A quelques jours de l'interdiction totale du tabac dans les lieux publiques, le 1er janvier, l'industrie pharmaceutique se frotte les mains: d'après certaines études, trois mois après la mise en application de lois similaires, les ventes de médicaments pour le sevrage tabacologique avaient augmenté de plus de 50% en Irlande et de plus 70% en Espagne. Une aubaine.
Différents traitements permettent d'aider à arrêter: gommes, patch ou spray à la nicotine, bupropion (Zyban), mais aussi acupuncture, psychothérapie... Dans un pays comme la France, où un décès sur neuf est lié au tabac, l'arrivée de nouvelles thérapies est toujours accueillie avec un enthousiasme débordant, le plus souvent sans rapport avec ses possibilités réelles.
Ainsi du Champix, apparu au mois de février en pharmacie. En septembre 2006, le laboratoire américain Pfizer obtenait l'autorisation de mise sur le marché européen de son "arme fatale" pour arrêter de fumer. Cet avis favorable intervenait après des séries de tests concluants sur des échantillons d'environ 2000 personnes, qui démontraient une efficacité presque deux fois plus forte que celle du Zyban. A en croire les récits d'expériences rapportés, même les plus gros fumeurs semblaient arrêter d'un simple claquement de doigts.
Troubles de l'humeur, idées suicidaires voire tentatives de suicide
A la base des résultats encourageants du Champix, une molécule nouvelle: la varénicline. Un composé qui agit directement sur les récepteurs de la nicotine, inhibant ainsi la sensation de plaisir du fumeur après la prise d'une cigarette. L'administration de Champix débute une à deux semaines avant la date fixée pour l'arrêt du tabac et pour une durée totale de douze semaine de traitement.
Mais comme tout médicament, le Champix peut engendrer son lot d'effets secondaires, fatigue et nausées dans la majorité des cas, mais aussi dans des cas plus rares, vomissements, constipation, diarrhée, gêne gastrique, difficulté à digérer, maux de tête et bien d'autres désagréments physiques, ainsi que, plus surprenant, un sentiment de dépression et des rêves anormaux.

Lundi 17 décembre 2007, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) indique dans un communiqué que "l'EMEA et l'ensemble des agences européennes souhaitent alerter les professionnels et les patients sur le risque d'idées suicidaires ou de tentatives de suicide survenant lors des traitements avec Champix".
L'Afssaps reste prudente, expliquant que la relation entre la prise de ce médicament et l'apparition de tels troubles "n'a pas été établie". Elle signale toutefois qu'en France, "quinze cas de troubles de l'humeur -anxiété, agressivité dépression- et d'idées suicidaires, voire exceptionnellement de tentatives de suicide ont été analysés en juillet, octobre et novembre 2007". A l'heure où arrive la providentielle loi d'interdiction, la nouvelle tombe au plus mal pour le fabriquant.
Nausées et cauchemars plus fréquents
Dès le 22 novembre, les Echos annonçaient que la très pointilleuse Food and drug administration (FDA) américaine avait mis sous surveillance le Champix. Représentant une classe médicamenteuse totalement nouvelle, la varénicline ne doit sa réputation d'efficacité et son homologation qu'à deux études.
Chacune d'elles comptait trois groupes de cobayes, l'un traité au Champix, l'autre au bupropion et le dernier avec un placebo. Résultats sans appel: le pourcentage de patients n'ayant pas fumé entre la semaine 9 et la semaine 12 du traitement (principal critère d'efficacité de l'étude) est de 44 % avec Champix contre 30% avec le bupropion et 18% avec le placebo.
Mais Pfizer n'a pas communiqué sur un autre résultat: près de 30% des participants soumis à la varénicline ont rapporté des nausées, soit beaucoup plus que dans les deux autres groupes, ou des cauchemars plus fréquents et importants.
Reste que les cas rapportés sont peu nombreux. Pour le professeur Bertrand Dautzenberg, pneumologue et auteur de plusieurs lives sur la question, l'arrêt de la cigarette influe, par définition, sur l'organisme. Et provoque notamment des modifications du sommeil, et donc des rêves. D'où la difficulté d'établir un lien absolu entre rêves anormaux et Champix. Quant au risque de déprime, qui se manifeste souvent par des cauchemards récurrents, c'est également une conséquence reconnue de l'arrêt du tabac.




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la revue Prescrire (revue totalement indépendante des labos pharma) en dit le plus grand mal.
Cet article fait par un non professionnel qui dit à la fois le tout et son contraire me paraît - d'une certaine façon - du publirédactionnel (qui ne dit pas son nom) pour Champix.
Les généralistes ne sont pas formés....
Quant à ceux qui ignoraient ce médoc, maintenant (grâce à ce type de "papier") ils en connaissent le nom ...
Par principe : Se référer à la revue prescrire et aux interdictions!
Type même de l'article non fondé ... non professionnel ...
Sorry!
Un peu de sérieux!
Le fait de fumer, boire... provoque une dépendance à plus ou moins longue échéance et de stopper rapidement provoque un stress logique.
La volonté d'arrèter est dure mais réalisable (j'ai fumé pendant 20 ans et, du jour au lendemain, depuis 2 ans je n'en ai pas grillé une.
Pour ce médicament, je cite un exemple bien précis, ma femme l'a utilisé pendant 7 semaines alors qu'elle fumait depuis 25 ans. Elle a eu des nausées la 1ère semaine qui se sont estompées et au bout de 10 jours elle n'avait plus du tout envie de fumer sans sensation de manque.