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Loi Fillon de 2005 : le « procès des mouvements étudiants »

Devant la XVe chambre du TGI de Paris, lundi (Elisa Mignot/Rue89)

C'est presque une amicale d'anciens combattants -en plus jeunes-, que l'on trouve ce lundi 10 décembre dans la cours du Palais de Justice de Paris. Ça fume des clopes, ça rigole, ça raconte des histoires de gardes à vue, de manifs anti-Pécresse.

Un enseignant et quatre jeunes sont jugés pour dégradation de biens publics et/ou de violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique, lors de l'occupation, le 20 avril 2005, d'une annexe du ministère de l'Education nationale. Pour protester contre la réforme Fillon du baccalauréat, les manifestants avaient dressé des barricades avec le mobilier de l'annexe et lancé, depuis les étages, des projectiles sur les policiers.

Les quatre prévenus présents (l'un ne s'est pas déplacé) sont les seuls majeurs à être jugés. Quelque 165 interpellations avaient pourtant eu lieu ce jour-là.

Tout un réseau associatif, syndical, politique, militant est présent devant la XVe chambre pour soutenir Laure S., Mathieu R., David P. (1) et Samuel Morville. Pour beaucoup, il s'agit du « procès des mouvements étudiants » voire des mouvements sociaux en général. Un procès « anormal » qui n'est pas sans résonance avec l'actualité, estime Kamel Tafer, porte-parole de Sud étudiants. Le jeune homme dénonce une « escalade répressive » pour « intimider les militants » :

Les parties civiles -un policier et l'Agence judiciaire du Trésor- ne veulent pas que ce procès se transforme en tribune politique et se concentrent sur les « actes positifs de violence ». Ils ne veulent pas non plus donner leur nom ni être interviewés. Les avocats de l'enseignant et des jeunes s'attachent eux, au contraire, à montrer qu'il s'agit d'un procès politique et réclament l'acquittement et, au-delà, une amnistie pour toutes les infractions constatées. Samuel Morville, un des prévenus, attend l'amnistie « réclamée en Coordination nationale étudiante » :



Tout est basé sur des photos prises par les enquêteurs. Des albums entiers. Les prévenus sont reconnus sur certaines photos. Mais celles où des violences sont commises ne font pas l'unanimité. Laure S. est la seule à reconnaître, depuis le début, que c'est elle sur la photo, en train de taguer sur un mur. « Au marqueur délébile, précise-t-elle, et c'est le seul que j'ai fait. » « Le mur appartient à l'Education Nationale », dit le procureur, aux allures de jeune premier.

David D., professeur, « le jeune homme à cheveux longs, sac à dos et cigarette à la bouche » décrit par les Renseignements généraux, était sur les lieux à l'appel de son syndicat, Sud, pour tenter d'appliquer le mot d'ordre : pas de violence, pas de dégradation. On le voit jeter des gravillons :

« C'était comme un jeu de billes, explique-t-il. Ils s'ennuyaient là-haut coincés sur la terrasse. J'ai participé à leur passe-temps. »

« Ce qui m'interpelle c'est que vous être en train de jouer dans ce contexte », rétorque le procureur, pincé. Sur le cliché numéro 15, Mathieu R. ne se reconnaît pas.

« Oui, la personne qui jette le porte-manteau me ressemble, elle a la peau matte et une capuche beige et verte, comme moi. Mais ça n'est pas moi. »

Puis vient le tour de Samuel Morville :

« Notez que j'ai un col roulé et une veste sur la première photo. Je ne suis pas en sweat, je ne suis pas masqué et je n'ai pas le même faciès que sur l'autre photo. »

« Est-ce qu'on peut reparler du contexte ? “, finit par demander celui qui fut un des leaders du mouvement de 2005. ‘Oulala, le coupe la juge, ça n'est pas une tribune politique ici ! Je vous ai demandé des détails sur votre vie personnelle.’

‘Mais c'est ça ma vie personnelle ! Ce que je dis c'est que cette action a été votée par la Coordination nationale lycéenne. C'est une action collective.’

‘Et la violence, elle a été votée ? , demande la juge. On voulait négocier. Il y a eu des débordements’, concède Samuel. Le problème est bien là : les prévenus disent avoir été traités comme des ‘criminels’ alors qu'ils voulaient dialoguer avec un gouvernement sourd à leurs revendications. ‘Peut-être pas des criminels mais des délinquants’, ajoute la juge.

Le procureur insiste : ‘On prend le tribunal pour une tribune. Je le déplore, j'aurais attendu que ce soit didactique et pédagogique’. Le procureur réclame 70 heures de travail d'intérêt général pour Laure S. et Mathieu R. et 140 pour Samuel Morville et David P. Maître Comte défend deux des prévenus :

‘Vous ne souhaitez pas que la politique entre dans vos tribunaux mais c'est une décision politique qui fait que vous jugez cette affaire. Depuis 1969, tous les prévenus dans des mouvements scolaires bénéficaient d'une amnistie. Ceux qui cherchent une tribune sont plutôt de l'autre côté de la barre !

L'avocat appelle à un procès équitable’. Il demande quel est le préjudice du policier, qui s'est porté partie civile alors qu'il n'a pas été blessé ; il demande quelles étaient les violences inouïes alors qu'un seul gendarme a été blessé au genou au cours de cette journée. Il demande surtout pourquoi quatre personnes prendraient pour tout un groupe.

Au sortir de l'audience, Maître Comte rappelle que ‘c'est la première fois depuis quarante ans qu'il n'y a pas d'amnistie pour ce genre de fait’. Pour lui, il s'agit bien d'un procès pour l'exemple :

Délibéré le 22 janvier.

(1) Certains prévenus ne veulent pas être cités.

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Portrait de saumon

De saumon

étudiant | 17H22 | 12/12/2007 | Permalien

Très étranges propos que tu nous tiens là Samuel. Flous, vagues voire obscurs… C'est à se demander si tu rends compte que c'est bien toi qui est en train de parler.

Arrêtons de tout mélanger : comment peut-on justifier de violences (peu importe le contexte) en parlant des flics qui ne jurent que par la bavure ? de l'éternelle opposition entre monde universitaire et de l'entreprise,etc… ?

Franchement, en tant qu'étudiant j'aimerais bien que nos mouvements d'opposition, que j'estime justifiés, ne soient pas décrédibilisés par la violence gratuite et des arguments vides de sens…

Portrait de Jean Bavederage

à saumon Portrait de saumon De Jean Bavederage

proche collaborateur du Démocrade C... | 17H26 | 12/12/2007 | Permalien

 » la violence gratuite et des arguments vides de sens. » Pour qui ? les étudiant-e-s ? le pouvoir ?

Portrait de V comme vendetta

De V comme vendetta

Ecrivain | 17H33 | 12/12/2007 | Permalien

Deux choses sont interessantes dans cet article : le déni des étudiants (c'est pas moi sur la photo), et leur irresponsabilité (c'etait un marqueur délébile, je jouais aux billes). Nous ne sont pas responsables puisque il s'agit d'une lutte politique, et qu'elle seule peut légitimer la violence. Je trouve admirable que les photos où les violences sont commises « ne font pas l'unanimité », comme par hasard. La violence vient toujours de l'autre, en face, jamais de moi, et si j'y suis contraint, c'est toujours pour une cause, une communauté, qui me dépasse. Notre violence est légitime puisque personne ne nous écoute. Nous sommes des révolutionnaires du déni et de l'irresponsabilité, de l'amnistie. Bref, nous nous battons pour que notre lutte soit éffacée.

Portrait de Network 23

à V comme vendetta Portrait de V comme vendetta De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 18H19 | 12/12/2007 | Permalien

Mais oui t'as raison ! Sur quels fondements te bases-tu pour prétendre qu'ils sont effectivement sur ces photos ? C'est toi qui les a prises ? Et après, tu vas te plaindres parce que le juge donneras des non-lieux pour manques de preuves, comme ils l'ont fait après les émeutes d'octobre 2005 où tout jeune traînant dans les quartiers a été arrêté et « formellement identifié » comme « fauteur de trouble » ?

Enfin, tu trouves pas ça tout de même un peu ridicule d'essayer de condamner des participants à un conflit politique parce qu'ils ont fait un tag ?

Portrait de Jess Feuillie

à V comme vendetta Portrait de V comme vendetta De Jess Feuillie

liberté et vérité | 23H34 | 12/12/2007 | Permalien

Mon p'tit Alan Moore, je suis tt a fait d'accord. Watchmen.

Portrait de Michel5

De Michel5

17H41 | 12/12/2007 | Permalien

Je lis par endroit que ce sont les étudiants qui seraient violents, vous vous foutez de qui, là ? Depuis des semaines, les violences à l'encontres des étudiants n'ont pas cessé, des violences inouïes. Sous quel régime sommes-nous, bon sang ? Il est grand temps de réagir et de prendre la mesure de ce qui se passe, et de choisir son camp. Quant aux médias, hein…

http://bellaciao.org/fr/article.php3 ? id_article=57661

Le Canard Enchaîné : Des choses qui n'existent pas

de Jean-Luc Porquet

AVEZ-VOUS entendu parler de Pierre ? C'est un lycéen de Nantes. Il a 17 ans. Voilà deux semaines, le mardi 27 novembre, il est allé manifester contre la réforme sarkozyste de l'université. Il se trouvait sur les pelouses du rectorat, avec un bon millier de manifestants, quand les CRS et les flics sont, arrivés, et ont chargé. Brutalement. En tirant au Flash-bail. Pierre a reçu une balle dans l'œil. Transporté en urgence à l'hôpital. Dès le lendemain, le préfet se sentait en mesure d'affirmer aux journalistes que le diagnostic était « plutôt rassurant ».

Ce préfet est formidable. Il est plus rapide que les médecins du CHU. Lesquels, deux jours plus tard, estimaient le pronostic « incertain » et relevaient un « potentiel de risque de perte complète de la fonction visuelle » : « Des complications peuvent-survenir (décollement de la rétine, glaucome post-traumatique). » A l'heure qu'il est, Pierre est sorti de l'hôpital. Il a 23 jours d'ITT. Et le pronostic est toujours incertain.

Alors, aviez-vous entendu parler de Pierre ? Les médias ont été d'une discrétion de violette à son sujet. Après tout, un gamin qui risque de perdre un œil, ça n'est guère une information. Il n'avait qu'à pas. Il ne nous intéresse pas. Les seules victimes dignes d'attention sont celles auxquelles s'intéresse l'omniprésident Sarkozy.

Savez-vous qu'à Nantes, le jeudi 29, près de quatre mille jeunes ont manifesté pour protester contre les violences policières, et notamment celle-là ? Il semblerait que tout le monde ne trouve pas parfaitement normal le fait que le droit de manifester s'accompagne désormais du droit à avoir un œil en moins. Mais qu'est-ce que quatre mille personnes ? Dans les médias nationaux, rien ou presque. Savez-vous qu'en fin de semaine dernière 30 universités françaises étaient encore bloquées ? 31 selon SUD-étudiants, entre 13 et 17 selon les anti-bloqueurs de « Libère ta fac »… Et que 41 lycées l'étaient aussi ? Là encore, les médias ont été d'une discrétion remarquable. Après tout, les principaux syndicats lycéens et étudiants Fidl, UNL et Unef ne soutiennent plus le mouvement, donc la ministre Pécresse a gagné, donc les blocages n'ont plus lieu d'être, donc c'est comme s'ils n'existaient pas, donc ils n'existent pas : pourquoi parler de choses qui n'existent pas ?

Pour être informé du fait que les facs françaises bougent, qu'elles bruissent encore de débats, d'assemblées générales, de manifs, de grèves, il n'y avait, ces derniers quinze jours, qu'un seul recours : les sites Internet du réseau Indymedia, à Paris, Lille, Nantes, Grenoble, Toulouse, Saint-Etienne, Clermont-Ferrand, ou Rebellyon à Lyon, Bellaciao à Paris, etc. Le tout formant une sorte de vaste place publique où claquent au vent les dazibaos, vivante, engagée, subjective, alimentée par des militants (donc pas forcément fiable : il faut recouper), avec tracts, vidéos, photos, appels à manifester, agit-prop, agendas, etc. Oui, c'est sur ce média alternatif, multiforme ouvert et bordélique qu'on pouvait (et qu'on peut toujours) s'en apercevoir, tellement il déborde de contributions ces jours-ci : la loi Pécresse, même assaisonnée de quelques milliards, ne fait toujours pas l'unanimité. Une info à transmettre à TF1…
Le Canard Enchaîné : Des choses qui n'existent pas
4 commentaires
de Jean-Luc Porquet

Portrait de Adarshini

à Michel5 Portrait de Michel5 De Adarshini

Idéaliste | 18H37 | 12/12/2007 | Permalien

Je croyais qu'on était en 2007… en fait, je me rend compte qu'on est en plein « 1984 » !
Eh oui, on écrit l'Histoire : les évènements qui n'apparaissent plus nul part (sauf ici, et sur le Canard ! ) n'existent pas et n'ont jamais existé.
Finalement, plus ça va, plus on se rapproche de la presse chinoise et de son Histoire Officielle.

Portrait de Michel5

à Adarshini Portrait de Adarshini De Michel5

18H48 | 12/12/2007 | Permalien

Moi aussi je suis idéaliste dans l'âme. Force est de constater que nous sommes mis à dure épreuve depuis déjà, ben, quelques années au moins, et que ça ne va pas en s'arrangeant. A mon avis on n'a pas fini d'en découvrir des moisissures… Mais gardons le sourire malgré tout (et surtout des forces), vous avez bien raison ! : )

Portrait de Jess Feuillie

à Michel5 Portrait de Michel5 De Jess Feuillie

liberté et vérité | 23H39 | 12/12/2007 | Permalien

-RIEN NE fait jamais l'unanimité. Bienvenu en démocratie.
- Si l'UNEF ou l'UNI sont majoritaires, nest ce pas parce que les autres n'attirent pas les foules ? Bienvenu en démocratie.
- Je déplore l'incident de Pierre. Mais dans tout type de mouvement de ce genre il y a des drames. La politique a une fonction sociale. Les CRS en ont une au sein de la police. LEtat leur délègue partiellement son mopole de la contrainte physique légitime (Weber). Bienvenu en démocratie, bienvenu ds le monde moderne, bienvenu ds le mondé réel.

Portrait de machinchose

à Jess Feuillie Portrait de Jess Feuillie De machinchose

07H50 | 13/12/2007 | Permalien

et surtout ne prétendons pas que nous pourrions avoir quelques chose à en dire…

ah ! Jess j'avoue que votre sarkozysme de la pensée me trouble dès que je vous lis dire que vous être socialiste… Depuis quand n'avez vous pas défendu une valeur de gauche ? Celui qui se bat pour ses libertés, pour ses droits ?

Parce que bon pour le moment je vous lis beaucoup dire : le CRS qui tabasse au hasard c'est l'systeme mon gars c'est normal, c'est la démocratie…

heu alors je me permets de vous le rappeler : non, ce n'est pas normal.

Portrait de Jean Bavederage

à Jess Feuillie Portrait de Jess Feuillie De Jean Bavederage

proche collaborateur du Démocrade C... | 10H12 | 13/12/2007 | Permalien

« -RIEN NE fait jamais l'unanimité. Bienvenu en démocratie. »
Je ne vais pas ici dire ce que je pense de ce système car je lis déjà vos lignes : » la démocratie est imparfaite » amen. ultime argument justifiant tous les dénis de justice, de liberté, de droit, de dignité de la population, de torture etc.
Plus je vous lis plus il me semble que la démocratie n'est pour vous qu'une mégamachine servant à la gestion des masses/foules/opinions pour des plans géopolitiques et macroéconomiques, et toujours en niant la population qui ne sert à rien sauf peut être à combler des statistiques et approuver la mégamachine en élisant ses DRH.
Ceci se retrouve dans votre phrase « La politique a une fonction sociale ». Il n'y a pas de société sans politique, il ne s'agit pas d'un élément de gestion parmi d'autre comme vous le suggérez. La politique ne se résume pas au boulot des professionnels, élus, même si ces deriner ont tendance à tout faire pour que ce soit comme cela. Elle est partout dans notre vie, en la bornant à si peu de chose vous vous positionnez une fois de plus en gestionnaire, comme si nous n'etions que des niaiseux et niaiseuses incappables de quoi que ce soit sauf à l'obéissance citoyenne.
Lorsque je vous lis je me remémore un documentaire au sujet de la prison de la santé qui a été contruite autour de l'idée de panoptique. Pour que chacun se croit surveillé à chaque moment, ce qui est efficient comme système de surveillance, comme système de gestion. Sous prétexte de réel, de pragmatisme, de démocratie, de rationnalité vous nous proposez une société carcérale, panoptique, efficiente pour la paix sociale, la Pax Economica.

« LEtat leur délègue partiellement son mopole de la contrainte physique légitime (Weber) ».
Weber parle de violence légitime, pas de contrainte physique.

Portrait de marie 75

à Michel5 Portrait de Michel5 De marie 75

16H59 | 13/12/2007 | Permalien

Manifestation/blocage Montpellier demain, 14h30
mercredi 12 décembre-23 : 40
de : Montpellier Repression a Grenoble ça continue
mercredi 12 décembre-23 : 39
de : Grenoble Rennes : manif demain devant le rectorat, à 14h30
mercredi 12 décembre-23 : 37
de : Rennes Blocage voté sur le campus grenoblois
mercredi 12 décembre-23 : 35

mercredi 12 décembre-23 : 31
de : universités
……. etc………………………
1 Etudiant anti Lru en garde a vue XIeme

QUI EN PARLE ? ? ? ? ?
TOUT ROULE AU ROYAUME SARKO/PECRESSE/UMP ?

Portrait de clausius

à Michel5 Portrait de Michel5 De clausius

12H12 | 14/12/2007 | Permalien

Manifester oui, mais pas occuper des rectorats et bloquer des personnes.
La violence policière gratuite doit être condamnée, mais on doit aussi condamner les blocages, essayons d'être un peu cohérent.

Portrait de warda

De warda

18H24 | 12/12/2007 | Permalien

Mon fils de 16 ans à l'époque était là-bas en 2005. A part 1 ou 2 personnes que le pouvoir voulait casser, tous les lycéens mis en examen ont été pris au hasard. Ça aurait donc pu être mon enfant. Les « violences » commises par les lycéens ce jour-là sont dérisoires. Leur nuit en garde à vue ont été pour certains bien douloureuses. On ne rigole pas au commissariat de la Goutte d'or. 2 ans et demi après les faits, la justice leur cherche encore des poux dans la tête, c'est bien cher payé, mais nous vous soutiendrons jusqu'au bout (prochain procès des mineurs en juin 2088).

Portrait de Adarshini

à warda Portrait de warda De Adarshini

Idéaliste | 18H39 | 12/12/2007 | Permalien

en 2088 ? ! ils ont le temps de voir venir ! ; -) (et voilà une coquille qui m'a redonné le sourire)

Portrait de toucan

à warda Portrait de warda De toucan

09H46 | 15/12/2007 | Permalien

pauvre cheri « il a rien fait » ben voyons .les lycéens au lycée et surtout pas dans des manifs politiques de gauche menées par les copains de besancenot (sud).

Portrait de alternativesociale

De alternativesociale

Président d'Alternative Sociale | 22H26 | 12/12/2007 | Permalien

Le gouvernement souhaite une fois de plus étouffer le mouvement au lieu de dialoguer.
Plus personne ne peut remettre en question l'orientation de la politique du gouvernement : répression, répression !
Venez en discuter sur le forum d'Alternative Sociale !
www.forum.alternativesociale.fr [un peu vide pour le moment, il vient d'être lancé, je compte sur vous ; ) ]

Portrait de éternellerebelle

De éternellerebelle

enragée ! | 23H25 | 12/12/2007 | Permalien

Alors ,pour certains la violence serait du coté des manifestants étudiants ? Alors méme que la police est armée de flash-ball,matraques , et autres tasers,et qu'elle n'hésite pas à s'en servir contre des foules désarmées ,on ne compte plus les coups de matraques contre des manifestants à terre.On s'étonne des révoltes dans les banlieux ,quadrillées en état de siége quasi permanent,ou les controles répétés et les humiliations ont pour résultat cette RAGE ,d'autant plus qu'on n'attend toujours que la justice sanctionne ce qu'on nomme : bavures policiéres ,dénomination soft ,vu la fréquence des dites bavures.
Le slogan : police partout ! justice nulle part n'a jamais été plus justifié.

Portrait de zigomatix

De zigomatix

11H49 | 13/12/2007 | Permalien

Il y aura à Paris, mardi 18 décembre, le procès d'un étudiant de Paris 8, Sébastien, à la 14e chambre du tribunal correctionnel (métro cité) : c'est hyper important qu'on y soit !

Portrait de Michel5

De Michel5

18H51 | 13/12/2007 | Permalien

Et ça s'aggrave, pour ceux encore qui en doutaient ! Les médias ont la bouche cousue (d'or)

http://bellaciao.org/fr/article.php3 ? id_article=57757

VIOLENCES MILICIENNES A LYON II !

Bonjour à tous,

Ma fac (Lyon II) s'enfonce tous les jours un peu plus dans le mépris des étudiants et dans un logique policière qui m'inquiète profondément.,

Les médias ne nous suivent pas, ne relayent rien, s'auto censurent ou se font censurer.,

Tout a commencé avec la Loi Pécresse de réforme des Universités, signée dans la précipitation cet été par le président de la fac, Monsieur Journès.

Certains étudiants et enseignants s'opposent à cette loi., Les étudiants ont choisi le blocage de l'Université comme mode d'action. On peut être pour ou contre, je ne suis pas sûre que ce choix ai rendu service aux manifestants et à leur image mais aujourd'hui, à la limite, peu importe. On a, pour l'instant, dépassé ce débat.,

Depuis quelques jours, le président de l'Université a fait appel aux « forces de l'ordre » : des vigiles privés, très jeunes, non asermentés, arrogants et dépassés par les événements, patrouillent dans la fac avec au bras un brassard orange marqué « sécurité ».

Ils apostrophent tout le monde, tutoient tout le monde, et nous demandent de justifier de notre présence dans l'Université en montrant notre carte « cumul » (une carte magnétique d'étudiant ou d'enseignant qui sert aussi de carte de bibliothèque et de carte… de paiement dans l'enceinte de la fac… ce qui, en soit, ne me plaît déjà pas beaucoup).,

Il semble bon de rappeler qu'une Université est, selon la loi, un « établissement public à vocation scientifique et culturelle »…, Les étudiants qui manifestaient scandaient à l'encontre des vigiles, hier matin : « Voyous, racailles. »

Car certains d'entre eux s'amusent à retenir les étudiantes pour les draguer, d'autres en sont venus aux mains avec des étudiants de leur âge, une étudiante a été « étranglée » avec son écharpe pour qu'elle dégage un passage.,

A l'entrée principale du campus de Bron, et rue Chevreul sur lle campus des quais du Rhône, dès 7h30 le matin, tous les jours, les CRS arrivent pour déloger les étudiants qui protestent. 9 cars de CRS devant le campus de Bron, 9 cars de CRS devant le campus des quais de Rhône. Ils sont, régulièrement, soutenus par la gendarmerie mobile.,

J'étais là, hier matin. Deux de mes étudiantes m'avaient dit avoir été « molestées » par les CRS la veille et voulaient que j'en sois témoin. Eh bien oui, ils les plaquent au sol, les jettent plus loin, les matraquent dans le ventre et sur la tête.,

Sur les quais, hier, deux leaders syndicaux étudiants (un de Lyon 2, l'autre de Lyon 3) ont été désignés du doigt par des policiers en civil avant d'être poursuivis dans une rue adjacente par les CRS.

Ce qui signifie, nous sommes d'accord, qu'un travail préalable « d'information » a été effectué et que ces arrestations sont ciblées pour détruire les mouvements syndicaux., Les deux hommes sont en garde-à-vue et devraient être déférés à la Justice aujourd'hui même (donc : il existe désormais des comparutions immédiates pour les manifestants, vous serez prévenus). Dans un communiqué odieux et mensonger, la présidence de la fac dit qu'ils sont « extérieurs à l'Université » et que ces arrestations sont survenues après des troubles.

Il n'y a pas eu de troubles autres que la manifestation pacifique, nous sommes plusieurs enseigants à en être témoins.,

Un étudiant a été blessé et, une fois aux Urgences, a hérité de douze points de suture sur le crâne. Des étudiants ont été mis en joue au flashball.,

Des policiers en civils sont toujours là, dont un homme sur mon campus : de « type méditerrannéen », il porte une grosse doudoune noire, un talkie walkie dans une poche, un appareil photo dans l'autre. Lui et ses camarades filment longuement les manifestants. S'ils ont effectivement été convoqués par le président de l'Université dans le seul but de permettre aux étudiants qui veulent suivre les cours d'entrer dans la fac, pourquoi filment-ils ? Doit-on ajouter la DGSE à la liste des membres du personnel de l'université ? , De notre côté, enseignants ou étudiants, ils nous empêchent un maximum de filmer.

Ce qui siginifie que les images disponibles sur youtube et sur dailymotion ne sont pas à la hauteur de la réalité.,

Face à cette situation, plusieurs enseignants, dont je suis, ont refusé de faire cours. Je refuse d'entrer dans une fac investie de forces de police, de gendramerie et de vigiles privés non asermentés. Je refuse de montrer des papiers d'identité pour me rendre sur mon lieu de travail. Je refuse de me faire bousculer par des CRS. Je refuse de me faire tutoyer avec mépris par des individus que je ne connais pas. Je refuse d'entendre un vigile insulter un de mes collègues (pourtant munis du sac en cuir typique de l'enseignant, pourtant plus honorable que moi dans l'allure avec ses cheveux blancs) en lui disant « J'vais t'fumer toi, j'vais t'fumer. »,

Nous ne sommes pas, que je sache, dans un état policier. Ou alors il faut nous le dire clairement, parce que cela signifie que les règles du jeu ont changé. Je croyais que l'on avait le droit de grève dans notre pays., Je crois que ce qui m'inquiète le plus, c'est de recevoir des communiqués de la Présidence affirmant que la situation est désormais « normale ».,

SI CETTE SITUATION EST NORMALE, JE DEMISSIONNE.,

D'autre part, pour permettre l'action des ces policiers, militaires et vigiles, toutes les sorties de sécurité sont bloquées. Certains enseignants et étudiants s'obstinent à faire cours dans une ambiance délétère et dangereuse. Ce qu'ils risquent purement et simplement, en cas d'incendie, c'est de brûler vifs dans des locaux qui sont déjà vétustes., Je joins à ce message la « Lettre ouverte à la présidence de Lyon 2 » rédigée par des enseignants (datée d'avant hier 5 décembre et déjà dépassée par les événements d'hier), ainsi que le dernier message de la présidence elle-même, pour que vous puissiez juger vous-même de la mauvaise foi, du mépris et des ronds de jambe du langage qui se banalisent dans notre environnement politique et médiatique., Ce message est, bien sûr, à faire passer si vous en ressentez le besoin.,

Portrait de sanlucar

De sanlucar

18H51 | 13/12/2007 | Permalien

Témoignage d'Alice V. (lu sur désirs d'avenir)

Alice V enseigne à l'université de Lyon II.

Bonjour à tous, Ma fac (Lyon II) s'enfonce tous les jours un peu plus dans le mépris des étudiants et dans un logique policière qui m'inquiète profondément.

Les médias ne nous suivent pas, ne relayent rien, s'auto censurent ou se font censurer.

Tout a commencé avec la Loi Pécresse de réforme des Universités, signée dans la précipitation cet été par le président de la fac, Monsieur Journès.Certains étudiants et enseignants s'opposent à cette loi. Les étudiants ont choisi le blocage de l'Université comme mode d'action. On peut être pour ou contre, je ne suis pas sûre que ce choix ait rendu service aux manifestants et à leur image mais aujourd'hui, à la limite, peu importe.

On a, pour l'instant, dépassé ce débat. Depuis quelques jours, le président de l'Université a fait appel aux « forces de l'ordre » : des vigiles privés, très jeunes, non asermentés, arrogants et dépassés par les événements, patrouillent dans la fac avec au bras un brassard orange marqué « sécurité ». Ils apostrophent tout le monde, tutoient tout le monde, et nous demandent de justifier de notre présence dans l'Université en montrant notre carte « cumul » (une carte magnétique d'étudiant ou d'enseignant qui sert aussi de carte de bibliothèque et de carte… de paiement dans l'enceinte de la fac… ce qui, en soit, ne me plaît déjà pas beaucoup).

Il semble bon de rappeler qu'une Université est, selon la loi, un « établissement public à vocation scientifique et culturelle »… Les étudiants qui manifestaient scandaient à l'encontre des vigiles, hier matin : « Voyous, racailles. » Car certains d'entre eux s'amusent à retenir les étudiantes pour les draguer, d'autres en sont venus aux mains avec des étudiants de leur âge, une étudiante a été « étranglée » avec son écharpe pour qu'elle dégage un passage. A l'entrée principale du campus de Bron, et rue Chevreul sur le campus des quais du Rhône, dès 7h30 le matin, tous les jours, les CRS arrivent pour déloger les étudiants qui protestent. 9 cars de CRS devant le campus de Bron, 9 cars de CRS devant le campus des quais de Rhône.

Ils sont, régulièrement, soutenus par la gendarmerie mobile. J'étais là, hier matin. Deux de mes étudiantes m'avaient dit avoir été « molestées » par les CRS la veille et voulaient que j'en sois témoin. Eh bien oui, ils les plaquent au sol, les jettent plus loin, les matraquent dans le ventre et sur la tête. Sur les quais, hier, deux leaders syndicaux étudiants (un de Lyon 2, l'autre de Lyon 3) ont été désignés du doigt par des policiers en civil avant d'être poursuivis dans une rue adjacente par les CRS.

Ce qui signifie, nous sommes d'accord, qu'un travail préalable « d'information » a été effectué et que ces arrestations sont ciblées pour détruire les mouvements syndicaux. Les deux hommes sont en garde-à-vue et devraient être déférés à la Justice aujourd'hui même (donc : il existe désormais des comparutions immédiates pour les manifestants, vous serez prévenus). Dans un communiqué odieux et mensonger, la présidence de la fac dit qu'ils sont « extérieurs à l'Université » et que ces arrestations sont survenues après des troubles.

ll n'y a pas eu de troubles autres que la manifestation pacifique, nous sommes plusieurs enseigants à en être témoins. Un étudiant a été blessé et, une fois aux Urgences, a hérité de douze points de suture sur le crâne. Des étudiants ont été mis en joue au flashball. Des policiers en civils sont toujours là, dont un homme sur mon campus : de « type méditerrannéen », il porte une grosse doudoune noire, un talkie walkie dans une poche, un appareil photo dans l'autre. Lui et ses camarades filment longuement les manifestants. S'ils ont effectivement été convoqués par le président de l'Université dans le seul but de permettre aux étudiants qui veulent suivre les cours d'entrer dans la fac, pourquoi filment-ils ? Doit-on ajouter La DGSE à la liste des membres du personnel de l'université ?

De notre côté, enseignants ou étudiants, ils nous empêchent un maximum de filmer. Ce qui siginifie que les images disponibles sur youtube et sur dailymotion ne sont pas à la hauteur de la réalité.

Face à cette situation, plusieurs enseignants, dont je suis, ont refusé de faire cours. Je refuse d'entrer dans une fac investie de forces de police, de gendarmerie et de vigiles privés non assermentés. Je refuse de montrer des papiers d'identité pour me rendre sur mon lieu de travail.

Je refuse de me faire bousculer par des CRS. Je refuse de me faire tutoyer avec mépris par des individus que je ne connais pas. Je refuse d'entendre un vigile insulter un de mes collègues (pourtant munis du sac en cuir typique de l'enseignant, pourtant plus honorable que moi dans l'allure avec ses cheveux blancs) en lui disant « J'vais t'fumer toi, j'vais t'fumer. »

Nous ne sommes pas, que je sache, dans un état policier. Ou alors il faut nous le dire clairement, parce que cela signifie que les règles du jeu ont changé. Je croyais que l'on avait le droit de grève dans notre pays., Je crois que ce qui m'inquiète le plus, c'est de recevoir des communiqués de la Présidence affirmant que la situation est désormais « normale ».

SI CETTE SITUATION EST NORMALE, JE DEMISSIONNE.

D'autre part, pour permettre l'action des ces policiers, militaires et vigiles, toutes les sorties de sécurité sont bloquées. Certains enseignants et étudiants s'obstinent à faire cours dans une ambiance délétère et dangereuse. Ce qu'ils risquent purement et simplement, en cas d'incendie, c'est de brûler vifs dans des locaux qui sont déjà vétustes. Je joins à ce message la « Lettre ouverte à la présidence de Lyon 2 » rédigée par des enseignants (datée d'avant-hier 5 décembre et déjà dépassée par les événements d'hier), ainsi que le dernier message de la présidence elle-même, pour que vous puissiez juger vous-même de la mauvaise foi, du mépris et des ronds-de-jambe du langage qui se banalisent dans notre environnement politique et médiatique. Ce message est, bien sûr, à faire passer si vous en ressentez le besoin.

Alice V

Portrait de clausius

De clausius

12H06 | 14/12/2007 | Permalien

Si jamais ils sont acquittés, ce sera cool car ça fera jurisprudence et du coup au prochain conflit étudiant, j'irai dévaliser la boutique a côté de la fac et comme j'aurai « l'immunité de manifestation étudiante », je me ferai acquitter si je me fait choper. Je pourrai même probablement garder mon butin.
Pour ceux qui ont pas compris, c'est de l'ironie bien sûr.

Portrait de zigomatix

De zigomatix

14H10 | 14/12/2007 | Permalien

Situation très grave à Lille 3, occupée depuis jeudi par les crs !
une video :
http://www.dailymotion.com/video/x3r2vr_deblocage-lille-pont-de-bois_pol…

Plus d'infos sur la répression actuelle dans les facs :
http://www.eurowiki.com/lru/index.php ? title=Interventions_vigiles/police…

Portrait de AlainB

De AlainB

19H49 | 14/12/2007 | Permalien

C'est la première fois que je viens sur ce site et je suis surpris qu'il n'y ait aucune information en page d'accueil sur la présence, le comportement et les violences policières et miliciennes dans les universités, informations qui ne font aucun doute. Quoiqu'on pense des arguments des uns et des autres, il s'agit d'une situation que, couplée au black out de l'ensemble des médias, sauf Le Canard Enchaîné et le site Bellacio (et j'espère d'autres que je ne connais pas), je n'ai jamais vu poussée à ce point, même dans les années soixante et dix qui pourtant n'étaient pas aussi cool qu'on le dit aujourd'hui. Pour un site d'info qui se prétend différent et « révolutionnaire », n'est-ce pas étonnant ?

Portrait de Network 23

à AlainB Portrait de AlainB De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 00H05 | 15/12/2007 | Permalien

Tu as du louper le dossier « Loi sur l'autonomie des universités » sur la droite. Ceci dit, un recensement précis de toutes les violences, pas facile à faire, serait intéressant. Le CAJ (Comité d'Assistance Juridique) avait fait un travail du genre lors des manifs anti-CPE, mais ça a pris un certain temps.

Au fait, France 3 a retransmis le coup du directeur de l'IEP Grenoble qui frappait un étudiant avec une poubelle en fer… http://www.20minutes.fr/article/198039/France-Echauffourees-entre-le-dir… - entre 2, j'suis tombé sur cette perle, ça date un tout petit peu mais ca vaut le coup ! « Welcome to the jungle » : http://www.youtube.com/watch ? v=u6V5ESRxSWw… Heureusement qu'Internet est là pour nous informer de ce qui passe à la télé ! : )

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