TRIBUNE 30/11/2007 à 14h23

Privatiser l'ANPE, c'est remettre en cause un service public pour tous

Aurelien Flavigny | Conseiller emploi ANPE

Deux jours après la grève de mardi, en protestation contre le projet de loi sur la fusion de l » ANPE et de l'Unedic, Aurelien Flavigny, conseiller emploi ANPE en Seine-Maritime, revient sur sa vocation... et ses inquiétudes.

Aujourd'hui, le débat qui se pose est celui de la notion de service rendu à la population. Veut-on d'une société qui met à l'écart ou doit-on conserver une structure de service public qui prenne en compte l'ensemble de la population qui est ou sera confronté à la perte d'emploi ? J'exerce le métier de conseiller à l'emploi à l'ANPE avec conviction et avec pour objectif de servir chacune des personnes dont j'ai la charge. Concrètement, je dois recevoir 165 personnes par mois pour des entretiens de 20 minutes. Sachant que les objectifs de suivi sont actuellement de 120 personnes par conseiller.

Précédemment, j'exerçais dans une entreprise de travail temporaire faisant du placement de personnes. Les opérateurs privés ont une activité proche de celle de l'ANPE. A la différence que ces derniers ont la possibilité de « choisir » les personnes les plus proches de l'emploi.

A l'époque, je peux d'ailleurs vous assurer que je me suis vu refuser l'inscription d'intérimaires sous de faux prétextes pour satisfaire aux discriminations à l'embauche des employeurs qui restent les clients de ces entreprises.

Ne pas être juge et partie

Quelques précisions sur les métiers tournant autour de la recherche d'emploi sont nécéssaires. Il existe, d'une part, l'Assedic, qui collecte les cotisations d'assurance chômage et est chargée de la liquidation et de la rémunération des demandeurs d'emploi. Et, d'autre part, l'ANPE, en charge du volet emploi.

Cette distinction a toute son importance car elle évite d'être juge et partie. Or, dans son discours du 19 novembre, Christine Lagarde a justifié la fusion entre l'ANPE et de l'Assedic de la manière suivante :

« Le service public de l'emploi n'est aujourd'hui pas assez performant : que ce soit pour identifier et collecter les offres d'emploi, ou pour soutenir et accompagner vers l'emploi ceux qui pourraient les pourvoir. »

D'après la ministre, l'ANPE n'est pas efficace. Une chose est sure, pourtant : pour avoir été des deux côtés de la barrière, je peux dire que le service public dispose d'un budget nettement supérieur pour faire un réel travail de fond auprès de TOUTES les personnes inscrites sans exception, sans distinction d'origine, ni de culture, ni d'aucunes discriminations d'aucunes sortes. Je reste donc persuadé que le service public est le seul à pouvoir rendre ce tel niveau de service.

C'est pourquoi l'inquiétude gagne. Avec une « gestion financière et comptable des entreprise industrielles et comptables » (article L 311-7–7 du projet de loi), ne voit-on pas poindre à l'horizon une notion de rentabilité ? Comment parler de rentabilité quand il s'agit d'un travail humain de reconstruction d'un certains nombre de personnes en grande difficulté ? Nous travaillons au quotidien pour œuvrer aux rapprochements des futurs salariés et des employeurs, les marges sont grandes mais je pense le faire avec fierté et dans un objectif de réussite commune. Quoi de plus satisfaisant que de voir un demandeur d'emploi être embauché ? Pourquoi aller jusqu'à la fusion, alors que les maisons de l'emploi existent et fonctionnent très bien, associant dans un même lieu Assedic, ANPE, organismes sociaux. Pourquoi ne pas les généraliser ? Le fonctionnement du « Guichet unique » au bénéfice du demandeur d'emploi est très bon. Le principe est simple : au moment de l'inscription, le demandeur d'emploi est reçu par une personne de l'Assedic. Puis, dans la foulée, par un conseiller à l'emploi dans les locaux de l'Assedic. Le tout en une heure.

Un choix de carrière humaine

Je reste une personne prête à évoluer, j'ai passé un concours pour occuper mon poste, c'est un choix de carrière humaine au détriment de l'argent que j'ai pu gagner avant. Aujourd'hui, cet emploi est épanouissant. Mais l'inquiétude est là, car nous ne savons pas ce que nous allons devenir. C'est cette incertitude qui nous conduit inévitablement à vouloir attirer l'attention non seulement sur notre sort, mais aussi pour préserver une structure de société basée sur un état républicain qui ne laisserait pas les gens dans la difficulté.

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  • amon2010
    • Posté à 14h48 le 30/11/2007

    Les craintes sont bien présentes au sein de l'ANPE, mais je pense que pour « gagner » contre cette fusion, il vous faut expliquer aux gens (et pas qu'aux D.E) ce que vous faites, dans quelles conditions.
    Aurelien a 165 personnes à gérer, j'en connais qui en ont presque 200 à voir tous les mois en ayant que 2 demi journées par semaine pour le faire.

    La fusion serait en effet utile, mais comme le dit Aurelien, en rassemblant tous les services dédiés à l'emploi dans un même local (Généralisé les Maisons de L'emploi par exemple).
    Mais surement pas en faisant des conseillers des juges, jurés et bourreaux ! !
    Comment sera interprété par un D.E le refus d'une formation ? La radiation ? si cela est réalisé par une seule et même personne ? ? ?

    Bref messieurs, mesdames ANPE et ASSEDIC, courage et tenez bons ! !

    Prenez du temps pour expliquer le pourquoi de votre refus, cela évitera bien des commentaires péjoratifs ! !

    • Aurelien Flavigny
      Aurelien Flavigny répond à amon2010
      Auteur(e) de l'article Conseiller emploi ANPE
      • Posté à 20h00 le 30/11/2007
      • Internaute
        Conseiller emploi ANPE

      Merci pour votre commentaire, si j'ai choisi après reflexion d'accepter de publier un tribune c'est bien pour que les « gens » soient informés et que chacun puisse se faire sa propre opinion.

      • napakabra
        • Posté à 22h48 le 30/11/2007
        • Internaute

        Privatiser l'Etat... Beinh pourquoi pas ?

        A l'heure où on privatise l'armée aux Etats-Unis, l'éducation en Angleterre...

        Pourquoi pas privatiser l'Etat directement, plutot que de s'embêter à revendre plein de petits morceaux, finalement ?

        Les conseils d'administration feraient office d'election. Les assemblées générales feraient office de Grenelles de gouvernance...

        Lien

  • Philippe Mahieu de Warelles
    • Posté à 18h30 le 30/11/2007
    • Internaute
      La Rochelle

    Non, ce projet de fusion ne menace en rien le service public de l'emploi, bien au contraire. Il le conforte, le renforce, le professionalise. Il tient compte des exigences légitimes de l'usager, au risque de contraindre les agents à s'adapter.

    Actuellement entre le marteau et l'enclume (Employeurs / DE) les conseillers Anpe sont confrontés à des exigences de « rendement » mis au point un peu n'importe comment, sans tenir compte des réalités économiques de leur bassin. La pression mise sur les chiffres (les montants des primes en dependent) conduit certaines Ale et certains Dale (voire Dda ou Dra) à ne privilégier que certains objectifs chiffrés (recueil d'OE, Mer >0, Oei, Oep,...) et pour cela, certains agents doivent faire de « l'abattage »

    Ces faits sont connus, à tous les niveaux des membres du SPE, mais le consensus pour taire cela est trop fort.

    Le travail humain de reconstruction, évoqué par Aurélien est déjà tellement galvaudé..... L'anpe ne recrute pas au niveau des ambitions de sa mission. Il n'y a qu'à lire les conclusions de certains entretiens, avec 4 fautes par ligne, et le libellé de certaines offres, du même acabit. Je n'évoque même pas les convocations qui arrivent en retard, faites à Arras pour un rendez vous à Poitiers, les bugs informatiques qui permettent de radier plus facilement l'usager mal informé, etc... etc... (tien, à propos d'informatique, où sont les 15 millions d'euros de Geode ? ? )

    Certes l'Anpe « rapproche » futurs salariés et employeurs, mais, l'employeur n'a pas, fondamentalement, besoin de l'anpe pour trouver des salariés (candidature spontanées, réseaux, grandes écoles, connaissances,......) L'emploi est un marché induit et l'Anpe n'a jamais créé un seul emploi. Tout au plus peut elle se prévaloir de hâter tel ou tel recrutement, mais rien de plus. En outre, le passage obligé par l'Anpe pour un contrat aidé trompe les chiffres.

    Enfin, et pour conclure, les fameuses « maisons de l'emploi » voulues par Borloo (je ne suis pas, professionellement, totalement étranger à ce dossier ; -)) Il s'agissait, dans l'esprit des « pères » de ce projet, non pas d'un unique bâtiment qui regrouperait l'ensemble des services du SPE et de tout ce qui gravite autour (associations plus ou moins compétentes d'écoute, d'insertion, de formation,...) comme une espèce d'hétérotopie sur le thème de l'emploi, mais bien plus d'un concept global devant developper les synergies entre acteurs du secteur. Une approche « en rase motte » des « cadres » de l'anpe et une approche interessée par les politiques locaux ont tiré cette grande idée vers l'édification d'une sorte de ghetto inutile et décevant.

  • ApollonduRéverbère
    • Posté à 19h34 le 30/11/2007

    D'abord, vous dites « Les opérateurs privés ont une activité proche de celle de l'ANPE. A la différence que ces derniers ont la possibilité de “choisir” les personnes les plus proches de l'emploi. ». C'est tout à fait faux. Les opérateurs privés font leur fond de commerce du placement, d'où l'exigence du rapport à la qualité. Bien entendu, nous savons que les opérateurs privés pratiquement la discrimination à la demande de leurs clients, c'est un secret de polichinelle depuis 20 ans. Mais ça n'apporte aucune eau au moulin de l'Anpe et même au contraire, car les agents de l'Anpe pratiquent aussi la discrimination. Combien de candidats ayant envoyé leur curriculum à un agent suite à un repérage d'offre, qui se sont vus retourner une réponse négative, le plus souvent sans même une analyse approfondie de leurs compétences ?

    Parce que la ministre, pour une fois et ce sera vraisemblablement la seule de sa carrière, a raison. Vous n'avez aucune compétence en recrutement quoique vous en pensiez, quoique vous disiez, et même à fortiori quand vous mettez en avant votre expérience dans le monde des opérateurs privés, car on sait que dans cette activité il y a à boire et à manger, surtout à vomir en fait.

    Vous n'êtes pas compétents en recrutement, ce n'est d'ailleurs pas officiellement votre mission et pourtant vous interférez avec la demande du client. J'ai assisté à des breafs entre le recruteur de l'entreprise et des agents Anpe qui donnaient froid dans le dos.

    Il fut un temps où un conseiller Anpe qui se respectait empoignait son téléphone pour placer les candidats, c'était dans les années 76-78. Et puis le chômage grossissant, cette mission leur fut retirée. Depuis, non seulement l'essentiel de votre mission consiste à brasser de l'air, mais encore à vous occuper. Le nombre grandissant d'ateliers inutiles autant que prétentieux en témoigne.

    Les candidats expérimentés n'ont pas besoin de vous. Vous ne seriez utiles, en principe, qu'à ceux qui n'ont aucune expérience et qui ont besoin de mettre le pied à l'étrier. Mais même là, vous pêchez. Un coup d'oeil sur les offres : « on cherche un traducteur français-arabe sachant faire le ménage, le repassage et les courses pour traduire un roman ». Quel opérateur privé compétent oserait publier ce type d'offre ? Et c'est pourtant avec ce type d'offre en marge du droit du travail que grossissez le nombre des demandes insatisfaites (le mot semble bien choisi).

    Si l'Anpe devenait un service privé, de droit privé et sous convention collective, vous deviendrez un service comme un autre, qu'on serait en droit de refuser de payer. Au même titre que la mutuelle par exemple.

    C'est à souhaiter que cela se produise.

    Cette fusion Anpe-Assedic est injustifiable. Pourquoi : parce que l'Anpe n'est pas le seul moyen mis à la disposition des demandeurs d'emploi et même pas une obligation. Les candidats peuvent faire leur choix entre les opérateurs privés (agences d'intérim, cabinets de placement, consultants) la presse gratuite, les portails en ligne sur internet, le réseau personnel et les candidatures spontanées. C'est pour ces raisons qu'il faut déconnecter la recherche de l'indemnisation, c'est parce que les demandeurs d'emplois ne sont pas les obligés de l'Anpe et il ne faut surtout pas accepter qu'ils le deviennent. Les salariés comme les entreprises versent un certain pourcentage au titre de l'indemnisation du chômage. Si l'Anpe devenait un service privatisé, chacun serait en droit d'exiger de ne plus y contribuer. Mais rappelons que l'Unedic n'a pas vocation à placer les demandeurs d'emploi, elle n'a vocation qu'à les indemniser en attendant une reprise d'activité. Les missions de l'Assedic ne peuvent donc pas être rapprochées de celles d'un service dont on peut se passer lorsqu'on est en recherche d'emploi : l'Anpe n'est pas indispensable. Elle a été un service utile, elle ne l'est plus depuis la fin du monopole. Car tout est dit dans ce mot, l'Anpe n'a plus le monopole de la publication des offres.

    • Aurelien Flavigny
      Aurelien Flavigny répond à ApollonduRéverbère
      Auteur(e) de l'article Conseiller emploi ANPE
      • Posté à 20h39 le 30/11/2007
      • Internaute
        Conseiller emploi ANPE

      Le débat est forcément rude, les critiques sont difficles à attendre, mais dès lors qu'elles sont constructives, je suis près à les écoutées.
      Cependant je souhaite apporter quelques bémols à vos propos.
      En effet d'un côté vous dites que les opérateurs privés sont performants , de l'autre vous indiquez que dans cette activité « il y a à boire et à manger, surtout à vomir en fait » et qu'ils participent à la discrimination. Ne croyez vous pas qu'il est important qu'une structure existe pour montrer la possibilité du faire du recrutement objectif.
      Je m'élève également contre votre idée selon laquelle les agents de l'Anpe font également de la discrimination, ceci est totalement faux et contraire à toutes nos règles. Malheureusement le dernier mot revient au décisionnaire du recrutement l'entreprise.
      Vous remettez en cause nos compétences, notre mission n'est pas le recrutement mais bien l'intermédiation en effet, mais est-ce qu'une agence d'interim ne fait pas la même chose ? J'y ai longtemps travaillé pour vous confirmez que la commande prime sur tout le reste et que la qualité ne sera surement pas au rendez-vous par ces opérateurs privés. Pour eux le placement d'une personne c'est un chiffre d'affaire et une marge, je sais je l'ai moi même pratiqué ! Sachez que tous ces opérateurs sont clients de l'Anpe pour alimenter leurs propres fichiers !
      Je ne reviendrais sur des généralités que vous dites etre des vérités : sur nos incompétences, et notre incapacité à rédiger une offre d'emploi objective...cela n'en vaut pas la peine, les généralités sont dangereuses et contribuent à rendre un discours flou.
      Par ailleurs, j'ai conservé les réflexes que vous annoncez des années 70,(j'étais très jeune) grace au suivi mensuel, je connais réellement les personnes que je rencontre pour plus facilement proposer leur candidature à un employeur via un coup de téléphone ! !
      Enfin vos conclusions sont également discutables .

      • ApollonduRéverbère
        • Posté à 21h53 le 30/11/2007

        Ce sont ces conclusions sur lesquelles je pensais que vous vous attarderiez.

        Non fonctionnaires mais assimilés de droit privé comme vous aimez à le rappeler, vous n'êtes payés que grâce au budget de l'Etat alors que les opérateurs privés sont payés aux résultats, sur les commandes ça fait une différence qui mérite aussi qu'on s'y attarde.

        L'Anpe n'ayant plus le monopole de la publication et de l'intermédiation, sur quel argument repose votre revendication ? Pourquoi devrions payer un service a priori gratuit mais que nous payons dans nos impôts et qui n'est pas en adéquation avec la demande de service ? La concurrence existe et elle est efficace, de quel droit maintenir la pression de votre service sur les demandeurs d'emploi, comme justifiez-vous cette « utilité » qui se résume à un contrôle alors qu'une dizaine de moyens de recherche s'offre aux demandeurs d'emploi ?

        C'est de ça dont il faut discuter, monsieur. Si l'Anpe offrait un service payant aux entreprises au lieu de la gratuité, pensez-vous qu'elles se diraient satisfaites et continueraient à faire appel à vos « services » ? Toutes disent que non. Alors c'est ça qu'il faut nous expliquer.

         
        • Aurelien Flavigny
          Aurelien Flavigny répond à ApollonduRéverbère
          Auteur(e) de l'article Conseiller emploi ANPE
          • Posté à 22h55 le 30/11/2007
          • Internaute
            Conseiller emploi ANPE

          A aucun moment je n'ai évoqué une notion de statut auquel j'aurai particulièrement tenu et fait une différence avec le statut du fonctionnaire, mon propos est de dire que plutot que de mettre à l'index le service public il a pleinement son rôle, nous avons perdu le monopole de l'offre, ce qui ne nous empèche pas d'avoir toujours des commandes des employeurs...Expliquer nous ce que vous faites, votre situation professionnelle, vous affirmer des choses sur quelles bases ?
          Mon propos porte sur l'utilité d'un service public, avez-vous consience que plus de la moitié des personnes que je reçois sont dans un situation particulièrement précaire et qu'outre les problèmes d'emploi viennent se greffer rapidement d'autres ennuis périphériques, auriez-vous un jour vécu la même chose, peut-etre que cela n'est pas votre cas, mais alors que faites vous du reste de la sociéte ? les opérateurs privés ont certes besoin de resultats rentables mais pour cela vont-ils prendre en compte la personne qui n'a pas de permis, ou pas de voiture et obtenir un rendez-vous auprès d'un employeur pour elle ? au risque que leurs clients soient mécontents ?
          Je maintiens que parlé de resultats rentables sur un travail humain n'est pas raisonnable, et nous pouvons parfaitement assurer un service de qualité même en l'absence de chiffrage exact tout depend du positionnement adopté par le conseiller et sa conviction dans le métier qu'il exerce.

          • ApollonduRéverbère
            • Posté à 11h15 le 01/12/2007

            Mon expérience est largement supérieure à la vôtre, tant au niveau du recrutement par les opérateurs privés où je vous surclasse par 20 ans au long cours avec en parallèle une démarche Anpe. Croyez moi, l'Anpe n'en sort pas vainqueur et c'est tout au déshonneur des agents Anpe et non pas de l'institution qui n'est que ce qu'elle est par la volonté des décideurs au plus haut de l'Etat.

            Vous dites que vous n'avez aucun impact sur le recrutement, or vous impactez directement la sélection, mais vous le faites sans formation. Parce que vous avez travaillé quelques temps ici et là vous prétendez pour la plupart des agents Anpe être capable de faire une sélection de candidats. Or, nous savons que c'est faux. Dans votre grande majorité vous ne connaissez ni les branches d'activité, ni les entreprises, ni les cursus. Et c'est à la hache que vous discriminez les candidatures des postulants, sans rien comprendre. Et de ce point de vue vous êtes plus dangereux qu'un opérateur privé qui lui prend le temps de l'entretien pour connaître le parcours d'un candidat avant de rejeter ou proposer sa candidature.

            Mais, parlons un peu de ce monopole que l'Anpe n'a plus. Et revenons à la théorie, car il est possible que cela advienne un jour, du payant. Si l'Anpe n'était plus un service gratuit, et tant que les entreprises auront la proximité de services supérieurs en qualité et autant onéreux, quelles seraient les probabilités de survie de l'Anpe ? Néant.

            Parlons donc dans le détail, au cent le cent, de cette privatisation. Dites nous quelles sont les chances de survie de l'Anpe si elle devient privatisée ! Aucune. Et c'est la raison de cette fusion. Car seule l'Assedic a une véritable mission, indemniser les demandeurs d'emploi parce qu'ils cotisent pour cela. Tandis que l'Anpe .... pour être rentable il faudrait d'abord qu'elle vive de son métier. Ce qui n'est pas le cas.

            • Anonyme répond à ApollonduRéverbère

              Sur quelle bases dites-vous que les agents ANPE ne sont pas formés, qu'en j'ai demandé une formation à mon conseiller il m'a apporté la solution, et pourtant c'était dans un autre secteur professionnel ; doivent-ils etre des encyclopédies sur patte...

              • Anonyme

                s'ils étaient formés l'ANPE serait efficace

            • Aurelien Flavigny
              Aurelien Flavigny répond à ApollonduRéverbère
              Auteur(e) de l'article Conseiller emploi ANPE
              • Posté à 11h38 le 01/12/2007
              • Internaute
                Conseiller emploi ANPE

              vous dites : « Et de ce point de vue vous êtes plus dangereux qu'un opérateur privé qui lui prend le temps de l'entretien pour connaître le parcours d'un candidat avant de rejeter ou proposer sa candidature. » alors monsieur que faites vous du suivi mensuel et de la réception des demandeurs d'emploi par le même conseiller, qui connait parfaitement le dossier du futur salarié, et ainsi pouvoir lui obtenir un vrai rendez-vous avec un employeur ?

              • ApollonduRéverbère
                • Posté à 13h46 le 01/12/2007

                Vous ne placez aucun postulant, strictement aucun. C'est le candidat qui fait la démarche de proposer ses compétences et qui contacte l'entreprise. Vous ne faites pas de placement. L'Anpe n'est plus un office de placement depuis la fin des années 70. Etes-vous au courant un minimum de ce dont vous parlez, êtes vous vraiment agent Anpe ?

                Et c'est bien le problème que je soulève. A sa création, l'Anpe était un véritable office de placement. On arrivait devant un agent, avec une offre qu'on avait relevée sur le tableau et il vous donnait l'adresse de l'entreprise. Si ça ne marchait pas, à la 3è visite, il cherchait dans ses fiches (oui les fameuses offres cachées existaient déjà à l'époque) et il empoignait son téléphone devant le demandeur d'emploi pour contacter un recruteur et vous envoyait illico passer un entretien. Et généralement il n'y avait pas de concurrence entre demandeurs d'emploi, puisque le placeur exigeait de connaître le décalage entre le descriptif de l'offre et les compétences du candidat. Il ne renvoyait un autre candidat qu'après avoir reçu une réponse appropriée.

                Voyez, je vous explique ce qu'était l'Anpe pour vous permettre d'apprécier la différence avec ce qu'elle est aujourd'hui. Vous êtes à l'ouest, complètement. Vous ne placez personne. Telle n'est plus votre mission.

                Le suivi mensuel est une demande de Villepin, pour calmer la populace qui se plaint du coût des chômeurs. Et c'est ce que je vous disais plus haut, en dehors de ce contrôle mensuel, qui n'est que la récurrence du dispositif de contrôle qui existait dans les années 70, vous ne faites rien. Ah si, vous proposez des ateliers, et qui anime ces ateliers, généralement des agents Anpe. Alors là c'est le grand jeu, on convie un recruteur qui généralement embauche à bas coût des profils les plus pointus possibles.

                Parce que là où vous doublement dangereux, c'est que vous abaissez la valeur travail en méconnaissant (volontairement) la relation convention collective de la branche à l'emploi. Que d'offres au SMIC alors qu'à niveau d'études égal à la compétence le candidat devrait se voir proposer le plus souvent un salaire avoisinant 2000 euros.

                Et ça, c'est une erreur que ne commettrait jamais un opérateur privé, d'une parce qu'il y perdrait sur la facture, deux parce qu'il connait la convention collective de la branche.

                Mais n'est-ce pas quelque part votre intérêt personnel de ne pas remettre en cause la demande de l'entreprise. Vous êtes si mal payés, ça doit être une souffrance pour vous de savoir qu'un employé est payé plus cher que vous, si ça se trouve à niveau d'études inférieur ?

                • Aurelien Flavigny
                  Aurelien Flavigny répond à ApollonduRéverbère
                  Auteur(e) de l'article Conseiller emploi ANPE
                  • Posté à 15h19 le 01/12/2007
                  • Internaute
                    Conseiller emploi ANPE

                  « Que d'offres au SMIC alors qu'à niveau d'études égal à la compétence le candidat devrait se voir proposer le plus souvent un salaire avoisinant 2000 euros. »
                  Soyons cohérent jusqu'au bout, les employeurs décident du recrutement mais aussi de la rémunération, lorsque je demande un employeur d'etre réaliste et d'augmenter les salaires pour se caller ou sur sa convention collective ou sur un niveau de diplome, sa réponse est simple, il y a beaucoup de chômeurs « y'en a bien qui accepteront » evidemment qu'en l'ANPE ne lui envoi personne car le niveau de salaire ne correspond pas au compétences, c'est la faute de l'ANPE de n'envoyer personnes ! ! !

                • Anonyme répond à ApollonduRéverbère

                  Il faut vraiment être de mauvaise foi
                  ou idiot pour croire que l'Anpe a son mot à dire sur le montant d'une rémunération...

                  « Mais n'est-ce pas quelque part votre intérêt personnel de ne pas remettre en cause la demande de l'entreprise. Vous êtes si mal payés, ça doit être une souffrance pour vous de savoir qu'un employé est payé plus cher que vous, si ça se trouve à niveau d'études inférieur ? »
                  Ca, c'est votre fantasme à vous...

        8 autres commentaires
      • Philippe Mahieu de Warelles
        • Posté à 09h42 le 01/12/2007
        • Internaute
          La Rochelle

        « Malheureusement le dernier mot revient au décisionnaire du recrutement l'entreprise. » nous dit Aurélien dans sa réponse ! ! ! !

        C'est stupéfiant de prétention et d'ingérence ! !

        Quoi ! ! C'est le chef d'entreprise(qui recrute et qui paye, dois je le souligner) qui a le dernier mot dans la décision de recruter et d'embaucher ! ! C'est scandaleux selon notre ami Aurélien ? ? Et à qui, cher Aurélien, devrait donc revenir cette décision ? A un de vos collègues qui ne met les pied en entreprise que 2 fois par mois ? ? Qui ne connaît de la vie de l'entreprise que ce qu'il a appris au CRDC, et qui ne connait des métiers que ce qu'il a lu dans le guide « Rome » ? ? ? Et lors d'un procés aux prud'hommes, qui devrait y aller ? ? Vous même ? ?

        Non, j'étais favorable à cette réforme et votre réponse me conforte dans ma position ! ! Imaginer que c'est à un agent public de décider qui doit être embauché dans une entreprise est proprement scandaleux ! ! Pour qui vous prenez vous ? ? Sont ils tous comme ça à Harfleur ? ?

         
        • Anonyme répond à Philippe Mahieu de Warelles

          Malheureusement le dernier mot revient au décisionnaire du recrutement l'entreprise. » il s'agissait la d'une réponse relative à une autre personne qui m'indiquai que les gens de l'anpe faisait de la discrimination, j'insistais en indiquant que cela n'était absolument dans nos règles et que par conséquent c'était employeur qui était décisionnaire dans le choix de la personne recruté, heureusement bien sur c'est lui qui mène son entreprise. Je parlais dans cette histoire uniquement de la dicrimination.
          vous avez l'air de bien connaitre notre système ne pensez-vous pas que la MRS permet justement de limité la discrimination ? Ceci fonctionne bien et limite le Trun Over d'un certain nombre d'entreprise, En amont il y a toute une analyse de poste, puis un étalonnage par les salariés de l'entreprise, et enfin exercices, tout ceci est gratuit tant mieux pour l'entreprise non !
          Par ailleurs les visites entreprises, puisque vous en parlé, je les pratique plus régulièrement que ce que vous dites, j'ai toute lattitude pour me déplacer qu'en un employeur en exprime le besoin.

          • Philippe Mahieu de Warelles
            • Posté à 10h46 le 01/12/2007
            • Internaute
              La Rochelle

            J'ai déjà évoqué, plus haut, le niveau de recrutement de l'Anpe, qui n'est pas à la hauteur de sa mission, et je prenais pour exemple les compte rendu d'entretien et le libellé des offres, rédigés en un français plus qu'approximatif, parfois avec 4 fautes par ligne. (accord, orthographe, syntaxe,....)

            Relisez vos posts, cher Aurélien, et vous me donnerez tort ! !

            • Anonyme répond à Philippe Mahieu de Warelles

              Bonjour,
              j'ai lu avec attention ce que vous écrivez, vous semblez un peu aigri monsieur philippe 17000, pourquoi précisé ex cadre consulaire, est-ce pour prétendre que vous avez plus de poids que les autres, mais vous n'apportez pas d'arguments, monsieur l'ex cadre...
              heureusement qu'il y a des conseillers qui défendent un peu les chômeurs !

              • Philippe Mahieu de Warelles
                • Posté à 11h40 le 01/12/2007
                • Internaute
                  La Rochelle

                Cadre consulaire, ce fut mon job,
                Ex depuis, la retraite
                Quand à mon poids dans ce forum, il est trés relatif.

                Je le précise car j'y fut convié lors de mon inscription.

                Relisez mes posts, vous y trouverez des arguments. Les votres ne concernent que mes aigreurs ? ? ?

                Et moi, je ne me cache pas derrière « courageux anonymes »

        4 autres commentaires
  • Jonas2
    Jonas2
    Les mouches ne me trouveront (...)
    • Posté à 19h37 le 30/11/2007
    • Internaute
      Les mouches ne me trouveront (...)

    Je ne doute pas de votre engagement aux côtés des demandeurs d'emploi. Mais, pour en avoir vu à l'œuvre, je ne suis pas sûr que tous les conseillers soient aussi ardents que vous. Mais là n'est pas le cœur du problème selon moi.
    Je vois surtout dans la mise en cause de l'efficacité de l'ANPE un effet pervers de la contrainte de l'abattage ou du chiffre qui pèse sur les conseillers. Je m'explique.
    Lorsqu'un employeur sollicite l'ANPE il est le plus souvent submergé de candidatures plus ou moins bien profilées par rapport au poste offert. Normal. L'ANPE doit prouver qu'elle est là « en quantité ». Quant au profil du poste, il faudrait que le conseiller prenne véritablement le temps d'aller sur le tas s'en faire une idée pragmatique. L'a-t-il, ce temps ? Conséquence : l'employeur doit opérer lui-même les tris que le conseiller aurait du réaliser préalablement à la communication des candidatures.

    Une fois, deux fois, et puis basta il passe à un autre mode de recrutement avec un accompagnement plus ciblé et donc moins lourd en terme d« entretiens ou autres tests. Qui, entre parenthèses, ne sont pas donnés.

    Quant au conseiller, il continue à arroser avec un fichier qui ne désemplit pas.

    Alors, qu'il y ait une obligation de résultats ne me paraît pas scandaleux. Les demandeurs eux-mêmes ne supportent plus la seule obligation de moyens qui leur renvoie l'image de conseillers un peu dilettantes ou forcenés du mailing inutile.

    “ Mais l'inquiétude est là, car nous ne savons pas ce que nous allons devenir ”,dite-vous. Je trouve cela légitime mais un peu frileux.
    Je suis sûr que si vous êtes là “ en qualité ”, vous serez vite indispensables.

    Alors, question : pourquoi n'organise t'on pas cette “ révolution ” au sein de l'ANPE ?
    - La casse du service public dont les casseurs ont organisé les carences pour bien préparer l'opinion ?
    - Sans doute.
    Mais certains agents de l'ANPE n'ont-ils pas un peu aidé les casseurs ?

  • Anonyme

    C'est un peu le problème avec tous les services publics : on privatise discrétement tout ce qui est rentable. Donc il reste ce qui n'est pas rentable, on dit « vous voyez, les services publics ne fonctionnent pas » et on restructure à minima.
    Pour les bureaux de placement privés : les jeunes hommes blancs, diplômés, avec de l'expérience, pour l'ANPE, les vieilles colorées, sans diplôme et peu d'expérience.

    • Aurelien Flavigny
      Aurelien Flavigny
      Auteur(e) de l'article Conseiller emploi ANPE
      • Posté à 22h59 le 30/11/2007
      • Internaute
        Conseiller emploi ANPE

      Dans les très grandes lignes on peut voir çà comme çà en effet.

  • Anonyme

    Le titre de l'article est profondemment mensonger, parler de « rentabilité » ne veut pas dire « privatisation. » C'est bientot Noel : un dictionnaire serait le cadeau ideal pour Aurélien.

    • Aurelien Flavigny
      Aurelien Flavigny
      Auteur(e) de l'article Conseiller emploi ANPE
      • Posté à 22h57 le 30/11/2007
      • Internaute
        Conseiller emploi ANPE

      Je vous remercie d'avoir contribuer au débat, lisez bien votre dictionnaire...

      • Anonyme répond à Aurelien Flavigny

        de rien, c'est gratuit. Alors, Aurelien, depuis quand rentabilité équivaut a privatisation ?

  • Anonyme

    Ce n'est ni plus ni moins qu'une boîte à radiation qui veut être crée avec cette fusion, le chômage baisse, mais ce n'est pas vrai, dans l'Hérault, il y a eu 30% de radiations supplémentaires ! , et le chiffre des demandeurs d'emploi est toujours au même niveau, c'est à dire que cela n'a même pas compensé !
    Sarkozy et sa clique sont en train par leurs agissement, et leurs soit disant réformes salvatrices, ainsi que ce qu'il a été annoncé sur les RTT, le démantèlement des 35 heures soit disant pour augmenter le pouvoir d'achat des Français, de fabriquer des chômeurs supplémentaire.
    Pire l'immigration choisit va encore affecter cet état de fait, car ces gens là vont accepter n'importe quoi, pour le seul plaisir des amis de notre nain, du Medef et de toute la clique, il faut bien que les Français comprennent, que s'il y a des emplois non pourvu, c'est qu'il y a volonté de ne pas les pourvoir : salaires ridicules par rapport aux qualifications demandées, heures sup non payées, horaires intenables, conditions de travail intolérables...

  • Anonyme

    Nul n'est à l'abri du chômage , je suis tombé par hasard sur un entretien vidéo « l'ANPE va devenir la police du chômage » interview sur Libé Labo audio, (sur google, tapez l'un des prisonniers est innocent, l'autre pas, infos diverses). Très intéressant !

    Pascal

    • Aurelien Flavigny
      Aurelien Flavigny
      Auteur(e) de l'article Conseiller emploi ANPE
      • Posté à 15h24 le 01/12/2007
      • Internaute
        Conseiller emploi ANPE

      C'est bien pour cela que nombreux de mes collègues et moi même refusons d'etre reduit à une police de chomeurs, ce qui risque d'etre encore plus vrai avec une fusion qui serait particulièrement dommageable pour de nombreuses personnes.

  • daniele
    • Posté à 13h06 le 01/12/2007

    on sait pertinement que le gouvernement depuis des années tronque les chiffres du chomage.pour moi la fusion anpe assedic n'a qu'un seul but licencier du personnel, pour offrir aux cabinets privés de recrutement la manne de« faineants » qui ne cherchent pas de travail, et de plus coutent une fortune a la societé ,oubliant bien sur qu'avant toutes ces personnes ont cotisées lorqu'elles travaillaient.un vrai gouvernement devrait surtaxer ces entreprises qui délocalisent pour faire du profit avec interdiction de vendre leurs produits en france. je poursuis mon reve pourquoi ne pas saisir le matériel et batiment pour le faire exploiter par le personnel souvent plus competent que certain patrons.

  • Anonyme

    Je garde en mémoire les propos d'une agente de l'ANPE qui disait « tout demandeur d'emploi indemnisé par les ASSEDICS doit considérer que l'ANPE est son employeur et donc doit être disponible 35h par semaine....L'ANPE peut donc le convoquer n'importe quand puisqu'il nous doit 35h par semaine.... ».

    Je suis en recherche d'emploi, je sens bien que l'agente de l'ANPE qui me suis est parfois à bout d'argument, mais son humanisme et son sourire me suffisent parfois et à me redonner espoir...et c'est déjà pas mal...pour le reste, je m'en débrouille.

    • ApollonduRéverbère
      • Posté à 14h49 le 01/12/2007

      L'Anpe n'est l'employeur que des agents qu'elle recrute. Elle n'a plus le monopole des offres depuis 10 ans. Elle n'est donc pas en mesure de se positionner comme pouvant être, même ironiquement, le seul employeur des demandeurs d'emploi. Ce discours de fumiste pouvait encore être supportable tant qu'elle avait le monopole et plaçait les demandeurs d'emploi.

      Or, depuis plus de 10 ans elle était en concurrence avec les cabinets de placements et les agences d'intérim. L'Anpe n'est qu'un moyen parmi d'autres pour un demandeur d'emploi de trouver un job qui le sorte du chômage et lui permette d'accéder de nouveau au pouvoir d'achat tout en contribuant à la croissance économique.

      Si l'Anpe ne devait voir son rôle réduit qu'aux ateliers, et au secours des âmes en détresse, elle peut fermer ses portes immédiatement. Il en découlera pour chacun, demandeur d'emploi compris, une sévère économie financière.

      • Anonyme répond à ApollonduRéverbère

        àApollonduRéverbère
        « pour un demandeur d'emploi de trouver un job qui le sorte du chômage et lui permette d'accéder de nouveau au pouvoir d'achat tout en contribuant à la croissance économique. »
        là vous mélangez deux notions qui ne se recoupent pas nécessairement. Ce n'est malheureusement pas parce qu'on n'est plus au chômage qu'on accède « au pouvoir d'achat »

        Et puis une âme en détresse, c'est peut-être quelqu'un qui s'est fait licencier comme une merde, et qui aura besoin de temps pour redevenir « employable »...
        Il n'y a pas que la rentabilité, l'économie dans la vie...

    • Aurelien Flavigny
      Aurelien Flavigny
      Auteur(e) de l'article Conseiller emploi ANPE
      • Posté à 15h31 le 01/12/2007
      • Internaute
        Conseiller emploi ANPE

      Les propos qui ont été tenus sont peu dur par cette conseillère...Vous avez cotisé à une assurance chomage et cette assurance rempli son rôle puisque vous n'avez plus d'emploi. Je suis rassuré que vous accordiez malgré tout un peu d'humanisme à cette personne. Nous essayons toujours de traité chacun humainement ce qui ne sera probablement plus le cas le jour ou la fusion sera en place, au risque de mettre à l'écart les personnes en difficultés que les opérateurs privés recoivent « très correctement »...

  • Anonyme

    Je suis la CA de 13h57...
    Juste un précision, je ne suis pas suivie par l'agente qui a tenue ses propos déplacés...ouf... ! ! !
    Ma référente est heureusement plus humaine...

  • Anonyme

    Mon cher Aurélien...
    Vous êtes tellement rares à vous préoccuper de nos pauvres sorts...
    Allez savoir pourquoi chaque D.E aura vécu une situation fort désagréble avec l'ANPE...

    Une des miennes est la suivante :
    Je me rends à mon ANPE ou je demande un relevé de situation à l'agent de l'accueil, je le sens agacé par ma demande ou par moi, je sais pas, et là il me répond que ce service n'est pas rendu par l'ANPE. Je le contredis, ce qui l'agace encore plus alors il interpèle une collègue qui passe à proximité et lui demande de confirmer sa réponse...Et là, le pauvre con s'entend dire par sa collègue que l'ANPE le fait...
    Enervé, il me demande de le suivre prés d'un ordi et au fur et à mesure qu'il lit mon dossier, il apprend que je suis éducatrice spécialisée et me confesse le gros bétâ qu'il a tenté les concours et qu'il les a loupé...je reste muette, et lorsque'il apprend que je suis titualire d'un master, il s'excuse tellement il se sent idiot de m'avoir parlé ainsi...
    Je continue de rester muette devant tant de bêtises...
    Et si j'avais un cap mécanique (respect aux mécano...), il se serait excusé le blaireau.... ?

    • Aurelien Flavigny
      Aurelien Flavigny
      Auteur(e) de l'article Conseiller emploi ANPE
      • Posté à 19h00 le 01/12/2007
      • Internaute
        Conseiller emploi ANPE

      Chère madame,
      Je reste sans voix de votre explication, que vous dire qu'il y a des idiots partout.. J'ai fait le choix de passer un concours pour être présent aux côtés des personnes sans emploi et orienté ma carrière non sur l'argent (lorsque j'étais commercial en interim)mais sur le relationnel humain, sans la perversité de l'argent. Lorsque je propose une candidature à un employeur, je n'ai rien à vendre sauf les compétences de la personne que j'ai dans mon suivi. Je le fait par choix et par conviction, c'est pourquoi il est important aussi que cette fusion soit expliquée au demandeurs d'emploi. Il faut savoir une chose, il arrive que l'Anpe recrute des personne en CDD pour quelques mois chargées de l'accueil et qui malheureusement n'ont par forcément acquis la totalité de nos services...J'admet que cela soit difficile à entendre mais ces personnes apprennent aussi un métier, cela n'empèche pas je vous l'accorde de repondre calmement et avec le sourrire.

  • Chou marin
    Chou marin
    sal'bête plein'd'poils
    • Posté à 11h16 le 02/12/2007
    • Internaute
      sal'bête plein'd'poils

    Tres intéressant débat et bons commentaires ci-dessus !

    Personnellement, je peux dire que malgré le fait que l'ANPE est bien le dernier endroit ou l'on peux trouver le travail que l'on cherche, le niveau des boites privées de recrutement ou d'intérim est souvent minable. Il est désolant de voir le peu de professionnalisme que ces dernières ont lorsqu'elles vous contactent. J'ai vu la différence a l'étranger et je peux vous assurer qu'il y a un gouffre de différences qui est simplement alarmant.

    Je pense que le secteur des RH (ANPE comme privé) n'est vraiment pas formé correctement, en France. Il souffre de plusieurs tares :
    -manque de connaissance du marché, des métiers, des fonctions et salaires inhérents a ces derniers.
    -manque de touche commerciale : faible en négociation et en qualité de contact.
    -manque de vision a long terme : on favorise le « fast and cheap“au lieu du ‘right and adequate’.

    Cette incompétence nuit aux DE et aussi aux entreprises qui, malgré un taux de chômage important, ont du mal a trouver des employés avec les qualifications, l'expérience et la culture d'entreprise qui leur est propre.

    Pas de surprise que le piston soit préféré, et vivement que quelque chose change !

  • amon2010
    • Posté à 21h38 le 02/12/2007

    J'ai lu tout au long de ces commentaires, des gens (qui ont tout vécu tout vu et qui savent tout meiux que les autres) remettre en question l'ANPE, ses employés et la qualité de ses services.

    Ma femme a été « victime » d'un licenciement économique suite à une délocalisation. Elle a eu droit à un suivi par un cabinet de recrutement sur 6mois. Quel fut le résultat ? Rien nada peanuts ! ! ! Ah non j'ai tort ! ! !
    Mea culpa ! ! Elle a eu droit à des ATELIERS pour refaire son CV ! ! ! SUUUUPEEER ! ! 2 jours après elle est allée à l'ANPE => atelier pour refaire le CV que le supermegagenial Cabinet de recrutement lui à fait refaire ! ! Et puis histoire de s'assurer un réseau et de mettre toutes les chances de son coté, elle est allée s'inscrire à une Maison de l'Emploi, et devinez quoi ? ? Bah on refait le CV un 3ème fois ! ! ! YOUPIIII.
    Du coup aujourd'hui elle et béton pour refaire un CV en un rien de temps ! ! Pfff

    Donc Messieurs Philippe17000 et ApollonduRéverbère vous qui crachez sans retenu sur l'ANPE que conseillez vous ? ? ? ?
    Des bureaux de recrutements privés qui n'inscriront pas les immigrés qui ne savent pas ou presque pas lire/écrire le français : c'est trop dure à placer et ça ne rapporte pas. Qui ne prendront que des personnes dont les profils assurent à au Cabinet des placements rapides et rentables. Car cela se fera ! ! Et cela s'appelle de la discrémination ! ! ! (attention je ne dis pas que l'ANPE n'en fait pas, ce sont des êtres humains ayant des opinions politiques et « raciales » qui leur sont propres de ce fait....., mais l'ANPE ne prône pas ce genre de comportement bien au contraire)

    Car OUI la privatisation aura FORCEMENT une connotation de rentabilité. Sinoh quoi ? On aura des cabinets de recrutements qui recevront des subventions de l'Etat ? ? Quel est l'interet ? ? ?

    L'aide à la reinsertion et le retour à l'emploi se doit de rester dans le giron de l'Etat ! ! Tout comme la Sécurité la Santé (Sécu Soc) ! ! Alors que d'autres secteurs peuvent en effet être privatisés (Energie et Telecom par exple)

    Que Monsieur Sarkosy et son gouvernement donne à l'ANPE les moyens tant humain que financier de sa mission et je pense que l'on retrouvera une ANPE efficace.

    Car, je n'ai hélas pas les chiffres, je pense que le ration employés ANPE/chômeurs ne doit pas être le même aujourd'hui qu'il ne l'était dans les 70's ! !

    Comment voulez vous connaître et suivre parfaitement 200 personnes alors que vous n'avez que 2 demi journées par semaines (peut être 3) pour les recevoir ? ? ? ?
    Que dans le même temps, vous devez aller prospecter les entreprises, aider les gens les moins favorisés à rédiger CV LM et autres documents administratifs ? ? ?
    Quand les outils informatiques sont si vieux et si verrouillés que leur mis à jours est quasi impossibles ? ? ? ?

    L'Etat (et je ne parle pas des gouvernements des 10 ou 15 dernieres années)n'a pas permit à l'ANPE de s'adapter aux évolutions du marché du travail. Les nouveaux métiers ne sont pas (ou mal) enregistrés dans les bases de données.
    Quand vous voyez dans les fiches de type CRPJ et ROME des métiers comme « pupitreurs » (désolé mais j'ai pas d'autres exemple, je suis informaticien je le rappelle : -D) c'est uen abérration !
    Et en quoi ceci est la faute de M. Flavigny et de ses collègues ? ?
    Cette ineptie comme tant d'autres sont le résultat d'un abandon de l'ANPE par les différents gouvernements. Les moyens humains et financiers auraient été donnés et surtout contrôlés, nous ne serions pas dans cette situation et devant de telles perspectives.

    • Anonyme répond à amon2010

      Visiblement, l'expérience de votre épouse vous a donné toute satisfaction ! !

      Ni Philippe17000 ni ApollonduRéverbère ne « crachent » sur l'Anpe, mais bien plus généralement sur un système d'intervenants gigognes, qui conduit, justement, au cas de votre épouse à qui on propose 3 fois de suite de faire un C.V. Il en va de même pour les formations, entre celles prises en charge à telle ou telle condition (financement région ou Etat, Afpa, Allocataires ARE ou non, ...) les ateliers (où l'on apprend pas grand chose, mais il faut faire des chiffres) etc...

      C'est pourquoi la fusion permettra une grande simplification du système, la mise en oeuvre de complementarité et de synergie. Le service public sera préservé (quelle boite privée voudrait investir la dedans ? ? ) Actuellement, les boites privées traitent les dossiers de gens « employable », mais elles ne s'occuperont jamais de la femme de 45 ans, seule avec 2 gosses, titulaire d'un cap d'employé de collectivité, résidant dans un bled perdu de 850 habitants, et ne disposant que d'une mobylette pour se déplacer ! ! ! (je caricature, mais à peine)

      • Aurelien Flavigny
        Aurelien Flavigny
        Auteur(e) de l'article Conseiller emploi ANPE
        • Posté à 21h20 le 04/12/2007
        • Internaute
          Conseiller emploi ANPE

        votre dernier paragraphe est exact à ceci pret que le projet de loi ne prévoit pas du tout qu'il s'agisse d'un service public ! ! Ce qui inquiète grandement et qui explique pourquoi nous tirons le signal d'alarme pour toutes les personnes en difficulté que les conseillers recoivent. Certes une simplification des démarches ne peut qu'etre une bonne chose, mais pas au détriment sur service rendu auprès du public..

    • Aurelien Flavigny
      Aurelien Flavigny répond à amon2010
      Auteur(e) de l'article Conseiller emploi ANPE
      • Posté à 21h16 le 04/12/2007
      • Internaute
        Conseiller emploi ANPE

      Il est certainement très dommageable que votre épouse ait du faire tant de choses, pour ma part, s'agissant du CV j'explique maintenant que tout le monde aura sa petite idée pour dire : « fais comme ci ou il ne faut pas mettre ceci... » alors j'explique le principe du CV professionnel qui met en evidence les compétences dans un premier temps ensuite le parcours professionnel et enfin le parcours scolaire, mais là aussi j'insiste en disant qu'un cv n'est pas figé ! ! On peut toujours l'améliorer l'essentiel est que la personne puisse obtenir un entretien avec un employeur, pour « défendre ses chances “.
      je vous remercie par ailleurs pour vos remarques pertinentes sur le système et ses dérives éventuelles, je rappelle toujours que dans le cadre d'une privatisation : que fera-t-on de la personne seule avec deux enfants sans moyen de locomotion ? Une chose est sur l'opérateur privé ne prendra probablement pas le temps necessaire pour lui retrouver un emploi. Il est important de savoir qu'une part de nos personnes en suivies ne sont pas indemnisées et pourtant nous essayons sans a priori de poursuivre toutes les démarches entamées et ceci sans distinction d'individu...

  • Anonyme

    Etant conseiller ANPE, je suis toujours stupéfait du torrent de haine déversé à notre encontre, bien évidemment l'ANPE est loin d'être parfaite, elle a son lot d'incompétent et de gros cons... comme dans n'importe quelle autre boite, son informatique est archaique, ses fiches ROME datent de Mathusalem (elles seront bientot mises à jour) mais s'il vous plait arretez de comparer ce qui est incomparable, à savoir les opérateurs privés choisis par l'ASSEDIC et l'ANPE !

    Un conseiller d'un opérateur privé voit 40 à 60 demandeurs d'emploi par mois et a 5 jours dans la semaine pour s'en occuper. En plus ils ont les gens qui sont le plus proche de l'emploi... et de toute façon ils font leur choix... donc si vous êtes sans ASSEDIC ou jeune sans expérience ou vieux cassé par le travail ou immigré ne parlant pas bien le français, etc, vous n'aurez jamais le droit à ce service !

    En comparaison, un conseiller ANPE doit voir en gros entre 120 et 130 demandeurs par mois en maximum 2 jours par semaine. Seulement dans ces 2 jours là, il doit aussi aller en entreprise, il doit aussi gérer ses offres, et si il veut se tenir à jour des informations et ne pas avoir l'air d'un guignol en face des demandeurs d'emploi, il le fait aussi ces jours là. Les autres jours étant consacré à des services communs (inscription aux ASSEDIC, accueil des demandeurs en agence, plate-forme téléphonique, etc.)

    Enfin avant de dire que les opérateurs privés font mieux que l'ANPE, j'aimerais voir les chiffres ! Les syndicats de l'UNEDIC ont demandé les résultats sur les 6 premiers mois de la prestation, la direction leur a opposé une fin de non-recevoir ! Si les chiffres étaient si bons que ça, êtes vous bien sûr qu'ils ne les auraient pas publiés ?

    Allez bon courage à tous, demandeur comme conseiller, les temps qui arrivent s'annoncent sombre et mouvementé

  • Anonyme

    Il y a trois ou quatre ans les Allemand ont fait la même Chose et ils ont vu arriver plusieurs société privée entrer en concurrence avec l'Arbeitsamt'. Ces sociétés étaient rémunéré, pour chaque emploi trouvé, et ils en on trouvés ! Le seul hic c'est qu'après six mois, tout ces « employés de Force “ étaient licenciés ou démissionnaires (ils proposaient même la prostitution aux jeunes femmes” ! En fait la plupart de ces “emplois” étaient des arrangement permettant de “toucher ‘ les primes pour l'embauche. Le meilleur et que toutes ces boites privées ont mis la clé sous la porte juste avant que le scandale éclate ! !