
Pouvoir d'achat : l'intox du « gain d'un mois de salaire »
Le Monde, relayant une interview de madame Lagarde dans le Journal du Dimanche, titrait un article du 9 décembre : « Projet de loi sur le pouvoir d'achat : les Français pourraient “gagner” un mois de salaire. » Christine Lagarde affirme que le gain de pouvoir d'achat « atteindra voire dépassera, en 2008, un mois de salaire, et portera la croissance à 2,25% ». L'OCDE prévoit pourtant 1,9% et certains spécialistes du secteur bancaire anticipent 1,5% du fait du ralentissement des investissements des entreprises.
Quels sont les fondements de cette affirmation ?
Madame Lagarde s'appuie sur un savant calcul livré par Bercy :
« Une mère célibataire gagnant 1600 euros par mois et payant un loyer de 600 euros pourra augmenter son pouvoir d'achat d'un montant équivalent, en cumulant la prime à la cuve (150 euros), une prime de 460 euros de son employeur, quatre jours de RTT rachetés (284 euros), les effets de l'indexation des loyers (101 euros) sur l'inflation et une baisse des prix dans la grande distribution (600 euros). »
Reprenons pourtant ces divers éléments : 1° L'hypothèse concerne un foyer fiscal très particulier : non imposable, avec un revenu inférieur de 300 euros seulement au salaire moyen. Un cas qui ne correspond qu'à une proportion extrêmement marginale de la population. L'imposition de ce « gain de pouvoir d'achat » eut sans doute rendu la démonstration moins attrayante.
2° La prime à la cuve ne concerne que les foyers non imposables se chauffant au fioul. Soit 680 000 foyers (sur 35 millions). Le gain n'est pas de 150 mais de 75 euros : cette prime n'a pas été créée, mais son montant simplement doublé. Cette revalorisation ne couvre pas, loin s'en faut, l'augmentation tarifaire 2007 (+33%, +19 euros/hl) et ne concernera au mieux que 4% des Français. Loin de constituer un gain, elle ne fera que réduire légèrement une forte diminution de pouvoir d'achat, sans affecter la croissance du coût de l'énergie (gaz, électricité, pétrole) pour 95% de la population.
3° La prime de l'employeur repose sur le versement, dans les entreprises de moins de 50 salariés, d'un montant maximal de 1000 euros exonéré de cotisations sociales. Elle ne concerne donc que la moitié de la population active, et moins de 20% des Français. Comment Bercy peut-il en déduire un versement moyen de 2,4% du salaire annuel (qui, de surcroit, « ne peut se substituer à une augmentation de salaire ») ? Selon l'enquête annuelle Haygroup, les salaires devraient augmenter en 2008 d'un niveau analogue à celui de 2007 (3,1%). Bercy table donc sur une augmentation ponctuelle de 5,5%. Il s'agit au mieux d'un voeu pieux.
La loi du 19 décembre 2005 avait prévu un dispositif exactement similaire, sans résultat tangible sur une croissance anémique (1,7%). Il est plus que probable que la prime de l'employeur constitue un simple effet d'aubaine utilisé pour absorber des augmentations salariales déjà prévues au détriment des finances publiques. La cour des comptes rappelait en 2006 que les exonérations de charges sociales patronales sont passées de 3 à 20 milliards entre 1993 et 2005 (30 milliards en 2008). Elle dénonçait à cet égard des dispositifs « incontrôlés » au coût « très élevé » pour les finances publiques et à « l'efficacité incertaine ».
4° Le rachat des jours de RTT n'est pas un dispositif nouveau. Il est prévu par de nombreux accords collectifs. Il ne concerne de plus que 35% de la population active, et bien évidemment pas les chômeurs, les retraités, les salariés des petites entreprises, précaires ou à temps partiel, ainsi que l'essentiel de la fonction publique. Les jours rachetés seront rémunérés avec une majoration « négociée » d'au moins 10% et soumis à l'impôt sur le revenu.
A comparer avec les 25% de majoration des heures supplémentaires (à compter de la cinquième heure) qui sont également défiscalisées. Or, l'incitation aux heures supplémentaires est la mesure phare de ce gouvernement, paradoxalement moins attractive pour l'employeur que la conversion des RTT telle qu'elle est proposée. Madame Lagarde prévoit donc une mesure à contretemps puisque la monétarisation des RTT se fera par définition au détriment du volume d'heures supplémentaires censé doper croissance et pouvoir d'achat. Coûteuse pour l'Etat, cette mesure sera nettement moins intéressante pour le salarié. Comprenne qui pourra.
Quant à l'efficacité de ce rachat en termes de pouvoir d'achat, il concernera au mieux 15% de la population française et nuira inévitablement à la création d'emplois. De plus, tout comme en matière d'heures supplémentaires, ce dispositif présente d'importants effets pervers : d'une part, il crée là encore un effet d'aubaine pour l'employeur qui aurait de toute façon eut recours aux heures supplémentaires. D'autre part, il génère un important risque de fraude : l'entreprise sera tentée d'abaisser le taux de salaire tout en déclarant fictivement de nombreuses heures supplémentaires et rachat de RTT. Ces deux éléments ne généreraient aucun gain de pouvoir d'achat tout en pesant lourdement sur les finances publiques.
5° L'indexation des loyers sur l'inflation. Contrairement à l'affirmation récente de monsieur Sarkozy, cette indexation se fait depuis deux ans sur l'IRL (indice de révision des loyers, sur lequel l'inflation pèse déjà à hauteur de 60%) et non plus directement sur l'ICC (indice du coût de la construction, qui n'en représente que 20%). En 2007, l'indice IRL est de 3,5%, pour une inflation de 2,4%. Il ne s'agit pas, là encore, de gain, mais uniquement d'une limitation de la perte de pouvoir d'achat.
En effet, l'augmentation du loyer pour 2007 eut été de 14,4 euros par mois au lieu de 21. La perte de pouvoir d'achat aurait donc été de 173 euros annuels au lieu de 252. Un « gain » de 79 euros. De plus, cette mesure ne concerne pas les augmentations des loyers de baux nouvellement formés, d'un montant nettement supérieur (6% en 2006). Enfin, elle ne fait que transférer le pouvoir d'achat du propriétaire sur le locataire : si ce rééquilibrage peut s'imposer pour réduire les inégalités croissantes de répartition des richesses, il ne s'agit nullement d'une création de pouvoir d'achat.
6° La baisse des prix dans la grande distribution. D'après l'Insee, la part de la consommation des ménages relevant de la grande distribution est en moyenne de 40% du revenu disponible. Dans l'exemple qui nous occupe, elle serait d'environ 7500 euros par an. Bercy prévoit donc une diminution des prix de l'ordre de 8%. Là encore, une estimation qui paraît pour le moins fantaisiste.
La baisse du coût des produits de grande marque en 2007 (-2,5%) n'a eu aucun impact significatif sur les chiffres de vente et n'a pas empêché une augmentation globale des prix de la grande distribution (+1,6%). De plus, cette nouvelle remise en cause de la loi Galland (déjà modifiée en 2005) va favoriser la pratique du dumping susceptible de nuire considérablement aux PME sans pour autant régler le problème des marges arrières (estimées à 25% en moyenne).
Les principaux adeptes de cette politique sont de grands distributeurs (Carrefour, Leclerc, l'Association nationale des industries alimentaires, etc..), qui ont tout à gagner au développement de pratiques anticoncurrentielles. Le Conseil de la concurrence rappelait, en 2004, les risques de développement excessif des marges arrières et de collusion entre marques, ou encore d'éviction de concurrents par des entreprises dominantes. Autant d'éléments extrêmement dangereux pour le pouvoir d'achat à moyen et long termes.
Dernier point du projet en faveur du pouvoir d'achat, qui n'a étrangement pas été évoqué lors de cet entretien, le déblocage de la participation est censé libérer 12 milliards d'euros. Le dernier dispositif similaire (mis en place par monsieur Sarkozy en 2004) avait cependant illustré la faiblesse d'une telle mesure sur le pouvoir d'achat : 80% des sommes débloquées avait été investies, et 20% consommées.
D'autre part, ce « fusil à un coup » ne constitue qu'une anticipation de dépenses à venir et n'est en aucun cas un soutien pérenne de la croissance. Il ne fait que compromettre la consommation future en augmentant artificiellement le pouvoir d'achat sur une courte période. Enfin, la participation salariale ne concerne que 25% de la population. Une nouvelle fois, en sont exclus les bas revenus, les retraités, les chômeurs, etc…
On ignore le coût précis de ce « paquet fiscal II » en termes de perte de recette, mais le gain total de pouvoir d'achat est généreusement estimé par le gouvernement entre 25 et 30 milliards d'euros. Un « gain » dont la charge sera partagée entre les entreprises et l'Etat. La perte sèche pour les finances publiques doit par ailleurs être ajoutée aux 15 à 20 milliards de sa première version. Rappelons qu'un point de croissance en volume représente environ 16 milliards. Le coût global de ces mesures est donc l'équivalent de 3 points de croissance.
Eut égard à ce montant vertigineux (l'équivalent du déficit annuel public), on devrait pouvoir attendre une croissance de 5% pour 2008, ce qui correspondrait à l'impact d'une injection directe de cette somme dans l'économie française. Or, le gouvernement lui-même table sur une augmentation de 0,3%. Dix fois inférieure. Une contradiction pour le moins surprenante dans les déclarations gouvernementales.
L'augmentation corrélative des déficits publics pose enfin problème au regard des promesses de la France au niveau communautaire, confirmées en juillet par monsieur Sarkozy : celui-ci s'est engagé à réduire le déficit annuel à 2,4% du PIB en 2007, et à 2,3% en 2008. Or, l'OFCE prévoit une augmentation du déficit de 3,1% pour 2008, et constate une augmentation de 2,9% pour 2007. L'engagement pris n'a donc pas été tenu. La France est ainsi le seul pays d'Europe à afficher une hausse des déficits publics et sera également le seul à ne pas respecter les critères de convergences.
La seule voie de sortie possible pour le gouvernement, outre les économies réalisées par la réduction progressive des services publics (fusions, non-renouvellement des fonctionnaires, obligations de rentabilité accrue, cessations d'activité, etc.) sera de procéder à de nouvelles cessions d'actifs. Le gouvernement violera donc une nouvelle fois sa promesse d'affecter le produit de telles opérations à la réduction de la dette publique. En dehors du caractère dommageable de la liquidation progressive du patrimoine public afin de financer des politiques incertaines, il reste à espérer que ces privatisations se feront dans des conditions financières plus favorables que les précédentes, la récente cession partielle d'EDF ayant une fois encore démontré les talents discutables de Bercy en la matière.
Quant bien même les objectifs poursuivis seraient atteints, une simple logique comptable marque l'échec patent de cette politique, qui renforce encore l'endettement massif du pays sans même espérer une rentabilité réelle des investissements consentis. Acheter à prix d'or le pouvoir d'achat d'une génération en sacrifiant celui de la suivante ne peut être considéré comme une stratégie raisonnable et raisonnée.
Dernier point, mais non des moindres, la passivité des médias : que le JDD ne commente pas l'interview de madame Lagarde est compréhensible. En revanche, que Le Monde reprenne in extenso les affirmations de la ministre, relevant davantage de la propagande politique que de l'analyse économique, sans commentaire ni réserve, paraît surprenant, sinon choquant. Réduire le rôle du principal quotidien national à celui de relais de la communication gouvernementale illustre la crise actuelle des médias français. Quant au choix d'un titre aussi « évocateur », il dénote -en dépit de l'emploi du conditionnel- une inquiétante absence d'analyse critique.
- 7761 visites
- Version imprimable
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque




















37
(Pour réagir, connectez-vous)
De pitxu
15H53 | 13/12/2007 |
[URGENT]
Citoyen français recherche guillotine en état de fonctionnement.
à pitxu
De effell
16H54 | 13/12/2007 |
Khadafi peut pas nous en vendre une ? ; -)
à effell
De Ehim
ehim.over-blog.com | 21H13 | 13/12/2007 |
C'est ça, le CAC 40 au pouvoir :
Cupidité, Amoralité, Cynisme, et 40 ministres pour nous faire avaler la pilule.
http://ehim.over-blog.com
à pitxu
De CHOCO MOUSSE
,merci de votre attention | 16H59 | 13/12/2007 |
Et l'intox de l'INSEE qui baisse l'inflation de 7%. Les prix ont augmenté bien au delà de ce que la com politique nous le dit, et à part ça la dictature c'est chez Poutine !
Laissez moi rire !
à CHOCO MOUSSE
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 14H18 | 14/12/2007 |
« Pour faciliter la vie, c'est-à-dire les mensonges, des savants élus par les maîtres de ce système, on a découvert l'utilité de changer aussi les mesures, de les varier selon un plus grand nombre de points de vue, les rafiner, afin de pouvoir jongler, selon les cas, avec plusieurs de ces chiffres difficilement convertibles.
C'est ainsi que l'on peut disposer, pour évaluer la radioactivité, des unités de mesure suivantes : le curie, le becquerel, le röntgen, le rad, alias centigray, le rem, sans oublier le facile millirad et le sivert, qui n'est autre qu'une pièce de 100 rems. Cela évoque le souvenir des subdivisions de la monnaie anglaise, dont les étrangers ne maîtrisaient pas vite la complexité, au temps où Sellafield s'appelait encore Windscale. »
Guy Debord, Commentaires sur la société du spectacle, pp.53-54
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 15H58 | 13/12/2007 |
Sans compter que la mere celibataire qui n » a deja pas le temps de s » occuper de ses enfants va devoir vendre ses RTT simplement pour survivre . C'est vraiment « degueulasse », comme exemple , madame Lagarde , comme dirait Fadela ..
De r_v
16H10 | 13/12/2007 |
Merci a François Doutriaux pour cet article clair (meme pour moi un non-initiés) qui montre encore une fois que ce gouvernement fait de la politique d'annonce en esperant que les Francais ne se rappelerons plus des promesses a l'Heure des resultats.
Je rappelle aussi que le calcul du pouvoir d'achat est sans interet puisque celui-ci se base sur une moyenne et non sur le pouvoir d'achat que l'on peut avoir avec un salaire donné.Bref, si Bill Gates decide de vivre en France le pouvoir d'achat va augmenter…
Petit experience prouvant l'interet des calculs basés sur les moyennes : Mettez vous le cul dans le congelo, la tete dans le four, vous aurez une moyenne corporelle de 30-60°, pourtant… (Je precise que ceci est une experience a ne pas faire chez vous)
à r_v
De Thorgal46
Informaticien dans le Lot | 16H35 | 13/12/2007 |
Mais oui, c'est ça !
tu as mis le doigt dessus :
En vendant à Kadhafi qqs Airbus, Rafales et une ou deux centrales nucléaires, les bons amis de N. Sarkozy gagneront des millions d'euros en plus…
Après tout, ce sont des français comme les autres et donc le calcul « en moyenne » du pouvoir d'achats des Français va augmenter ! !
CQFD
De marie 75 3563
17H05 | 13/12/2007 |
La vérité sur la hausse des prix NOUVELOBS.COM | 13.12.2007 | 12 : 53
Exclusif Le Nouvel Observateur s'est procuré un listing retraçant l'évolution des prix, dans un hyper, de plus de 250 produits de grandes marques parmi les plus vendus dans les grandes surfaces.
Il en ressort une hausse moyenne de 11,5% sur trois ans, deux fois plus que l'inflation. Nouvelobs.com en publie la liste intégrale.
à marie 75
De kamelya
18H23 | 13/12/2007 |
Il faudrait remonter au passage à l'euro. Je connais une employée de boucherie de carrefour qui était chargée de marquer les prix. La méthode à l'époque était de changer tous les jours les prix d'1 cts d'euro et comme on n'était pas habitué on ne se rendait compte de rien. Il me semble qu'à l'époque on nous avait parlé de contrôle des prix ! ! ! !
De Propergol
à bord du Head Hunter | 17H05 | 13/12/2007 |
Le pire c'est que ces petites phrases qui ont l'air vachement bien, classe, pleines d'optimisme oh happy day, le gouvernement les balance régulièrement. A ce stade-là de cynisme, on ne peut plus rien contrôler…on axe la critique et l'analyse sur des gros cas qui vont de toute manière être discutés, débattus, par une majorité de gens qui ont lu des analyses globales sans intérêts (maintenant je suis convaincu que ce n'est pas du non-professionnalisme de la part des grands médias, mais de la salo--rie pour enfumer les Francais).
Le magazine ou journal papier qui recense toutes ces sal---ries, je m'y abonne à vie.
De Photine
17H07 | 13/12/2007 |
Je partage tout-à-fait le commentaire sur l'article du Monde. J'ai moi aussi été étonnée par l'absence totale d'analyse sur les propos de la ministre.
Article très intéressant.
Malheureusement, il n'y a pas assez de journalistes (ou dans ce cas, de pigiste ? ) pour démontrer les mensonges du gouvernement. C'est pour cela qu'on nous en énonce au moins un par jour.
Si les journeaux faisaient leur travail, on entendrait/lirait pas autant de sornettes.
Même si on se rend compte que c'est du grand n'importe quoi, on n'a pas toujours le temps de tout décortiquer et de chercher et trouver les bonnes informations.
Merci rue 89.
http://photine.blog.lemonde.fr/
De C. Creseveur
D'actualité | 17H07 | 13/12/2007 |
Bravo pour cet article. Seul le Canard Enchaîné avait pour l'instant mis le doigt dessus. Tous les autres journaux et médias ont, eux, mis le doigt sur la couture.
En tout cas c'est une belle opération de communication, assez inspirée des méthodes de Jean Louis Borloo qui était capable de nous expliquer qu'il mettait « n milliards sur la table » pour la rénovation des banlieues, laissant entendre qu'il s'agit d'une dépense immédiate et effective, alors qu'il mélangeait des projections budgétaires avec des estimations de coûts, le tout étalé sur 5 exercices !
Le plus important c'est l'effet d'annonce, et que les gens se disent : celui il bosse, hein !
De petite mère de famille
17H20 | 13/12/2007 |
je suis mère célibataire, j'ai 1670€ de revenus nets par mois et verse pour me loger 600€ par mois.
je suis propriétaire, donc l'indexation de loyers ne me concerne pas.
j'habite en appartement, avec une chaudière au gaz, dont le prix va augmenter en janvier, pas de cuve donc.
je suis au forfait jour, donc pas de rtt.
et si mon employeur me verse une prime, la situation de notre (très très petite) entreprise ne nous permettra pas de payer les charges prévues en janvier, donc, je n'en voudrais même pas.
quant à la baisse des prix dans la grande distibution, je ne pense pas investir dans un écran lcd, ou un lave vaisselle.
ah ! je ne sais pas pourquoi, mais je paye des impôts.
voilà
à petite mère de famille
De monicab
00H58 | 16/12/2007 |
c'est tout à fait des situations comme la vôtre, et elles sont innombrables, qui démontrent que Mme Lagarde ne connait pas la France ni la situation des français.
Une arnaque, une intox, de la poudre aux yeux, ce gouvernement n'est capable que de cela ! ! !
C'est une honte !
Bon courage à vous,et à tous ceux qui ont une vie difficile. Je vous souhaite sincèrement un avenir meilleur.
De zx600
17H24 | 13/12/2007 |
ce « 13ème mois » a l'air aussi consistant que les 10 milliards de vente à la Lybie
bravo pour cette analyse de l'article du Monde, un journal de plus en plus paresseux, pour ne pas dire conciliant, quand il s'agit de démonter la propagande gouvernementale
De papiper
instit retraité | 17H38 | 13/12/2007 |
ce régime a un besoin vital d'annonce pour donner l'illusion de l'action a defaut de comptabiliser les resultats qui vont se faire attendre tres longtemps (dans le meilleur des cas ).
le chomage est en decrue non pas grace à la creation d'emplois mais bien grâce à la pyramide des âges et au magouillage des statistiques .
les employeurs n'investissent pas dans les meilleures technologies qui pourraient relancer l'emploi des jeunes diplomés : il n'y a pas de débouchés sur le marché national et à l'export nos voisins allemands ramasssent les contrats grace à leur PME innovantes.
Il reste donc les emplois de proximités, les emplois d'aide à la personne pour combler le deficit abyssal des comptes sociaux et du budget.
Pour l'instant les electeurs ont admis que tous « nos malheurs “trouvaient leur origine dans l'immigration
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 17H52 | 13/12/2007 |
Et dire qu'avec un pouvoir d'achat aussi faible, les français ont tout de même l'audace d'allouer un budget de 100 millions d'euros par an pour le fonctionnement de l'Elysée… Comme nous sommes prétentieux ! ; ) : D
De compte supprimé 22 janvier
18H06 | 13/12/2007 |
Ah Christine Lagarde a encore confondu rigueur avec revalorisation.
De nobi
19H17 | 13/12/2007 |
Juste un info pour ceux qui ne l'auraient pas encore lu….dans le « canard Enchaîné » de hier on y apprend que Sarko premier des son éléction à la présidence au mois de mai à demander à continuer à bénéficier de son salaire de ministre de l'intérieur jusqu'au 31-12-2007 ce qui lui a naturellement été accordé….en vertu de quoi je me le demande bien…………ça ressemblerait à un emploi fictif que ça ne me surprendrait même pas.
pour le chantre de l'équité et de la justice entre les citoyens je serais curieux de connaitre les explication de notre « conducator » à ce sujet….mais je sais aussi qu'il n'en à rien à faire de moi qui de plus fais partie des malheureux 47%.
à nobi
De monicab
01H05 | 16/12/2007 |
et quand NS ne sera plus président, sera-t-il entendu pour détournements de biens sociaux et enrichissement personnel ? ? ? ?
Il ne recule devant rien, n'a honte de rien, mais ça popularité (au bout de 7 mois ! ! ! ! ) commence à baisser.
Qu'il continue, le ménage sera plus facile à faire.
Et aucun journaliste n'a le courage de l'interroger sur ce sujet.
Je suis révoltée.
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 19H20 | 13/12/2007 |
Doutriaux, vous êtes précieux ! Merci pour votre analyse. (Je m'étais déjà fait cette remarque lorsque vous aviez proposé une analyse sur la réforme des régimes spéciaux de retraite.)
D'où vient cette sale impression que, en matière économique comme en matière diplomatique ou sociale, nous avons affaire à une politique de gribouille.
Reste à préciser (me semble-t-il) que ce « gain » très hypothétique ne vaut que si TOUTES les conditions sont réunies.
De Jonas2
Les mouches ne me trouveront pas as... | 19H36 | 13/12/2007 |
La démonstration est cinglante. Mais pour ceux qu'elle pourrait gêner il n'y a pas besoin de la contrebattre point par point. Il suffit de bloquer sa diffusion sur les « grands média ». A partir de là elle ne sert plus à grand chose, si ce n'est à alimenter la réflexion de ceux qui ont déjà compris que nous sommes engagés dans une inquiétante régression démocratique. Pas de tâche d'huile. Pas de danger.
Il aura fallu que la plupart des vrais journalistes disparaissent pour que je me rende compte à quel point ils sont précieux pour la démocratie. Il faut qu'un juriste et enseignant chercheur s'y colle pour que je me régale à mieux comprendre ce que j'avais deviné. Mais combien sommes-nous ? En campant Rue 89 j'ai l'impression que nous sommes nombreux. En regardant dehors je me rend compte que c'est peut-être le contraire.
Restez debout Rue89 avec des experts de ce calibre. Vous faites un vrai boulot de journalistes citoyens. Ça devient vital.
…« l'idéal, c'est que la presse soit organisée avec une telle finesse qu'elle soit en quelque sorte un piano sur lequel puisse jouer le gouvernement », disait quelqu'un dont je vous laisse le soin de deviner le nom.
Hé, non ! Perdu c'était Goebbels.
Quant à vous, les journalistes couchés, on a sans doute oublié de vous expliquer à l'école des journalistes qu'il arrive que les mouches changent d'âne.
D'ici là faites bien vos copier/coller en signant bien dessous afin qu« on vous reconnaisse le moment venu. Prenez des forces car il va vous en falloir pour faire des vrais papiers justifiant vos revirements.
à Jonas2
De Awopbopaloobop_Alopbamboom
récalcitrant | 19H24 | 15/12/2007 |
UNE CHOSE DONT LES JOURNALISTES AURAIENT PU PARLER :
Une commission du Sénat a étudié les différentes politiques économiques de l'UE. Le rapport donne des résultats lamentables. De fait, la coordination des politiques économiques est un engagement politique fondamental pour la construction européenne. Le Pacte de Stabilité et de croissance ne peut fonctionner que si les politiques sont similaires (à peu près similaires).
On constate un une incoordination extrême. L'Europe est en danger puisqu'elle ne respecte pas ses engagements. L'espace Européen est devenu, en interne, un environnement conflictuel. Par ailleurs, les gains de la coordination sont inexistants.
Les politiques européennes sont incoordonnées, au pire antagonistes. Le maniement conjoncturel des politiques budgétaires de l'Allemagne, la France, le Royaume Uni, (principaux pays) montre des réactions différentes devant des problèmes communs. Donc l'efficacité des « remèdes » est altérée.
Sur un plan plus structurel, les politiques budgétaires montrent un des phénomènes de concurrence. Il y a concurrence fiscale entre Etats. Avant, cette concurrence se limitait à l'impôt sur le capital, avec pour résultat une déconnexion entre la territorialisation des recettes et celle de l'activité économique, et l'existence dans la zone Euro d'une imposition du capital plus faible qu'aux US et au Japon, elle s'élargit maintenant aux impôts indirects dont l'élévation poursuit des buts similaires aux dévaluations compétitives d'avant l'existence de l'euro ( à quoi sert-il donc celui là on se le demande… ! )
En ce qui concerne la VALEUR AJOUTEE, son partage, élément important de la politique économique, on assiste à des choix incompatibles entre eux et avec le projet d'une croissance forte et durable en Europe. Ils sont capables de carrément démolir l'ambition de cette politique.
Dans un espace de non coordination, l'option la plus attirante, et la plus hasardeuse est la « désinflation compétitive ».
Ceux qui la choisissent ne seront pas payés de retour : elle repose sur le sacrifice des composants domestiques de la croissance : le pouvoir d'achat et la demande domestique). , et l'exploitation de celles des partenaires commerciaux. Or les sacrifices intérieurs ne sont pas soutenables et n'ont aucun impact profitable sur la productivité (que j'appelle moi le rendement… ! ).
Elle entraîne une stagnation de l'investissement et de la croissance ; dans le même temps l'exploitation des partenaires crée des pertes pour eux. L'Allemagne a eu une croissance de 0,5% l'an entre 2001 et 2005 et la grande baisse des coûts salariaux a estropié la croissance française de 0,4 points de PIB en moyenne annuelle pendant cette période. . Occasionna aussi une augmentation notable des déséquilibres commerciaux. Dans la zone euro.
Donc la non- coordination des politiques économiques fabrique pour l'Europe des pertes importantes de bien-être augmentées par l'incapacité des Etats à réagir à des chocs négatifs du fait du carcan imposé aux politiques économiques.
-l'imitation des stratégies de désinflation compétitive dans un espace sans possibilité de dévaluation prive l'Europe de croissance.
Les tensions qui proviennent des antagonismes actuels (déficits extérieurs et déficits publics) remettent en question la capacité de certains pays à maintenir leur ancrage dans la zone euro. Et à réduire les dettes publiques.
Les pertes de croissance, alliées aux effets directs de la concurrence fiscale, qui pénalise surtout les grands pays, particulièrement sollicités du fait des ambitions de la Stratégie de Lisbonne, fait dépérir les budgets publics.
Importance des enjeux : restauration du pacte politique européen et refondation d'une Europe de la croissance et du progrès implique d'arrêter cette surenchère perverse qui voit l'absence de coordination des politiques économiques rétrograder en une escalade des conflits.
La conclusion : il faut plusieurs chantiers de réformes.
Mais moi, Chuck récalcitré, je ne crois pas que cette incessante guerre économique des nations européennes (France, Allemagne, RU, Espagne, Italie) cessera un jour. L'Allemagne louche toujours sur son hégémonie et n'a pas fini de nous casser les pastilles.
De Ione
19H55 | 13/12/2007 |
Ce qui m'énerve le plus dans tout ça, c'est l'exemple prit par Bercy… une mère célibataire gagnant 1600 euros par mois.
Je crois que beaucoup d'entre nous aimeraient déjà gagner ce salaire. Ca, ça serait une ENORME augmentation de notre pouvoir d'achat ! !
De daniele
21H27 | 13/12/2007 |
comme tous le monde je compte mes écus et misere il ne connaissent pas la multiplication ces imfames piecettes.
De Marie7777
21H50 | 13/12/2007 |
Pour rester sur les cas d'école, dans mon entreprise l'accord de RTT prévoit 11 jours par an à raison d'un jour par mois (sauf en août). Chaque jour qui n'est pas pris un mois donné est perdu. Résultat : nous sommes en décembre, le projet de loi ne porte que sur les jours accumulés au 31 décembre 2007, donc nous n'aurons rien à « monétiser »… Quant à renégocier un nouvel accord, ce n'est absolument pas à l'ordre du jour.
De velivi
00H14 | 14/12/2007 |
je suis mere celibataire
je gagne 1500 E net
j'ai un loyer de 600 E
mais j'ai pas de cuve
une augmentation de salaire n'est pas possible, vous comprennez les temps sont durs et pour la perinité de la société il va falloir patienter … (discours de mon patron) alors une prime ? , laissez moi rire
mes rtt je m'y accroche car elles me permettent d'etre disponible lorsque mes enfants sont en vacances et m'évite de payer ainsi une autre solution pour leur garde : des solutions gratuites ça n'existe pas .
et si je correspond au profil décrit par Mme le Ministre , ses solutions ne me concernent pas.
rien de neuf à l'horizon pour mon porte monnaie si ce n'est qu'il va s'alléger encore ( la franchise médicale par ex)
au fait, je paye des impôts ! !
De véro232
08H55 | 14/12/2007 |
« Une mère célibataire gagnant 1600 euros par mois et payant un loyer de 600 euros pourra augmenter son pouvoir d'achat d'un montant équivalent, en cumulant la prime à la cuve (150 euros), une prime de 460 euros de son employeur, quatre jours de RTT rachetés (284 euros), les effets de l'indexation des loyers (101 euros) sur l'inflation et une baisse des prix dans la grande distribution (600 euros). »
De qui se moque Mme Lagarde :
Je suis mère avec un enfant : salaire 1040 € nets
Loyer : 550€ car j'habite en hlm (ouf ! )
Prime à la cuve : j'ai un ami qui ne peut pas l'avoir car il paie 20€ d'impôts
Prime employeur : c'est quoi c'est 460€ cela vient d'où ?
RTT rachetés : que fait-on lorsque l'on n'a pas de rtt, (ni prime de fin d'année ni tickets resto)
Indexation des loyers : ? ? ? ? ? ? ? ? ah bon !
Baisse des prix dans la grande distribution : ? ? ? ? pas vu.
Mme Lagarde doit avoir quelqu'un qui lui fait ses courses chez le marchand du coin et de plus je ne pense pas qu'elle ait des pb de fin de mois
Quand toutes ces conneries vont-elles s'arrêter.
De marie 75 3563
10H51 | 14/12/2007 |
GDF demanderait une hausse moyenne de 6,1% de ses tarifs
ven. déc. 14, 2007 7 : 50 CST
PARIS (Reuters) - Gaz de France a transmis à la Commission de régulation de l'énergie (CRE) une demande d'augmentation moyenne de 6,1% de ses tarifs au 1er janvier, selon Les Echos.
Le quotidien précise que le gazier réclame un relèvement de 5,8% pour les particuliers.
Il ajoute que le gouvernement a deux semaines pour trancher. La presse a indiqué récemment que Bercy voulait limiter à 3% la hausse des tarifs du gaz.