
Chroniques de l'héroïne à Athènes

A Athènes, tout près de l'Acropole, existe un quartier où les rues portent les noms d'illustres hommes de l'Antiquité : Sophocle, Euripide, Ménandre, Socrate… Ce quartier, où se concentrent des populations d'origine étrangère, est également l'un des points névralgiques du trafic et de la consommation d'héroïne (venue d'Afghanistan et d'Albanie). Et ce depuis que le précédent haut-lieu de la marginalité -la place Omonia- a été « nettoyé » en vue des Jeux olympiques, en 2004.
Parmi les quelque 250 habitués de l'endroit, on compte des Grecs, mais aussi des Albanais, des Roumains, des Kurdes (d'Iran et de Turquie), des Polonais, des Ukrainiens, des Russes, des Bulgares, des Iraniens, des Irakiens, des Afghans… La grande majorité sont des hommes.
Ils sont, pour la plupart, sans réel domicile, si ce n'est un immeuble à l'abandon, et sans travail. Leurs revenus proviennent essentiellement d'une microéconomie basée sur l'héroïne (revente de seringues, rabattage de clients pour un dealer, injections payantes), ou encore du vol ou de la prostitution.
L'activité de la police se résume à d'incessantes rondes, afin de tenter de les disperser. Ce qui n'empêche en rien les toxicomanes de revenir ici, où les attendent l'héroïne et l'agacement des riverains. Ils n'ont nulle part ailleurs où aller : en Grèce, le principal programme de désintoxication requiert six années d'attente.
Voici le quotidien de certains d'entre eux :
Pour voir le diaporama en plein écran, cliquez ici
- 12888 visites
- Version imprimable
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque




























31
(Pour réagir, connectez-vous)
De V comme vendetta
Ecrivain | 11H52 | 27/12/2007 |
Très beau reportage photo, magnifique et terrible, l'enfer si proche de ces grands noms qui ne semblent plus rien dire, Euripide, Socrate, Sophocle, que tout cela et si loin et si triste.
De lgodgir
13H16 | 27/12/2007 |
…juste envie de pleurer…
De Prolo du livre
13H17 | 27/12/2007 |
Photos magnifiques.
Des scènes que l'on ne voit (presque) plus en france depuis la grande vague d'héroïne des années quatre vingt, et qui pourtant…
On a rouvert la route de l'opium…
De re-belle
mère au foyer | 13H41 | 27/12/2007 |
à coté de l'horreur, une publicité sur la grèce magnifiée ! ! ! …quel paradoxe ! ! ! …une vue du coté sombre du soleil ! ! ! …
De Claire D.
13H50 | 27/12/2007 |
Rien ne nous dit que ce style de situation n'existait pas au temps de Sophocle et compagnie. Il ne faut pas trop mal juger la Grèce. C'est un pays où la liberté a le droit de cité, à mon goût. De plus, si une partie des philosophes grecs ont travaillé sur la notion de « maîtrise des excès », ce n'est pas pour rien. La notion d'« excès » fait partie de la vie quotidienne en Grèce. Elle est parfois liée à la notion de « lyrisme »… Qu'Athènes soit une ville propre, oui, mais ne critiquons pas la Grèce sans savoir.
De Prolo du livre
14H04 | 27/12/2007 |
Heu… on a rien dit sur la Grèce ! ! ! Et nous n'avons porté aucun jugement sur elle…. J'aimerais bien aller y faire un tour…
Le sujet de la dépendance à l'héroïne, sa sociologie et son économie n'est pas exclusif à la Grèce, les rues de Marseille dans les années quatre vingt était bien semblable (voir pire) à celle d'Athènes et dans les rues de Cayenne, c'est à cause du crack…
La Grèce a les mêmes problèmes que le reste du monde : pauvreté, chômage, exclusion, etc.
De intrepide77
17H18 | 27/12/2007 |
on peut voir les mêmes scènes pathétiques un peu partout comme en afghanistan , l'héro est bon marché et de première qualité . en france ça existe aussi mais on peut se soigner pour sortir de l'enfer .il faudrait un programme méthadone dans tous les pays de la planète pour lutter contre ce fléau. c possible ça coûte pas cher , mais pour cela , il faut une décision politique aux plus hauts niveaux ….
De André Dupneu
chef du contentieux | 19H43 | 27/12/2007 |
Pourquoi Athènes ? Toutres les capitales européennes ont leur lieu dédié aux narcomanes. Si je lis bien l'article, il s'agit seulement de consommateurs. Or, vous ne dites rien sur les pôles, où se concentrent les gros trafiquants, souvent identiques aux quartiers d'affaires, à Athènes comme à Prague, Londres, Varsovie, Paris ou Amsterdam…
à André Dupneu
De Arnaud Aubron
Rue89 | 01H24 | 28/12/2007 |
Athènes parce que le jeune photographe Jerome Barbosa y a réalisé son reportage. Qu'il m'a touché et que j'ai donc décidé de le diffuser comme un témoignage, non exhaustif bien entendu, mais non moins important. Il faut le prendre comme tel.
De auchomage
21H40 | 27/12/2007 |
quelle tristesse. moi qui ai vécu à Athènes dès l'âge de 20 ans, à la chute des colonels, qui ai fait de ce pays mapremière patrie, avant la France, j'ai mal enlisant ces lignes. Au début des années 90, il n'existait ni délinquance ni criminalité, ni immigration en Grèce. 99,8% d'orthodoxes vivaient en parfaite harmonie avec une sagesse directement héritée des grands philosophes. J'en ai fait ma règle de vie. En France, çà m'a permis de surmonter tous les problèmes. Ce nouvel état de fait est dû ni plus ni moins à l'entrée de la Grèce dans le Marché commun en 1981. C'est une affirmation et, du reste, j'écris un livre là-dessus. je l'ai commncé il y a 33 ans….
De Claire D.
22H31 | 27/12/2007 |
1)Je ne suis pas sûre que la religion orthodoxe soit si directement en « parfaite harmonie avec une sagesse directement inspirée des grands philosophes ». Justement, Vassilis Alexakis vient d'avoir le prix de l'Académie Française pour un livre (« après jc »)dans lequel il dénonce l'étouffement de la Grèce par la religion orthodoxe et met en avance l'héritage philosophique… 2) Je trouve cet article assez maladroit et peu intéressant. Le fait qu'il y a des toxicos à Athènes, en soi, ne me parait pas caractériser ce qu'il y a d'intéressant à dire sur la Grèce contemporaine, et comme plusieurs l'ont souligné, ce problème existe aussi ailleurs.
De Arnaud Aubron
Rue89 | 01H30 | 28/12/2007 |
Personne ne prétend qu'il s'agit là de ce qu'il y a de plus intéressant à dire sur la Grèce d'aujourd'hui. Mais c'est une réalité, parmi d'autres.
Si la Grèce vous intéresse, vous trouverez d'autres articles à cette adresse : http://www.rue89.com/grece. N'hésitez pas à les consulter.
De Claire D.
22H33 | 27/12/2007 |
C'est surtout que ces toxicos vous ont laissé gentillement les photographier… Belle morale…
De MariaK
00H38 | 28/12/2007 |
Ce qui est particulier en Grèce, et notamment à Athènes, c'est la visibilité des choses. Je suis née là-bas, j'ai grandi là-bas et j'y vais presque chaque année. En ce moment j'habite à l''Europe occidentale » et ayant habité à beacoup de villes européenes, je peux vous assurer qu'à Athènes on peut voir très facilement ce genre d'images rien qu'en faisant nos courses. Il faut aussi rajouter que la visibilité des sujets que l'on peut qualifier de « trash » fait partie de la culture populaire de ce pays. Dès le debut du XXe siècle (et pour des raisons socio-politiques), une grande partie de la musique, maintenant dite populaire, se réfère à ce genre de réalités sociales. Ces morceaux décrivent la prise d'héroine, le viol en prison, les suicides à l'armée et on peut les entendre à la radio dans les taxis (parce qu'à Athènes on prend souvent le taxi ! ), à la maison, on les chante en soirée et en gros tout le monde les connait par coeur.
Quant à l'article, je trouve que même s'il est bref, il fait preuve d'une bonne observation.
De Claire D.
04H08 | 28/12/2007 |
Votre article est totalement nul. Une interlocutrice, qui connait la Grèce -je la connais également, j'y vais presque chaque année et je parle grec- a pu le remettre dans son contexte parce que connaissant la situation. Mais le lecteur lambda qui survole votre Une est totalement induit en erreur. Pour des drogués qui ne se cachent pas à Athènes et se laissent photographier, vous donnez l'impression qu'Athènes est le centre du cartel du crime. Qui plus est, vous mêlez votre crasse ignorance et profonde maladresse journalistique de remarques sur les philosophes classiques, ce qui est d'une absurdité complète.
Votre journal, que je découvre ces jours-ci après avoir intensément lu Le Monde ces derniers mois, parait souffrir d'un amateurisme profond. Sous prétexte de faire de l'info original, c'est du n'importe quoi que vous servez au lecteur. Non seulement on n'apprend rien, mais les infos ne sont pas le moins du monde replacées dans leur contexte.
Votre manière de sélectionner les remarques est également totalement anti-démocratique. Tous les journaux internet laissent les commentaires de leurs lecteurs, plus ou moins filtrés, mais assez peu filtrés. Vous, vous choisissez les têtes qui vous reviennent, celles qui ne vous remettent pas trop en cause, mais, malheureusment pour vous, qui ne vous stimulent pas trop non plus. On connait ces sites qui deviennent médiocres à force d'être pilotés à moindre coût. En l'occurence, la sélection des commentaires pourrait avoir un sens s'il s'agissait d'une question de place, mais j'observe sur cet article qu'il s'agit uniquement de préferentisme de votre part. Dans ce débat -que je considère comme représentatif de votre manière d'agir-, vous mettez en avant deux coms, en laissant de côté le mien et celui d'un autre ayant évoqué la question de la religion orthodoxe en lien avec l'identité grecque. Cette question est au moins autant, mais en réalité, beaucoup plus importante que celle de savoir s'il existe des drogués qui ne se cachent pas à Athènes. Mais vous n'avez apparemment aucune lucidité et je me contenterai de passer mon chemin de ce site de très moyenne qualité. Il faut vous souhaiter de vous améliorer, car il est important que nous ayons de bons et nombreux médias en France, mais à l'heure d'aujourd'hui, vous ne représentez à mes yeux -…- ni la liberté ni l'information ni l'intelligence.
De Arnaud Aubron
Rue89 | 09H15 | 28/12/2007 |
« vous mêlez votre crasse ignorance et profonde maladresse journalistique de remarques sur les philosophes classiques, ce qui est d'une absurdité complète. »
A part cette partie dont je ne comprends pas le sens étant donné qu'il n'y a absolument aucune remarque de ce genre dans l'article (juste la mention de noms de rue), je ne vois dans votre long déchainement de haine à l'endroit de cet article aucune critique de fond.
Nous « donnons l'impression » dites-vous. Sous-entendez-vous que tout cela serait faux ? Et si cette réalité existe bien, et même si elle n'est bien entendue pas représentative de tout Athènes, ni de toute la Grèce ne de toute l'Europe, personne ne le prétend, faut-il la taire ?
Peut-être n'aurions nous pas non plus dû parler de Benazir Bhutto qui en représente pas tout le Pakistan…
Une rubrique est consacrée sur ce site à la question des drogues. Vous y trouverez plein d'articles « représentatifs ».
Soyons raisonnable. Si votre soucis est juste lié au fait que votre comentaire n'ait pas été sélectionné, persevérez ; -)
De Claire D.
04H11 | 28/12/2007 |
ni 1789, loin de là.
De jissé
Ingé retraité | 07H25 | 28/12/2007 |
Il y a qq années les mêmes scènes de misère et de déchéance pouvaient être vues autour du « Grand Bazar » d'Istamboul.
A l'évidence c'est moins sordide - et plus discret - quand le trafic d'héro se passe du côté du « bistro » le plus connu de St Tropez.
Que faut-il condamner, qu'est-ce qui vous choque ?
La misère ?
Le « no future » ?
Ou l'usage de drogue ?
à jissé
De Arnaud Aubron
Rue89 | 09H21 | 28/12/2007 |
Personne n'est à condamner et personne n'a dit que nous étions choqués. C'est un témoignage, il ne faut pas chercher à y voir plus. Cette situation existe, elle mérité à notre avis d'être vue par nos lecteurs. Si la réflexion sur la question des drogues vous intéresse, je tiens par ailleurs un blog qui y est consacré sur ce site.
De cursed circle
08H52 | 28/12/2007 |
Des images sordides et touchantes à la fois. Mais malheureusement la Grèce n'a pas l'exclusivité du trafic et de la consommation d'héroïne en Europe. Quand au problème des drogues en lui même, à quand une approche plus réaliste et constructive, en bref une vraie politique (la répression ne peut pas être l'unique réponse à ce problème) et un vrais débat ? Cette question ne semble intéresser aucun de nos gouvernants en dehors des plus répressifs… insécurité oblige !
De Claire D.
09H05 | 28/12/2007 |
Et en plus vous censurez ! Vous êtes décidément plus rue que 89. Manque de vigueur et d'intelligence de votre part.
De Arnaud Aubron
Rue89 | 09H16 | 28/12/2007 |
Puis-je vous suggérer une petit pause dans la paranoïa, aucun comentaire n'a été « censuré » dans ce fil.
à Arnaud Aubron
De Jonas2
Les mouches ne me trouveront pas as... | 17H41 | 28/12/2007 |
La meilleure manière de couper court à tout ce qui pourrait alimenter une certaine paranoia quant aux posts repliés serait de faire apparaître obligatoirement le pseudo des replieurs qui, pour l'heure, officient dans le plus total anonymat.
La teneur de certains posts repliés explique le plus souvent pourquoi ils le sont. Mais, dans certains cas, je me demande vraiment pourquoi ce repli rageur.
De viva zebda
rameur | 09H48 | 28/12/2007 |
le mondialisme,et certaine de ses dérives,peuvent être vues comme une catastrophe humanitaire
De JAMBON.BEURRE
"Soyons realiste , demandons l'impo... | 14H25 | 28/12/2007 |
La chose qui diffère en grèce par rapport aux autres capitales européennes,c'est ça proximité avec les pays producteurs d'héroine qui donne une qualité du produit multiplié par 100 (mis à part amsterdam,pour d'autre raison.)
Dans toutes les autres villes européenne je suis convaincu que le nombre d'overdose par qualité est pratiquement nul.
Sur ces images nous voyons des gens dans un état possible qu'avec un produit pratiquement pur.
De rigas
sociologue | 15H38 | 28/12/2007 |
Ce quartier (où j'habite quand je suis à Athènes) de jour comme de nuit vibre de monde. Mais la nuit et le jour sont aussi différents. Le jour c'est un quartier commerçant avec une étonnante activité commerciale comme ce le fut toujours le cas. C'est un quartier traditionnellement ouvrier, avec le marché central et des centaines d'ateliers de coutures. Ce qui est nouveau par rapport aux années soixante-dix c'est l'arrivée massive de pakistanais, des bengalis, et depuis six ou sept ans des chinois. Bref un quartier animé mais aussi très populaire.
La nuit, la nuit est bien différente. Elle vibre aussi de sexe. Depuis peu, l'arrière du marché aux légumes est devenu un vrai marché aux prostituées noires : des filles qui sont à peine pubère, des enfants de grande beauté qui se jettent littéralement sur le client. Un cauchemar. Je n'ai encore jamais vu aucun reportage (c'est risqué ! ) sur cette réalité du quartier le plus prolétaire du centre de la ville qui est devenu un véritable miroir de la mondialisation.
De Claire D.
19H06 | 28/12/2007 |
J'ai parlé de réactions censurées pour les réactions repliées. Cela fait, à partir de l'article, trois niveaux pour les réactions des lecteurs : un vrai système paranoïaque que le vôtre, avec des accès différés aux différents niveaux de participation. En bref, je ne souhaite pas discuter davantage avec vous. A l'heure qu'il est, j'ai regardé votre site et trouve son fonctionnement malsain et moins démocratique que celui de la plupart des sites de journaux que je lis beaucoup sur le web. Aussi je me désincrirai de votre système, tout simplement. Que vous ne perceviez pas votre propre manque de professionnalisme est encore ce qui est le plus grave pour vous.
Claire Delhomme
De jissé
Ingé retraité | 12H38 | 29/12/2007 |
OOOOUUUUUFFFF.
« Bon Vent ».
« Allez voir ailleurs si j'y suis. »
De Philippe Leroyer
auteur & photographe | 20H30 | 29/12/2007 |
Superbes clichés.
Merci pour ce voyage dans l'un de ces nombreux « petits » enfers de l'héro.
De Philippe Leroyer
auteur & photographe | 20H45 | 29/12/2007 |
Après avoir lu les diverses réactions suscités par l'article je voulais juste apporter mon soutien aux choix rédactionnels.
Un tel reportage est un témoignage, ni plus, ni moins. Témoignage d'une réalité. Qui n'a pas une envergure internationale, ni même nationale. Qui n'est pas représentative de tout un pays (quelque chose est représentatif de tout un pays d'ailleurs ? ). Mais qui est.
Et il me semble important sur un site tel que celui-ci, de faire se côtoyer des articles d'actualité d'envergures diverses et des témoignages de réalités moins médiatisées, moins « importantes » en terme de portée.
A partir du moment où ils sont de qualité.
Et le texte comme les photos ici sont de grande qualité.
Je ne comprends toujours par l'argument qui consiste à dire : « - Pourquoi parlez-vous de telle chose, alors qu'il y a d'autres choses ? ».
Pourquoi poser cette question, alors qu'il y a tant d'autres questions à poser ?