Après Madrid, Oslo, Camp David, Sharm el Sheik et Taba, puis un détour par Genève, la réunion d’Annapolis est arrivée à point nommé pour réactiver un mythe, qui bien que porté à bout de bras par ses différents protagonistes, était en passe de s’effondrer : celui du processus de paix au Proche-Orient.
Depuis la prise de Gaza par le Hamas en juin dernier, il n’y a plus une seule mais deux Palestine et bien plus encore si l’on considère l’état d’extrême fragmentation, géographique, sociale, politique, de la Cisjordanie. L’Autorité palestinienne ne contrôle plus que certaines villes et encore, durant la journée. Elle n’est plus qu’un fantôme d’administration dans un territoire où stratégies de survie quotidienne et solidarités familiales ont pris le pas sur les projets politiques. La déploration israélienne de l’absence de partenaire, constamment objectée à toute négociation sérieuse, quel que soit d’ailleurs le partenaire, pourrait bien prendre la forme d’une prophétie auto réalisatrice.
La marginalisation de l'Europe
Or, c’est précisément le moment choisi pour négocier et pour "relancer" une "feuille de route" non pas moribonde, selon l’expression communément admise, mais bel et bien enterrée depuis fort longtemps. Soigneusement discrédité à l’époque où il exerçait la primature, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, désormais désavoué par les élections législatives, est érigé en partenaire incontournable par ses adversaires israéliens et la communauté internationale.
Exit le Quartet, et avec lui l’Union européenne et les Nations Unies. Place aux choses sérieuses: une négociation bilatérale sous l’égide des Etats-Unis. On laisse aux Européens le soin de gérer les questions humanitaires: une Conférence des donateurs est prévue à Paris le 17 décembre. Nul doute, cette fois, que l’Union européenne sera bien conviée à la table des généreux donateurs pour apporter son écot.
Résoudre cette question ne relèvera pas de la providence
Devant cette marginalisation de l’Europe et de la France, invité à clarifier les raisons de son enthousiasme sur les résultats d’Annapolis devant l’Assemblée nationale, notre ministre des Affaires étrangères s’est exclamé "Après tout, si ça réussissait?", renvoyant à je ne sais quelle puissance immanente le soin d’y parvenir.
Or on ne peut s’en remettre à Dieu, par ailleurs abusivement sollicité par les hommes dans cette région, pour assurer le succès de ces négociations. La question n’est pas tant pour nous, parlementaires, de savoir ce que pourraient bien faire l’Union européenne ou les Etats unis dans ce dossier mais bien ce que peut ou veut faire la France dont la politique étrangère est, à ce que l’on dit, mondiale et qui dispose d’un siège de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies.
S’attaquer aux questions de fond
Il faut redonner au processus une perspective politique. Les éléments en sont connus, il s’agit des paramètres dégagés par Bill Clinton dans les derniers jours de son mandat et négociés à Taba au début de l’année 2001. Leur inscription dans la réalité ne nécessite même pas la courte année que s’est donnée le président Bush avant que, sur le prétendu processus de paix, ne s’abatte le couperet de sa fin de mandat. Pour retrouver la perspective de la paix, il faudra cesser de se contenter de préserver l’Autorité palestinienne dans son rôle de gestion de l’occupation ; il faudra s’attaquer aux questions de fond: les frontières, l’eau, les colonies, les réfugiés, Jérusalem, la sécurité. Faute de quoi la jonction des désespoirs locaux avec les chimères du jihadisme international pourrait s’effectuer rapidement.
Face à ce danger, pour tous ceux qui sont attachés à la solution des deux Etats, vivant en paix dans des frontières sûres et reconnues, il y a urgence. L’urgence est plus de retrouver le chemin de l’unité palestinienne, condition sine qua non de négociations, que de préserver celle de l’Union européenne qui sert surtout l’immobilisme: la seule recherche du consensus ne peut tenir lieu de politique, elle ne saurait constituer la force d’entraînement que souhaite représenter la France en Europe, dans le dossier israélo-palestinien.
Comme toutes les rentes que ne viennent plus alimenter ni dynamisme, ni créativité, notre rente de crédibilité internationale risque de s’épuiser. A défaut, il est toujours possible d’avoir la foi, de préserver son espérance et de pratiquer la charité, mais cela relève moins de la politique étrangère que de l’acte de foi, ou du pari pascalien.
Monique Cerisier ben Guiga est sénatrice des Français établis hors de France, présidente du Groupe de contact sénatorial France-Palestine

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" il faudra s’attaquer aux questions de fond : les frontières, l’eau, les colonies, les réfugiés, Jérusalem, la sécurité" : certes mais pas seulement.
Il faudra, il faut, empêcher la construction d'avant-postes (des colonies en devenir), l'extension des colonies existantes, le vol des terres par la construction du fameux Mur (qui coupe nombre de palestiniens de leurs cultures vivrières) s'attaquer au racisme anti arabe des israéliens (en plein essor) et que l'ONU, l'Europe et les Etats-Unis en particulier cessent de fermer les yeux sur les violations permanentes du droit international et des droits de l'homme par l'Occupant, à savoir Israël.
Oui je sais "mais les palestiniens eux aussi..." Oui eux aussi. Il se trouve qu'ils sont les occupés, qu'ils n'ont pas d'armée, eux, et qu'ils ne possèdent pour l'instant que de 22% de leur territoire originel (qui s'amenuise à chaque colonie ou extension de colonie). Il semble bien que le fléau de la balance penche dangereusement...
Une égérie de France-Palestine, Monique Cerisier ben Guiga, débordée dans sa frénésie anti-israélienne par plus hystérique qu'elle, voilà qui pourrait passer pour une plaisante anecdote. Avec la rhétorique bien connue de la "riveraine" dont il est question, cette surenchère haineuse dépasse largement les limites du débat rationnel sur le conflit pour atteindre les sphères de la psychopathologie.
C'est tout de même assez singulier, que vous manifestiez à peu près systématiquement cette incapacité à lire un texte pour ce qu'il dit et non pour celui qui l'a écrit. Ne vous a-t-on jamais appris que, pour valablement confronter des opinions, il faut tout d'abord comprendre celle d'autrui ? Or vous vous contentez de les présupposer, puis de les caricaturer.
Votre autisme politique est sidérant. En outre, il rend vos propos d'un prévisible consternant. Tout ce que vous reprochez aux autres, en somme.
C'est l'émotion d'avoir reçu Kadhafi à Paris qui vous fait bondir encore une fois comme un cabrit? Soyez rassuré, j'ai lu attentivement - en me bouchant le nez - le texte de notre "sénatrice des Français de l'étranger". Elle est dans son rôle de propagandiste notoire au service des milieux islamo-gauchistes en clouant une fois de plus Israël au pilori et en voulant démolir l'AP de Mahmoud Abbas au profit du Hamas. Madame ben Guiga ne milite pas en faveur d'un processus de paix au Moyen-Orient mais pour l'instauration d'une cour martiale avec peloton d'exécution. Rien n'est honnête dans son argumentation, tout est distordu, inversé, fallacieux, frauduleux. Elle n'invite pas au débat, elle appelle une fois de plus au massacre. Laissons-la jouir de ses fantasmes et des acclamations délirantes des indigents de son fan club. Bon gargarisme à tous les activistes!
Ce qu'on peut en effet constater à vous lire, c'est qu'avec une "argumentation" (?) d'une telle indigence, vous contribuez grandement à faire progresser le débat.
Nul ne peut douter que vous oeuvrez en faveur de la paix que vous prétendez appeler de vos voeux. Avec une paix comme la vôtre...
Et vous, quelle a été votre contribution qualitative à ce débat autrement que de vous coller - comme à votre habitude -comme un morpion? Lâchez-nous la grappe une bonne fois pour toutes!
Du moins aurai-je essayé d'obtenir de vous des arguments. En vain, puisque force m'est de constater que vous n'y parvenez pas : vous n'avez toujours rien démontré, sinon vos préjugés (ce que vous faites encore avec ce message, du reste).
Au total, vous êtes risible. Le saviez-vous ?
(Le morpion s'agrippe aux testicules à l'hygiène douteuse. Cette hygiène douteuse, sur le plan intellectuel, s'entend, reflète-t-elle donc l'opinion que vous avez de vous-même ?)
Je me suis adressé à un ami spécialiste, il vous a identifié comme morpion sauteur (morpionibus reboudius), un type de parasite particulièrement hargneux qui se colle dans toutes les situations. Il va falloir utiliser le DDT à forte concentration.
La France & l'UE doivent utiliser de tous leurs pouvoirs pour faire respecter le droit international, et notamment la condamnation du Mur d'un autre âge.
Par ailleurs, la France doit soutenir le citoyen franco-palestinien Salah Hamouri, devant cette protection à tout ressortissant français, comme l'a demandé le député de Seine-Saint-Denis Patrick Brouezec (http://www.europalestine.com/spip.php?article2900)?
Nous devons en retour exiger que la France et l'UE remplissent leur responsabilités, au lieu de soutenir les travaux d'Alstom & Connex (Veolia-Transport) sur le tramway à Jérusalem (http://www.ism-france.org/news/article.php?id=5649&type=communique&lesuj...)!
Il faudrait déjà que le processus de négociation de paix soit bien engagé, que les Israéliens soient assurés qu'il n'y aura plus d'attentats-suicides pour qu'enfin le mur soit détuit. Malheureusement, tant qu'il n'y aura pas cette assurance, tant que les quassam continuent à tomber tous les jours sur Sderot, je ne vois pas le gouvernement israélien renoncer à ce qu'il croit être une protection.
La paix se fera si les politiques le veulent bien. Il est grand temps que la société civile, israélienne, palestinienne, étrangère les pousse en ce sens.
pensez vous que la résistance à l'occupant s'arrêtera tant que celui-ci continuera de s'approprier illégalement des terres et l'eau ?
aujourd'hui à Gaza a eu lieu une manifestation pour célébrer les 10 ans du Hamas
D'après une dépêche AFP "Rappelant que le Hamas ne reconnaîtrait jamais Israël, le Premier ministre limogé Ismaïl Haniyeh a fustigé les négociations de paix entreprises par le président Mahmoud Abbas, qui doit assister lundi à la conférence des donateurs de Paris, destinée à financer la création d'un Etat palestinien."
Que penser du Hamas ?
le Hamas a bien servi Israel qui l'a largement soutenu à ses débuts, pour nuire au Fatah qui règnait sans partage.
le division de l'ennemi est une vielle technique qu'Israel réédite actuellement en fournissant des armes au Fatah, en autorisant l'acheminement de matériel blindé russe, en libérant uniquement des prisonniers du Fatah tandis que l'on enlève ou tue des Hamas...
ps : c'était le 20e anniversaire
vous avez raison : diviser pour régner. Mais qui donc fournit les armes, munitions, explosifs au Hamas ? ...
les armes arrivent pour Gaza par l'Egypte en général, d'autres par la Jordanie ou du Liban, pour atteindre la Cisjordanie, elles peuvent provenir de Russie via l'Iran.
des militaires Israéliens il y a environ deux ans ont été condamnés pour trafic d'armes avec les Palestiniens.
Quant à Israël, ce sont les Etats-unis qui fournissent les armes, et Israël en fabrique également beaucoup...
Chacun a les fournisseurs qu'il peut.
< La déploration israélienne de l’absence de partenaire, constamment objectée à toute négociation sérieuse, quel que soit d’ailleurs le partenaire, pourrait bien prendre la forme d’une prophétie auto réalisatrice. >
La phrase est belle, mais quelle duplicité !
Israël a toujours clamé qu'il n'avait pas de partenaire, mais avec qui négocie-t-on si ce n'est avec ses ennemis ? Ce n'est pas à une partie de choisir son interlocuteur.
Encore faut-il avoir la volonté réelle d'aboutir à la paix.
D'une certaine manière Israël s'est toujours arrangé pour jouer les anges en déclarant : nous voulons bien négocier mais regardez en face il n'y a personne, ce n'est pas notre faute !
Et quand il y a des réprésentants légitimes - élus par le peuple - Israel les déclare infréquentables, les poussant sur le côté en aidant les perdants des élections.
Israel ne veut pas de partenaire de discussion
Bonjour,
Il faudrait que les Israéliens se rendent compte que leur pays n'est en fait pas plus légitime que par exemple, celui réclamé depuis très longtemps par les Kurdes vivant écartelé entre Irak, Iran et Turquie qui chacun ont annexé un bout de son territoire, peuplé lui presque exclusivement de Kurdes!!!
Le meilleur garant de l'existence d'Israél à long terme est l'existence à ses frontières d'un Etat Palestinien indépendant, moderne,débarrassé de ses extrémistes, ce qui ne peut se faire que par la Paix.
Lairderien
la situation est indem...voila des accords qu'ils signent sous les yeux du monde entier,età peine rentrés chez eux ils signent l'extension et la construction de nouvelles colonies.Ou on dit il n'y aura jamais d'état Palestinien,parceque notre fantasme collectif nous a attribué cette terre,promise,elle est promise c'est écrit ou ça été é crit il y a plusieurs siècles.Ou alors il faudra que la communauté internationale cesse d'être autiste et prenne ses responsabilités.
Bonjour
Une conférence d’une journée pour un conflit des quelques décennies, il n’y avait pas grand-chose à en attendre.
Pourquoi une telle urgence à ces heures étranges de l’administration Bush, alors qu’il ne lui reste qu’un an à peine en fonctions ? Pourquoi cette urgence alors qu’au cours des sept dernières années, l’administration Bush a traité les Palestiniens plutôt à la légère.
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Certaines personnalités étaient convaincues que pour avoir une paix israélo-palestinienne, il fallait aller en Irak et éliminer la menace Saddam Hussein. Pourquoi était-il tout à coup crucial de l’éliminer pour obtenir la paix israélo-palestinienne ? Parce qu’avec Saddam Hussein sorti de la scène, les Palestiniens n’auraient plus de parrain.
Où sont les américains aujourd’hui par rapport à l’Irak ?
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Les objectifs de cette conférence :
1) Rendre Abbas présidentiable, créer sa crédibilité, donner l’impression que la communauté internationale, cette chose nouvelle que l’on appelle « communauté internationale », croit en Abbas.
2) Assurer des ressources pour l’Autorité Palestinienne. Les membres du G8 et les 10 pays industrialisés seront présents afin de s’engager à fournir des ressources. Le pari israélo-américain, c’est que les Palestiniens voteront en fonction de leurs intérêts et c’est pourquoi de plus en plus de ressources vont à l’Autorité palestinienne d’Abbas pendant qu’on affame l’Autorité palestinienne du Hamas dans la Bande de Gaza.
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Après le sommet, quand Abas est rentré , on lui donnera les clés de la société palestinienne avec les ressources et la crédibilité. Alors on resserrera encore l’étau sur les Palestiniens de Gaza pour qu’ils comprennent qui est le chef et comment ils doivent se conduire. Mais voilà, tout cela fonctionnerait magnifiquement s’il n’existait pas une communauté de colons israéliens avec leurs propres idées et leurs propres projets.
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Pour les colons, même Abbas, avec tout ce qu’il représente, est inacceptable, parce qu’ils n’ont pas renoncé au « Grand Israël ». C’est pour cela qu’Abigail Lieberman, le vice premier ministre israélien, pense que les Palestiniens doivent tous être « transférés » des Territoires occupés et qu’il existe déjà un Etat palestinien qui s’appelle la Jordanie. Il est le numéro deux du gouvernement d’Olmert. Israël n’est donc pas prêt à affronter ses colons. Et même si demain Abbas vendait les droits de sa propre mère ils répondraient : « Ce n’est pas suffisant. Ce que nous voulons c’est que vous et vos cousins, oncles, sœurs, frères et tout le monde preniez vos valises et que vous partiez de l’autre côté du Jourdain. Alors, nous aurons une solution acceptable. »
Il y a 530 000 colons dans les Territoires occupés et ils sont lourdement armés. Beaucoup font partie des patrouilles frontalières, c’est-à-dire de l’élite militaire israélienne. La société israélienne en général, et encore moins le gouvernement, ne peuvent s’opposer à eux parce que ce serait nier l’idée historique du sionisme, du retour sur la terre donnée par Dieu. C’est un aspect majeur de la société israélienne, et même si les Palestiniens se débarrassaient du Hamas et renonçaient à tous leurs droits, il resterait ce problème au centre de la scène.
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Les Israéliens ne vont certainement pas faire des concessions pour George Bush. Il est un canard boiteux qui va partir dans 11 ou 12 mois. Pourquoi parieraient-ils sur lui ? Ce que Bush veut peut-être, étant donné ses échecs, c’est entrer dans l’Histoire avec un succès, quel qu’il soit. Et s’il veut attaquer l’Iran, il a besoin de cela. Je ne pense pas que les Israéliens aient l’intention de lui offrir une stratégie de sortie, même dans la question israélo-palestinienne.
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Bonne Journée
Madrid