L'absence de statistiques officielles sur les décès de sans-abri complique l'évaluation des politiques d'insertion.

Mis sous pression par les associations d'aide aux démunis, Matignon vient de nommer le député des Yvelines Etienne Pinte pour mener une mission « sur l'hébergement et le logement des personnes sans abri ou mal logées ».
Ses conclusions seront scellées par la signature d'un contrat entre l'Etat et les associations le 15 janvier. Mais une nouvelle fois, une question de taille ne figure pas sur la feuille de route de l'élu UMP : la mortalité des sans-abri.
Il n'existe en effet aucune donnée statistique sur le nombre de sans-abris qui meurent dans la rue chaque année en France. Dans la nuit de mercredi à jeudi, un SDF est mort dans sa voiture en région parisienne. Les médias en ont parlé. C'est un peu le rituel : chaque fois que le thermomètre baisse, les journaux se font l'écho de ces morts anonymes, les égrenant une à une.
Mais, au total, combien de SDF meurent chaque année dans la rue ? Leur nombre est-il en baisse ou en augmentation ? Mystère. Or, sans chiffres, impossible d'évaluer l'efficacité des politiques de réinsertion.
Alors que la baisse du nombre des victimes d'accidents de la route est brandie comme preuve de l'efficacité des politiques de sécurité routière, le nombre d'accidentés de la vie, lui, n'intéresse personne. Comment expliquer ce silence ? Un collectif leur rend hommage deux fois par an
Deux fois par an, le collectif Les morts de la rue rend à Paris un dernier hommage à ces anonymes. Un faire-part est publié. La liste des défunts est lue lors d'une cérémonie. Le 13 novembre, des banderoles colorées décoraient ainsi l'église Saint-Merri, dans le IVe arrondissement. Certaines portaient un nom, un âge. D'autres, une simple mention : « Un homme, environ 35 ans. »
De mi-mars à mi-octobre, le collectif a dénombré 187 sans-abri morts dans toute la France, une liste constituée grâce aux informations recueillies sur le terrain par la cinquantaine d'associations membres, mais sans doute bien inférieure au bilan réel. « C'est suffisant pour donner l'alerte », indique Cécile Rocca, membre du collectif :
« On ne connaît qu'une toute petite partie des décès. On n'est pas mandaté par l'Etat, et donc on n'a pas le droit d'accéder aux dossiers. On ne rêverait que d'une chose, ce serait que l'Etat donne des chiffres. »
A l'institut médico-légal, on ne sait pas identifier un sans-abri
Qu'il s'agisse d'un sans-abri retrouvé sans vie ou d'une victime d'un accident sur la voie publique, tous les cadavres à la rue passent par l'institut médico-légal (IML). Et sur le sujet, le service communication de la préfecture de police formule une réponse bien étrange.
Une fois à la morgue, il serait en effet impossible de faire la différence entre une personne qui a vécu et est décédée dans la rue, et un touriste étranger mort par exemple d'une crise cardiaque, si ce dernier ne porte pas de papiers d'identité sur lui, et si aucun de ses proches ne fait de démarche pour le retrouver. Cécile Rocca va plus loin :
« Quand un SDF est retrouvé avec des papiers d'identité, l'institut médico-légal et les services de police considèrent que l'adresse qui y figure est la sienne, même s'il a quitté ce logement depuis des années, ou s'il s'agit de l'adresse d'un centre d'hébergement ou d'une association. Et donc, ce mort n'est pas considéré comme un SDF. »
A la mairie de Paris, on n'a pas les moyens financiers pour compter
Il existe bien une mission funéraire et un Observatoire statistique parisien du funéraire à la mairie de Paris. Mais Olivier Pagès, conseiller de Paris, et Philippe Delemarre, directeur de l'observatoire, sont tous les deux incapables de donner le moindre chiffre, et renvoient la balle à l'institut médico-légal et à la préfecture de police. Philippe Delemarre assure :
« L'institut médico-légal ne fait pas la distinction entre les SDF et les morts sur la voie publique qui restent non identifiés. En tout cas, s'ils la font, elle ne nous est pas communiquée. »
La mairie de Paris dispose pourtant de chiffres : elle prend en charge l'enterrement de quelques 500 à 600 corps chaque année, qui sont inhumés dans le « jardin de la fraternité » du cimetière de Thiais. Ces convois gratuits sont destinés aux « personnes dépourvues de ressources relationnelles et financières ». Ce chiffre rassemble donc toutes les personnes démunies et isolées, qu'elles aient un logemement ou non.
Tous les sans-abri ne sont d'ailleurs pas enterrés par la mairie de Paris au cimetière de Thiais : certains ont des proches ou des amis qui prennent en charge la cérémonie, d'autres sont enterrés dans le caveau familial.
« Il y a un double tabou : sur les sans-abri, et sur la mort »
Pourquoi la mairie de Paris ne se donne-t-elle pas les moyens d'avoir ces chiffres ? En deux ans d'existence, l'observatoire municipal n'a produit que des données brutes, classées en fonction du sexe et de l'âge. Olivier Pagès, l'élu qui a impulsé la création de l'observatoire, assure qu'il aimerait disposer de chiffres concernant les SDF, mais que pour l'instant les financements manquent. Il avance deux explications :
« Beaucoup de gens pensent qu'il vaut mieux s'occuper des SDF quand ils sont encore vivants. De plus, il y a un double tabou : un tabou politique portant sur les sans-abri, et un tabou en amont concernant la mort. »
Depuis 2001, l'Insee a (enfin) lancé un recensement de la population exclue. Mais rien n'a encore été fait concernant leur mortalité. Joint par téléphone, les agents de l'Insee ne sont pas plus loquaces que ceux des autres administrations : « Nous n'avons rien du tout sur le sujet. »
Conséquence : l'Inserm indique, à son tour, qu'en l'absence d'un « item » créé par l'Insee, impossible de dégager des statistiques…
Oeuvrant au quotidien auprès des personnes en difficulté dans la rue, les associations d'aide aux démunis connaissent bien les sans-abri, et sont rapidement au courant quand l'un d'entre eux décèdent. Pourtant, aucune ne sait combien décèdent chaque année dans les rues de France. Toutes donnent la même réponse : ce n'est pas à nous de le faire, mais à la préfecture de police. Xavier Emmanuelli, président fondateur du Samu Social de Paris, explique ainsi :
« Le Samu Social de Paris ne centralise pas le nombre de personnes décédées dans la rue et pour cause, ce genre d'initiative relève plutôt des services de police. (…) Le recensement est difficile et les causes de la mort extrêmement diverses. »
Un silence sur les chiffres qui arrange tout le monde
A qui profite ce silence ? C'est la question que se pose, inlassablement, depuis plusieurs années, l'anthropologue Daniel Terrolle.
Pour lui, la mortalité des sans-abri témoigne de l'effet des politiques sociales. En l'absence de chiffres et de statistiques, il est impossible d'évaluer l'efficacité des politiques de réinsertion. Une situation qui arrangerait tout le monde :
Le chercheur dénonce « une collusion complète entre l'Etat qui n'a pas envie de changer de politique sociale », et ce qu'il appelle « les tenants du marché de la pauvreté », c'est-à-dire les associations caritatives et humanitaires, dont les plus importantes ne font d'ailleurs pas partie du collectif Les morts de la rue. En clair, pour éviter de rendre des comptes, les associations s'abstiennent d'en tenir…
Daniel Terrolle rappelle une vérité crue :
« Quand on est dans la rue, il n'y a que deux sorties possibles : la mort ou la réinsertion. Et finalement, la principale réinsertion, c'est la mort. »
Avant de conclure :
« Les pouvoirs publics soutiennent Les morts de la rue, la mairie de Paris le subventionne, mais tout ceci est très ambigu : tout le monde souhaite éviter que le Collectif fasse la jonction entre “ils sont morts dans la rue” et “la réinsertion ne marche pas.”





















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De bertdo
Instituteur, mais marre de l'être. | 19H14 | 20/12/2007 |
De toute façon, que fait ce gouvernement en faveur des citoyens de ce pays ?
De re-belle
mère au foyer | 19H17 | 20/12/2007 |
POLITIQUE DE L'AUTRUCHE ! ! ! …comme d'habitude et on nous fait reprendre le refrain de« tout va très bien madame la marquise » ! ! ! …
De re-belle
mère au foyer | 19H20 | 20/12/2007 |
mais OUUUIII ! ! ! …le gouvernement fait tout pour les S.D.F ! ! ! …Euh, plutot, je voulais parler des Sans Difficultés Financières ! ! ! …
De Mal Lu
19H23 | 20/12/2007 |
Tous, autant que nous sommes, bien au chaud dans nos pénates, acceptons nous dans notre quartier, que soit décidé la construction de maison d'acceuil pour SDF, sans monter une assoc « contre pour des raisons meilleures les unes que les autres » pour en retarder au moins, arrèter c'est mieux, le permis de construire ?
La réponse est honnètement un NON généreux.
Loger ces gens là, à Paris comme en Province, ce n'est possible que …dans la commune d'à côté, et ceci depuis des années. C'est comme ces Artistes qui vont les « visiter », les voyez vous les inviter à passer une douche, un souper et une bonne nuit « bien au chaud » dans leur T3 ?
Parler et écrire ne coute rien, mais tendre la main est plus compliquer si on réfléchi avant de s'engager.
Hors des associations et de leurs bénévoles qui sont formidables -et qui font le travail que la solidarité nationnale devrait assumer par les services de l'état- si des particuliers prenait une part du fardau ça se saurait.
à Mal Lu
De Antonin Sabot
Journaliste | 19H59 | 20/12/2007 |
NYMBY… Not in my back-yard
De re-belle
mère au foyer | 19H32 | 20/12/2007 |
il fut un temps où à table on mettait toujours un couvert de plus …mais la vision des pauvres est aujourd'hui différente ! ! ! …
De Antonin Sabot
Journaliste | 19H57 | 20/12/2007 |
…De la même que l'Allemagne de l'Est ne comptait pas ses suicidés, nous ne comptons pas nos morts de froid et de solitude.
Certains indicateurs seraient-ils trop représentatifs de l'état d'une société pour être rendus public ?
à Antonin Sabot
De cooper59
pour la decroissance ! | 20H44 | 20/12/2007 |
combien de suicidés dans l'ex RDA d'aujourdhui ? je dis ça sans defendre le socialisme a deux balles de Honecker !
De netchou
assis devant le clavier,m'sieur le ... | 20H47 | 20/12/2007 |
Il y a des gens qui ne soupçonnent même pas ce que vous et moi écrivons sur ce forum,ni même de quel sujet il s'agit.La misère dans la rue est pourtant si voyante,et pourtant…les êtres humains qui s'y trouvent font partie du décor au même titre que les lampadaires ou autres panneaux publicitaires.Je connais des gens qui ,quand ils aperçoivent ces malheureux se cloitrent dans leur véhicule ou accélèrent le pas.Comme si le malheur était contagieux.Et à une époque comme la notre on peut se poser la question ; à qui le tour ? L'égoïsme premier vecteur de la misère…
De daniele
20H55 | 20/12/2007 |
la mort des sdf l'hiver est toujours plus médiatisée vu les températures,les esprits sont« plus receptifs“car nous aussi en sortant de nos logis nous la percevons.pourtant l'été ils en meurt autant si ce n'est plus car beaucoup de centres sont fermés comme ils ne s'hydratent pas en cas de forte chaleur la fragilité de leur santé les rends plus vulnerables.avant de denombrer les morts faisons d'abord pour les vivants,je pense qu'ils apprecieraient
De elyan
éleveur bovins | 21H07 | 20/12/2007 |
Pour quoi, Rue 89 n'interrogerez pas lui-même les sans abris est les SDF pour savoir se qui se passe vraiment dans ce milieu, puisque les associations soit disant a but non lucratif ne sont pas capables de le faire ! Et pour préciser il » ny'a pas qu'a Paris qu'il des sans abris et des Sdf.
à elyan
De ericj
22H00 | 20/12/2007 |
Interroger un « SDF » c'est avoir une réponse… en interroger 30 c'est avoir 30 réponses !
Ce « monde » est très complexe… Les associations font ce qu'elles peuvent avec ce qu'elles ont…
Personnellement je suis prêt à accueillir des journalistes mais sans appareils photos ni caméras et pour du « travail » à long terme.
à elyan
De françoise.V
p'tite lyonnaise | 08H10 | 21/12/2007 |
Si un illustre inconnu armé d'un magnéto et d'une camera voulait vous interroger, comme vous dites, sur votre situation, sur votre milieu, vous répondriez sans problème ? Et un temps bref suffirait ?
En plus les SDF ne sont pas dupes, ils savent que le froid amène les journalistes…
Les salariés et bénévoles des assocs tentent de parer au plus urgent, et l'urgence n'en finit jamais, meme en plein été…
De PierreAdrien06
22H35 | 20/12/2007 |
Les SDF ce n'est ni la gauche ni la droite…
N'en déplaise à certains ?
C'est aussi simple… la volonté ! ! !
Que tous ici en prenions un chez nous ?
Alors ça dégonfle….
Voilà Mrs c'est aussi simple…
Stop à toutes ces phrases de critiques qui ne font rien avancer…
Bonne soirée Mrs dormez bien au chaud ! ! !
à PierreAdrien06
De ericj
23H06 | 20/12/2007 |
Ça, c'est vraiment l'argument-bateau :
« Prenez un SDF chez vous ! »
Les SDF sont comme vous : ils ont envie d'être chez eux pas chez vous ! !
De PierreAdrien06
23H13 | 20/12/2007 |
Les beaux parleurs j'ai donné…
Chez eux OK payez leur un logement.
Toi tu dois être curé ou quelque chose comme ça ?
Amen bonne nuit dort bien au chaud ami
à PierreAdrien06
De ericj
23H23 | 20/12/2007 |
Au lieu de donner aux beaux-parleurs vous auriez mieux fait de donner aux SDF… ami ! : )
Et non, je ne suis pas curé ni assimilé.
Et je vais effectivement dormir au chaud.
De PierreAdrien06
23H19 | 20/12/2007 |
Eric peux tu me dire pourquoi il y a tant de censure sur ce forum ?
Sans insultes, si tu n'as pas ou plus les idées de libé, le modérateur t'interdit de parler… Comme à Cuba ! ! !
à PierreAdrien06
De ericj
23H24 | 20/12/2007 |
Quelle censure ?
On t'as sucré quoi ?
à PierreAdrien06
De Yann Guégan
Rue89 | 23H56 | 20/12/2007 |
Aucun commentaire n'a été retiré de ce fil de discussion. Certains se sont refermés, parce que mal notés.
Merci de vous renseigner avant de crier à la censure.
De Jachri
Bénévole association | 23H51 | 20/12/2007 |
Votre article est excellent. Les SDF (vous vous rendez compte, ils n'ont droit qu'à des initiales pour parler d'eux ! ! ! ) sont ignorés, vivants ou morts, par les institutions qui ne savent que faire… Mais je trouve l'argument de votre anthropologue terrible quand il dit qu'ils seraient le fonds de commerce des associations caritatives ! Il faudrait qu'il vienne nous voir travailler, nous voir nous démener pour leur trouver un logement et les aider à s'y maintenir quand ils ne respirent pas dedans… nous voir les accompagner pendant des mois pour les formalités administratives, la nourriture, le linge, l'écoute… nous voir nous démener pour leur trouver un emploi… Et ils sont souvent alcooliques, déstructurés, cassés, paranos. Et nous sommes là à leur tenir la main, leur redonner confiance en eux-mêmes, en la vie. On en a « arrêté » beaucoup, c'est-à-dire sortis de la rue. C'est à chaque fois une immense joie quand on y arrive et un long travail de préparation pour les convaincre, quand on sent que ça peut être le moment, parce qu'ils n'en peuvent plus de cette vie. Les associations ne communiquent peut être pas là-desus mais elles le font tous les jours, oui tous les jours ! ! ! Et il en arrive toujours de nouveaux et c'est souvent difficile à vivre, ce tonneau des danaïdes, croyez-moi ! Et on se débat avec ce problème, avec des bouts de ficelle et notre engagement.
Alors, SVP, dites à ce monsieur bien au chaud dans son bureau que son commentaire est à faire pleurer pour les « petites mains » comme moi qui font ce qu'elles peuvent sur le terrain et sont dans une grande solitude.
Et merci à vous de parler de ces hommes et de ces femmes qui ont tellement besoin que tout le monde s'y mette.
à Jachri
De sinclair
08H47 | 21/12/2007 |
C'est vrai et nul ne le conteste, le travail des bénévoles dans les associations est remarquable. Aucun l'ombre d'un doute.
Sauf que l'on s'aperçoit qu'a force d'être décomplexée ce gouvernement profite de votre travail et des dons des français pour justifier et fonder sa politique et son action.
Qu'une association essaie d'interpeler ce gouvernement et on envoie les forces de l'ordre voir, ce qui est arrive a Don Quichotte. Voir la façon dont ce même gouvernement les écarte après les avoir encensé mais ils ont refuse de participer a la mascarade. M Legrand chapeau bas pourtant la soupe était chaude.
Et c'est là le problème participez gratuitement donnez du temps et de l'argent mais taisez vous. Si vous protestez trop fort dans les médias (chasse gardée)vous serez accuse de tous les maux.
à Jachri
De ouvel
09H34 | 21/12/2007 |
Bien :
Le centre du problème c'est :
Combien de sans logis cette nuit ?
Je propose, un prélèvement forfaitaire de 10 à 20% des revenus de nos députés et hauts fonctionnaires (dont les ministres) pour gérer la crise de ce soir jusqu'à fin février :
On remboursera en 20 ans (et sans intérêts, sinon il y aurait collusion )à partir du moment où un plan durable de gestion des Sans logis fonctionnera correctement.
En attendant ct argent prélevé servira à louer dans le privé au prix du marché…
chaque Mois …
à ouvel
De Pierrrrre
16H49 | 22/12/2007 |
Faut arréter de réver… même à prélever la totalité de la paye de nos gouvernants et élus, cela ne servirait pas à régler 1% des problèmes du logement en France.
Quitte à vous choquer, je considère que nos gouvernants ne sont pas payés à hauteur de leurs responsabillités. ( ils compensent donc en nature )
Pour ce qui est des élus, ils sont tout simplement trop nombreux (même si à en réduire le nombre, cela n'apporterait pas grand argent à l'Etat)
De Mal Lu
00H07 | 21/12/2007 |
Jackri, j'ai et je redit mon admiration pour les personnes dévouées et désintéressées que vous etes dans ces assoc qui font le travail que l'Etat devrait…mais.
Que pensez vous de mon affirmation, vous qui etes sur le terrain, que NOUS sommes tous pret à faire un logement pour ces malheureux déstructurés, mais jamais dans notre commune. Comme à Neuilly et ses 2°/° de logements sociaux mais aussi en province.
à Mal Lu
De Jachri
Bénévole association | 13H45 | 21/12/2007 |
à Mal lu, je n'ai pas envie de polémiquer sur les communes qui ne font pas les logements sociaux ou sur les artistes qui essaient de faire qq chose avec leur notoriété. La seule chose que je veux faire comprendre, c'est que pour aider un seul sans abri à se réinsérer, c'est un gros travail, de longue haleine, de patience, de solidité pour accueillir son histoire lourde, bouleversante, de ténacité parce qu'il faut des heures à parler avec lui, des heures au téléphone ou à arpenter les rues pour accomplir avec lui les formalités (RMI, CMU, APL), convaincre un propriétaire d'un studio, trouver, le cas échéant, une place dans un centre de désintoxication alcoolique etc etc sans parler du long parcours pour une réinsertion professionnelle
C'est un bonheur de voir son oeil s'allumer, sa silhouette se redresser quand on lui dit qu'on lui fait confiance et qu'on va l'aider mais c'est un long parcours à deux. Et puis, ensuite, il faut savoir lui lâcher la main.
C'est encore un autre bonheur que de le rencontrer dans ma petite ville du Tarn, citoyen comme un autre.
Mais c'est une goutte d'eau dans un océan. C'est pourquoi je dis que tout le monde doit s'y mettre, non pas en accueillant un sans abri chez soi (sauf peut être pour le repas de Noël, tiens, par exemple ! ), c'est la solution en forme d'Arche de Zoé hélas, mais en se penchant sur lui, dans la rue, en lui parlant, en l'écoutant et pourquoi pas ? en l'aidant à faire la démarche, soit en association soit individuellement. La honte étreint en le voyant dans sa situation terrible et empêche souvent de le regarder, de lui parler. Si tout le monde essayait de vaincre cette peur, cette honte ? ça ferait avancer beaucoup plus que les polémiques X ou Y. Cela ferait d'autres et d'autres petites gouttes d'eau, chacun à sa mesure, avec ses moyens, mais AGISSANT.
Tout ça ne peut pas se retrouver dans les statistiques chères à notre anthropologue (qui porte mal son nom), c'est de la création de lien HUMAIN… Allez donc le mettre en statistiques, ça ! ! ! Comment ?
De Jean Bavederage
proche collaborateur du Démocrade C... | 00H55 | 21/12/2007 |
Au cours du visionnage d'un film sur les prisons ( décidément ), un excellent film d'ailleurs (le mur(s)), j'ai ouï dire qu'en 1820 le fait que la prison ne soit pas un centre de réhabilitation « citoyenne » était déjà prouvé. Mais elle existe toujours…Pourquoi ?
Nous vivons dans l'un des pays les plus puissants et les plus riches of le monde. Des millions de personnes y survivent dans la pauvreté. Pourquoi ?
Certaine en meurt. Pourquoi ?
Que chacune et chacun sachent qu'il existe toujours pire que sa situation…triste et pragmatique morale…
Merdre c'n'est pas très citoyen comme truc…
De nada
05H39 | 21/12/2007 |
Silence on tue…
Il faut se méfier des chiffres et des statistiques en général. Un chiffre ne tient pas compte de l'âge, de la santé, de la longueur du temps passé dans la rue, du moral, une personne n'est pas un chiffre, elle a un nom, un prénom et une histoire. Compter les gens qui meurrent dans la rue ne leur est plus d'un grand secour, il s'agirait de faire les choses autrement et comptabiliser les aides urgentes en matière de logement et de réinsertion nécessaires pour que les choses changent, c'est possible !
Malheureusement, le gouvernement ne bougera pas car s'il débloque les fonds pour les sdf, ceux qui sont juste au-dessus dans la galère voudront leur part lègitime du gâteau, etc… et ça, c'est pas l'esprit du capitalisme ! C'est le contraire : prendre aux pauvres et donner aux riches !
De www.laguerredesmots.com-yannick
pays de gex | 08H20 | 21/12/2007 |
Ce sont des citoyens français, et y a pas d'histoire de papier là dedans.
Voilà ce que la France fait pour eux, voilà ce qui nous attend. Essayez de pas vous retrouver dans la mouise parce que c'est comme ça qu'on vous traitera.
Ne pas faire à autrui ce que l'on ne veut pas qu'on nous fasse, ne veut pas dire laisser les autres dans la merde si c'est pas nous qui les y avons mis.
De gelu42
09H03 | 21/12/2007 |
Depuis le 6 mai c'est la parade permanente de Mickey à l'Elysée et les premiers froids venus c'est l'affligeante réalité qui revient sur le devant de la scène. On aimerait plus de modestie et davantage d'efficacité et non l'inverse… Monsieur le président du pouvoir d'achat