Selon Pierre Jeantet, Le Monde diplomatique « a pour vocation d'être pluraliste envers l'ensemble des gauches ». Cette déclaration, que le président du groupe Le Monde a faite vendredi « à titre personnel », relance le débat au moment où le « Diplo » change de direction, affiche 500 000 euros de pertes et pourrait être vendu.
Depuis 2003, à la veille de son cinquantenaire, Le Monde diplomatique a perdu 70 000 exemplaires vendus. La diffusion totale payée devrait s'élever à 170 000 copies en moyenne cette année. Devant l'Association des journalistes des médias et de la communication, Pierre Jeantet a exprimé son « idée personnelle » sur les causes de cette vertigineuse chute :
« L'altermondialisme a fait 0,5% aux dernières élections. Le Monde diplomatique a un problème de ligne éditoriale. Il n'a pas fait sa mutation. »
Cet avis, le président du directoire en a fait part aux journalistes du mensuel. Un simple avis, puisqu'il « respecte l'indépendance des rédactions » de son groupe, qui possède 51% du capital du « Diplo ».
Les Cahiers du cinéma, Fleurus et le « Diplo » pourraient être vendus
Le successeur de Jean-Marie Colombani a été élu notamment pour assainir les finances de son groupe, qui cumulera 150 millions d'euros de dettes à la fin de l'année. Après Midi Libre, dont la vente pour 90 millions d'euros sera signée ces jours-ci, on prête à la direction l'intention de se séparer d'autres titres, comme Les Cahiers du cinéma, le groupe jeunesse Fleurus Presse, ou le « Diplo », donc. Rien ne sera annoncé avant, au plus tôt, le conseil de surveillance du 19 décembre.
Rédacteur en chef du mensuel d'actualité internationale, Maurice Lemoine veut croire que « cette cession n'est pas à l'ordre du jour ». « Nous sommes sereins », dit-il. Le journal possède des réserves financières, une notoriété planétaire avec soixante éditions internationales, ainsi que ses locaux, dans le XIIIe arrondissement de Paris.
L'ordre du jour, au « Diplo », est avant tout à l'élection du remplaçant d'Ignacio Ramonet, le président du directoire -à la tête du titre depuis 1991-, et du directeur général, Bernard Cassen. Deux scrutins ont eu lieu ces derniers jours. L'ex-rédacteur en chef Alain Gresh, qui s'est présenté par deux fois devant les suffrages des salariés -l'association Gunter-Holzmann, qui possède 25% du capital-, n'a rallié que 9 voix sur 20.
On lui reproche notamment sa proximité supposée avec Tariq Ramadan (ils ont publié un livre ensemble). Bruno Lombard, le directeur financier, avait obtenu le minimum requis (11 voix), mais a été retoqué par l'association des lecteurs (détentrice des 24% du capital restants), au motif qu'il n'est pas journaliste.
« On ne change pas la ligne éditoriale d'un journal comme Le Monde Diplo »
C'est désormais Maurice Lemoine qui postule à la succession d'Ignacio Ramonet, éventuellement en tandem avec le journaliste Serge Halimi. Le scrutin aura lieu « avant le 25 décembre », dit le rédacteur en chef, qui s'étonne de recevoir de plus en plus d'appels de confrères : « Nous sommes dans un processus normal », assure-t-il.
Certes, le processus est statutaire. Mais le « Diplo » traverse bel et bien une crise, au moins commerciale. « C'est le cas de toute la presse, et pour nous ça s'est stabilisé depuis quelques mois », se défend Lemoine. Crise éditoriale ? Les remous en 2006 à la tête d'Attac, association dont le mensuel est cofondateur, ont eu des répercussions sur la rédaction.
Interrogé sur la déclaration de son actionnaire majoritaire, le rédacteur en chef juge ce dernier « un peu pessimiste sur l'altermondialisme ». S'exprimant lui aussi « à titre personnel », Maurice Lemoine estime qu'« on ne change pas la ligne éditoriale d'un journal comme Le Monde diplo. Notre coeur de lectorat y est très attaché. »
Fondé en 1954 par Hubert Beuve-Méry comme supplément du Monde destiné aux « cercles diplomatiques et aux grandes organisations internationales », le « Diplo » se définit aujourd'hui comme « un journal d'actualités internationales engagé ».
Doit-il s'élargir vers l'ensemble des gauches » pour conserver une audience importante ? Le débat est ouvert.





















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De weezer
13H08 | 15/12/2007 |
Abonnée depuis ce mois de décembre après l'avoir parcouru gràce à Rue89,je souhaite que la ligne éditoriale reste fidèle à ce qu'elle à été jusqu'à présent,c'est à dire engagée.Une partie de l'ensemble des gauches me semble très ramoli et pour le moment sans grande motivation…Je fais confiance à ses journalistes pour la poursuite de leur travail en toute indépendance ; leur point de vue est indispensable…
De ThomasLefebvre
Rapatrié | 13H56 | 15/12/2007 |
Vous bottez en touche : vous pensez réelement que LeMonde Diplo est La lecture de réference dans les cercles diplomatiques ?
Que trouve-t-on dans les ambassades ? Foreign Affairs, The Economist, FT, etc… Lorsque l'on se « tape » le Monde Diplo c'est lorsque l'on est candidat a la déprime.
De Francis_III
14H16 | 15/12/2007 |
Bonjour à tous et à toutes.
Je ne suis pas abonné (encore ! ) au Monde Diplomatique, mais en tant que lecteur plus ou moins assidu, j'en apprécie la qualité. Cela change des newsmagazines truffés de pub (NouvelObs, Le Point,…) et constitue un bon complément à la presse généraliste. Les articles sont intéressants mais peu accessibles au commun des mortels, un peu trop élitistes.
Ce qui peut expliquer l'échec économique du journal. Toujours est il que Le Monde Diplomatique doit continuer à fonctionner à mon humble avis, ne serait-ce que pour assure la diversité de la presse. Hélas, la loi de l'économie vient mettre à mal la pérennité d'un titre de qualité, certes orienté, mais de qualité.
Je tiens aussi à louer les qualités d'une des publications du « Diplo » : Manières de Voir. Très bien documenté, complet,…
Longue vie au Diplo.
Francis