
Députés et sénateurs suisses ont joué un très mauvais tour à Christoph Blocher : ils ont bien voté pour son parti, l'UDC, mais pas pour lui…
Dans la Confédération, les quatres formations politiques (Union démocratique du centre, radicaux, démocrates-chrétiens et socialistes) gouvernent ensemble. Les ministres restent habituellement en poste jusqu'à leur retraite.
Mais mercredi, coup de théâtre : Eveline Widmer-Schlumpf, députée UDC, qui n'était même pas candidate, obtient 125 voix. Christoph Blocher, leader de l'UDC, grand vainqueur des élections fédérales d'octobre dernier, et ministre sortant de la Justice et de la Police, ne recueille que 115 suffrages.
C'est la première défaite pour ce milliardaire zurichois de 67 ans, qui s'est fait connaître au début des années 90 en animant l'Action pour une Suisse indépendante et neutre, une association violemment hostile à l'entrée de la Suisse dans l'Union européenne.
Le Parlement a sanctionné l'homme, plus que son parti xénophobe
L'UDC est sortie grand vainqueur des dernières élections, obtenant 28,8% des voix. Sur ses affiches, placardées sur tous les murs, trois moutons blancs chassaient des verts pâturages helvétiques un mouton noir… Au hit-parade de la provocation, Christoph Blocher laisse loin derrière lui les populistes français, autrichiens ou italiens. En a-t-il trop fait pour une classe politique suisse nourrie au lait du consensus, et où les politiciens ne débattent devant les caméras de télévision que pour se congratuler ? En fait, le Parlement a davantage sanctionné l'homme que son parti xénophobe. Christoph Blocher n'est tout simplement pas un « bon garçon ». Il parle fort, il est arrogant, autoritaire. Pire que tout : il déballe sur la place publique les délibérations prises en conseil des ministres ! La défaite de Christoph Blocher a été accueillie mercredi matin par des hurlements de joie sur les bancs des députés socialistes (qui participent au gouvernement) et des Verts (qui revendiquent un poste de ministre).
Ces deux formations ne disposent que d'un peu plus de 70 sièges. Pour infliger ce camouflet au leader de l'UDC, elles se sont alliées à un parti de droite, les démocrates-chrétiens (46 parlementaires). Toutefois, ces derniers ont manifesté leur allégresse avec davantage de modération.
Eveline Widmer-Schlumpf, symbole d'une UDC « fréquentable »
Ce « complot » a totalement pris au dépourvu le parti populiste (ce dernier compte 62 députés et 7 sénateurs). La nouvelle élue, Eveline Widmer-Schlumpf, 51 ans, n'était même pas à Berne pour l'élection de mercredi matin. Elle est rentrée précipitamment à midi dans la capitale.
Fille d'un ancien ministre fédéral, elle-même ministre des Finances du canton des Grisons, cette Alémanique est considérée comme une UDC « fréquentable ». Comme son nom l'indique, l'Union démocratique du centre a longtemps été une petite formation modérée.
C'est Christoph Blocher, député de Zurich, qui l'a transformée en puissante organisation d'extrême droite à la fin des années 80. Samuel Schmid, l'autre ministre UDC, en charge des armées, appartient à l'aîle modérée (qui représente autour de 10% du parti).
Eveline Widmer-Schlumpf s'est donnée jusqu'à jeudi pour accepter -ou refuser- ce poste de ministre qu'elle ne briguait même pas. Son parti a déjà agité le spectre de d'exclusion au cas où elle ne se démettrait pas.
Quant à Christoph Blocher, il menace de rejoindre l'opposition. Cet échec tombe d'autant plus mal qu'il devait devenir en 2008 vice-président de la Confédération, puis, en 2009, président, par le simple jeu du tourniquet. En Suisse, chaque ministre devient tous les sept ans président pour une durée d'un an.
► Mise à jour 00 : 16. Suppression d'une erreur sur la procédure de nomination des ministres.
























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De fran
11H41 | 13/12/2007 |
une bonne leçon de démocratie. Merci aux suisses… si seulement ça pouvait nous servir d'exemple à suivre.
à fran
De soungourouba
flatié | 14H12 | 13/12/2007 |
personnellement je n'attends pas que le FN fasse 28,8 % aux prochaines élections…
à fran
De ZAD
16H21 | 13/12/2007 |
Alléluiaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa.
Merci à mes amis suisses, je vous aime.
à ZAD
De gérare
photographe | 17H05 | 13/12/2007 |
Moi aussi ,
j'adore les suissesses.
Un dictateur accueilli avec tapis rouge ,
un autre viré avec un coup de pied dans le cul .
La vie est pleine de rebondissements .
à gérare
De Luk
17H22 | 13/12/2007 |
Il est stupide de traiter Blocher de dictateur. C'était juste un conseiller fédéral pas forcément mauvais, mais insupportable. Et il a été sanctionné, et c'est tant mieux.
Cela dit, je ne venais pas pour ça mais pour corriger une erreur au début de l'article :
« Les 200 députés suisses et les 46 sénateurs élisent chaque année en décembre les sept membres du Conseil fédéral (gouvernement). »
Le Conseil Fédéral est élu pour 4 ans. A l'occasion, il y a des élections partielles lorsqu'un conseiller s'en va (et c'est la tradition : les conseillers s'en vont d'eux-mêmes. Blocher est une double-exception : il s'est fait élire à la place d'une autre conseillère, mais il s'est fait sortir par une nouvelle conseillère.)
à Luk
De gérare
photographe | 22H50 | 13/12/2007 |
Oui c'est vrai il est stupide de traiter Blocher de dictateur .
Disons que ce n'est un gros facho puant .
Surfer sur la puanteur des peurs du peuple hevétique assoifé de sécurité , c'est pas bien .
Disons qu'il n'a pas eu le temps d'installer sa dictature dans les faits .
La dictature des idées bien propres ,
propre comme la suisse .
à Luk
De gérare
photographe | 23H02 | 13/12/2007 |
Oui , c'est vrai , il est stupide de traiter blocher de dictateur .
Ce n'est qu'un fachiste extrêmiste qui respire bon le blanc .
Vous vous rappelez des moutons blancs qui expulsent le mouton blanc ?
C'était l'affiche électorale de ce brave milliardaire aux idées propres .
Ce ne peut pas être un mauvais homme , vous avez raison .
Dormez tranquille , les rues sont propres .
à Luk
De elle-vessia
artiste visuelle | 23H27 | 13/12/2007 |
Luk (matheux à Lausanne)
Bravo, très bien résumé et expliqué !
à elle-vessia
De gérare
photographe | 11H32 | 14/12/2007 |
Oui , oui ,
c'est bien expliqué ,
on peut être un sombre facho ,
et pas forcément mauvais ,
c'est très bien expliqué .
très très bien .
Ahhhhhhhh ces suisses et leurs idées propres .
De Propergol
à bord du Head Hunter | 11H43 | 13/12/2007 |
J'avais finalement bien lu, les députés ont été intelligents et élegants dans leur choix. Ce n'est pas la grande classe, mais on appelle ca comme quand même de la classe.
La manière est spectaculaire, certes, mais aussi discrète ! En effet saura-t-on un jour qui a eu l'idée ?
NB : J'attends l'Edit avec impatience vu que la candidate élue malgré elle doit annoncer sa décision…ce matin !
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 11H56 | 13/12/2007 |
Il aurait peut-être un tuyau pour nous les français, à savoir comment pourrait-on évincer le petit chef.
Si au moins on pouvait lui faire entendre raison, ce ne serait pas si mal.
à Les Chats
De guillaumekh
13H42 | 13/12/2007 |
On peut encore faire des votes de défiance au Parlement, non ? Bon maintenant, avec le paquet de députés UMP qu'on se traine, ca va être coton.
à guillaumekh
De Luk
17H28 | 13/12/2007 |
Exactement.
Le système français est construit, d'un bout à l'autre, pour générer une monarchie électorale. Le peuple élit son roi.
Pour contrer ce fait, il faudrait au moins deux choses :
- le parlement élu à la proportionnelle, pour éviter que la vie politique soit dominée par un seul parti (le parlement reflèterait alors les scores du premier tour de la présidentielle, plutôt que de simplement confirmer le résultat du second tour) ;
- diminuer le pouvoir donné au président et augmenter celui des ministres.
Evidemment, ça demande une certaine maturité des parlementaires, pour éviter que les décisions soient régulièrement bloquées en cas de cohabitation (en Suisse, ça n'a pas de sens de parler de cohabitation : aucun parti n'a la majorité, que ce soit au parlement ou dans l'exécutif.)
à Luk
De Becanovic
09H28 | 15/12/2007 |
Bref vous recommandez de revenir à la 4ème république….et si la solution c'était tout simplement le système allemand, un président pot de fleur, des régions plus autonomes et un premier ministre qui dirige les affaires courantes
De Puttermesser
13H59 | 13/12/2007 |
« En Suisse, chaque ministre devient tous les sept ans président pour une durée d'un an. »
ça c'est bien drôle, reste à imaginer ce que cela donnerait avec les gvt actuel, sachant qu'en plus il est question de créer des ministres en CDD.
Quant à Blocher : reste à savoir si déboulonner l'homme de tête suffira à remettre l'UDC sur la voie de la modération. Un peu comme LePen avec le FN où l'homme se confond avec le parti.
Edit : l'UDC quitte le gouvernement, la Suisse a donc un gvt de centre-gauche ! La dame a bien accépté le potse, mais elle a été désavouée par sa formation qui passe dans l'opposition. Il s'en passe des choses en Suisse.
A suivre !
à Puttermesser
De Luk
17H33 | 13/12/2007 |
Ah je réitère mon premier commentaire :
Les sept ministres (le Conseil Fédéral) sont élus tous les 4 ans, après les élections parlementaires.
La tradition veut qu'une fois que quelqu'un devient ministre, il reste en place jusqu'à sa retraite (il est réélu tous les 4 ans.) Se faire éjecter d'un siège de conseiller fédéral est très rare et n'arrive qu'en cas de problèmes importants.
Blocher a pris le siège d'une conseillère il y a 4 ans sur fond de menace. L'idée était de le neutraliser en lui donnant un poste nécessitant une certaine retenue et un sens du consensus. Ca n'a pas marché, on a fait marche arrière. L'UDC va devoir réviser sa stratégie, ou rester un parti mal-aimé par 71% de la population.
De zx600
12H45 | 13/12/2007 |
on peut certes être satisafait à court terme de ce camouflet infligé à Blocher et du fait qu'il ne sera vraisemblablement pas Président de la Confédération en 2009, ce qui aurait fait mauvais genre
mais exclure du gouvernement le leader du premier parti du pays n'est pas très démocratique sur le fond, quant à la manière employée, celle des petits conciliabules dans les couloirs du Conseil National, je la trouve aussi détestable que lorsque les partis bourgeois s'étaient opposés à l'élection d'une femme socialiste au Fédéral il y a quelques années (son nom m'échappe) en votant pour un autre député
le meilleur moyen de mettre fin aux fortes montées des partis d'extrême droite est encore -malheureusement- de les laisser accéder au pouvoir afin que leurs discours subissent l'épreuve de la réalité et que les électeurs réalisent que leurs politiques sont anti-sociales et que s'en prendre à des boucs émissaires (les étrangers) ne résoud pas tous les problèmes : cela s'est vu chez le voisin autrichien, où le FPÖ a fini par se scinder et chuter nettement aux scrutins suivants
à l'inverse, tenir écartés du pouvoir les partis d'extrême droite (lorsqu'ils peuvent y prétendre au moins en coalition) entraîne un pourrissement de la situation, en les laissant adopter une posture de victimes, et une contamination idéologique des autres partis, pas prêts à s'associer au diable mais récupérant insidieusement ses idées : on le constate en Flandres où le « cordon sanitaire » écarte le Vlaams Belang mais n'empêche pas la surenchère nationaliste, ou chez nous, c'est même comme ça que Sarkozy est devenu président
tout ça pour dire que les partis qui ont sorti Blocher doivent prendre leurs responsabilités dans les prochaines semaines, car ce n'est pas lui qui va laisser passer un tel affront sans causer de tempête politique
la formule de concordance au gouvernement apparait de plus en plus dépassée, mais je ne sais pas si un pays comme la Suisse est prêt à y renoncer
à zx600
De RedIsDead
20H24 | 13/12/2007 |
Vos remarques sont pertinentes et dans l'ensemble le constat est le même chez tout le monde : cette non-élection engage à coup sûr une période d'incertitude politique en Suisse.
Pour autant je ne partage pas vos craintes. Je pense en effet que la mise à l'écart définitive de ce personnage des hautes responsabilités étatiques - à son âge il ne pourra guère briguer d'autres éventuels mandats - ne pourra que le faire passer en cas d'opposition féroce pour un mauvais perdant, un revanchard à l'ego surdimensionné.
En fait, cette non élection à mis fin à la personnalisation excessive érigée en stratégie politique. Pour autant dans ce parti, comme dans la frange de la population qui l'a soutenue, les idées nationalistes subsistent.
Le séisme politique d'hier est par conséquent à voir comme un avertissement à ceux qui voudrait faire de la peopolisation de la vie politique helvétique une règle : le débat d'idée d'accord, le tribun autoritaire non merci !
Cet événement montre également à ceux qui l'auraient oublié que la démocratie suisse est SEMI-directe. Et si le peuple à un droit de regard sur ce que réalise le parlement, le parlement vient de prouver que cela fonctionne aussi dans l'autre sens !
à RedIsDead
De zx600
23H44 | 13/12/2007 |
Merci pour votre réponse et votre analyse.
J'espère que vous aurez raison, mais je ne peux que me souvenir du « modèle » français de Blocher : Le Pen. Personnage outrancier, seul maître à bord de son parti, il a lui été tenu à l'écart du jeu politique français pendant 20 ans. Résultat : on s'est mangé le 21 avril 2002.
Heureusement, le système suisse exclut une élection aussi « personnalisante » que la présidentielle française, et comme vous le dites bien, le Parlement peut jouer son rôle de modérateur.
Il ne faut pas néanmoins enterrer Blocher, dont l'impact auprès des électeurs s'est renforcé (je ne pense pas qu'on vote UDC pour voir triompher son aile modérée) et étendu en Romandie, et qui bénéficie de puissants relais dans la société civile, notamment au sein du patronat.
à zx600
De Azrael
15H02 | 14/12/2007 |
Je vois qu'il est décidement très difficile de faire comprendre le fonctionnement du système reèrésentatif helvétique. Par exemple vous dites « le Parlement peut jouer son rôle de modérateur. » Erreur. C'est le Parlement qui DECIDE, pas les Conseillers Fédéraux qui ne font que PROPOSER (il y a évidememnt quelques exceptions). Et si les décisions parlementaires ne sont pas du goût d'un part, ou d'un groupe de citoyens, il est possible d'exiger que la décision soit approuvée ou refusée par referendum . Il suffit pour cela de réunir 150000 signatures. En définitive, c'est au « peuple » que revient le dernier mot (même si ce dernier mot est fortement influencé par les divers groupes de pression concernés.
La présence au Conseil fédéral de Christoph Blocher n'a pas empêché l'UDC, parti qu'il a highjacké il ya un quinzaine d'années, de continuer à combattre les propositions gouvernementales qui ne lui convenaient pas. La présence ou l'absence de ce Monsieur dans le groupe des 7 ne changera rien à cette situation.
On peut quand même espèrer que cette fessée nationale donnera aux membres les moins fascisants de son parti de reprendre du poil de la bête. Et quoi qu'il en soit, deux de ses membres participent au gouvernement.
Quant au patronat, il a tout intérêt à ce que ce soit la droite libérale traditionnellle qui l'emporte, car l'échéance de 2009 où se jouera la confirmation de la libre circulation des ressortissants de l'UE risque de lui coûter très cher s'il s'allie à l'UDC qui certainement fera campagne contre celle-ci
De zoblugubre
13H23 | 13/12/2007 |
« populiste »
ça veut dire qui applique la volonté du peuple ?
je précise que je suis à l'opposé de Blocher sur l'échiquier politique mais cet adjectif méprisant utilisé à tort et à travers me les brise menu.
à zoblugubre
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 15H46 | 13/12/2007 |
Le problème que vous ressentait vient peut-être de l'emploi du mot « peuple » au singulier comme si tout le monde marchait au pas ou allait dans la même direction. Certains aspects d'un peuple donné plaident pour son unité mais d'autres manifestent des disparités, des oppositions. On a tendance à en rajouter toujours plus dans ce sens et à faire dire au « peuple » beaucoup plus qu'il ne dit.
Il y a de l'ambiguîté aussi quand aux lendemains d'une élection, est proclamée la volonté du peuple. C'est une vérité très très limitée. Dans le temps, Et dans la signification. On a vu cela après le referendum sur le TCE. Certains disaient « Le Peuple a rejeté le TCE parce que ceci…… ou parce que cela …… » mais c'était une mauvaise présentation. On ne pouvait dire qu'une seule chose Le TCE a été rejeté à xx %. Et pas plus.
Pas d'angélisme. Il y a à boire et à manger, il y a du bon et du moins bon dans toute personne et tout groupe social et dans un peuple donné. Quand ils parlent à la foule, certains politiciens s'adressent plutôt à ses vertus, à son intelligence et à sa générosité, et d'autres se focalisent sur les moins beaux côtés de la nature humaine. C'est derniers sont qualifiés de populistes. L'extrême-droite privilégie un élément de la nature humaine que l'histoire de l'humanité nous apprend à minorer, à savoir la peur de l'autre, la haine de l'étranger. Et surtout elle l'instrumentalise, elle fait souvent le coup des boucs-émissaires. Je ne sais s'il est pertinent de parler de sa volonté d'agir sur notre cerveau reptilien mais pourquoi pas ?
Dans les familles de mots, il y a des membres neutres ou brillants et des éléments moins flatteurs. À côté du mot peuple avec son aura positive, on trouve ce mot plutôt péjoratif « populiste » …
Niez-vous la réalité des diversités populaires ?
Invoquez-vous LE Peuple de façon répétitive ?
Ou en voulez-vous à la richesse de la langue française ?
La situation suisse est à suivre. Que va-t-il se passer après ces « quelques secondes d'orgasme » (sic) que s'est donné(es ? ) la majorité des parlementaires
suisses ? Le parti de Blocher malgré ce camouflet sur son leader (et limité à ce leader considéré par ses pairs comme ayant un comportement « non-Suisse), ce parti reste majoritaire…… Ce qui est sanctionné par ce limogeage n'est pas lié au fond (électorat ou “peuple” agi par une xénophobie importante) mais à la forme tribunicienne du “chef”, à son allure, à sa manière d'être ! Et à certains dérapages (par exemple, ce Blucher ayant déparlé de la justice de son pays……)
à zoblugubre
De Luk
17H43 | 13/12/2007 |
« Populiste », ça veut dire qu'il caresse le peuple dans le sens du poil, en lui proposant des politiques simples à comprendre, rassurantes à adopter, sans toutefois en faire la base de son travail (ni faire attention à ce que ces politiques soient pertinentes,) dans le but d'obtenir plus de pouvoir.
L'UDC fait campagne dans la position de celui qui va défendre le petit peuple contre les idées des bobos et des écolos, qui sont des sales riches qui veulent faire des choses absurdes comme interdire les voitures trop polluantes et laisser n'importe qui entrer en Suisse.
Mais en même temps, la position économique de l'UDC va à l'encontre des intérêts de son électorat de base : il veut démanteler l'état (paradoxal pour un parti d'origine agrarienne, dans un pays dont les paysans vivent des subventions étatiques.)
à Luk
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 21H36 | 13/12/2007 |
Vous confondez « populiste » et « démagogue ». Le sens que vous donnez du mot « populiste » est un sens dérivé, relativement récent.
à thierry reboud
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 12H34 | 14/12/2007 |
Clairement ! On a du mal à définir ce qu'est le populisme, mais on avait quand même tendance à considérer qu'il s'agissait d'une politique en appelant au Peuple contre les Grands (Machiavel, populiste ? ), quitte à le faire de manière mensongère… mais en général, ce mensonge n'excluait pas des politiques populistes, donc souvent nationalistes, mais appuyant aussi les classes populaires au niveau économique, etc. Peron (celui des années 50) reste un exemple classique…
A noter que le populisme des caudillos latino-américains était lié à un contexte social très précis. Faudrait-il parler aujourd'hui de « post-populisme », comme on parle de « post-fascisme » et de « post-modernité » pour désigner les populismes d'extrême-droite des Etats européens et états-uniens ? Ou cyber-populisme, vu l'importance des médias ?
L'ennui, c'est que ces nouvelles formes de populisme s'alignent complètement sur les politiques néo-libérales, n'ayant de « populaire » que leur appel au peuple et à ses peurs (cf. le programme économique du FN, favorisant la baisse des impôts pour les + riches, etc. Enfin, ils ont vendu le Paquebot ! : )
à Luk
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 12H24 | 14/12/2007 |
« des choses absurdes comme interdire les voitures trop polluantes et laisser n'importe qui entrer en Suisse. » Mon Dieu ! Si on commence à prendre en compte l'environnement et qu'en plus on se prononce en faveur de la liberté de circulation, on est soit frappadingue soit « sale », « riche », « bobo » et « écolo ». C'est marrant, en France, selon Hortefeux, ce seraient plutôt les résidents privés de titres de citoyenneté qui seraient « sales » et « malhonnêtes ». Mais la malhonnêteté, au pays du chocolat, ça n'existe pas, c'est comme au Luxembourg…
De soopman
14H06 | 13/12/2007 |
En fait, si on se retrouvait dans la même situation en france…
Ce serait virer LE pen du poste, mais laisser son parti au pouvoir.
FRanchement, le probleme reste le même, c juste changer la forme pas le fond.
Si BLOCHER est à la tête de son parti, les gens de son bord ont toujours les rênes du pays…
SI on vire sarkozy du gouvernement, c bien. Mais ça reste toujours un gouvernement de droite libérale, et ça je pense que c pas mieux..
De Nyati
Etudiant | 15H03 | 13/12/2007 |
Je voudrais quand-même clarifier certaines choses. Tout d'abord il a été dit dans l'article que le PDC est un parti de droite. Cela reflète bien sa position qui reste bourgeoise, mais il s'agit plutôt d'un parti du centre-droit - ou même du centre s'il n'était cette polarisation à droite que connaît la politique de nos jours.
Pour ce qui est du commentaire qui affirme que le gouvernement suisse est passé au « centre-gauche », c'est - malheureusement - faux. Sur les sept conseillers fédéraux, seul deux sont nommément de gauche (socialistes), il reste, en plus du poste occupé par le centre-droit, deux représentants d'une droite très libérale (les radicaux) et deux représentant, eux-même plus modéré, d'une droite nationaliste (UDC).
On respire, car si deux élus udécistes restent évidemment très à droite, on ne peut pas aussi facilement les comparer à un Le Pen, contrairement à Blocher.
Pour ceux que ça intéresse, l'éditorial d'un journal suisse de gauche : http://lecourrier.ch/index.php ? name=NewsPaper&file=article&sid=438228
De Mirzar
/ Genève | 15H21 | 13/12/2007 |
Petites précisions :
- les conseillers fédéraux sont élus pour une période de 4 ans (art 145 Cst CH), et pas « toutes les années“comme vous l'indiquez dans le premier paragraphe.
- Mme Widmer-Schlumpf n'était pas députée à l'assemblée fédéral ; elle était Conseillère d'Etat du canton de Grison, mais n'avait pas de mandat électif au niveau fédéral (3eme paragraphe)
Pour le reste, les deux conseillers fédéraux UDC restent Conseiller fédéraux et membre de l'UDC, mais en étant exclu du groupe parlementaire de ce parti. Un compromis bien de chez nous … qui ne rend pas le conseil fédéral ‘de centre-gauche’ !
De Toblerone
15H33 | 13/12/2007 |
2 raisons d'être heureuse : Blocher a été viré et il y a désormais 3 femmes au Conseil Fédéral !
Petite précision Mme Widemer-Schlumpf est la fille d'un ancien conseiller fédéral (de 1979 à 1987), en Suisse le terme « ministre » n'est pas utilisé dans ce contexte.