
Donc, le prochain vol de la navette spatiale est reporté. Le temps de clarifier cette histoire de jauges qui bafouillent. Après le dernier loupé de dimanche 9 décembre, le départ d'Atlantis est reporté au 2 janvier ! Bigre, pourquoi un tel délai de vingt-quatre jours ? L'explication est amusante. Au départ il y a une question de « fenêtre de tir ». Atlantis doit rejoindre la station orbitale ISS sur son orbite et pour de subtiles raisons, la Nasa préfère que ces rencontres aient lieu quand le soleil est sous un certain angle… Comme l'explique Space.com, la fenêtre actuelle, à cet égard, se ferme ce jeudi 13, et la prochaine s'ouvre le 30 décembre.
Alors pourquoi avoir d'emblée reporté la prochaine tentative au 2 janvier ? C'est là que ça devient rigolo. Comme je l'ai déjà raconté, la navette spatiale n'a jamais passé le jour de l'an en l'air. Parce que son logiciel ne sait pas changer d'année.
Développé au début des seventies, pour tourner sur des ordinateurs (IBM AP-101) qui nous semblent aujourd'hui terriblement rachitiques (0,4 Mo de mémoire), il fait tout simplement l'économie de la question de l'année.
Mais comme le monde réel, lui, change parfois d'année, et que la navette est bien obligée de dialoguer un peu avec lui, la Nasa a toujours craint que des choses bizarres se passent dans la nuit du 31 décembre au premier janvier. C'est pourquoi elle a toujours évité de faire voler ce colosse aux pieds d'argile autour du nouvel an.
Oui… mais pourquoi le 2 janvier, et pas le 1er ? Là, je donne ma langue au chat.
► Modifié le 12/12/2007 à 19h45 : modification de la chute.
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De Pierre973
désanusseur de porcs | 04H15 | 13/12/2007 |
Je n'ai pas forcément un oeil de spécialiste (l'informatique embarquée et l'informatique tout court n'étant pas ma spécialité première) mais il est vrai que les hard, donc les softs liés, utilisés sur la plupart des lanceurs actuels ont été développés dans les années de conception des engins spatiaux, soit , pour la navette américaine, vraisemblablement ceux disponibles à la fin des années 70. Ces systèmes ayant ensuite été validés au cours des tirs de qualification puis des missions réelles, et compte tenu de la complexité des validations en cause (donc des sommes colossales à consacrer à ces étapes), il est jugé plus rentable de continuer un programme spatial sans changer de configuration matérielle et logicielle plutôt que de s'aventurer dans le développement d'une configuration nouvelle. D'autant qu'en l'occurence, la navette transporte des spationautes et que toute étude de développement de programme spatial vise d'abord à ne pas mettre en péril la vie de ses passagers (satellites ou, a fortiori, spationautes). Ainsi, dans la mesure où une configuration donnée aura donné toute satisfaction en terme de performance, d'un point de vue technique mais surtout d'un point de vue sécurité, il devient alors extrêmement périlleux de remettre en cause ces acquis.
L'explication de l'usage de matériels technologiquement dépassés sur des missions d'un genre qui nous apparaît encore « futuriste » est donc simplissime mais tellement compréhensible compte tenu de l'âge déjà canonique (plus de 20 ans de vol) du programme américain de navettes !
De Le_Gros_Duche
09H51 | 13/12/2007 |
hahaha, j'adore ce genre d'hypothèse : ) ça me rappelle, en 1999 (Soit peu de temps avant la fin du monde annoncée avec le grannnnd bug, arf arf), le crash de la sonde Mars Climat Orbiter, du au fait que les mesures étaient données en système anglais mais interprétées en système métrique.
Ah, et que dire de Kosmos 419, dont le moteur supérieur devait être activé 1.5h après le décollage, mais qu'un technicien avait bêtement programmé… 1.5 ANNEES après le décollage.
Mouarf mouarf mouarf !
De Gosseyn
18H08 | 13/12/2007 |
Après les problèmes d'astronautes ivres, ils ont sans doute préféré attendre que la gueule de bois du réveillon soit passée…