombreux libraires dont la compétence n’est pas en cause. Que ce soit à tort ou à raison, il est traité comme une sorte de paralittérature.
(Il se trouve que je suis VRP en Rhône-Alpes pour le diffuseur des éditions Picquier, L’Atalante et Bragelonne… entre autres.)

 
f_m_erre | Publicitaire
18H17 30/12/2007

Tout à fait juste.

Malheureusement, pour un certain public, tout ce qui n’est pas de la littérature (avec un L majuscule, selon les critères des « penseurs à la mode ») est « genre mineur ».

Je me demande quel serait le jugement de ceux-ci, si Chrétien de Troye publiait de nos jours !

En ce qui concerne la SF, les « thrillers » et les romans policiers, ils sont rangés au rayon des « romans de gare »…

Pourtant, la qualité littéraire de certains est idéniable. Quelques exemples qui me viennent à l’esprit :

- Italie : Fruttero et Lucentini (qui dira que « place de Sienne, côté ombre » n’est pas une oeuvre littéraire de grande qualité ?, ou Olivieri (qui m’a fait connaître Milan mieux que quiconque)

- Angleterre : Ian Pears, dont la série des romans policers sur le monde de l’art, et de la peinture de la renaissance, n’a rien à envier à celle du »Cercle de la croix », et surtout du « Portrait »

- US : David Guterson, « Snow falling on cedars » (j’ignore le titre en français) et ses autres romans, m’ont fait découvrir certains aspects de la vie américaine, que la « littérature » qui se sent investie de la mission de « représenter » sa nation occulte soigneusement.

Pour en revenir à la littérature orientale, les éditions Picquier font un gros travail pour faire connaître les oeuvres chinoises et japonnaises aux français, mais il faut aussi signaler les éditions « Bleu de Chine », Zulma pour la Corée, l’Aube pour le Vietnam…

A l’Aube, justement, un auteur de policiers dont le style ressemble beaucoup à celui de Qiu Xiao-long (sur lequel Bertrand Mialaret à fait une chronique), He Jiahong, très bien traduit du chinois.

 
Bertrand Mialaret | Consultant à Paris
15H19 30/12/2007

Je ne suis pas un passionné mais je ne pense pas que ce soit un genre mineur à cause de l’ouverture que cela procure; il faudrait qu’il y ait des traductions plus nombreuses et qu’elles soient publiées directement en livre de poche car les traductions anglaises par exemple de Jin Yong sont plutot onéreuses…De plus quant on voit le nombre de « petits » romans chinois traduits chaque année, un catalogue de trois titres wuxia en Français, c’est maigre…..

 
Claude PELLETIER | Retraité dans son jardin
19H19 30/12/2007

Mineur, majeur. Ces distinctions ont comme principale qualité d’exister. Ce qui est peu.

Je reconnais volontiers les qualités, souvent le style, parfois le souffle d’œuvres majeures mais la côte du caviar et celle du champagne peuvent m’indisposer. Et mon esprit se nourrit de toutes sortes de nourriture. Je donne plutôt dans le roman policier. J’ai découvert récemment Henning Mankell puis Michael Connelly.
Au fond, je fais dans la bibliothèque de gare … mais j’y trouve beaucoup de choses plates et sans saveur.

Pour revenir vers la Chine, j’ai découvert récemment le Juge médiéval Ti (auteur : Van Gulik, non chinois, néerlandais), l’univers confucéen. Je me suis posé des questions sur la qualité de la traduction.
Un roman terrible dans le Shanghaï de la Chine communiste « Le cœur du dragon », Oakes, écrivain US.

 
Bertrand Mialaret | Consultant à Paris
20H57 30/12/2007

Deux petits commentaires sur les billets précédents:
1/ Van Gulik est fort intéressant, sa vie aussi est un vrai roman et a été évoquée par Van de Wetering (livre paru chez 10.18 assez récemment dont le titre est « Van Gulik »)
2/ J’ai lu avec plaisir deux bons romans de He Jiahong, l’intrigue policière est captivante mais à mon sens Qiu Xiaolong a une élégance , un sens de l’humour et des qualités d’évocation que je préfère.

 
asozial | aus Berlin
19H41 31/12/2007

dans le style « paralittérature » géniale, je conseille à tous ‘the Baroque Cycle’ de Neal Stephenson - hélas non traduit en français trois ans après la sortie du dernier tome -, grandiose roman d’aventure en huit livres dans un dix-huitième siècle globalisé qui voit la naissance de la science et du capitalisme… Stephenson a un discours très lucide sur sa place dans le monde de la littérature américaine - il raconte que lors d’un colloque, il s’est fait regarder de haut parce qu’il vit de son écriture - un vrai écrivain n’étant apparemment pas censé vendre de livres de son vivant ! - il place la littérature sous la double égide de Beowulf et de la Divine Comédie de Dante : Dante a pu écrire grâce à la protection du prince, l’auteur anonyme de Beowulf voulait à tout prix raconter une histoire - c’est aussi l’option de Stephenson ! voir interview ici http://interviews.slashdot.org/article.pl?sid=04/10/20/1518217