A Marseille, le CSA coupe les jambes de Radio Gazelle
« Il ne faut pas rester les bras croisés face à la mort lente de Gazelle ! Nous avons encore besoin de vos soutiens, signez la pétition sur notre site Internet. » Il est onze heures du matin dans les studios de Radio Gazelle, en plein coeur de Marseille. Comme chaque jour, à cette heure, Omar anime l’émission culturelle « On en parle ».
Entre deux chansons de raï, il tient sa revue de presse en arabe et en français, et répond également aux auditeurs qui s’inquiètent du sort de la radio. Le 13 novembre, le Conseil supérieur de l’audiovisuel a en effet décidé de ne pas reconduire l’autorisation d’émettre de Radio Gazelle, au profit d’une autre radio, parisienne, France Maghreb.
Gazelle était pourtant présente sur les ondes marseillaises depuis 1981. Les soixante animateurs bénévoles de Gazelle peinent à comprendre. Personne, dans les studios, ne sait encore vraiment quel est le motif de la décision. Sarah Benkerfallah, la directrice-adjointe, attend d’ailleurs avec impatience sa publication au Journal officiel, prévue début février :
Radio Gazelle a vu le jour en 1981. « Elle était la première radio pirate créée par un groupe d’étudiants marseillais », raconte Sarah Benkerfallah. Depuis, elle s’est ouverte à toutes les communautés de Marseille, qui peuvent s’exprimer librement et parler de politique, de religion, de culture ou tout simplement de la vie de la cité phocéenne. Mohamed, l’animateur d’une émission de variétés internationales, explique :
« Plus de 23 communautés accèdent à notre antenne. On touche à tous les styles. Et une soixantaine d’animateurs bénévoles comme moi assurent la continuité des émissions avec le soutien de quelques salariés.“Radio Gazelle a su grandir. C’est vraiment injuste ce qui nous arrive. Je ne trouve pas de raisons valables au fait de vouloir nous remplacer par une radio commerciale.”
Ils ont pourtant tout essayé, comme l’explique Sarah Benkherfallah :
Mais rien n’y a fait. Il reste moins de deux mois à Radio Gazelle pour se faire entendre avant de devoir définitivement oublier les ondes radiophoniques pour la bande passante d’Internet. C’est probablement le 7 février - date à laquelle se tiendra la fameuse nuit bleue radiophonique, comme on dit dans le jargon du CSA -que Radio Gazelle sera fixée sur son sort.
Jusqu’à cette date, la directrice de Gazelle attendra le soutien du sénateur-maire de Marseille Jean-Claude Gaudin, qui, contrairement à Guy Tessier, député UMP des Bouches-du-Rhône, ou à Jean-Noël Guerini, le rival socialiste de Gaudin pour les prochaines municipales, n’a répondu à aucune de leurs demandes :
Au CSA, on ne veut pas donner de raisons officielles à cette décision avant la date prévue, même si l’on évoque “des dysfonctionnements au sein de l’association, notamment du point de vue de la gestion financière”. Ce qui aurait décidé le conseil à remplacer Gazelle par une autre radio parisienne “aux thèmes similaires”.
Sarak Benkherfallah, comme tous les membres de Radio Gazelle, ne voient pas quels sont les problèmes de gestion avancés par le CSA :
Ne plus émettre sur les ondes serait synonyme de mort pour la station. La pétition de soutien lancée sur le site Internet www.radiogazelle.net a déjà rassemblé près de 3000 signatures. Cela suffira t-il a faire changer d’avis le CSA ? Réponse le 7 février. En attendant, l’équipe veut encore y croire :
► Rectifié le 29/12 à 19h17. Jean-Noël Guerini est candidat PS aux élections municipales, face à Jean-Claude Gaudin.
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Pas grand monde ici ou le sujet n’intéresse personne ! ! !
Il doit bien y avoir un dysfonctionnement au sein de cette association, ou la gestion financière connaît des problèmes...
Je fais parti de plusieurs associations, et toutes ne sont pas au top...
Une association pour vivre et survivre a besoin d’argent, les cotisations ne suffisent pas à elle seules, la mairie ou je ne sais qui t’aide.
Et là quand les politiques quels qu’ils soient de droite ou de gauche te donnent une subvention pour pouvoir vivre, tu leur dois toujours un retour.
Sinon on te coupe les robinets et tu fermes, c’est aussi simple.
En Chine et à Cuba la radio libre = prison ! ! ! elle n’existe pas.




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