Sur le terrain 23/12/2007 à 12h42

Polémique à Tahiti : les Marquises veulent se rapprocher de Paris



Temaru (au centre) et ses partisans manifestent à Papeete, samedi (DR)

(De Papeete) La campagne électorale pour le renouvellement de l’assemblée de la Polynésie s’est ouverte sur une polémique. Laquelle trouve sa source aux Marquises, un archipel situé à 1400 km à l’est de Tahiti, connu notamment pour abriter les tombes de Paul Gauguin et de Jacques Brel. Il y a une semaine, plusieurs maires de ce bout du monde ont demandé au secrétaire d’Etat à l’outre-mer, Christian Estrosi, « la création d’une nouvelle collectivité d’outre-mer, séparée de Tahiti et directement rattachée à la France, permettant aux Marquisiens d’envisager leur développement de manière autonome dans un partenariat privilégié et direct avec la France » .

Ce n’est pas la première fois que les élus de la Terre des Hommes (nom donné aux Marquises) expriment cette demande de rattachement à la Métropole. L’un des premiers à le faire fut Lucien Kimetete, un représentant (député local) disparu dans un accident d’avion en mai 2002. Mais à un mois des élections territoriales, programmées les 27 janvier et 10 février, ces déclarations, que le secrétaire d’Etat n’a pas désavouées ont provoqué un tollé général.

Oscar Temaru, l’actuel président indépendantiste, et Gaston Flosse, l’ancien homme fort de la Polynésie, ont accusé le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer d’être derrière cette demande de sécession. Temaru a dénoncé un « acte de banditisme inadmissible indigne d’un Etat du XXIe siècle » :

« C’est inacceptable. C’est un manque de respect par rapport à notre histoire, à notre culture (…). Les Marquises nous appartiennent. »

Fustigeant l’attitude « néocoloniale » de l’Etat français, il a réexigé l’inscription de la Polynésie sur la liste onusienne des pays à décoloniser pour que la « communauté internationale ait un droit de regard sur ce qu’il se passe ici » et a manifesté samedi avec un millier de ses sympathisants dans les rues de Papeete (voir la photo ci-dessus). De son côté, Flosse a accusé Estrosi d’avoir jeté une « pagaille monumentale en laissant supposer qu’il ne s’opposait pas à ce que l’archipel dispose d’un statut particulier qui le distinguerait du reste de la Polynésie » :

« Il joue un jeu trouble en poussant notre pays vers la ’mayottisation’, l’éclatement de la Polynésie. »

Et de dénoncer sans vergogne ces maires qui veulent « régner sur leur petit royaume » et ne pensent qu’à leur « petite parcelle de pouvoir » .


Estrosi aux Marquises mi-décembre (Grégory Boissy)

Pour calmer les esprits, la représentante de l’Etat en Polynésie, Anne Boquet, a dû se fendre d’un communiqué précisant qu’il n’avait « jamais été question de se prononcer sur une éventuelle évolution statutaire des Marquises » . Le secrétaire d’Etat aurait simplement « souhaité une réflexion ’ouverte et sans tabou’ sur le renforcement de la décentralisation en ce qui concerne les communes et les archipels de Polynésie française » .

Sauf que les élus marquisiens ne sont pas les seuls à avoir formulé cette demande. Aux Tuamotu, un autre archipel situé à un millier de kilomètres de Tahiti, certains maires avaient déjà franchi le pas début novembre :

« Dans l’hypothèse où Tahiti se prononce pour se séparer de la France, les élus des Tuamotu que nous sommes et la population Paumotu souhaitons ardemment conserver des liens constitutionnels avec la République française, seule garante de l’avenir de nos enfants. »

A l’époque déjà, Estrosi n’avait pas moufté. Pour Temaru et Flosse, c’est clair : en soutenant en sous-main ces déclarations ou en ne les condamnant pas, il cherche à « diviser pour mieux régner » . L’article 72-4 de la Constitution permet en effet à une collectivité d’Outre-mer, ou à une de ses parties, de devenir un département, à condition d’organiser un référendum local.

On n’en est pas là. On en est même très loin. Temaru et Flosse le savent bien d’ailleurs. Mais à un mois des élections, l’occasion était trop belle de dénoncer la partialité de l’Etat et de fustiger l’initiative de quelques maires proches de leur adversaire commun : Gaston Tong Sang, lui aussi ancien président polynésien et candidat aux élections de janvier-février. Quoi qu’il en soit, cette polémique a réveillé les ardeurs et lancé la campagne. Estrosi, par « devoir de réserve » , a promis de ne pas revenir en Polynésie avant fin avril. Avec Sarkozy dans ses bagages.

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  • Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
    • Posté à 13h05 le 23/12/2007
    • Internaute 16256

    C’est sûr, c’est un coup d’Estrosi mais surtout de Sarkozy. Ne vous laissez pas faire les mecs ! ! On les aura dans 4 ans et .... 4 mois ! ! !

    Euh, ne nous quittez pas, qui s’enfuit déjà. Trop dur. J’aimerais tellement aller vous voir tous une fois dans ma vie, mais voyager c’est cher et si vous nous quittez, à quoi bon.

    Je vous aime quand même.

    • goutefut
      • Posté à 11h52 le 24/12/2007
      • Internaute 3367

      Pour un cmplément d’inforamtion, on aura qui et on fera quoi dans 4 ans, si le système est détraqué, les fonds insuffisants, et pour tout dire la cabane sur le chien ?

  • thierry reboud
    • Posté à 13h26 le 23/12/2007
    • Internaute 20923

    « C’est inacceptable. C’est un manque de respect par rapport à notre histoire, à notre culture (…). Les Marquises nous appartiennent. »

    Je trouve extrêmement surprenante cette phrase de Temaru, leader indépendantiste qui a par ailleurs toute ma sympathie politique. « Les Marquises nous appartiennent »...
    Où Temaru démontre qu’on peut toujours être la métropole de quelqu’un. Venant de Flosse, ce serait moins déconcertant.
    Le droit à l’autodétermination des uns ne vaut-il pas droit à l’autodétermination pour les autres ?

    • André Dupneu
      André Dupneu répond à thierry reboud
      chef du contentieux
      • Posté à 21h05 le 23/12/2007
      • Internaute 24633
        chef du contentieux

      Ah, si vous connaissiez le contexte... Les Marquises ont été oubliées par Papeete depuis toujours. Pensez donc : 3 jours de bateau, puis 3 heures d’avion, quand il veut bien y aller ! L’Aranui est rempli par Papeete, mais il n’y a pas toujours de la place pour ce que les Marquises produisent de coprah.
      Et ce que dit un potentat marquisien qui sent une place chaude à occuper ne reflète pas toujours ce que me disait cet honnête marquisien, anormalement aigri contre le métro de service en résidence à Nuku-Hiva : « J’ai pas pu avoir ma carte nationale d’identité, alors je suis pas francais, je suis marquisien ».

    • Fabienne Gallaire
      Fabienne Gallaire répond à thierry reboud
      Journaliste
      • Posté à 02h47 le 24/12/2007
      • Journaliste 24285
        Journaliste

      « On est toujours la métropole de quelqu’un. » Merci pour cette excellente formulation d’une triste réalité politique.Merci également à Rue89 de m’initier aux subtilités de la politique polynésienne. Mes schémas habituels de raisonnement sont effectivement remis en question : comme balancer le noble droit des peuples à disposer d’eux-mêmes (pourquoi pas les Marquisiens ?) avec la rationalité administrative (attention, parallèle idiot : si l’île de ... mettons, Groix, réclame d’être directement rattachée à Paris, ne trouverions nous pas logique que la Bretagne proteste ?).Je suivrai la suite avec attention.

      • goutefut
        • Posté à 12h09 le 24/12/2007
        • Internaute 3367

        Bonjour,
        Pour Groix, c’est vraiment du n’importe quoi de vouloir rattaché les Grecs à PARIS, déjà qu’ils refusent, et à raison d’être tributaire du Continant, LORIENT, alors la Kaspitale !
        Par contre depuis quelques années la mise en place de la R.B.LM. (République Bretonne Libre de Méaban) se fait jour, avec des structures foncières, adminstratives et politques à l’échelle humaine.
        Il serait question d’effectuer un jumelage entre Méaban et Fatu Hiva, avec des échanges culturels suivis - himénés contre Kand a dikand - touristiques avec des voyages sur fonds de continuité universelle, les uns paynt en artichauds, les autres en Noni, l’exemple de Mr. TEMARU sur l’indéendance à base de culture ayant fait des adeptes, et puisqu’il faut mieux être éboueur à Tahiti qu’ingénieur à PARIS il est question de stages de ramassage de déchets avec cours de mise à niveau pour les produits dérivés de la mer, les uns comme les autres ayant à subir l’incivisme de nos population.
        Chère étudiante vous comprenez ainsi, qu’il n’y a pas de problèmes mais des solutions et qu’une grande chaine de solidarité entre iliens est possible.
        ia ora na ita mataiiti api (c’est çà ?

        et KENAVO

  • goutefut
    • Posté à 13h28 le 23/12/2007
    • Internaute 3367

    Que de mots pour de petites magouilles politiciennes, et une ancienne secrétaire d’Etat à l’O.M. nous avait prévenu - le Président TEMARU est un illuminé.
    En 2OO4 pour renverser le gouvernement FLOSSE (UMP) - 2OOOO personnes dans la rue derrière O.TEMARU - ce Samedi derrière Oscar TEMARU, son parti le Tavini qui se radicalise, 8OO selon la police - 1OOO d’après les indépendantistes ! un succès.
    ET une phrase choc prononcée par le leader territorial -« Il faut mieux être éboueur en Polynésie, qu’ingénieur à PARIS “, comme disait Fernand REYNAUD ‘les études çà eut payé ! je sais de quoi je parles je suis douanier - TEMARU aussi !
    Pour ajouter à cette cacophonie outrancière, un budget non voté, des subventions bloquées par le fait du Prince et de son gouvernement, un accaord non respecté avec la Caisse de Protection Social, car des recondutions de crédits n’ontpas été effectuées - comme disait un ancien Ministre -les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.
    Et pour cooronner le tout un climatdétestable qui s’installe sur les plans des relations des différentes communnautées avec à nouveau des relents de racisme qui se caractérisent plus fréquement y compris physiquemen.
    Dans ce jeu de chaises musicales politiciennes- Gaston FLOSSE (UMP)joue contre son camp, et le P.S. est bien embarrassé dans ces déclarations de soutien au leader indépendantiste.
    Et dans ce territoire profondément croyant, la majorité des leaders iront communier , partageront le pain et le vin et le sel, et iront entre eux sabrer ensuite le champagne et déguster les oéreux produits e fête de métropole. Pour d’autres membres d’associations humanistes ils oeuvreront à l’améliration de la société dans un esprit de partage.
    Comme le disait si bien, mon ami DESPROGES qui comme moi était profondément inscrit dans une politique de gauche sans compromis ou amalmague - ETONNANT NON.

    P.S. - Meilleure santé à Emile VERNAUDON, car quelque soit ses erreurs et ses malversations, sa détention est une erreur pour l’image de la Justice. Il ne peut y avoir deux façons de procéder, l’une expéditive et Dura Lex Sed Lex, l’autre dans l’esprit, la durée avec des tiroirs qui refusent de s’ouvrir ou s’entrouvrent un moment pour faire prendre l’air aux dossiers.

    Après un ancien et très documenté ouvrage de Jean RASPAIL Secouons le Cocotier’, il semblerait qu’un ouvrage soit en préparation sous le titre ‘ Secouons l’arbre à Pain’ ! affaire à suivre.

  • Salaves
    Salaves
    Métallo
    • Posté à 19h36 le 23/12/2007
    • Internaute 5988
      Métallo

    Il vaut mieux être un grosse grenouille dans une petite mare que l’inverse.

    Mais avec la montée des eaux, je me demande bien qu’est-ce qui va rester de la mare.

  • grouikgrouik
    • Posté à 20h18 le 23/12/2007
    • Internaute 25874

    vieux serpent de mer que cette autonomie spécifique des marquises. déjà en 1990 il se disait que si la france arretait les essais nucléaires à mururoa à moyen terme (10 ans), l’indépendance serait donnée aux tahitiens, l’atoll d’Hao (qui lui est dans les tuamotu) serait le porte-avions français en dur du pacifique (mais bon maintenant quand on sait dans quel état sont les infrastructures, j’ai un léger doute mais la belle piste d’atterrissage doit toujours être bonne), par contre les marquises resteraient françaises, pour que la france dispose d’un port en eau profonde, cela s’appelait radio-tamure, cela vaut ce que ça vaut... c’est pas du A1 comme renseignement ! mais les visages changeaient quand on en parlait aux politiciens, qui sont au courant depuis des lustres...
    La polynésie c’est l’europe en superficie en gros, et une population globale d’une grande ville de province métropolitaine. vivre à rurutu, tahiti, manihi, mangareva ou nuku-hiva, ce n’est pas pareil...
    depuis rien n’a changé, ce sont toujours les mêmes qui en local tirent les ficelles, rien n’a changé, tout s’est aggravé (de part les quelques contacts que j’ai encore avec des amis demeurés là-bas). que dire sinon qu’ils se battent pour les subsides que veulent bien leur accorder l’état français.
    dommage car certains hommes politiques français (allez à l’aéroport de tahiti-faaa en ce moment, et vous serez très surpris) qui avaient ou ont toujours de jolis faré sur l’ile de huahine, seront peut-être sans doute moins bien accueillis dans l’avenir, mais l’accueil des îles est sans doute resté, lui...

  • alexfakarava
    alexfakarava
    IDE à Fakarava Polynésie
    • Posté à 21h35 le 23/12/2007
    • Internaute 25882
      IDE à Fakarava Polynésie

    Quelle triste vie politique, que celle de la Polynésie, où la plupart de nos hommes politiques ont à peine l’instruction nécessaire pour pouvoir lever la ain dans l’hémiclyque à Papeete quand les 2 ou 3 « mamouths » le leur demande.
    A l’échelon local, au niveau de nos petites mairies dans les îles, c’est encore pire, c’est la république bananière la mieux organisée dans laquelle j’ai pu vivre depuis 20 ans.
    Concernant notre ami Oscar Temaru, je me demande si il mérite toute « l’encre » que l’on dépense à chacune de ses interventions.
    Il suffit d’aller fair eun tour du côté de Faa’a, la municipalité dont il a tous les pouvoirs depuis 30 ans pour savoir ce que va devenir la Polynésie si il reste au pouvoir.Il ne cesse d’être dans la polémique inutile, rien n’est construit et je me réjouis de l’émergence de certaines petites formations politiques qui va donner un autre choix aux polynésiens que celui de voter pour lui ou Gaston Flosse : c’était le schéma depuis 30 ans.
    Petite remarque aussi, je m’étonne de la part de Monsieur Oscar Temaru, de le voir si proche de la religion, qui à mon sens représente le mieux la France colonisatrice, il ne se passe pourtant pas une minute sans que Temaru nous rappele à Dieu, il a par ailleurs voulu imposé la croix dans l’hémicycle il y a quelques temps.
    Rappelons-lui que les polynésiens avaient leurs propres croyances, je crois moi, que M. Temaru n’en a aucune, si ce n’est de mener son peuple à la catastrophe.
    On ne peut pas refaire l’histoire, mais on peut savoir en user avec intelligence, les néo-zélandais ont su le faire.
    Merci de rappeler dans vos messages ,que M.Temaru est douanier, donc fonctionnaire de l’état, et je ne crois jamais l’avoir entendu dire qu’il refusait sa retraite, ce serait un geste fort vis à vis de l’état qu’il ne cesse de critiquer.
    Nous savons tous ce qu’il veut....
    A tous les polynésiens et autres qui aiment ce pays, joyeux noël et continuer à vous battre pour sauver nos îles de la bétise humaine.
    Ia ora na o tatau, et ia ora na i ta mataiti api

  • cooper59
    cooper59
    entre deux zoo
    • Posté à 23h19 le 23/12/2007
    • Internaute 18535
      entre deux zoo

    joyeux noel l’ami ; bon . . . apparemament tu n’aimes pas beaucoup Temaru , je suis corse et donc ilien aussi , mais entre Temaru et Flosse je choisis . . comme toi , PERSONNE , que l’ile se demerde sans l’un et sans l’autre ! y’a pas de place pour ces deux clowns , l’un ( flosse ) qui est vraiment le descendant des colonialistes , et l’autre quui a pas la dimension ( ou pas les appuis ?) pour faire quelque chose d’a peu pres acceptable pour tout le monde , alors maintenant comment on s’arrange ? j’le sent pas bien !

  • Crispus
    • Posté à 00h29 le 24/12/2007
    • Internaute 15293

    Si elles veulent se rapprocher de Paris, m’est avis que les Marquises pourraient plus facilement compter sur la dérive des continents que sur n’importe quoi (qui) d’autre. A moins que comme la Corse, ou la Creuse, elles ne décident finalement de ne compter que sur elles-mêmes... Salut et respect aux Marquisiens. Et joyeux Noël malgré tout !

  • Jean Matouk
    Jean Matouk
    Economiste
    • Posté à 01h27 le 24/12/2007
    • Internaute 1101
      Economiste

    Lors de la visite de Temaru à Paris en octobre,je voulais envoyer un texte à Rue 89. J’ai , en effet, passé plusieurs jours aux Marquises en septembre et ocotobre et j’y ai rencontré des élus, discuté avec des Marqusiens. Mais j’ai laissé passer l’occasion . J’Y reviens à l’occasion de cet article. L’imbroglio politique polynésien, qui a vu , dans une premier temps, Temaru battre le parti de Flosse à l’Assemblée territoriale, , puis ce dernier soudoyer trois votes pour renverser Temaru et mettre à la présidence Tong Tsen, maire de Bora Bora ( Tuamotou), puis le même Flosse, pour sécuriser sa réélection au Sénat, s’allier à son ancien adversaire , Temaru, pour renverser Tong tsen, dégoute littéralement les marquisiens. Ils se plaignent ; par ailleurs, de la captation systématique des fonds par le parti du Gaston Flosse, et souhgaite sincèrement devenir DOM et sortir de ce POM ( ex TOM) gouverné en dépit du bon sens.Dans l’ensemble la Polynésie , comme les autres DOM, TOM, POM, est maintenu en relatiof sous développement avec perfusion métropolitaine, parce que les autorités politiques locales n’ont guère d’intérêt à voir se développer sur place des productions diverses, leurs budgets étant assis pour 40% sur les subvention de la Méytropole et 25% à 35% sur les octrois ou droits de mer ou équivalents , donc sur l’importation de biens.Par ailleurs le grand commerce dans ces DOM, TOM, POM, est aux mains de lobbies puissants, béké en Martinique,polynésien d’origine chinoise en Polynésie, qui , eux non plus n’ont guère d’intérêt au développement de la production locale.

    Les marquises ont, avec le tourisme ( elles recelent des sites archéologiques très intéressants), compte tenu du petit nombre d’habitants, une capacité autonome de développement. On comprend donc bien leur souhaits d’autonomie par rapport à Papeete, à Flosse et ses magouilles et à Témaru et sa posture indépendantiste dont il sait lui-même qu’elle ne repose sur aucune base économique ;

  • goutefut
    • Posté à 11h31 le 24/12/2007
    • Internaute 3367

    L’on peut parler de FLOSSE, de TEMARU, de la vie politicienne océannienne, aucun problème le contexte l’accepte, mais parler sans tabou dans un mail des rapprochements avec les partis politiques métropolitains, et une petite mise au point sur le fonctionement sinusoidal des instances judiciaires locales, là - DEFENDU - comme il est mentionné sur d’autres sites citoyens il y aura toujours un « veilleur » R.Gx. officiel ou barbouze affidé à un parti pour occulté ce qui dérange la pensée unique, mais je maintiens, tous les tiroirs ne s’ouvrent pas avec la même amplitude, question de coulissage, non de coupinnage.
    L’inégalité, c’est quand certains qui sont dehors sont à l’intérieur et vice et versa, l’équipé c’est quand chacun paye sa propre part en fonction de ses abus, erreurs et malversations et bénéficie d’un tratement égal vis à vis de la Société ?

    ia ora ita mataiti api

  • papacrabe
    • Posté à 22h45 le 24/12/2007
    • Internaute 25982

    Déjà @ Monsieur Matouk : Bora Bora n’est pas aux Tuamotu, mais au sein de l’archipel de la Société, aux îles Sous-le-Vent. Et son maire, qui fut un des 5 présidents qui se sont succédés en 3 ans, se nomme Gaston Tong Sang.

    Les élections qui s’annoncent sont décisives pour la Polynésie. En cela, le retour aux urnes était un nécessité, face à la pagaille ambiante. Le Tahoeraa de Gaston Flosse, l’UPLD d’Oscar Temaru, la coalition To Tatou Ai’a de Gaston Tong Sang, et le No Oe e Te Nunaa de Nicole Bouteau sont les quatres forces principales en présence. M. Flosse traîne avec lui un lourd passif d’affaires ténébreuses, et une fin de règne, jusqu’en 2004, où la toute puissance faisait dériver la Polynésie vers un régime autoritaire caricatural (avec un soutien coupable de l’Etat).
    M. Temaru n’a pas su utiliser l’alternance politique de 2004 comme un vrai démocrate. Si l’on peut lui faire crédit du démantèlement du GIP (ex-milice « privée » de M. Flosse), de la commission d’enquête sur les conséquences des essais nucléaires, et d’avoir dû batailler avec d’un côté un Etat peu enclin à le soutenir, et de l’autre une situation politique faisant les beaux jours des girouettes vénales de tous bords, son discours indépendantiste et sa colère à l’encontre du « colonisateur » l’emporte chez lui sur toute considération de développement et de bien-être pour la Polynésie. Si ses sentiments peuvent paraître légitimes, les réponses qu’ils donnent son irrationnelles, dangereuses, et peu représentative de la volonté des polynésiens (ce que la prochaine élection devrait clarifier).
    La coalition mise en place ces derniers mois par M. Tong Sang représentait un espoir d’équilibre et de retour à un apaisement de la vie politique. Sauf que M. Tong Sang n’est pas, d’une part, un modèle de vertu (un long compagnonnage pas toujours exemplaire aux côtés de M. Flosse), mis en examen et même condamné dernièrement, et entouré au sein de l’alliance par un certain nombre de responsables politiques dont la moralité douteuse et le manque de rigueur dans la gesiton des affaires publiques sont plus que flagrant (certains passent d’ailleurs Noël en prison...).
    La seule personnalité politique encore intègre et exemplaire est Nicole Bouteau, à la tête d’un jeune parti crée en 2003, qui refuse toute alliance compromettante, au risque de se marginaliser, et dont les lignes politiques (moralisation, décentralisation et conseils des archipels, développement responsable, éducation...) commencent à être repris avec constance par ses adversaires, signe, s’il en est, que ses idées progressent.
    Ces élections vont donc permettre de voir se dégager au moins une troisième, voire une quatrième force dans le paysage politique. Ce qui est une vraie avancée en moins de quatre ans, où M. Flosse régnait en maître incontesté. La démocratie fait son chemin. Difficile, parfois violent, d’une cohérence discutable, mais tout de même...
    Il faut que les médias nationaux couvrent ces élections, et intéressent le public métropolitain à ce qui se passe en Polynésie. Il ne faut pas laisser ce Pays d’Outre-Mer dans une pénombre qui ne lui est pas naturelle, ne pas le remiser aux oubliettes de la République. Plus qu’une « décolonisation », c’est d’une véritable « démocratisation » (avec un Etat qui se montre enfin à la hauteur de ses responsabilités, ce que promet Estrosi, mais qui semble encore difficile à croire, tant les maladresses et les à-priori sont nombreux : tout n’est pas que communication...) dont la Polynésie à besoin. C’est du soutien, donc, de tous les démocrates possibles, ouverts, respectueux et tolérants.

  • goutefut
    • Posté à 01h42 le 25/12/2007
    • Internaute 3367

    Bonjour,

    Pour faire court et précis en ce jour férié, l’honnêteté (et encore petit passage d’innéligibilté) ne donnes pas un passeport obligatoire pour le ralliement des suffrages.
    C’est vrai que Mme. BOUTEAU a des qualités citoyenne, intéllectuelle et une petite connaissance des Minsitère, mais Dieu qu’elle a les dents longues, et veut à tout prix être sur le devant de la scène. Et cette période du ni-ni, pour se positionner sur l’échiquier, et les chauses trappes à Philippe SC. pour être la porte parole, et le passage à Paris dont des conseillers au Ministère ont souris.
    Les débuts à l’environnement furent prometteurs, mais les ors et les dorues t les spots ont bien souvent raison des engagements de départs.
    Allez donnons lui 6,5/1O.
    Et tout seul l’on n’est rien, ensemble l’on peut tout.
    Dans un groupe l’on est sollicité à son tour, seul sur la place l’on brille en solitaire. Dur Choix.
    Bonne année.

    • papacrabe
      papacrabe répond à goutefut
      • Posté à 23h45 le 26/12/2007
      • Internaute 25982

      Ia orana, bonjour Mr Goutefut,

      Il y a effectivement une cohérence à soutenir les débordements « sympathiques » de M. Vernaudon, à cautionner les abus de bien sociaux « moraux » de M. Bouissou, ou à exprimer un respect de la vision politique de MM. Tefarere et Pomare et dans le même temps à reprocher à Mme Bouteau de vouloir aller seule au premier tour des élections territoriales.

      Bien sûr que la question des alliances se pose, j’imagine, pour NOETN, dont je comprends la réticence suite aux résultats des précédentes alliances avec M. Schyle d’une part puis avec la « Majorité plurielle » de M. Temaru... Cependant, on ne peut pas, il me semble, s’allier à tout va, sans précaution, sans exigences élémentaires. Certes on ne peut pas grand chose tout seul, comme vous dîtes. Mais le « ensemble, tout est possible » me paraît tout aussi discutable. Tout dépend de l’ensemble... : -) Je ne crois pas, suis-je idiot ? , que la fin justifie les moyens... Et je crains que la compromission, fusse-t-elle infime, a toujours des conséquences. Elle a toujours un impact.

      Quant aux « dents longues » de Mme Bouteau, je vous laisse juge. Si c’est vraiment le cas, elle est idiote, car elle aurait mieux fait de rejoindre une alliance quelconque, comme M. Bouissou, pour s’assurer une place et un poste... Je suis curieux de savoir quelle note vous lui donnez, à JCB... : -)

      Bref, je ne partage pas votre point de vue, surtout sur une élection à deux tours, bien que des seuils iniques viennent la tronquer. Nous verrons bien, à court, moyen et long terme, si de la stratégie politicienne de votre champion, M. Tong Sang, ou de ma complaisance pour la stratégie (de conviction, dirai-je...) de Mme Bouteau, l’une vaut mieux que l’autre, en terme d’efficacité, de rénovation, de construction d’une société plus équlibrée et plus juste.

      D’excellentes fêtes à vous !
      Et bonne année électorale...

  • Malien des Gambier
    Malien des Gambier
    Eternellement en transit entre (...)
    • Posté à 06h29 le 29/12/2007
    • Internaute 26324
      Eternellement en transit entre (...)

    Polémique à Tahiti : les Marquises veulent se rapprocher de Paris
    Plus de 35 ans de vie en Polynésie françaie dont la majeure partie dans les archipels éloignés, je suis sidéré que la dernière « récupération » d’Oscar Temaru fasse couler tant d’encre. Cela fait des décennies que les populations des Marquises et plus légèrement celles des Tuamotu-gambier, toutes deux à très forte majorité catholique affirment qu’en cas d’accession à l’indépendance de la Polynésie française elles souhaitaient rester sous le giron de la France contrairement aux iles majoritairement protestantes et plus favorables à l’indépendance ( Australes, Iles du Vent, iles Sous le Vent). Rien de plus n’a été dit dernièrement à notre secrétaire d’Etat aux DOM-TOM-POM. Il est vrai que sa réaction a supris tant on croyait que la France voulait se protéger de la création d’un nouveau Mayotte au sein de la République. Le rusé Oscar Temaru a vite compris l’opportunité qui lui était offerte de redorer un peu son blason après son comportement pour le moins cavalier envers le Secrétaire d’Etat. Le non moins rusé Gaston Flosse a vu là aussi l’opportunité de redonner un peu de sève à son autorité sur les troupes de son parti.
    Non, il n’est pas exact de dire que les Marquises veulent se rapprocher de la France - elles sont partie intégrante de la République - mais qu’elles expriment leur volonté bien ancrée dans le temps et dans les esprits de DEMEURER FRANCAISES en cas d’accession de la Polynésie française à l’indépendance.
    En cette période des voeux, Un petit voeu personnel : que la politique de tout bord, du coeur du Pacifique comme des rives de l’Atlanique cesse de pervertir la qualité de vie, de gangrèner la bonté légendaire des populations.
    Les conséquences des feux d’artifice de Moruroa et de Fangataufa, à elles-seules justifieraient que l’on préserve la paix, la concorde et ce qui demeure d’une certaine insouciance auxquelles les populations des archipels éloignés de la Polynésie française ont droit.

  • Malien des Gambier
    Malien des Gambier
    Eternellement en transit entre (...)
    • Posté à 06h42 le 29/12/2007
    • Internaute 26324
      Eternellement en transit entre (...)

    Ma chère Fabienne (Etudiante en journalisme) je souhaite que tu auras commencé ta carrière de journaliste et qe tu répondras à mon invitation à couvrir l’inauguration du lycée hôtelier de Méaban à la tête duquel on vient tout juste de me nommer proviseur.
    Les élèves y apprendront à cuisiner, à exploiter les bananes sêchées et le taro des Marquises, les chèvres des Marquises garanties 100 % sans farine animale et les poissons marquisiens constitueront l’essentiel de ce que les lyvéens et lycéennes du Lycée Hôtelier de Méaban auront à travailler.
    Bien sûr, les échanges occasionnés pour le fonctionnement de ce lycée entre les Marquises et Méaban seront le meilleur des remparts pour protéger Hiva Oa des affres de l’inconnu des conséquences d’une indépendance prématurée et non préparée.

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