
La semaine dernière, le Sénat américain a repoussé deux projets de résolutions qui auraient imposé certaines conditions aux 70 milliards de dollars demandés par le président George Bush pour financer les guerres en Irak et en Afghanistan. L'un des textes aurait exigé le retrait des troupes américaines d'ici à neuf mois. L'autre aurait imposé que la plupart des troupes de combat « migrent » avant la fin de 2008 vers des missions plus limitées, comme l'appui, la logistique, la formation ou l'antiterrorisme. Les deux projets de résolutions ont échoué.
Les Démocrates ont repris le contrôle du Sénat et de la Chambre des Représentants en 2006, en partie en raison de l'opposition croissante à la guerre en Irak. Et pourtant, ils continuent à signer d'énormes chèques à Bush pour poursuivre la guerre comme il l'entend, sans lui imposer la moindre condition. Les Démocrates ont-ils trahi leur mandat électoral ? Pas si simple… Deux importants facteurs jouent ici.
L'arithmétique du Congrès
D'abord, nous sommes dans l'ère de la tactique dilatoire : aucune législation controversée ne peut réellement passer sans obtenir 60 votes sur les 100 membres du Sénat (ainsi, celle qui demandait un changement de mission a obtenu 50 voix pour, 45 contre, mais 50 voix ne suffisent pas, et, dans les faits, ce fut une défaite). Les Démocrates sont ainsi sortis des élections de la mi-mandat (en 2006) avec une majorité simple, et ils la perdraient si le sénateur Joseph Liberman, devenu « indépendant », rejoignait les rangs républicains -une menace qu'il agite discrètement chaque fois qu'il en a l'occasion. Dans un sens, les Démocrates n'agissent pas parce qu'ils ont reculé, mais parce qu'ils n'ont pas les effectifs nécessaires. Et il leur faudra sans doute encore deux élections raz-de-marée pour y parvenir.
Mais il y a aussi une raison de fond à l'inaction démocrate : la paralysie de la perplexité. La plupart des Démocrates (et la poignée de Républicains qui les ont rejoints dans leurs assauts contre la politique de Bush) ne savent tout simplement pas ce qu'ils veulent à propos de l'Irak.
Très peu de Démocrates aujourd'hui soutiennent l'idée d'un retrait rapide des troupes américaines. Une fois ce choix écarté, il est très difficile de parvenir à un accord, ou même de vous décider vous-même, pour savoir où mettre le curseur. Si vous estimez qu'il n'est pas justifié de partir maintenant, comment expliquer que cela le sera plus dans un an ou deux ? Un des buts recherchés en fixant un calendrier est de montrer aux dirigeants irakiens que les Etats-Unis ne sont pas là pour toujours, de les contraindre à se prendre en main. Mais si rien de cohérent n'est possible ? Si les violences communautaires persistent, faut-il s'en laver les mains, faire ses bagages et partir ? Limiter la mission des troupes est également un concept abstrait. Il n'est peut-être pas possible de mener une action antiterroriste (sur laquelle tout le monde est d'accord) sans continuer à protéger la population irakienne (une mission dont tout le monde voudrait se désengager avant de s'en retirer une fois pour toutes). Jusqu'à récemment, de nombreux Sunnites acceptaient la présence en leur sein de la branche irakienne d'Al-Qaeda non pas parce qu'ils en acceptaient les idées, mais tout simplement parce qu'elle les protégeait des milices chiites (c'est ainsi que toutes les organisations mafieuses infiltrent les sociétés). Un retrait américain prématuré ou un changement de mission pourrait renforcer le sentiment d'insécurité des Sunnites et offrir une nouvelle opportunité à Al-Qaeda en Mésopotamie.
Pas de stratégie globale pour sortir d'Irak
Cela ne signifie pas que les réductions de troupes ou les calendriers de retrait sont nécessairement des mauvaises idées. Mais ils n'ont de sens que dans le cadre d'une stratégie globale. Si vous réduisez les effectifs de moitié, disons avant la fin de 2008, que feront les troupes qui restent (il n'y en aura pas assez pour continuer à faire ce qu'elles font aujourd'hui) ? Si les missions contre les insurgés cessent mais que les missions contre le terrorisme sont autorisées, que fera un commandant américain lorsque les deux éléments se mêlent ? …
Toutes ces interrogations conduisent à une seule question : que faisons-nous (les Etats-Unis, ndt) en Irak ? Si nous voulons en sortir, c'est une chose, et la solution est assez évidente. Mais si nous nous posons la question de ce que nous laissons derrière nous, la solution est beaucoup plus complexe. Peu de Démocrates se posent la question, ne serait-ce que parce qu'ils n'ont pas la réponse… Pas plus, d'ailleurs, que les Républicains. En attendant, le Président Bush continue, espérant que la récente baisse du nombre de victimes se transforme en une véritable réduction tendancielle du niveau de violence et devienne quelque chose de significatif sur le plan stratégique. Et il espère que les Irakiens saisiront cette opportunité pour constituer un gouvernement central unifié. S'ils ne le font pas, le général David Petraeus (commandant en chef des troupes américaines en Irak, ndt) continuera à boucher les trous d'une digue vérolée.
On peut argumenter à l'infini sur les avantages de boucher les trous quand l'alternative est une catastrophe sanglante. Mais que devraient faire les Etats-Unis, militairement, politiquement et diplomatiquement, en Irak et dans la sous-région, avant de s'épuiser à boucher les trous ou avant qu'une nouvelle section de la digue n'explose ? Malgré tous les flonflons d'Annapolis, le Président Bush ne donne toujours pas le sentiment qu'il s'immerge dans la tentative d'obtenir un accord de paix israélo-arabe. Pas plus qu'il n'est revenu sur son refus de parler à l'Iran et à la Syrie (essentiels pour assurer la sécurité aux frontières de l'Irak). Pas plus, encore, qu'il n'a offert aux dirigeants irakiens les carottes et le bâton nécessaires pour les inciter à agir sérieusement en vue d'un règlement politique. Ces questions-là ne peuvent pas être traitées par le Congrès. Seul le Président peut agir. Et celui-ci ne le fait pas.
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De Don Matito
16H40 | 24/12/2007 |
Un article tres intéressant, bravo. Quand les democrates ont « gagné » les élections on pouvait s'attendre a un retrait rapide mais il n'en a rien été. Je comprends un peu mieux le problème grace a cet article, un manque de leadership et d'idée directrice devant une situation tres complexe.
De lutin
17H46 | 24/12/2007 |
Moi j'en vois 2 de solutions :
- soit ils restent en Irak, et le bordel continu…
- soit, comme l'a fait si bien remarqué un commentateur, ils baissent leurs frocs ET perdent leurs couilles, et le bordel continuera…mais plus chez eux qu'en Irak (éh oui, si tu te barres en y laissant les bijoux de famille, va falloir trouver des responsables pour les responsables…vous me suivez ? )
De parousnik
18H22 | 24/12/2007 |
Mal-heureusement, le terrorisme d'état ne peut que réveiller la résistance qui sommeille en chacun de nous (j'éspère) et qui est non seulement ligitime mais naturelle…Qui accepterait qu'une armée de la terreur envahisse son beau pays, violant,assassinant, détruisant pour mettre la main ici, sur les récoltes de blé, de betteraves et pire de pinard…Mais bon ils sont la-bas ils ont pratiquement fini la construction d'une immense forteresse armée…appelé par la propagande « ambassade »…mais comment partir alors qu'il n'y a pas plus de démocratie là qu'il n'ont trouvé d'armes de destructions massives, comment partir alors que la guerre généralement relance l'économie et que là seuls quelques élites du crime de masse se sont rempli les poches…et que l'inflation aux états-unis sera en 2007 de prés de 5%…Qu'est ce que le peuple Américain a gagné de ses derniéres agressions…
De Peureux anonyme
19H02 | 24/12/2007 |
Il n'est pas impossible que le lobby militaro industriel américain ne soit intéressé par la continuation des guerres en Irak et Afghanistan. Le développement de ces activités est peut être une source de revenus pour les industriels et de promotion pour les militaires. Dans cette hypothèse, les industriels de l'armement ont peut être des intérêts dans les média, qui pousseraient à la guerre et vilipenderaient les hommes ou femmes politiques qui y seraient trop franchement hostiles. Par ailleurs, ils contribuent peut être substantiellement aux campagnes publicitaires qui tiennent lieu de débats politiques aux États Unis.
Tout cela pourrait être un ensemble de raisons qui pousseraient les Démocrates à ne pas s'opposer à la guerre. Même un fois élu, un président démocrate pourrait y regarder à deux fois avant de quitter l'Irak. Une hypothèse concernant les causes de l'assassinat de J.F. Kennedy à Dallas en 1963, est qu'il voulait apaiser les relations Est Ouest après la crise de Cuba. Cela aurait conduit à une révision de la politique militaire et de l'intervention au Vietnam, ce qui était de nature à déplaire à la CIA, au Pentagone et aux industriels associés. D'où la suite…
De gébé
21H58 | 24/12/2007 |
raisonnement simpliste, solution utopique à des problèmes très complexes, voilà l'auto-évaluation de mon commentaire, et je l'assume !
Bush a déclaré la guerre à l'Irak en prenant comme prétexte un mensonge flagrant, à savoir la possession d'armes de destruction massives.
Il serait donc bon, à un moment où la situation s'est complexifiée à l'extrème, d'en revenir aux fondamentaux, et de revenir à la cause en arrêtant de se braquer sur les seules conséquences.
LA CAUSE INITIALE ETAIT LE MENSONGE DE BUSH, et l'Amérique n'avait strictement rien à faire en Irak.
Cette aventure militaire est un fiasco total et un véritable désastre sur les plans politiques, économiques mais surtout et hélas humains.
Les Démocrates n'auraient raisonnablement qu'une seule solution à mettre en oeuvre : le retrait total des troupes américaines sur le sol Irakien.
A condition d'en avoir la volonté, effectivement, mais surtout le courage politique : celui de dire qu'une guerre si injuste et une occupation si néfaste ne peut se prolonger plus longtemps.
De stephanemot
Author & Chief AtoZ Officer | 03H03 | 25/12/2007 |
Rien n'a changé depuis le début du conflit : qui ne supporte pas les « boys » est taxé d'anti-patriotisme.
Le seul moyen de sortir du piège tendu par Dubya (voter contre le budget c'est mettre des vies en danger, plus possible de reculer) et au-delà, le seul moyen de quitter l'Irak c'est d'envoyer un signe fort au monde : nous allons aider ce pays mais avant toute chose débarrassons-nous des ennemis de la paix chacun de notre côté… double impeachment Cheney puis Bush pour haute trahison des valeurs nationales.
De humaneo.wordpress.com
07H39 | 25/12/2007 |
Personne ne peut rien faire… ? Donc on ne fait rien… Et c'est d'ailleurs ce que font les américains. CQFD. Je dois avouer que l'article fait autant avancer les choses qu'un démocrate au Congrés….
De mad
10H01 | 25/12/2007 |
Je dois avouer que je suis très surpris des réactions à cet article.
Il y a t il vraiment des gens qui pensent que si les américains et leur coalition se retirait brusquement d'irak, sans préavis et définitivement, la situation serais meilleure pour les irakiens ?
Si les forces étrangères se retirent, se retirerons aussi toutes les entreprises étrangères qui travaillent à la reconstruction, s'arrêteront les convois et les distribution de nourriture et de médicaments, le payement des salaires de policiers, fonctionnaires, médecins et militaires.
Les deux régions « autonomes » irakiennes qui ont les moyens militaires et les ressources naturelles de s'en sortir sans aide extérieure se relèveraient peut être, mais les autres ? Ceux qui n'ont milice communautaire ni appuis tribaux pour les protéger ?
Si l'intervention américaine a été néfaste pour la population irakienne,un départ précipité, avant qu'un état irakien soit capable de maintenir l'ordre, le serais encore plus.
mad.
à mad
De Peureux anonyme
11H10 | 25/12/2007 |
« C'est pas bien qu'ils soient là, mais ça serait pire s'ils partaient ».
Ce raisonnement n'est pas récent.
Entre autres déclarations, la propagande de Vichy justifiait l'Occupation Allemande et la Collaboration par le besoin d'un rempart contre le chaos Bolchevique ….
De Art-35_Constitution-1793
Pour une Republique Bonsensiste!! | 12H48 | 25/12/2007 |
Vous avez a la foi tord et raison !
Mais plus le départ tardera, plus la rancœur explosera, le MOINS PIRE serait de partir le plus vite possible !
Ce n'est pas bien pour les innocents qui « payerons » mais mieux vaut 2 morts que 4 quand on sait que 0 est irréalisable !
J'en pleure !
De Lemmy_Nothor
The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 10H24 | 25/12/2007 |
Ni les democrates, ni les republicains ont l'intention de quitter l'Irak. On ne depense pas quelques milliards de dollars ( je devrais dire trilliards, mais j'ai du mal a concevoir ces chiffres) pour balancer un regime comme celui de Saddam, et pour s'en aller le lendemain. La plus grande ambassade du monde, celle des USA, est maintenant construite a Baghdad (en fait il s'agit plus d'une ville que d'une ambassade) et vous croyez qu'ils veulent partir ?
Avant le debut de la guerre, les Americains ont fermés les bases militaires d'Arabie Saoudite…..pour eventuellement les installer en Irak.
L'Irak, a quelques km de l'Iran, de la Syrie, de la Turquie…..et vous voudriez qu'ils s'en aillent ? C'est pas demain la veille……il y a trop d'interets en jeux pour concevoir un départ…..et puis tout ce petrole qui doit eventuellement payer la dette de guerre !
à Lemmy_Nothor
De said sellali
cadre à nantes | 12H37 | 25/12/2007 |
Mon cher Lemmy Nothor,on s'était rendu compte que les américains ne partiraient pas sans y avoir été forcés.C'est pour cette raison que de fières combattants de la liberté irakiens ont infligés plus de 5000 morts(en comptant les mercenaires)et 40 000 blessés aux infectes envahisseurs suiveurs de Bush.Croyez moi,ce n'est pas fini.De plus,le coût financier est aujourd'hui de 400 milliars de dollars et ça va continuer.Quand à leur ambassade,elle aurait dû être inauguré en 2006 et depui lors, cette inauguration est constamment reporté car ils ne trouvent pas les travailleurs étrangers pour bosser dessus.
Il faut aussi savoir que les américains,très affaiblis, ne contrôlent que certaines parties du territoire irakien,une large partie leur échappant aujourd'hui même.Ils en sont réduit à mendier l'aide des insurgés qui sont les vrais patrons dans le triangle sunnite,avec malheureusement les infectes al-qaidistes qui vont être défaits par les insurgés.Ces insurgés, combattants de la liberté ayant 2 fers aux feux : éliminer les alqaidistes et les américains par la suite.
Pour finir,les militaires américains partiront et rapidement(dans un laps de temps de 2 ou 3 ans)car les irakiens sont en train de les corriger formidablement.
à said sellali
De Lemmy_Nothor
The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 13H01 | 25/12/2007 |
C'est certain, que eventuellement, l'armée d'occupation partira, mais seulement après avoir construit des bases militaires importantes, qui seront loin des villes, et de ses inconvenients.
Pour ce qui est de la deconfiture américaine, ne nous leurrons pas trop. Il n'y a que 160 000 soldats sur le terrain. On est bien loin de l'hécatombe du VietNam ( 55 000 morts)
Ceux qui en prennent plein la gueule sont toujours les mêmes, cad, la population locale.
à Lemmy_Nothor
De said sellali
cadre à nantes | 13H32 | 25/12/2007 |
Détrompez vous,concernant les pertes américaines,elles sont diminués par les nouveaux gilets par balles beaucoup plus performants.Avec les gilets par balles de l'époque vietnamienne,ils y'auraient 25000 morts américains.Mais ces progrès techniques ont leurs revers de la médaille.C'est les dizaines de milliers de blessés infirmes et handicapés dont les américains devront prendre soin et qui leurs coûtent des milliards.
Pour conclure,nous sommes en train de voir devant nous la fin de l'empire américain et ça fait un bien fou.
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 10H38 | 25/12/2007 |
Je suis assez étonné à la lecture de la plupart des commentaires, celui de Mad excepté. Le sujet de l'article n'est pas, me semble-t-il, de savoir si, oui ou non, les Etasuniens sont méchants. J'en suis d'autant plus surpris que, comme la plupart des commentateurs, je tiens la guerre d'Irak pour une infâmie fondée sur un mensonge : néanmoins, ça n'en fait pas le sujet de l'article.
Le propos me paraît bien plutôt de déterminer POURQUOI les Démocrates qui avaient une position presque ferme sur la guerre d'Irak ne l'ont pas mise en oeuvre.
A cette question, Kaplan propose deux réponses.
La première : les Démocrates n'ont pas réellement de majorité et ils ne semblent pas près d'en obtenir une (« Et il leur faudra sans doute encore deux élections raz-de-marée pour y parvenir »).
La deuxième : les Démocrates n'ont pas de politique alternative (« La plupart des Démocrates […] ne savent tout simplement pas ce qu'ils veulent à propos de l'Irak »). Ce qui peut, sinon nous réjouir, du moins être compris puisqu'il est connu qu'il est plus difficile de sortir d'une guerre que d'y entrer.
Contrairement à ce que j'ai longtemps pensé, je crois aujourd'hui que Bush et les néocons ont commis cette guerre pour des raisons malsaines liées à un idéalisme vicié, bien plus que pour le pétrole. On peut de moins en moins exclure, à mon opinion, qu'ils aient réellement voulu « faire le bien » (guimauve de rigueur) sans réelle perspective politique. (Ce qui, bien entendu, n'empêche pas que des profiteurs du genre Halliburton aient sauté sur l'occasion…)
Or la guerre est un acte politique avant toute autre chose. Pas de politique lors de l'entrée en guerre signifie qu'il est toujours urgent et nécessaire, du point de vue étasunien, d'en définir une.
C'est presque cela qui est le plus inquiétant, et que souligne assez bien l'article de Kaplan : la mièvrerie en politique est un danger dont nous ne connaissions pas l'ampleur. De ce point de vue, et de ce point de vue seulement, il faut reconnaître aux Démocrates de savoir éviter l'écueil : proclamer « nous quittons l'Irak parce que c'est mal d'y être » ne serait qu'une forme inversée de la mièvrerie politique bushienne.
Si je ne souscris pas au point de vue de Gébé, c'est que nous pouvons parier qu'un retrait d'Irak sans réflexion politique préalable se ferait à nouveau au préjudice des Irakiens.
En outre, je ne partage pas la perspective adoptée par les alliés des Etats-Unis. Je ne souhaite pas la victoire des Etats-Unis, ne serait-ce que pour qu'ils apprennent (si peu que ce soit) à n'user de leur puissance qu'avec parcimonie.
C'est pourquoi, au-delà de la satisfaction un peu puérile que j'éprouverais à voir les Etasuniens détaler hors d'Irak, il me semble quils subissent une défaite politique bien plus réelle et des coûts bien plus lourds en y restant.
(Désolé d'avoir été long…)
à thierry reboud
De Peureux anonyme
11H27 | 25/12/2007 |
Sauf que les dirigeants de Halliburton étant à la Maison Blanche, on peut difficilement dire qu'ils n'ont fait que profiter de l'occasion.
Le complexe militaro industriel, comme disait Eisenhower, a bien cru et embelli depuis son discours testament de 1960.
Les Démocrates, comme les Républicains, n'ont pas les moyens de lui résister. En dernière analyse, ce ne sont plus eux qui gouvernent. Bush n'a même pas pu déterminer la date de l'invasion de l'Irak, cela lui a été dicté par des « impératifs techniques » !
De 1661
prof d'histoire-géo | 11H47 | 25/12/2007 |
Il y a une foule d'arguments et de contre-arguments valables pour la guerre en Irak.
Ceci dit, la politique étrangère des Etats-Unis répond à des constantes fortes et non pas aux majorités des chambres. La PE répond aux intérêts américains, exprimés au travers du système des lobbys. Ensuite, si les déclarations d'intentions de Bush jouent un rôle, c'est au final davantage à la commission sénatoriale des affaires étrangères que se jouent l'essentiel de la PE. Au président (et au secrétaire d'Etat) restent les accords de paix, des impulsions ponctuelles mais pas les (dés)installations de bases ou le vote des aides militaires.
J'ai fait mon 3e cycle sur la PE des Etats-Unis : si vous avez des questions…
à 1661
De Peureux anonyme
13H44 | 25/12/2007 |
La récente vote face vis à vis de l'Iran a été publiquement initiée par la CIA. Elle a publié des documents blanchissant la République Islamique des accusations de fabrication de bombes atomiques.
La Maison Blanche, le Département d'État et le Sénat ont suivi bon gré mal gré. Ces entités sont apparues en charge de l'administration de la Politique Etrangère américaine, dont les axes de force se décident manifestement ailleurs.
De Art-35_Constitution-1793
Pour une Republique Bonsensiste!! | 12H25 | 25/12/2007 |
Rien ne bouge UNIQUEMENT parce que la démocratie n'existe que dans la presse US !
En fait notre globe terresstre est un immense magasin ou l'on vole plus que l'on achéte. Les elections, uax USA, comme en Russie et en France sont des mascarades , les citoyens sont abusés, détournés, amusés par des « effets de scénes » qui occultent les vrais débats ! Aux USA, les dits republicains et dits démocrates sont reliés par les mêmes ficelles au monde de l'argent, si ils font « capoter le business », ils sont au chomage ! donc, on ne bouge pas, on laisse faire le pillage !
Il est evident qu'un départ des troupes genererait beaucoup de malheurs, pour la plupart des innocents, mais rester sera pire car comme au vietnam, comme les russes en Afganistan, ils partiront, dans des sacs en plastique si il le faut !
Alors, pourquoi l'ONU, n'exige pas un départ immédiat, en organisant une protection des plus faibles ?
Et en plus, il y a DIEU qui se mêle des débats, ils sont même deux ,alors comment voulez vous que la paix revienne !
De Art-35_Constitution-1793
Pour une Republique Bonsensiste!! | 12H28 | 25/12/2007 |
LES POLITIQUES AMERICAINS MANQUENT SEULEMENT DE COURAGE !
De madrid
12H46 | 25/12/2007 |
Bonjour
Républicains ou démocrates ? Pour moi, ils sont, avant tout et surtout des américains. C'est bonnet blanc et blanc bonnet.
Le constat amer est que la politique étrangère américaine est toujours anti arabe, entre autres.
On dit que c'est une vieille démocratie, elle est tellement vieille qu'elle n'entend rien à l'ONU.
**
L'Irak était un pays, maintenant c'est un terrain vague.
Bonne fêtes de Noël
Madrid
De fusius
13H06 | 25/12/2007 |
Hé oui,
Si les ricains s'en vont , ce sera un beau carnage, et les texans feront grises mines.
S'ils restent, c'est le bourbier qui continue.
Peut-être une solution, une force multi-nationnales d'interposition : arabe.
à fusius
De mad
16H59 | 25/12/2007 |
force multi nationale d'interposition issue de pays Arabes ?
Déjà il faut distinguer force d'interposition (force peu armée, placée entre deux belligérants pour « geler » la ligne de front pendant l'ouverture de négociations) et force de maintient de la paix (force plus lourdement armée en général, avec une autorité plus forte, et souvent doublée par une autorité civile had hoc).
En l'absence de belligérants bien déterminés, et de ligne de front, la force d'interposition semble impossible, sauf a reconnaitre l'éclatement de l'irak et à abandonner les diverses communautés excentrées de leurs zones, et même comme ça ca suppose un sacré coup de baguette magique dans certaines zones, comme Kirkouk.
Quel pays pourrais envoyer des troupes sans que ça ne vire immédiatement à la guerre ouverte ?
Excluons de suite l'iran, la turquie et l'arabie Sahoudite, qui ont peut être (sur le papier du moins pour l'AS) les moyens d'une intervention de grande ampleur, mais qui feraient mieux de ne pas la mener pour des raisons de politique évidente qui reste il ?
Les émirats, Oman, le yemen, Le koweit et tous les « petits états » n'ont pas les moyens militaires de participer militairement à une opération de maintient de la paix.
Le déploiement de troupes égyptiennes serais perçue comme une insulte au moins aussi grave que celle des troupes occidentales (l'égypte reconnais israel, pensez vous), et de toutes façons ses forces n'ont pas la moindre expérience en maintient de la paix.
On peu éliminer pareillement les pays du magreb, pour des raisons similaires, bien que moins fortes (une certaine expérience des opérations de maintiens de la paix, une armée supérieure a la moyenne locale, bien que très en dessous des standards occidentaux)mais leur intervention dans cette zone poserais des problèmes politiques, et je doute que la volontée politique d'aller se faire tuer en irak puisse apparaitre.
les dictatures voisines (syrie, libie) pourraient être intéressées, mais l'effet sur la politique locale serais dévastateur.
Les grands pays musulmans (mais pas arabes)qui pourraient intervenir, il y a l'Indonésie, qui n'a pas la capacité militaire pour faire office de nation cadre dans cette hypothèse, et le Pakistan, qui est assez occupé chez lui actuellement.
Il ne reste malheureusement pas grand monde.
Mais d'un autre coté, même les nations « occidentales » ne semblent pas pressées de jeter leurs troupes en Irak, même sous un éventuel mandat de l'onu.
mad
à mad
De fusius
11H45 | 26/12/2007 |
Je reçois vos arguments.
Actuellement c'est les occidentaux (américains, anglais , pour les plus importants)qui sont en place, lourdement armés et motivés par les intérêts du pays. c'est pas difficile de faire « moins pire »
Des pays qui ont du pétrole (pas de vue sur les gisements Iraquiens ,osons l'espérer) comme les pays du golf : koweit, pays arabes unis…pourraient faire les médiateurs et organiser le retour au calme. utopique ?
la force d'interposition, dans mon esprit c'est entre le régime mis en place par les USA et les fondamentalistes ou tout simplement les Iraquiens qui aspirent à voir « leurs élus » gouverner (sure, que le pays risque de basculer vers les religieux ,de toutes façons, c'est ce qui, je crois, va arriver, à plus ou moins longues échéances.)
C'est évident que les US ne l'entendent pas de cette oreille, avec les fortunes englouties dans ce marrasme, ils veulent un « retour sur inverstissement “ par le pétrole. et ne se laisseront pas faire.
C'est pour cela que même si des forces arabes pouvaient mettre un terme à ce désastre, les US ne laisseraient pas faire…..La France avait un beau rôle à jouer avec la neutralité de Chirac, maintenant c'est foutu, la position de la France apparait être pro-US…. et une médiation Française ne serait plus trop crédible (de mon point de vue)
à mad
De ppfri
17H19 | 26/12/2007 |
concernant les pays arabo-musulmans, entièrement d'accord s'agissant du déploiement d'une force militaire de grande envergure avec des moyens matériels et humains permettant l'« occupation » du terrain a l'instar de l'actuelle coalition.
toutefois, une solution alternative à moyen terme pourrait-être le déploiement de force de sécurité de type « gendarmerie » originaire de divers pays arabes sous l'égide de l'ONU en association avec les autorités locales. certes, cela serait une nouveauté mais nous avons à faire à un conflit nouveau.
la situation en Irak ne semble pas aujourd'hui être une guerre ouverte entre deux camps définis mais plutôt à une guérilla d'intensité moyenne avec comme principal ferment des luttes claniquo-religieuses et surtout un rejet massif des troupes militaires occidentales par l'ensemble de la population. celle-ci reprochant aux forces en présence de générer un chaos sans fin. l'essentiel est donc de rétablir les moyens d'un état de droit et, en premier lieu la sécurité de ses citoyens. il me semble que c'est là le rôle d'une force de police. c'est ce que je crois les USA ont oublié en envahissant l'Irak, les marines ne sont pas une force de l'ordre mais des unités de combat, et la dissolution pure et simple des forces en place tenues par les bassistes n'a fait qu'aggraver la situation. au lieu d'épurer une partie des cadres et de reconstruire sur les éléments existants (tous n'étaient nécessairement des tortionnaires), on a voulu reconstruire de novo. cette erreur se paye aujourd'hui car plus personne de se reconnaît dans la puissance publique (inefficace car inadaptée ou méconnaissant le pays) considérée comme étant au service d'une puissance étrangère.
peut-être que l'envoi de forces de sécurité militaires avec de vrais pouvoirs de police et originaires de pays « amis » pourrait-elle permettre de restaurer au moins en partie en semblant de confiance avec la population et d'efficacité dans la sécurisation des principales villes et des frontières. les pays que vous citiez ont pour certains les moyens de ce type d'intervention avec pourquoi pas un chapeautage par un état-major européen et/ou français ayant fait ses preuves notamment au Kosovo.
De Jean Bachèlerie
19H56 | 25/12/2007 |
l impasse de la reaction conservatrice :
nee a la fin des annees 70 (thatcheret Reagan)la reaction qui se pretend pour une revolution« liberale », comme la revolution conservatrice : allemande, italienne, espagnole, portugaise dans les annes 20 jusqu en 1945 voire plus le franquisme n a pris fin qu avec les annes 70, se heurte a la realite politique et sociale.
Oui il y a une alternative a la « mondialisation liberale » : la revolution democratique et sociale.
l hyperpuissance a voulu dominer le monde et celui ci lui echappe en Irak, au proche orient,sur les marches financiers,dans les usines et les bureaux : la crise des subprimes, au plan social, le retour au XIX siecle, l age d or du capitalisme, c etait la jungle, pas de regulation !
Les americains democrates ou republicains ne pourront faire du neuf avec du vieux. Ils doivent regarder sans faiblir la realite et les desastres qui se preparent et oser remettre en cause leur systeme economique, politique et social, revenir aux valeurs : de la democratie, de la republique et du progres social.
Joyeux noel America !
Jean Bachelerie
De faust3
Médecin Généraliste | 23H17 | 25/12/2007 |
Qui sait quel est l'auteur de cette photographie sublime ?
à faust3
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 00H05 | 26/12/2007 |
Damir Sagoli pour l'agence Reuters. (Il vous suffit de passer votre curseur dessus pour que les références apparaissent.)
à thierry reboud
De faust3
Médecin Généraliste | 00H40 | 28/12/2007 |
Merci !
De Un compte supprime
nc | 03H24 | 26/12/2007 |
Je distingue mal quelle est l'opinion des lecteurs de rue89, ni d'avantage leur couleur politique a travers l'incoherence de la notation des commentaires. A vrai dire, j'ai souvent l'impression que quelques lecteurs grincheux reactionnaires, peut etre meme payes par le FN et l'UMP, ne viennent sur le site que pour occulter les commentaires des libres penseurs.