La défaite de Chavez : une victoire pour tous... même pour lui
« A ceux qui ont gagné, mes plus sincères félicitations » ; c’est ainsi que commence le post du blogueur chaviste Terreno Baldio. « Et je suis fier qu’une fois de plus le petit mythe du dictateur tombe » ; c’est ainsi qu’il finit. Une pirouette qui résume les réactions qui ont fusé sur la blogosphère vénézuélienne.
Le président vénézuelien, Hugo Chavez, a en effet perdu son referendum : 50,7 % des électeurs ont refusé la réforme constitutionnelle qu’il avait présentée pour la « transition du pays vers le socialisme » . Il a reconnu sa défaite dès l’annonce des premiers résultats, le 2 décembre au soir, et a même ajouté :
« Ceux qui ont voté contre ma réforme, je les félicite et je les remercie. Ils ont demontré que ce chemin est le bon : la democratie vénézuelienne a mûri. »

« La première, c’est que dans ce pays la démocratie absolue existe et que la volonté du peuple est respectée. La seconde, c’est que nous avons un organisme électoral en qui on peut avoir confiance (...). Et qu’à chaque fois que les canaux démocratiques sont empruntés, la démocratie triomphe.
“ Je suppose que maintenant, il n’y a plus aucune raison de bloquer les rues, les avenues, de blesser des policiers, d’attaquer des universités, d’assassiner des personnes dérangeantes ou d’exiger la liberté. Quel est le projet de l’opposition à présent ? ‘

‘ Oui, cette constitution a besoin de changements, oui elle a probablement besoin d’être réécrite en entier parce que son espagnol est nul, mais c’est bien la seule chose que les Vénézueliens aient en commun.Si le oui avait gagné, ce serait devenu un petit livre rouge qui aurait été utilisé par une partie du pays pour contrôler l’autre. Ça aurait donc cessé d’être une constitution’ .
Plus pessimiste, Kira Kariakin, blogueuse vénézuelienne au Bangladesh, tient à préciser :
‘ Il faut se rappeller que ça n’est pas un plébiscite. Ce qui est en jeu c’est la constitution et non un gouvernement. (...) Le gouvernement peut toujours proposer d’autres réformes.’
Nina Fresa
Une position qui rappelle celle adoptée par l’opposition vénézuelienne, qui, après avoir accusé le Conseil national électoral de partialité pendant toute la campagne, a appellé à la « réconciliation nationale » . Nina Fresa continue dans un élan quasi-lyrique :
« Nous sommes et nous continuerons d’être des frères vénézuéliens qui se donnent la main » .

« Le problème économique est critique : on parle d’une imminente dévaluation une fois que le bolivar fort sera instauré ; la pénurie n’est pas résolue ; les problèmes d’insécurité sont restés intacts. »
Désabusé, il conclut :
« Avec cette victoire nous n’avons rien amélioré, nous avons simplement évité que les choses empirent. Beaucoup de chemin reste à parcourir. »
Chavez serait presque d’accord. « Nous sommes faits pour les longues batailles » , a-t-il expliqué au soir de la défaite, « Nous avons dans le passé su transformer des défaites apparentes en victoires politiques » .
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(nippon ni mauvais)
(nippon ni mauvais)
En attendant, Chavez a eu le bon goût de consulter les vénézuéliens sur une question d’une importance capitale... et d’en respecter le résultat.
Il y a d’autres pays de ma connaissance dans laquelle, quand un référendum ne donne pas la réponse escomptée, on attend un peu en traitant les citoyens d’abrutis passéistes et on refait passer le même texte, un poil maquillé, par l’intermédiaire d’une chambre des députés toute acquise d’avance au projet.
Question (vous avez une heure) : sur ce point ET UNIQUEMENT SUR CE POINT (parce que je vois déjà venir les critiques), lequel des deux pays est le plus démocratique ?




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