Attention, les journalistes rôdent sur les réseaux sociaux

Sur le site Copains d’avant, j’ai récemment reçu un message d’une journaliste. Elle cherchait des informations sur l’enfance d’un camarade de collège, écroué lors d'une enquête sur un fait divers. Dans cet e-mail, elle me révélait l'identité de cette personne, qui n'avait alors pas été rendue publique.

Puis elle me demandait de parler de lui, "pour en faire un portrait le plus fidèle possible, loin des accusations rapides et parfois mensongères qui ont été faites à son encontre".

Sur Facebook, la fille de Rudy Giuliani soutient Barack Obama

Aux Etats-Unis, l’exploitation des réseaux sociaux par les médias dans leurs enquêtes a déjà fait l’objet de controverses. Après le massacre de Virginia Tech, des reporters allaient sur les pages Facebook ou MySpace des étudiants tués pour pouvoir les décrire dans leurs papiers, voire contacter leurs amis et les faire parler des défunts.

Quelques jours plus tard, au foyer du campus, un panneau invitait les journalistes à rentrer chez eux.

C’est aussi grâce à une promenade sur Facebook que le site d’information Slate a pu révéler que Caroline Giuliani, 17 ans, la fille de Rudy, candidat en tête des sondages pour l'investiture républicaine aux prochaines élections présidentielles, appartenait à un groupe Facebook de soutien à Barack Obama, prétendant démocrate.

"Nous encourageons les journalistes à demander la permission des utilisateurs"

Ces démarches, de plus en plus fréquentes, posent des questions: les sites de réseau sociaux (Copains d’avant, Facebook, Friendster…) sont-ils des espaces privés ou publics? Les conditions d’utilisation de Facebook spécifient que le site "est exclusivement réservé à une utilisation personnelle et non commerciale".

Est-ce le cas d’un journaliste qui se promènerait avec une épuisette sur le site? Brandee Barker, responsable de la communication de Facebook, répond:

"Pour protéger la vie privée des utilisateurs, nous encourageons fortement tous les journalistes à demander la permission des utilisateurs avant d’utiliser des informations tirées de profils de Facebook."

"Des dérapages peuvent toujours arriver, cependant nous essayons de les contrôler autant que possible”, nous a répondu Julien Barras, directeur associé à Benchmark, l'entreprise qui gère Copains d’avant. Contactée, la Commission nationale informatique et liberté (Cnil), dit simplement qu'il faut “rappeler aux personnes sur ces sites que l’ensemble de ces informations sont accessibles à tous” et que “à partir du moment où vous êtes sur Facebook, vous acceptez leurs conditions d’utilisation”.


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Par Pictulo
19H35    20/12/2007

Faire un micro-trottoir avec les voisins des personnes en cause, leur boulanger, leur collègues de travail, est-ce très différent d'aller se servir sur Facebook ?
Autre chose: lorsqu'on utilise les données de votre e-profil, vous conservez une main-mise de ce qui est publié, vous l'avez validé. Ce n'est pas toujours le cas si vous interrogez un voisin de palier, surtout si la veille vous avez fait brailler votre sono sous ses fenêtres (par exemple).

 
Par ble
20H55    20/12/2007

Facebook a développé des fonctions très intéressantes pour pouvoir protéger sa vie privée de la vue des autres utilisateurs (après, les données restent stockées et gérées par cette entreprise non soumises aux lois européennes sur les fichiers nominatifs).

Pour cela, un petit clic en haut à gauche, sur le lien "privacy". Il est alors possible de limiter la visibilité soit de son profil, soit de certaines informations (et ce de façon assez fine) à un (ou des) réseau(x) en particulier, à ses amis (donc les personnes que l'on choisi volontairement, normalement de confiances) ou à personne.

Peut de gens la connaissent, cette page. Et pourtant, ça me paraît être la moindre des choses que de limiter les photo, les informations personnelles et autres choses à ses amis; ou au réseau de son école. C'est à dire, aux gens à qui l'on dévoilerait ces documents ou informations dans la vie de tous les jours.

 
Par article33
21H03    20/12/2007

En France, et il y a quelques semaines, un journaliste de France 2, a utilisé le mur Facebook du Celsa, espérant recueillir ainsi les témoignages des camarades d'Anne Lorraine S., poignardée dans le RER D (http://hemicycle.hautetfort.com/archive/2007/11/27/tres-distingue.html)

Laissant son numéro de téléphone portable apparaître en public, sans même avoir l'intelligence de contacter directement les "amis" de la victime en mode privé.

Pas futé.

 
Par karghyl
10H47    21/12/2007

Je ne saisis pas très bien les raisons de s'offusquer de ce fonctionnement.
Facebook, Copains d'avant, Spock, Viadeo, Linkedin et consorts ne sont que des moyens de collecter de l'information sur les membres. Le but non dissimulé est de pouvoir vendre ces informations, et afficher des publicités personnalisées.
Quand on expose sa vie sur internet, il faut accepter qu'elle soit exploitée, utilisée et pas toujours à bon escient.
Sinon, on ne déballe pas sa vie, on met des sécurités, et on utilise un pseudo...