Si la plupart des blocages ont été levés, les actions continuent sur certains sites. Le point à Lille, Montpellier et Lyon.
Des CRS qui occupent une fac et empêchent les étudiants d'y entrer : la scène, à front renversé, s'est déroulée dans les locaux de l'université de Lille III jeudi soir. La fièvre étudiante est largement retombée au plan national, et le gouvernement peut miser sur les vacances d'hiver pour éteindre les derniers feux du mouvement. Mais plusieurs sites sont toujours mobilisés contre la loi sur l'autonomie des universités.
A Lille. Les CRS (compagnies républicains de sécurité) ont parfois des ruses de sioux. Jeudi, ils ont profité que les étudiants bloqueurs étaient partis manifester dans les rues de Lille pour investir les locaux de l'université, à la demande du président de l'établissement Jean-Claude Dupas. L'objectif ? Empêcher le retour des grévistes, et permettre la reprise des cours, suspendus depuis le 6 novembre.
De retour au bercail, les étudiants sont tombés sur un cordon de CRS. Lesquels n'ont pas tardé à les repousser jusqu'aux portes du campus. (Voir la vidéo, tournée et montée par des étudiants bloqueurs.)
Acte II, ce vendredi matin. Les CRS ont commencé à trier les arrivants, pour laisser passer les non-grévistes et bloquer les bloqueurs. Lesquels ont choisi d'investir le conseil d'administration de la fac, avant de voter à nouveau le blocage. Les forces de l'ordre ont fini par quitter le site vers 14h30. Une nouvelle AG pour décider de la suite du mouvement est prévue lundi matin. Comme ailleurs, des enseignants chercheurs ont rejoint le mouvement.
Comment en est-on arrivé là ? Jean-Claude Dupas, qui ne souhaite pas répondre aux journalistes selon la « cellule communication », s'est expliqué dans un communiqué :
« Jeudi 13 j'ai demandé l'intervention des forces de l'ordre afin d'assurer le libre accès aux bâtiments de l'université. [Vendredi], j'ai néanmoins refusé de faire intervenir les forces de l'ordre à l'intérieur des bâtiments et je leur ai demandé de se retirer du site afin d'éviter toute confrontation directe. »« Il est important que l'ensemble de la communauté exprime clairement son refus du blocage des locaux. »
« Le président a conservé une attitude de mépris envers les étudiants »
Dans un communiqué, le collectif « Sauvons l'université - Lille 3 » a condamné « l'appel injustifié aux forces de l'ordre (…), qui ne peut qu'exacerber les tensions. » Pour Marc Parmentier, maître de conférence en philosophie, le président de l'université a « perdu les pédales » :
« Il a pris des initiatives qui ne faisaient qu'empirer les choses, au lieu de chercher le dialogue. Il est de la vieille génération, et a conservé une attitude mandarinale de mépris envers les étudiants. Il a cru qu'il suffirait de leur faire peur en menaçant de supprimer les examens. »
L'attitude de Jean-Claude Dupas est, pousuit l'enseignant-chercheur, « la preuve que la loi LRU ne peut pas marcher : on confie trop de pouvoir aux présidents d'université, qui ne sont pas formés pour ça, ils paniquent ».
Autre explication avancée par Dominique Vidal, maître de conférence en sociologie : l'origine sociale spécifique des étudiants de Lille III. « C'est une population qui connaît la précarité dans sa grande majorité », explique-t-il :
A Montpellier, cinq étudiants sont en grève de la faim depuis cinq jours, et entendent poursuivre jusqu'au retrait de la loi : « nous continuerons cette grève de la faim jusqu'au minimum l'abrogation de la LRU », assurent-ils.
A Montpellier III, le blocage a été rejeté par une majorité de votants lors du scrutin organisé par la présidence de l'université jeudi. Comme à Lille, c'est la présence policière qui est dénoncée, comme expliqué vendredi sur le blog du comité de mobilisation des personnels et enseignants :
« Nous condamnons les violences policières et nous apportons notre soutien aux différents étudiants blessés pendant les charges de la police et au membre du personnel de l'UPV violemment étranglé par un policier de la brigade anti criminalité. (…) Nous refuserons d'entrer dans l'université sous escorte policière. »
Le site publie aussi un extrait du journal de France 3 Sud diffusé jeudi midi qui fait froid dans le dos. (Voir la vidéo.)
A Lyon II enfin, la situation est aussi très tendue. Selon une enseignante dont le témoignage est publié par le site militant Bellaciao, « des vigiles privés, très jeunes, non assermentés, arrogants et dépassés par les événements, patrouillent dans la fac avec au bras un brassard orange marqué “sécurité'”.
“Ils apostrophent tout le monde, tutoient tout le monde, et nous demandent de justifier de notre présence dans l'Université en montrant notre carte ‘cumul’ (une carte magnétique d'étudiant ou d'enseignant qui sert aussi de carte de bibliothèque et de carte… de paiement dans l'enceinte de la fac… ce qui, en soit, ne me plaît déjà pas beaucoup).”
Ce texte est en train de faire le tour du Net.
Avec Julien Licourt (ESJ Lille) et Thomas Huet.





















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à HL
De Yann Guégan
(auteur)
Rue89 | 12H37 | 15/12/2007 |
Tout à fait d'accord. Au plus fort de la mobilisation, l'AFP réalisait un décompte national des sites concernés, sur la base des informations communiquées par l'Unef, le ministère, et leur bureaux locaux. Ce qui nous avait permis d'établir une carte de France des universités en grève. Mais depuis que le mouvement s'est « essouflé », plus de relevés de ce genre (à ma connaissance, mais Rue89 n'est pas abonné à l'AFP).
Reste les sites militants, comme Indymedia, Bellacio et les autres, et les « signalements » que nous envoies les riverains. Une base intéressante, leurs informations doivent être vérifiées, pour éviter les manipulation, dans un sens comme dans un autre. Un travail de fourmi, que Rue89 n'a pas actuellement les moyens d'effectuer.
à Yann Guégan
De Jean-Patrick Nanteuil
18H00 | 15/12/2007 |
Ca se voit que vous ne vérifiez pas. Exemple vous dites que les CRS laissaient entrer les anti-bloqueurs et bloquaient les autres. Vous en faites même votre titre. Avez-vous assisté à ces filtrages ? Comment pensez-vous qu'ils faisaient ? En fait ils laissaient entrer les étudiants de l'université sur la base de leur carte et ne laissaient pas entrer les gens extérieurs à l'université. Quelle discrimination insupportable !
à Yann Guégan
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 20H06 | 15/12/2007 |
Les infos & communiqués d'Indymedia etc. ont certes besoin d'être recoupés, ni plus ni moins que ceux de l'UNEF, dont le chef se fait parachuter à Paris en tant que candidat PS.
Depuis que je suis au collège, les syndicats lycéens & étudiants (FIDL, UNEF, etc.) ne servent qu'à démobiliser, suivent les masses quand vraiment il le faut, et ensuite court-circuitent le mouvement en allant discuter dans les ministères (ça, ils savent faire… discuter, parce que question négotiations, on a vu ce que ca a donné cet été…)
La mobilisation étudiante passe par des coordinations, seules véritables relais démocratique du mouvement. L'UNEF n'est bon qu'à faire des statistiques, et encore. Demandez-leur une réflexion d'envergure, sur les problèmes d'insertion professionnelle, de stages, etc. NEANT ! ! !
C'est vrai que s'encarter à un parti en 2007 relève d'un choix d'engagement politique pour le moins étrange pour un jeune. La plupart ont depuis belle lurette choisi d'autres formes d'engagement politique.
Méfiance donc envers leurs communiqués !
De Fozzie
10H54 | 15/12/2007 |
Au fait, il est où le journaliste de France 3 qui se plaignait de s'être fait jeter d'une AG de cheminot ? A signaler aussi un très intéressant article en page 5 du Canard de cette semaine intitulé : « des choses qui n'existent pas ». La liberté de la presse ne s'use que si l'on s'en sert comme dirait le volatile.
De ada
12H17 | 15/12/2007 |
l'article peut être lu ici :
http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php ? rubrique14
De yassine.h
11H09 | 15/12/2007 |
Mais que font les médias ? C'est horrible , les médias Français sont si loin de la réalité et continuent à bercer cette masse de moutons tellement à l'aise dans le néant de la machine gouvernementale libérale qui ne fait que bourgeonner …
En tant que lycéen , j'ai très peur , peur pour mes amis , pour tout les Français, pour l'idéal humain,un peu pour mes études mais aussi pour le peuple mondial . Car il ne faut pas se limiter uniquement à ce qui se passe en France , le monde tout entier est petit à petit grignoté par un barbarisme libéral complètement à l'opposé de ce que peut être un homme . Enfin , loin de moi l'idée de jouer à dénoncer le « monstre capitaliste » comme l'ont fait nombre de jeunes avant moi ( plus radicaux que moi aussi : D ) mais il est évident que nous devons faire des sacrifices , à tout les niveaux , je n'aime pas l'idée de sacrifice car elle induit un état de servitude envers une chose , mais la , SA URGE !
De chirouble
bordelique notoire | 11H13 | 15/12/2007 |
Pierre 17 ans lycéen à Nantes. Le 27 Novembre il manifeste avec un millier d'étudiants…les crs chargent et il reçoit d'un flash-ball une balle dans l'oeil. Transporté d'urgence à l'hôpital ou quelques jours après le pronostic est incertain quand à la perte de l'oeil touché…….aucune réaction tous médias confondus, silence total. Cette victime n'est pas intéressante….elle n'a pas été choisie par notre président qui de temps en temps se précipite au chevet d'autres victimes plus « médiatiquement » intéressante.
Beaucoup d'infos sur les grèves et mouvements étudiants sur le site indymedia.org
De Romain Jammes
11H14 | 15/12/2007 |
J'ai beaucoup d'admiration pour ceux qui se battent encore. A Evry le mouvement c'est éssouflé et le peu qui continuaient à se battre cumulé avec le fait que la grande masse des étudiant ne réagit qu'aux infos « TF1 » tue un peu tout ça…
Que faire alors ? Je pense que le travail a effectué il est plus long et plus profond q'un mouvement social. Le mouvement social doit couronner le changement général des mentalités et c'est quelquechose qui est loin d'être évident. Déjà parce que nous allons a contre sens de l'évolution actuelle (la faschisation générale) et ensuite parce que changer quelqu'un demande un travail de personne à personne et un travail qui s'inscrit dans la durée.
Moi j'essaye de le faire tant bien que mal ne serait-ce qu'en parlant, en debattant, mais je suis loin d'être efficasse.
C'est d'ailleur un des avantages de l'art qui touche plus profondément les gens parce qu'il les séduit avant de leur faire passer un message ^^
Bref tout ça pour dire que j'espère qu'on sera de plus en plus nombreux, j'espère que ces jacqueries des temps modernes nous délivrerons un jour des graves dérives qui se profilent.
à Romain Jammes
De toucan
15H08 | 17/12/2007 |
les graves derivent elles dates de mai 68 .tous ces étudiants ! ! ! pour 50% NE MERITENT PAS d'etre en fac.la majorité reve d'etre fonctionnaire(mal payé,sans avantages,et tout le tralala)les fac etaient prévu pour former des profs des cadres etc mais pas des bacs + 5 EN PIPOT ,ARTS PLASTIQUE ,musicologie,et des dizaines de disciplines sans aucun débouché.pas besoin de plus d'argent, mais surtout moin de parasites en 1er et 2eme année qui ne savent pas quoi faire .une IUT ou un bon BTS a la sortie pas de chomage.un ancien qui a vecu mai 68 la chienlit.bye bye.toucan
à toucan
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 19H43 | 18/12/2007 |
Malgré le ton méprisant de vos remarques, vous touchez à un point important du débat.
Sauf que cela n'a rien à voir avec des « parasites », et qu'ils ne font pas d'IUT ou de BTS c'est parce que ces filières professionalisées ne les recrutent pas, et que la seule filière qui leur reste ouvert sont les filières générales, non spécialisées.
C'est en tout cas ce que soutient le sociologue Bernard Convert dans ce documentaire : http://www.lautrecampagne.org/
à Romain Jammes
De clausius
15H44 | 18/12/2007 |
« Déjà parce que nous allons a contre sens de l'évolution actuelle (la faschisation générale) »
Si le fait d'empêcher les gens de circuler et imposer un blocage aux autres est aller à contre sens du fachisme, alors effectivement vous allez à contre sens du fachisme. Maintenant je ne suis pas sûr de cette définition, j'aurais même tendance à l'inverser.
De acpiknik
CoNsTrUcT!f .| | 11H26 | 15/12/2007 |
Il faut que Rue89 fasse plus ! Une fois par semaine ce n'est pas assez pour nous parler de ce mouvement. Les autres médias sont réellement victime de censure. C'est pourquoi je demande à Rue89 qui visiblement, regarde ce qui ce passe, de passer à un degré supérieur d'information. Il faudrais un vrai article sur cette loi où y seront exposé tous les points de vues, les dangers les avantages et surtout les alternative possible. Je suis Lycéen en Terminale S, la fac est très mal vu et même déconseillé, comme poursuite d'étude dans cette filière. Il y a un vrai travail à faire. On voudrait tout simplement savoir…. Cela redeviendrait-il une utopie en France ? ? ? ?
Je ne pense pas qu'il ne que d'un mouvement de « gauchiste » traditionnellement contre les gouvernements de droite. Il y a un vrai malaise palpable dès le lycée, rien que dans les conseils qui nous sont donné pour notre orientation….
Adrien
à acpiknik
De Xa_chan
(nippon ni mauvais) | 11H39 | 15/12/2007 |
Entièrement d'accord ! Un dossier complet comme tu le demandes ferait bien plus pour le débat à la fois que les mensonges de l'Etat et que les bloquages de facs… Charge après pour les lecteurs de Rue89 de faire relayer l'info autour d'eux, puisqu'il est maintenant utopique de lire de vraies informations dans les grands médias.
à acpiknik
De ada
12H18 | 15/12/2007 |
Une présentation des dangers de la loi :
http://www.rue89.com/2007/12/06/des-enseignants-chercheurs-contre-la-loi…
à acpiknik
De Yann Guégan
(auteur)
Rue89 | 12H39 | 15/12/2007 |
Vous trouverez votre bonheur, j'espère, parmi tous les articles que Rue89 a consacrés à ce sujet.
à Yann Guégan
De Xa_chan
(nippon ni mauvais) | 21H17 | 15/12/2007 |
Et une synthèse ? Ca serait sympa de ne pas avoir à naviguer dans x articles différents.
De demilune
11H48 | 15/12/2007 |
La mobilisation étudiante n'est plus aussi forte aujourd'hui qu'elle l'était au mois de novembre. Est-ce pour autant que la mobilisation est definitivement morte ? Certainement pas !
Des universités sont toujours perturbées, d'autres ont étaient debloquées avec l'usage de la force. Dans les facs, l'information sur les dangers de la loi LRU continue de circuler avec des discussions pour aboutir à des propositions de reformes qui seront presentées à notre chere ministre de l'enseignement superieure : Valerie Pecresse.
Ceux et celles qui pensent que les vacances de Noël et les partiels vont eradiquer toutes contestations éstudiantines se trompent !
Vous pouvez compter sur les étudiants pour revenir sur le devant de la scene sociale en 2008 !
Enfin, j'ajoute pour terminer que « reformer » signifie : changer en mieux, ameliorer. Sauf que la LRU risque bien de ne rien ameliorer du tout…
De ada
12H01 | 15/12/2007 |
Entièrement d'accord avec tout ce qui s'est dit, et merci à rue89 de résister à la pression de l'AFP, qui titre ses communiqués « Le mouvement étudiant touche à sa fin. »
En même temps, c'est la loi des médias que de vouloir toujours discerner du mouvement, de l'évolution. Ils ne parleront pas de quelque chose qui reste stable, et une info n'a de valeur pour eux qu'en termes de début ou de fin, de croissance ou de décroissance.
Juste une correction : sous le titre « Le président a conservé une attitude de mépris envers les étudiants », il y a une petite erreur, il ne s'agit pas du comité SLU de Lyon 3, mais de Lille 3.
à ada
De Yann Guégan
(auteur)
Rue89 | 12H42 | 15/12/2007 |
C'est corrigé. Merci pour votre vigilance.
De ada
12H06 | 15/12/2007 |
Encore une brève remarque : intéressant de constater que les articles de rue89 au sujet de la mobilisation contre la LRU sont souvent le fait d'étudiants en journalisme, et pas de journalistes installés !
ça confirme que ce n'est que dans les marges du champ médiatique qu'on informe correctement : jeunes journalistes, sites d'info récents, sites internet, blogs.
à ada
De Yann Guégan
(auteur)
Rue89 | 12H45 | 15/12/2007 |
Hé ho ! J'en suis à ma septième carte de presse, et près de dix ans d'expérience dans la presse, moi ! : -) Mais votre remarque est pertinente. Ça s'explique tout bêtement par la proximité de ces rédacteurs avec le sujet, qui leur permet d'être alertés rapidement et facilite la prise de contacts.
De thdu
12H10 | 15/12/2007 |
allez, si les crs vont à l'université , rien n'est perdu pour un monde meilleur ; )
sinon voir des diantsdiants cerner des crs bloqués dans les locaux donne une autre perspective
ah ! , j'ai pas bien vu … désolé
@+
http://l.i.b.e.r.t.e.free.fr/
De RackHaM
12H18 | 15/12/2007 |
Tout ce qui est dit sur Lille 3 est exact, j'y étais.
C'était déjà la deuxième fois que le président DUPAS (qui est complétement dépassé par les évenements) anoncait la reprise des cours, cours qui n'ont toujours pas repris. La première fois remonte au mercredi 5 décembre, où à la surprise générale il annoncait dans un communiqué :
« La journée de mercredi 5 décembre a permis la reprise des échanges entre étudiants et enseignants.
A partir de demain jeudi 6 décembre tous les enseignements pourront donc reprendre. »
Communiqué qu'il s'est empréssé d'effacer du site le lendemain.
Jeudi 13 au soir, il annonce que les forces de l'ordre sont intervenues, et que dès le lendemain, « les enseignants pourront retrouver leurs étudiants afin de les aider à préparer au mieux les examens. » Vendredi 14 au matin, je me rends à la fac, content de pouvoir reprendre contact avec mes profs, et je découvre avec stupeur un barrage de CRS qui bloquaient effectivement l'entrée principale, en procédant à des contrôles ! Situation cocasse ! Barrage d'ailleurs complétement stupide, étant donné qu'il y a bien d'autres entrées à Lille3, par où on pouvait passer librement vendredi matin. Il y avait pourtant des CRS un peu partout dans le reste de la fac, mais contrairement à leurs collègues qui jouaient les videurs à l'entrée principale, la plupart sont restés dans leurs camionnettes, au chaud. C'était comme ça en tout cas jusqu'à 10h30, heure à laquelle je suis parti.
Cette situation est dramatique pour les examens.
à RackHaM
De clausius
15H32 | 18/12/2007 |
C'est clair, c'est dramatique. Si seulement il n'y avait pas eu tous ces blocages, au moins on aurait pas vu de CRS dans les facs. Mais bon…
De daniele
13H11 | 15/12/2007 |
des crs a la fac chouette mais seulement sur les bancs pour y étudier et tenter d'ouvrir leurs esprits un tant soi peu
De vincicom
Responsable "informatique" dans une... | 13H19 | 15/12/2007 |
En tout cas, à Perpignan, c'est bel et bien fini le blocage depuis 2 semaines maintenant.
Après une énieme tentative d'organisation d'un vote mardi 4 décembre, non reconnu par l'administration, vendredi 7 décembre a sonné le glas du mouvement des bloqueurs.
Lors de ce vote de mardi ( sans verification de qui vote + boycott d'une partie des nti-bloqueurs ), les bloqueurs ont litteralement ASSIEGE le bureau du président qui refusait de valider ce vote.
Pour avoir assister a une de leur AG, on se rend bien comtpe que le problème n'est pas cette loi, mais TOUT le gouvernement ! C'était plus une question de politique générale ( les bloqueurs étaient tous a gauche, meme d'extreme gauche ) qu'un reel débat sur cette loi.
A savoir également que les bloqueurs ont dégradés les locaux ( photos a partir de la page 2 : http://blogpasmafac.skyrock.com/ )
et qu'il y a pour plus de 160 000€ de frais occasionnés par ces gens là !
Qui va payer ? Peut être les étudiants, peut etre ceux qui payent des impôts.
De Manoplas
en los madriles | 13H57 | 15/12/2007 |
Pour donner un peu de (tristes)nouvelles de Toulouse le Mirail.
L'université a été débloquée le vendredi 7 décembre.
Mardi dernier, une AG, cautionnée par la présidence (qui a annulé les cours pour que le maximum d'étudiants y participe)a eu lieu devant plus de 3000 étudiants.
Le blocage a été revoté à une forte majorité durant cette AG uniquement pour ce jeudi afin d'aller manifester en grand nombre avec les lycéens, et la manifestation des cheminots, qui n'a, apparament, pas eu lieu.
Cependant, à 7h45, des personnes de la direction sont venus lever les piquets de grève, selon l'une de mes professeurs, par la force, prétextant une manipulation de la part des bloqueurs et un manque de compréhension de ce qui était voté par des étudiants (3000 personnes qui n'ont pas compris…).
Daniel Filâtre, président de l'université publie son communiqué prétendant que tout cela s'est passé dans le calme. En plus d'un communiqué mensonger, notre direction vient de nier une décision votée en AG, AG qu'elle a elle-même autorisé.
On infantilise et déresponsabilise les étudiants en les désinformant et en prétendant que leur voix ne vaut rien car ils n'ont pas compris ce qu'ils votaient, crachant sur des décisions prise en commun et en nombre, crachant sur la démocratie en organisant des AG dont les décisions ne sont pas respectées.
Quoi que l'on pense de la méthode ou de l'efficacité du blocage, ce qui est voté est voté, il faut donc assumer ce vote.
Communiqué mensonger qui s'ajoute à celui qui traitait du vote à bulletin secret pour décider le déblocage (la question ayant été formulée ainsi) empêché finalement par les bloqueurs, prétendant qu'un groupe de type commando serait venu agresser les professeurs et personnels s'occupant du vote.
Ceux qui étaient là (dont moi-même) n'ont rien vu de tel, ni organisation commando, ni barre de fer ou personnes cagoulées selon la rumeur. On devrait pourtant en avoir la preuve si cela avait été le cas :
les médias avaient été invités en grand nombre, où sont les images du commando ? !
Notre université vit dans un climat de tension indescriptible, entre pressions et prises de partie de la part des professeurs, provocations sur provocations de la part et des bloqueurs et de la présidence.
Le débat n'a plus rien de politique, le conflit s'est transformé en réglements de comptes personnels.
Certes, la présidence n'a pas encore fait appel aux forces de l'ordre, selon eux, on devrait être satisfaits…
à Manoplas
De marie 75
11H45 | 16/12/2007 |
Grève de la faim de quatre étudiants à Montpellier
Face à l'indifférence du gouvernement, 4 étudiants du comité de mobilisation de l'Université Montpellier 2 ont décidé d'entamer une grève de la faim jusqu'a obtenir au minimum l'abrogation de la LRU.
Mardi 11 decembre
Face à l'indifférence du gouvernement, 4 étudiants du comité de mobilisation de Montpellier 2 ont décidé d'entamer une grève de la faim jusqu'a obtenir au minimum l'abrogation de la LRU.
Ils ont commencé leur grève de la faim lundi 10 décembre au matin et sont suivis par un médecin. L'administration elle aussi a été prévenue et toutes les dispositions necessaires ont été prises pour que cette grève se déroule le mieux possible.
Nous apportons notre soutien à ces 4 étudiants et vous donnerons des nouvelles tous les jours sur leur état médical et moral.
Un appel a rejoindre cette grève de la faim est lancé pour augmenter l'impact de cette initiative.
Mercredi 12 decembre
Ce matin les grévistes ont eu une visite médicale et les médecins ont bien précisés les risques de cette grève. De plus cet après midi ils ont eu une réunion avec l'administration qui leur a promis de leur apporté du soutien logistique ( lits , couvertures etc…) et se tiennent au courant auprès des médecins car ils s'inquiètent de leurs états de santé.
Au niveau moral, les grevistes ont faim mais sinon le moral est encore la !
Jeudi 13 decembre
Voila déja 4 jours complets que nos grêvistes n'ont pas mangé ! Peut - on au moins se rendre compte que c'est quatres jours où même pas là haut on a osé reconnaitre seulement le fait qu'ils existaient. Dans quel monde sommes nous ?
C'est pour ça que je vous invite fortement a venir soutenir les grêvistes de la faim en venant les voir rien qu'en leur disant « courage » et continuer à poster vos commentaires d'encouragements car à chaque fois dans la journée je fais lire les commentaires et c'est souvent un + au moral !
Pour information ils sont en Amphi 5.06 en fac de sciences.
A cette fin de 4 ème jour c'est le mental qui est encore très fort mais bientôt malgré leur bonne volonté le physique dépassera le mental et ils seront dans leurs lits, et la nous aurons encore besoin de vous comme nous en aurions jamais eu besoin !
vendredi 14 decembre 5 EME JOUR ! ! ! !
Donc pour information les médecins aujourd'hui ont fait un autre diagnostic sur nos grevistes.Pour l'instant le bilan est qu'il n'y a pas encore de danger particulier sur leur état.
Cet après midi trois enseignants chercheurs de biologie sont venu pour leur annoncer qu'une pétition avait été faite recueillant 233 signatures adressée au recteur pour qu'il n'ignore pas ce qu'il se passe dans ses facs !
Enfin pour finir je vais des que j'aurais fini de le taper diffuser les revendications des grévistes : bon c'est bon il est tapé et modifié
GRÈVE DE LA FAIM
Quatre étudiants ont choisi cet acte ultime, face à un gouvernement indifférent et des citoyens impassibles aux cris de sa jeunesse.
L'acte est pacifique, en réponse à la violence physique et morale du gouvernement. La jeunesse est matraquée au nom de l'ordre et la sécurité. On dénigre, tout sourire, les contestations politiques, les manifestants pacifiques, les citoyens qui ne font que défendre leurs droits.
L'acte est radical, jusqu'à l'essence de l'individu, sa vie. N'est-t'elle donc plus que la seule valeur d'échange crédible ? Faut-il le risque de la mort pour qu'enfin nous soyons interpellés, touchés, attentifs ?
Quand la société est indifférente envers sa jeunesse, c'est qu'elle est déjà malade. C'est pourquoi nous espérons toucher l'opinion publique et générer la réflexion citoyenne. Elle est indispensable dans un État où des réformes visant la compétitivité et la rentabilité de la connaissance sont imposées car préférées à la collaboration, la construction par l'échange.
Nous, grévistes de la faim, soutenus par le comité n'aurons de cesse de lutter jusqu'au retrait de cette réforme non concertée et au nécessaire dialogue qui suivra.
Le comité de mobilisation de l'UM 2 www.montpellier2.info
comite_mobilisation_um2@hotmail.fr
à marie 75
De clausius
15H26 | 18/12/2007 |
Une grêve de la faim, c'est courageux, mais ça ne doit pas cautionner une action. Si un gouvernement cède juste parce que quelqu'un fait une grêve de la faim, alors qu'est ce qui empêchera demain des gens d'entamer une grêve de la faim pour instaurer des lois ségrégationnistes dans ce pays ? Et qu'est ce qui empêchera le gouvernement de céder ?
Ce n'est peut être pas politiquement correct de le dire, mais pour moi, les grêves de la faim sont des méthodes absolument scandaleuses. Si encore la vie de ces personnes était menacée, si ils se trouvaient emprisonnés à tort, je comprendrais, mais là…
De Joseph Loiseau
Lycéen au lycée Claude Monet à Pari... | 16H51 | 15/12/2007 |
Le mouvement est entré dans un cercle vicieux.
Les médias ne relayant pas ce qui se passe, les étudiants et lycéens se disent que ça ne sert à rien de se mobiliser vu qu'on « est tout seul ». Ducoup fin du blocus, baisse de la mobilisation et les médias relaient encore moins.
Il faut que tout les étudiants et lycéens se rendent compte que leur action sert et que ce mouvement est plus que soutenu par les enseignants-chercheurs.
Il faut que les universitaires et les lycéens regardent ce qu'il se passe ailleurs et passant par des moyens d'information alternatif (comme rue89)pour prendre conscience de l'ampleur que peut prendre cette mobilisation.
Autre probléme : l'administration des universités et des lycées (et parfois la police) cassent les mouvements de blocages en appellant à la violence (en maintenant les portes ouvertes avec des chaines forcant ainsi les bloqueurs à faire une chaine humaine et en encourageant les éléves à rentrer en chargeant)
Les blocus se passent ainsi dans un climat de tension et de violence qui n'encourage pas à continuer le mouvement. Rien qu'à Paris 4 lycées (seulement à ce que je sache) ont arreté leur mobilisation suite à cela alors que les lycéens avaient voté largement pour.
Autre moyen pour l'administration de casser le mouvemment, menacer les éléves « leaders » (même si ils ne sont considére pas comme tel) de renvoie si le mouvement continue ou encore en fichant les éléves trés impliqués sur leur bulletin (dans les lycées)
Les administratins se doivent de rester neutres et de respecter le vote des étudiants !
Enfin le principal probléme est je pense tout simplement le manque de solidarité qui prend ce pays. Les gens ne pensent qu'à leur diplôme ou à leur bac sans prendre conscience qu'ils ne pourront peut-être rien en faire avec et si ce n'est pas eux ce sera quelqu'un d'autre.
Il faut que tout le monde se rende compte que cette reforme jettera forcément sur le côté des gens désavantagé par leur origine social ou leur choix d'étude !
Cette loi divise encore les français en avantageant ceux qui l'étaient déjà et en enfoncant ceux qui sont déjà en train de se noyer !
Et ce principe se retrouve dans tout la politique du gouvernement !
Et tout le monde regarde ça sans réagir. C'est tout les français qui doivent se mobiliser contre ce principe car tout le monde finira par être concerné.
En esperant des jours plus clément …