A DEBATTRE

Politiques et sondeurs : les liaisons sulfureuses

Proches de politiques qui sont aussi leurs clients, les instituts de sondage font-ils le vote, comme les en accuse Royal ?

Sarkozy, Giacometti et Royal (Ipsos, Reuters)

Aux dernières élections, » il ne fut pas indifférent que Laurence Parisot dirige l'Ifop, que Vincent Bolloré soit le principal actionnaire de CSA ou que Nicolas Bazire ait un pied chez Ipsos. Tous trois étaient de fervents supporters de la candidature de Nicolas Sarkozy, qui fut, avant et pendant la campagne, de loin le plus gros client des sondeurs » , écrit Ségolène Royal dans son livre  » Ma plus belle histoire, c'est vous » où elle écorche encore Opinionway qui » a des liens à l'UMP » et » livre, clés en main, des sondages plébiscitaires à l'interprétation pré-mâchée » .

Ce n'est pas la première fois que le perdant d'une élection met en cause la proximité des instituts de sondage et des politiques. Il suffit de revoir la soirée électorale du 23 avril 1995. Pierre Giacometti, alors directeur politique de l'institut BVA, se fait allumer sur le plateau d'Antenne 2 : » Il est difficile d'être un expert indépendant et de travailler pour un candidat » , lui lance Nicolas Sarkozy. En campagne pour Edouard Balladur, il laisse entendre que Giacometti a œuvré au succès de Jacques Chirac au premier tour.

Giaco et Sarko vont au resto

Douze ans plus tard, Pierre Giacometti, désormais directeur général d'Ipsos, faisait partie des invités au Fouquet's lors la soirée de victoire électorale du nouveau président. Le directeur d'Ipsos compte effectivement parmi les architectes de la victoire de Nicolas Sarkozy. Dans son livre » L'aube le soir ou la nuit » , Yasmina Reza relate l'état d'esprit de Sarkozy en attendant le premier tour. » Ce que me dit Giacometti : on est sûr que les deux premiers, c'est elle et moi. Si Le Pen est bas, c'est la réussite de notre stratégie. » Une quinzaine de pages plus loin, on retrouve Pierre Giacometti avec Nicolas Sarkozy et Claude Guéant, entre les deux tours : » On me tape tellement dessus » , dit Sarkozy. » Ca c'est très bien » , lui répond Giacometti. Il le conseille sur le débat à venir : » Sur la forme, moins tu l'interromps mieux c'est. Ecoute, sérénité, respect » , et encore : » Les Français pensent qu'elle n'est pas dans le réel. Toi tu es dans le concret. Dites-nous, précisez-nous. »
A présent, le monde des études bruisse de rumeurs sur l'avenir de » Giaco » que l'on croise régulièrement à l'Elysée et que l'on dit partant d'Ipsos… » Pour le moment, il n'y a rien d'officiel » , nous assure son assistante, interrogée sur le sujet. Pierre Giacometti n'a pas souhaité nous répondre, mais les autres instituts que nous avons contactés se défendent d'avoir fabriqué la victoire de Sarkozy.

Ségolène Royal a aussi tourné aux sondages

Laurence Parisot a téléphoné à Nicolas Sarkozy pendant la soirée électorale ? » Je pense qu'ils ont tous appelé ! » répond Jérome Fourquet, directeur des sondages d'opinion de l'Ifop. » Nicolas Bazire est administrateur indépendant d'Ipsos, il passe trois fois par an » , nous dit Jean-Marc Lech chez Ipsos. A l'idée que Ségolène Royal décrive Nicolas Sarkozy en premier consommateur de sondages, il éclate de rire : » La deuxième consommatrice c'est qui ? »

Les comptes de campagne publiés au Journal officiel indiquent même que, contrairement à ce qu'écrit Ségolène Royal, sa campagne n'a pas dépensé moins en sondages que celle de Nicolas Sarkozy : 836807 euros pour la candidate du PS, 527800 euros pour celui de l'UMP (des chiffres à prendre avec des pincettes, assure le directeur d'un institut : » Il faudrait y ajouter les tests d'argumentaires ou de propositions commandés par les partis » ). Dans un entretien au Monde, il y a un an, Ségolène Royal reconnaissait s'être penchée sur les sondages à l'époque où elle était conseillère de Mitterrand : » J'étais la seule à m'y intéresser. »

Le cas Opinionway

Ségolène Royal épingle aussi Opinionway » nouveau venu particulièrement zélé » . Lancé par des anciens d'Ipsos il y a huit ans, l'institut est entré il y a un an et demi dans le club fermé du sondage d'opinion que six entreprises (Ipsos, Ifop, BVA, CSA, Louis Harris, TNS Sofres) se partageaient depuis une vingtaine d'années.

Opinionway a été critiqué méthodologiquement parce que ses sondages sont réalisés en ligne, quand seulement 60% des Français ont accès à Internet. La plupart de ses concurrents prennent sa défense sur le sujet, rappelant que tous les instituts en font sur d'autres sujets que la politique et que les autres méthodes d'interrogation ont aussi des biais. » C'est plus facile de dire à un ordinateur qu'à un enquêteur qu'on a voté Le Pen » , apprécie un concurrent.

Graphes à l'appui, Hugues Cazenave nous présente les résultats du sondage d'Opinionway après le deuxième débat : Ségolène Royal est à 31% d'opinions positives, Nicolas Sarkozy à 53%. » Ifop et BVA ont donné des résultats plus bas à Ségolène Royal. » Ces scores, insiste-t-il, le placent au milieu de ses concurrents. Il estime qu'il a été dans la ligne de mire parce qu'il était le premier à publier ses résultats grâce au recueil en ligne (il s'est aussi défendu dans une lettre à Ségolène Royal).

 » Je leur reproche de n'avoir fait que des posts-tests garantis sur facture » , note Jean-Marie Lech chez Ipsos à propos du travail d'Opinionway pendant la campagne électorale. Autrement dit, recueillir les points de vue de ceux qui ont regardé une intervention de Nicolas Sarkozy à la télévision produira probablement des résultats positifs parce qu'on interroge ceux qui ont souhaité le regarder et l'ont regardé jusqu'au bout. » C'est une astuce commerciale, on l'a fait pour Mitterrand et « Ca nous intéresse Monsieur le président' » , se souvient Jean-Marc Lech au passage.

Pour Hugues Cazenave, les questions et leur exploitation éditoriale relèvent de la responsabilité des médias qui commandent ces sondages.

Un » suicide économique »

Enfin, dans son livre, Ségolène Royal reproche aux instituts d'avoir bien choisi les occurrences des sondages : rien sur le » calamiteux voyage de M. Sarkozy aux Etats-Unis » , regrette t-elle, alors qu'elle accuse la formulation des questions sur l'incident de la Gare du Nord d'avoir favorisé Sarkozy. A Ipsos, Jean-March Lech considère que l'événement marque de fait un tournant dans la campagne : les incidents de la Gare du Nord suscitent » des interrogations dans la campagne de Royal » et » 48 heures après (sous la forme d'un sondage), manchette dans le Figaro : c'est Sarko qui a raison » .

A Opinionway, Hugues Cazenave rétorque encore qu'il serait » économiquement suicidaire » pour un institut d'être marqué politiquement, le marché français ne permettant pas à un institut de ne travailler que pour un parti (il n'a pas caché souhaiter travailler avec de médias de gauche ou indépendants pour corriger l'image à droite de son institut). D'autant que les instituts ne réalisent qu'une petite partie de leur chiffre d'affaires grâce aux sondages d'opinion : mais cette activité leur apporte la visibilité et la notoriété pour réaliser le gros de leurs revenus sur les sondages de grande consommation.

La proximité de Giacometti et Sarkozy met t-elle l'Ipsos en danger de perdre des clients ? Ipsos a toujours » joué l'Elysée » , dit un de ses concurrents, en référence entre autres au baromètre confidentiel qu'il réalise pour la présidence depuis François Mitterrand. Jean-Marc Lech ne nie pas : » Le premier compte dans la vie politique c'est l'Elysée. La première société doit avoir le premier compte. » Mais il rappelle que d'autres membres d'Ipsos travaillaient pour la campagne de Ségolène Royal et qu'il a souhaité, lors de la dernière campagne, tester le système des » pollsters » à l'américaine (sondeurs attachés à un parti) en détachant une personne au siège de campagne de Ségolène Royal. » Ils sont côtés en bourse, ils ne vont pas s'amuser à mettre tous leurs œufs dans le même panier au premier tour » , confirme Jérôme Fourquet à l'Ifop à propos des clients de l'Ipsos.

La commission des sondages doit rendre jeudi prochain son rapport annuel. A propos de ce qu'écrit Ségolène Royal laissant entendre que les instituts aient pu favoriser un candidat, le secrétaire général de la Commission, Matthias Guyomar, affirme n'avoir » pas eu quoi que ce soit qui puisse permettre de corroborer ce type d'accusation » . Quant à la proximité de Nicolas Sarkozy et Pierre Giacometti, il fait valoir qu' » il n'y a pas de règle qui interdise le cumul de telle ou telle fonction. Nous contrôlons les sondages, pas les sondeurs » .

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De Di

mère déchlorurée (papotable) | 18H57 | 08/12/2007 | Permalien

Les sondeurs flattent ceux qui les payent. Leurs questions sont bien étudiées pour cela. Ils semblent faits pour induire en erreur et influencer l'opinion au bénéfice de celui qui les commande.

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à Di Portrait de Di De

19H49 | 08/12/2007 | Permalien

Bonsoir,
Je ne vois pas comment les sondeurs (les entreprises à fabriquer des sondages) peuvent « flatter » des clients. Les sondeurs proposent des services, non pas à l'oeil, mais à qui veut bien les payer, certes. Mais, l'argent n'a pas d'odeur, qu'il soit bleu, blanc ou rouge n'a aucune importance, c'est tout simplement le client qui commande : que le roi soit content ou pas de la tendance, a priori c'est son affaire, - pas celle de l'entreprise.
Il me semble que le client du sondage est le premier à ne pas vouloir être trompé sur la marchandise : il a la fièvre à ce sujet, il veut savoir. Il en voudrait au commerçant de lui donner un thermomètre foireux ou des résultats placebo.
Du côté du prestataire de service, la question est : qu'est-ce qu'on mesure, comment on mesure, par quels biais, etc. (La question des biais, ici, est aussi décisive qu'en matière de statistiques.) Je suppose que c'est en ce sens que vous dites, d'un air entendu, « leurs questions sont bien étudiées ».
Du côté du client, qui achète ces indices (comme la police achète des indicateurs), l'intérêt est de savoir où en est la côte d'Untel ou d'Unetelle - à l'argus comme à l'argus. Il a donc intérêt à ce que l'instrument de mesure soit fiable - sinon, à quoi bon se faire duper, y compris dans le sens du poil ?
Aussi « induire en erreur » me semble trop joliment diabolique pour être vrai.
Je ne crois pas en tout cas que les effets de suggestion (l'abus des sondages est une plaie de la politique médiamétrique) soient induits comme vous le dites. À mon avis, c'est plus insidieux, plus flou et moins magique que l'influence de commande.

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De Di

mère déchlorurée (papotable) | 20H46 | 08/12/2007 | Permalien

Quand je dis « flatte », je veux dire « avantage », bien sûr. Certes, le client veut la vérité, mais ce qu'il veut parfois (et de plus en plus de nos jours), aussi et avant tout, c'est que le sondage influence l'opinion. Il joue sur l'instinct grégaire d'une population. C'est une tactique bien connue outre atlantique et dont certains là-bas se servent beaucoup.

Je prends un exemple très simple. Si on me demande si je trouve telle robe jolie et que je réponde « non », puis ensuite on me dit qu'on a sondé toutes les femmes de France et qu'elles ont toutes répondu « oui, cette robe est belle », je vais forcément me poser des questions sur mon choix et me demander si je ne suis pas complètement rétrograde ou si je n'ai pas un goût exécrable pour être la seule à répondre « non ». Cela risque de m'influencer, car j'aurai l'impression d'être complètement nase si je suis minoritaire à trouver ladite robe moche. Je risque donc de me dire que finalement, la robe ne doit pas être si moche que ça - si tout le monde l'aime, c'est qu'elle est belle et qu'au fait c'est moi qui ai mauvais gout.

C'est un peu comme la pub, maintenant, les sondages. Plus les sondages sont favorables, plus la « marchandise » est vendable. A force qu'on vous dise qu'un produit est le meilleur, vous finissez par le croire. Au moins pour un temps…

Portrait de Courageux anonyme

à Di Portrait de Di De

21H14 | 08/12/2007 | Permalien

C'est tout l'ART de poser la question de telle façon que les gens répondent favorablement dans le sens souhaité par le « client », ainsi l'institut de sondage pourrait continuer à avoir le marché avec ce client. A force de lire les résultats dans le même sens, certains électeurs sont + ou - influencés dans leur choix final(puisque 40%
déclaraient 15j avant le vote ne pas fixer leur choix)
val

Portrait de napakatbrax

De napakatbrax

12H27 | 09/12/2007 | Permalien

Par dessus tout ça, les médias se permettent de modifier à leur sauce la conclusion de ces sondages :

Exemple criant, frappant, impressionnant : le Figaro du 14 Août : « 63 % des Français veulent travailler après 65 ans ». En fait, le sondage concluait : « 63 % des Français sont favorables à ce qu'un salarié puisse travailler après 65 ans s'il le souhaite »

Dont acte

http://lesmots.freelatitude.net

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à napakatbrax Portrait de napakatbrax De

23H58 | 09/12/2007 | Permalien

si voulez pas être manipulé par les sondages refusez de répondre. Surtout si vous êtes de gauche comme cela les résultats seront tellement bizarres qu'ils seront discrédités. 100% des personnes interrogé déclarent voter pour Sarkozy. Il faut intoxiquer les intoxiqueurs.

Portrait de Arnaud L.

De Arnaud L.

21H03 | 08/12/2007 | Permalien

Vous décrivez en effet ce qu'est un sondage et la relation acheteur/sondeur, relation parfaitement linéaire dont le sondage n'est qu'un produit, tel un yaourt ou une léssive.
Mais il ne faut pas être naïf, le monde politique ne fonctionne pas comme cela. Un journal peut par example commander un sondage dont la question va être « truquée » afin que le résultat soit positif pour le candidat qu'il soutient. Ainsi avoir une réponse biasée, qui rend une fausse image de la vérité et donc ne permet pas au candidat d'avoir une information pertinente, va permettre de manipuler l'opinion des lecteurs de ce journal ou des médias en général. C'est simple, et ça peut être payant.
Personnelement je trouve cela lamentable, ce qui reflète le niveau de certains de nos politiques et de nos médias.

Portrait de Courageux anonyme

à Arnaud L. Portrait de Arnaud L. De

11H09 | 09/12/2007 | Permalien

mon cher arnaud nous sommes entrés dans le royaume de la servilité et de la bassesse il vas faloir s'y faire du moins pendant 5 ans

Portrait de Courageux anonyme

De

22H46 | 08/12/2007 | Permalien

Je ne comprends pas la maigre note au commentaire du CA de 19h49 : son commentaire est le plus avisé de tous ceux que j'ai lus jusqu'à cette heure.
Preuve en est que les uns et les autres continuent d'acheter des sondages aux mêmes insituts que leurs concurrents les plus directs. C'est donc qu'ils ont un minimum confiance dans l'impartialité (relative, certes) des sondeurs.
Je crois aussi que biais il y a, mais que c'est moins direct et plus insidieux, et surtout plus inconscient que cela. Ce qui n'enlève aucunement la part de responsabilité qu'ont les sondeurs dans le fait que les sondages contribuent à manipuler l'opinion.
Autrement dit on peut avoir des sondeurs tous honnêtes, et des sondages qui sont collectivement malhonnêtes.
C'est donc un problème politique sur la place à accorder à ces outils, plus qu'un problème de pratiques professionnelles. (même si là aussi le bât blesse : la qualité et la fiabilité des échantillonnages se dégrade d'élection en élection).

Portrait de Courageux anonyme

De

10H14 | 09/12/2007 | Permalien

Les sondages sont un outil de manipulation de l'opinion publique. Comment expliquer l« émergence » de la candidate Ségolène ? Il a suffit d'un sondage pour la sortir de l'anonymat. Sondage ensuite largement médiatisé, car des 3 candidats Ségolène était probablement celle qui avait le moins de chance de battre SARKO. Les français sont mysogines. Ils ne sont pas prêts pour être gouvernées par une femme. Le débat sur « bravitude » est à la hauteur de la manipulation. Le peuple de gauche s'est jeté dans comme un seul homme dans le piège car tous les sondages leur on fait croire le miracle.
kassis01

Portrait de leconcombrevert

De leconcombrevert

La vraie vérité >:-)) | 12H26 | 09/12/2007 | Permalien

Ségolène était tout sauf anonyme et vous le savez très bien.

Portrait de Courageux anonyme

De

15H55 | 09/12/2007 | Permalien

Pour info, Royal était hier après midi chez GIBERT Librairie à Poitiers, pour dédicacer son livre, en 1 heure elle en a vendu 300 exemplaires(source du responsable du magasin), pour une « nunuche » ou une « cruche » c'est pas mal ! ! !
(vu les dégradations en six mois de notre République par le nabot de Sarkopoutine)
Elle m'agace par son comportement de « bonne soeur, d'institutrice, et son moi je, et de travailler avec elle ce n'est pas simple) “ mais objectivement, elle est loin d'être une conne ! ! ! Elle changera d'attitude vis a vis de ses collaborateurs et trices, du moins je l'espère !
Quant certains disent qu'elle a été élue par les militants du PS pour les représenter à l'élection présidentielle,parce qu'elle était en bonne position dans les sondages, c'est faire une injure à ces adhérents de ce parti ! (que je ne suis pas).
Puis voir les DSK, Lang, ou Fabius, non merci !

Portrait de thierry reboud

De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 18H46 | 09/12/2007 | Permalien

Qu'elle ait vendu 300 exemplaires de son livre ne signifie rien. Vous devriez voir ce que peut vendre, dans le même laps de temps, allez, je ne sais pas… Lorie, par exemple. Autrement dit, en aurait-elle vendu 3000 qu'elle ne serait pas plus intelligente.

Toutefois, vous n'avez pas tort. On peut être en désaccord avec elle, il n'en reste pas moins qu'elle n'est pas une imbécile (et cette remarque vaut exactement pour Sarkozy, d'ailleurs).
Je suis toujours estomaqué par la stupidité que révèlent les commentaires (ainsi que les commentateurs et -trices) qui se contentent de la traiter de cruche, de dinde ou de conne.

Quant aux motivations de ceux qui ont voté pour elle, je ne suis pas plus militant du PS que vous, mais je crois qu'elles ont été diverses. Et votre conclusion n'est pas la moins bonne raison d'avoir fait ce choix.

Portrait de Courageux anonyme

De

20H27 | 09/12/2007 | Permalien

à CA (et : ou kassis01 ? ) de 10h14 - 09/12/07 - j'ai suivi de très près la désignation de la ou le candidat à la présidentielle… et je peux vous dire que dans la plupart des bureaux - sauf certains quartiers, certaines banlieues comme Neu-Neu par exemple) c'est Ségolène qui a gagné haut la main… le plus bas sur les 3 était Fabius et l'intermédiaire était DSK. Et je pense qu'étant donné leur langage, leur façon de s'exprimer, une certaine condescendance souriante… ni l'un ni l'autre n'aurait atteint les 47% de Ségolène. Par contre, vous avez malheureusement raison, les français sont misogyné et même leurs femmes… rivalités et/ou jalousies féminines ? Et puis ne nous racontons pas d'histoire, les français dans leur ont le porte-feuille à D., « leurs » pauvres… à condition que ceux-ci vivent loin d'eux… c'est du chacun pour soi cher kassis01… et ça l'est de plus en plus car ce n'est pas le prdt. que 53% ont élu qui leur apprendra la générosité ni le désintéressement. Espèrons que tous les + de 60 ans à revenus moyens et même modestes et qui ont voté Sarko pensant qu'il protègeraient leurs acquis comprendronzs ce que ça veut dire « je suis le candidat de tous les français »… des Nantis oui ! des très nantis encore plus oui… mais des autres les français « moyens », les classes moyennes qui payent leurs impôts, des loyers forts, des charges fixes lourdes… il s'en moque éperdument… qu'ils casquent c'est tout ce qu'ils demandent et se taisent ! Et comme tout de emêmeune certaine partie des français n'étaient ni aveugles, ni stupides, ben ils ont tenté de lutter contre en pensant qu'Elle, elles était plus proche de leurs difficultés. Suzb.

Portrait de Courageux anonyme

De

21H31 | 09/12/2007 | Permalien

Je ne mets pas en cause que Ségolène a été élue haut la main par les militants du PS. C'est son apparition médiatique qui me surprend le plus. Même ce bon M. Duhamel qui qq mois plus tôt ne la cite pas dans les présidentiables.

La dictature c'est tout près de chez nous : des machines à voter électroniques qui se contentent de confirmerce que disent les sondages.

Kassis01

Portrait de Courageux anonyme

De

20H36 | 09/12/2007 | Permalien

C'est trop tard ! Madame Royal vient se battre une fois la bataille finie. Elle est maintenant forcément suspecte : si elle avait gagné ces élections, aurait elle remis en cause les pratiques de manipulation des institut de sondage ?

Je m'étonne que certains résument ce problème à une simple relation client/vendeur. Quelle naïveté !

Portrait de ART MONIKA

De ART MONIKA

08H35 | 09/12/2007 | Permalien

Allez vous faire sonder sur :
http://expression-publique.com/expression-publique/main.php

Rien de tel que les travaux pratiques pour concrétiser ce qui peut apparaître comme des généralités abusives.Répondez à ce qu'on vous demande, et voyez la façon dont les questions sont posées.

Même si vous détestez S. Royal, analysez la teneur des questions à propos de son passage à France 2 face à Arlette Chabot. Continuez l'exercice jusqu'au bout.On vous demandera dans quel gradient politique vous vous situez.

Si vous avez comme moi regardé l'émission de Chabot avec S. Royal, vous avez eu une idée de la façon dont s'est comportée la journaliste, superposant sans cesse sa voix à celle de son invitée. De cela, bien entendu, il n'est pas question dans le sondage. Car, c'est bien connu, les journalistes sont neutres. Et donc on peut juger de la prestation des invités sans tenir compte des interactions entre interviewer et interviewé.

Portrait de Courageux anonyme

à ART MONIKA Portrait de ART MONIKA De

11H37 | 09/12/2007 | Permalien

Exact ; Chabot, lors de l'émission était métamorphosée !
Incisive, pugnace, presque agressive… sans doute comme il faut face à un (une) politique.
Ah, comme on aimerait la voir ainsi toujours !
Par exemple, il y a peu, avec qui vous savez. Mais là ce serait contraire à sa déontologie personnelle ! Sa carrière n'est pas terminée.

Portrait de Courageux anonyme

De

00H59 | 10/12/2007 | Permalien

AI FAIT LA MËME OBSERVATION QUE VOUS : chabot a retrouvé sa voix et surtout à de multiples reprises a recouvert celle de royal qui a eu la courtoisie et sans doute l'habileté de s'interrompre avec toutefois un léger retard laissant une impression de cacophonie et d'autoritarisme journalistique.

Portrait de leconcombrevert

à ART MONIKA Portrait de ART MONIKA De leconcombrevert

La vraie vérité >:-)) | 13H03 | 09/12/2007 | Permalien

Dommage, le lien http://expression-publique.com/expression-publique/main.php

est « mort ». Y-à t il un autre moyen d'acceder à la page ?

Portrait de Jess Feuillie

De Jess Feuillie

liberté et vérité | 13H26 | 09/12/2007 | Permalien

tout a faiyt d'accord. Pile poil ! !

Portrait de panik

De panik

13H28 | 10/12/2007 | Permalien

Il me semble que ni les instituts de sondage, ni les média ou partis qui font appel à eux n'ont intérêt à ce que des sondages ne soient pas publiés (car leurs résultats ne seraient pas
conformes à la ligne éditoriale / politique) ; il y donc un intérêt commun à <, quitte à commander d'autres études non publiables, ou à utiliser d'autres biais que les instituts.
Les relations entre partis/media/industrie sont trop complexes pour penser que les sondages sont des instruments de mesure : ce sont avant tout des armes idéales pour la propagande, et de bons moyens de transfert d'argent ou d'influence ; ou alors, il faut admettre que vus les méthodes et les résultats, les instituts emploient des incompétents au service de dupes pour tromper des
pigeons…

Portrait de ART MONIKA

à Di Portrait de Di De ART MONIKA

20H07 | 08/12/2007 | Permalien

Ne soyons pas naïfs. Il est certain que TOUS les candidats travaillent avec les sondages d'opinion. Le sondage est devenu un outil incontournable qui est d'ailleurs, pour le citoyen en période électorale, très dérangeant. Nous finissons par nous demander à quoi sert le vote, si les résultats sont déjà pliés avec un petit « pannel représentatif » de gens. Troublant, non ?

La question soulevée par S. Royal, et que nous sommes nombreux à poser pour d'autres sujets que la politique, ne concerne pas l'existence des sondages ou leur utilisation (quoique…) mais bien leur méthodologie. Il est certain que le choix des questions, leur formulation, leur analyse, ne sont pas neutres. Et S. Royal montre bien, dans son bouquin, la guerre déloyale dont elle a été l'objet à propos de ses prétendues « bourdes ». Il y a eu effectivement une véritable manipulation de l'opinion.

Portrait de leconcombrevert

à ART MONIKA Portrait de ART MONIKA De leconcombrevert

La vraie vérité >:-)) | 20H36 | 08/12/2007 | Permalien

Il me semble indéniable que les sondages « opinionways » accumulent plus particulièrement tout les défauts des instituts de sondage et de leur méthodologie et qu'ils ont servi de façon exemplaire d'arme politique pour combattre Ségolène Royal par la presse de droite. Les critiques concernant cette boite sont particulièrement fondées.

Je dit cela, sachant, que Novartis est en train de conduire une enquête sur rue89.

Portrait de Courageux anonyme

à leconcombrevert Portrait de leconcombrevert De

23H07 | 08/12/2007 | Permalien

Je crois aussi que tous les sondeurs ne sont pas à mettre dans le même panier, mais que malheureusement l'immense majorité des gens n'est bien évidemment pas spécialiste, et que ce « tous pourris » concourt à tirer tout le monde vers le bas : les pros s'alignent sur le moins scrupuleux en se disant « bah, si je ne fais pas un boulot de merde pour pas cher, les autres, eux, le feront et je l'aurai dans l'os »

Portrait de Abu

à leconcombrevert Portrait de leconcombrevert De Abu

23H49 | 09/12/2007 | Permalien

Très bonne nouvelle cette enquête !

A déterminer présisément comment les internautes sont préselectionnés …

J'attends impatiemment les résultats. C'est qui Novartis ?

Abu

Portrait de leconcombrevert

à Abu Portrait de Abu De leconcombrevert

La vraie vérité >:-)) | 23H59 | 09/12/2007 | Permalien

Lève tes yeux, Abu, et regarde la surface bleu en au de l'écran :

L'Institut de sondage Novartis, qui s'appele dés lors Harris y propose la participation à une enquête à propos du servic public pour le comte du gouvernement. Si tu cliques dans l'espace bleu tu y es.

Je disais cela, parce que Novartis / Harris travaille avec plus ou moins les mêmes methodes que OpinionWay. C'ètait une remarque critique vis à vis de la redaction de rue89.

Cordialement

Portrait de Jess Feuillie

à ART MONIKA Portrait de ART MONIKA De Jess Feuillie

liberté et vérité | 01H50 | 09/12/2007 | Permalien

Je pense que prétendre que l'opinion est manipulée est un peu excessif. C'est prendre les gens pour de la lessive. Ils seraient aisémment manipulable, tels les produits que les publicitaires s'ingénuent a nous vendre. Encorere une fois, les sociologues ont montré les limite de la théorie de la manipulation. Meme s'il existe des biais, le résultat d'un sondage passe par le moule social via le leader d'opinion…
Revenir sans cesse sur la défaite électorale exprime tout a fait combien le PS est dans l'impasse aujourdhui. Royal savait qu'en devenant candidate, elle aurait a faire avec des ennemis de l'intérieur. Elle n'était pas la candidate naturelle, juste celle des adhérents fraichement arrivés. C'est ca aussi la politique. Sarkozy avait le parti derriere lui, pas elle. J'ai voté pour elle. Mais indépendamment de ca, il convbient detre honnete : en prenant le poste, elle savait a quoi elle s'attendait. Elle a des torts ds la défaite, comme les autres. Mais elle en a bien.

Portrait de Jess Feuillie

à ART MONIKA Portrait de ART MONIKA De Jess Feuillie

liberté et vérité | 01H54 | 09/12/2007 | Permalien

D'autre part, Royal elle meme a été portée par les sondages. Comment a telle dépassé le stade des primaires alors quelle n'était pas candidate naturelle ? Elle critique les sondages ds une logique politique, c'est normal, elle est ds l'opposition. Et il lui faut etre audible en ces tem^ps d'affirmation des leaders socialisyes pour l'after municipales… C'est pourquoi il ne sert a rien de prendre ses critiques au pied de la lettre…

Portrait de leconcombrevert

à Jess Feuillie Portrait de Jess Feuillie De leconcombrevert

La vraie vérité >:-)) | 02H59 | 09/12/2007 | Permalien

Tiens, salut Jess !

Il ne s'agit pas de savoir si Royal à été victimisée ou favorisée à coups de sondages.

Ce qui est grave, par contre, c'est la tentative (pas mal reussi) d'un conditionnement de plus en plus systèmatique de l'opinion publique par la publication de resultats de sondages.

Et je n'ai pas attendu le livre de Ségolène Royal, que je n'ai pas (encore ? ) lu, pour m'apercevoir du setting particulièrement inclin à manipuler l'opinion dont se sert Opinionways.

Il faut d'abord savoir comment sont recruté les « sondés ».

Normalement les instituts de sondages s'adressent à un panel constitué d'un échantillon représentatif de la société française et choisi « au hasard ».

Par contre, pour participer aux sondages Opinionways tout le monde peut s'inscrire via internet. Pour faire quoi ? Pour « peser » justement plus que « tout le monde » et pour recevoir des « cadeaux » !

Il s'y opère donc déja un premièr choix parmi la population générale.

Il faut être connecté, il faut vouloir peser, il faut être d'accord pour livrer un tas de détails sur sa vie de consumateur (eh oui ! ) et - accessoirement - il faut être motivé par l'appel du « cadeau ».

En suite, comment sont operé les sondages ?

Example : Quel est l'opinion des Français concernant les mesures annoncées par Sarkozy pour améliorer le pouvoir d'achat suite à l'émmission sur tf1.

Que fait Opinionways ? L'institut entre en contact avec un échantillon des personnes qui se sont inscrit au préalable. Le sondage est éffectué pendant ou juste après l'emmission - à chaud -. Sont questionnés uniquement les personnes qui ont suivi l'intervention de Sarkozy. Le sondage se fait online.

Donc, même si tout les autres critères formels de représentativité sont respecté, ce sondage est reduit à un échantillon qui à déja subi une sélection supplémentaire (exit les personnes comme moi, qui ne supportent pas de voir Sarko à la télé et qui de toute façon ne regardent JAMAIS Tf1) qui est loin d'être sans impact sur le resultat.

En plus le sondage se fait à chaud, immediatement après l'intervention. Les sondées n'ont donc pas eu le temps de reflechir au bien fondé des propos qu'ils viennent tout juste d'entendre et n'ont pas encore pu en débattre avec d'autres personnes ou lire les réactions d'opposants dans les journeaux etc.

Il s'agit donc plus d'un sondage qui permet de mesurer l'impact à court terme de cette émission que autre chose. On peut supposer que les opinions exprimées sont d'une volatilité plus importante que les resultats obtenus de façon plus classique.
Mais les resultats sont ensuite présenté dans la presse ou dans la propagande politique comme si il s'agissait de sondages « normaux ». D'ou risque de confusion.

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