Une nuit de réveillon avec Cheikh, Gloria et les prostituées de la célèbre artère de la capitale.

« Je m'appelle Cheikh. » Main tendue, le Sénégalais sourit. Grosse veste, bonnet noir sous une casquette militaire, Cheikh rassure :
« On croit toujours que je suis mauvais. C'est à cause de mon look. Parfois, je fume des pétards. Et parfois aussi, je viens là parce que je n'ai pas de copine. »
Ici, rue Saint-Denis. Un 24 décembre. Une rue d'hommes. Une rue qui pue la pisse. Eclairée par des réverbères à la lumière faiblarde. Autour, de maigres guirlandes argentées. Du gris qui brille.
« Courage ! “ Deux vieilles femmes soutiennent une fille. Elle sourit, répond un ‘merci’ d'une voix déchirante. Parce qu'elle a froid, cette quadragénaire en minijupe qui s'obstine à repousser toujours un peu plus le pan de son manteau rose. Au moindre homme qui passe en hésitant, ses cuisses se découvrent. ‘Viens’. Elle susurre. ‘Viens’. Un type la suit. Une porte se referme.
‘Elles vont toutes là, dans la maison.’ Cheikh explique ces bordels ; des immeubles occupés par les filles. Un quart d'heure après, le client est parti. Elle se replace et recommence. Elle a 43 ans. Accepte de parler, contrairement à d'autres qui jouent l'agressivité comme pour confirmer que les prostituées sont revêches.
Elle parle de sa fille, mariée récemment, salariée, oui, oui, tout va bien pour elle, merci. Et ce Noël sur le trottoir ? ‘C'est dur, c'est vrai mais je travaille. Il y a moins de clients, ils réveillonnent’, regrette-t-elle. Elle est propriétaire de son studio. Celles qui ne le sont pas ont été expulsées par la police. La dure loi de 2003. D'autres hommes rôdent. Il faut la laisser travailler, mais c'est gentil d'avoir causé.
‘Ils ne sont pas timides, ils choisissent’
Des policiers roulent, ne ralentissent pas. Personne ne s'inquiète. Cheikh ne fête pas Noël. Pas sa fête :
‘J'ai fêté l'Aïd, mais ma sœur qui est mariée à un Français organise un repas ce soir, à Châtillon, je ne sais pas si je vais y aller.’
Un kebab plus loin, Cheikh offre sa tournée : du café. Là, un barbu chante. Il y a de l'arménien dans ses mots ; les patrons comprennent sa chanson. Il s'arrête, commande un pastis, tape du poing et sourit franchement quand deux touristes américains échouent à une table voisine. Des compatriotes ! Le vieil Arménien vient de l'Idaho. C'est ce qu'il raconte avant de souhaiter un joyeux Noël à toute la salle. Il part à reculons, heurte un chauve, blouson RATP, venu acheter des sandwichs.
Sur le trottoir, les hommes sont nombreux. Une dizaine. Ils observent. Traversent parfois la rue pour aller parler à une femme. Cheikh, qui habite là, s'amuse :
‘Ils ne sont pas timides ! Ils choisissent. Une fois que celle qui leur plaît redescent, ils y vont.’
La porte d'un immeuble donnant sur une minuscule cour est continuellement entrebaillée. Des allées et venues. Un curieux : ‘Vous venez voir les garces ? Ses yeux lorgnent une garce’ rousse. La plus convoitée. Grande, belle, des yeux immenses. Sirotant un verre de whisky, elle officie, vacillante, contre l'immeuble d'une petite ruelle perpendiculaire.
‘C'est réservé ici’, expose Cheikh, décidément au fait des nuits de Saint-Denis. Les filles s'installent par type. La rue principale est multicolore. Aux alentours, les hommes savent où aller pour dénicher une Africaine ou une Slave. Cinquante euros et c'est le paradis dans de la chair molle, dans de la chair qui a froid, dans de la chair qui ne prend pas le temps de se déshabiller.
‘Ca peut durer un quart d'heure à vingt minutes mais revenez parler en journée, là je travaille’, bredouille une vieille blonde. Très vite, elle repart, claudiquant. Les talons de ses bottes sont fins, très allongés.
‘C'est Noël, elles sont chrétiennes’
Sortie du métro Château Rouge. A l'angle de la rue Poulet, les éboueurs enjambent des cartons humides, ruisselants de jus jaunâtres. A l'heure où le marché a depuis longtemps plié ses stands, une odeur forte le ressuscite. Rue Doudeauville, un Sénégalais s'acharne à essayer de joindre ses parents à Dakar. Une carte téléphonique à la main, il en est à sa cinquième tentative.
Il observe que les filles sont rares ce soir : ‘C'est Noël, elles sont chrétiennes.’ De jeunes Ghanéennes et Nigérianes anglophones trainent contre les murs. Sans studios individuels, elles se font, au mieux, payer une chambre d'hôtel. Les cages d'escaliers sont aussi utilisées. Cheikh note que les hommes sont pressés. Urgence de se vider qui exaspère des riverains parfois obligés d'intervenir.
Gloria, Togolaise. Visage poupon. Hématome. Des yeux qui hurlent, une bière à la main. Elle confie qu'elle ne fête pas Noël même si sa mère et sa sœur sont là, dans l'appartement en face. Les lumières y sont éteintes. Le réveillon en famille, ce sera pour l'année prochaine, en Afrique. Dos contre le mur, bassin avancé, impudique, Gloria attend : ‘Quelqu'un va m'inviter à boire une bière. Je suis là pour ça.’ Invariablement, les clients passent, négocient, disparaissent avec elle et ressurgissent. Une dizaine de minutes. Les mains dans leurs gros blousons, leurs épaules qui se referment, ils repartent tête baissée.
La nuit s'achève vers 2 heures. Cheikh a finalement décidé de rejoindre sa soeur pour boire un thé.






















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De Atalante
Illusionnée | 11H34 | 26/12/2007 |
Noël ou pas, la misère de la prostitution ne sera pas éradiquée par des lois..le « plus vieux métier du monde » existera toujours, alors plutôt que d'essayer de le cacher (tout en récoltant les impôts des prostituées, merveilleuse hypocrisie ), on devrait plutôt l'encadrer, pour réduire l'emprise des « maquereaux », la prostitution forcée, et les passes dans les cages d'escalier. Certains pays voisins en ont fait l'expérience et, sans idéaliser leurs résultats, on observe un mieux..
à Atalante
De Bon Scott
13H50 | 26/12/2007 |
http://www.dailymotion.com/relevance/search/balkany/video/xkfts_balkany-…
à Bon Scott
De Bon Scott
15H32 | 26/12/2007 |
http://section-grasse.parti-socialiste.fr/2007/04/26/affiche-sarkozy-2em…
à Bon Scott
De brogilo
in angulo | 20H33 | 27/12/2007 |
« De jeunes Ghanéennes et Nigériannes anglophones traînent contre les murs »…
Cette phrase empruntée à l'article de Zineb me fait penser à un proverbe de la région Edo, au Nigéria, d'où viennent beaucoup de ces jeunes femmes :
« Ehemwen wÿÿ iren te gua so ihuan, ren te vbe gua ku, sokpan ukpÿ iye-ÿkhÿKhÿ ÿre ÿ ma gie iren ku iku iren vbe avan. »
et qui signifie en gros :
« Une blatte sait danser et chanter, mais c'est la poule qui l'empêche de le faire pendant la journée ».
Depuis la loi du 18 mars 2003, dite « Loi Sarkozy“ou ‘Loi de sécurité intérieure’ et qui fait du raccolage publique un délit, les Nigériannes, Ghanéennes et autres Sierra Léonnaises, sachant mieux que personne à quel point leur existence au Pays de Coquelet 1er est menacée, longent effectivement les murs de nos villes à des heures bien tardives, se voyant parfois reléguées aux confins des villes, loin de tout, jusque dans des forêts.
Il faut dire, à ce propos, que leur courage est immense.
Mais les ‘blattes’ savent aussi danser et chanter. Et si Zineb, au fond, en a si peu vu, c'est, comme le dit si bien l'article, qu'elles sont chrétiennes et que cette nuit-là était nuit de réveillon.
Ayant été invité à quelques reprises dans leur(s) temple(s) pour assister à des célébrations telles que ‘dédications(car des enfants naissent ici, n'en déplaise à certains…)j'ai été surpris de la chaleur de l'accueil, de l'enthousiasme communicatif des chants et des danses, de la beauté des parures (hommes et femmes sont vraiment tirés à quatre épingles pour l'occasion) ayant parfois quelque peine à reconnaître celles qui, la veille, faisaient le pied de grue dans la rue et devenues, le temps d'un après-midi de prières, parterre de femmes-fleurs en grand apparat.
Si vous voulez découvrir un peu du mystère de ces gens-là (et d'un royaume qui périt sous les coups de boutoir des Anglais), plutôt que d'aller vous vider les c… rue Poulet, ce qui est du droit de chacun, j'en conviens, je vous invite à vous emplir les yeux des 300 merveilleuses pièces de l'exposition Art Royal du Bénin’ visibles au Musée d'Art Premier du Quai Branly à Paris,jusqu'au 6 janvier.
Pour la modique somme de 8 euros 50, grande source de jouissance en perspective.
Une expo dont on ne sort pas penaud.
à Atalante
De virginie78
Éteignez votre TV et apprenez à lir... | 20H11 | 26/12/2007 |
plus vieux métier du monde car clientèle fidèle…..
De citoyensly
11H47 | 26/12/2007 |
c est la misere sociale morale qui n a pas de treve , pas d age , pas de calendrier !
c est pour ces jeunes femmes que la situation est la plus dure entres les macs et les rapports non désirés, leur vie se passe dans la douleur !
sly de http://vigicitoyen.canalblog.com/ ou vous retrouver des infos censurées
De skalpa
actif et militant ? | 11H58 | 26/12/2007 |
Comment peut-on cautionner un tel esclavage, maintenir des personnes en état de servitude ?


Etre client de prostitué(e)s c'est alimenter le trafic des êtres humains…
http://kprodukt.blogspot.com
à skalpa
De jissé
Ingé retraité | 12H51 | 26/12/2007 |
Ne pas tout mélanger.
Entre ces malheureuses et certaines « Escort-Girl » huppées, il y a la même différence qu'entre une tente de SDF et celle de Kadhafi.
C'est la misère qui rend esclave et contre laquelle il conviendrait de lutter.
à jissé
De skalpa
actif et militant ? | 17H34 | 26/12/2007 |
Pour quelques dizaines d'Escort Girl « huppées » combien de milliers de prostituées exploitées ?
De Erwan69100
12H05 | 26/12/2007 |
Il y a une citation qui conviendrait bien à cette situation (surtout en hiver) :
« On a foutu le bordel rien qu'en les fermant »
Pourquoi n'ouvrent ils pas à nouveau les maisons closes ? Pourquoi le législateur n'intervient il pas ? C'est un débat intéressant.
à Erwan69100
De jissé
Ingé retraité | 12H41 | 26/12/2007 |
« Fermer les maisons closes, plus qu'une faute c'est un pléonasme. »
Arletty
à jissé
De elarips
12H07 | 27/12/2007 |
c'est DSK qui va s'ennuyer si l'on ferme tout les clubs d'échangistes ! !
De mad
12H47 | 26/12/2007 |
Les allemands les on rouvertes, et ils n'en sont pas vraiment content, en dehors des lieux à la mode dans les grandes villes, ce sont surtout de petites structures, en dehors des aglomérations, ou les propriétaires peuvent garder les filles enfermées et sans contact avec l'extérieur.
Si il y avait une solution simple à la question, je crois qu'elle aurais été découverte depuis longtemps.
De jissé
Ingé retraité | 13H00 | 26/12/2007 |
Pas d'accord.
Je ne pense pas que la « Maison aux trois couleurs » (en plein centre de Stuttgart) ai jamais été fermée (en dehors des heures de fermeture).
Quand à la « rue chaude » de Brunswick, elle est médiévale et, de fait, elle fait partie, avec sa rue pavée d'époque et ses « maisons » à colombages, du patrimoine historique.
Sans parler d'Hambourg et de sa « rue interdite aux mineurs », vers « Reeperbahn ».
(Nettement plus « crade »).
à jissé
De Atalante
Illusionnée | 14H47 | 26/12/2007 |
Pas sûre que les prostituées de la Reeperbahn soient plus heureuses que les prostituées françaises, mais c'est vrai qu'au moins, en étant mélées à la foule, elles sont plus « en sécurité » que retranchées au fond d'une ruelle. Une visibilité accrue, c'est aussi une sécurité accrue..je crois.
à Atalante
De jissé
Ingé retraité | 15H32 | 26/12/2007 |
Sécurité, dans la rue ?
Que nenni.
Hambourg (il y a bien des lunes que je n'y suis pas passé).
A portée de la main droite de la « pro » - en position allongée dorsale - le matelas cachait un interrupteur .. Que j'ai failli déclencher par inadvertance.
Un seul coup de sonnette et un videur arrivait qui expulsait manu-militari l'hôte de « pas-sage », sans poser de question m'a expliqué mon hôtesse. (en « petit-nègre anglo-allemand).
Par ailleurs fort sympa.
A la fin m'a montré des photos d'elle (on ne peut plus “Koreckts”, prises en compagnie de sa famille et de son chien ….
Incroyable ?
Mais vrai.
PS : C'était 15 D.M. …
On ne passe pas par Montélimar sans y acheter du nougat .. Alors … à Hambourg ..
“Cest à Hambourg,
à Bornéo,
à White-Chapel,
Ou à Frisco,
Dans les bordels,
à matelots .. (Edith Piaf)
De soi
12H33 | 26/12/2007 |
La prostitution n'a de raison d'être en l'état, s'il n'y a pas de « client ». Et ici, le stigmate de la prostitution s'étend de la prostituée au client : tout homme, quelqu'il soit, quelque soit sa volonté personnelle, son âge, son état civil est un client potentiel. Ainsi, la société patriarcale restreint considérablement l'autonomie de l'expression et du ressenti de la sexualité des hommes. Parce que la prostitution existe, les hommes se voient conditionnés à une sexualité où il leur faut être capables d'être « clients ».
Ainsi, les prostitué-es et clients portent-ils le lourd poids du stigmate de la prostitution ?
Que faire avec ce stigmate ?
Les mots
Les étymologies nous disent : « prostituer », mettre en avant, vient de « ester » du grec « histanai » : mettre debout. Le contraire est « restituer ». Nous pouvons y lire : le sexe, ou la non-valeur du sexe est mise en avant, ce qui permet au client d'« exister », c'est à dire se mettre « hors de soi ». Nous retombons dans le système patriarcal : « je me valorise en te dévalorisant », c'est-à-dire l'impossibilité d'être autonome dans la valorisation de soi. La sexualité sert de noyau pathologique à l'organisation de nos sociétés. Ceci est montré en filigrane dans un ouvrage « Le sexe de l'effroi » de Pascal Quignard (Gallimard), où l'on apprend qu'avec les Romains, la sexualité perd tout son aspect jouissif, vivant. Ainsi, entretenir la prostitution est entretenir la non-évolution de nos sociétés : personne ne peut se construire de façon vivante dans un tel mépris de l'humain. Comme un système « court » tout seul, nous assistons à l'expansion de la prostitution masculine, qui, sans doute et à cause de la non-volonté des politiques de remettre le système (patriarcal) en cause, ira en s'accroissant de façon fulgurante.
A toute femme, à tout homme « collent » les qualificatifs : « prostitué » et « client ». Dans le système patriarcal toute femme est une pute. Penser que certaines sortiraient de cette définition est faux. Tant que le système patriarcal fonctionne, toute rhétorique, sémantique en dépend. Que la personne ne vende pas son corps pour survivre, elle sera toujours susceptible d'être considérée comme pute à un autre niveau. En ce qui concerne les hommes, ils doivent absolument être avec une femme qui ne soit pas une prostituée. Ils adoptent des comportements différemment codifiés, et peuvent toujours être perçus comme un « client potentiel », ce qui leur enlève toute crédibilité. L'illusion, qui fait carcan, est de faire croire que certaines sortiraient de cette définition, ce qui entraîne des contorsions rhétoriques et sémantiques qui divisent les femmes entre elles, les femmes et les hommes et les hommes entre eux.
Les mots et la sexualité
En raison de ces qualificatifs, la perception de la sexualité est faussée et tout le monde a fait cette expérience d'au moins une relation sexuelle de « complaisance ». Le conditionnement de la sexualité donne ceci : nous avons ce témoignage universel de relation sexuelle de « complaisance » tant pour les femmes que pour les hommes, emprisonnés tous deux dans les préjugés inculqués sur la sexualité des unes et des uns.
En d'autres termes, par voie de prostitution, nous entrons dans le « théâtre patriarcal de la sexualité », dans « la mise ne scène patriarcale » de la sexualité où l'acte sexuel devient une « simulation » et où, donc, nous leurrons tous l'autre. Nous sommes alors « complices » des règles que l'on nous impose.
La réalité qui est désignée « prostitution » n'est qu'un des degrés de ce leurre.
Les mots, la sexualité, les politiques
Le problème consiste dans la connotation très dévalorisante attribuée aux termes « prostitution », « prostitué ». Si nous admettons cette connotation très dévalorisante, nous permettons les jeux de la sémantique qui nous entraînent dans la stigmatisation.
Au nom de quoi acceptons-nous cette connotation ? Au nom de quoi posons-nous un tel regard sur cette « mise en scène » de la sexualité ? Ne serait-ce pas en réponse à la volonté patriarcale de considérer la sexualité masculine comme très, très importante, au point de nous laisser aller dans ce labyrinthe où se verbalisent les horribles préjugés tels : les hommes ont des besoins sexuels particuliers, les prostituées sont des femmes vénales et vicieuses qui sont, pour la plupart, volontaires, qui va jusqu'à nous diviser par voie de stigmate ?
Bien sûr la sexualité masculine n'est pas plus importante que la sexualité féminine et, il n'y a pas DEUX sexualités, il n'y en a qu'une : la sexualité humaine qui trouve une expression variée et propre à chacun.
Il y a, par contre, le respect de son corps qui est dû à tout humain et RIEN ne peut justifier ce non-respect.
Si le sexe était perçu comme une partie du corps dont il est tout aussi utile pour la santé de jouir au même titre que le reste du corps : les structures, services spécialisés dans la prise en charge des personnes, des femmes ou des hommes, en difficulté quant à leur sexualité seraient certainement banaux. Alors, la prostitution n'existerait pas. Le problème tient donc de la vigueur des actuels concepts de la sexualité et de la prostitution. Vigueur de la stigmatisation entretenue par la rhétorique et la sémantique patriarcales.
En conclusion, je me permettrais ce propos : avec la connaissance des maisons de « dressage » où les futures prostituées subissent des mauvais traitements afin d'être « dociles » et toutes les informations connues actuellement sur la prostitution, leur impact foncièrement négatif sur la sexualité de l'ensemble de l'humanité, l'entière responsabilité des politiques est engagée. Face à la politique abolitionniste de la Suède qui s'effectue dans de bonnes conditions, où la « prostituée » n'est pas stigmatisée, les autres pays se montrent faibles et sans volonté, vénaux et inhumains, pro-esclavagistes. J'ajouterai qu'ainsi est encouragé l'expansion de l'exploitation de tous les humains : nous voyons bien l'extension de l'exploitation avec la prostitution des enfants, des jeunes hommes…. et entretenue une « atmosphère » sociale d'inégalité, de non-respect entre les humains
« Psychologie de la prostitution », Interview de MAX CHALEIL, par Sporenda.
Ainsi que tous les articles du site Sisyphe.
De gébé
12H49 | 26/12/2007 |
je n'ai jamais été « consommateur » ! mon avis est donc tout théorique.
Mais il faut bien reconnaître que puisqu'il y a de la demande - c'est à dire un homme prêt à payer pour faire l'amour, et ce n'est pas d'aujourd'hui - il y a de l'offre.
Mais pourquoi continuer à pratiquer cela dans de telles conditions ?
Cette loi Marthe Richard a fermé en effet les maisons closes, ce qui a été certainement dommageable, ne serait-ce que pour le confort personnel des prostituées.
Donc comme dit ci-dessus, pourquoi donc ne pas en recréer, à l'instar des Eros Centers ?
De GanLanShu
shodavid.blog.lemonde.fr | 12H51 | 26/12/2007 |
Beau boulot, Zyneb…
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 13H44 | 26/12/2007 |
Je tiens à remercier Zineb Dryef pour ce très bel article : ni larmoyant, ni graveleux, et surtout qui ne porte pas de jugement. Merci.
Le plus beau commentaire serait sans doute « La Complainte des filles de joie » de Brassens, chantée par Barbara…
Bien que ces vaches de bourgeois
Bien que ces vaches de bourgeois
Nous appellent filles de joie
Nous appellent filles de joie
C'est pas tous les jours qu'on rigole
Parole parole
C'est pas tous les jours qu'on rigole
De Pierre-Yves Glare
13H56 | 26/12/2007 |
Ce serait bien que Rue89 fasse un reportage sur la prostitution occasionnelle étudiante. Aujourd'hui les étudiants ont de plus en plus de mal à se loger, à vivre dans les grandes villes etc…
Donc nombreuses sont les étudiantes qui ont recours à la prostitution occasionnelle pour arrondir les fins de mois. Leur nombre est tel aujourd'hui que la prostitution dont vous parlez Rue Saint Denis me semble marginale. Leur vitrine n'est pas la Rue mais Internet, les sites de rencontre etc…
à Pierre-Yves Glare
De jissé
Ingé retraité | 14H25 | 26/12/2007 |
Je n'ai aucune info sur le cas d'étudiantes « dans la mouise », se prostituant via internet. (Pauvre France si c'est vrai, et j'aurais hélas tendance à vous croire)
Par contre, il y a deux, voir trois dizaines d'années, j'ai connu qq femmes, par ailleurs fort bien insérées dans la vie socio-professionnelle, voir plutôt « favorisées », dont c'était le fantasme de le faire en « occasionel », bien avant internet et les sites de rencontres.
Et sans attendre Catherine Deneuve et le film « Belle de Jour ».
Une annonce « sybilline » publiée et domiciliée dans un journal gratuit était suffisant.
Dans ces cas, rien de « sordide ».
Cela commençait souvent par une première rencontre dans un restaurant ..
à Pierre-Yves Glare
De Atalante
Illusionnée | 14H55 | 26/12/2007 |
Je suggère à ce sujet un reportage à .. Aix en provence (qui l'eût cru ! ) ; la prostitution étudiante y est plutôt developpée, sous couvert de « cadeaux » : ainsi telle étudiante vivant en cité U roule en mini cooper, tandis que sa copine paie ses frais d'inscription dans l'ecole X grâce à la « générosité » de son amant -marié, ça va de soi-.. Un système assez developpé, qui fait plutot peur. Pas rare de se voir proposer un « studio » gratuitement, un « job », etc, en echange de bontés plus ou moins suivies !
De sinclair
14H18 | 26/12/2007 |
Cela n'existe pas en effet la loi Sarkozy a définitivement réglé ce triste problème beaucoup d'émission TV et article de journal y a été consacre. Cet article n'a donc pas lieu d'être. On ne va pas encore pondre une loi pour quelque chose qui n'existe pas.
C'est interdit réglé et point. La loi est enfin passée
à sinclair
De jissé
Ingé retraité | 14H59 | 26/12/2007 |
A quand une loi Sarkozy pour vous enjoindre, avant qu'il ne soit trop tard, d'apprendre l'orthographe, l'accord des adjectifs et la grammaire ?
Alphonse Boudard (éduqué, lui, dans une bonne « maison ») aurait du vous donner des cours particuliers !
Lisez le, avant de disparaitre.
à jissé
De tranquille
16H44 | 26/12/2007 |
A part 3 « s » et un point, je ne vois ce que vous pouvez lui reprocher…
De MAGENTA
Pesteux génétique | 17H03 | 26/12/2007 |
Là , bien sûr , nous ne parlons pas de la prostitution de haut vol avec call girls et oreillers garnis dans les grands hotels ! !
Nous parlons de la petite prostitution ,celle qui permet par exemple a des personnes handicapées (de la vie ou autre) d'avoir une vie sexuelle même si elle est tarifée ! ! !
Les bons bourgeois aidés par les politiciens certainement démocrates chrétiens avec leur morale élastique ont fait fermer les bobinards mais ils n'ont fait que déplacer le problème sans penser à ceux qui ont besoin de cette forme d'amour .
De manu2005
La France tue en Afghanistan, en no... | 17H28 | 26/12/2007 |
Le problème est justement la « démonisation ».
On en parle parce que « sexe ».
Mais, bien des gens se prostituent tous les jours, pour une bouchée de pain : sur les chantiers, les usines, …
On vend notre force de travail (parfois « physique »).
Et cela, parfois (souvent), en avalant notre fierté.
On vend nos bras, notre tête, mais notre cul, c'est mal…
Attention tout de même : les maison d'abatages, sont à la prostitution, ce que l'esclavage est au boulot considéré comme « normal ».
Le problème est là : sur beaucoup de sujets d'ailleurs : le consentement.
Si on force les gens, c'est de l'esclavage.
Sinon, si vous êtes belle, mais pas très manuelle ni intellectuelle, ou si vous trouvez ça plus « facile », en quoi est-ce pire de vendre son cul, plutôt que ses bras ou sa tête ?
Et Sarko condamne…. Sans doute comme BolDeFer condamne les gens qui abusent des HLM…
De Vincent.Guillot
18H41 | 26/12/2007 |
Bonsoir à toutEs,
Non chèrEs posteuSEs, la prostitution n'est pas interdite en France, elle n'existe pas, c'est tout. On peut donc se prostituer légalement puisque cela n'est pas interdit. Seul le proxénétisme est interdit (encore heureux ! ).
Par ailleurs, faute de chercher plus loin que sur TF1 ou autre média de masse (de M….) vous nous resservez les pires systèmes, que ce soit l'Allemagne, les Pays-bas ou même en Suède où la situation est catastrophique depuis la pénalisation des clients (proxénetisme dur, travaille sur des ferry dans les eaux internationales…).
En fait les travailleuses du sexe sont organisées et ont tenues leurs assises ce printemps à Paris. Ce qu'elles revendiquent c'est le statut de travailLEUSES libérales (comme les infirmierEs, les kiné…). Ce statut existe et fonctionne tout près de chez nous, en Suisse. Il a l'avantage de permettre l'accès aux droits sociaux, de se payer si le besoin s'en fait ressentir un videur, bref d'effectuer pour ceuLLES qui le veulent leur métier dans de bonnes conditions. Par contre, il va de soit qu'il faut combattre plus que jamais le proxénétisme, qui actuellement du fait de la loi sur la sécurité intérieur est galopant, sous la forme notamment du proxénétisme immobilier.
Cordialement
http://www.intersexualite.org/
http://oii-france.blogspot.com/
De Succédané
| 19H21 | 26/12/2007 |
Rue St Denis s'affichent toutes sortes de misères, misère sexuelle des clients, misère tout court de certaines prostituées n'ayant que ce moyen pour vivre, misère des violences proxénètes.
Le raccolage passif ne frappe que ces femmes, a-t-on souvent vu des arrestaions, des jugement de proxénètes ? où sont ils ? quels autres services pourraient ils rendre pas ailleurs pour qu'on les laisse agir ?
Si la relation est librement consentie entre deux adultes, où se trouve le « mal » ? A force de diaboliser le client qui ne viendrait assouvir que des bas instincts on arrive à dire que ces femmes sont considérées comme de véritables bêtes de somme et de là à dire qu'elles ne pensent pas et sont incapables d'émotions il y a un qu'un pas qu'il ne faudrait pas franchir. Les clients viennent chercher quelques minutes d'égarement pour avoir l'impression qu'ils sont comme tout le monde et qu'une femme peut leur donner l'impression de les aimer.
Mais que dire de ce « tout le monde » qui force sa jeune bonne à des relations extra conjugales, viole sa propre épouse, tripote ses propres filles ? . Cela se passe sous son toit et ne regarde personne, il ne fait pas partie de ces pervers qui traînent rue St Denis…