Il y a quinze jours, nous vous invitions à nous adresser vos questions à poser à Esther Perel, thérapeute installée à New York, et auteur de "L'Intelligence érotique". Publié aux Etats-Unis sous le titre "Mating in Captivity" (s’accoupler en captivité), "L’Intelligence érotique" a été traduit en 20 langues.
Plutôt que d’y expliquer le déclin du désir physique au sein des relations longues par des problèmes de communication entre partenaires, Esther Perel met en cause les attentes de fusion et de stabilité au sein du couple. Le désir selon elle se nourrit de risque et de distance, et la vie sexuelle, à la lire, s’accommode mal des idéaux égalitaires actuels.
Esther est venue dans la rédaction de Rue89 répondre à vos questions. Retrouvez les vidéos de ses réponses dans les pages qui suivent. Merci à tous les internautes qui ont participé.
Meredith Benzazon: Qu'est-ce qui fait que certaines personnes dissocient le plaisir sexuel de l'amour et d'autre pas?
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► L'intelligence érotique: Faire vivre le désir dans le couple par Esther Perel, Robert Laffont, 313 pp., 20 euros.

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Il y a un paradoxe à propos de l'érotisme.
La logique voudrait que nous soyons tous (or peut-être les abstinents pour l'érotisme) plus ou moins spécialistes de l'amour comme de l'érotisme. Car nous le pratiquons tous.
Au lieu de celà, la plupart de nos concitoyens semblent en recherche active d'informations, de vérités nouvelles, de trucs, de savoir faire, de performances...
J'y vois deux raisons principales :
La première est que cette quête de conseils cache du voyeurisme, l'envie de savoir ce qui se passe dans le lit d'à coté. Parfois à défaut d'y aller.
La deuxième c'est que ce sujet d'apparence simple cache celui infiniment plus compliqué des sentiments. Avouons qu'il est plus facile pour nous de chercher le comment faire que le pourquoi faire.
L'amour et l'érotisme n'ont rien a voir avec la performance. Chercher a faire mieux n'est pas être mieux (c'est la même chose qu'avec avoir et être).
Alors bravo quand même pour cet article, même s'il ressemble à un acte sexuel lui même :
Un tendre "défonçage" de portes ouvertes...
Alors non.
Que le sujet intéresse bp de monde : pourquoi pas, mais que nous sommes logiquement tous plus ou moins spécialistes : non.
Qu'il y ait une quête de conseil : oui, mais que la quête de conseil cache du voyeurisme : non, pas nécéssairement.
Un peu simpliste votre analyse, et votre image de l'acte sexuel - tendre défonçage - aussi.
La "quête de conseil" ne peut-elle pas révéler autre chose que du voyeurisme ? Ne vous êtes jamais vous dit que nous avions justement un sacré paquet de choses à régler avec ce désir ? ce désir en avez-vous, vous-même une vision claire et précise ? jamais de doutes, jamais de questions ? Ce pauvre désir récupéré partout à des fins purement commerciales, et que l'on a particulièrement aujourd'hui, du mal à connaître et à comprendre tant il nous échappe, tant on cherche à nous en déposséder.
Par rapport à l'interwiew, c'est vrai que les réponses restent assez brèves et ne répondent pas toujours à la question posée. Je dirais que c'est intéressant dans le sens où cela formule un certain nombres de choses que que l'on ne sait pas nécessairement formuler sur la question, et en cela c'est assez bien, même si peut-être on n'apprend rien de vraiment nouveau, car ça reste un peu en surface, mais on est en mode interwiew rapide quoi. C'est un sujet qui reste finalement toujours assez difficile à penser (l'amour - le désir), après, c'est toujours pareil, il faut une certaine culture sur la question pour pouvoir juger de la pertinance d'un livre ou de la pensée de qq'un.
(Et non Monsieur Christophe psycho-socio, nous sommes loin d'être tous des spécialistes. Ah Ah!)
Ce que je souhaiterais ajouter, c'est le rapport avec la notion de fidélité dans le couple.
Qui dit fidèle, dans le langage commun, dit " ne pas aller fricoter ailleurs".
Et si, justement, on considérait la fidélité sur le plan de l'amour, du respect qu'on a pour son conjoint, son désir de construire quelque chose avec lui.
Et si, on le dissociait de la notion d'érotisme, de désir, de satisfaction d'un désir momentané, d'un moment de tendresse partagé avec un autre que son conjoint. Actes qui sont à mon avis à détacher de la culpabilité qui y sont associés lorsqu'on est en couple. Car au contraire, au sein du couple, ils peuvent raviver cette flamme érotique dont parle Esther Perel : on en revient que plus imaginatif, aimant, tendre.
Et bravo aux conjoints qui continuent à faire confiance à leurs partenaires de vie sur la solidité de leur relation, malgré ces écarts. Ecarts qui prouvent que l'autre reste désirable, désiré, vivant, et rayonnant. Pour le partenaire officiel, il peut alors goûter au plaisir de voir l'autre rayonner, et donc en bénéficier de tous les avantages, pour nourrir et solidifier leur relation.