
(De Kaboul) Les carcasses de vieux avions militaires ont disparu de l'aéroport. Tout comme ont disparu les hommes en tenues déparaillées de camouflage qui vérifiaient votre passeport entre deux bouffées de cigarette. Désormais, les officiers de l'immigration sont dans des cabines vitrées, et prennent votre photo avec les caméras reliées à leur ordinateur.
C'était une belle matinée fraiche et claire, et j'étais de retour en Afghanistan après trois ans et demi d'absence. Mes amis afghans et moi avions pris le rythme d'échanger des e-mails deux fois par an, et bien que certaines de ces correspondances aient été inquiétantes, je continuais de penser que l'Afghanistan était resté comme je l'avais quitté : un pays meurtri, traversé par des difficultés politiques et économiques, mais avec suffisamment d'oxygène dans son atmosphère pour permettre de rester optimiste. J'ai très vite réalisé que je me trompais, et j'ai passé ma semaine en Afghanistan à comprendre ce qui a changé.
Les Afghans ont trop longtemps vécu au coeur de la guerre pour se faire trop d'illusions sur la stabilité de la paix. Entre 2002 et 2004, alors que je vivais en Afghanistan comme journaliste, j'ai été le témoin d'un espoir obstiné de paix. C'était, me semblait-il, le ciment qui reliait les Afghans ensemble.
Gelés mais heureux d'être de retour
Les réfugiés revenaient du Pakistan et d'Iran avant même que leur pays ne soit prêt, reconstruisant leurs maisons au milieu des décombres des bombardements, gelés mais heureux d'être de retour sur leur terre. Les divisions ethniques restaient fortes, mais des efforts étaient accomplis pour les surmonter, tant au sein du nouveau gouvernement que dans la rue. Les progrès étaient inégaux, parfois on avait le sentiment de reculer, mais, au moins, les Afghans réservaient leur jugement. Ils en avaient assez de se battre, assez d'être soumis à des pouvoirs tyranniques. Il était difficile, à cette époque, de rencontrer qui que ce soit qui ait conservé de bons souvenirs du passage des talibans, sauf ceux qu'ils payaient.
Pendant ces années où j'étais loin, la production d'opium a augmenté, tout comme les attentats suicide et la violence liée à la guerre. Mais rien de tout cela ne me préparait à la manière dont les Afghans parlent désormais de leur gouvernement et de leur avenir. Parmi les gens que j'ai retrouvés, l'optimisme que je leur connaissais a largement disparu.
« Les gens étaient pleins d'espoir », souligne Daud Nazari, le chirurgien qui a fait office de traducteur pendant mon voyage. « Mais maintenant, ils ont perdu tout espoir ».
54% des Afghans y croient encore, selon un sondage
L'espoir est difficile à quantifier, mais j'ai tendance à le croire. Un sondage commandité par la BBC, ARD et ABC News, rendu public le 3 décembre, montre qu'une petite majorité -54%- d'Afghans pense que leur pays va dans la bonne direction, mais il révèle aussi que ce chiffre va en diminuant depuis 2004. Le même sondage montre que le soutien aux efforts des Etats-Unis va aussi en diminuant, alors qu'un pourcentage significatif d'Afghans pense que les talibans se sont renforcés.
Le jour de mon arrivée, mon ami Farouk Samim est passé à mon hôtel. Médecin de formation, Farouk avait été mon traducteur lors de mon séjour précédent à Kaboul. Il est devenu journaliste depuis, circulant d'un bout à l'autre du pays. En 2003, nous avions voyagé pendant deux jours jusqu'à la frontière pakistanaise, et avions fait des incursions dans le Wardak, ce qui était simple à organiser à partir de Kaboul. Nous nous y étions pris en photo au milieu des champs de pavot. Aujourd'hui, me dit-il, de tels voyages comportent d'immenses risques. Il m'a parlé de soldats afghans mal payés qui se battent contre des insurgés aux importants moyens financiers, ou de Musa Qala, dans la province du Helmand, où les talibans disposent d'une prison et d'une radio (il y a quelques jours, les forces de l'Otan ont lancé une offensive pour reprendre cette ville).
« Si les forces internationales partent, estime Farouk, les Afghans s'en prendront les uns aux autres, et les talibans seront au pouvoir en deux jours. »
Quand je lui demandais comment on en était arrivé là, Farouk m'a répondu par une parabole à propos de deux fonctionnaires, chacun payé environ 3000 Afghanis par mois (environ 40 euros). L'un est honnête, l'autre accepte les pots de vin. Au bout d'un moment, le fonctionnaire honnête devient de plus en plus frustré par l'attitude de son collègue.
« Le type qui agit bien se dit “il n'y a pas d'encouragement pour moi, et pas de punition pour lui'. Alors il devient corrompu à son tour et accepte les pots de vin.”
“Si nous ne cultivons pas le pavot, nous sommes foutus”
Le lendemain, je me suis rendu au ministère de la Lutte contre la drogue, où, tout en me servant du thé vert, un officiel m'a expliqué que si le nombre de provinces sans drogue a augmenté cette année, la production augmentait dans le Sud. La communauté internationale a dépensé des dizaines de millions de dollars dans les efforts antidrogues en Afghanistan, mais ce n'était pas suffisant.
“De combien avez-vous besoin ? ‘, ai-je demandé.
C'est énorme’, m'a-t-il répondu. ‘Il nous en faut plus, et plus, et plus’.
Sur son bureau, trainaient quelques affiches antipavot comme celles qu'on peut voir dans les boutiques de thé du pays. Au milieu des papiers, il sortit une figurine à accrocher au rétroviseur des voitures. Un artiste avait dessiné une forme de fleur de pavot avec une tête de monstre, s'en prenant à de petits personnages : un agriculteur, un drogué, une femme, un enfant. Avec un slogan : ‘Si vous ne mettez pas fin au pavot, c'est le pavot qui nous aura.’ C'est une citation du président Karzai, m'expliqua l'officiel.
A y regarder de plus près, nous avons découvert qu'un mot avait été barré et remplacé dans la marge, changeant le sens de la phrase : ‘Si nous ne cultivons pas plus de pavot, c'est nous qui serons foutus’…
J'avais rendez-vous avec le général Carlos Branco, porte parole de l'Otan, dont la Force internationale dispose de 40000 hommes dans le pays. Il m'a affirmé que les talibans étaient faibles, y compris dans le Sud, et que les soldats de la force internationale leur infligeaient des défaites régulières au combat. Il m'a donné la liste de localités ou de régions passées sous contrôle taliban pour quelques heures ou quelques jours au cours des dernières semaines. Aucune n'est encore sous leur contrôle aujourd'hui, dit-il.
Je pris note, mais ne lui dis pas que lorsque j'étais là, trois ans plus tôt, il aurait été impensable que les talibans prennent le contrôle de plusieurs localités de cette manière.
Un jour, avant l'aube, nous sommes partis à bord de la voiture de Daud, en direction du Nord, vers Baghlan qui, le 6 novembre, fut le théâtre du plus sanglant attentat suicide dans l'histoire de l'Afghanistan. L'attentat causa la mort de six membres du parlement, mais aussi de 60 écoliers qui avaient été rassemblés dans une usine pour les accueillir. Les talibans ont rejeté toute responsabilité, mais la plupart des habitants pensent que c'est eux qui l'ont commis. D'autres l'attribuent aux membres du Hezb-i-islami de Gulbuddin Hekmayar, un chef de guerre exilé qui dispose de partisans dans cette région.
La guerre se rapproche de Kaboul
La route menant à l'usine serpentait entre des champs de coton et des collines. Qu'une telle attaque ait pu se produire dans le Nord, où les talibans étaient les plus faibles, ne manquait pas de m'étonner. J'interrogeais Daud. Il m'a dit que, même à Kaboul, qui était l'endroit le plus sûr du pays, il sentait la guerre se rapprocher. Un de ses amis venait juste d'arriver d'une province voisine qui semblait toujours englobée dans la ‘bulle sécuritaire’ autour de la capitale. Son ami lui avait raconté que la province était toujours calme le jour, mais que les talibans la contrôlaient la nuit. ‘Il ne faudra pas attendre longtemps pour voir des combats à l'intérieur même de Kaboul’, m'a dit Daud.
‘J'ai le sentiment que le gouvernement est tellement faible’, commente Basir, un autre ami afghan. ‘Il n'y a pas de sécurité, pas de gouvernement, pas d'administration. Surtout dans cette province, il n'y a rien’.
Nous étions dans ce qui était censé être le coeur industriel de l'Afghanistan, mais la plupart des gens étaient désoeuvrés. Basir était sorti troisième de sa classe, et avait été accepté dans une ‘business school’ de Kaboul. Mais sa famille n'avait plus les moyens de payer ses frais, et il avait dû rentrer chez lui. Son père avait été chauffeur et se trouvait aujourd'hui sans emploi, et Basir ne trouvait pas de travail non plus. Il s'était inscrit dans une école de maths pour ne pas perdre son temps, mais ne voyait pas d'avenir à Baghlan.
‘Si la situation reste comme ça, je n'arriverai à rien. Je quitterai l'Afghanistan’, dit-il.
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De julien95
19H25 | 17/12/2007 |
Bizarrement nous avons déjà tous entendu parlé du Hezb-e-islami, sauf que durant l'occupation soviétique ce groupe était financé par les EU voulant impérativement placer Hekmatyar sur le devant de la scène.
Maintenant la donne est tout autre ce « parti de l'islam » est bien sur le devant de la scène mais dans le but de faire plier Karzai.
C'est une impression de déjà vécu : un groupe financé par les EU et qui échappe à tout contrôle.
à julien95
De 6gare8
11H20 | 18/12/2007 |
Hekmatyar est un lache qui s es allié et a trahi massoud
massoud le meprisai
à 6gare8
De julien95
11H44 | 18/12/2007 |
Certes mais n'est ce pas une analyse très réductrice ?
Il était un pion des Américains voilà tout comme le présentait très bien Christophe de Ponfilly.
Mais il ne faut pas occulter les bombardements de 1992 à 1994 ou Massoud et Hekmatyar menaient une guerre sans merci au détriment des civils.
En effet le Hezb e islami ne souhaitait pas ralier la cause de l'alliance du nord mais qui se serait allié à un tel bloc lorsqu'il a le soutien des Etats Unis ?
Sans me faire l'avocat du diable, je ne pense sincèrement pas réduire cette personne ainsi.
Mais comme vous je constate que l'histoire est sans fins et que les exemples du passé n'ont toujours pas été compris par certains…
à julien95
De Imbert
17H13 | 18/12/2007 |
Les EU ont financé tous les résistants afghans lors de l'invasion soviétique et notamment Massoud et bien d'autres, dont certains islmamistes aujourd'hui infréquentables.
Mais il est bon de rappeler que c'était en pleine guerre froide : monde libre contre bloc soviétique. Durant toute cette pèriode les EU n'ont cessé de lutter dans l'ombre contre l'URSS. Et heureusement pour nous ils ont gagné la partie. Sans ce puissant cousin nous serions tous à l'heure qu'il est des homo sovieticus, ce que je ne souhaite pas à mon pire ennemi (il faut lire sur le monde soviétique pour connaitre jusqu'à quel point ce régime a tyrannisé les peuples dont il avait la charge).
Bref, les Etats Unis ont bel et bien financé durant cette pèriode tout un tas de gens et d'organisations peu recommandables, mais avaient-ils vraiment le choix face à une puissance comme l'URSS qui jouait sur le même registre (déstabilisation etc.) ? Peut-être l'avait-il « à la marge » et sans doute ont-ils commis des erreurs.
Mais je trouve un peu facile, voir irresponsable, de balancer une fois de plus les EU sur ce sujet alors que sans eux, ceux qui s'expriment si librement sur ce site n'auraient probablement jamais pu le faire.
Et puis franchement les EU ils ont bon dos ! Il ya un problème dans le monde ? Ne cherchez pas , c'est très probablement ces fumiers d'américains !
à Imbert
De julien95
17H49 | 18/12/2007 |
Je ne me serais pas permis un tel raccourci trop simpliste.
Je n'accuse pas les EU d'avoir lutté contre le bloc soviétique mais je relève uniquement qu'il y a de ça 25 ans les crédits, les livraisons d'armes et j'en passe avaient pour destinataire le Hezb i islami et non l'alliance du Nord et qu'à l'heure d'aujourd'hui ce même parti viens troubler l'ordre américain. Sans tomber dans la caricature je trouve très important de relever ce fait.
L'anti-américanisme n'est pas constructif mais la critique peut le prétendre…
De Daniel R
Visiteur d'entreprise | 20H24 | 17/12/2007 |
Officiellement l'intervention avait pour but de mettre à bas le régime des talibans et de détruire les bases d'Al Quaida. Ces objectifs ont été atteints rapidement et relativement facilement. Les militaires occidentaux auraient dû se retirer en gardant toute la gloire de leurs faits d'armes.
Mais il y avait l'autre objectif, celui qui fait que l'on ménage les seigneurs de guerre, celui qui fait que l'on laisse les militaires occidentaux s'enliser dans des pays hostiles à leur présence. Pour l'Afganistan comme pour l'Irak, l'objectif inavoué c'est le pétrole. Il s'agissait de contrôler les régions de passage d'un oléoduc qui acheminerait le précieux liquide de l'Asie centrale à l'océan indien.
Résultat : En plus des nombreux militaires, 1.500 civils tués et des milliers de blessés, beaucoup de femmes et d'enfants notamment, dont au moins la moitié par les bombardement et opérations des forces étrangères.
Dans le langage médiatique (médias contrôlés par les groupes militaro-industriels), on appelle ces crimes des dommages collatéraux.
La désinvolture des responsables militaires expliquant des bombardements répêtés de villages et d'écoles, par la présence supposée d'un terroriste quelconque, autorisent l'usage du qualificatif « crime ».
Jusqu'à quand laisseront nous les chefs d'Etat décidés seuls des interventions militaires hors de nos frontières ?
à Daniel R
De Prolo du livre
11H55 | 18/12/2007 |
Et bizarrement, les routes de ces oléoducs, recoupent les routes traditionnelles de l'opium , que les différentes guerres occidentales des vingt dernières années ont rouvertes : Kosovo, Irak, Afghanistan,…
Arte a diffusé un excellent documentaire allemand sur cette Afghanistan entre les 19 et 23 novembre…
à Prolo du livre
De Humain
02H20 | 19/12/2007 |
Et ses routes en langage economique de l'union Européenne se nomment « corridor »…
De petite mère de famille
20H44 | 17/12/2007 |
56125 visites (dont la mienne)pour le président et sa nouvelle copine à euromickey, et 619 visites pour les afghans.
»« Le type qui agit bien se dit “il n'y a pas d'encouragement pour moi'”
c'est exactement ça…
à petite mère de famille
De kate-leen
16H14 | 20/12/2007 |
UNE GRANDE MAJORTEE D'ENTRE NOUS PENSENT AVEC LEURS FESSES ALLEZ DONC SAVOIR POURQUOI ?
De Neyesh
20H59 | 17/12/2007 |
ça m'écoeure de voir que 600 visites pour se sujet comparé au 60 000. Que veulent les Français pour leur information ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
à Neyesh
De Tita
oiseau | 22H02 | 17/12/2007 |
Que veulent les français pour leur information ?
Hélas, ce n'est pas même un problème français. C'est pareil ailleurs. Ils veulent juste savoir ce qu'il se passe dans leur petit monde à eux. Son petit bobo au doigt est aussi important que
- le fait que sa voisine se fasse battre par son mari
- l'inconnu qui se fait violer dans sa rue,
- l'assassinat d'une vieille mémé de l'autre bout de la ville
- 10 morts dans un attentat à Terroriste-les-bains
- 30 morts dans une région perdue de l'Afghanistan.
à Tita
De Zoomental
NRV | 10H28 | 18/12/2007 |
Les médias devant vendre à n'importe quel prix des histoires pour accrocher des « clients », ils ont choisi de flatter l'ignorance des gens. En écrivant ce mot je vois dans la colonne de gauche la liste des tags (liste des sujets classés selon leur nombre d'apparition sur ce site). Le premier est Narkosy (un de moins ! ! ), le dernier « Chichi rugby“( ! ! ! ), Afghanistan n'y figurant pas. Tout est dit ! Un vrai programme apolitique serait ‘Guerre totale à l'ignorance’, mais quel homme politique accepterait de se tirer une balle dans le pied ?
à Neyesh
De Venezuela
vit aux Pays-Bas | 16H46 | 18/12/2007 |
Le sujet est ardu ?
à Neyesh
De Humain
02H22 | 19/12/2007 |
Si ces articles comportaient des analyses plutôt que des complaintes…
Peut-être que les lecteurs iraient plus volontier.
De Tita
oiseau | 21H48 | 17/12/2007 |
A la lecture de cet article, j'ai eu le même sentiment que celui que j'avais éprouvé quand j'étais enfant, en regardant l'histoire sans fin : un mélange de néant qui se rapproche et d'impuissance qui nous écrase.
Oui, la corruption est une gangrène et l'afghan en est coupable. Cependant, ferions-nous mieux dans une telle situation de chaos ? D'ailleurs, quelle est notre responsabilité dans ce chaos ? En faisant l'invasion de l'Afghanistan, n'avions nous rien prévu pour soutenir l'alternative gouvernementale aux talibans ? Ou bien est-ce que ce chaos « nous » arrange ? Ou bien encore, est-ce un aveu de notre impuissance ? Chacun y trouvera la réponse qu'il souhaite. En attendant peu importe qui est responsable et qui est coupable, la victime reste les peuples d'Afghanistan ; et c'est pour le moins regrettable.
à Tita
De CA Not Dead
Glandouilleur Pro | 10H03 | 18/12/2007 |
Ce chaos et la culture du pavot nous arrange… Je me souviens d'un reportage ou on montrait un baron local proche de Karzai qui opérait en toute impunité et en étalant sa richesse (villa somptueuse, gardes du corps, 4x4 US). Dans ce même reportage on montrait un champ de pavot à 200 m d'un camp américain et cela ne dérangeait personne.
Le système de corruption permet de garder la mainmise sur des chefs de guerre locaux tout puissant. Un peu comme quand on entretenait des dictateurs « amis » pendant la guerre froide pour empêcher la propagation du bloc soviétique.
Vous verrez que nos groupes industriels n'auront aucun remords à se faire payer avec l'argent de la drogue pour équiper l'Afghanistan et tout le monde s'en félicitera (sauf les afghans)…
Ils veulent pas un ou deux rafales par hasard ? C'est bientôt les soldes !
à CA Not Dead
De Hopizzere
11H05 | 18/12/2007 |
Je partage également ce point de vue de CA Not Dead. Le pire est que cela est loin de toucher uniquement l'Afghanistan, mais de nombreuses nations africaines ou du proche-orient. Ce n'est pas du pavot qu'ils vendent, mais du minerai ou du pétrole.
L'intervention internationale en Afghanistan devrait permettre la mise en place d'un « modèle » de libération d'un joug tribal et d'affranchissement de la corruption et des cultures nocives. Le programme antidrogue essaie d'y participer, mais ses moyens sont dérisoires en comparaison des forces en place.
Donnons à cette nation les moyens (structure d'état, organisation, finances, aides techniques, débouchés pour les paysans) de réussir cette mutation et ainsi d'entretenir cet espoir hélas disparu pour les afghans et les autres peuples oubliés.
La route est longue mais il ne faut pas les abandonner.
à Hopizzere
De micke
utopiste | 15H31 | 18/12/2007 |
on est trop corrompu dans l'ouest (intervention international = usa) pour pretendre aller affranchir quelque peuple que ce soit
à Tita
De ZAD
10H26 | 18/12/2007 |
Bonjour Tita,
La France a aussi connu une période de chaos, durant les quelques mois qui ont suivis la fin de la seconde guerre, et on trouve très peu de livres qui en parle. Donc pour répondre à votre question, non, nous ne ferions pas mieux que les afghans dans une telle situation.
Mais je pense que les français ont réussis à surmonter cela car ils sont fortement attachés à la démocratie et parce que nous ne sommes plus depuis longtemps une société tribale, ce qui est encore le cas en Afghanistan. Cette structure complique fortement les négociations car il faut convaincre une multitude de « chefs de guerre » aux intérêts totalement divergents et un « gouvernement » qui n'est de loin pas un modèle de transparence ni d'unité.
Cela montre aussi soit la totale méconnaissance de la situation par les USA, comme l'Europe d'ailleurs (ce que je pense pas, car ils ont su jouer avec cela pour combattre les Russes à la « belle époque »), soit ils s'en foute totalement (ce qui est plus proche de la réalité) et ils n'ont qu'une vision à court terme pour défendre leurs intérêts. Le peuple afghans…« enfin, qui » ? ? ? …passe bien après.
Je pense aussi que pour changer la situation il faut avoir le soutien du peuple, et pour cela il faut d'abord que le peuple Afghan trouve une source de revenus pour pouvoir se nourrir et pour l'instant seul le pavot le permet car toute les autres denrées sont maintenus à des prix tellement bas qu'il est impossible de sortir des marges correcte de leur commerce. Un peu comme en Amérique Latine avec la coca. Pour cela, et au lieu de gaspiller des milliards à bombarder des montagnes, il faudrait peut-être maintenant utiliser cette argent pour développer les cultures, les élevages et l'industrie dans cette région.
Comme disait un certain Jésus il y a quelques milliers d'années : « il ne sert à rien de donner un poisson à un mendiant, il vaut mieux lui apprendre à pêcher » (oui je sais elle est facile, mais tellement vrai quand même)
Il ne faut pas oublier qu'un peuple qui a faim se tourne toujours en premier vers celui qui lui donne à manger ou qui lui promet un avenir plus radieux, même si c'est un Taliban.
à ZAD
De micke
utopiste | 15H43 | 18/12/2007 |
je comprends pas : en france c'est un modele de transparence et d'unité ? les francais sont attachés a la democratie ? les americains aussi ?
c'est quoi qui fait qu'une société est tribale ou pas ?
vouloir apprendre à pêcher aux Afghans ? et tu leur envoie qui ? des missionaires je parie…
colonialiste
à micke
De ZAD
09H11 | 19/12/2007 |
Bonjour Micke,
Si vous ne comprenez pas ce que je veux dire, c'est pas la peine de répondre ou alors pour demander des précisions, pas pour dire ce genre de truc…
De re-belle
mère au foyer | 22H56 | 17/12/2007 |
rien qu'à voir la photo, les conditions des femmes de ce pays n'on pas évoluées ! ! ! …elles ont l'air de fantomes face à un espoir qui se meurt ! ! ! …
De Monde_de_fou
Neo barcelonais | 11H16 | 18/12/2007 |
Bon article qui nous rappel qu'une guerre n'est pas une fin en soi. Il faut après mettre des structures, avoir une volonté politique, une union autour d'un espoir… En clair, peut-on être surpris de lire cet article quand on sait tout d'abord (et là je trouve les comparaisons par rapport à la France tout à fait hors de propos…) que l'Afghanistan a connu la guerre pendant 10 ans avec l'URSS. Qu'elle a été plus qu'armée par les US (chaque chef de guerre demandant à avoir plus que son voisin), que le partage ethnique complique cette notion d'unité, … ce pays est encore assez « féodal » via son organisation par région dominée par des chefs de guerre. Plusieurs autorités se partagent la même terre et la seule ressource rapide est la drogue, moyen de financer les armes et l'autonomie de ces mêmes chefs de guerre. Et bon quand on voit qui est à la tête de l'état, on sait très bien que le trafic de drogues ne va pas s'arrêter de si tôt.
Et heureusement que la force internationale ne sait pas contentée de lâcher ses bombes et « gagner cette guerre ». Le plus dur c'est de reconstruire (pas simplement prendre les marchés de reconstruction bien sûr, comme en Irak). Mais j'ai peur que ce pays n'est pas la structure pour avoir un plan au niveau national… hélàs.
De manu2005
La France tue en Afghanistan, en no... | 11H45 | 18/12/2007 |
J'ai lu un jour que la CIA finançait ses opérations avec l'argent du pavot…
Mais, comme le dit notre re-belle, « mère au foyer », c'est la condition de la femme « fantôme » qui n'a pas évoluée…
encore des attardés, quoi…
à manu2005
De Prolo du livre
12H04 | 18/12/2007 |
« Les attardés » n'ont pas besoin de leçon de morale d'un occidental…
Peut être que notre manière de vivre les choque aussi…
Par contre, il existe un livre chez L'Esprit frappeur, « Marseille sur héroïne », d'Alfred McCoy, où l'on raconte comment la cia a financé, et s'est financé, avec l'héroïne.
En roman il y a l'excellent « American Death Trip » chez Rivages de James Ellroy, qui reprend la construction du trafic d'héroïne, à partir de l'assassinat de Kennedy, dans le triangle d'or.
à Prolo du livre
De manu2005
La France tue en Afghanistan, en no... | 13H53 | 18/12/2007 |
Désolé pour mon manque de clarté : « attardés » ce voulait ironique envers notre mère au foyer, pas contre ces femmes afghanes que je respecte et comprends bien mieux que certains de mes concitoyens…
à manu2005
De Prolo du livre
10H15 | 19/12/2007 |
Alors, « d'une occidentale »…
et milles excuses pour vous !
De riverain désinscrit
13H37 | 18/12/2007 |
Il faudrait se souvenir que les Talibans, malgré tout ce que l'on peut leur reprocher, avaient réussi à éradiquer la culture du pavot à 90% en 2001.
Et ne pas oublier que la route du trafic passe en grande partie par l'Iran qui mène une chasse active aux trafiquants et aux infiltrations déstabilisatrices dans cette région.
à riverain désinscrit
De micke
utopiste | 15H49 | 18/12/2007 |
et se souvenir que les talibans se sont emparés du pouvoir grace a des armes achetées aux us avec l'argent du pavot
qu'ils s'en sont mis plein les fouilles pendant des années avant de lancer une tres mediatique eradication vers 96/97 il me semble (ca commencait trop a se voir aux us, fallait calmer le jeu, ils ont eu à gaver de contreparties)