
Et si on facilitait l'accès des handicapés au métro et au RER ?
Les personnes en fauteuil roulant pourront-elles accéder à tous les transports en commun d'ici 2015 ? Enquête en Ile-de-France.
Escaliers, escalators, ascenseurs en panne, portes étroites, couloirs à n'en plus finir, trous (appelés « lacunes ») entre les quais et les rames, foule dans les couloirs… Autant d'obstacles qui gênent l'accessibilité des personnes à mobilité réduite dans les principaux transports en commun d'Ile-de-France, le métro et le RER.
De quoi transformer un simple déplacement en parcours du combattant. Nous avons suivi Sofiane, 24 ans et en fauteuil roulant depuis dix ans, dans le RER A. Un trajet, vous allez voir, très acrobatique. (Voir la vidéo.)
En tombant, Sofiane ne s'est heureusement pas fait mal. Les voyageurs présents l'ont spontanément aidé. Difficile dans ces conditions de se déplacer sans avoir pensé et organisé son trajet en amont. « Je prends rarement les transports en commun », précise Nathalie Bellity, paralysée de la main droite et consultante en ressources humaines, « car la rampe n'est pas forcément du bon côté. Dans ce cas-là, je ne peux pas m'accrocher. Même chose dans les escalators. »
Les transports en commun d'Ile-de-France ont longtemps été conçus sans réflexion sur l'accès des personnes handicapées. Sensible à cette question, la ville de Grenoble (Isère) a fait le choix, dès 1987, d'opter pour le tramway accessible à tous. Elle est visitée, chaque année, par de nombreuses délégations françaises et étrangères qui viennent s'inspirer de ses solutions.
Philippe Gonnard, responsable des études à la société des transports de la ville (Semitag), explique que cette première expérience a permis « un gros travail de défrichage technique » :
Cette mise en accessibilité du réseau a conduit à une homogénéisation des hauteurs de bus, de trams et de trottoirs ; et à une meilleure information des voyageurs.
A Rennes, la ligne de métro inaugurée il y a cinq ans a été conçue pour offrir le maximum d'accessibilité et de sécurité aux personnes à mobilité réduite. Des parois vitrées séparent le quai de la voie, ce qui rend toute chute impossible. Des portes palières, situées face aux portes du métro, s'ouvrent quand la rame s'immobilise. Le plancher de la rame coïncide avec le niveau du quai, et chaque station de métro est équipée d'un ascenseur.
L'Ile-de-France : une région sinistrée pour les handicapés
Selon la loi sur le handicap votée le 11 février 2005, les transports en commun devront être rendus accessibles en 2015 :
« Dans un délai de dix ans, les transports collectifs seront accessibles à tous ; en cas d'impossibilité technique avérée de mise en accessibilité d'un système de transport, les transports collectifs auront trois ans pour la mise à disposition de moyens de substitution accessibles au même tarif que les transports collectifs.“Par ailleurs, dès aujourd'hui, des mesures sont prises pour faciliter l'accès au transport public : acquisition et renouvellement de matériels roulants accessibles.”
En février 2008, on arrivera donc à la première échéance de cette loi : la mise à disposition de moyens de transports de substitution au métro. Deuxième étape en 2015 : les transports en commun devront alors être accessibles à tous. Mais l'application se heurte à plusieurs obstacles.
Les financements manquent. Serge Méry, vice-président de la région Ile-de-France et du Stif, détaille les problèmes de financement :
“C'est un challenge coûteux à réaliser en peu d'années. Si on veut respecter les délais, il faut consacrer 200 millions d'euros par an en Ile-de-France, et nous n'avons pas la possibilité de la faire aujourd'hui. On aurait besoin d'argent de l'Etat, mais il ne nous en donne pas.”
Des difficultés techniques. Comment faire pour mettre aux normes des réseaux de transports anciens ? L'exemple du métro parisien parle de lui-même. Centenaire, avec des stations souterraines et en courbe, accessibles par escaliers ou par escalators, le métro est peu praticable, sauf sur la ligne 14 et sur quelques stations (notamment sur la 1 et la 13). Serge Méry explique :
“Dans certains endroits, c'est impossible de le rendre accessible. Il faudrait reconstruire toutes les stations. Par exemple à Saint-Lazare, même si on avait l'argent nécessaire, on ne pourrait pas rendre accessibles tous les quais. Cela demanderait une ingéniosité que l'on n'a pas.”
Conscient de ces difficultés techniques, Jean-François Costella, responsable de la mission accessibilité à la RATP, veut créer ce qu'il appelle “un noyau attractif” dans le réseau de transports :
“Ce noyau attractif permettra aux personnes handicapées de se déplacer correctement grâce au métro. Nous le réaliserons en mettant l'accent sur certaines stations comme les grandes gares”.
Aujourd'hui, 51 lignes de bus sur 330 et les deux tiers des gares RER sont rendues accessibles en Ile-de-France, selon les chiffres de la RATP. Des systèmes de comble-lacunes, réalisés pour combler l'espace entre le quai et le wagon, sont aussi testés dans quelques stations du métro et du RER, comme l'explique Jean-François Costella, de la RATP :
Enfin, le PAM ou “Paris accompagnement mobilité” (un réseau de minibus) a été pensé pour permettre aux personnes à mobilité réduite d'êtres conduites d'un point à un autre. Mais ce programme est loin de faire l'unanimité. Jean-Marie Barbier, président de l »Association des paralysés de France (APF), demande pour les personnes à mobilité réduite un moyen de transport aussi souple que le métro. Avec le prix d'une course équivalent à celui d'un ticket de métro. (Voir la vidéo.)
Un manque de concertation. Pour faire avancer le dossier, il faudrait aussi mettre d'accord l'ensemble des acteurs concernés. Et ils sont nombreux : associations de personnes à mobilité réduite, collectivités territoriales (mairies, départements, région), RATP, SNCF, organismes de concertation type Coliac (Comité de liaison pour l'accessibilité des transports et du cadre bâti).
Selon Pénélope Komitès, adjointe au maire de Paris en charge de ce dossier, cette situation peut conduire à des aberrations, comme des lignes de bus accessibles en partie seulement :
Faire évoluer les mentalités. En France, les personnes à mobilité réduite ont longtemps été écartées de toute réflexion sur les transports, comme le souligne Jean-Marie Barbier de l'APF :
« Les pays scandinaves, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, sont des sociétés qui pensent les choses pour l'ensemble de la population. Quand elles travaillent sur des infrastructures qui existent déjà, elles mettent de réels moyens pour les rendre accessibles aux personnes à mobilité réduite. »
Jean-François Costella, responsable de la mission accessibilité à la RATP, reconnaît un besoin de formation au sein de l'entreprise :
« Nous avons une frange de notre population de conducteurs qui n'a pas encore assimilé le pourquoi de la politique d'accessibilité de la RATP. Et je pense qu'une de nos grandes actions, l'année prochaine, sera une vaste formation destinée à l'ensemble de nos personnels en contact avec le public. »
Pour Nathalie Bellity, les travaux et progrès technologiques réalisés pour les personnes handicapées servent d'ailleurs à tout le monde :
« La télécommande de la télévision a été inventée pour pallier certains handicaps. Les SMS ont été mis au point pour aider les sourds. Aujourd'hui, qui pourrait se passer d'une télécommande ? Et qui n'utilise pas le texto ? C'est bien la preuve que ces avancées servent à tout le monde. »
Contactée à plusieurs reprises, la secrétaire d'Etat à la Solidarité en charge de ce dossier, Valérie Létard, n'a pas donné suite à nos demandes d'interviews.
Quelques solutions pour faciliter l'accès des handicapés aux transports en commun :
- Remplacer les ascenseurs en panne dans les stations de métro et de RER avec des modèles acceptant une plus grosse charge.
- Améliorer le système de transport par bus comme réseau de substitution au RER et au métro, en augmentant le nombre de rotations, en diminuant le coût, et en les rendant plus flexibles. On peut intégrer ces transports spécialisés dans l'ensemble les transports en commun, comme à Rennes ou à Grenoble.
- Continuer le remplacement des vieux autobus par des autobus munis de palettes. Ajuster la hauteur des trottoirs.
- Donner un laps de temps plus grand aux conducteurs de bus pour effectuer le trajet, pour qu'ils laissent aux personnes à mobilité réduite le temps de monter.
- Créer une autorité compétente qui chapeaute l'ensemble des interlocuteurs : villes, associations, RATP, SNCF, Coliac…
- Penser en amont le handicap : par exemple, l'extension de la ligne 13 est accessible aux handicapés mais pas le reste de la ligne. Le signaler aux usagers pour qu'ils sachent à quelle station sortir.
- Améliorer la signalétique : elle doit clairement indiquer si les entrées accessibles et pour quels types de handicap ?
- Installer les commissions communales et intercommunales d'accessibilité. Une commission communale ou intercommunale d'accessibilité doit être constituée dans toutes les collectivités de plus de 5 000 habitants.
Constance Molle et Marion Mourgue
► Infomobi : système d'information sur les stations accessibles aux personnes à mobilité réduite.
► « Déployer mes ailes » de Nathalie Bellity - Editions First - à paraître le 6 mars.
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De Anne Honym
15H25 | 28/12/2007 |
J'ai travaillé quelques temps avec une collègue bénéficiant d'un emploi réservé aux handicapés (moteurs). On aurait donc pu présumer qu'il lui était adapté. Au lieu de ça, c'étaient nous, ses collègues, qui poussions son fauteuil dans les couloirs pour qu'elle puisse faire ses photocopies, qu'elle accède aux sanitaires, qui lui lisions ce qu'il y avait sur l'écran d'ordinateur, placé trop loin d'elle qui ne pouvait pas approcher son fauteuil correctement du bureau, etc… Ce qui résultait souvent à faire la moitié de son travail pour elle, au grand désarroi de tout le monde, et en premier lieu ladite collègue. Quand une femme de 45 ans est contrainte de faire appel à ses collègues simplement pour faire son travail alors que celui-ci est sensé être amménagé pour son handicap et prévu selon lui, on ne peut qu'avoir de gros doutes sur les autres amménagements sensés être prévus dans les lieux publics qui ne sont pas spécialement destinés à ces personnes handicapées. La dignité l'emporte souvent sur la nécessité et ces personnes ne veulent pas quémander, ce qui aboutit souvent à ce que rien ne change…
à Anne Honym
De Avril
10H47 | 31/12/2007 |
Il me semble que cette entreprise, publique ou privée, touche des subsides ou du moins bénéficie d'allègements fiscaux conséquents pour avoir crée des emplois reservés handicap.
Ne connaissant pas votre entreprise, je ne porterais pas de jugements hatifs, mais vous, pensez avoir des doutes uniquement sur la qualité des aménagements ?
merci.
De pgom1
www.berlineur.eu | 15H58 | 28/12/2007 |
A Berlin, pour comparer, les chauffeurs de bus et de métro sortent de leur cabine pour venir personnellement disposer une planche et aider les gens en fauteuil à monter à bord. Et il y a des ascenseurs à -je crois- toutes les stations.
A Paris pour les fêtes, j'ai du moi-même descendre du bus pour aider un homme en fauteuil à monter, car le chauffeur s'était garé trop loin du trottoir, refusait de faire une manoeuvre pour s'en rapprocher, refusait de se lever de son siege pour l'aider. Il a simplement soupiré et lui a conseillé d'attendre le suivant.
à pgom1
De wto
11H49 | 29/12/2007 |
Au Japon pareil…
De plus, rampe dans les lieux publics, ascenseurs, du personnel pour aider…
De paradisbleus
16H25 | 28/12/2007 |
bonjour,
En France de toute façon tout ce qui n'est dans la normalité est bannie ! Quand vous avez une carte de priorité station debout pénible ; il faut avoir les nerfs solident pour affronter les voyageurs car les insultes pleuvent. E n plus que 4 places de réservés dans les wagons, c'est vraiment trop peu ! Je ne vois pas pourquoi ne pas rendre toutes les places obligatoires aux handicapés. De toute façon il y a aucun civisme ni galanterie. Nous voyons meme des femmes enceintes ou personnes agées debouts pendant que ces messieurs ce précipent ou poussent pour avoir le siege.
De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
16H52 | 28/12/2007 |
Allez Bertrand, tous ensemble on y arrivera, tous les fauteuils roulants auront leur place dans le bus sans se faire insulter par le chauffeur, toutes les personnes en béquilles auront une place sans avoir à discuter avec les vieux grincheux qui estiment avoir préséance, tous les hommes se lèveront lorsqu'ils verront une femme enceinte jusqu'aux yeux, un passager fatigué par sa journée.
Tous avec notre bon maire Bertrand Delanoe pour faire changer les mentalités et notre quotidien.
De manu2005
La France tue en Afghanistan, en no... | 16H54 | 28/12/2007 |
Déjà, le nombre de visites, de votes et de commentaire en disent long sur la solidarité des français envers les handicapés (et peut-être en général aussi)…
Il y a plus de vingt ans, en Angleterre, en Allemagne,…les choses étaient déjà en place.
Un problème d'éducation ? peut-être.
En tout cas merci à rue89 de penser à eux, si souvent oubliés.
Et la honte à la RATP et aux gouvernements succéssifs.
Pour copier une pub AICF : « tu te déplaceras quand tu sera compétitif » ?
De NicolasB
Lycéen à Paris | 17H11 | 28/12/2007 |
C'est un dossier très intéressant qui prouve à quel point les transports en commun en Ile-de-France sont peu accessibles aux handicapés.
Tout d'abord, je pense que la France est à la traine dans ce domaine comparé à ses voisins Européens et même aux Etats-Unis. A Washington, capitale des USA, par example, la quasi-totalité des stations de métro sont accessibles aux handicapés. Parfois, il est vrai que certains ascenceurs sont en panne.
En clair, si la France n'est pas assez équipée pour permettre aux handicapés de se rendrent partout, alors notre pays a un manque de respect total envers eux. Là, peut-être que le Gouvernement a du mal à comprendre que les handicapés sont comme tout le monde et ont eux aussi des droits.
La vidéo que présente Rue89 d'un homme handicapé qui se déplace à bord d'un RER est la réalité des choses. Un handicapé n'est pas forcément riche et n'a peut-être pas les moyens de s'acheter une voiture. Ou peut-être qu'un handicapé juge qu'acheter une voiture est un investissement médiocre. Pour autant, surtout dans des grandes villes comme Paris, il doit avoir le droit de se déplacer en transports en commun.
Mais c'est le budget, le budget, le budget qui manque… Et sans argent, que peut-on bien faire ?
De intrepide77
17H18 | 28/12/2007 |
bonjour rue89
c bien de parler de ces gens dont on a tendance à oublier les difficultés au quotidien.
quand je lis qu'il n'y a pas d'argent , j'ai honte .
un peu d'économie sur le coûteux train de vie de ceux qui nous gouvernent résoudrait certainement le problème , mais non on laisse trainer comme d'hab.
triste !
De Tinhinane
Médiatrice scientifique | 17H39 | 28/12/2007 |
J'ai eu la chance de travailler très tôt avec un collègue sourd qui nous a aider à regarder les handicapes très naturellement et surtout à voir à quel point l'organisation de notre société était handicapante. Il nous a initié à la langue des signes mais nous a surtout permis de regarder notre société différemment. Quand l'établissement où je travaille a fait état du nombre d'handicapés que nous avions reçu, Guy, réagit en disant : faut-il espérer que la France ait plus d'handicapés pour donner une légitimité sociale à nos actions culturelles ? Puisque on de chinois, de juif, d'agnostiques, de gros, chauves, laids, etc. ? Un établissement culturel se doit de rendre accessible à tous, sans distinction, et dans les meilleurs conditions les œuvres de l'esprit. Il se doit de questionner la société et de l'aider à évoluer dans toutes les sphères de ses activités. Et parmi les premières choses qui devraient être repensées les normes et les standards. Le plus petit dénominateur commun exclue énormément de monde et induit à chaque adaptation et correction des surcoûts pour les individus et la collectivité. Pourquoi, par exemple, des ouvertures à 90 cm alors qu'à 120 cm elles permettraient à un plus grand nombre de personnes d'y accéder ?
L'ami Guy nous a également appris à dire « ne fait pas le sourd », « ne fait pas l'aveugle » plutôt que de dire : « tu es sourd ou quoi » à quelqu'un qui ne veut pas nous entendre. Il nous a appris à regarder un sourd dans les yeux et à lui parler normalement en nous aidant de gestes les plus simples et explicites possibles quand nous sommes analphabètes dans la langue qu'ils pratiquent. Je parle là des sourds mais nous travaillons avec des aveugles et des personnes qui se déplacent en fauteuils. Quand certains accès ont été aménagés pour eux nous sommes des centaines à profiter de ce « confort béni », y compris nos visiteurs qui ont des enfants en bas-âge.
Nos rampes sont encore trop forte et nos Escalators et ascenseurs trop souvent en panne pour vraiment leur permettre de circuler sans notre aide et comme la SNCF et la RATP nous sommes dans un établissement qui a été pensé pour la majorité à l'exclusion de la multitude de diversité d'êtres et de situations pour lesquelles les aménagements nécessaires seront coûteux mais c'est le prix à payer pour notre « inconscience » de départ. Notre établissement se glorifie du label « Tourisme et handicap », nous sommes pourtant largement en-deçà de ce que nous devons faire. Je serais plutôt partisane de pénaliser les lieux et services handicapants plutôt que d'attribuer des « lauriers » aux établissements qui commencent à peine à agir pour assurer l'équité.
Je suis convaincu que si les établissements avaient l'obligation d'agir, sous peine d'être « attaquer » au portemonnaie, les initiatives et innovations nécessaires à l'accessibilité pour tous émergeraient vite.
Merci à Rue89 pour ce sujet.
De nelmezzodelcamin
di nostra vita | 18H39 | 28/12/2007 |
nous sommes tous des personnes à mobilité réduite ! ou du moins susceptibles de l'être à un moment ou à un autre.
Quand je me ballade avec ma petite fille dans sa poussette, je suis moi aussi à mobilité réduite.
Le jour où vous vous cassez la jambe vous êtes à mobilité réduite.
Je suis contente quand je vois des gens en fauteil roulant se déplacer en ville, sans avoir l'humiliation de devoir demander de l'aide à qui que ce soit, avec leur gamin sur les genoux éventuellement (c'était le cas pour deux petites filles dans la même crèche que ma fille, dont les deux parents sont en fauteuil).
Précision : je vis à Lyon, où la quadi totalité des bus, métros, tram, sont accessibles facilement (il faut dire que le réseau est bien plus récent qu'à Patis)
Les ascenseurs par contre je m'en méfie comme de la peste : ça tombe en panne souvent ces trucs là, et vous pouvez vous retrouver coincés dans une station sans pouvoir en sortir…
De caro
délinquante avérée | 19H08 | 28/12/2007 |
J'ai travaillé à Grenoble pendant quelque temps avec l'architecte spécialisé sur les problèmes liés aux handicaps qui a participé à la conception du tram grenoblois.
Il m'a expliqué comme il a dû batailler pour faire admettre son idée principale : l'accessibilité doit profiter à tou-te-s : les personnes en fauteuil, les personnes âgées qui ont du mal à se mouvoir, les personnes avec des béquilles (beaucoup d'accidentés de ski à Grenoble), les personnes avec poussettes, encombrées de colis, les malvoyantes etc. Si bien qu'au lieu d'avoir une rame sur 5 avec un plancher qui s'abaisse, il a prouvé que toute la mécanique du tram pouvait se mettre en hauteur pour abaisser le plancher à hauteur du quai. Tout le monde descend et monte sans problème et toutes les rames sont conçues ainsi. Cet exemple a servi aussi pour les bus et maintenant, tous les transports de l'agglo sont accessibles. L'avantage aussi de la ville, c'est que les rues sont elles aussi accessibles, bateaux pour accéder aux trottoirs, bandes à picots pour signaler les débuts et fins de ces trottoirs, signaux sonores pour traverser, obligation pour les nouveaux commerces (ou rénovations) d'être accessibles…
Ca fait plus de 20 ans que Grenoble travaille sur l'accessibilité, il est vrai que, par rapport à Paris, nous avons pu profiter de la nouveauté de la construction du tram pour tester et développer.
Avec beaucoup de volonté, tout est possible, à condition qu'on y mette le prix, notamment pour ce qui est ancien comme le métro. Mais c'est à cette condition que tout le monde peut vivre et se déplacer ensemble.
De Beeks
20H29 | 28/12/2007 |
l'acces aux transport c'est tres bien mais pour aller où ? à l'école, au travail dans les magasins (parce qu'il faut bien en parler du pouvoir d'achat) on est dans le visible c'est notre societe qui est comme ça, mais comme pour tout c'est l'invisible qui est le « reel probleme » je repete l'école, le travail , le pouvoir d'achat… le prix des fauteuils,des cannes…il y a tellement de choses à regler en priorite . alors on peut mettre la charrue avant les boeufs mais le bus sans le reste bof bof.
à Beeks
De Anne Honym
02H39 | 29/12/2007 |
C'est un peu le problème de l'oeuf ou la poule… Lorsqu'on parle par exemple des difficultés à trouver un travail en étant handicapé, ne pas pouvoir se rendre facilement à un entretien fait partie du problème, et ça devient un peu le chat qui se mord la queue, vous ne croyez pas ? Du coup, il faut bien commencer à initier un cercle virtueux à un endroit de la chaîne, et si ça peut commencer par les transports alors où est le problème ? Ce serait déjà un progrès. Et je suis sûre que, de la même façon que les personnes qui travaillent avec des handicapés apprennent beaucoup et sont sensibilisées à leurs difficultés, des usagers des transports en commun qui verraient tous ces amménagements et partageraient leur vie quotidienne avec des handicapés (qui aujourd'hui sont, comme vous le dites, des « invisibles ») participeraient eux aussi à ce cerlce virtueux ensuite, en discriminant moins les personnes handicapées dans les autres domaines dont vous parlez. Il faut bien commencer par quelque chose, en même temps, non ?
à Anne Honym
De Beeks
09H57 | 29/12/2007 |
à Anne Honym : « de la même façon que les personnes qui travaillent avec des handicapés apprennent beaucoup et sont sensibilisées à leurs difficultés, des usagers des transports en commun qui verraient tous ces amménagements et partageraient leur vie quotidienne avec des handicapés (qui aujourd'hui sont, comme vous le dites, des “invisibles”) »
vous avez tapé dans le mille je pense que si les gens ont besoin d'etre abitués aux hadicapes dans la vie active c'est qu'ils en n'ont pas vus à école vous ne croyez pas ? il faut prendre le problème à la racine et c'est toujours l'ecole de la republique la solution
je n'ai jamais dit que les handicapes etaient invisibles la preuve les gens se retournent quand il y en a un qui passe (pour ça aussi l'école est la solution ) c'est les problemes reels qui sont invisible .
à Beeks
De caro
délinquante avérée | 14H16 | 29/12/2007 |
bonjour Beeks,
Je suis d'accord avec vous, mais j'aimerais vous faire une remarque : on doit parler de « personnes handicapées » et non de « handicapés », car, elles le disent elles-mêmes, elles sont des « personnes » avant d'être des « handicapés ».
à caro
De Beeks
15H54 | 29/12/2007 |
caro (délinquante avérée) : c'est vrai, mais faisant « partie de maison » je ne me suis jamais arrete à ce genre de considerations ,je comprends que ça puisse enerver quelques « personnes handicapées » ou valides aparement .comme je l'ai dit dans mes autres commentaires si le problème etait là ,il n'y en auraiit pas .
à Beeks
De caro
délinquante avérée | 22H02 | 29/12/2007 |
C'est sûr que s'il n'y avait que cette clause linguistique, il n'y aurait pas de problème … vous avez raison, mais je me suis fait reprendre plusieurs fois, alors … à part notre bienaimé président qui incarne l'homme parfait, tout le monde est handicapé d'une manière ou d'une autre (par son physique, sa timidité ou sa volubilité, sa gaucherie, son caractère de cochon, sa trop grande gentillesse, sa mauvaise foi, sa mauvaise étoile, son mauvais Karma … que sais-je encore, il y en a tellement ! )
Bien à vous
à caro
De Beeks
10H47 | 30/12/2007 |
chere, caro (délinquante avérée)
il me semble que le president boite mais il est vrai que c'est l'oeil d'un expert qui parle bref
pour eviter de se faire reprendre il est bon de savoir une ou deux choses : il y a l'handicapes cool , ouvert, souriant ex : moi
et il ya « la personne handicapé » argneuses , agressive qui en veut à tout le monde pas cool du tout.
alors pour les reconnaitre c'est simple vous lancez un « ça marche pour vous » et selon la reponse vous vous adaptez voilà c'est des petits trucs comme çà qui peuvent aider
Bien à vous meme
à Beeks
De caro
délinquante avérée | 21H43 | 30/12/2007 |
« il me semble que le president boite »
Faudra peut être qu'il s'en prenne à son bottier qui a dû rater une des talonnettes
Merci pour votre suggestion, je vais essayer. C'est comme lorsqu'on explique quelque chose à un aveugle en terminant l'exposé par « tu vois ? »
A bientôt
De mmarvin
socialiste tendace coup-de-pied-au-... | 20H52 | 28/12/2007 |
Je travaille à Lyon pour une société qui effectue pour le compte des TCL des transports spécifiques aux handicapés dans des véhicules aménagés. C'est un bon complément pour les personnes qui ne peuvent utiliser le réseau classique qui est accessible à 100 % en tramway et funiculaire, 99,9 % pour le métro et près de 75 % pour les bus. Je ne parle même pas des trottoirs aménagés qui permettent une circulation plus facile en fauteuil. Paris et d'autres villes devraient s'inspirer de cet exemple.
De daniele
21H27 | 28/12/2007 |
les transports, les distributeurs de banque,les guichets de postes,les escaliers des mairies qui les rendent inaccessibles,pour les personnes en fauteuil ,ou de petites tailles,c'est un véritable calvaire journalier pour exister tout simplement.alors avec un peu de volonté et de travaux leur vie de citoyen serait tellement plus agréable les municipales approches faites entendre votre voix,personnellement je vous soutiendrai.
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 07H16 | 29/12/2007 |
Créons des couloirs spéciaux !
Marre de ces Handicapés en 4X4 qui envahissent les trottoirs !
Y a déjà assez de « gluants » en poussette comme çà !
De pixotte
18H40 | 29/12/2007 |
Où sont passés les « Handicapés méchants » des années 70 ? Grâce à eux la loi de 1975 a pu être votée et depuis ? ? ? ? ? Rien bien sûr.Si ce n'est la même loi en 2005. Ah ! Ah ! Ah
Il ne serait pas inintéressant d'aller voir du côté du Ministère qui rédige les textes pour les personnes handicapées. Tout en regardant comment sont appliqués ces textes dans ce même ministère !
A vous RUE89.
De Sylvie Martin
matheuse | 20H15 | 29/12/2007 |
Sommes tous des handicapés.
Les vieux, les malades, les plâtrés, ceux qui se sont fait faire la semaine dernière une superbe boutonnière et le chirurgien leur a dit de ne pas porter pendant un mois, ceux qui sont avec un ou plusieurs petits enfants, ceux qui ont des paquets de format bizarre, et ainsi de suite. Sans oublier les vieux qui reviennent du ski avec leurs petits-enfants (dont un plâtré et un malade) et… des skis ; -).
Peux pas porter une grosse valise dans les escaliers du métro parisien. Chance : de temps en temps quelqu'un avise mes cheveux gris planant de pas très haut au-dessus de ma valise et me file un coup de main.
Je recommande vivement la station Massy-Palaiseau du RER B - et faudrait pas argumenter qu'il n'y a pas la place de mettre des escalators ou des ascenseurs, parce que la place y est, manque la volonté. Surtout, ça fait tache à côté de la jolie gare SNCF de Massy-TGV par laquelle j'arrive de ma province : transports en commun accessibles dans ma ville, gares SNCF accessibles, mais quand on arrive en Ile de France, fini ! À noter l'incohérence : très jolie paire d'ascenseurs à Bures sur Yvette, quelques stations plus loin de Paris, sur la même ligne B.
De Annacelia
09H07 | 31/12/2007 |
Bonjour,
Merci à Rue89 pour ce clin d'oeil en fin d'année aux personnes handicapées qui sont, comme les SDF, les démunis, des êtres humains exclus de la sphère sociale. Organiser et améliorer les transports, oui mais comme dit un Riverain… pour aller où ? et faire quoi ? Nous subissons une ségrégation au niveau de l'emploi qui nous conduit à survivre avec des revenus précaires. Les difficultés que rencontrent tous les exclus de la sphère économique et sociale sont démultipliées pour les personnes handicapées. Il faudrait rendre visible, accepter et surtout intégrer tous les handicaps pour pouvoir les surmonter. Personne n'est à l'abri d'un accident de parcours…
Merci et bonnes fêtes de fin d'année à tous…
Une personne handicapée au fin fond de la Drôme sans aucun accès que celui d'internet ! ! ! ! ! ! ! ! !
De Intendant Zonard
11H21 | 31/12/2007 |
L'information à retenir dans cet article, qu'il faut transmettre et développer : l'adaptation des installations aux personnes en situation de handicap bénéficie à tous !
En effet, à Grenoble quand les premiers trams ont roulé, les exploitants ont été sidérés de constater que les temps d'entrée et de sortie des voitures par les usagers étaient nettement plus courts que tout ce qui avait été observé avant, et anticipé sur la gestion de la ligne.
En effet, avec des trams parfaitement accessibles, tout le monde, y compris les plus en forme des joggers quotidiens, va plus vite pour entrer ou sortir de la rame. Le tram grenoblois s'en est trouvé plus apprécié, plus rapide, plus rentable, et pas seulement plus solidaire. Aujourd'hui tous les équipements de transport neufs sont accessibles, et pas seulement par obligation réglementaire !