Soutine et son rêve pictural étrange et dérangeant colorent les galeries de la Pinacothèque de Paris jusqu'au 27 janvier. Une exposition de près de 80 tableaux, pour beaucoup inédits, revisite cet artiste d'origine russe qui se fond dans l'univers avant-gardiste du quartier de Montparnasse à partir de 1913. C'est un hommage sincère que le Musée porte au seul expressionniste qu'ait connu la France, longtemps resté méconnu et incompris.
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Une énorme loupe ou un miroir déformant. Voilà ce qu'évoquent les tableaux de Soutine, qui savent transformer la réalité avec justesse. De portraits tordus en paysages tourbillonnants qui donnent le vertige, c'est toujours à la couleur que Soutine accorde la vedette. Avec violence et sans pudeur, elle casse tous les codes. Couleurs vives, primaires, chaudes ou froides, l'artiste ne rougit pas de faire côtoyer dans une harmonie enchanteresse le jaune avec le bleu, le bleu et le rouge. Tout est permis.
Battu par ses parents pour les uns, encouragé dans sa vocation pour les autres
On a jamais vraiment su qui était Soutine. Plus que c'est ses tableaux, c'est l'homme et sa légende qui intriguent. Avec ses panneaux détaillés et pédagogiques, la Pinacothèque recense les incertitudes de son histoire.
Selon certaines sources, ses parents le battaient à cause de ses aspirations artistiques, qui l'écartaient de la tradition orthodoxe juive. Mais pour d'autres, ses parents, fiers de ses dons, l'encourageaient dans cette voie, au point de le placer chez un photographe de Minsk.
L'exposition s'attache surtout à démonter les préjugés dont Soutine est toujours victime, notamment autour de son judaïsme. Le site du musée rappelle l'idée de Marc Restellini, commissaire de l'exposition :
« [Soutine est] assimilé souvent à un artiste malsain, difficile, sur lequel tous les poncifs de l'antisémitisme ambiant viennent se greffer pour en faire un marginal dès son arrivée à Paris.“Encore aujourd'hui, il ne reste de Soutine que l'image du juif émigré, sur qui pèsent tous les interdits d'une religion trop contraignante, et dont le physique se prête à tous les clichés antisémites.”
Le Talmud fait bien la différence entre l'idolâtrie, qu'il interdit, et la recherche esthétique, qu'il autorise. Pourtant, Soutine, qui est loin de donner dans “l'art juif”, a été persécuté en Russie comme en France, sur cette question. Mais cet expressionniste n'est pas un artiste qui s'engage, en politique -malgré le contexte agité de ce début de siècle-, ou en religion -qui n'est jamais évoquée dans ses peintures.
Une fièvre destructrice, qui le fait déchirer ses peinture
Malgré les multiples interprétations que l'on peut faire de son oeuvre, tous s'accorderont à dire que Soutine était un torturé. Empreint d'une fièvre destructrice, il a souvent déchiré ses peintures de rage.
Toujours très entouré, il a appartenu à la vogue artistique de Montparnasse, était le grand ami de Modigliani et de son modèle Paulette Jourdain. Il fut, à contrecoeur, un proche du marchand d'art Léopold Zborowski, même si c'est au collectionneur américain Albert Barnes qu'il doit son succès. Plus tard, il devint le protégé de l'antiquaire Madeleine Castaing. Pourtant, ses peintures laissent penser que Soutine crevait de solitude.
Certains verront dans “La Cuisinière au tablier bleu” une femme éreintée et blasée, ou dans ses peintures de villages du Sud de la France un profond ennui pouvant déraper dans la folie, ou encore dans les carcasses d'animaux des compositions sordides.
Mais la qualité première de l'exposition reste d'en dire assez pour comprendre mais pas trop, afin de laisser la liberté au public d'imaginer leur propre Soutine. Ainsi, chacun peut entrer à sa façon dans l'univers fascinant et atemporel de cet artiste hors du commun.
► Chaïm Soutine, exposition à la Pinacothèque de Paris, 28, place de la Madeleine, Paris VIIIe - jusqu'au 27 janvier - Tlj. de 10h30 à 18h - Rens. : 01-42-68-02-01 - 0€/9€ - plan.




















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De
18H11 | 04/12/2007 |
Ya pas photo.
Votons Soutine !
De daniele
19H51 | 04/12/2007 |
comme tous ces peintres d'une grande sensibilité interieure,il nous a fait dont d'oeuvres la démontrant malgré son apparence premiere
De
20H53 | 04/12/2007 |
merci SOUTINE ! Admirateur des écorchés de CHARDIN, je me suis trouvé, sans l'avoir voulu, face à un « quartier de boeuf » de SOUTINE . Agé aujourd'hui de 76 ans et d'origine rurale, j'ai vu, dans les cours de fermes, l'abattage des bêtes destinées à la consommation familiale avec son accompagnement d'odeurs fortes et même très fortes au cours de ce cruel mais indispensable sacrifice. Quel choc à la vue de ce quartie de boeuf torturé, toutes les odeurs de mon enfance sont entrées dans mes narines dilatées ; avec comme conséquence malheureuse de trouver, à ce jour, un CHARDIN bien mièvre.
(pour les narines délicates, je suis aussi de ceux qui ne supportent pas les odeurs nauséabondes de la ville)
De pikasso02
21H14 | 04/12/2007 |
Bravo Soutine ! Que dire d'autre ?
Parler de sa vie, nous pouvons trouver cela dans les livres.
Il est sûr que la vision que chaque visiteur se fera, n'ayant jamais eu connaissance de ses peintures, ce qui est le cas pour les jeunes, étudiants ou pas, ne sera jamais lue dans un ouvrage.
C'est la politique actuelle de ne plus donner le cheminement des peintres, comme si leurs oeuvres dépendaient de leur origine et non de leurs connaissance artistiques.
Plus questions de comprendre un peintre !
On l'aime, ou on ne l'aime pas !
Je trouve cette attitude très rétrograde.
Mais il est important de la faire savoir à ceux qui lisent Rue89, surtout aux jeunes.
Soutine eut des peintres qu'il admirait plus que d'autres. Ces peintres se retrouvent dans sa peinture. Quel intérêt ! me ditez-vous ! Certes ! Mais si Soutine ne les avait pas connus et aimés, il ne serait pas devenu le peintre qu'il devint.
Autre chose, l'époque et les peintres.
Ils vivaient ensemble ou du moins étaient au courant des travaux des autres. Comme au sein d'une immense « Ruche ».
Quoi qu'on dise, Pas de Van Gogh sans Monticelli et Millet,
Pas de Modigliani sans l'art Africain et Brancusi, et , pour faire « court »
pas de Soutine sans Rembrandt et les Fauves et Van Gogh.
Pourquoi tout miser sur l'émotion sans « influences » préalables. Surtout quand l'objectivité de ces influences est reconnue.
Où veut-on en venir, ou plutôt où comptez-vous nous amener ?
Personnellement, je suis désespéré par la façon dont est traitée la peinture et le dessin en France.
Une étudiante présente Soutine, un peintre qu'elle vient de découvrir. Pourquoi pas !
Ce qu'elle nous dit est intéressant. Elle est sans doute enthousiaste.
Mais ce fil conducteur, ce fil d'Ariane qui fut utile à tous ces peintres du passé, pourquoi l'avoir coupé ? Lui aussi était bien pratique !
http://pikasso02.skyrock.com/
à pikasso02
De
00H58 | 06/12/2007 |
< pourquoi tout miser sur l'émotion sans « influences » préalables > ?
et la cuistrerie de quelle influence ?
baroque, rococo , rocaille ?
à plus de 61 ans vous allez pouvoir nous le dire …
De
21H25 | 04/12/2007 |
Ce qui m'amuse toujours, est que lorsque l'on ne sait pas on imagine……des trucs pas toujours vrais sur les artistes….la peinture et la musique par exemple me touchent, me hérissent le poil, me foutent en rogne, me font pleurer, trembler, jouir….
J'aime, je déteste,……les explications peuvent arrivées avant après ou jamais, elles ne changent pas grand chose ! Soutine j'adore, il a un côté très fragile, très « je ne sais quoi ». Qu'il ait été assassin ou victime ne change rien à mon enthousiasme…
De pikasso02
22H07 | 04/12/2007 |
Cher Courageux anonyme de 21h25, pensez-vous que la peinture ne s'adresse qu'à ceux qui la regardent ? Aimer ou detester serait-il le seul but de ces arts ? Ne pensez-vous pas que le dessin et la peinture sont des langages et qu'ils peuvent intéresser des linguistes ? Votre enthousiasme est respectable. Dites-vous que la peinture devrait encore avoir des cordes à son arc. « La peinture n'est pas faite (je rajoute “simplement”) pour décorer les appartements. » Pablo Picasso. Vous correspondez parfaitement à ce les conservateurs attendent des visiteurs. Vous êtes parfait !
De pikasso02
22H12 | 04/12/2007 |
Je voulais juste dire, que si Soutine a déchiré ses peintures (Il n'est pas le seul dans l'histoire), ce fut avant de rencontrer son mécène. Car du jour au lendemain, il devint célèbre, mais aussi le plus abject des peintres. Je doute fort, qu'à cette seconde partie de sa vie il détruisit beaucoup. Il détruisit sans doute mais pas ses peintures !
à pikasso02
De pikasso02
09H43 | 06/12/2007 |
apparemment, la réalité ne plait pas à tous ! !
Oui, Soutine devint un abruti. L'argent comme on dit lui monta à la tête. Dommage !
De Lardonfree
maraîcher bio dans la Double | 06H43 | 05/12/2007 |
Mais quelle grande frustration que de ne pas avoir les clée pour comprendre ou du moins pour approcher la peinture autrement que comme un rustre. J'éprouve le même sentiment de grande inculture face à la poésie.
Mais pourquoi diable l'enseignement scolaire est-il si mal fait ?
à Lardonfree
De
10H21 | 05/12/2007 |
Parce que la poésie étant la science des sciences, vous croyez pas qu'on va vous donner les outils qu'elle recèle et produit.
Quand une institution a pour objectif de fabriquer du conformisme, du consentement, de la servitude volontaire, elle éloigne la CREATION qui est un espace où croit la LIBERTE.
De félicité-mafoi
09H45 | 05/12/2007 |
ça a l'air fou cette peinture et on sent une jubilation de la couleur et du geste (j'aime bien sentir qu'un artiste ne s'est pas ennuyé en travaillant, il me communique ainsi sa propre jubilation et ça me donne envie de manger la peinture)
votre article autant que le diaporama me donne envie d'aller voir cette expo (8O tableaux, je vais avoir une crise de foie ! )
merci
à félicité-mafoi
De pikasso02
10H01 | 05/12/2007 |
Je vous conseillerais de visiter cette exposition, une serviette autour du cou, une fourchette dans une main et le couteau dans l'autre. Je suis sûr que vous aurez votre petit succés.(Surtout ne pas parler pendant cette performance)
à pikasso02
De félicité-mafoi
10H19 | 05/12/2007 |
: )))
De
14H39 | 05/12/2007 |
la pinacothèque est un lieu privé, cher, tape à l'oeil, piètre écrin à l'oeuvre magnifique de Soutine…
c'est toujours regrettable que des opérateurs mercantiles (cf. musée du luxembourg) montent des expositions dans un contexte matériel en fait peu valorisant pour les oeuvres, mais prétendent créer l'évènement en faisant chèrement payer l'accès, en développant et vendant parfois les produits dérivés les plus racoleurs… tristes tributs d'une dynamique de consommation de biens culturels : éprouver le plaisir d'avoir consommé l'évènement plus que son contenu. On pourrait aussi en faire le reproche à la rmn qui emboîte le pas et vend n'importe quoi autour de Courbet par exemple…
De
16H48 | 05/12/2007 |
Je suis très heureux de découvrir grâce à Rue 89 cet artiste que je ne connaissais absolument pas mais qui m'a déjà totalement envoûté !
En tant qu'admirateur d'Egon Schiele et Francis Bacon, on ne peut nier les liens esthétiques entre ces trois-là.
Merci encore Rue 89 pour cette découverte.
De
16H50 | 05/12/2007 |
Je suis très heureux de découvrir grâce à Rue 89 cet artiste que je ne connaissais absolument pas mais qui m'a déjà totalement envoûté !
En tant qu'admirateur d'Egon Schiele et Francis Bacon, on ne peut nier les liens esthétiques entre ces trois-là.
Merci encore Rue 89 pour cette découverte.
De
17H25 | 05/12/2007 |
L'expo est belle
Dommage que les commentaires qui ponctuent le parcours soient bourrés de fautes d'orthographe. A faire frémir un Russe.
L'Académie française
De
14H10 | 06/12/2007 |
pas très couillu le Russe ! ! !
un ami qui vous veut du bien…
De
22H26 | 05/12/2007 |
les tableaux sont beaux, intriguants, voir rebutants, mais l'exposition en elle même est mal foutue, et les commentaires complètement sans intérêt, proches de la masturbation intellectuelle. Je pense particulièrement à celui qui parle de la dimension art juif de soutine, pour dire au final que ce n'est absolument pas un peintre d'art juif. Inutile, mais drôle à force.