La précarité s'accroît dans la presse française. Qui cela concerne-t-il ? Toutes les personnes qui ne sont pas en CDI. Pourquoi une définition aussi vague ? Parce que cette précarité est sciemment censurée par les directions et les rédactions des entreprises de presse.
Cela me fait penser à la Corée du Nord. On a quelques informations par des gens qui ont pu s'enfuir de cette dictature, par des images prises au téléobjectif depuis le territoire chinois et par l'interprétation des images officielles de la télévision nord coréenne. Mais ce pays reste une tâche blanche. Il en est de même pour la précarité dans la presse.
Un premier indice fiable provient des conditions exigées, pour l'obtention de la carte de presse :
1/ que ce soit votre activité principale
2/ il est nécessaire de gagner un demi-smic
Vous avez bien lu, la moitié d'un smic est demandé. Il est déjà difficile de » vivre » avec un smic, je vous laisse imaginer avec 50% du salaire minimum, la qualité de vie que l'on peut avoir !
Depuis que je suis en procès avec l'agence Sipa press, où j'ai travaillé vingt ans, j'ai essayé de mieux connaître ce problème en rencontrant des cas semblables au mien. Les précaires sont des pigistes, des CDD et tous ceux qui ont des contrats « bricolés », voire même qui n'ont pas de contrat. Cela ne concerne pas seulement les journalistes ou les photographes, mais tous les métiers de la presse : correcteur, maquettiste, secrétaire de rédaction, preneur de son, cameraman, monteur images et/ou son, ainsi que ceux qui travaillent sur les sites web, etc….
Dans certaines publications, le rapport entre CDI et non-CDI est effarant Un article de L'Humanité (13 mars 2006) sur le Groupe Marie-Claire donnait cette information :
« Les difficultés dont souffrent les journalistes de Marie-Claire sont symptomatiques de l'état de la presse magazine, qui emploie de plus en plus de pigistes. Le Groupe Marie-Claire comprend les titres Marie-France, Famili, Avantage, Cosmopolitain, Votre beauté, Cuisine… soit une dizaine de titres. Et 29 journalistes fixes sur l'ensemble des magazines, pour “environ 700 pigistes, dont 250 experts”, explique l'un d'entre eux. »
Si je fais le calcul, cela donne 24,13 non-CDI pour 1 CDI. Si tous les non-CDI faisaient grève, je ne sais pas quel journal, hebdomadaire, mensuel, émission tv/radio, site internet pourrait paraître.
Sur plusieurs plans, la précarité est LA méthode de gestion et de profit de la presse française.
Notre chère télévision.
Parce qu'il est pigiste, un cameraman d'une chaîne française a été envoyé dans un pays en guerre, sans être couvert par une assurance spécifique pour ce type de travail. Quand ce cameraman travaille en France, il filme tout ce que ses collègues CDI refusent de faire. Une réalisatrice et cameraman de documentaires qui travaille pour une émission, réputée pour son ton acide, de la télévision publique, doit demander le RMI entre deux projets. Le producteur de ces documentaires refuse de la payer pour la préparation d'un sujet (recherche, repérage et tournage) et ne le fait seulement que lorsque le documentaire est diffusé. Si un film a été réalisé mais que la direction le refuse, elle ne touche rien non plus. Deux exemples qui montrent comme on économise de l'argent, à la télévision.

Le récurrent jeune photographe
En ce qui concerne la photographie, les services photo des magazines imposent l'Agessa (caisse d'assurance pour les artistes), car ils ne payeront que 8% de charges au lieu des 40% pour le régime générale, comme cela doit l'être. Tout détenteur de la carte de presse est assimilé à un cadre et doit bénéficier du régime générale. Malheureusement, un laxisme important de la part des administrations fait que le droit social est trop souvent bafoué.
Mais cela va plus loin. Le prix des piges a baissé. Le temps qu'on vous accordait pour accomplir votre travail a diminué également. Tout aussi grave, de plus en plus souvent, si le travail qu'on vous a commandé est plusieurs fois publié (partiellement ou entièrement) et/ou revendu à un autre magazine, vous ne touchez rien. Les photos que l'on vous a commandées appartiennent au magazine.
Un photographe sans archives, est un photographe qui n'existe pas
Que seraient Robert DOISNEAU ou Diane ARBUS sans leurs archives ? Rien, des inconnus ! L'exploitation de nos semblables étant un puits sans fond, maintenant on impose au photographe de prendre à sa charge les frais de justice, au cas où quelqu'un porterait plainte contre le reportage réalisé. Avant, c'était le magazine qui en assumait la responsabilité juridique.
Pour disposer de photographes dociles, les services photo font, pour une large part, appel au récurrent « jeune photographe ». Lecteurs, lorsque vous lirez ou entendrez l'éloge du « jeune photographe » de la part d'un patron de presse ou d'un responsable d'un service photo, méfiez-vous. C'est juste le synonyme d'exploitation. La méthode est toujours la même. Un service photo passe des petites commandes à des presque débutants. Ceux qui sont les plus prometteurs ou qui s'accrochent le plus, reçoivent des sujets plus importants. On leur fait la promesse que s'ils acceptent ces conditions de travail, plus tard, le magazine saura s'en souvenir. Parfois ils sont un petit peu mis en vedette.
Mais le jour où le jeune photographe en a assez et demande des conditions normales de travail, il ne reçoit tout simplement plus de commandes. Et dans le plus grand silence, disparait des pages des journaux. Dès le numéro suivant, les lecteurs découvriront un/des nouveau(x) jeune(s) photographe(s) dans leur magazine. J'ai ainsi vu passer des dizaines et des dizaines « jeunes photographes ».
Donc les-rares-mais-authentiques-photographes, ceux qui ont une démarche d'auteur, se tourneront vers d'autres secteurs que la presse, pour montrer et vendre leurs images. La photographie ne se limite pas au photojournalisme, comme certains le martèlent.
Concurrence entre CDI et non-CDI dans la presse écrite
La gestion des non-CDI est aussi un bon moyen pour obtenir un article rédigé dans le sens de la direction. Si un CDI refuse de l'écrire, ça sera une aubaine pour un pigiste de le faire. Dans l'autre sens, un CDI pas assez docile sera mis au placard et son travail sera confié à des pigistes.
L'émiettement du travail d'une rédaction rend les journalistes résignés et égoïstes. Ainsi, une correctrice qui travaillait en CDD depuis au moins une décennie dans un hebdomadaire a eu les plus grandes difficultés pour obtenir le droit et les avantages d'une reconversion professionnelle en partant volontairement de ce magazine qui venait d'être racheté.
Les syndicats en place dans cette publication avaient « tout bêtement oublié » les non-CDI dans les négociations avec la direction pour la mise en place du plan social. Elle s'était même entendu dire sur un ton condescendant, de la part d'un journaliste CDI, son étonnement qu'un CDD puisse bénéficier des mêmes avantages que lui !
La précarité, c'est bon pour les affaires
Sur le site de Libé, les lecteurs peuvent écrire un commentaire à la suite d'un article. Si vous employez les mots : « La précarité grandissante dans la presse etc… » Votre commentaire est systématiquement supprimé. J'ai fait cinq fois l'essai, cinq fois censuré. Je ne sais plus quel politicien disait : « Un problème n'existe que lorsqu'on en parle. » Voilà où se situe la difficulté.
A cause de ce silence, cette précarité est pour le moment inquantifiable. Elle est la face cachée de la misère. Plus grave, une telle omerta n'est-elle pas un indice que la France n'est pas si démocratique qu'on le prétend ? Selon le dernier classement pour la liberté de la presse dans le monde, Reporters sans frontières situe la France à la 31e position (derrière la Namibie, la Jamaïque et le Ghana). Au passage, je considère le silence de RSF sur cette précarité comme profondément honteux.

Pour obtenir un coût de production bas et une idéologie à son service, le choix de gérer ses affaires par la précarité pour une petite majorité de non CDI et d'offrir des promotions et avantages pour une grande minorité de CDI, sont d'excellentes armes, tant que le grand public continuera à l'ignorer. Si la presse se porte mal, ce n'est pas le cas des salaires des cadres supérieurs de ces publications.
Journalistes et intellectuels, le Canada dry de la conscience sociale
J'ai essayé de rentrer en contact avec des journalistes, de la presse de droite comme de celle de gauche, y compris avec ceux ayant une petite ou grande notoriété. Ils adoptent le même profil bas. L'essentiel pour eux est l'évolution de leur carrière, d'être reçu dans les radios et/ou sur les plateaux de télé comme invité ou chroniqueur régulier et plus tard avoir sa propre émission. D'où une autocensure certaine, concernant les sujets qui fâchent.
Le plus douloureux pour moi a été de constater que même ceux qui ont une image publique d'homme sensible aux problèmes sociaux, ne semblant pas trop pratiquer la langue de bois, étaient en fait pires que les autres. Je pense que c'est pour compenser cette attitude qu'ils accordent une large place aux journalistes qui se font assassiner dans le monde et qui, eux, vivaient debout !
Pour les intellectuels, mon expérience m'a hélas démontré qu'il en est de même. J'avais une bonne relation avec le sociologue Pierre Bourdieu. J'aurai bien voulu connaître son sentiment sur tout cela. Parfois il y a des surprises agréables. J'avais aidé à recueillir des signatures pour une pétition en faveur des pigistes précaires. La dernière signature que j'ai reçu était celle de André Gorz.
Précaires : la peur n'éloigne pas le danger
Il faut bien le dire, de trop nombreux précaires adoptent un comportement servile, espérant ainsi passer à travers les ennuis. Qu'ils ne se fassent pas d'illusions, le jour où un rédacteur en chef ou un chef de service en a assez d'un de ses pigistes, il le balance sans état d'âme. Au lieu d'avoir un comportement peureux et individualiste, les non-CDI devraient s'unir. Car du côté de la direction, la solidarité est une réalité.
Actuellement en procès contre Sipa press, j'ai deux attestations contre moi provenant de membres de la direction des agences Starface et Vu. Agences que je n'ai jamais fréquentées, de près comme de loin. En plus de cela, les dirigeants des entreprises peuvent compter sur un certain nombre de CDI, pour obtenir des attestations contre les autres. A Sipa press, se sont toujours les mêmes individus qui rédigent des attestations dans le sens souhaité par leur direction.
Les syndicats de la presse, un corporatisme à réformer
Le premier propriétaire de Sipa press n'a jamais accepté la présence d'un syndicat et même d'un Comité d'entreprise, au sein de son agence (alors qu'elle comptait plus d'une centaine de personnes). A partir du rachat de celle-ci, au quatrième trimestre 2001, un seul syndicat y est représenté : la CGT. Je rencontrais son secrétaire général de l'époque, qui m'affirma qu'il n'avait jamais rencontré un cas comme le mien, et que le moment venu, la CGT se porterait partie civile. Ni l'ancien, ni le nouveau secrétaire général n'ont jamais bougé le petit doigt pour moi, ni pour d'autres personnes qui ont été ou qui sont en conflit avec la direction.
Après avoir claqué la porte de ce syndicat, j'ai décidé de rencontrer le secrétaire-général du SNJ du moment. Même attitude d'indifférence. J'ai pu constater, en rencontrant d'autres précaires, que leur expérience des syndicats est comparable à la mienne. Les syndicats majoritaires de la presse parlent bien des précaires, il est même de bon ton de le faire. En revanche, aucun acte concret significatif n'est jamais fait.
Les politiques, la farce tranquille
Les lettres que j'ai reçues d'anciens ministres de gauche et de droite se ressemblent toutes. Il n'y a que l'en-tête de leur papier à lettre qui diffère. Leur politique consiste à « botter en touche », c'est-à-dire à répondre à côté des questions. Sous le gouvernement Chirac, j'avais quand même pu rencontrer un haut fonctionnaire du ministère de la Culture et de la Communication. A l'époque, c'était M. Aillagon qui en était le ministre. Ce haut fonctionnaire, après m'avoir écouté, me dit :
« Nous savons ce qui se passe dans la presse, mais les dossiers comme le votre finissent à la corbeille. »
Sous le ministère de M. Donnadieu de Vabre, je n'ai reçu aucune réponse.
Un jour, le cabinet du ministère du travail, qui avait comme ministre M.Borloo, me téléphona. C'était pour me proposer de prendre un crédit, afin de relancer ma carrière (sic). Cette anecdote me rappela un sketch de Coluche, où un chômeur recevait une lettre d'une administration lui demandant :
« Dites-nous de quoi vous avez besoin, on vous dira comment vous en passer ! “
La photographie française : 6 m²
Comme lot de consolation, le haut-fonctionnaire que j'avais rencontré me conseilla de présenter mes photos à un autre haut-fonctionnaire, que l'on voit beaucoup dans le petit monde de la photo. Je téléphonais à cette personne, elle me répondit qu'elle ne pouvait me recevoir car son bureau était trop petit pour regarder des photos : ‘Il ne fait que 2 m x 3 m’.
Bien que je lui ai assuré que j'avais des petits tirages, nous ne nous sommes jamais rencontrés. Que les photographes se le disent, l'importance de la photographie n'est que de 6 m² pour nos dirigeants politiques.
Notre hyperactif président
Les français ont élu un président de la République hyperactif. Donc je lui ai adressé une lettre au sujet de la précarité dans la presse. Celle-ci se terminait par cette question :
‘Auriez-vous la volonté d'intervenir pour que le secteur de la presse ne ressemble plus à une jungle, pour les gens qui y travaillent ?
Depuis le 7 septembre, j'attends une réponse. Je trouve son silence très explicite. Que faire ? Il est certain qu'un jour ou l'autre, ce silence se fissura. Le problème est de savoir quand ? Il est tout aussi certain que personne n'agira à votre place, vous les précaires. Il est aussi évident que cette reconnaissance sera beaucoup plus difficile à acquérir que celle des intermittents, des stagiaires ou des intello-précaires qui, eux, peuvent s'exprimer dans la presse.
Pour ma part, je pense qu'il faudrait créer une sorte de pastille verte. Pastille qui serait visible dans le sommaire des publications qui respectent le droit social. Car il est bien connu que cela ne dérange pas grand monde, de mal se conduire. En revanche, c'est beaucoup plus gênant lorsque cela se sait ! ► Note de Rue89 : Si une telle pastille existait, nous ne l'aurions pas, Rue89 ayant commencé sa vie sur la base de contributions bénévoles et recourant à des stagiaires non rémunérés… Nous espérons avoir les moyens de faire mieux à l'avenir, les financements aidant.


























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De Hervé Torchet
20H42 | 09/12/2007 |
Le métier de journaliste, pris en tenaille entre la pression de l'argent, des puissances financières, et celle de la rentabilité, est effectivement en danger.
à Hervé Torchet
De CHOCO MOUSSE
,merci de votre attention | 17H00 | 13/12/2007 |
ELLE EST MORTE !
De
23H01 | 09/12/2007 |
Merci pour votre note honnête, mais ça ne vaut pas absolution !
De
00H27 | 10/12/2007 |
Vous écrivez, presque ingénuement :
« Il est tout aussi certain que personne n'agira à votre place, vous les précaires. Il est aussi évident que cette reconnaissance sera beaucoup plus difficile à acquérir que celle des intermittents, des stagiaires ou des intello-précaires qui, eux, peuvent s'exprimer dans la presse. »
En signalant tout d'abord un accord quasi-complet avec votre article, et remerciant Rue 89 pour sa franchise, il est étrange d'opposer les « précaires » de la presse aux intermittents, aux stagiaires ou aux « intello-précaires ».
Si les stagiaires - soyons direct, on ne parle pas ici « des stagiaires » en général, mais bien de l'association Génération Précaires - http://www.generation-precaire.org/ - qui s'est petit à petit transformé en véritable syndicat des stagiaires, tout comme AC ! s'est transformé en syndicat des chômeurs) « peuvent s'exprimer dans la presse », comme vous dites, c'est d'une part par le caractère spectaculaire de leurs actions, d'autre part par un travail de réflexion de fond et de difficiles négotiations avec les divers ministres, enfin, en grande partie, parce que des journalistes, stagiaires eux-mêmes & donc directement concernés par le problème, ont fait des papiers sur eux !
De +, je ne parle pas au nom de Génération Précaire, mais, comme toute association ayant des contacts avec les médias, ceux-ci ont souvent été décevants. Les journalistes professionels ayant trop souvent tendance à réduire le discours, à demander des « stagiaires à la carte » (vous n'auriez pas un p'tit stagiaire précaire, appartenant aux « minorités (in)visibles », sous la main, par hasard ? ), etc. Ceci pour dire que s'ils « s'expriment dans la presse », ce n'est pas sans difficultés, et cela exige beaucoup d'efforts et de travail.
Tout comme pour le mouvement étudiant, la question du rapport aux médias se pose de + en + incisivement. Certains défendent en effet des positions radicalement anti-médias (pr un exemple, voir « Bové, le cirque médiatique » : http://www.zalea.org/spip.php ? article862), d'autre des positions plus nuancées, tandis qu'un certain nombre ont fait la difficile expérience du zappage médiatique (en gros, vous existez tant que vous passez à la télé, mais dès que la télé n'a plus besoin de vous, vous disparaissez - ce qui était à peu près ce que racontait Debord dans La Société du spectacle, au niveau le + bateau de son analyse… qui ne s'arrête pas là ! )
Quoi qu'il en soit, la question demeure à la fois l'accès aux médias, mais aussi le travail effectué hors « temps de parole“/‘champ télévisuel’, l'expertise militante des savoirs accumulés en recoupant les témoignages, agrémentés de lectures théoriques, d'apprentissages du fonctionnement juridique réel (et non pas tel qu'enseigné aux étudiants de droit ! ), et d'apprentissage dans la négotiation politique.
Sans ce travail, la visibilité médiatique ne sert à rien.
Enfin, vous dites qu'ils peuvent ‘s'exprimer dans les médias’, mais la qualité de réception des médias, leur capacité à éviter toute distorsion du discours, l'éventuelle - et bien rare - capacité à appuyer les points forts et les points faibles de l'analyse-critique de tels mouvements, etc. compte tout autant. Certes, il est peut-être important, parfois, de passer 25 secondes sur TF1, vu l'audience de la chaîne. Mais si vous n'ajoutez pas à ces 25 secondes la possibilité de publier une tribune réfléchie et critique dans les pages d'un grand quotidien (du soir ou du matin), réservées a priori aux intellectuels médiatiques ou personnes dotées d'un statut professionnel établi, cela ne sert à rien.
Il est bizarre de parler de censure ou d'impossibilité d'accéder aux ‘médias’ en parlant des ‘médias’ sans faire de distinction, sans différencier les différents supports d'expression possibles (qui outrepassent largement la sphère médiatique), etc. Le problème du passage d'un support à l'autre, avec les différents niveaux d'analyse requis (on ne dit pas la même chose en 2min30 sur telle ou telle radio et dans un article d'une page…), semble déterminant dans la capacité non seulement d'être écouté, mais d'élaborer un discours revendicatif critique et collectif.
Si l'importance d'une réflexion critique sur le caractère massif du statut précaire dans le journalisme s'impose (je partage aussi avec vous la lassitude vis-à-vis de Reporters Sans Frontières, plus habiles à défendre la liberté de la presse au Congo qu'en France…), celle-ci ne saurait se passer de la réflexion déjà élaborée par les intermittents du spectacle, les stagiaires, les chômeurs, les intermittents de la recherche, etc. Qq pistes parmi d'autres :
http://multitudes.samizdat.net/spip.php ? page=recherche&recherche=intermi…
De caro
délinquante avérée | 01H04 | 10/12/2007 |
si tous les précaires pouvaient se donner la main …. !
Vous signalez avec juste raison la précarité dans le journalisme dans votre article étayé et fort intéressant.
Comment vivre avec la moitié d'un SMIC ? comment vivent tous les « bénéficiaires » du RMI ? les salariés à mi-temps non choisi ? les bénéficiaires de contrats aidés (contrat d'accès à l'emploi, contrat d'accompagnement etc) à 20 H / semaine ? tous les intermittents non seulement du spectacle mais aussi de l'interim ? les formateurs payés pour les heures de face à face (en cours) et pas pour les préparations etc
Vous aimeriez instaurer une pastille verte pour les publications qui respectent le droit social, mais bientôt, le code du travail va passer de vie à trépas et les employeurs auront tous les droits.
C'est donc le système de précarisation à marche forcée qui s'instaure en douce dans tous les domaines professionnels qu'il faut dénoncer.
à caro
De
11H03 | 10/12/2007 |
Vous écrivez comment vivre avec la moitié d'un SMIC… eh bien on ne vit pas justement.
Parce qu'il faut commencer par dire qu'on ne vit pas avec un SMIC. On vit à peine quand on est seul, et avec un SMIC dans une famille où l'un des deux adultes est à la maison, on survit.
Avec deux SMIC dans une famille, la seule différence que je vois, c'est une plus grand capacité d'emprunter et de se loger, une sorte de mutualisation du produit (économies, gains) de la peine qui donne l'illusion de vivre alors que chacun s'enchaîne.
Il n'y a aucune dignité dans tout ça. On est revenu au lumpenproletariat.
De Alexad
02H09 | 10/12/2007 |
J'ai lu votre article avec grand intérêt et malheureusement sans étonnement..
L'arrogance et le mépris ont le vent en poupe :
Destruction des collectifs et de la solidarité,
Institutionnalisation de la peur,
Suppression de nombreux Conseils de Prud'hommes,
Démantèlement du code du travail,
Dépénalisation des affaires…
Partout, dans tous les secteurs du privé, c'est le grand retour des pratiques et de la pensée du 19ème siècle. L'esclavage renaît avec virulence et dans l'indifférence la plus totale.
De Daniel R
Visiteur d'entreprise | 08H34 | 10/12/2007 |
Votre témoignage est courageux. Rare sont les journalistes, photographes ou techniciens qui osent rompre l'omerta.
Ceux qui ont un nom, qui animent les plateaux de télévision sont ceux qui ont accepté et intégré les règles du jeu, ils sont fort avec les faibles et faibles avec les forts. Leur devise est « J'y suis, j'y reste et chacun pour soi ». Ne comptez pas sur eux.
Vous savez bien évidemment que vous n'êtes qu'un exemple parmi des millions de cas.
Précaires des médias, précaires du spectacle, précaires de l'industrie, des services et précaires agricoles, nous voyons bien vers quoi les possédants et dirigeants nous emmenent petit à petit : La parcellisation et l'externalisation du travail.
Le but ? Transformer les salariés en sous-traitants ordinaires et discuter en position de force : « Vous êtes trop chers, faites un effort ou sinon nous ferons appel à quelqu'un qui a vraiment envie de travailler avec nous ».
53% des Français, dont beaucoup de victimes de ce système, ont choisi de poursuivre dans cette voie sous la pression indécente des médias proches du Président.
Pourquoi changer un modèle qui gagne ?
De
09H36 | 10/12/2007 |
Depuis le 7 septembre, j'attends une réponse.
Je pense que vous pouvez attendre longtemps. Il n'est pas le président de tous les français vous devriez le savoir !
De Nicolas Kayser-Bril
Window on the media | 10H03 | 10/12/2007 |
Trop de journalistes, pas assez de postes : les salaires baissent. Logique.
Le marché envoie un signal, lisible dans les conditions de travail. Les futurs journalistes refusent simplement d'y voir le trop-plein de l'offre de travail, préférant faire porter le blâme « au système'.
Ensuite, si vous répugnez à l'économie de marché, ce que je peux comprendre, certaines agences se feront une joie de vous accueillir (kcna…). Mais dépêchez vous, il n'en reste plus beaucoup.
à Nicolas Kayser-Bril
De
11H19 | 10/12/2007 |
Cher Nicolas Kayser Bril
Vous écrivez : trop de journalistes, pas assez de postes, salaires en baisse, le marché envoie un signal clair libre à vous de ne pas l'entendre..
Je me demande d'où vous sortez qu'il n'y a pas assez de postes…
Tout le drame est qu'il y a un besoin accru de « postes » comme vous dites, de journalistes et la cohorte de pigiste que consomme un média, la multiplication des médias eux-mêmes, papier audio net tv etc… devraient vous inciter à réfléchir à ce que vous écrivez avec beaucoup d'aplomb.
Continuez donc à l'Observatoire des Métiers d'afficher des avis imbéciles tout droit exsudés du petit manuel des fondamentaux du libéralisme expliqué à ma fille comme jadis on s'inspirait du petit livret rouge pour expliquer aux masses prolétariennes d'où et comment venait le vent.
Je suis sidéré par autant d'incompétence.
De Nicolas Kayser-Bril
Window on the media | 14H50 | 10/12/2007 |
Salut l'anonyme !
Je réponds pas sur les insultes bien sûr, juste sur le « pas assez de postes'.
+25% de cartes de journalistes en 10 ans (France)
+0% de dépenses loisirs et culture entre 98 et 05 (Allemagne, en France, avec les 35 heures, il y a peut être eu une augmentation)
CQFD ?
à Nicolas Kayser-Bril
De machinchose
11H51 | 12/12/2007 |
non, désolé mais pour un CQFD c'est un peu maigre, d'autant plus que vous ne parlez pas de la multiplication des supports par exemple, de la consommation des gratuits, que vous nous sortez une statistique allemande complètement à coté de la plaque, que vous ne prenez pas en considération le net, la TNT, le cable etc . C'est moi qui vous ai déplié sur vos commentaires parce que la question que vous posiez pouvait mériter de l'être mais la maigreur de votre réponse n'est (pour le moment) pas du tout convaincante.
De
10H38 | 10/12/2007 |
Merci à Gérard Gastaud pour le papier. Il y a dix ans, la situation était déjà exactement celle-ci.
Sur la Note de Rue89 : « Si une telle pastille existait, nous ne l'aurions pas, Rue89 ayant commencé sa vie sur la base de contributions bénévoles et recourant à des stagiaires non rémunérés… Nous espérons avoir les moyens de faire mieux à l'avenir, les financements aidant. »
Qu'à cela ne tienne : une pastille rose pour les bébés-entreprises. Pendant les deux ans, trois ? qu'il faut pour s'établir. Un délai raisonnable peut très bien être déterminé par les professionnels et par secteur.
Après régime général à la pastille verte.
A RUE89 encore ! : Attention à l'hypocrisie du pseudo réalisme car c'est toujours comme ça que les entreprises justifient de ne pas payer : vous savez on pas d'argent, les caisses sont vides, c'est dur, et patati et patata… La faute aux lecteurs qui ne lisent pas, qui ne s'abonnent pas, à la publicité qui rentre pas, aux impôts, aux subventions gelées.. Mais attention le rédac chef lui prend bien soin de l'être (payé et comme il faut du point de vue de la sécu, de la retraite etc.. sans oublier son véhicule perso inscrit comme véhicule professionnel).
C'est toujours problématique ce hiatus entre discours ethique et pratiques. Ca fait malaise.
Les précaires se font exploiter sans broncher. Quand ils bronchent se font virer. Quand ils bronchent pas se font quand même virer.
Au fait, dans les évangiles on traduit les béatitudes par un « heureux » les petits, « heureux » les affamés, etc. quand cela se traduit bien plutôt c'est à dire littéralement par : EN MARCHE. Reportez vous aux ouvrages de Lytta Basset.
Ca donne : En marche les petits, les affamés : le royaume est à vous. C'est vrai qu'être en marche, c'est commencer d'être heureux.
Et il y a la promesse-constatation : les premiers seront les derniers, et les derniers les premiers.
A méditer.
De Lysa
10H49 | 10/12/2007 |
Je vais descendre encore d'une marche dans le témoignage. Il y a les pigistes certes mais il y a aussi ceux d'en bas.
J'ai travaillé 6 ans pour une PQR, dont 5 ans en agence. Je bossé entre 10 et 15 jours par mois, avec le matériel de l'agence. J'avais les mêmes responsabilités que la journaliste seule en poste que je remplaçais et je gérais les papiers du groupe de correspondants locaux qui écrivaient sur le secteur géographique de l'agence. Mon statut ? correspondante de presse, autant dire pas de statut. Nous étions quelques uns dans ce cas à espérer un jour un contrat hypothétique. Evidemment la plupart d'entre nous n'ont pas signé le contrat espéré. Il reste toujours les Prud'hommes c'est vrai mais après ce passage, inutile d'espérer retravailler dans la presse. J'aurais pû aussi demander ma carte de journaliste, dans ce cas là le journal en question m'aurait dit au revoir pour ne pas être obligé de me payer en pige. J'ai ensuite travaillé à droite à gauche pour d'autres magazines…pas de carte, pas de piges, des papiers payés sur facture autant dire du black quoi…Quant aux syndicats je souris…jaune. Quand je me suis dirigée vers eux j'ai entendu que nos dossiers n'étaient pas d'actualité. 7 ans après ils ne le sont toujours pas,…c'est simple nous sommes la dernière marche de la presse, plus bas c'est la terre battue. Voilà pour le témoignage.
PS : Ces six années n'ont pas été vaines,je me suis reconvertie et aujourd'hui j'apprends aux enfants à monter un journal et à décrypter l'information…
à Lysa
De
11H31 | 10/12/2007 |
A ce propos, Lysa, les agences d'offre d'emploi sont réservées aux « encartés : “journalistes” (voire pigistes ? puisqu'une pige est quand même déclarée comme telle), mais certainement pas à la masse des “auteurs” payés sur pseudo “factures”…
L'“auteur” a une existence réelle mais n'existe pas dans l'entreprise et pour le secteur.
L'auteur qui déjà ne bénéficie pas de la grille des tarifs de piges, ne peut donc même pas faire jouer la concurrence en accédant aux offres d'emplois publiées ou réservées aux “professionnels” du secteur qui lui permettrait de se vendre ailleurs ou de faire craindre qu'il ne le fasse.
L'auteur n'a pas de sécu, pas de chômage, pas de vie…. Mais il a la gloire…
De
12H42 | 10/12/2007 |
La liberté que les journalistes ont, c'est celle que les lecteurs leur donnent en achetant les journaux. Comme il y a très peu de journaux qui vivent uniquement de leurs ventes, tous sont tributaires de la pub. Tous font des économies sur la main d'oeuvre d'où des statuts précaires et des journalistes mal payés. Ajouter à cela, la pression des pouvoirs économiques et politiques et on comprend le malaise et le fatalisme qui envahissent les rédactions.
En fait il faudrait lancer un appel aux citoyens. Si vous voulez une presse libre, achetez-là !
De Venezuela
vit aux Pays-Bas | 13H06 | 10/12/2007 |
Malheureusement, cela n'existe pas que dans votre métier. Dans nombres d'entreprises internationales plus de la moitié des employés (quel que soit le niveau, celà commencé au bas de l'echelle, il y a une dizaine d'années) sont des « contractants » i.e. à durée déterminée et doivent payer eux-mêmes leur retraite et assurance maladie.
De Raphaël S.
17H45 | 10/12/2007 |
excellent article.
je rajouterai qu'une clause de contrat (il me semble généralisée, en tout cas en place dans le journal Le Monde) stipule que les journalistes ont « droit à leur liberté d'opinion » mais elle ne doit « en aucun cas porter atteinte aux intérêts de l'entreprise de presse dans laquelle ils travaillent ». Rendant impossible une prise de position portant atteinte à l'image du groupe.
De vol19
awash | 21H48 | 10/12/2007 |
Cet article permet de mieux comprendre pourquoi la précarité des métiers intellectuels est à ce point déniée dans les médias (avec tous les problèmes qui peuvent y être associés, harcèlement…). Pour la presse, c'est éthiquement grave, car celà peut générer justement un phénomène de déni et une loi de silence. Certains travailleurs intellectuels précaires ont tendance à dénier la situation face à d'autres pour conserver une image « dynamique » et ainsi de ne pas se placer dans une posture de faiblesse qui suscitera le rejet ou au contraire de la soumission (s « il a besoin de bouffer…j'lui propose le tarif le plus bas…) L'intellectuel précaire pro-actif est supposé écrire des articles, organiser des conférences spécialisées, publier des boukins, participer à des colloques, avoir un site, un blog réseauter, cultiver des liens avec de vieux copains ou copines, accepter de faire des boulots plus alimentaires en le cachant… Bref un homme de marketing et de com, ce qui est souvent opposé au métier d'intello, à un travail de recherche, et reste dans une position fragile face à un médiocre rond de cuir qui lui aura investi son énergie dans des “stratégies institutionnelles” pour avoir un peu de pouvoir. Il lui manque quelqu'un sur qui l'exercer… Eviter absolument la formule “travailleur indépendant libérale”.
Une relation m'a finallement avouée après des années qu'elle s'en sortait grâce au chômage et en bricolant le nombre d'heures travaillées avec ses employeurs.
Le problème se pose dans la presse avec ses conséquences sensibles sur l'information. On peut supposer que les politiques s'en fichent un peu, leur intérêt n'est pas de renforcer le “contrepouvoir médiatique” et d'avoir un nombre d'interlocuteurs limités. De toute façon les pouvoirs politiques n'aiment pas trop les intellectuels, plus ceux-ci sont isolés et affaiblis dans leurs coin, moins ils sont potentiellement néfastes (ou utiles ! ). La société Française et plus encore en période de crise raisonne davantage en terme de statuts et de corporations/ de groupe contrairement à une logique de compétences/problème comme dans les pays anglosaxons. (Les isolés sont supposés être nuls ou caractériels et par conséquent ne comptent pas.)
Cette précarité des “intellos précaires” se pose aussi dans d'autres métiers, la communication, la culture, l'enseignement supérieur, la formation professionnelle continue, la recherche, les enquêtes études marketing ou divers, certaines activités informatiques… Leur nombre est important. La conjugaison entre le stress professionnel, exacerbation de la concurrence, conditions d'intervention, délais, modalités et la précarité finit par être destructive.
On entend dire parfois, mais “ces gens se font plaisir avec un métier intellectuel… de notre temps on prennait le boulot là ou il était, ils n'ont qu'à faire vendeur dans un centre commercial…” La précarisation, l'exclusion produit de la disqualification au fur et à mesure, certains conseil généraux essayent de faire pression, refus des professions artistiques (photo par exemple) dans le cadre RMI et mettent sous injonction de choisir un “vrai travail” .
Effectivement les liens de solidarité et d'une manière générale “le vivre ensemble au travail” s'est particulièrement dégradé ce qui rend problématique la condition d'“intellos précaires”. En outre, les conditions de rémunération sont difficiles, parfois 3 à 6 mois à attendre pour être payé d'une vacation pour un chargé de cours à la fac…plus pressions, chantage divers pour les renouvellements.
Un syndicat d'intello précaires serait sans doute une piste, la mise en commun de moyens pour éviter le phénomène d'isolement et fournir un cadre, et enfin une comptabilisation différente des heures de travail pour le chômage (intégrant la préparation rarement comptée). Le problème est de sortir de la spirale de l'isolement et globalement de l'éclatement social et d'autre part de négocier des cadres plus sains de collaboration, sinon nombreux “électrons libres” ont des difficultés à collaborer, coopérer alors que face à des institutions qui ont leurs stratégies, ils auraient à y gagner.
Une société du “savoir” ou de la connaissance aurait sans doute intérêt à mieux intégrer les compétences cognitives, créatives, artistiques des uns et des autres, et leurs bonnes volontés, on pourrait le penser.
Cette destruction collective de la sublimation par le biais de l'isolement au profit d'instrumentalisation, du marché ou de l'utilitarisme, de la jouissance relève du mortifère… C'est peut-être aussi pour celà que la création , l'innovation qui créé de la richesse, de la vie est aussi déficiente en ce moment ?
Sans doute y aurait-il intérêt à créer des conditions favorables, non ?
De machinchose
11H26 | 11/12/2007 |
à propos de Libération : pour être censuré il suffit de dire par exemple : « libération me déçoit » et hop le modérateur vous passe à la trape. Par contre les spammeur UMP y sont le bienvenue…
Sinon votre témoignage est passionant et très éclairant. J'avais pu constater par moi même le problème de la servilité ou du carriérisme mais l'éclairage que vous apportez donne une vision bien plus inquiétante que ce que vous dites.
bon courage.
De melc
11H40 | 12/12/2007 |
ah…. le beau statut de pigiste. Quelle belle mer*e oui tu veux dire ? ? ! ! !
je m'étonne toujours quand je vois les réactions des « gens » quand je dis que je suis journaliste mais obligée de bosser comme vendeuse à côté pour arrondir les fins de mois.
- « Ah mais tu débutes ? »
- « Non, j'ai même une carte de presse, mais quand tu es pigistes, tu n'es jamais sur d'un mois sur l'autre d'avoir du boulot ».
- « C'est quoi pigiste ? »
ok…
allez, c'est pas pour faire ma pub, je m'en fous, mais pour ceux qui veulent savoir ce que c'est la vie d'un pigiste, j'ai crée un blog où je raconte tous mes déboires. c'est pas triste la vie d'une pigiste :
http://melaniec.over-blog.com/categorie-10018663.html
De Jujulepigiste
17H42 | 12/12/2007 |
http://jujulepigiste.over-blog.com
Les Aventures de Juju le Pigiste, idéales pour ne pas déprimer entre deux piges ! En effet, il vaut mieux pour ne pas déprimer aborder cette question à travers le prisme du second degré et de l'humour, c'est tout que l'on a..
De Clair
22H01 | 12/12/2007 |
Il faudrait envoyer l'article à Daniel Mermet :
http://cequilfautdetruire.org/spip.php ? article51&var
A lire aussi,
ANTHOLOGIE DU JOURNALEUX JETABLE
http://cequilfautdetruire.org/spip.php ? article817&var
LES JOURNALISTES PRÉCAIRES
http://cequilfautdetruire.org/spip.php ? article840&var
De GASTAUD
photographe | 13H35 | 13/12/2007 |
Voici mes réponses à certains commentaires :
Au courageux anonyme de 00H27 du 10/12/07, je n'oppose pas intermittents et précaires de la presse. Je dis simplement que la presse parle et parlera des intermittents. En revanche, il y a un silence absolu sur la précarité dans la presse.
Au courageux anonyme de 9H36 du 10/12/07, mon texte retrace ma tentative pour contacter un maximun de personnes. Parmi celle-ci il y a les politiciens, dont le nouveau président de la république. Et comme le mensuel « Que Choisir », je vous fais part de mes résultats.
A Clair de 22H01 du 12/12/07. J'ai de nombreuses fois (courriel, téléphone, courrier) tenté de prendre contact avec Daniel MERMET. Je n'ai obtenu qu'un silence absolu. J'en ai tiré la conclusion qu'il fait parti des faux hommes de gauche !
A Nicolas KAYSER-BRIL, « trop de journalistes, pas assez de postes ». La réalité est que les patrons de presse pressent leurs employés au maximun, et les balancent ensuite. « Répugnez à l'économie de marché », si votre définition de l'économie de marché se résume a exploiter les gens, effectivement je ne suis pas pour l'économie de marché. Je trouve que vos positions collent très bien avec celles du MEDEF ! Il y a un an ou deux, j'avais essayé de prendre contact avec l'Observatoire français des médias, j'avais senti que je n'étais pas le bienvenu. Depuis je vous ai ignoré, et il n'y a aucune raison que je change.
>>>>>PROPOSITIONS : Il y a deux sujets que je trouve qu'il serait intéressant de traiter :
1° Un jour, j'ai surpris une conversation d'un cadre d'une agence disant qu'il préférait « employer » des photographes locaux dans les zones en guerre, car « tu comprends si ils sont tués ou enlevés, cela n'a pas d'importance, en plus je ne les paie que 200-300 dollars/mois. » Je n'ai pas assez d'éléments pour en faire un texte. Si un lecteur de Rue89 mieux informé, aurait l'envie de rédiger un article, je pense que cela pourrait intéresser les lecteurs et la rédaction de ce site.
2° La durée de vie des agences photos sont de plus en plus courtes. Si une personne connaissant bien ce milieu aurait l'envie d'en faire un article, cela ferait découvrir un aspect caché du monde de la presse, aux lecteurs de Rue89. Et si la rédaction de ce site, partagerait cette aspect des agences photos.