L'association Macaq investit des immeubles cossus inoccupés. Reportage dans un de ces squats d'un nouveau genre.

Cliquez ici pour voir le panoramique de Gilles Vidal
Dans ce quartier, la capitale est fidèle à son image de carte postale : lumineuse. Immeubles en pierre de taille, brasserie chic, arbres fiers. La porte franchie, l'illusion continue. Les occupants de cet espace, dont les murs pourraient être couverts de tapisserie sans que cela ne paraisse saugrenu, ne peuvent être que de tranquilles familles bourgeoises.
Ce bâtiment haut de gamme abrite pourtant près de trente squatteurs. A tous les étages, des éclats de vie artistique ou étudiante. Une cuisine commune dont les placards regorgent de pâtes et de café. Des pièces en travaux. De longs couloirs plutôt sombres. Ici et là, des affiches, des tabourets. Dans une vaste pièce vide, un immense miroir surmonte une cheminée. Des cris. « C'est la salle de répétition » , rassure Alexandre Archenoult, porte-parole de la sympathique association culturelle Macaq.
Les 27 occupants ont tous une chambre, et partagent les autres pièces
Ici, nul punk écroulé sur un matelas à même le sol, pas de parquet jonché de bouteilles vides ou de détritus. Bienvenue dans le squat du XXIe siècle, propre, lisse et convivial. Ultra-organisés, les Macaq ont installé, le 1er novembre 2006, dans cet espace de 1200 m2 habitables -laissé vacant par un important organisme d'assurance étranger- une cohabitation quasi-classique.
Les 27 occupants ont chacun une chambre et partagent la cuisine, le salon, les salles de bains et autres pièces de vie commune. Initialement prévu pour des artistes -c'est le but de l'association- l'immeuble accueille désormais quinze étudiants, tous expulsés de Montparnasse au mois d'octobre.

Au cinquième étage, un étudiant aux Beaux-Arts de 23 ans s'affaire sur un escabeau. Camille construit une cloison dans ce qui sera une salle de bains. C'est le deal. Pas de loyer à payer mais des travaux à effectuer. Il s'y prête volontiers d'autant qu'il n'imaginait pas pouvoir vivre dans un tel endroit :
» Depuis plusieurs mois, je vivais dans la mezzanine d'un artiste pour qui je travaille. Mais il ne voulais pas trop que je reste, moi non plus d'ailleurs. Or, impossible de trouver un loyer. Mes parents ne m'aident pas, je n'ai pas les moyens, la caution, les garants. »
Et comme beaucoup, le déclencheur sera un reportage sur l'association. Au mois d'août, l'étudiant tombe sur Les Inrocks : « Ca fait rêver mais j'avais un peu peur du mot squat. » Sans trop y croire, Camille remplit un formulaire d'inscription sur le site de Macaq. Quelques heures après, un sms le réveille : « Urgent, pour votre logement » suivi d'une adresse et d'un horaire. Le bon plan ne dure que quelques jours. Camille fait partie de ceux qui ont été expulsés de Montparnasse : « Je me suis senti con. »
» Au lieu de bouffer des pâtes dégueu, je peux en acheter de meilleures. »
Macaq le rappelle et lui propose une place dans cet immeuble à l'adresse gardée secrète. Depuis, il se dit heureux de partager l'immeuble avec ses « supers colocs » . Mais il précise n'être pas là pour la fête ou par goût particulier de la vie en communauté : « Je viens dans un squat pour dormir et bosser parce que je n'ai pas assez d'argent pour louer un appartement à Paris. » Camille ne souhaite pas non plus être consideré comme un paresseux ou un « squatteur » : « Au lieu de bouffer des pâtes dégueulasses, je peux m'en acheter de meilleures. Mais c'est tout. »
Etudiants et artistes fauchés partagent donc les frais des trois bornes wifi et de l'électricité. As de la débrouille, ils ont bricolé leur immeuble, repeint les murs et sont parfois parvenus à d'étonnants résultants.

Bienvenue dans la chambre d'Anthony (voir panoramique ci-dessus), auteur de 34 ans. Une séparation et son loyer devenu trop élevé ont fait craindre la rue à cet habitué des espaces de vie décales (yourte à Angers). Un été à écrire, l'envie de monter un spectacle et un reportage sur Macaq vu à la télé lui redonnent la pêche : il rejoint la bande. En contrepartie de son toit, l'Angevin propose ses services de vidéaste.
Expulsé en septembre d'un immeuble investi par Macaq et Jeudi Noir rue de la Faisanderie, il atterit ici et s'y sent bien :
» Là bas, j'avais rencontré Gabriel. Il voulait mettre un piano sur un diable et aller au Burundi. Ca m'a ramené à mes premières amours, les trucs itinérants, mais depuis que je ici, je ne veux plus repartir. Et ça fait du bien. »

Une jolie brune participe à la conversation. Florence, étudiante en école d'arthérapie sait que son expérience à Macaq est forcément ephémère. Du coup, elle s'éclate, s'enrichit, en profite en maximum : « Hier, on s'est tous retrouvé pour une crémaillère. C'était émotionnellement assez fort. »
Arrivée de Nantes pour ses études, elle faisait partie des privilégiés, ceux que les parents prennent en charge. 620 euros de loyer, quatre colocataires et un 120 mètres carré rue de la Banque. Jusqu'au départ à la retraite de son père : « Il n'a plus assez d'argent. Je travaille à côté mais c'est soit l'école, soit le loyer. J'ai choisi. »
Depuis 2006, les associations Macaq et Jeudi Noir se sont organisées en un ministère de la Crise du Logement, dont le squat-siège rue de la Banque, au centre de Paris, est en sursis. En guise de programme politique, une unique revendication : un logement décent pour tous.
Et pour les étudiants, un projet : la création de résidences universitaires dans des immeubles inoccupés. Depuis septembre, des squatteurs ont été expulsés à deux reprises, mais l'idée fait son chemin. Comme Camille ou Florence, de plus en plus d'étudiants se disent prêts à tenter ces nouveaux squats.
Panoramique : Gilles Vidal
Photos : Audrey Cerdan
► Lire aussi : Les Don Quichotte évacués par la police, mais toujours déterminés


























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De delavergne
journaliste | 17H25 | 16/12/2007 |
c'est fou de s'avouer que le 21e siècle sera le (dernier) siècle de la régression sociale… alors que depuis 1792, l'Histoire a prouvé que derrière desc rises, il y a avait une évolution positive pour la masse.
triste et affligeant à l'ère de l'ultralibéralisme !
à delavergne
De lamichael
21H32 | 16/12/2007 |
l'étudiant en école de la vie à de l'avenir.
peu de débouché mais au moins de la volonté d'apprendre a se débrouiller.
et certainement qu'au dela des diplomes,vous garderez une expérience unique de votre passage parisien.
bon courage a tous ceux qui se battent.
ps : il est incroyable le nombre de plat différent que l'on peut faire avec des pâtes.
merci les chinois.
à delavergne
De guillaumekh
15H04 | 17/12/2007 |
Le XXIe siècle ? Héla doucemeent mon vieux, on a encore 93 ans pour redresser la barre ! ^^
à guillaumekh
De le vilain petit canard 66
montagnard à palmes | 17H05 | 18/12/2007 |
eh oui c'est le 21ème
1800 à 1899 le 19 ème
1900 à 1999 le 20 ème
2000 à ? ? le 21ème
c » est même le 3ème millénaire c » est fou non ?
0 à 999 1er millénaire etc etc …
mon vieux
De LOUAN
18H22 | 16/12/2007 |
C'est la preuve que le gouvernement n'assure pas le minimum vital à ses concitoyens !
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 18H28 | 16/12/2007 |
Super le panoramique !
Mais ce n'est pas dangereux de publier l'image de l'appartement ? Si le proprio reconnait sont appartement.
Curieux je vois qu'il y a eu 833 visites en 1h et 1 commentaire.
Quelle misère, même si c'est sympa de se retrouver à plusieurs, toujours avec la crainte d'être débarqué à tout moment.
Les politiques sont vraiment nuls et tous partis confondus. Il y a des spécialistes qui anticipent à tous les niveaux et ils n'ont rien fait.
Les jeunes ont raison, tous des bouffons !
Pas un pour rattraper l'autre.
à Les Chats
De kevangel
20H00 | 16/12/2007 |
Vous inquiétez pas, le propriétaire ne lit que le Figaro et les Echos, il ne tombera jamais sur cet article.
à Les Chats
De le vilain petit canard 66
montagnard à palmes | 21H36 | 16/12/2007 |
Pour les chats
Non non pas de stress les minous nous vivons dans un état de droit le squatt devrait être une piste prioritaire à explorer par les assos.Faut être malin, retors et de mauvaise foi. Dire qu » on a trouvé la porte ouverte (un tout petit mensonge)et qu » on s » est installé comparé aux arnaques des (im)puissants . Broutille. Après pour vous virer il faut un dépôt de plainte, un jugement, plus un jugement exécutoire etc etc et ça dure…certes c » est un gros travail de bureau juridique (moins fun que… non je dis rien) mais SERVEZ VOUS DE LA LOI tant qu » il n » y a pas nuisance pour le voisinage, et les locaux respectés…et un peu avant que la première action juridique n'arrive à terme pour
l » expulsion (mini 2 ans) vous créez une nouvelle assos et vous la domiciliez au même endroit et c » est reparti pour un tour ; En plus si beaucoup s » y mettent en créant des tas de petites assos locales indépendantes mais fédérées et solidaires car les Don Quichotte sont trop visibles pour ça (quoique quoique)
Là je peux vous dire que les choses bougeront et vite
à le vilain petit canard 66
De ClaireChar
13H02 | 17/12/2007 |
Je suis pas très à l'aise avec votre post… Servez vous de la loi comme leitmotiv cela me gêne.
Encore pour les immeubles de bureaux passent (le principe reste le même mais les conséquences financières sont moins graves)
Mais Nombreux sont ceux qui se servent de la loi avec votre super logique et c'est la cata pour les jeunes locataires ou proprios.
Un ami à moi en rentrant de vacances a tout simplement trouver sa serrure changer, et qq'un dans son appart. sûr de son droit il appelle la police qui vient et lui « ah aie aie vous auriez pas du nous appeler, vous auriez du prendre deux trois gros bras et virer le mec vous même maintenant c'est trop tard on doit faire suivre votre plainte ça va prendre des années ».
Ca prend effectivement des années et en attendant lui n'a récupéré aucune affaire personnelle.
Donc tout ça pour dire que les squatts ca a qd même ces limites et cela serait interessant aussi d'entendre parler de ces histoires…
à ClaireChar
De le vilain petit canard 66
montagnard à palmes | 17H43 | 18/12/2007 |
je regrette sincérement que cela soit tombé sur votre ami mais dans mon propos il s » agit de locaux inoccupés et vides de toutes traces d » occupants
c » est quand même facile à repérer, pas de meubles etc…. et inoccupés depuis des années et c » est aussi assez facile à constater. Poussières etc..
Par contre, ceux qui ont fait ça chez votre ami sont des crapules c » est clair.
Mais sur le principe ça marche et il y a des tas de locaux vides. Beaucoup de propriètaires ne louent pas et préfèrent laisser leurs biens à l » abandon certains espèrent spéculer (OUahh les prix montent) et laissent les logements vides à l » affut d » une bonne affaire à revendre et puis les locataires « c » est que des problèmes »,et ils préfèrent PERDRE de l » argent, certains sont très à l » aise, pas besoin de l » argent des loyers ça va faire augmenter nos impôts et d'autres n » ont pas l » argent pour mettre aux normes et laissent dormir ça 10, 15, 20, ans pour leurs héritiers (réels ou potentiels) C » est un scandale quand d » autres sont sur le trottoir.
Merci de me permettre d » apporter ces précisions.Le squatt a ses limites, aucun doute là-dessus.
De martha
Enseignante à la Réunion | 18H28 | 16/12/2007 |
Je ne sais pas s'il y a régression mais il y a certainement permanence, les squats existaient déjà il y 30 ans , même public, mêmes causes , mêmes effets : squats d'étudiants fauchés dans des villes aux loyers trop chers. Alors, sont-ils plus nombreux ? Seraient-ils mieux organisés ? La débrouille n'a-t-elle pas toujours existé ? Il y a 30 ans, on en parlait peut-être moins , mais je me souviens bien des vêtements achetés à l'armée du salut, des meubles récupérés sur les trottoirs le jour des encombrants, et même des légumes ramassés à la fin du marché forain.Mais çà ne choquait personne, c'était même plutôt un mode de vie revendiqué. Lutter contre la société de consommation et le gaspillage. On était plutôt fiers d'être fauchés.
Vous allez voir, çà va revenir à la mode cette philosophie baba-cool tant moquée dans les années 80.
De Propergol
à bord du Head Hunter | 18H37 | 16/12/2007 |
Ce qui donne envie de chialer, c'est qu'un enf---é de policier va ordonner l'assaut sous ordre du ministre de l'intérieur.
De bertdo
Instituteur, mais marre de l'être. | 19H01 | 16/12/2007 |
Il va bien falloir trouver des solutions alternatives pour arriver à loger tout le monde et, en particulier, les étudiants.
Car poursuivre des études supérieures devient de plus en plus difficile, même maintenant pour les classes moyennes. Peut-être encore plus d'ailleurs pour elles, vu qu'elles ne bénéficient d'aucune aide par rapport à leurs revenus.
Et ces initiatives des associations Macaq et Jeudi Noir vont dans le bon sens. En plus, les appartements « abandonnés » par leurs propriétaires sont remis à neuf.
Dans l'avenir, au lieu d'arriver à une confrontation et des expulsions, on pourrait imaginer un partenariat entre les deux parties : le prêt pendant un certain nombre d'années des immeubles, à charge pour leurs occupants de les remettre en état.
On disposerait alors d'un parc immobilier presque neuf qui pourrait par la suite être loué au bénéfice des propriétaires.
Mais il ne faut pas rêver : nous ne sommes pas encore prêts dans ce pays à apaiser les tensions entre les différentes classes sociales.
Et ce n'est certainement pas le gouvernement de Monsieur Sarkozy qui en prendra l'initiative.
De soffi
là bas, trés loin... | 19H24 | 16/12/2007 |
Je trouve l idée excellente !
Ce reportage ne risque t il pas de leur poser des problemes ? Je devine qu ils se sont posé la question !
L appart a l air pas mal du tout ! Je ne pense pas que l organisme d assurance vient sur RUE 89 !
Mais les voisins des autres immeubles ? ?
En tout cas, bravo pour cette initiative, faut bien que les choses bougent !
C est absolument ecoeurant de savoir que des tas d apparts sont laissés ainsi ,vides !
Pourvu que ça dure, quelque part, et souhaitons que cette idée suscite d autres actions !
De NIPSEN
20H09 | 16/12/2007 |
Merci a Rue 89 de ne pas déformer les témoignages pour dramatiser la situation.
Dans le panorama il y a une bande son qui vous fait mentir, une des personnes intéroger ne dit pas « Je travaille à côté mais c'est soit l'école, soit le loyer. J'ai choisi. »
Mais « ou je bossais pour me payer mon loyer, ou je bossais pour me payer mes etudes ». Rien a voir donc.
à NIPSEN
De Yann Guégan
Rue89 | 20H30 | 16/12/2007 |
Heu, je ne vois pas bien où est le problème ?
à Yann Guégan
De NIPSEN
21H02 | 16/12/2007 |
Réflechissez.
à NIPSEN
De le vilain petit canard 66
montagnard à palmes | 21H50 | 16/12/2007 |
Pour NIPSEN
J » ai pas compris non plus (relu trois fois) je sens des sous entendus,
« Réfléchissez » curieuse non réponse
Dites clairement les choses sans mystérieuses arrières pensées ça facilitera la perception de chacun Merci
De vol19
awash | 20H48 | 16/12/2007 |
Un espace, une initiative qui traduit quelquechose de l'ordre de la vie, une vie qui se construit ensemble.
Une vie, au delà de cette réalité sociale mortifère, SDF, exclusion de logement et immeubles vides fermés…
Mais cette vie justement, n'est-elle pas insupportable à ces vampires qui nous gouvernent et à ce système ? Détruire toutes jeunes pousses de vie parceque c'est ramener à leur propre vide insupportable derrière leurs tristes semblants.
Continuez les jeunes, faites ce que soixantuitards ont trahis, et la génération suivante évité par bêtise…
De frcht
21H21 | 16/12/2007 |
en agrandissant la photo je crois distingué des pieces de monnaie en franc ! 50 cts
pqoui
à frcht
De kevangel
13H23 | 17/12/2007 |
Exact, c'est bizarre. Une explication rue89 ?
à kevangel
De Yann Guégan
Rue89 | 17H51 | 17/12/2007 |
Promis, je mets nos plus fins limiers sur cette affaire. Mais peut-être s'en servent-ils pour caler un meuble ? : -)
à Yann Guégan
De le vilain petit canard 66
montagnard à palmes | 17H51 | 18/12/2007 |
non non cher Y.Guégan ce sont d » odieux spéculateurs qui espèrent un retour du Franc (c'est trôle hein ! )
à frcht
De Earlymo
bien situé | 13H42 | 20/12/2007 |
héhé. Je m'appelle anthony, le panoramique a été fait dans ma chambre. J'ai trouvé ces pièces dans l'immeuble quand j'y suis arrivé et elles sont là parce que je ne sais pas encore quoi en faire. Rien de plus, je suppose que tu t'attendais à quelque chose de plus croustillant, désolé.
De zazoo
Production a Los Angeles | 21H28 | 16/12/2007 |
Ils ont quand meme reussi a deguelasser un mur avec un ignoble dessin marronasse. (voir panoramique)
On squat parceque l'on a n'a pas d'autre alternative, mais dégrader ce qui n'est pas à eux c'est ce qui va au bout du compte les faire expulser.
De soffi
là bas, trés loin... | 21H32 | 16/12/2007 |
Exact, des pieces de feu franc ! Je vois 1 franc 50cts, l autre, je ne la reconnais pas !
De Valdo Lydeker
journaliste, auteur | 22H12 | 16/12/2007 |
Les Macaq ont beaucoup d'actions à leur actif, notamment un boulot associatif assez remarquable dans le XVIIème arrondissement, celui de Panafieu, à laquelle ils ont fort bien résisté ! et ce sont eux qui ont ouvert l'an dernier, avec Jeudi noir et le DAL, le ministère de la Crise du logement, aujourd'hui racheté par la mairie de Paris. A encourager !
De miresa
22H28 | 16/12/2007 |
je vais me faire lyncher ….mais je ne suis pas d'accord ! !
ils ont 1200 m2 à 23 , ça fait 50 m2 par personne , qui a ça dans Paris ? ? ?
Ils ont du super matos , canon et compagnie, des super fringues …des plantes vertes ( rouges ! ! )
bien sûr , puisqu'ils ne paient pas de loyer…
ce sont des débrouillards , c'est tout..
Je voudrais bien savoir s'ils acceptent n'importe qui dans leur assos et s'ils se serrent un peu quand il y a un mec avec de vrais problèmes qui frappe à la porte
De Atalante
Illusionnée | 23H04 | 16/12/2007 |
Pas de lynchage en vue.. J'ai passé un week end dans leur ex-squatt le 17ème parallèle, à l'occasion de la préparation du vide grenier des Batignolles, il y a quelques années. A l'époque, sur six étages, l'espace était réparti entre activités associatives, espace de fabrication (décors, chars..) et appartements partagés par des gens que Macaq logeait en échange de menus services (cours artistiques à des enfants du quartier, aide associative,etc). Oui, Macaq accueille n'importe qui, pour peu qu'on veuille bien mettre la main à la pâte. Allez donc frapper à leur porte, et vous serez surprise ! Surprise des avancées sociales, culturelles, artistiques qu'ils ont amenées dans les quartiers qui les ont suivis. Et peut être pourriez vous alors vous même donner de votre temps pour partager avec d'autres..ah pardon, vous avez un métier, pas de temps disponible ? Figurez vous que les Macaq aussi.
Alors des débrouillards, peut être. Mais des débrouillards utiles, chaleureux, partageurs, qui prennent peut être un espace, mais qui rendent en échange du temps, de l'investissement personnel : ça vaut bien un loyer !
Et puis sachez faire la différence entre les membres de l'association et ceux qu'ils relogent, les uns ne sont pas forcément les autres, autrement dit, la « réquisition » des squatt ne sert pas un bas interêt personnel « pour ne pas payer de loyer ».
Allez donc faire un tour sur leur site, vous constaterez par vous même !
(et puis vraiment, dans le genre constructif comme commentaire : « ils ont des plantes vertes, c'est pas des vrais pauvres ! ! » … on croit réver.)
à Atalante
De Earlymo
bien situé | 13H50 | 20/12/2007 |
OK. Je m'appelle Anthony et c'est ma chambre qu'on voit en panoramique.
Petites précisions : on a pas toujours été dans la dèche, j'ai eu des salaires, et je me suis acheté le matos à l'époque. Ensuite, je ne crois qu'avoir des plantes soit franchement un signe de richesse.
L'idée est de ne pas loger tout le monde mais bien de permettre à certains de progresser dans leur domaine en ayant résolu cette problématique épineuse du logement. Et cela se fait sous certaines conditions, par exemple, pour bénéficier de cette situation, je mets mes modestes compétences de captation d'images et montages pour filmer les actions de l'assos, les monter pour que ce soit sur internet au plus tôt.
Je vis dans ce squatt depuis 4 mois, j'ai pu ainsi monter un spectacle ciné-concert, écrire, composer, grandir, bref tout ce que le système actuel ne permet surtout pas.
J'espère qu'avec la réponse faite juste au dessus, tu auras les précisions dont tu as besoin.
Prenez soin de vous.
Bye
Anthony