Benazir Bhutto assassinée, où va le Pakistan ?
La mort de l'ancien Premier ministre, figure politique controversée, ravive la crise politique dans un pays déchiré. Décryptage.

Que représentait, politiquement, Benazir Bhutto ? Cette femme de 54 ans, qui dirigeait le Parti du peuple pakistanais (PPP), représentait une des alternatives les plus crédibles au pouvoir de Pervez Musharraf, dont la victoire à l'élection présidentielle du 6 octobre est contestée. Dès son retour d'exil, en octobre, elle avait été la cible d'une première tentative d'attentat.
Jusqu'à cet été, Benazir Bhutto était accusée par le pouvoir Pakistanais de diverses charges, dont la corruption. Sous la pression des Américains, Musharraf a accepté de mettre fin à son exil, qui a duré huit ans. Il avait ensuite engagé avec elle des négociations pour un partage du pouvoir.
Affaibli aux yeux de l'Occident, le président-général pakistanais avait besoin d'une caution « démocrate ». En contrepartie, Pervez Musharaf a quitté son poste de chef des armées fin novembre et signé un décret amnistiant « B-B » des accusations de corruption qui lui ont valu de quitter le pays en 1999, principale condition qu'elle posait pour rentrer au Pakistan et partager le pouvoir.
Leur entente aura pourtant été de courte durée. Assignée à résidence quelques jours après son retour triomphal en raison de l'état d'urgence décrété par Musharraf, Benazir Bhutto a accusé le pouvoir de réprimer son parti et de l'empêcher ainsi de mener à bien sa campagne pour les législatives du 8 janvier. Décidée à organiser une longue marche de Lahore à Islamabad pour réclamer la levée de l'état d'urgence, Benazir Bhutto avait alors réclamé la démission du général Musharraf.
Benazir Bhutto était une figure charismatique chez une grande partie des 165 millions de Pakistanais. Belle, cultivée (elle a étudié à Harvard), issue d'une très riche famille du Sindh, elle était la fille du très populaire Zulfikar Alî Bhutto, président du Pakistan, renversé en 1977 par par le général Zia ul-Haq, et exécuté par pendaison deux ans plus tard.
Reprenant la tête du PPP fondé par son père, elle a été Premier ministre à deux reprises, en 1988-1990 et en 1993-1996, sans laisser un grand souvenir. Lors de son second gouvernement, elle avait encouragé l'arrivée au pouvoir des talibans à Kaboul.
Se présentant ces dernières semaines comme l'incarnation de la démocratie, elle avait le soutien des Etats-Unis. Elle était la bête noire de Musharraf, mais aussi des islamistes. Bhutto a en effet adopté des positions très dures face à ces derniers. Elle n'était ainsi pas hostile à une intervention de l'armée américaine dans les zones tribales sensibles ; et l « été dernier, elle a soutenu la répression sanglante décidée par Musharraf contre les islamistes de la “Mosquée Rouge” d'Islamabad.
Qui avait intérêt à la voir disparaître ?
“Je sais exactement qui veut me tuer”, confiait Benazir Bhutto à un journaliste de Paris-Match, au lendemain d'un premier attentat qui avait fait 133 victimes à Karachi le 18 d'octobre. “Ce sont les dignitaires de l'ancien régime du général Mohamad Zia ul-Haq, qui sont aujourd'hui derrière l'extrêmisme et le fanatisme.” Le père de Benazir Bhutto, Ali Bhutto, avait été déposé par le général Zia en 1997, avant d'être exécuté. Décédé dans un accident d'avion, Zia garde des partisans au sein de l'armée pakistanaise et en particulier au sein des services de renseigement.
Une chose est en tous cas certaine, si Benazir Bhutto comptait beaucoup de supporters au Pakistan, elle y avait également beaucoup d'ennemis. Outre les nostalgiques de Zia, elle était la bête noire des intégristes, qui l'accusaient d'être une marionnette de l'Amérique.
Elle avait ainsi récemment déclaré qu'en cas d'arrivée au pouvoir, elle envisageait d'autoriser l'armée américaine à pénétrer en territoire pakistanais pour remettre de l'ordre dans les zones tribales, à la frontière afghane, où les partisans de Ben Laden sont nombreux.
Selon les services de renseignement pakistanais, trois groupes proches d'Al-Qaeda ou des Taliban avaient menacé l'ex-Premier ministre. Elle aurait également laissé entendre qu'elle était prête à autoriser l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à auditionner le père de la bombe atomique pakistanaise et véritable héros national, Abdul Qadeer Khan. Dans Time Magazine, l'analyste pakistanais Nusrat Javed tempèrait :
“Ces déclarations ont été manipulées par les médias pour faire croire qu'elle était prête à faire tout ce que désirent les Etats-Unis, ce qui est très impopulaire ici au Pakistan. Ajoutez à cela sa volonté affichée d'éradiquer l'extrémisme dans les zones tribales, elle a provoqué tous les suspects habituels du jeu politique local.”
Reste, évidemment, le principal bénéficiaire de cette disparition : Pervez Musharraf. Depuis des années, l'ancien Premier ministre ne cachait pas son intention de mettre un terme à la dictature militaire de Musharraf. Et l'accord de partage du pouvoir, patronné par les Américains, qui avait présidé au retour de Benazir Bhutto au Pakistan, semblait déjà enterré. Bhutto s'était récemment rapprochée d'un autre opposant au pouvoir et ancien Premier ministre, Nawaz Sharrif, pour établir une liste de demandes au gouvernement pour garantir un scrutin libre le 8 janvier. Lequel Sharrif a également été la cible d'un attentat, raté, ce jeudi.
Récemment, Bhutto avait accusé des éléments proches du pouvoir de manipuler ceux qui voulaient la tuer. “Je n'accuse pas le gouvernement, avait-elle précisé. J'accuse certaines personnes qui abusent de leur situation et de leur pouvoir.” Elle aurait même remis à Musharraf une liste de suspects.
“Même si Musharraf ne voudrait pas tenter quelque chose contre Bhutto, il n'y a aucune garantie que quelqu'un d'autre de ce camp ne soit pas impliqué”, confirme l'éditeur pakistanais Kamran Noorani.
Une piste également privilégiée depuis Dubaï par Asif Ali Zardari, mari de Bhutto, qui a mis en cause le gouvernement pakistanais. “C'est l'oeuvre des services de renseignement”, avait-il déclaré après l'attentat du mois d'octobre.
Quel est son bilan ?
Deux fois Premier ministre, Benazir Bhutto, icône de l'opposition antimilitaire, laisse une image controversée.
Ses récentes déclarations contre le fondamentalisme ont ainsi fait ricaner ses opposants. Arrivés au pouvoir en 1994, les talibans avaient bénéficié du soutien du Pakistan, dont le gouvernement était alors dirigé par celle qu'on surnommait l'“Unique”.
Plus récente, l'accusation de compromission avec l'administration Bush, portée par les islamistes mais aussi par certains de ses anciens supporters. Soutenue par Washington, Benazir Bhutto, avait accepté en juillet de négocier une alliance avec son rival Pervez Musharraf en vue des élections législatives de janvier 2008. Avant de prendre ses distances.
Mais son image a surtout été ternie après les poursuites judiciaire pour corruption qu'elle et son mari Asif Ali Zardari ont dû affronter à deux reprises.
Premier ministre de 1988 à 1990, elle est démise de son poste par le président Ghulam Ishaq Khan pour corruption et “mauvaise gouvernance”. Son mari est arrêté, le PPP perd les élections. En 1993, elle remporte les élections mais trois ans après, le même scénario la contraint à quitter le pouvoir. Son parti échoue aux élections générales. En 1999, condamnée pour avoir touché des pots-de-vin dans le cadre de marchés publics avec des entreprises suisses, Benazir Bhutto s'exile. Mais les affaires la poursuivent. Les époux sont jugés coupables en Suisse d'avoir blanchi 12 millions de dollars.
Son mari Asif Zardari, un temps ministre des investissements extérieurs, a également été soupçonné d'avoir fait assassiner Mir Murtaza Bhutto, frère et rival de Benazir. La nièce de ce de dernier, Fatima Bhutto a exigé dans le Los Angeles Times que soit éclairci le rôle joué par sa tante dans cette affaire.
Et maintenant ?
L'assassinat de Benazir Bhutto intervient quelques jours seulement avant les élections législatives du 8 janvier. Des élections dont la tenue était déjà problématique, à l'issue d'une année des plus mouvementées, et dont on peut légitimement se demander si elles peuvent réellement avoir lieu dans le climat de tension qui suit la disparition de l'un des principaux candidats.
Peu après l'annonce de la mort de l'ancien Premier ministre, des émeutes ont démarré à Karachi, la plus grande ville du pays. Les partisans de Bhutto ont mis le feu à des voitures et des devantures de magasin, avant d'affronter les forces de l'ordre.
L'année 2007 fut, pour les Pakistanais, une année éprouvante. Multiplication des attentats, tensions dans les zones tribales à la frontière afghane, bras de fer entre le pouvoir du général Musharraf et la société civile -notamment la Cour suprême et les avocats-, et pour finir avec l'état d'urgence décrété le 3 novembre par le chef de l'Etat mais finalement levé le 16 décembre pour ouvrir la voie au scrutin du 8 janvier.
L'hypothèse Bhutto a aujourd'hui disparu, et le Pakistan, puissance nucléaire faut-il le rappeler, est de nouveau confronté à une instabilité chronique dont il est peu probable que le scrutin du 8 janvier, s'il est maintenu, parviendra à le sortir. Le maintien au pouvoir du général Musharraf est de moins en moins acceptable aux yeux d'une bonne partie de la population et des élites, et aucune personnalité ne semble aujourd'hui en mesure de réunir un soutien suffisant pour gouverner ce pays clivé.
Une situation dangereuse dans un région à haut risque, avec la guerre loin d'être facile pour l'Otan dans l'Afghanistan voisin, et la polarisation de la société pakistanaise à son paroxysme.
► Lire aussi : Pakistan : Benazir Bhutto tuée dans un attentat
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De jide
jide.romandie.com | 20H18 | 27/12/2007 |
Merci pour cet article nuancé et très informatif. L'assassinat politique ne peut rien préfigurer de bon pour la région…
http://jide.romandie.com
à jide
De kevangel
Chercheur | 13H05 | 28/12/2007 |
Artcile effectivement très informatif. Je commence à m'y retrouver un peu mieux dans cette pagaille. Parce qu'il faut pas compter sur les médias classiques pour nous expliquer toutes les facettes de l'affaires. A part l'opposition simpliste Al-Qaida/démocratie, ils nous disent pas grand-chose les JT.
à jide
De Alain Provist
14H26 | 28/12/2007 |
B.B., LA SULTANE
La dame au châle blanc est morte au Pakistan
Près de Rawalpindi, à son dernier discours
Et depuis l'attentat, tout le pays se tend
L'inquiétude grandit dans le monde alentour.
A quelques pas du parc où son père fut pendu
Après le coup d'état du général Zia,
La princesse du Sind à la mort est rendue
Victime expiatoire d'une odieuse razzia.
Comme Indira Gandhi, elle finit trop tôt
Parce qu'un Ravaillac a croisé le chemin
De la fille de Nehru, et celle d'Ali Bhutto
Héritières politiques aux funestes destins.
Benazir, l'unique, semblait pouvoir gagner
Après neuf ans d'exil, les prochaines élections
Apporter au pays son baume pour le soigner
Malgré quelques soupçons anciens de corruption.
On désigne du doigt les terroristes verts
Qui aident Ben-Laden et tous les Talibans,
Adeptes de la bombe, visant le nucléaire
Et voyant tout l'Orient en grand Islamistan.
Pour Pervez Musharraf, ce danger potentiel
De jours d'insurrections est aussi une chance
De rester au pouvoir comme homme providentiel
Réprobation publique et secrète espérance.
Concurrent de Bhutto, ex-Premier Ministre
Mian Nawaz Sharif, a lui aussi failli
Périr assassiné et sur un ton sinistre,
Hypocrite, il se voit leader ragaillardi
L'année qui devait être celle de la parité
S'achève par un meurtre aux relents médievaux
Triomphe des barbares à la haine irrités
Saccageant le symbole d'une idéale Bhutto
à jide
De ART MONIKA
18H13 | 28/12/2007 |
Benazir Butto a eu le courage (et l'inconscience ? ) de défier les fanatiques islamiques. Dans l'une de ses interviews, elle - qui très tôt avait dénoncé les « interprétations » de la Charia - ,disait que les vrais Musulmans ne pourraient s'attaquer à elle car elle était une femme et une Musulmane.Elle en appelait ainsi à la Lettre du Coran, alors que ceux qui l'ont abattue - pro-Mucharraf ou pro-talibans - sont probablement des Musulmans qui ont, depuis belle lurette, mis par dessus bord lettre et esprit du Coran.
Le plus inquiétant dans ces formes extrêmistes de lutte, c'est l'usage radical qui y est fait de la mort. Le « kamikaze » se donne la mort pour mieux l'infliger à nombre d'autres.Il n'a plus peur de rien -y compris de sa propre mort - , puisque les valeurs morales sont toutes inversées et soumises au Diktat d'un « Dieu » qui peut tout imposer à ses créatures.
Benazir avait probablement cette notion de « Fatalité » en tête, et la certitude qu'elle finirait comme les Gandhi en Inde, et son propre père : assassinée.
à ART MONIKA
De le concombre masqué
mène une vie potagère à la campagne | 12H25 | 29/12/2007 |
Je partage votre conclusion, Art Monika.
Petite remarque :
Vous ne trouvez pas qu'elle ressemble à Ségolène ?
à le concombre masqué
De ART MONIKA
17H04 | 29/12/2007 |
Cher Concombre masqué, Benazir ressemble-t-elle à Ségolène ? Je ne sais pas.
Physiquement, elles sont toutes deux belles, brunes, un peu altières, avaient le même âge. Mais les yeux de Ségolène sont d'un bleu foncé et ceux, désormais clos de Benazir, d'un brun profond.
Ségolène, dans un tel cas de figure, aurait peut-être fait comme Sonia Gandhi en Inde, elle aurait cédé à la demande de ses enfants qui savaient qu'elle risquait la mort.
Benazir ressemble plutôt à Ingrid Bétancourt qui a très tôt laissé un peu de côté ses enfants pour mener sa mission politique.
à jide
De Adicie
www.adicie.com | 13H30 | 29/12/2007 |
Je suis désolé de casser le mythe, mais Bhutto avait sa place en prison plutôt qu'ailleurs.
Tout l'histoire dans mon billet http://www.adicie.com/archives/70
à Adicie
De ART MONIKA
17H06 | 29/12/2007 |
Il ne s'agit pas de « mythe », Adicie, mais de la complexité d'une personnalité en dégradé de couleurs, dans un pays tout en obscurité et en lumière…
Ceci (ses exactions, notamment financières) n'empêche pas cela (son action politique tendant vers une forme de démocratie). Et, si elle avait sa place en prison, elle n'a - à ma connaissance - fait assassiner personne, et quoi qu'elle ait fait, elle ne méritait pas pour autant la mort.
Nous savons depuis belle lurette que les « mythes vivants » n'existent pas. Creusez, creusez et vous trouverez toujours chez les êtres humains, le Dark Vador qui sommeille (plus ou moins)en eux.
à ART MONIKA
De Adicie
www.adicie.com | 20H08 | 29/12/2007 |
Oui désolé, ma langue a dérapée car je voulais dire « martyre » à la place de « mythe ».
Mon dieu, je ne vais absolument pas jusqu'à dire qu'elle méritait la mort !
Seulement, le chagrin que j'observe à son égard me semble faussé par les 12 millions de $ (pour ceux qui ont été notés) qu'elle a piqué.
Plus sarcastiquement, je dirais que si elle était en tôle, elle n'aurait pas pris une bombe…
De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
20H44 | 27/12/2007 |
Qui que fut Benazir Bhutto, elle est la démocratie assassinée et son meurtre aura des implications au-delà du Pakistan, inévitablement car chaque fois qu'on a assassiné un élu dans le monde, une révolution s'est mise en marche et le peuple s'est levé pour réclamer liberté et justice.
à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 21H15 | 27/12/2007 |
Le lyrisme n'est pas sans valeur. Mais où se trouve cet acteur que vous nommez « peuple » ?
Je ne crois pas qu'il ressemble à cette femme personnifiant la Liberté que l'on voit sur une barricade parisienne et montrant la voie aux émeutiers. Il n'a pas son visage simple. Il ne lui suffit pas seulement de courage. La route devant lui n'est pas une autoroute.
La candidate assassinée, malgré les taches sur son parcours, pourrait devenir une icône de cette démocratie qui se cherche.
De Infovite
Plébéien. | 20H44 | 27/12/2007 |
Où va le Pakistan ? Où va notre Monde ?
Tant que la politique internationale de certains états se limitera uniquement à instrumentaliser des politiques nationales pour servir ses intérêts parfois fluctuants.
Tant que le crime permettra d'assouvir des « ambitions » politiques ou religieuses, les deux quelquefois.
L'Avenir sera malheureusement éloigné de la Paix.
http://info-espress.over-blog.com/
à Infovite
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 22H57 | 27/12/2007 |
Hélas, bien prévisible. Le Pakistan est le leader naturel du monde islamique. Bien des rumeurs ont couru reliant le Pakistan ET l'Arabie saoudite à l'attentat du 911 qui, si elles sont loin d'être prouvées, sont néanmoins largement largement plus crédibles que la thèse officielle ou que la version - que personne ne défend plus - d'une implication de l'Irak ou de l'Iran.
Pendant que les USA se cherchent des ennemis fantômes, ils en ont un - et peut-être deux en un ! - bien réel, qu'ils semblent avoir peur d'affronter. Les intérêts financiers de Bush sont-ils en jeu ? L'Amérique ne semble pas avoir ce qu'il faut pour jouer le rôle que l'Histoire lui a dévolu.
http://nouvellesociete.org/5149.html
Pierre JC Allard
à pierrejcallard
De Courtequeue
10H36 | 28/12/2007 |
Je doute qu'il y ai un leader naturel du monde islamique.
L'Iran pourrait s'en réclamer, comme le Pakistan parce qu'il a la bombe, comme la Turquie en tant que dernière puissance musulmane d'envergure mondiale, comme l'Arabie Saoudite siège de La Mecque, comme l'Irak ou la Syrie au nom de l'histoire, pourquoi pas…
Bref beaucoup peuvent s'en réclamer mais aucun ne dispose véritablement d'une autorité incontestable sur l'ensemble du monde musulman.
à Infovite
De Pierre973
désanusseur de porcs | 01H42 | 28/12/2007 |
Après avoir bien manipulé Musharaff, et face à l'incurie de ce dernier, les US se sont rabattus sur une « nouvelle » icône, qu'ils ont formatée à la face du monde pour représenter au mieux leurs intérêts. Inutile alors de s'étonner de l'accueil fait à cette femme courageuse, dans cette région où l'incarnation de l'intérêt américain fait de vous une cible évidente.
Cette fin tragique était donc malheureusement écrite d'avance. D'autant qu'on peut s'interroger sur la protection, au sens physique, dont elle bénéficiait de la part de ses « alliés » atlantiques.
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 20H47 | 27/12/2007 |
Vus les risques, elle aurait due être plus protégée que ça, l'Europe ou l'ONU je ne sais pas, aurait due lui fournir une élite de gardes du corps, au moins jusqu'aux élections.
à Les Chats
De Courtequeue
10H29 | 28/12/2007 |
Je vois bien le tableau effectivement.
Une candidate protégée par des puissances étrangères.
Ses adversaires auraient eu beau jeu de fustiger une candidature de l'Occident.
De supprimé à la demande du riverain 28.04.09
20H54 | 27/12/2007 |
Une grande dame vient de partir…
Assassinée par la folie des hommes et leurs idées religieuses et politiques.
Non,un tel meurtre ne présage rien de bon,au moment ou j'écris ont lieu divers affrontements,très sanglants…
qui ne vont pas cesser comme par enchantement.
En ce qui concerne l'enquête en cours en Suisse sur elle et son mari concernant un blanchiment d'argent,voici quelques nouvelles en provenance de Suisse ce soir :
La Suisse condamne « fermement » l'attentat qui a coûté la vie à Benazir Bhutto au Pakistan
27.12.2007 19 : 06
La Suisse condamne « fermement » l'attentat qui a coûté la vie jeudi à l'exPremier ministre pakistanais Benazir Bhutto. Cet acte « met à mal le fragile processus démocratique » au Pakistan, a indiqué le Département fédéral des affaires étrangères. Les services de Micheline Calmy-Rey ont appris « avec consternation » la nouvelle de l'attentat. « Rien ne saurait justifier » un tel acte, a communiqué le DFAE Par ailleurs, l'enquête visant B.Bhutto à Genève est désormais classée,selon le procureur général D.Zappelli. L'ex-Premier ministre était soupçonnée avec son mari de blanchiment d'argent aggravé. (SWISS TXT)
à supprimé à la demande du riverain 28.04.09
De kevangel
Chercheur | 13H08 | 28/12/2007 |
Ah parce que vous croyez que la Suisse a poursuivi une seule personne pour corruption dans son histoire ? C'est pas parce que l'affaire est classée qu'elle est innocente, ne soyons pas naifs.
à supprimé à la demande du riverain 28.04.09
De Grégory
19H03 | 28/12/2007 |
Je propose de supprimer automatiquement tout post contenant une de ces lénifiantes platitudes du genre « la folie des hommes » ou bien « où va le monde ». C'est Noël, c'est le moment de se faire des cadeaux !
De fredp2
20H54 | 27/12/2007 |
Il y'a certaiment eu une volontée du gouverment actuel pour laisser faire cette acte donnage c'est une grande perte pour ce pays ! !
De zombili
plouc éduqué | 20H54 | 27/12/2007 |
L'alliance du glaive et de l'islamisme est un melange explosif. A quand une condamnation par l'ONU mais aussi par les muftis !
De Bebert Cassandre
20H56 | 27/12/2007 |
Quel était donc l'intérêt de Bush et de Blair à faire revenir Bénazir Bhutto au Pakistan ? N'était ce pas quelque part la condamner à une mort certaine ?
à Bebert Cassandre
De Pierrrrre
22H48 | 27/12/2007 |
»….Quel était donc l'intérêt de Bush et de Blair à faire revenir Bénazir Bhutto au Pakistan ? N'était ce pas quelque part la condamner à une mort certaine ? …. »
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Celle là, je l'attendais… « ça doit être un coup de la CIA »
De said sellali
cadre à nantes | 21H28 | 27/12/2007 |
L'avenir du Pakistan, avec la mort de cette icône,qui avait remportée rappelons-le, 2 élections démocratiques en 1988 et 1993, est noir.Ce pays va à l'auto-destruction.Les prévisions du démographe Emmanuel Todd se vérifie jour après jour concernant ce pays.Au lieu d'attaquer l'inoffensive Irak de Saddam Hussein,l'ignare Bush aurait mieux fait de s'occuper du Pakistan.
De lhirondelle
21H39 | 27/12/2007 |
ouais ouais, tout ce qui est sur, c'est que cette femme etait d'un courage exemplaire… et convaincue, sinon pourquoi etre rentree dans son pays, assuree d'y trouver une mort plus que certaine. Mais quant au fond de l'affaire, je suis assez sceptique, n'etait elle pas aussi une femme completement manipulee politiquement par les etats-unis, n'est ce pas encore le resultat de la politique de bush qui voudrait que tous les pays du monde fonctionnent dans son unique interet ? … en tous les cas, elle l'aura paye a la maniere forte… je suis partagee entre une admiration pour le courage, et un sentiment de fatalite.
à lhirondelle
De dijaca
23H27 | 27/12/2007 |
c'était prévisible tôt ou tard cet assassinat aurait eu lieu, son retour après 8 ans d'exil n'est pas clair (130 morts premier attentat)des compromissions avec bush et un accord secret signé avec musharaf dans quel but ? partager le pouvoir ? ce qui suppose des élections truquées d'avance. le pakistan est en ébullition, l'afghanisan et sa problèmatique si proche,l'inde à proximité, quelle concentration effrayante de scénarios catastrophes possibles, l'arme nucléaire dans tout ça, c'est on ne peut plus dangereux, il faut espérer que les citoyens fassent preuve d'un grand esprit de civisme pour éviter l'embrasement…..
De mrmeuble
Expat' en Corée | 21H53 | 27/12/2007 |
Je viens de l'apprendre, je rete sans voix…
Où va-t-on ? Tout est si compliqué dans cette région…
Les ennemis de tes ennemis sont finalement tes ennemis aussi ! ! ! On nous avait menti ! ! !
L'émotion qui m'envahit me pousse à finir par un :
Requiescat in Pace
De sorry
panseuse | 22H20 | 27/12/2007 |
Encore une femme qui tombe à cause de la folie des hommes… quelle tristesse, c'est encore un recul de la paix.
à sorry
De Pierrrrre
22H59 | 27/12/2007 |
»….Encore une femme qui tombe à cause de la folie des hommes…. »
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==> elle tombe d'abord à cause de ceux qui ne veulent pas qu'en ces pays s'installe démocratie et économie de marché.
elle tombe par les mêmes méthodes de ceux qui jettent au hasard des bombes dans un Irak qu'ils saignent au quotidien,
elle tombe parce que amie des nations occidentales,
ce sont les mêmes, les mêmes qui ont assassiné notre ambassadeur au Liban,
les mêmes qui ont assassiné nos soldats à Beyrouth, en piégeant les sous-sols de l'immeuble qui les abritait,
les mêmes qui pourrissent toute possibillité de paix en Israel, par leurs rockets, par la haine inter/ethnique qu'ils diffusent jusque dans leurs écoles maternelles,
les mêmes qui rèvent d'une bombe nucléaire qui leur permettra de passer à une bouillie hémoglobinesque industrielle.
Les mêmes qui profitent et utilisent le laxisme, la naïveté, ou ce besoin d'auto flagélation ou d'auto destruction que l'on rencontre dans certains milieux influent des nations occidentales.