La sulfureuse amante du banquier Edouard Stern tué à Genève

(De Genève) Le procès de Cécile Brossard l’an prochain risque de donner lieu à un grand déballage sur les moeurs de certaines personnalités parisiennes. Daniel Zappelli, le procureur général de Genève, n’a pas été très galant vis-à-vis de la Française, soupçonnée d’avoir tué son amant, le banquier Edouard Stern, à l’époque 38e fortune de l’Hexagone, incarcérée depuis mars 2005. Mardi matin, en audience publique devant la chambre d’accusation, il a déclaré:

« Elle n’est manifestement pas une oie blanche, même si elle s’est présentée devant vous dans cette couleur. »

Pour sa première apparition publique (les précédentes audiences s’étaient déroulées à huis clos), la jeune femme, âgée de 38 ans, un peu engoncée dans une doudoune blanche, les cheveux blonds mi-longs lâchés, a joué profil bas. Elle n’a pas ouvert la bouche, ni manifesté le moindre agacement pendant plus de deux heures.

Pourtant, les avocats des proches de la victime, et notamment l’ancien bâtonnier de Genève Marc Bonnant, ne l’ont guère ménagée, étalant en long et en large une vie sexuelle plus que débridée. Il a ainsi révélé que Cécile Brossard avait proposé à l’un de ses anciens amants, un journaliste parisien, de faire l’amour avec un hermaphrodite, lui assurant que « ce serait le pied »…

Le banquier a été retrouvé dans une combinaison de latex

Le philosophe Pascal Bruckner n’a pas attendu l’audience de mardi pour reconnaître dans la presse suisse qu’il avait été l’amant de Cécile Brossard, il y a une dizaine d’années. Il déclare:

« C’était une curiosité pour moi. Le monde de Cécile Brossard était un monde interlope que j’avais un peu fréquenté quand j’étais étudiant. »

L’auteur du « Nouveau désordre amoureux » s’étonne toutefois que son nom apparaisse dans ce dossier: il n’a jamais rencontré Edouard Stern. Mais il se déclare prêt à répondre aux questions du juge Michel-Alexandre Graber.

Quel rapport entre le meurtre de ce banquier flamboyant, âgé de 50 ans, tué de quatre balles le 28 février 2005 à Genève par sa maîtresse, et les partouzes de la jet-set? Les circonstances de ce drame. Edouard Stern est retrouvé dans son appartement encagoulé, attaché par un harnais et le corps moulé dans une combinaison de latex.

Le couple vivait depuis quatre ans une passion « tourmentée », « excessive » et « sadomasochiste ». Pour les avocats de Cécile Brossard, l’ancien bâtonnier Alec Reymond et Pascal Maurer, il s’agit d’un crime passionnel. La jeune femme se serait sentie souillée par cette relation dégradante. Désespérée, elle aurait tué l’homme qu’elle aimait mais qui la faisait trop souffrir.

Alec Reymond cite un message laissé par le banquier à sa maîtresse peu avant sa mort:

« Tu ne crois pas que je vais passer mon existence avec une merde comme toi. Je vomis sur toi. Je t’emmerde. »

« Une call-girl perfide, avec son cul pour arme fatale »

Pour les défenseurs de Cécile Brossard, c’est l’histoire d’une terrible descente aux enfers. Le banquier, immensément riche (ancien patron de la banque Stern, il avait épousé l’une des filles de Michel David-Weill, patron de la banque Lazard) avait donné à sa maîtresse un million de dollars, puis les avait fait bloquer à la banque. Le soir du crime, Edouard Stern aurait jeté à la figure de sa maîtresse qu’une telle somme, « c’était trop pour une pute ».

Ce scénario ne convient guère aux conseils de la famille Stern. Pendant plus d’une heure mardi matin, ils ont tenté de démontrer que dans le couple, c’était elle la dominatrice, « initiatrice de la sexualité déviante ». Selon Me Catherine Chirazi, le banquier était, en revanche, follement amoureux de Cécile, et lui aurait laissé plus de 700 messages sur ses répondeurs…

Quant à Me Marc Bonnant, il s’est livré à une description fort détaillée de la vie de cette « call-girl perfide », qui aurait « pour arme fatale son cul ». Dans une petite salle bourrée de journalistes, l’ancien bâtonnier communiquera même les tarifs pratiqués par la jeune femme.

La partie civile demande donc que l’on entende certaines personnes du tout-Paris qui ont partagé des orgies crapuleuses avec Cécile Brossard, afin de démontrer que dans le couple, le plus sado-masochiste, c’était bien elle!

Les avocats de la famille veulent étaler le passé tumultueux de Cécile Brossard

On peut imaginer la réaction de cette femme du monde, citée pendant l’audience, si demain des photos la montrant « sur une chaise gynécologique », sont exhibées au procès, ou circulent sur Internet. Car le matériel pornographique déborde de ce dossier sulfureux. Et les deux parties ont sorti les couteaux.

En clair: les avocats de la famille Stern souhaitent étaler tout le passé tumultueux de Cécile Brossard, qui se faisait parfois appeler Alice ou Sophie, lorsqu’elle monnayait ses charmes. Et comme la jeune femme collectionnait les images compromettantes et les enregistrements libidineux, on devine que tous les amateurs de partis fines entre Paris et Genève risquent de passer des nuits blanches.

Dans leur recours, les défenseurs de la jeune femme demandent à ce que tout ce qui ne touche pas directement le drame ne figure pas dans le dossier. L’expertise psychiatrique de Cécile Brossard est attendue pour le début de l’année prochaine.

L’ancienne maîtresse d’Edouard Stern, qui vivait entre l’Oise et le lac Léman, se disait artiste, et notamment peintre. Depuis son incarcération, elle a effectué de nombreux va-et-vient entre la prison et la clinique psychiatrique.

Les magistrats ne l’ont pas rappelé devant la chambre d’accusation, mais les pratiques sexuelles les plus « déviantes » entre adultes ne sont pas punissables devant la loi. L’année prochaine, c’est un crime qui sera jugé, non les moeurs de Cécile, Edouard, et de leurs multiples partenaires.


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Par Azrael
19H20    19/12/2007

Et penser quîl y a peu de temps encore les oeuvres du Divin Marquis étaient interdites de publication. il suffit maintenant de lire la chronique judiciaire, mmmhhh!

 
Par ada
19H58    19/12/2007

La dernière phrase se fait longtemps attendre, comme pour faire pardonner la complaisance du reste de l’article… Dommage, c’est par là qu’il aurait fallu commencer!

 
10H01    20/12/2007

On ne saura JAMAIS la vérité !

Trop de « coups fumeux » Tournent autour de Stern (Rhodia,Clearstream..) deux ou j’ai vu des bribes d’informations ou de désinformation ? Tuer, même pour 1 millions de dollar, ne me parait pas crédible pour une personne saine d’esprit, sauf si la démence entre en jeu (maladie).

Personnellement, ce crime est globalement a rapprocher avec des « affaires » comme Boulin, Beregovoy , de Grosouvre, qui n’avaient pas cette deviance Sternienne et qui ont du disparaitre pour « couper » un lien informatif.

Brossard, n’est que le petit pion d’un échiquier, reste a trouver le fou du roi .

Pour leur propre santé (assistance a personne en danger), il faudrait une loi permettant de confisquer l’argent que les puissant ont de trop, ça fini toujours par les tuer !

Souhaitons de ne pas retrouver Brossard pendue a un clou planté par terre ?

 
Par Mirzar
10H20    20/12/2007

La lecture des reflets d’audience m’interpelle toujours sur la valeur des témoignages :

Rue89 : Elle n’a pas ouvert la bouche, ni manifesté le moindre agacement pendant plus de deux heures.

Tribune de Genève : Au moment où ses avocats ont évoqué une dispute entre elle et son amant. «On ne quitte pas Edouard Stern !» lui aurait asséné ce dernier avant de planter un couteau à côté d’elle… Le souvenir l’a visiblement bouleversée.

Le Matin : Elle s’est souvent essuyé les yeux, mais n’a vraiment craqué qu’une seule fois. Lorsque l’un de ses avocats, Me Pascal Maurer, a évoqué une conversation téléphonique dans laquelle il était question de «Doudou». «Doudou», l’un des petits noms du banquier Stern.

Les auteurs de ces articles étaient-ils à la même audience ?