a suivre

Document : le dernier texte d'André Gorz

Juste avant de se donner la mort, le philosophe André Gorz a transmis un texte, daté du 17 septembre, à la revue écoRev », qu'il avait parrainée à sa fondation. Nous en publions ici le début, avec l'autorisation de la revue.

Dorine et André Gorz en 1947, devant l'usine de Billancourt (Suzi Pillet).

Le travail dans la sortie du capitalisme.

La question de la sortie du capitalisme n'a jamais été plus actuelle. Elle se pose en des termes et avec une urgence d'une radicale nouveauté. Par son développement même, le capitalisme a atteint une limite tant interne qu'externe qu'il est incapable de dépasser et qui en fait un système qui survit par des subterfuges à la crise de ses catégories fondamentales : le travail, la valeur, le capital.

La crise du système se manifeste au niveau macro-économique aussi bien qu'au niveau micro-économique. Elle s'explique principalement par un bouleversement technoscientifique qui introduit une rupture dans le développement du capitalisme et ruine, par ses répercussions la base de son pouvoir et sa capacité de se reproduire. J'essaierai d'analyser cette crise d'abord sous l'angle macro-économique [1], ensuite dans ses effets sur le fonctionnement et la gestion des entreprises [2].

1. L'informatisation et la robotisation ont permis de produire des quantités croissantes de marchandises avec des quantités décroissantes de travail. Le coût du travail par unité de produit ne cesse de diminuer et le prix des produits tend à baisser. Or plus la quantité de travail pour une production donnée diminue, plus le valeur produite par travailleur - sa productivité - doit augmenter pour que la masse de profit réalisable ne diminue pas. On a donc cet apparent paradoxe que plus la productivité augmente, plus il faut qu'elle augmente encore pour éviter que le volume de profit ne diminue. La course à la productivité tend ainsi à s'accélérer, les effectifs employés à être réduits, la pression sur les personnels à se durcir, le niveau et la masse des salaires à diminuer. Le système évolue vers une limite interne où la production et l'investissement dans la production cessent d'être assez rentables.

Les chiffres attestent que cette limite est atteinte. L'accumulation productive du capital productif ne cesse de régresser. Aux États-Unis, les 500 firmes de l'indice Standard & Poor's disposent de 631 milliards de réserves liquides ; la moitié des bénéfices des entreprises américaines provient d'opérations sur les marchés financiers. En France, l'investissement productif des entreprises du CAC 40 n'augmente pas même quand leurs bénéfices explosent.

La production n'étant plus capable de valoriser l'ensemble des capitaux accumulés, une partie croissante de ceux-ci conserve la forme de capital financier. Une industrie financière se constitue qui ne cesse d'affiner l'art de faire de l'argent en n'achetant et ne vendant rien d'autre que diverses formes d'argent. L'argent lui-même est la seule marchandise que l'industrie financière produit par des opérations de plus en plus hasardeuses et de moins en moins maîtrisables sur les marchés financiers. La masse de capital que l'industrie financière draine et gère dépasse de loin la masse de capital que valorise l'économie réelle (le total des actifs financiers représente 160 000 milliards de dollars, soit trois à quatre fois le PIB mondial). La « valeur » de ce capital est purement fictive : elle repose en grande partie sur l'endettement et le « good will », c'est-à-dire sur des anticipations : la Bourse capitalise la croissance future, les profits futurs des entreprises, la hausse future des prix de l'immobilier, les gains que pourront dégager les restructurations, fusions, concentrations, etc. Les cours de Bourse se gonflent de capitaux et de leurs plus-values futurs et les ménages se trouvent incités par les banques à acheter (entre autres) des actions et des certificats d'investissement immobilier, à accélérer ainsi la hausse des cours, à emprunter à leur banque des sommes croissantes à mesure qu'augmente leur capital fictif boursier.

La capitalisation des anticipations de profit et de croissance entretien l'endettement croissant, alimente l'économie en liquidités dues au recyclage bancaire de plus-value fictives, et permet aux États-Unis une « croissance économique » qui, fondée sur l'endettement intérieur et extérieur, est de loin le moteur principal de la croissance mondiale (y compris de la croissance chinoise). L'économie réelle devient un appendice des bulles spéculatives entretenues par l'industrie financière. Jusqu'au moment, inévitable, où les bulles éclatent, entraînent les banques dans des faillites en chaîne, menaçant le système mondial de crédit d'effondrement, l'économie réelle d'une dépression sévère et prolongée (la dépression japonaise dure depuis bientôt quinze ans) .

On a beau accuser le spéculation, les paradis fiscaux, l'opacité et le manque de contrôle de l'industrie financière (en particulier des hedge funds), la menace de dépression, voire d'effondrement qui pèse sur l'économie mondiale n'est pas due au manque de contrôle ; elle est due à l'incapacité du capitalisme de se reproduire. Il ne se perpétue et ne fonctionne que sur des bases fictives de plus en plus précaires. Prétendre redistribuer par voie d'imposition les plus-values fictives des bulles précipiterait cela même que l'industrie financière cherche à éviter : la dévalorisation de masses gigantesque d'actifs financiers et la faillite du système bancaire.

La « restructuration écologique » ne peut qu'aggraver la crise du système. Il est impossible d'éviter une catastrophe climatique sans rompre radicalement avec les méthodes et la logique économique qui y mènent depuis 150 ans. Si on prolonge la tendance actuelle, le PIB mondial sera multiplié par un facteur 3 ou 4 d'ici à l'an 2050. Or selon le rapport du Conseil sur le climat de l'ONU, les émissions de CO2 devront diminuer de 85% jusqu'à cette date pour limiter le réchauffement climatique à 2°C au maximum. Au-delà de 2°, les conséquences seront irréversibles et non maîtrisables.

La décroissance est donc un impératif de survie. Mais elle suppose une autre économie, un autre style de vie, une autre civilisation, d'autres rapports sociaux. En leur absence, l'effondrement ne pourrait être évité qu'à force de restrictions, rationnements, allocations autoritaires de ressources caractéristiques d'une économie de guerre. La sortie du capitalisme aura donc lieu d'une façon ou d'une autre, civilisée ou barbare. La question porte seulement sur la forme que cette sortie prendra et sur la cadence à laquelle elle va s'opérer.

La forme barbare nous est déjà familière. Elle prévaut dans plusieurs régions d'Afrique, dominées par des chefs de guerre, par le pillage des ruines de la modernité, les massacres et trafics d'êtres humains, sur fond de famine. Les trois Mad Max étaient des récits d'anticipation.

Une forme civilisée de la sortie du capitalisme, en revanche, n'est que très rarement envisagée. L'évocation de la catastrophe climatique qui menace conduit généralement à envisager un nécessaire « changement de mentalité », mais la nature de ce changement, ses conditions de possibilité, les obstacles à écarter semblent défier l'imagination. Envisager une autre économie, d'autres rapports sociaux, d'autres modes et moyens de production et modes de vie passe pour « irréaliste », comme si la société de la marchandise, du salariat et de l'argent était indépassable. En réalité une foule d'indices convergents suggèrent que ce dépassement est déjà amorcé et que les chances d'une sortie civilisée du capitalisme dépendent avant tout de notre capacité à distinguer les tendances et les pratiques qui en annoncent la possibilité.

2. Le capitalisme doit son expansion et sa domination au pouvoir qu'il a pris en l'espace d'un siècle sur la production et la consommation à la fois. En dépossédant d'abord les ouvriers de leurs moyens de travail et de leurs produits, il s'est assuré progressivement le monopole des moyens de production et la possibilité de subsumer le travail. En spécialisant, divisant et mécanisant le travail dans de grandes installations, il a fait des travailleurs les appendices des mégamachines du capital. Toute appropriation des moyens de production par les producteurs en devenait impossible. En éliminant le pouvoir de ceux-ci sur la nature et la destination des produits, il a assuré au capital le quasi-monopole de l'offre, donc le pouvoir de privilégier dans tous les domaines les productions et les consommations les plus rentables, ainsi que le pouvoir de façonner les goûts et désirs des consommateurs, la manière dont ils allaient satisfaire leurs besoins. C'est ce pouvoir que la révolution informationnelle commence de fissurer.

[…]

Suite de ce texte dans le numéro 28 de la revue écoRev'. Bientôt disponible en librairie. Il est déjà possible de le commander en ligne ici ou par courrier en envoyant un chèque de 9,5€ (8€+frais de port) à l'adresse suivante : écoRev », 22 villa des sizerins, 75019 Paris.

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Portrait de Le Yéti

De Le Yéti

yetiblog.org | 10H14 | 22/12/2007 | Permalien

UN TEXTE ESSENTIEL ET FONDATEUR

Leg essentiel d'un homme non pas visionnaire mais simplement lucide, analyse incontournable, texte fondateur…

À l'heure où les chantres du système capitaliste (Jean Peyrelevalde, Jean-Marc Sylvestre, Jacques Attali…) commencent à donner des signes de désarroi en annonçant la possibilité de plus en plus criante d'un crash similaire à celui de 1929, qui consacrerait la chute du système en place, le testament d'André Gorz devrait être partout diffusé.

Cette « mort » du capitalisme ne se fera sans doute pas sans douleur et sans drame. Faut-il pour autant céder au désespoir ? Rappelons-nous que les plus grandes avancées sociales sont intervenues aux lendemains de tels naufrages : 1919 (semaine de travail ramenée à 48 heures), 1936 (Front Populaire), 1945 (ordonnances sociales du Conseil national de la Résistance), 1968 (ouverture de la culture française au dialogue social et médiatique, lois d'émancipation sexuelle ou féministe)…

Portrait de Claude PELLETIER

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De Claude PELLETIER

Retraité dans son jardin | 12H51 | 22/12/2007 | Permalien

J'aurais applaudi à votre message pendant une grande partie de ma vie active. Je suis devenu sensible à deux aspects de l'histoire dont vous ne parlez pas.

Primo, la capacité souvent mésestimée du système à se renouveler, se régénérer et à renaître sous une forme différente. Le concept de crise est-il si mortifère que ça ?

Deuxio, les aberrations internes qui ont suivi les mouvements révolutionnaires plus ou moins socialistes. La dérive stalinienne qui a suivi ou enterré l'instauration d'une économie basée non plus sur le marché mais sur le Plan (établi de façon a priori en fonction des besoins humains) et assujetti à un pouvoir politique autoritaire (situation de guerre) puis tyrannique. Il y a eu plusieurs expériences de sortie du marché, et il semblerait qu'aucune n'ait apporté ce bonheur indépassable pour les masses.

J'aimerais bien participer à la rédaction d'un livre sur ce phénomène universel : les politiques (de tout bord) prenant des décisions qui produisent les effets inverses. Permettez-moi une image. On sait que certains médicaments efficaces produisent des « effets secondaires » nuisibles.
J'aimerais étudier les apprentis sorciers de droite ou de gauche et faire une belle liste de décisions politiques dont les « effets secondaires » nuisibles sont devenus en quelque sorte des « effets primaires », en pleine contradiction avec l'objectif premier. J'adorerais…… - Bonne journée.

Portrait de Le Yéti

à Claude PELLETIER Portrait de Claude PELLETIER De Le Yéti

yetiblog.org | 13H06 | 22/12/2007 | Permalien

@ Jean-Claude Pelletier

NB : les avancées sociales dont je parle n'ont, j'espère, RIEN à voir avec les dérives staliniennes que vous dénoncez à juste titre. Passer du marché totalement dérégulé au « Plan » carcan, c'est passer d'une aberration à une autre. Essayons, SVP, de prendre quelques tangentes intermédiaires plus humaines.

Par ailleurs, je ne parlerais pas pour ma part de regénération des systèmes, mais plutôt de renouvellement périodique des aberrations. Si tant est que l'obsession des humains à vouloir pété plus haut qu'ils ont le cul les conduit régulièrement dans le mur de leur folie. Et contraint les bonnes volontés à remettre sans cesse le travail sur le métier.

Bonne journée à vous aussi (et à tous les autres ! )

Portrait de Claude PELLETIER

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De Claude PELLETIER

Retraité dans son jardin | 13H06 | 22/12/2007 | Permalien

@ sympathique Homme des Neiges

Je m'en doute bien. Les « staliniens » doivent se faire rares et cacochymes. Même si les dérives ne s'expliquent pas par une « méchanceté » humaine intrinsèque … les résultats sont là. Le nombre d'expériences est décourageant (pour moi).

Et techniquement,
soit il y a un marché avec des acheteurs et des vendeurs de marchandises,
soit la société produit des biens de consommation sans passer par un marché.

MAIS COMMENT FAIRE L'ÉCONOMIE DU MARCHÉ ? Bonjour la gageure.

ET comment le faire DANS UN MONDE ……« en crise »
et fortement structuré par …… un développement inégal.

Portrait de Le Yéti

à Claude PELLETIER Portrait de Claude PELLETIER De Le Yéti

yetiblog.org | 13H16 | 22/12/2007 | Permalien

@ Claude Pelletier

Jérôme Gleizes, ci-dessous, répond mieux à vos questions que je ne le saurais.

Portrait de Jonas2

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De Jonas2

Les mouches ne me trouveront pas as... | 16H22 | 22/12/2007 | Permalien

C'est sur les bonnes volontés que vous évoquez, Le Yéti, que le capitalisme s'est appuyé pour émerger et s'imposer.
Elles font partie d'une série de « types anthropologiques » que le « capitalisme n'a pas pu et n'aurait pas pu créer lui-même : des juges incorruptibles, des fonctionnaires intègres et wébériens, des éducateurs qui se consacrent à leur vocation, des ouvriers qui ont un minimum de conscience professionnelle. Ces types ne surgissent pas et ne peuvent surgir d'eux-mêmes. Il sont été créés dans des périodes historiques antérieures, par référence à des valeurs alors consacrées et incontestables. »
Si je cite ces lignes de Cornelius Castoriadis c'est parce qu'elles me font pencher vers un scénario de sortie du capitalisme qui risque d'être malheureusement plus barbare que civilisé. Je crois, en effet, que ces mêmes types anthropologiques ont été laminés par le capitalisme. Or c'est justement eux qui permettraient d'en sortir de manière civilisée.

Portrait de Jérôme Gleizes

De Jérôme Gleizes

13H00 | 22/12/2007 | Permalien

André Gorz ne parle pas de sortie du marché mais de sortie du capitalisme. Ce qui totalement différent. Le marché peut exister avec capitalisme ou même sans. C'est un moyen d'allouer des ressources.
De plus, André Gorz a toujours été soucieux de lier son engagement politique à son respect de la démocratie. Il a écrit « Adieux au prolétariat » pour dénoncer le messianisme révolutionnaire ouvrier. Il y écrit « La crise du socialisme, c'est d'abord la crise du prolétariat. Avec l'ouvrier professionnel polyvalent, sujet possible de son travail productif, et, partant, sujet possible de transformation révolutionnaire des rapports sociaux, a disparu la classe capable de prendre à son compte le projet socialiste et de le
faire passer dans les choses. La dégénérescence de la théorie et de la pratique socialistes viennent fondamentalement de là. »
Amicalement,
Jérôme Gleizes

Portrait de jyeden

De jyeden

khmer vert ( age des caverne, bougi... | 14H35 | 22/12/2007 | Permalien

bravo aux internautes pour leurs contributions.

Le problème posé, si l'on tient pour vrai les affirmations d'André Gorz, est de savoir si nous sortirons du capitalisme sous la forme barbare ou civilisée.
Le seul « expérience » de décroissance que nous avons s'est passé au Cuba quand l'urss s'est effondrée et que Cuba s'est vu privé de pétrole. Si cuba aujourd'huy n'est pas « barbare » ce n'est pas non plus la démocratie tel que nous l'entendons
De plus je suis sur que les cubans revent de consommation.
comme tous les peuples du monde.
Les images de notre style de vie sont partout dans le monde et c'est ce que veulent les milliards de gens qui n'ont pas acces à la consommation occidentale.
Je ne pense pas que l'on puisse sortir de façon raisonnable du capitalisme, c'est à dire par une volonté commune des citoyens.
Mais l'alternativee « barbare » n'est peut être pas automatiquement à envisager.
Une succession de crise peuvent nous amener sans guerre civile ni dictature à une autre consommation. Plus modeste ou la nourriture pourrait compter pour une plus grande part dans le budget des menages
Il restera à canaliser le surplus d'energie humaine qui ne sera plus investi dans la production et la consommation
Construire des cathédrales par exemple : -))ou faire des concours de nain de jardin (la France ayant de l'avance dans ce domaine).

Portrait de Asse42

De Asse42

Posteur Royaliste | 18H47 | 22/12/2007 | Permalien

Il est flagrant de constater que nous avions eu durant la campagne présidentielle le choix entre un programme capitalistique outrancier et un programme basé sur la mesure, l'ordre juste, l'excellence environnementale, etc… Ce n'est malheureusement pas le second qui à gagner.
Ceci montre que le capitalisme est incrusté dans les couches du pouvoir. C'est lui qui décide de notre évolution puisqu'il détient toutes les armes et en particulier le nerf de la guerre : l'argent. Sans argent on ne fait rien, avec on peut manipuler les foules et les convaincre qu'en donnant aux plus riches les pauvres finiront par s'enrichir…
Cette année 2007 restera comme l'apparition d'une vision sociétale tourné vers l'humain et non vers l'argent. Cette vision clairement exprimée à travers le pacte présidentiel a su soulever une ferveur populaire car on y croyait. Enfin on avait devant nous une vision politique d'avenir claire, cohérente, réconciliatrice et adaptée au monde d'aujourd'hui. Autant dire que le pacte était exactement dans ce que nous dit Gorz : Une volonté de décroissance basée sur le respect de l'humain et de l'environnement.
Ce pacte, par la faute de tout le monde, n'a pas gagné. Il nous appartient de le faire gagner en 2012 pour donner enfin un désir d'avenir à la population.

Portrait de asozial

De asozial

aus Berlin | 18H52 | 22/12/2007 | Permalien

en réponse à quelques commentaires :

à claude : ce n'est pas pour rien que Gorz inscrit sa pensée dans l'écologie politique - qu'il fonde en partie - et non pas dans le socialisme sous quelque forme que ce soit… il faut aussi réaliser à quel point le le stalinisme - dans lequel il n'y a d'ailleurs pas trace de socialisme ou communisme - a surtout servi par repoussoir à installer le capitalisme là où il est - il n'y serait pas arrivé tout seul… il existe des alternatives, mais l'information et la culture sont dominées soit par l'état, soit par le capital, comment en auriez-vous pu entendre parler ?

à jonas : cette citation de Castoriadis est effrayante de justesse, voyons à quel point 12 ans de chiraquisme ont pavé la voie à Sarkozy - non pas la personne mais le phénomène qui fait que clientélisme, mensonge, manupulation, racisme, réaction peuvent prendre le contrôle d'une république dans laquelle il devient de plus en plus difficile de d'identifier.

à jyeden : laissons le nain à ses cathédrales, dans une société non-productiviste et non-consumériste, il y a beaucoup à faire pour les individus, des choses indispensables et gratifiantes. je ne me fais pas beaucoup d'illusion sur l'avenir et considère la barbarie post-crise du capitalisme comme inéluctable, sinon dans notre temps de vie, au moins pour celle de nos enfants. une des façons de prendre ses responsabilités pour moi consiste à préparer la survie de la démocratie en résistant à l'acculturation actuelle à tous le niveaux, techniques et scientifiques…

Portrait de brise marine

De brise marine

portier de nuit | 19H57 | 22/12/2007 | Permalien

De ce que j'ai compris de cet article,il s'agirait de remettre le capitalisme dans les clous d'origine pour corriger cette aberration spéculative,non ?
Cependant,avec un regard marxiste de l'économie,l'on ne peut l'éxonerer du lése-prolétariat au fait de son aliènation à l'outil de production.
Comme la réification de l'Histoire a du plomb dans l'aile,il semble difficile dans le même temps de lui reconnaitre certains bienfaits de l'embourgeoisement du peuple…et de n'en souligner que les aspets pervers.
Reste à le débaptiser ! ?

Portrait de manu - le vrai

De manu - le vrai

01H22 | 23/12/2007 | Permalien

Je ne saurai que vous conseiller de lire le texte d'André Gorz jusqu'au bout ainsi que les autres textes du dossier du dernier écoRev » (http://ecorev.org/spip.php ? article566).
En attendant de le recevoir la lecture de cet autre article d'André Gorz devrait vous intéresser :
Penser l'exode de la société du travail et de la marchandise (http://www.mouvements.info/spip.php ? article65).
Tout comme la lecture de cet entretien réalisé par écoRev » : L'écologie, une éthique de la libération (http://ecorev.org/spip.php ? article449).

Pour aller dans le sens d'asozial, les alternatives -comme signaux faibles d'une sortie civilisée du capitalisme à laquelle aspire André Gorz- existent d'ores et déjà.

« Je ne dis pas que ces transformations radicales se réaliseront. Je dis seulement que, pour la première fois, nous pouvons vouloir qu'elles se réalisent. Les moyens en existent ainsi que les gens qui s'y emploient méthodiquement. » André Gorz.

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