TRIBUNE 04/12/2007 à 13h14

Hugo Chavez : la paradoxale défaite des néoconservateurs

Gaël Brustier | Chercheur en science politique


Des opposants à Chavez fêtent la victoire à Caracas dimanche soir (Jose Gomez/Reuters)

Dans quel camp est la déception après la victoire du non à la réforme constitutionnelle préconisée par Hugo Chavez ? Avec près de 51% des voix et 4,5 millions de voix, l'opposition vénézuelienne profite à la fois de la démobilisation des Chavistes qui étaient sur le pont depuis neuf ans et d'une stratégie légaliste impulsée par Teodoro Pettkoff, ancien ministre du gouvernement de droite de Rafaël Caldera.

A l'extérieur du pays, un certain nombre de détracteurs du président Chavez doivent pourtant être embarrassés. Leur schéma de pensée les avait incités à présenter ce référendum comme « joué d'avance » et comme une étape dans la « dérive totalitaire » du « dictateur populiste ». A-t-on déjà vu un dictateur perdre une élection à 300000 voix ? A ce compte, beaucoup de pays aimeraient avoir un dictateur comme Hugo Chavez ! Pas de nouvelle étape dans la Révolution bolivarienne

Les raisons de la défaite de la gauche vénézuélienne sont multiples. D'abord, les Vénézuéliens sont très satisfaits de la Constitution de 1999. Il est rare de parcourir un pays dans lequel les plus humbles peuvent citer les articles de leur Constitution et les invoquer face aux autorités locales pour faire respecter le droit social, environnemental ou les libertés individuelles.

La Constitution « bolivarienne » de 1999 avait été abrogée par Pedro Carmona lors de son éphémère coup d'Etat d'avril 2002. L'opposition d'alors vouait aux gémonies ce texte constitutionnel, censé donner le pouvoir aux « singes », c'est-à-dire aux noirs et aux pauvres (qui sont souvent curieusement les mêmes).

Le pays est d'ailleurs plutôt satisfait de son sort : 42% des Vénézuéliens pensent que la situation présente est meilleure qu'il y a deux ans, 23% pensent qu'elle est identique et 31% pensent que la situation s'est détériorée. Dans ce contexte, il était audacieux de la part d'Hugo Chavez de vouloir proposer d'aller plus loin…

D'autant que la première préoccupation des citoyens vénézuéliens est, pour 51% d'entre eux, l'insécurité, endémique il est vrai. La réforme de la police (divisée depuis le gouvernement Carlos Andrés Pérez en plus de 110 polices locales) devrait, théoriquement, permettre d'y remédier mais, en attendant d'éventuels progrès, les citoyens ont appliqué un principe de précaution : pas de nouvelle étape dans la Révolution bolivarienne sans avoir réglé les problèmes concrets des citoyens…

Les modérés sortent de leur réserve

Près de 58% sont néanmoins satisfaits de l'état du pays, on pourrait donc se demander pourquoi le non l'a emporté… Un indice permet de saisir ce qui s'est passé ce dimanche 2 décembre au Venezuela : le taux de « modérés » dans la société a bondi de 6 points en un an quand celui des « chavistes » et des « anti-chavistes » a décru sensiblement.

La position du Général Baduel, longtemps proche de Chavez, défenseur de la Constitution de 1999 mais hostile à l'actuelle révision, a encouragé ces « modérés » à rester chez eux. Dans le même temps, les chavistes, mobilisés en permanence et un peu las, se sont moins rendus aux urnes pour une élection qui leur semblait acquise… L'opposition s'est, quant à elle, puissamment mobilisée.

On peut voir le processus social au Vénézuela comme un lent processus de pacification des relations internes après des siècles d'économie coloniale et de domination d'une caste blanche. Voilà au moins une « révolution » qui ne fait pas couler le sang… De quoi faire peur à plus d'un ! Savonarole déconfit

Qui est perdant en effet ? Hugo Chavez a perdu le référendum, c'est indéniable et, au fond, ce n'est pas grave pour lui ni pour son pays. Mais ses détracteurs du Nord sont eux-mêmes embarrassés. Une gauche radicale de gouvernement au pouvoir, ce n'est pas forcément la dictature ! Cette démonstration électorale gêne ceux qui professent une inébranlable foi dans une vision néoconservatrice du monde.

Les « néocons » ont en effet des airs de Savonarole déconfit. Pour eux, il ne peut y avoir de soutien critique à Chavez puisque, par amalgames, ils n'hésitent pas à le comparer à Ahmadinejad (au motif que des accords industriels ont été signés entre l'Iran et le Vénézuela), expliquant ainsi que Chavez est antisémite (donc nazi). Ce faisant, quelqu'un qui manifeste son soutien à la Gauche vénézuelienne ou qui critique l'hyper-puissance américaine devient un nazi qui s'assume plus ou moins…

Cette vision manichéenne du monde, professée par d'anciens gauchistes passés à droite (André Glucksmann en France notamment) dont la violence verbale laisse pantois, doit faire place à l'analyse et à la critique. Analyse de l'évolution de l'Amérique latine, cet « extrême-Occident » qui vit joyeusement et crânement sa nouvelle insoumission au Nord. Critique du rapport malsain et de l'inconscient colonial que nous entretenons toujours ici, en Europe, avec le Sud… Le temps des colonies est fini. Au Sud, tout le monde le sait. Au Nord, on feint encore de l'ignorer…

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  • Anonyme

    Merci !

    • Anonyme

      Monsieur le chercheur, votre « raisonnement » est proprement hallucinant ! Savez-vous qu'il existe des gens comme moi, de gauche convaincu et depuis toujours, qui trouvent dangereux le caudillisme outrancier de M. Chavez ? Vous me faites penser aux communistes de l'après-rapport Khrouchtchev. Que de temps perdu à cause de logiques illogiques comme la vôtre ! Que d'énergies gâchées dans de vains débats de gosses de riches fascinés par les généraux Tapiocas des temps modernes ! Que d'armes léthales pour nos adversaires politiques vous offrez ! Appelons un régime autoritaire par son nom et ce que je dénonce chaque jour, dans le vide ou presque, chez Sarkozy ou Poutine, je le dénonce aussi chez Chavez : dureté politique, culte de l'énergie et du chef, certitudes idéologiques, violence verbale, préférence de la chose policière, vulgarité d'homme de pouvoir, etc. « L. de Paris.

      • Anonyme

        Monsieur, vous vous trouvez peut être savant, cependant puis-je vous faire remarquer que tous les éléments que vous exposez pour définir le « régime totalitaire“(dureté politique, culte de l'énergie et du chef, certitudes idéologiques, violence verbale, préférence de la chose policière, vulgarité d'homme de pouvoir, etc.)sont faux. n'utilisez pas de fausses définitions au soutien de vos pseudo-thèses, car cela s'assimile à de la PROPAGANDE lorsque vous les soumettez à des non avertis !
        Je vous renvois à la définition donnée par Hannah Arendt (spécialiste en la matière) que l'on peut résumer de la sorte : ‘Le totalitarisme est le système politique des régimes à parti unique, n'admettant aucune opposition organisée, dans lequel l'État tend à confisquer la totalité des activités de la société.’
        CONCLUSION :
        *le Venezuela ne connait pas de parti unique
        *il y existe une opposition libre et organisée(la preuve récemment)
        *et la société civile reste libre
        Donc ce n'est pas un régime totalitaire, ni autoritaire et encore moins dictatorial. Faites attention aux approximations parce qu'elles sont l'outil de ‘propagandistes totalitaristes’...

         
        • Ehim
          • Posté à 10h41 le 05/12/2007

          Recevoir Chavez en grandes pompes et, dans la foulée, féliciter Poutine d'avoir gagné les élections avec les méthodes que l'on connaît et qui attirent la réprobation de toutes les démocraties, il faut être un remarquable adepte du grand écart pour y arriver sans se casser la figure. Son Omniprésence nous suprend chaque jour.

          Ce qu'on pourrait souhaiter de mieux, c'est que notre chef d'Etat s'inspire de Chavez et consulte le peuple par référendum sur les questions qui engagent l'avenir de ce dernier, par exemple sur des décisions comme le traité simplifié sur l'Europe et la réforme des institutions.

          Mais les félicitations qu'il a adressées à Poutine laissent supposer que, contrairement à Chavez, son sens de la démocratie ne va pas jusqu'à consulter le peuple sans être sûr de sortir victorieux du scrutin.

          Lien

          • Anonyme répond à Ehim

            Concernat le referendum volé rejoignez nous et portez plainte pour déni de justice (s'inscrire pour la plainte) au www. 20mai.eu

        3 autres commentaires
      • Anonyme

        Cher Monsieur

        Que d'arguments de petit européens confits de bons semtiments et qui n'a jamais VECU là-bas, dnas ces pays..

        Quand vous saurez ce que sait que d'y vivre, vous pourrez formuler des critiques de gosses de riches ! ! ! Quanq on a faim, quand on a froid (oui, même au Venezuela ! ! ! ) quand on a peur, quand on sait que l'on ne pourra jamais sortir de la misère , ni soi, ni ses enfants, quand on se fait traiter comme un animal toute sa vie par ceux-là même qui ont si longtemps réclamé la démocratie..........Quand on en est là, vos considération sur le caudillisme, le bla bla bla, etc...C'EST DU VENT ! ! ! !

        Un poco de respeto , por favor ! ! ! !

        Comprenez bien une chose : l'étalon de mesure du progrès social n'est plus la démocratie à l'occidentale ! ! !

        Il n'y a qu'à voir ce quelle devient ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

         
        • Anonyme

          Porque no te calla ! ! ! !

          • Anonyme

            PARCE-QUE JE SUIS SOLIDAIRE DES ËTRES HUMAINS QUI HABITENT DANS LA VENISE SUD AMERICAINE, PATRIE DU LIBERTADOR (quelle misère ! ! ! )

            LA SEULE ARME DES OLIGARCHES AU VENEZUELA, C'EST CELA : FAIRE TAIRE LE PEUPLE ! ! !

            DEPUIS LE 01/08/1498, JOUR OU CRISTOBAL COLON VIT LE VENEZUELA POUR LA 1ERE FOIS LORS DE SON 3EME VOYAGE AUX INDES, CE FURENT D ABORD LES INDIENS, PUIS VINT LA TRAITE NEGRIERE ET CE FURENT LES NOIRS. AUJOURD HUI CE SONT LES PAUVRES QUI SONT DES SALAUDS AU VENEZUELA ! ! !

            ALORS ON LEUR DIT

            PORQUE NO TE CALLA ! ! ! !

            BEL AVEU ....

            • Anonyme

              Non on demande au gros populiste et futur dictateur de la boucler, ce n'est pas la même chose...

        3 autres commentaires
      • Anonyme

        Comment peut on accumuler autant de lieux communs et se pretendre « Savez-vous qu'il existe des gens comme moi, de gauche convaincu »

        Pour être de gauche, faut-il être désormais un imbécile, ?

      • Anonyme

        J'aimerai juste savoir une chose monsieur « je mélange tout »,etes vous deja allé au venezuela ? Yen a marre de tout ces gens qui parlent sans savoir et qui sont sur de leurs idées.Allez vous rendre compte sur place au lieu de prendre toutes vos infos en boite.

    • Anonyme

      On peut lire aussi

      Chavez, antisémitisme et campagne de désinformation : à propos d'un article calomnieux de Libération, par Romain Migus.

      Lien

      • Anonyme

        A lire aussi sur le site « avenir d'attac »
        (Lien)
        en réponse à l'article de Libé. D Martin

    • Anonyme

      De plus, au Venezuela certains à droite, bien aidé par les médias, avaient tout prévu si le oui au référendum était gagnant ... en France aussi :

      Courrier International dégaine plus vite que son ombre... et nous donne le ton, par Maxime Vivas.

      Lien

  • Anonyme

    J'ai perdu les élections mais j'ai gagné quand même.

    Le réel, graal inatteignable de la conscience de gauche.

    • Anonyme

      Chavez a bel et bien perdu.

      Mais il n'est pas le seul : les médias intox aussi ! !
      de quoi ravir tout le monde : )

      Chavez n'est pas un dictateur et même il est bien plus démocrate qu'ici en france ! ! et ça c'est une sacrée victoire contre tous ces néocons intoxicateurs et lobotomiseurs français qui désinforment pour mieux se faire passer pour ce qu'ils ne sont pas, c'est à dire des des démocrates et pour mieux maquiller ce qu'ils deviennent : de petits dictateurs franchouillards à la sauce Vichy.

      • Imbert
        • Posté à 14h17 le 04/12/2007

        C'est fou ce qu'on peut lire sur rue89 ! Ca fait un peu peur.
        Chavez est bien plus démocrate qu'ici en France ? Non seulment litteralement ça ne veut rien dire mais si ça signifie que Chavez est plus démocrate que les présidents français alors qu'il vient d'essayer de se nommer petit dictateur du Vénézuala alors là je dit bravo : quelle superbe analyse.

        Sur ce qui s'est passé au Vénézuala c'est justement une formidable victoire de la démocratie contre une tentative de mainmise sur le pouvoir et la preuve que la démocratie au Vénézuala se fortifie.

        En revanche cet article ne me parait du tout équilibré ni très interessant sur ce qui se passe au Vénézuala. Votre journaliste ne ferait il pas plus de la politique (pro Chavez) que du journalisme ?

         
        • Anonyme répond à Imbert

          comme quoi ! un de plus qui parle du vénézuela sans avoir aucune idée de ce qu'il dit...
          essaie de te renseigner ! ce très bel article est bien rare, relis le deux ou trois fois en désinfectant un peu ce que tu as lu dans les médias français ou européens, qui donne une version INcomplète et toute a fait partiale et fausse de la réalité du vénézuela
          merci au journaliste en tout cas !

        • mamouche
          mamouche répond à Imbert
          Au potager
          • Posté à 14h47 le 04/12/2007
          • Internaute
            Au potager

          M Imbert,
          Le rédacteur de cet article n'est pas journaliste (voir le profil) et quand bien même il l'aurait été : je préfère lire un article qui prend position, plutôt que la bouillie sans goût, qui nous est servie aux infos télévisées. lorsque l'on n'est pas d'accord, ici au moins les lecteurs peuvent débattre !

        • Anonyme répond à Imbert

          Je connais un certain « mini traité » qui ne bénéficiera pas d'un nouveau référudum pourtant obligatoire. Ce qui a été fait par référudum, doit êter défait ou confirmer à nouveau par référudum c'est dans la constitution française.

          pour éviter cette consultation populaire, le gouvernement français doit :

          1_modifier la constitution et ce, pas par référudum mais par le parlement tout acquis à sa cause ! ! sans demander l'avis du peuple ! ! Au contraire du Vénézuela.

          2_le « mini traité » sera soumit et ratifié par le parlement, une fois la constitution modifiée, ET SANS AUCUNE CONSULTATION POPULAIRE ! ! ! Au contraire du Vénézuéla.

          rien que cet exemple prouve qu'ici nous ne sommes plus en démocratie et qu'au Vénézuéla ils sont en démocratie.

          • Anonyme

            pour confirmer Sarko a dit :

            « Nous ne ferons pas de référudum car il y a un gouffre entre le peuple et le parlement » ! ! !

            BRAVO LA « DEMOCRATIE » FRRRAAAAAAAAANCAISE ! ! !

            viva chavez ! ! ! le vrai démocrate !

          • pablico
            pablico
            Sudoku et Nord de face
            • Posté à 15h41 le 04/12/2007
            • Internaute
              Sudoku et Nord de face

            super bien démontré. Ici on est dans une démocratie toute BONAPARTISTE .
            Napoléon était démocrate ? ?
            Tant que l'on aura pas donné une définition à « DÉMOCRATIE » on tournera en rond.
            Il y a eu des tas de pays de l'est qui se disaient démocratiques (souvenons nous).

        • Anonyme répond à Imbert

          Je vous rappelle que le droit à se représenter indéfiniment aux présidentielles est inscrit dans la constitution Française et que celle-ci a servit en cela de modèle à de nombreuses « constitutions » de pays dominés par des dictateurs, en Afrique notement.

          Ce qui est amusant, c'est d'entendre critiquer le« dictateur » bolivien alors que le premier chef d'état avec lequel Sarkozy a affiché sa relation après son élection a été Omar Bongo !

          Début 2007, Chirac avait reçu en grandes pompes Denis Sassous N'Guesso, qui est non seulement un dictateur (formé par la Stasi) mais également un criminel contre l'humanité (des dizaines de milliers de civils atrocement massacrés par ses milices au Congo Brazzaville en décembre 1998.

          Mais comme ils s'agit d'amis de la France (surtout de ELF et des comptes de campagne présidentiels), il n'y a pas de problèmes....

        • pierrejcallard
          pierrejcallard répond à Imbert
          http://www.nouvellesociete.org
          • Posté à 19h53 le 04/12/2007
          • Internaute
            http://www.nouvellesociete.org

          Imbert, vous dites n'importe quoi. « Chavez (...) vient d'essayer de se nommer petit dictateur du Vénézuala... “ Ce référendum ne voulait donner à Chavez que le pouvoir de se faire réélire que possède déjà Sarzozy... et la plupart des dirigeants démocratiques. Je regrette qu'il faille perdre pour prouver qu'on joue honnêtement... Lien

          Pierre JC Allard

        • Anonyme répond à Imbert

          Demander au peuple s'il veu que quelqu'un soit réeligible a vie ne reviens pas à lui demander à ce qu'il soit élu a vie.

        • Chénine
          Chénine répond à Imbert
          • Posté à 12h40 le 05/12/2007
          • Internaute

          M. Imbert est encore une de ces personnes qui se trouve tout à fait savante en reprenant les gens sur le syntaxe, c'est à dire sur la forme et non sur le fond, alors que vous avez très bien compris ce que ce dernier internaute a voulu dire...
          Puis-je vous faire remarquer monsieur que pour les juristes les débats sur la forme sont l'attribus des sans esprits(ceux sans arguments), et je rajouterais même des simples d'esprits.
          Quand au fond du débat que vous survolez, je me permet de vous faire remarquer qu'en général lorsque les « petits dictateurs » tentent d'avoir une « mainmise sur le pouvoir », il est assez rare historiquement qu'ils consultent le peuple par référendum... Il ne me semble pas que ce soit une procédure courrante dans les « dictatures » (comme vous dites).
          D'ailleurs à ce sujet, allez voire la définition du mot dictature et apportez moi des éléments institutionnels et constitutionnels qui démontre que le Vénézuela entre dans cette définition. Alors vous aurrez gain de cause sur le fond. En attendant BON COURRAGE !

        • Grégory
          Grégory répond à Imbert
          • Posté à 13h48 le 05/12/2007
          • Internaute

          « alors qu'il vient d'essayer de se nommer petit dictateur du Vénézuala alors là je dit bravo : quelle superbe analyse. »

          Où l'on voit que vous prenez vos information dans l'habituelle propagande type Le Monde ou Libération. Apprenez donc que la constitution proposée par Chavez proposait juste de faire sauter la limite du nombre de mandats maximum du président, tout comme c'est le cas ici et maintenant en France (eh oui, une petite chose qu'a changé le quinquennat sans qu'on le mentionne...) et dans bien d'autres démocraties occidentales.

          Si vous ne me croyez pas, ne vous sentez pas autorisé à rester les bras ballants car vous avez fait des affirmations, alors il faut assumer ; -)

          Le texte de cette constitution se trouve facilement sur le net, tout comme la notre, et au niveau d'espagnol employé google translate est suffisant. Ou bien trouvez l'un des très, très nombreux post ou articles démontant ce mensonge éhonté des médias français.

          Ceci fait, je ne doute pas un instant que vous aurez un brin de ressentiment pour ces journaux auxquels vous faites confiances et qui cherchent délibérement à vous désinformer...

        10 autres commentaires
      • childeric
        • Posté à 20h34 le 04/12/2007

        Effectivement un pays qui donne de l'argent aux citoyens pour témoigner au lieu de faire appel au sens civique ne peut que mener insidieusement vers une dictature Vichiste.

         
        • Anonyme répond à childeric

          « ne peut que mener insidieusement vers une dictature Vichiste ».
          Ou plus clairement vers un délire anti-Sarkozy ! ! !

        1 autres commentaires
      • Anonyme

        Tu veux parler du régime de Vichy, celui pour lequel bossait Mitterrand ? ...
        On s'y perd avec tous ceux qui se font passer pour ceux qu'ils ne sont pas !
        Et les copains iraniens de Chavez, ce sont eux aussi des démocrates ? ...

         
        • Anonyme

          Les iraniens sont a peu près aussi démocrates que les saoudiens avec lesquels tout le monde à de bonnes relations.................

        1 autres commentaires
  • Anonyme

    Aprés l'article, « une victoire pour tous et même pour Chavez », un article « la paradoxale défaite des néocons ».( ! ! ! ).

    Peut-être que les Vénézueliens ont jugé les propositions constitutionnelles du pouvoir !

    le mieux serait de saluer la maturité démocratique des vénézueliens qui a empêché une dérive autocratique et centralisatrice . non ?

    A ce sujet, il serait bon qu'en France à l'heure où une soixantaine d'articles de la constitution vont être revisés pour la réforme de institutions (comité balladur) on demande aussi l'avis des citoyens. Au Vénézuela, pour 69 articles, ils ont bien fait un référendum. Ce qui prouve une chose, c'est que la « patrie des droits de l'homme et sensément de la démocratie) n'a aucune leçon à donner au monde.

    • Anonyme

      oui mais il y a un tel fossé entre le peuple francais qu'aucun referendum ne sera proposé dans la craite pour le gouvernement (celui la ou l'autre) de se voir désavoué.
      debout citoyens .........résistance ! ......viva chavez !

    • stef R
      stef R
      porteplumes
      • Posté à 19h08 le 04/12/2007
      • Internaute
        porteplumes

      bonjour,
      je vais commencer par dire que mes idées politiques me rendent les personnages tels que Chavez assez peu sympathique. si mon coeur est à gauche j'ai beaucoup de mal avec les caudillos, les chefs, les guides suprêmes et autres détenteurs de la vérité.
      voilà deux ans, j'ai passé trois mois au Venezuela. malgré mes réticences envers Chavez et son autoritarisme, il est difficile de nier les apports des diverses missions mises en place par le président venezuelien : missions des médecins cubains, missions d'alphabétisation, supermarché d'Etat, etc.
      il est vrai aussi que beaucoup de venezueliens que j'avais alors rencontré soutenait largement leur président, tout en gardant un regard critique. je me souviens par exemple d'un petit restaurant où j'attendais un bus pour Caracas. la discussion s'engagea avec le patron et deux clients. après une discussion générale sur la politique, l'un des client conclua en expliquant que le venezuela ne serait jamais une dictature comme Cuba car le peuple venezuelien était trop épris de liberté pour se laisser enchaîner... même à Chavez, qu'il considérait pourtant comme la seule option du pays.
      alors oui, je pense que ce résultat est une défaite de Chavez (avec effectivement une bonne part de victoire pour lui sur ceux qui le taxe de dictateur) est avant tout une victoire des venezueliens... que l'opposition et Chavez veuille tirer la couverture à eux n'emlève rien à la victoire d'un peuple qui, si il reconnait les bénéfices de la politique menée par Chavez, n'en garde pas moins les yeux ouverts sur les dérives possibles.
      l'article n'est en effet pas très objectif, mais au moins il tranche franchement avec les discours anti si répendus dans la presse en france et ailleurs, alors que le président Uribe (Colombie) ou Calderon (Mexique) sont toujours présenté comme des démocrates qui font rempart face au danger Chavez. Au Mexique, Calderon a été élu avec des fraudes et Uribe trempe dans la parapolitique (lien avec les paramilitaires), mais au moins ne s'échignent-ils pas à remettre en cause les politiques libérales. Sarkozy n'a-t-il pas proposé d'élargir le G8 au Mexique, entre autres ?

      • le syndicaliste
        le syndicaliste répond à stef R
        • Posté à 00h14 le 05/12/2007
        • Internaute

        Bonjour monsieur,
        Votre texte vient illuminer les débats haineux qui trainent un peu trop à mon gout sur les forums de rue 89.
        Certainement quelques hommes et femmes dont la préoccupation est peu être davantage de mettre fin à ce site en le pourrissant volontairement de leurs venins.
        Votre distance avec Chavez, tout en reconnaissant quelques bienfaits de sa politique, vous honore.
        Etant sensible de mon coté à cette gauche jugée extrémiste sans forcément la vénérer, je vous remercie de votre sens critique, je préfére les désaccords brillants que la haine.

        A bientôt peut être pour des divergences.

         
        • stef R
          stef R répond à le syndicaliste
          porteplumes
          • Posté à 18h54 le 05/12/2007
          • Internaute
            porteplumes

          merci pour votre réaction,
          croyez-moi, je suis moi aussi sensible à une gauche que beaucoup juge extrêmiste, puisque mes idées se sont nourries des expériences des anars espagnols de 1936, la révolte de Makhno en Ukraine, des marins de Kronstadt, des pensées de Malatesta, de Bakounine, Louise Michel... c'est donc plus mon anti-autoritarisme qui m'a empêché de succomber aux charmes du caudillo venezuelien... et des rencontres puisque j'ai eu la chance de rencontrer et d'interviewer longuement Douglas Bravo qui fut le « formateur » politique de Chavez mais qui aujourd'hui a une position très critique vis à vis de Chavez. il l'accuse de maintenir la paix civile en ne tapant pas trop sur les classes hautes de la société et en donnant le minimum aux pauvres pour les calmer.
          j'ai aussi été voir le quartier du « 23 de enero » (23 janvier), l'un des barrio pauvre de la capitale venezuelienne. les habitants avaient il y a peu vidé leur quartier des trafiquants et avaient subi leurs foudres. Notre premier interlocuteur a vu son petit frère se faire tuer au bas de sa barre d'habitation. les habitants avaient également remis en état l'école abandonnée et y avaient organisé des cours. j'y étais avec un ami réfugié colombien qui donnait des cours de politique. une fois que l'école fonctionnait, le gouvernement de Chavez a proposé de payer les profs. les habitants du « 23 de enero » nous ont expliqué qu'avant ils prenaient part à des cercles bolivarien mais qu'ils venaient de quitter cette structure pour garantir leur autonomie.
          ce que j'ai surtout retenu de mon séjour dans ce pays c'est cette effervescence du peuple, bien content de pouvoir enfin essayer de s'organiser (ce qui n'était pas possible avant Chavez) et qui trouve parfois (comme l'école du quartier) un soutien du gouvernement.
          dans les pays où je suis passé (et le Mexique où je vis) m'ont aussi appris à relativiser ma défiance envers ces hommes-symboles : le Che, Marcos... car souvent ils sont l'autre qui permet à ceux qui souffrent de voir leurs souffrances reconnues par un regard extérieur : le Che, l'argentin chez les brbudos cubains, Marcos le metis chez les indigènes. mais par contre le culte chaviste a toujours tendance à me fatiguer (il faut voir l'émission hebdomadaire Allo presidente ! ), même si en lisant la plus part des articles dans la presse française, j'ai envie de crier comme les venezueliens « Ouh ! Ah ! Chavez no se va ! »

          • le syndicaliste
            le syndicaliste répond à stef R
            • Posté à 21h12 le 05/12/2007
            • Internaute

            Loin de moi de prétendre à votre expérience « terrain », et ravi du partage que d'autres pourront lire tout autant que j'ai pris du plaisir à vous lire.
            N'ayant pas d'opinion faite sur l'homme Chavez, tout en étant sensible sur le discours.
            En france, de mon humble expérience et avec mes propres carences, je constate que le mot peuple fait rigoler et que l'expérience sud américaine et centrale me force à me dire qu'il existe encore des tentatives d'une politique différente, sans croire aux miracles, mais il n'y a que l'action qui conduit les changements........ces peuples sont dans l'action, avec les misères qui vont avec, nous sommes dans la résignation et sans espoir de changement.
            L'individualisme nous bouffe, alors oui,ce qui se passe en Bolivie au Vénézuela, et ailleurs m'interpelle...

            Fraternellement

            • stef R
              stef R répond à le syndicaliste
              porteplumes
              • Posté à 23h00 le 05/12/2007
              • Internaute
                porteplumes

              monsieur le syndicaliste,
              je suis vraiment content de notre échange qui me permet de croire qu'en France tout le monde ne s'est pas résigné. en effet, les peuples d'Amérique Latine sont certainement plus dans le mouvement que ceux d'Europe.
              durant mon voyage qui m'a conduit de Guyane au Mexique, une phrase m'est venu pour caractériser les pays traversé et notamment le Venezuela : Rien n'est sûre mais tout est possible. car que ce soit pour les plus petites affaires de la vie quotidienne ou pour les grands mouvements populaires, dans ces pays en développement (pour reprendre une terminologie inventée par ceux du nord) on ne peut jamais être certain de rien, et c'est justement ce qui fait qu'alors tout devient possible. au contraire, en France il me semble que ce soit le contaire : tout doit être sûre et du coup plus rien ne devient possible (malgré le slogan du petit excité qui sert de président en fRance). à mon retour en France (avant de m'installer au Mexique), je me suis rendu compte que cette phrase (rien n'est sûre donc tout est possible) avait été formulé avant moi pour l'éthnologue Levi Strauss (peut-être l'avais-je lu auparavant et m'était-elle revenu durant le voyage ? )
              en effet, j'ai aussi appris à réutiliser avec plus de palisir le mot « peuple ». loin de vouloir toujours verser dans le populisme, le mot peuple peut avoir un sens magnifique, chargé de solidarité (au-delà de tous les clivages), de fierté (sans tomber dans la défense d'une identité nationale qui n'a de sens qu'à court terme. la France des rois est-elles vraiment la même que celle de 1789 ou de la commune, celle des peuples), de liberté (qui ne se construit pas en rabaissant les autres peuples)...
              bref, je ne peux que vous encourgaer à porter votre regard sur les expériences des peuples d'ici, mais aussi de là (au Mexique ou au Venezuela, la France reste une référence en termes de progrès social) car si on se contente de lire les Histoires qu'on écrites ceux qui nous dirigent, on finit par oublier que non seulement un autre monde est possible, mais qu'en plus il est déjà en germe dans les infractuosités de nos sociétés.
              salutations solidaires

        3 autres commentaires
  • tobernite
    • Posté à 13h44 le 04/12/2007

    Il est vraiment bien, cet article ! J'étais déjà intéressée par cette victoire très serrée du non, qui indiquait que Chavez avait réellement demandé leur avis aux électeurs, et que ceux-ci étaient plutôt partagés. Ce qui démentait les déclarations comme quoi « les Vénézueliens en avaient assez de leur dictateur ».

    J'en avais assez d'entendre à peu près n'importe quoi à la radio, y compris sur France-Culture, et surtout la comparaison grossière entre Chavez et Poutine, genre « Un tyran perd, l'autre gagne ».

    Ce qui m'amuse dans cette analyse, c'est l'idée qu'un nombre non-négligeable de Vénézuéliens auraient pu voter « non » parce qu'ils appréciaient les premiers résultats de la politique de Chavez ! Peut-être que celui-ci a eu tort de poser trop de questions dans son référendum ? À moins qu'il n'ait fait exprès ? Les politiques sont malins, tout de même.

    • Anonyme répond à tobernite

      Chavez et Poutine s'entendant très bien, je me demande comment les pisses-copies des organes de propagande bien pensants vont gérer celà.

      On risque de se marrer.

      • Anonyme

        Au moins, Chavez n'a pas encore appelé Poutine pour le féliciter du résultat des élections en Russie.

  • Anonyme

    J'en avais assez d'entendre à peu près n'importe quoi à la radio, y compris sur France-Culture, et surtout la comparaison grossière entre Chavez et Poutine, genre « Un tyran perd, l'autre gagne ».
    ++++++++++++++++++++++++++++++++

    La propagande « made in france » est malheureusement bien réel...

    ...

    Les politiques sont malins, tout de même.
    ==========================

    Humm, la dessus restont a l'article 1 ; le patron a toujours raison.

    Article 2 ; et si dans le cas contraire, revenir a l'article 1.

  • Anonyme

    Après ça on est pas près d'avoir un référendum sur le traité européen ni sur la constitution française
    parce qu'on est des « singes » ?

    • Anonyme

      On peut tenter de porter pleinte contre l'Etat français. Déja plus de 2000 personnes s'organise pour faire une pleinte collective, et exiger un référudum à l'etat français :

      pour porter pleinte s'inscrire ici :

      Lien

    • Anonyme

      il n'y aura pas d'autre referendum sur le TCE ,la loi du silence l'omerta des politiques, des économistes ,des nouveaux philosophes,des journaleux a la soldes des grands groupes industriels ont deniés notre expressions par voix éléctorale en attendant la réaction de la rue ( il ne nous reste plus que cela) SIGNEZ LA PETITION SUR REFERENDUMEUROPE2007.
      viva Chavez ? .........faut voir quant meme..

  • thierry reboud
    • Posté à 13h58 le 04/12/2007
    • Internaute

    Je me demandais pourquoi la lecture de votre article me satisfait tant, et ça y est : j'ai trouvé.
    Enfin un texte qui ressemble à une analyse, et pas à un tract (de quel que bord que ce soit, du reste) ; enfin un texte qui fait la part de la complexité de la politique, qui ne doit être moindre au Venezuela qu'ailleurs, je suppose.
    Alors oui, merci pour ça.

  • Anonyme

    L'article ne me convainc guère pour être sincère... C'est une défaite de Chavez, sans être une victoire des néocons : peut-être un succés du centre ?

    Les vénézuéliens décident-ils lors du vote en tenant compte les polémiques franco-françaises sur la « comparaison des tyrans » dont parle le précédent commentateur ?

    Chavez pour moi évoque un peu Sarkozy : depuis son coup d'état raté, il a choisi de rester à peu près légaliste, tout en assénant des réformes qui favorisent son camp à coup de gros bon sens populiste. Ce n'est pas forcément ça qui fait les sociétés les plus démocratiques (qui sont celles où la majorité gouverne en respectant malgré tout les droits de la minorité).

    Faut-il mélanger les débats internes avec l'internantional ?

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