A debattre

Le lycée gratuit pour les expatriés : une urgence ?

Cette promesse de campagne n'a pas trainé : l'Etat prendra en charge les frais de scolarité. Facture : 60 millions dès 2009.

 » La prise en charge de la terminale » ( Frenchmorning), » Gratuité de la scolarité à l'étranger : de timides avancées » (Aujourd'hui la Chine), » La mesure de gratuité pour les terminales prend forme » (Le petit journal)… Les journaux d'expatriés et les sites francophones sont plutôt diserts sur le sujet. A croire qu'il n'y a qu'hors de France qu'on parle de la gratuité de l'éducation des enfants français à l'étranger.

C'était une des promesses présidentielles du candidat Sarkozy. En mars dernier, dans une lettre à ses » chers compatriotes établis hors de France » , il affirmait qu'il n'était » pas normal qu'un enfant français soit exclu [du] système d'enseignement soit pour des raisons financières, soit pour des raisons géographiques » . Il proposait donc que les frais de scolarité des enfants d'expatriés soient » pris en charge par la collectivité nationale » de la seconde à la terminale.

Sitôt dit sitôt fait. Ou presque. Les modalités de mise en oeuvre du remboursement viennent d'être publiées. Les familles d'expatriés peuvent faire une demande de remboursement des frais de scolarité de leurs enfants en terminale auprès de l'AEFE (Agence pour l'enseignement français à l'étranger). A la rentrée 2008, la gratuité sera valable pour les élèves de 1ère et, en 2009, pour ceux de seconde.

Le coût de la promesse présidentielle s'élève à 5 millions d'euros pour le seul trimestre de 2007 et concerne environ 3500 élèves. A 20 millions pour l'année 2008. Et lorsque, à terme, la mesure sera appliquée à tous les lycéens - soit à peu près 11000 élèves-, plus de 60 millions d'euros par an seront dépensés ! Le tout sera couvert par des subventions du ministère des Affaires étrangères.

Des établissements privés de droit local

 » Les Français de l'étranger ont cette demande depuis longtemps, rappelle une source à l'AEFE qui préfère taire son nom, beaucoup de candidats aux présidentielles en avaient fait la promesse. » Elle ajoute : » Les expatriés ont souvent l'impression que les lycées français sont une extension du service public à l'étranger » . Et pourtant, ces lycées français, bien qu'homologués par le ministère de l'Education nationale, sont des établissements privés de droit local.

Mais, il y a un endroit où cette initiative n'est pas passée inaperçue : chez les syndicats d'enseignants. Eux proposent que, pour des raisons d'équité, les millions déboursés soient plutôt reversés dans le système de bourses. Car, depuis 1990, année de création de l'AEFE, il existe, tout comme en France, des bourses pour les enfants d'expatriés de la primaire au lycée. Quelques 50 millions d'euros y sont déjà consacrés. Didier Pereme est secrétaire général de la section hors de France du SE-UNSA :

 » C'est une mesure inadmissible et injuste. Encore une fois, le Président favorise les plus riches. C'est en droite ligne de sa politique. »

Ce que Nicolas Sarkozy trouvait injuste, lui, c'est que des enfants de Français ne bénéficient pas de la scolarité gratuite, comme c'est le cas sur le territoire national. Pour Didier Pereme :

 » Le principe de la scolarité gratuite et obligatoire s'applique de 6 à 16 ans, et donc pas forcément aux lycéens. Et plus d'argent dans le système des bourses serait plus équitable, car la mesure toucherait les enfants de tous les âges et ceux qui en ont vraiment besoin. »

Le syndicaliste évoque, » sans vouloir faire de la science-fiction » , les probables conséquences de la mesure. D'une part, les expatriés qui touchent des primes ne payeront plus la scolarité de leurs enfants alors qu'ils en ont les moyens, et ce au détriment d'expatriés qui ont des difficultés financières. D'autre part, les entreprises qui proposaient jusqu'à maintenant de prendre en charge ces frais pour les enfants de leurs employés, risquent de se dédouaner. Sa conclusion :

 » Un cadeau de 60 millions par an à l'intelligentsia économique française de l'étranger, il faut arrêter le délire ! »

Embarras jusqu'à l'UMP

L'augmentation des frais de scolarité -qui sont de la responsabilité des établissements-, les disparités entre les élèves français et les autres, ou encore la moins bonne dotation pour d'autres besoins de l'enseignement à l'étranger (notamment la rénovation du patrimoine immobilier) sont d'autres effets pervers à craindre.

Au sein de l'UMP, la décision ne fait,semble-t-il, pas non plus l'unanimité. Dans un rapport, Adrien Gouteyron, sénateur UMP de la Haute-Loire, même s'il a précisé » partager l'esprit » d'une mesure qui aide les Français de l'étranger à financer la scolarité de leurs enfants » au-delà des seules bourses sur critères sociaux » , a émis des doutes. Il a souhaité » la maîtrise budgétaire de l'enveloppe dévolue à la prise en charge des frais de scolarité » et proposé de la plafonner au-delà d'un certain montant.

 » On va s'engouffrer dans cette brèche-là » , prévoit Didier Pereme du SE-UNSA. Son syndicat compte bien demander à l'AEFE de revenir sur l'aménagement de cette prise en charge.

108 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

  • Téléchargez votre photo sur votre page perso. Elle apparaitra à côté de vos réactions.
  • Merci de respecter la charte des commentaires, sans quoi nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
  • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
Portrait de thierry reboud

De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 00H55 | 11/12/2007 | Permalien

Juste pour être sûr… J'ai bien compris, c'est sans condition de ressources ?

Portrait de napakatbrax

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De napakatbrax

09H48 | 11/12/2007 | Permalien

J'ai demandé à une instit » en poste aux US : elle m'a « promis » que deux mois après que cette loi soit passée, les frais de scolarité allaient être multipliés par deux au minimum. Sans compter, comme le dit l'article que ces frais sont déjà prévus dans les surprimes des expatriés…

Bref, ça ressemble encore à un basculement des charges du privé vers le public.

http://lesmots.freelatitude.net

Portrait de Deborah

à napakatbrax Portrait de napakatbrax De Deborah

15H48 | 11/12/2007 | Permalien

A quoi servent, alors, les surprimes accordées aux expatriés ?

Décidément Sarkozy fait dans le social…

Portrait de anonyme courageux

De anonyme courageux

01H00 | 11/12/2007 | Permalien

Comme Le Canard le soulignait une scolarité pour un expat à NYC ou San Francisco se monte à plus de 15000€/an en général pris en charge par l'entreprise de l'expat.

Avec cette prise en charge par l'état c'est nous tous qui allons payer pour ces entreprises.
Il vas être content le smicard de savoir que ses taxes et impots servent à financer ce genre de chose quand en plus on lui demande des franchises médicales et autres.

Portrait de karghyl

à anonyme courageux Portrait de anonyme courageux De karghyl

informaticien, Paris | 10H11 | 11/12/2007 | Permalien

Les franchises médicales, c'est pas pareil.
Ca doit servir à boucher le trou de la sécu, dû notamment (comme le soulignait également le Canard) aux accidents du travail non déclarés, et donc non payés par les entreprises.
Ah ben, si en fait, vous avez raison, c'est pareil…

Portrait de Lairderien

De Lairderien

01H02 | 11/12/2007 | Permalien

Encore un cadeau aux plus aisés qui peuvent payer une école privée à leurs enfants et tout ça dans la plus complète discrétion !

Une fois de plus une information trop sensible pour passer dans les médias classiques !

Lairderien

Portrait de Hélène Quénot

De Hélène Quénot

vavoirailleurs.blog.lemonde.fr | 01H33 | 11/12/2007 | Permalien

La mesure semble effectivement être injuste en ce qui concerne les expatriés qui ont un « vrai » statut d'expatrié. Je suis tout à fait d'accord avec les réserves émises par les autres riverains sur ce point.
Il ne faut cependant pas oublier que tous les Français de l'étranger - et de loin - n'ont pas ce statut. Les volontaires, les « contrat local », les Français exerçant des professions libérales ou ayant simplement épousé un étranger et vivant hors de France ne sont pas forcément des privilégiés. Tout le monde n'est pas cadre chez Total au Gabon. Il y a aussi des gens qui aiment un pays, s'y impliquent socialement et souvent humanitairement. Ces gens-là, sans 4X4, sans piscine et sans compte en banque bien rempli ont le droit de penser sereinement à l'éducation de leurs enfants, où qu'ils soient.

Portrait de Luc56

à Hélène Quénot Portrait de Hélène Quénot De Luc56

07H18 | 11/12/2007 | Permalien

Tout à fait d'accord avec toi, c'est pour celà qu'il eut été préférable de mettre de l'argent dans un système de bourse plus souple qui aurait permis à ceux qui en ont besoin de profiter normalement d'un einseignement français gratuit.
Et on pourrait aussi supprimer le double salaire des fonctionnaires expatriés (quitte à leur offrir un AR annuel pour la métropole et a ajuster les salaires de ceux vivant dans des pays plus cher que la France, par ex. la Norvège) ; ça pourait permettre de créer des postes ici.

Portrait de Venezuela

à Hélène Quénot Portrait de Hélène Quénot De Venezuela

vit aux Pays-Bas | 08H05 | 11/12/2007 | Permalien

Vous n'avez pas tout a fait tord Madame. Mais dans l'ecole que frequente mes enfants les frais de scolarite de 80% des eleves sont pris en charge par les entreprises.
Les lycees n'ont pas tous les memes frais de scolarite aux USA ils coutent environ 20.000 dollars US par an, mais aux Pays-Bas c'est 7.000 euros par an, en Suede encore moins et en Afrique encore moins.
De plus comme nous Francais de l'etranger ne vivons pas en France, et ne payons donc pas d'impot en France, je ne vois pas pourquoi la collectivite prendrait les frais de scolarite de nos enfants en charge.
Je precise que je suis immigree pas expatriee et que je paye les frais de scolarite de mes enfants et que je paye des impots aux Pays-Bas mais je pense que la collectivite n'a pas a payer les frais de scolarite de mes enfants.
Comme par hasard les plus virulents dans mon entourage sont ceux dont les entreprises payent une partie des frais de scolarite.
Et puis il existe des bourses, la commission se reunit en mai et en octobre. Il faudrait certainement que cette commission soit plus souple, c'est dans ce sens qu'il faudrait aller. Mais pas la gratuite, la plupart d'entre-nous avons les moyens de payer.
J'ai fait le choix de scolariser mes enfants dans un systeme francais. La collectivite n'a pas a financer mes choix.
Ici aux Pays-Bas certains Francais font le choix de l'ecole francaise parce qu » elle est la moins chere des ecoles etrangeres et que leurs entreprises ne remboursent « que » 75% des frais de scolarite. Precisons que les entreprises qui prennent en charge tout ou partie des frais de scolarite ne le font que pour leurs cadres.

Portrait de karghyl

à Hélène Quénot Portrait de Hélène Quénot De karghyl

informaticien, Paris | 10H13 | 11/12/2007 | Permalien

C'est pour cela que le syndicaliste SE-UNSA cité par l'article déclarait :
« Et plus d'argent dans le système des bourses serait plus équitable, car la mesure toucherait les enfants de tous les âges et ceux qui en ont vraiment besoin. »

Portrait de Puttermesser

à Hélène Quénot Portrait de Hélène Quénot De Puttermesser

11H19 | 11/12/2007 | Permalien

« Ces gens-là, sans 4X4, sans piscine et sans compte en banque bien rempli ont le droit de penser sereinement à l'éducation de leurs enfants, où qu'ils soient. »
certes certes qu'ils pensent à « l'éducation de leurs enfants » mais au nom de quoi serait-ce aux contribuables de payer pour « l'éducation de leurs enfants » ?
S'expatrier est un choix qu'il faut assumer.

Portrait de Ireland

à Puttermesser Portrait de Puttermesser De Ireland

16H54 | 11/12/2007 | Permalien

Mais chaque enfant francais est un citoyen francais qui a le droit au systeme de l'ecole francaise republicaine, laique, obligatoire et gratuite pour tous. Et cela quels que soient les choix de vie de ses parents.

Portrait de hrc

à Ireland Portrait de Ireland De hrc

Recruteur a Londres | 17H26 | 11/12/2007 | Permalien

Chaque enfant francais est un citoyen francais qui donc beneficie des droits inherents. La scolarite privee n'en fait pas partie.

Si on s'expatrie, il faut considerer l'education de ses enfants dans ses raisons, autant que l'on considererait la provision en hopitaux, etc…

Beaucoup de Francais de l'etrangers paient leurs impots a l'etranger, et beneficient des protections du pays (encore plus dans certains pays, comme le Royaume-Uni, qui appliquent le Droit du Sol).

Pour les expatries, je trouve cette mesure ridicule. L'etat francais n'a pas a payer 7000€ par an pour payer le choix des parents d'envoyer leurs enfants dans une ecole a 250m d'une des rues commercantes les plus cheres du monde.

Apres, pour les enfants dans des pays avec une offre scolaire moins favorable, un systeme de bourse peut etre justifie, mais sur ces 60 millions d'€, combien vont correspondre a ce que paient les entreprises, combien vont representer les hausses des frais de scolarite et les parents qui decident maintenant qu'ils veulent payer pour une ecole a prix exhorbitants, et parmi ce qui reste, quelle proportion des parents auraient eu du mal a trouver cet argent ?

Ce n'est pas les ecoles francaises de l'etranger qui ont besoin de recevoir l'argent de l'etat.

Portrait de Nico_en_Chine

De Nico_en_Chine

01H34 | 11/12/2007 | Permalien

C'est clair que j'aurais préféré un équivalent de la CMU plutot que ce qui ressemble à une subvention déguisée pour les entreprises qui expatrient leurs cadres.

Maintenant c'est une promesse de campagne, probablement faite suite à des visites dans des consulats remplis d'expats plutot aisés censés représenter la communauté française locale (et accessoirement installés en famille).

Portrait de PlayPause

De PlayPause

01H40 | 11/12/2007 | Permalien

Je veux bien que tous les arguments soient bons pour taper sur Sarkozy, je suis le premier à le faire, mais bon, pour une fois qu'un président tient une promesse de campagne, même marginale en termes d'application et de conséquences sociales, je ne vois pas le mal. Ou alors fallait pas voter pour lui !

Portrait de eben

à PlayPause Portrait de PlayPause De eben

12H19 | 11/12/2007 | Permalien

Encore une fois, 47% de gens qui ont voté, ne l'ont pas fait pour lui… Cela ne veut pas dire qu'on doit se taire et le laisser faire tout et n'importe quoi.
Là où je suis d'accord avec vous, c'est que lui taper dessus alors que pour une fois une de idées parait tenir debout, ca serait malvenu. Reste à savoir le cadre légal de ce « remboursement ». Si ca doit encore aider les plus riches ou les entreprises, alors oui je continuerais a dénigrer son travail.. Si par contre pour une fois cela permet aux moins aisés d'envoyer leur enfants à l'école francaise, alors j'applaudis. Mais j'ai pas confiance en lui, j'attend de voir..

Portrait de PlayPause

à eben Portrait de eben De PlayPause

17H03 | 12/12/2007 | Permalien

Bien d'accord avec vous, restons vigilants. Mais je persiste à croire que c'est une question marginale en comparaison avec les âneries (le mot est faible) diplomatiques et économiques dont il nous gratifie.

Portrait de Mr KORBAK

De Mr KORBAK

01H46 | 11/12/2007 | Permalien

Le principe de la scolarité gratuite et obligatoire s'applique de 6 à 16 ans dites vous. C'est faux, ici et maintenant des enfants de mois de 16ans, sont déscolarisés. Ce qui représente une bonne économie que l'Etat peut reverser aux familles riches.Cela s'appelle l'égalité des chances.

Portrait de Servais-Jean

De Servais-Jean 4591

Hi-Han | 02H10 | 11/12/2007 | Permalien

Seul un système de bourse peut assurer l'égalité entre français.
Imaginez la petite Jade Halliday, allant dans une école huppée Suisse pour zéro franc alors que ses camarades vont payer plus de 2500 F pas mois.

Portrait de Arnaud L.

De Arnaud L.

02H30 | 11/12/2007 | Permalien

Quand on est expatrié, comme moi (Canada), on va à l'école du coin. Les écoles sont gratuites aussi à l'étranger, je ne vois pas pourquoi les français qui on choisit de vivre hors de France (et donc qui ne payent pas d'impôts), souvent d'ailleurs pour des raisons financières, devraient avoir droit à une scolarité gratuite au frais des contribuables français.
De plus, quand on veut s'intégrer dans un pays, il est préférable de ne pas rester entre français.

Portrait de Luc56

à Arnaud L. Portrait de Arnaud L. De Luc56

07H27 | 11/12/2007 | Permalien

Au Canada ton raisonnement se tient. Dans un pays du tiers monde, ça peut être une autre histoire, vu que pour avoir un enseignement de qualité il faut une bonne école privée…
Quant à ne pas rester entre français, j'approuve totalement, mais les lycées français sont aussi fréquentés par des enfants du crû (aisés) et par d'autres enfants d'expat. francophones (suisses, africains, etc.).

Portrait de Ashanti

à Luc56 Portrait de Luc56 De Ashanti

09H41 | 11/12/2007 | Permalien

Je confirme, en tant que fille d'un couple mixte franco-ivoirienne, j'ai fait toute ma scolarité dans le privé (au lycée international).
Ceci dit dans les pays pauvres vous avez tous types de lycées privés. Notamment français et international qui sont réservées à la haute bourgeoisie et d'autres locaux plus petits et religieux (catholiques) dans la lesquelles se retrouvent la moyenne et petite bourgeoisie africaine mais aussi immigrée européenne.

Portrait de karghyl

à Luc56 Portrait de Luc56 De karghyl

informaticien, Paris | 11H01 | 11/12/2007 | Permalien

Qu'il faille opter pour une école privée pour recevoir un enseignement de qualité, c'est une chose.
Que le coût soit pris en charge par l'état alors que les salariés touchent des compléments de salaire pour cela, ou que les entreprises le financent, c'en est une autre.
Inacceptable à mon sens…

Portrait de Network 23

à Luc56 Portrait de Luc56 De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 13H30 | 11/12/2007 | Permalien

Canada, USA, Brésil ou Côte d'Ivoire, la chose est assez difficile à avaler : comme Rue 89 & le Canard enchaîné l'ont remarqué, si l'Etat français subventionne des écoles privées à l'étranger pour des citoyens français qui, par ailleurs, ne paient pas d'impôts en France, puisqu'ils paient leurs impôts dans leur pays de résidence, cela va conduire à une hausse des tarifs d'inscription, payés par le contribuable français.

Quand, dans le même temps, la loi LRU de Pécresse prévoie de substituer au système des prix d'inscription administratifs dans les facs, plafonnés à un certain niveau par l'Etat, un système de tarifs, dans lequel chaque fac va pouvoir choisir « librement » combien il en coûte pour l'étudiant de payer ses études, et que cette fois-ci ce sera à sa seule charge (les bourses sur critères sociaux étant de + en + difficiles à acquérir dans le secondaire, et de toute façons limitées ; n'existant pas dans le 3e cycle ; les prêts à taux zéro pour passer sa thèse n'existant plus ; les allocations de recherche et bourses de thèses étant, pour certaines matières, proches de néant…), on comprend que la chose ne soit pas simplement « dure à avaler », mais proprement scandaleuse !

Sarkozy choit bien ses électeurs, et démantèle tous les lieux où une quelconque opposition à son programme de remodelage néolibéral pourrait éventuellement se manifester (non pas que ces lieux aient représenté, jusqu'alors, une opposition très puissante… problème de relais, de manque de mobilisation ? …). Et tout ça, c'est le contribuable français qui paie !

On aimerait qu'il s'intéresse aussi fort à la citoyenneté des résidents en France, privés de titre de citoyenneté, qu'à la bonne vie des citoyens français expatriés. Droit du sang, quand tu nous tiens ! …

Portrait de haggis

à Arnaud L. Portrait de Arnaud L. De haggis

14H26 | 11/12/2007 | Permalien

Tout à fait d'accord, nous on a choisi de s'installer en écosse et pour l'école, c'était vite vu, il n'y a pas d'école française. Enfin si, une seule à 3h30 de route et financée par… Total Fina ! alors pas question que mes gamins y aillent. Les enfants vont à l'école du coin et elle est très bien, ils ont reçu l'aide des enseignants locaux pour l'anglais. nous payons nos impots ici, je ne vois vraiment pas pourquoi la France devrait payer pour notre choix de vie. Quand on choisit d'aller vivre à l'étranger, on assume. Si on y est obligé par son entreprise, c'est l'entreprise qui paye. Mais bon, c'est surement à mettre en parallèlle avec le vote massif des français de l'étranger en faveur de sarkozy aux dernières présidentielles. Il a un électorat à soigner.
Et puis si on veut maintenir une scolarité française, il y a le CNED (enseignement à distance) qui ne coûte quand même pas une fortune.

Portrait de Hélène Crié-Wiesner

à Arnaud L. Portrait de Arnaud L. De Hélène Crié-Wiesner

Ecrivain, spécialisée en environnem... | 16H21 | 11/12/2007 | Permalien

Vous avez raison, bien sûr, en ce qui concerne l'intégration : fréquenter l'école du nouveau pays est une bonne tactique. A ceci près que ces jeunes Français qui n'auront pas le bac ne pourront pas intégrer une université française par la suite, et encore moins une de ces difficiles « prépas » qui sélectionnent leurs étudiants sur dossier exclusivement. Ce qui empêche définitivement des jeunes de présenter les concours des très grandes écoles.

Certains peuvent penser que ce n'est pas grave, que cela ne concerne que des élites snobs, mais mettez-vous à la place des parents qui voudraient garder toutes les options ouvertes pour leurs enfants. En outre, qui dit enseignement supérieur français fermé dit obligation de rester aux USA (dans notre cas) jusqu'à obtenir l'équivalent d'une licence, pour pouvoir rejoindre enfin le système français. Peu de gens ont une idée de ce que coûte l'université aux Etats-Unis (je ne parle même pas des établissement de luxe).

En outre, même s'il ne s'agissait que de conserver à ses enfants expatriés une langue (écrite, ce qui n'a rien à voir avec l'oral) et une culture (littérature, histoire…), la fréquentation durant quelques années d'un lycée français à l'étranger est une bonne chose… que nous n'avons pas pu nous permettre, vu le prix hallucinant des lycées français aux US.

Cela dit, je pense qu'il aurait été bien préférable de renforcer le système des bourses que de rembourser à tous, riches et pauvres, les frais de scolarité.

Portrait de Ireland

à Arnaud L. Portrait de Arnaud L. De Ireland

16H57 | 11/12/2007 | Permalien

Certainement parce que les ecoles publiques du Canada sont d'un tres bon niveau… ce qui est loin d'etre le cas dans tous les pays du monde !

Portrait de Hervé Torchet

De Hervé Torchet

02H31 | 11/12/2007 | Permalien

Ce qui est en outre choquant, c'est qu'il ne soit fait mention ni de conventionnement des établissements, ni d'un contrôle sur l'enseignement.

Portrait de Cyril_H

à Hervé Torchet Portrait de Hervé Torchet De Cyril_H

étudiant à Pau | 05H30 | 11/12/2007 | Permalien

JHe crois que ça n'est vrai que pour les « lycées français » (je crois qu'ils dépendent conjointement des affaires étrangères et de l'éducation nationales, même si ce sont des établissements de droit local)

Portrait de natou

à Hervé Torchet Portrait de Hervé Torchet De natou

07H33 | 11/12/2007 | Permalien

c'est pas vrai les Lycées français on des contrats avec l'état.J'ai fait mes études au Lycée Français de Los Angeles , j'y suis arrivé en 78 et il y avait des bourses pour les français , à hauteur de 50% et quand ils les ont supprimé et bien les effectifs de la section française ont fondus comme neige au soleil.Il y a à l'étranger des gens pas forcément riches qui aimeraient que leurs enfants parlent leur langue maternelle et je pense que le ministére des affaires étrangéres peu se permettre de dépenser cet argent alors qu'on dépense de l'argent pour développer la francophonie ce qui a un vrai relent de colonialisme , pour le coup !

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code