Si la plupart des blocages ont été levés, les actions continuent sur certains sites. Le point à Lille, Montpellier et Lyon.
Des CRS qui occupent une fac et empêchent les étudiants d'y entrer : la scène, à front renversé, s'est déroulée dans les locaux de l'université de Lille III jeudi soir. La fièvre étudiante est largement retombée au plan national, et le gouvernement peut miser sur les vacances d'hiver pour éteindre les derniers feux du mouvement. Mais plusieurs sites sont toujours mobilisés contre la loi sur l'autonomie des universités.
A Lille. Les CRS (compagnies républicains de sécurité) ont parfois des ruses de sioux. Jeudi, ils ont profité que les étudiants bloqueurs étaient partis manifester dans les rues de Lille pour investir les locaux de l'université, à la demande du président de l'établissement Jean-Claude Dupas. L'objectif ? Empêcher le retour des grévistes, et permettre la reprise des cours, suspendus depuis le 6 novembre.
De retour au bercail, les étudiants sont tombés sur un cordon de CRS. Lesquels n'ont pas tardé à les repousser jusqu'aux portes du campus. (Voir la vidéo, tournée et montée par des étudiants bloqueurs.)
Acte II, ce vendredi matin. Les CRS ont commencé à trier les arrivants, pour laisser passer les non-grévistes et bloquer les bloqueurs. Lesquels ont choisi d'investir le conseil d'administration de la fac, avant de voter à nouveau le blocage. Les forces de l'ordre ont fini par quitter le site vers 14h30. Une nouvelle AG pour décider de la suite du mouvement est prévue lundi matin. Comme ailleurs, des enseignants chercheurs ont rejoint le mouvement.
Comment en est-on arrivé là ? Jean-Claude Dupas, qui ne souhaite pas répondre aux journalistes selon la « cellule communication », s'est expliqué dans un communiqué :
« Jeudi 13 j'ai demandé l'intervention des forces de l'ordre afin d'assurer le libre accès aux bâtiments de l'université. [Vendredi], j'ai néanmoins refusé de faire intervenir les forces de l'ordre à l'intérieur des bâtiments et je leur ai demandé de se retirer du site afin d'éviter toute confrontation directe. »« Il est important que l'ensemble de la communauté exprime clairement son refus du blocage des locaux. »
« Le président a conservé une attitude de mépris envers les étudiants »
Dans un communiqué, le collectif « Sauvons l'université - Lille 3 » a condamné « l'appel injustifié aux forces de l'ordre (…), qui ne peut qu'exacerber les tensions. » Pour Marc Parmentier, maître de conférence en philosophie, le président de l'université a « perdu les pédales » :
« Il a pris des initiatives qui ne faisaient qu'empirer les choses, au lieu de chercher le dialogue. Il est de la vieille génération, et a conservé une attitude mandarinale de mépris envers les étudiants. Il a cru qu'il suffirait de leur faire peur en menaçant de supprimer les examens. »
L'attitude de Jean-Claude Dupas est, pousuit l'enseignant-chercheur, « la preuve que la loi LRU ne peut pas marcher : on confie trop de pouvoir aux présidents d'université, qui ne sont pas formés pour ça, ils paniquent ».
Autre explication avancée par Dominique Vidal, maître de conférence en sociologie : l'origine sociale spécifique des étudiants de Lille III. « C'est une population qui connaît la précarité dans sa grande majorité », explique-t-il :
A Montpellier, cinq étudiants sont en grève de la faim depuis cinq jours, et entendent poursuivre jusqu'au retrait de la loi : « nous continuerons cette grève de la faim jusqu'au minimum l'abrogation de la LRU », assurent-ils.
A Montpellier III, le blocage a été rejeté par une majorité de votants lors du scrutin organisé par la présidence de l'université jeudi. Comme à Lille, c'est la présence policière qui est dénoncée, comme expliqué vendredi sur le blog du comité de mobilisation des personnels et enseignants :
« Nous condamnons les violences policières et nous apportons notre soutien aux différents étudiants blessés pendant les charges de la police et au membre du personnel de l'UPV violemment étranglé par un policier de la brigade anti criminalité. (…) Nous refuserons d'entrer dans l'université sous escorte policière. »
Le site publie aussi un extrait du journal de France 3 Sud diffusé jeudi midi qui fait froid dans le dos. (Voir la vidéo.)
A Lyon II enfin, la situation est aussi très tendue. Selon une enseignante dont le témoignage est publié par le site militant Bellaciao, « des vigiles privés, très jeunes, non assermentés, arrogants et dépassés par les événements, patrouillent dans la fac avec au bras un brassard orange marqué “sécurité'”.
“Ils apostrophent tout le monde, tutoient tout le monde, et nous demandent de justifier de notre présence dans l'Université en montrant notre carte ‘cumul’ (une carte magnétique d'étudiant ou d'enseignant qui sert aussi de carte de bibliothèque et de carte… de paiement dans l'enceinte de la fac… ce qui, en soit, ne me plaît déjà pas beaucoup).”
Ce texte est en train de faire le tour du Net.
Avec Julien Licourt (ESJ Lille) et Thomas Huet.




















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De Karmus
04H18 | 15/12/2007 |
Enfin !
Merci à Rue89 de relayer ces informations.
Je reste étonné du temps de latence de la part des médias,la question n'est pas que l'on soit pour ou contre les blocages, mais le déni d'information est patent.
Cela concerne notre futur, qui plus est, celui nos enfants, et il serait bon de s'y intéresser car l'avenir leur appartient.
Un tel manque de prise de conscience peu paraître effrayant.
Que leurs est-il réservé ?
à Karmus
De gui522
06H38 | 15/12/2007 |
je suis vraiment affligé de voir comment les médias francais sont sous le controle du président francais cela va faire 5 semaines au moins que certaines universités francaises sont bloquées et pas un article pas un reportage. je suis d'accord avec karmus et soullagé de voir que d'autre l'ont remarqué. Maintenant que les boquages commencent à s'essoufler on va voir réapparraitre des articles. Je ne me place pas pour ou contre les bloqueurs je demande juste le droit d'avoir des informations que je puisse trier moi même sans que d'autre le fasse à ma place.
à gui522
De danielsavary
17H18 | 15/12/2007 |
Tout à fait d'accord : la démocratie n'est pas la dictature tous les 5 ans.
Mais au moins les parlementaires ont-ils une certaine legitimité à nous représenter tous !
Car en quoi l'occupation d'une université est-elle democratique ?
Certains, vont repondre que chaque université « appartient » aux étudiants qui y travaillent et donc que ceux ci peuvent y faire ce qu'ils veulent : occuper les locaux, bloquer les cours, prendre des décisions, … ;
Pas d'accord : l'univesité appartient à toute la nation !
D'ailleurs, si nous acceptions un tel principe, devrions nous accepter demain qu'un groupe de medecin fasciste et anti IVG occupe « leur » hopital pour protester contre des IVG qui se deroulent dans une partie de ce même hopital ?
Devrions nous accepter que des militaires, protestant contre une reforme décidée par le parlement, occupent « leur » base militaire en armes !
La réponse est non ! Cet hopital et ces bases militaires, comme les universités, n'appartiennent pas à ce qui y travaillent, mais à tous les citoyens de ce pays !
Donc, à 2000 % d'accord pour les manifestations d'étudiants, mais pas d'accord avec les occupations de locaux qui appartiennent à la nation !
Nous ne devons pas accepter que des corporations veuillent nous imposer leur décision !
Un homme (ou une femme) = une voix = une démocratie !
à danielsavary
De Les Ln au carré
démocrates sociales convaincues | 19H31 | 15/12/2007 |
Nous ne sommes plus étudiantes, mais nous allons tenter de vous expliquer pourquoi les étudiants grèvistres bloquent leurs universités.
La première raison est que pour pouvoir être entendus, il faut être médiatisés. Et pour être médiatisés, il faut que le mouvement soit visible. Pour que le mouvement soit visible, il faut que des gens soient gênés par ce mouvement. Et ce, d'une manière ou d'une autre… Mais quand on est étudiant, faire grève ne gène personne : pas d'usagers, pas de clients, pas de patrons. Donc, il faut trouver un moyen d'occasioner une gêne. Or, il faut aussi rendre le mouvement sympathique pour le publique, sinon ça ne marche pas. La gêne doit être comprise et logique, ce sont donc des étudiants qu'il faut gêner…
Alors oui, ça bloque les universités !
En outre, quand on est étudiant, on a tout à perdre à faire grève trop longtemps car c'est nôtre avenir qui est en jeu. Et ça, les gouvernements l'ont bien compris (c'était déjà le cas en 68). S'il y a des cours, les mouvements ne peuvent pas durer plus d'une ou deux semaines.
Alors pour pouvoir réellement se faire entendre sans trop risquer, il faut que les mouvements occasionnent une gêne et qu'ils n'impliquent pas une hypothèque directe sur la vie entière !
à Les Ln au carré
De clausius
11H41 | 18/12/2007 |
Il y a une autre manière d'être médiatisé : Manifester devant le ministère de l'enseignement supérieur, en faisant des trucs extravagants ou je sais pas quoi, mais quand on se creuse la tête, on trouve des solutions pour être médiatisé sans embêter les autres.
De plus, si je comprend bien, si tous les étudiants étaient pour la grêve, il n'y aurait plus de grêve, vu que ça ne gènerait plus personne. Drôle de concept…
à danielsavary
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 19H57 | 15/12/2007 |
La « nation », les « corporations », que de beaux mots… L'exemple anti-IVG n'a aucun rapport, dans la mesure ou les anti-IVG, par définition, ne travaillent pas dans des maternités où se pratiquent des avortements.
Les étudiants qui sont dans ces facs ont le droit de décider de leur avenir ! Qui plus est, question « intérêt général » et « intérêt de la nation », la destruction de la recherche en France prônée par ces réformes ne peut guère s'en prévaloir !
Pour le reste, au lieu de répéter inlassablement les mêmes arguments, je laisse la parole :
« Contrairement à mes collègues “ syndiqués ” C. Ramaux (MdC économie Paris 1 / MATISSE) et à J.M. Monnier (PU économie Paris 1, MATISSE) je ne pense pas que la stigmatisation des actions de “ blocage ” des universités par les étudiants soit le reflet de valeurs démocratiques. En effet, la démocratie que nous connaissons aujourd'hui est le résultat de plus de deux siècles de révolutions et de mobilisations sociales qui ont exercé des contraintes sur la société pour la faire progresser.
Or le “ blocage ”, sous des formes diverses et variées, à toujours fait partie du répertoire d'action dans ces luttes progressistes qui bénéficient aujourd'hui à tous : personne ne conteste le principe des manifestations de rue qui pourtant, et inévitablement, “ bloquent ” la circulation routière.
De même, toute action de grève dans la fonction publique a nécessairement pour effet de “ bloquer ” l'accès des usagers à certains services publics (transports, communication, écoles, etc.).
Chaque fois que des enseignants font grève ils réalisent un “ blocage ” en interdisant à la totalité de leurs étudiants ou élèves de suivre des enseignements : peut-on admettre ce pouvoir de blocage des enseignants et le refuser aux étudiants ? La CGT et d'autres syndicats seraient-ils aujourd'hui contre le droit de grève des enseignants ?
Il serait très étonnant qu'après avoir contribué au blocage du pays tout entier, au moment des grèves dans les transports publics, des syndicats puisse répondre positivement à ces deux questions. Si les réponses sont négatives, il faut alors reconnaître que la stigmatisation, par certains collègues, des “ blocages ” étudiants est, politiquement, de nature réactionnaire. »
http://bibliothequesenlutte.wordpress.com/textes-et-elements-de-reflexio…
« Le mouvement universitaire, les “blocages” et les significations de l'antiblocage » Jérôme Valluy (Paris 1)
à Network 23
De clausius
11H51 | 18/12/2007 |
Une manifestation est encadrée de telle sorte que la gêne occasionnée soit vivable pour les automobilistes ou autres, ils ne sont pas entièrement bloqués. De plus, le but d'une manif n'est pas de bloquer, c'est de se montrer nombreux.
Une grêve des transports publics est une grêve, point barre. On ne vous empêchera pas d'aller à la gare, à la limite on peut même vous laisser monter dans un train si ça vous amuse, mais le train ne partira pas. Par contre, bloquer une fac, c'est empêcher physiquement quelqu'un de rentrer. Si il cherche à rentrer, on le repoussera.
C'est infiniment différent.
Sur l'exemple de l'IVG, le monsieur donne un exemple, il ne dit pas que les anti IVG SONT des médecins travaillant dans ces maternités. Il parle du cas où ce type de situation arriverait. Et vous évitez de répondre en disant que ça ne pourrait pas arriver, afin de ne pas dire comment vous réagiriez si cela arrivait. C'est un peu facile…
à clausius
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 19H36 | 18/12/2007 |
Bon, alors les grèves ne bloquent en rien le pays, bonne nouvelle ! Faut le dire à Sarko, plus besoin d'instaurer de service minimum !
Concernant l'IVG, je précise que l'exemple n'a rien à voir, parce que les militants anti-IVG sont des fondamentalistes n'ayant rien à voir avec des employés hospitaliers.
Dans le cas des blocages étudiants, ce sont les étudiants eux-mêmes qui se bloquent eux-mêmes. Le problème, bien sûr, est que ce n'est pas 100% des étudiants qui le font. Là, je veux bien débattre sur le blocage, mais pas avec quelqu'un qui me compare cela avec les commandos anti-IVG.
Il faut aussi préciser que dans la plupart des blocages, les bloqueurs laissent paisser les étudiants qui passent des concours. Il y a rarement des blocages « total ».
Ensuite, le blocage n'interdit pas aux gens d'entrer dans la fac, ca c'est ce que fait le président de la fac lorsqu'il décrète la fermeture universitaire.
Le blocage bloque les cours, pas l'entrée sur le campus, lieu nécessaire au débat & à la mobilisation.
à Network 23
De clausius
16H24 | 19/12/2007 |
Non, les grêves ne bloquent pas, elles gènent. L'usager n'est pas bloqué, il ne peut tout simplement pas partir. Il serait par définition bloqué si on l'empêchait d'aller sur son lieu de travail par des moyens alternatifs. Et ce n'est pas le cas.
Non, il n'y a pas de comparaison entre étudiants bloqueurs et anti IVG. Ce qui est précisé, c'est que QUELQUE SOIENT les revendications, on doit traiter les blocages, qui sont illégaux, de la même manière, c'est l'application d'une république une et indivisible. Donc si on est pour que les forces de l'ordre débloquent un hôpital occupé par des anti IVG, on doit accepter que les forces de l'ordre débloquent une fac. Il s'agit de rester objectif dans ses jugements.
En gros la question qui était posée par monsieur était : « Si on accepte de prendre en considération des revendications à cause de blocages, qu'est ce qui empêcherait demain de prendre en considération les revendications de bloqueurs anti IVG ? », toujours selon le principe d'une république une et indivisible.
à danielsavary
De Manoplas
en los madriles | 12H52 | 17/12/2007 |
à Danielsavary
Les bâtiments appartiennent encore à la nation, mais la réforme prévoie de les privatiser sous la jolie appelation d'autonomie, et ça dès février… Bon, les murs restent à la nation, on est bien avec des murs.
L'Etat avec un grand E et son investissement est en voie de disparition : lobbys, grands groupes médiatiques qui dirige insidieusement les chaînes publiques et privées, clientelisme, rapports consultatifs pour élaborer des textes de lois rédigés par des patrons de grandes entreprises, j'en passe et des meilleures…
Justement l'université appartient au peuple plus qu'à la nation, qui répond avec une méthode certes violente et contestable, mais toujours moins violente contestable que ce que l'on nous fait avaler.
Comparer des étudiants qui luttent pour une université ouverte à tous et basée sur le savoir à des médecins fascistes ant IVG…
Le fascisme je le comparerais plutôt à ces images désolantes de CRS chargeant des étudiants.
Je le comparerais à ceux qui veulent faire de nous des cerveaux bons à produire et non à savoir et à penser.
à Manoplas
De clausius
11H54 | 18/12/2007 |
Quelle mauvaise foi ! Il n'a jamais comparé les étudiant à des fascistes anti IVG, il a fait une analogie entre les deux situations pour poser la question de la légitimité du blocage, pour faire prendre conscience que les pros bloqueurs ne le sont pas pour défendre un droit au blocage, mais parce qu'ils défendent leurs idées qui provoquent ce blocage.
à Karmus
De danielsavary
12H50 | 15/12/2007 |
Cher ami, et plus généralement chers amis étudiants,
vous avez raison, les médias devraient faire état de l'occupation par des groupes non élus (par l'ensemble des citoyens de notre République) des universités de notre pays.
Car les universités n'appartiennent pas à une poignée d'étudiants (ni meme à l'ensemble des étudiants eux memes) mais à l'ensemble des citoyens de notre République qui ont élu des représentants.
Au fond, si vous occupez ces universités, c'est que, comme Pinochet en son temps, vous n'acceptez pas le verdict des citoyens dans les urnes, et vous estimez que votre cause justifie « légitimement » que vous ne respectiez pas les lois de notre pays (le droit de manifester étant légal, pas celui d'occuper des batiments publics ! ).
Je ne peux accepter ces arguments qui sont bien les memes que ceux qu'utilisent ceux (d'extreme droite ou d'extreme gauche)qui veulent instaurer une dictature pour le bien « du plus grand nombre et des déshirités » (sérieusement, connaissez vous une seule dictature qui se soit imposé au nom « de l'intérêt de l'oppression des plus riches »).
J'ai 30 ans, mais quand j'avais votre age, j'étais en Afrique pour aider les plus démunis, ceux qui vivent dans des pays pauvres et qui n'ont ni ordinateur, ni lecteur MP3, ni telephone portable, ni television, ni santé, … !
Le jour ou vous irez manifester pour les vrais pauvres, ceux du tiers monde, ceux qui n'ont même pas accès à l'école, ce jour la je vous rejoindrai !
à danielsavary
De Frère fauve
13H40 | 15/12/2007 |
A vous lire, à partir du moment où l'on a un ordinateur, un lecteur mp3 et un téléphone portable, on n'a plus le droit de se plaindre, et on devrait cesser d'importuner les ardents défenseurs de la République qui ont aidé « les plus démunis en Afrique ». Je crois quant à moi, qui ai aidé les plus démunis à Lille Fives (où l'on écrit « deshérités », mais c'est peut-être un régionalisme), que l'on a le devoir de se demander, au-delà des urnes, si les représentants du pouvoir élus agissent toujours avec raison, humanité, justice.
Quant à l'attitude des médias, je préfèrerais voir un reportage sur cet énorme problème de société - cette réforme aura des répercussions en amont et en aval de l'université, d'où l'implication de certains lycéens - que sur la meilleure façon de gaver une oie, le dernier savetier de Châtel-Censoir, ou sur le joli métier de père Noël, avec interview d'un membre du gouvernement sur la beauté des paquets, fiscaux ou pas.
à danielsavary
De Veum
doctorant | 13H54 | 15/12/2007 |
Qui peut dire qu'il y a eu un débat sur l'université et la recherche, débat tranché par l'élection présidentielle ? La démocratie ce n'est pas la dictature tous les 5 ans…
à Veum
De clausius
12H00 | 18/12/2007 |
Je pense que pas mal de personnes dans le monde aimeraient vivre dans une dictature comme la nôtre.
Je pense que du coup nos chers académiciens devraient inventer un nouveau mot pour qualifier le régime chinois, « dictature » me paraissant un peu léger lorsqu'un on compare ce pays au notre.
à danielsavary
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 15H10 | 15/12/2007 |
C'est tout à fait honteux de comparer le mouvement des étudiants, des enseignants et des chercheurs à Pinochet qui est un assassin sans vergogne.
Le seul rapport que je vois est que la LRU est une loi d'inspiration Thatcheriste - et nous savons maintenant que cette dame est une amie fidèle de Pinochet. Encore des questions ?
De OsK
04H59 | 15/12/2007 |
Il ne faut pas s'étonner du temps de latence des médias télévisés, nous attendrons tous comme à notre habitude qu'il soit trop tard, et quand ça recommencera, et ça recommencera à n'en point douter ; nous constaterons effectivement qu'à posteriori et bien trop tard, le sujet n'avait pas été traité par les médias dans l'immédiat. Nous oublierons alors de nous rebeller à nouveau laissant au passé le soin de parer de regrets le passage sous silence par les chaînes du service publique de ces événements là…
Il est toujours trop tard.
De alonzanfan
07H31 | 15/12/2007 |
la loi de la terreur policiere est insuportable quand on regarde la video on ne peut que constater que les etudians recule sans opposer grande resistance car comme dans les année 60 la police tabasse aveuglement c est navrant quand aux medias ils ne relairons l information que si il y a des violances de la part des etudiants bizare……
De sinclair
07H38 | 15/12/2007 |
Cest fou non ! !
Enfin mais ce mouvement est fini non ?
Eh bien non il n'a jamais cesse mais les medias n'en parlaient plus NS leur a dit terminé donc terminé. Donc on ne peut parler de ce qui n'existe pas.
CQFD comme disait l'autre
De plus beaucoup de syndicats ne représentent plus qu'eux même. La « modernisation » des université qui a compris ce qui a ete change ces derniers temps ? Les M d'euros provenant de la vente d'EDF auraient été moins importants car Lagarde a appris le truc a la télé donc retard a la préparation donc baisse du cours EDF donc moins de sous.
Durant le sommeil des français la vente des bijoux de famille continue pour faire moderne.
De phalie
09H06 | 15/12/2007 |
On ne parle pas des universités ou peu dans les infos, mais qu'en est-il des lycées qui en ce moment se mobilisent autour de la réforme des bacs pros et de la supression des bep… Là non plus on entend rien, on ne voit rien. Pourtant, ils se mobilisent dans les grandes villes et les petites… Les lycées sont bloqués aussi…
De Le Yéti
yetiblog.org | 13H18 | 15/12/2007 |
UN ESSOUFLEMENT QUI NE MANQUE PAS D'AIR
11 décembre 2007, France Inter annonce presque en catimini que trente-cinq universités (sur quatre-vingt) sont encore plus ou moins « bloquées ou très perturbées ». Ah bon, il paraît qu'il s'essoufflait, ce mouvement ! Tellement à court d'oxygène, nous laissait-on entendre, que plus aucun des médias du cénacle bien en cours ne jugeait bon d'en piper mot.
Et pourtant, apparemment, l'asphyxié bouge encore (merci Rue 89 ! ). Et d'une façon assez inédite.
La semaine auparavant, à Caen, un groupe de faculteux défilait en braillant de drôles de slogans, en brandissant de drôles d'affiches :
« Merde au fric… Non aux entreprises… À bas le monde des flics et du fric… »
Ça changeait étrangement des sempiternels « du boulot et des sous », « des 4x4 pour tout le monde » ou encore « non à la misère du monde chez nous… »
13 décembre 2007, un article de Libération sur la situation à l'université Paris 8. Une banderole sur le fronton :
« L'utopie fait partie de la mémoire de cette fac. »
Là franchement, ça tourne à l'extravagance. Mais non, à Paris 8, les potaches ont dressé un « mur d'expression libre » avec les tables. Et quelles expressions !
« Résister, c'est créer… Prendre un tract, c'est bien. Résister, c'est mieux… Nous réclamons notre droit à rater notre existence, compte tenu du modèle de réussite contemporain… »
Des profs côtoient les grévistes et ont monté des « cours alternatifs » au motif que « la grève, ce n'est pas la cessation totale d'activité » et pour que « la fac soit un lieu de rencontre, de réflexion sur la société, pas seulement un endroit où accumuler quelques connaissances. »
En fait, ça ne mange pas de pain, ce genre de revendications. Les étudiants ne sont pas des crétins. Ils se rendent bien compte qu'ils n'ont strictement PLUS RIEN à attendre ou à espérer du monde qu'on leur propose. Sinon celui de sombrer avec lui. Tant qu'à faire d'être dans le pétrin, autant demander l'impossible.
Au fait, c'est quand le quarantième anniversaire de Mai 68 ?
--------
Quelques adresses pour ceux qui veulent s'informer (cliquer sur les noms) :
II
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 09H12 | 15/12/2007 |
Faudrait pas oublier non plus que beaucoup d'anti-bloqueurs sont malgré tout contre la loi LRU.
De Saku
Prof de lettres | 09H56 | 15/12/2007 |
Oui, enfin !
Le mouvement ne s'essouffle pas : il est simplement nié, alors que les initiatives des enseignants-chercheurs se multiplient, que « Sauvons l'Université » fédère de plus en plus d'équipes enseignantes contre le projet.
Voir à ce sujet :
http://www.sauvonsluniversite.com/
De caro
délinquante avérée | 10H00 | 15/12/2007 |
Et Grenoble ?
On peut suivre les évènements sur indymedia.grenoble :
http://www.grenoble.indymedia.org/
la police, là aussi, est sur le campus
http://grenoble.indymedia.org/index.php ? page=article&filtre=1&droiteA=1&…
les explications d'une prof contre la LRU
http://grenoble.indymedia.org/index.php ? page=article&filtre=1&droiteA=1&…
à caro
De Le Yéti
yetiblog.org | 10H24 | 15/12/2007 |
@ caro
Adresse rajoutée dans ma liste ci-dessus. Merci
De Xa_chan
(nippon ni mauvais) | 10H25 | 15/12/2007 |
Dormez bien, braves gens de la Droite, votre prince-président s'occupe de tout et surtout de dire aux journaleux que l'agitation de quelques pauvres étudiants ne vaut pas la peine qu'on en parle. Vous pensez bien, ma brave dame, déjà que ce sont des improductifs par nature, si en plus fallait les écouter ! !
La démocratie française vit ses derniers instants. Tant mieux, on va pouvoir mieux la reconstruire une fois qu'on aura envoyé la Droite se décomplexer du côté de la Terre Adélie !
Les vacances d'hiver vont tuer le mouvement ? Que nenni ! Il reviendra encore plus fort car certains se seront enfin aperçus de la forfaiture qui est en train d'être imposée à l'Education Nationale au profit de la rentabilité et du « même moule pour tout le monde ».
Quand on pense que mâme Pécresse a décidé que la première année de fac serait maintenant pluridisciplinaire et fortement encadrée pour réduire l'échec des étudiants, on croit rêver… Etudiants, soulevez-vous, ils vont transformer la fac en lycée ! !
Il faudrait plutôt se demander si bon nombre des étudiants qui échouent en première année avaient vraiment leur place à la fac et s'ils n'auraient pas souhaité faire autre chose. Mais la doctrine du « 80% de réussite au BAC » est passée par là, prochain objectif 80% de réussite en licence ? ? Du coup, comme tout le monde aura son Brevet, son Bac et sa licence, que vaudront ces diplômes ? Rien, nada, nib, oualou, zobi macache. Il faudra donc passer par les universités qui pratiqueront une sélection pour que le monde du travail puisse vous dire « ah oui, CETTE licence vaut en effet quelque chose ». Les autres auront des diplômes poubelle et seront donc taillables et corvéables à merci par les entreprises qui feront la moue : « mhhoui, vous venez de l'université xxx ? bof… »
Et puis, c'est prendre les étudiants pour des crétins ! Ils ont encore besoin qu'on leur tienne la main ? ? Mais bon sang, jusqu'où cete fabrique de moutons décérébrés et consommateurs osera-t-elle s'avancer ? Réveillez-vous, étudiants, ils veulent vous lobotomiser en échanger d'un confort moral que vous paierez cher, mais il sera trop tard ! ! Exigez la refonte de la scolarité, que TOUS les choix d'orientation, bep, cap, bac pro, IUT, fac, grandes écoles, formations alternatives, soient valorisées au même niveau ! Vous avez le droit, non, le devoir de revendiquer le libre choix de votre orientation scolaire en fonction de vos goûts et de vos aptitudes ! Ce n'est que comme ça que vous aurez de vrais diplômes…
à Xa_chan
De clausius
12H07 | 18/12/2007 |
La valorisation, on peut la mettre dans un coin de votre diplôme : « Ce diplôme de commercial vaut autant qu'un diplôme de coiffeur ou d'ingénieur ou de maître tisserand ». Ok, mais après la valorisation ne dépend que de ce qu'en pensent les autres, et en particulier les entreprises qui recrutent. Mais peut être êtes vous contre les entreprises, et pour une éconimie planifiée où tout le monde gagne pareil. Dans ce cas le débat est tout autre…
De citoyensly
10H29 | 15/12/2007 |
notre pays est en danger ! En danger démocratique en effet lorsqu on censure ce genre d info qui relate que notre jeunesse est réprimé par la force, que son droit d exprimer son mécontentement est réprimé par la matraque , on se dit que les termes de liberté de la presse , liberté individuelle SONT sérieusement remis en cause depuis quelques mois !
c est notre devoir de résister c est notre devoir d informer les français , on ne PEUT laisser notre pays et son histoire aux mains de personnes qui prennent notre pays comme une dictature démocratique ou l avenir du peuple n est en aucune manière la motivation centrale !
nous devons dire non…
sly de http://vigicitoyen.canalblog.com/
De HL
10H35 | 15/12/2007 |
Il serait intéressant (pour un article plus complet, voir exhaustif) d'obtenir un état des mobilisations dans les différentes universités françaises.
Par exemple à Paris-Diderot Paris-7, bien que les blocages des cours aient cessé, la situation est de plus en plus tendue avec le président élu en mai 2007 Guy Cousineau (violents échanges de mails avec des personnels et des membres des conseils) depuis le blocage mardi 11 décembre par 150 étudiants et enseignants du Conseil d'Administration (CA) devant voter la composition des CA suivants, c'est à dire correspondant au premier pas de l'application de la loi LRU.
Un des premiers effets de la loi LRU, avant même son application, semble être (pas seulement à Paris-7) la polarisation des relations entre la présidence (pourtant constituée d'enseignants-chercheurs élus) et les étudiants, mais aussi les personnels : comme si la gouvernance universitaire qui prévalait jusque là devait laisser place à un gouvernement sans concertation, en faisant au passage disparaitre la réalité d'une cohésion au sein de la communauté universitaire de chaque établissement, ce qui est paradoxal à un moment où chaque université est encouragée, par l'autonomie économique, à se vivre comme l'échelon pertinent vis à vis des acteurs extérieurs, de la politique de recherche, du « fundrising », etc.
(AG des personnels lundi à 12h30 sur le site Paris-Rive gauche)
à HL
De Le Yéti
yetiblog.org | 10H41 | 15/12/2007 |
SVP, donnez l'adresse du blog de Paris VII (et s'il n'existe pas, créez-le ! ). Merci d'avance.