Lyon: le Progrès censure pour ménager le syndicat du Livre

L'interview était retranscrite, prête, en attente de parution. Elle s'est retrouvée à la poubelle. Le 14 novembre, le journaliste Emmanuel Schwartzenberg était invité par l'université Jean-Monnet et le club de la presse de Saint-Etienne pour un débat. Un journaliste du quotidien régional La Tribune de Saint-Etienne-Le Progrès avait recueilli ses propos pour annoncer l'événement, avec l'accord de son chef de service.

Mais l'interview a été trappée sur décision de la rédaction en chef lyonnaise du Progrès. Explication: Emmanuel Schwartzenberg, ancien du Figaro et de LCI, est l'auteur de "Spéciale dernière" (Calmann-Lévy). Sous-titré "Qui veut la mort de la presse quotidienne française?", son livre désigne particulièrement un responsable: la très puissante et très redoutée Fédération des travailleurs des industries du livre, du papier et de la communication (Filpac-CGT), plus connue sous le nom de Syndicat du Livre.

Ceux qui fabriquent les journaux. Une catégorie de salariés que les patrons de presse français n'osent pas fâcher. Or, Le Progrès est en pleine négociation pour la fermeture de son imprimerie de Saint-Etienne, dont 90% des employés sont... encartés au Livre. A l'information, la direction du quotidien a donc préféré l'autocensure. Seul un entrefilet est paru pour annoncer le débat.

Même le Livre s'étonne de cette censure

Même les ouvriers du Livre de Saint-Etienne ne comprennent pas cette censure, sur laquelle la direction du journal ne souhaite pas s'exprimer. "Il y a un débat public, l'annoncer par une interview, c'est de l'information", s'étonne Roger Chantre, délégué syndical Filpac-CGT de La Tribune et secrétaire du comité central d'entreprise du groupe Le Progrès. "Nous sommes pour la liberté de la presse", ajoute-t-il.

Mais le quotidien lyonnais et sa déclinaison stéphanoise appartiennent désormais au groupe Ebra, un mastodonte de la presse régionale (propriété à 51% de L'Est Républicain et à 49% du Crédit Mutuel) qui possède la quasi-totalité des journaux de la façade orientale du pays, de la frontière belge à Avignon.

Beaucoup de journaux, c'est mathématique, ça signifie beaucoup d'ouvriers pour les fabriquer. En se concentrant, la presse régionale cherche à réduire ses coûts, notamment en supprimant une partie des imprimeries. Les coûts de fabrication sont une des plaies de la presse française, et les négociations avec ceux qui assurent cette fabrication, le principal cauchemar des patrons de presse. Car ces ouvriers possèdent le meilleur moyen de pression possible: s'ils le décident, le journal ne paraît pas.

C'est ce que relate Emmanuel Schwartzenberg dans son livre, qui pointe aussi les responsabilités du principal réseau de distribution des quotidiens nationaux (les NMPP, où le Livre est aussi présent) ou la lâcheté générale des patrons de presse -dont il était considéré comme proche au temps de son émission "La vie des médias" sur TF1 et LCI.

Sa description du rôle du Livre est édifiante, ce qui explique sans doute -deuxième cas d'intervention dans cette histoire- que la direction nationale du syndicat ait interdit à sa section locale, qui était partante, de participer au débat avec Schwartzenberg.

Les ouvriers "collabos" blanchis par le gouvernement

Pour mieux saisir les raisons de ces deux exemples de censure, voici quelques extraits du livre qui froisse le Livre. D'abord, sur le "péché originel" des ouvriers imprimeurs: pendant la guerre, alors qu'une partie d'entre eux fabriquait les journaux de la Résistance au péril de leur vie, nombre d'autres imprimaient les journaux collaborationnistes.

En 1944, quelques mois avant la création du syndicat, le gouvernement provisoire leur donne pourtant à tous le monopole de la fabrication des journaux parisiens, en raison de leur savoir-faire. Cette catégorie professionnelle est donc, avec les cheminots, la seule à avoir globalement échappé à l'épuration:

"Marcel Aymé, Paul Morand verront leur plume à jamais souillée pour l'avoir trempée dans l'encre de la collaboration. Les techniciens, eux, seront totalement blanchis, la compromission intellectuelle étant la seule jugée passible de sanctions."

Quatre mille euros mensuels en salaire de base

Schwartzenberg lève aussi le voile sur les salaires des ouvriers:

"Au 1er octobre 2006 (...), le salaire minimum de référence du rotativiste était (...) de 3 408 euros. Mais ce chiffre (...) est toujours majoré d'un certain nombre d'heures supplémentaires qui permettent à l'ouvrier rotativiste de percevoir au moins 4 000 euros par mois, et plus souvent 4 500.

"Les ouvriers débordent tous les jours leur journée de travail d'au moins une minute, ce qui leur permet de percevoir en intégralité une heure supplémentaire -toute heure supplémentaire étant due dès lors qu'elle est entamée. (...) Un cadre rotativiste (...) touchera 5 200 euros (...), le responsable d'une rotative, l'échelon encore supérieur (...), percevra (...) 6 400 euros par mois.

"Ces salaires correspondent à trente-deux heures trente de travail hebdomadaire, auxquelles il convient de retrancher quelques demi-heures si le travail est effectué de nuit."

On a du mal à croire que les ouvriers débordent systématiquement d'une minute pour gagner une heure de salaire en plus, mais Emmanuel Schwartzenberg maintient, et note qu'il a bénéficié de sources au sein même du syndicat.

Le Livre gère le bureau de placement des ouvriers, qui décide de qui travaille dans quelle imprimerie, et a érigé la cooptation et le népotisme en mode de fonctionnement. Citation de Jean-Marie Le Guen, député PS de Paris longtemps en charge des questions de presse:

"Les enfants, les cousins, les frères, les fils, les amis, tous ceux qui, de près ou de loin, ont un lien avec l'intéressé bénéficient d'un droit d'entrée automatique dans les imprimeries."

Très fâcheux pour le Livre-CGT... Sollicité par Rue89, un représentant national du syndicat a exprimé avec une vindicte inouïe -mais "off the record"- tout le mal qu'il pensait de l'ouvrage d'Emmanuel Schwartzenberg. Ce dernier, qui rappelle que son livre a été chroniqué dans de nombreux journaux -Le Monde, Le Parisien-Aujourd'hui, Le Canard Enchaîné, Les Echos...- imprimés par des adhérents du syndicat, remarque:

"On peut reprocher beaucoup de choses au Livre dans sa gestion des quotidiens, mais à ma connaissance, il n'est jamais intervenu pour censurer un article."

Au Progrès, quotidien de la deuxième ville de France qui fêtera dans deux ans son siècle et demi d'existence, ça n'a pas été nécessaire.


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Courageux anonyme
16H37 30/11/2007

et encore un mauvais point pour la presse française... espérons qu'un jour ça aille mieux, mais c'est pas gagné, entre le manque de courage et le manque d'éthique de certains maillons de la chaînes d'information en france.

Merci pour l'historique de la situation sinon on aurait pas bien compris une partie des tenants et des aboutissants, c'est juste dommage que les personnes intéressées ne se justifient pas!

par contre, je ne pense pas que ça soit la partie du livre sur le blanchiment des "collabo" des imprimeries qui a emoustillé le Livre. C'est peut être un peu propagandiste ça ...

 
Courageux anonyme
16H45 30/11/2007

C'est la faute à pas-de-chance... c'est tout.
L'article est arrivé dans les "indésirables" du rédac-chef, voilà tout...

http://lesmots.freelatitude.net

 
Awopbopaloobop_Alopbamboom |  récalcitrant
11H51 03/12/2007

KREMLIN EUROPEEN
Si vous avez lu les journaux, vous êtes déjà au courant, sinon, je vous informe de la nouvelle directive adoptée par le parlement et applicable dès 2010. Il m’est avis que cela va aller beaucoup lus vite que cela.
* les coupures publicitaires peuvent désormais être effectuées toutes les 30 minutes au lieu de 45 minutes maintenant. Les documentaires, les séries, les feuilletons peuvent être interrompus plus souvent à condition de respecter un plancher de 12 minutes pas plus de pub à l’Heure.
*Il est désormais admissible de placer des produits. (Donc publicité dans le film). (Films, téléfilms, émissions sportives et divertissements). (Sauf si les états veulent l’interdire…) Les produits doivent l’identifier au début et à la fin de leur diffusion (et non au milieu et à la fin d’une scène ouf !) et après une coupure de pub.
Les Etats-Membres peuvent exempter leurs diffuseurs de l’obligation d’identifier le placement pour toute œuvre pas produite par leur Etat.
Les émissions pour enfants pourront n’être interrompues qu’ "une fois par tranche de 30 minutes" si la durée du programme lui-même excède bien 30 minutes. Le texte ENCOURAGE ( !!!) aussi les médias à adopter un code déontologique pour proscrire, dans les programmes pour enfants et les publicités les accompagnant, la promotion de denrées alimentaires et boissons néfastes pour la santé (forte teneur en graisse, en sucre et en sel et boissons alcooliques).

 
Augustin Scalbert | Rue89
16H48 30/11/2007

Je pense que c'est le livre de Schwartzenberg dans son ensemble qui émoustille le Livre.

Comme je le précise dans mon article, le blanchiment des ouvriers collabo a eu lieu avant la création du syndicat, et ce dernier -pas plus que les ouvriers eux-mêmes- n'y sont pour quoi que ce soit: ce fut un cadeau du gouvernement, pour qui la priorité était de faire paraître -quasiment du jour au lendemain- des journaux libres.

J'ai mentionné cet épisode parce qu'il fait partie de l'histoire des ouvriers imprimeurs, et montre que ces derniers ont toujours eu un grand pouvoir -tant mieux pour eux!- sur leurs interlocuteurs, quels qu'ils soient.

De là à m'accuser de propagande...

 
Courageux anonyme
17H03 30/11/2007

il ne faut pas etre envieux que des ouvriers soit payer correctement il faut regretter que les macons payés 1300euros ne fassent pas la greve de la construction ect....

 
Courageux anonyme
21H05 30/11/2007

Çà tombe mal avec "Le Progrès". Il me semble que c´est un des rares journaux (sinon le seul) qui s´est sabordé pour ne pas avoir à collaborer avec les allemands.

www.LYonenFrance.blogspot.com

 
Courageux anonyme
21H56 30/11/2007

Le Progrès n'est pas le seul journal à s'être sabordé pendant la guerre. Il y a eu également le journal La Montagne, de Clermont-Ferrand qui a disparu des kiosques le 27 août 1943 et n'a reparu que le 15 septembre 1944.
"La Montagne a été le journal le plus censuré de France". Témoignage de l'époque de son directeur Francisque Fabre.

 
Courageux anonyme
11H40 01/12/2007

Quelques réctifications...
L'Est Républicain s'est également sabordé pendant la guerre et reparu dès le 8 octobre 1944 après la libération de Nancy.
D'autre part, si l'appartenance au Syndicat du Livre étai exigée, à partir de 1968, ce ne fut plus le cas.
Toute demi-heure entamée est payée. (Non pas l'heure)
Les salaires ont toujours été supérieurs à ceux du labeur (Il faut tenir compte du travail de nuit, du dimanche et jours fériés)
Mais autant que je m'en souvienne, les journalistes ont de tout temps protesté contre les "avantages" du Livre. Aujourd'hui, ils se trouvent devant la dure nécessité de défendre l'indépendance des rédactions devant les attaques des amis du pouvoir, propriétaires de la plupart des journaux. Ils trouveront, c'est une certitude, toujours à leur côté, le syndicat du Livre

 
Network 23 | identité perdue dans mes papiers
01H40 01/12/2007

A propos d'épuration, ne pourrait-on aussi citer les forces de l'ordre comme catégorie socio-professionnelle y ayant particulièrement échappée? (Si tant est que l'épuration fut aussi dure que certains le prétendent)

C'est du moins bien ce que raconte Maurice Rajsfus dans son livre sur La police de Vichy - Les forces de l'ordre françaises au service de la Gestapo (Cherche Midi, 1995)...

Mis à part ça, très bon article & certains commentaires (dans un sens ou dans l'autre) sont plus qu'instructifs...

 
DBL8 | Retraité
09H46 01/12/2007

Et à Paris la police à eu la fouragère pour fait de résistance !!
Tous n'était pas pourri, mais beaucoup, hélas.

 
Courageux anonyme
11H24 02/12/2007

La police parisienne s'est mise en grève trois jours dans ses casernes juste avant l'arrivée des alliés en août 44. C'est ce qui lui a valu la fouragère. Bon, c'était les mêmes qui raflaient encore la veille, mais pourquoi s'arrêter à de tels détails de l'Histoire?

 
Courageux anonyme
11H18 02/12/2007

Vous pourriez chercher des sources plus fiables que cet ancien agent du Komintern...

 
Alain Colbert | Enseignant retraité
12H29 02/12/2007

Dispensés aussi d'avoir à rendre des comptes après la Libération, il y eut les magistrats, les fontionnaires de l'administration en général et en particulier ceux de la pénitentiaire qui n'aidèrent guère les résistants emprisonnés mais furent docilement aux ordres de l'occupant dans sa grande majorité.
Tout se monde, ainsi d'ailleurs que les religieux qui furent massivement pétainistes se ruèrent sur les rares résistants de leur secteur pour se cacher derrière comme une forêt se cachant derrière un arbre ...

 
Prolo du livre | Un livre est un document écrit transport...
15H30 03/12/2007

Monsieur Scalbert :

- Il me semble que TOUTE heure supplémentaire entamée est due... Et pas que dans l'imprimerie... Dans le code du travail.
- Contrairement à ce qui est sous-entendu, le Syndicat du Livre (CGT) ne regroupe QUE les imprimeurs, les "éditeurs" et autre "Prolo" du Livre n'en font pas parti.
- A la libération, le secteur de l'édition a lui aussi souvent été "gracié", Marguerite Duras et Gallimard n'ont pas eu de compte à rendre...
- Si les imprimeurs ont un poids sur leur patronat du fait qu'il peuvent bloquer la production, c'est le cas de n'importe quelle grève, c'en est même le but et le principe. On ne peut leur reprocher de s'être battus pour obtenir de meilleurs conditions.

De plus, si les imprimeurs ont, eux au moins, des syndicats forts, une culture et une histoire militante, c'est que c'est une profession où les ouvriers devaient savoir lire et écrire. En composant les ouvrages et imprimés, ils devaient lire tout ce qu'ils imprimaient, ils étaient donc les premiers au courant des nouvelles et innovations intellectuelles, et donc mieux armés.

Il est également amusant de voir que c'est à Lyon, région hautement active en matière d'imprimerie, d'édition, et de syndicalisme, que cette histoire se déroule.

Dans ce cas précis, il semble que c'est bien un patron de presse frileux qui, à trop vouloir prendre de gants, a provoquer lui-même la polémique, les syndicats et l'auteur n'ayant pas râler pour cette publication.

Après, voir un auteur et des patrons pleurnicher à propos d'ouvriers... C'est d'actualité.

 
Courageux anonyme
21H31 03/12/2007

Et ça continue... Le pacte contre nature des patrons de presse et du syndicat du livre a encore de beaux restes. Le Monde se préparerait à virer 100 personnes. Pour une grande part des journalistes mais aucun des affiliés au Livre ne serait concerné par une mesure dont l'objectif est de permettre au groupe Le Monde d'éponger sa dette.

 
Courageux anonyme
17H19 30/11/2007

J'ai bien du mal à croire les salaires avancés dans le bouquin... Allons lire ça autour d'une rotative, on verra les réactions des ouvriers ! Il n'y aurait pas là un phénomène "SNCF" où l'on considère les cheminots comme des nantis jusqu'à voir une de leur fiche de paie ?

 
17H46 30/11/2007

je pense un peu comme le CA de 16H19, le coup des salaires, ça fait un peu phénomène "SNCF"... et puis c'est tellement facile de s'en prendre aux ouvriers du livre, on repart sur les "nantis", les "abus"... on stigmatise, et hop, on passe à la trappe tous les vrais nantis du CAC 40

 
Courageux anonyme
18H45 30/11/2007

en l'occurrence, le plus scandaleux n'est pas les salaires, qui sont peut-être justifiés (travail de nuit, technicité, pénibilité...), mais bien le népotisme qui règne dans le syndicat
pour être embauché comme ouvrier du Livre (et ainsi toucher un salaire multiple du smic) il faut être appointé par le syndicat, et donc on retrouve souvent fils, neveux, cousins, ce qui en fait une profession fermée aux outsiders, à ceux qui ne sont pas insérés dans le système: mettons fin à la discrimination qu'imposent ces (véritables) privilégiés

 
Courageux anonyme
21H22 30/11/2007

C'est marrant ca, dans ma famille Auteuil-Neuilly-Passy ca marche exacement comme ca, on est embauche dans la boite de papa et pas comme videur de poubelles et pas au smic, et si on est trop de freres et soeurs, papa a des copains qui veulent bien nous rendre service et nous fournir un bureau ou passer quelques heures pas jour.

Pourquoi se fatiguer a ecrire un livre pour nous terrifier et nous dresser contre les prochains "nantis" qui nous empechent de travailler (au moins un peu pour gagner quelque chose), il suffit de transposer "La Vallee de la Peur" de Conan Doyle remplacer les mechants syndiques X par ceux de votre choix.

En fait le "communiquant" qui a eu l'idee geniale de la censure du Progres devrait etre promu, comment aurions nous eu autrement la chance de decouvrir que des ouvriers peuvent gagner 4000€ par mois et de se dire que parfois tout n'est pas perdu dans ce monde!

 
Courageux anonyme
13H00 02/12/2007

A CA de 20H22,

Je ne suis pas sure que cela se passe exactement comme ça, dans votre famille Neuilly Auteuil Passy.
Parce que ce qui se passe dans le syndicat du Livre, ce n'est pas que le nepotisme. C'est tout un systeme, en marge de la loi, qui s'est mis en place.
Outre les salaires élevés (ce qui est une bonne chose),et le nepotisme, vous avez aussi:des ouvriers du Livre qui travaillent dans les quotidiens, à faire on ne sait trop quoi (corriger les fautes d'orthographe), et qui lorsqu'ils sont licenciés, ne touchent pas un centime de l'indemnité de licenciement. Cela va intégralement au syndicat, lequel en échange se charge de replacer dans un autre quotidien, le salarié licencié. Bref, en réalité, les salaries du Livre dans les quotidiens, n'ont pas pour employeur, celui désigné sur la fiche de paye, mais le Syndicat qui les met parfois, à disposition, dans des quotidiens.

Comme vous avez un système, tout aussi bizarre, du coté NMMP, l'on fait parfois mine de s'etonner que la presse française, soit systématiquement déficitaire.
Mais connaissez vous une entreprise, dans quelque domaine que ce soit, qui puisse fonctionner normalement, lorsqu'elle ne maitrise, ni ses couts de fabrication, ni ses couts de distribution?
Et je ne vous parle pas de ce que cela coute au contribuable, sous forme de subventions accordées à la presse, et dont certaine, de façon étrange, quoique versées aux quotidiens, se retrouvent dans les caisses des NMMPP...

 
Courageux anonyme
13H48 03/12/2007

Un ami travaillait pendant les vacances aux nmpp de stains. Il était étudianrt et percevait à l'époque 20000francs par mois(salaire le plus bas car sans ancienneté, avec un peu de travail de nuit me semble t il) . Il a pu avoir ce "job dété" par l'intermediaire de son oncle; a son arrivée on lui a fait comprendre que pour revenir en deuxieme semaine il fallait s'encarter à la cgt. Il m'a raconté le rythme de travail(piano-piano) et les emprunts systematiques de dvd casssettes, video, magazines...

Souvenez vous de leur reaction lorsque le monopole a été brisé par les gratuits; Les gros bras du syndicat sont venus frapper les distributeurs (ces nantis).
Avec de tels avantages;, on comprend qu'ils tiennent à leur statut

 
17H33 30/11/2007

Non non,les chiffres sont exactes...

 
18H06 30/11/2007

L'auto-censure est en passe de devenir le nouveau mal qui ronge la presse quotidienne régionale française, preuve en est, encore une fois, içi faite. Par peur des conséquences que pourraient avoir telle ou telle décision, les rédactions en chef de titres indépendants s'enferment dans une volonté de ne surtout pas choquer qui pourrait s'avérer, au final, plus mortelle encore qu'une grogne des ouvriers du livre. Durant l'été, le quotidien breton Le Télégramme avait dévoilé la phrase de Nicolas Sarkozy, tirée du livre de Yasmina Reza "L'aube, le soir ou la nuit", où notre actuel président disait se "foutre des Bretons", entre autres. Et bien, cette information n'a été "sortie" par le titre finistérien, pourtant totalement indépendant, qu'au prix de négociations poussées entre la rédaction de Brest et la rédaction en chef. Cette dernière craignait sans doute de déclencher on ne sait quelle foudre de la part du nouveau pouvoir en place. Dans une France où - et Schwartzenberg le dit, à quelques grosses ficelles près, plutôt bien - l'avenir de la presse papier est de plus en plus précaire, il n'est pas idiot de se demander si le coup mortel ne viendra pas des journaux eux-mêmes, abandonnant chaque jour un peu plus leurs particularités et leur capacité à susciter des réactions au profit d'une neutralité qui pourrait bien s'avérer fatale.

 
Courageux anonyme
18H08 30/11/2007

Travaillant dans la presse quotidienne depuis bien des années, je confirme tout ce qui est écrit dans l'article (salaires et le reste ), hélas pour la presse quotidienne .
Malheureusement pour eux, l'actionnariat a changé et maintenant les ouvriers du livre sont une catégorie à faire disparaitre et c'est ce qui se passe avec le fonds de modernisation sociale ....
Tuer la poule aux oeufs d'or en étant trop gourmand, ou alors le syndrome des templiers qui étaient plus forts que le roi .....

 
Courageux anonyme
18H21 30/11/2007

bien sûr que les ouvriers du Livre ont intérêt d'être blindés syndicalement, vous le savez fort bien, un journal ça rest toujours aléatoire, et ce qui est vrai pour les journalistes l'est aussi pour les rotativistes, quant au salaire, mon père était rotativiste et outre que l'essentiel de son travail avait lieu la nuit, sauf quand il enchainait avec les journaux hebdomadaires après sa nuit de boulot, pas de jour férié, on savait à quelle heure il partait jamais quand il rentrerait, car les rotatives sont capricieuses et les unes des journaux pas toujours à l'heure, alors avant d'en faire des nantis privilégiés, c'est en effet un dernier bastion solide contre un certain patronat très en vogue actuellement et malheureusement cette solidarité syndicale est en train de crever et tout ce qu'on nous propose au nom d'une modernité merdique c'est de bosser plus et de fermer notre gueule !

 
Thomas Rozec | Etudiant et journaliste
18H28 30/11/2007

Personne ne remet en question la pénibilité - terme très à la mode en ce moment - du travail des rotativistes, et encore moins leur droit à un syndicat fort. Ce qui interpelle, quand on se penche un peu sur ce qu'est le monde de la presse française, c'est la peur panique qu'inspire le syndicat du livre aux dirigeants de presse, quel que soit les titres concernés, c'est à dire même dans les médias régionaux. Est-il normal que ce climat de tension, qui vire, parfois, au véritable chantage, perdure dans une presse française qui n'a vraiment pas besoin de cela ?

 
Courageux anonyme
02H26 01/12/2007

des patrons ont peur de leurs ouvriers...???!!! désolée mais par les temps qui courent ça me ferait plutôt marrer ! et d'une ! et de deux les journalistes et leurs patrons n'ont qu'à commencer par faire une presse de qualité s'ils veulent qu'on les lise et les français n'ont qu'à se mettre enfin à réfléchir en la lisant enfin !

 
Courageux anonyme
21H57 01/12/2007

Bravo, vous avez parfaitement résumé le problème .
Le drame de la presse c'est l'EGO des journalistes .
Ce sont eux qui créent le produit .
S'il n'est pas bon il ne se vend pas .
Le problème actuel de la presse écrite, c'est que les journalistes partent du principe qu'ils sont bons, donc que leur papiers sont bons et que si les gens n'achètent pas les journaux c'est qu'ils sont nuls et ne comprennent rien .
A partir de là, aucune remise en question et voilà le résultat .
car il ne faut pas oublier que l'on achète un journal pour y lire de l'intéressant, sinon on ne l'achète pas .
Je travaille dans la presse quotidienne régionnale, je sais donc de quoi je parle (14 ans).

 
DBL8 | Retraité
09H52 01/12/2007

Ce ne sont pas les seuls qui ont un travail pénible !
Dans le commerce les ouvriers ont aussi des horaires à la noix, ils l'ont choisis mais ne poussez pas, les salaires n'ont rien à voir avec ceux de la presse.
Je peux en parler en toute connaissance de cause.
Et, pour le cas où il y ai des foie jaune, je ne regrette pas d'avoir exersé la proffession de pâtissier.

 
Courageux anonyme
18H35 30/11/2007

Il y en a marre des chiffres, qui,lorsque vérification est possible, se révèlent souvent faux. Pour ma part, je ne crois jamais ceux F.de Closets, depuis que j'ai lu son premier ouvrage, très encensé,"toujours plus".
Ses révélations me scandalisaient, jusqu'au moment où je suis arrivée au chapitre concernant ma profession; et là, c'était un festival d'approximations, mauvaise foi, demi-vérités, voire mensonges délibérés. Depuis je suis donc extrêmement méfiante.(cf les bruits sur les cheminots et leur feuille de paye) (je ne suis pas de la SNCF!)

 
Courageux anonyme
18H37 30/11/2007

Nicolas Sarkozy ne se trompe pas quand il dit que les ouvriers sont des privilégiés, même les cadres ne gagnent pas autant! Jean.

 
18H43 30/11/2007

Ce qu'il y a de bien avec les raccourcis, c'est que ça fait vraiment avancer le débat. Ca l'élève même.

 
Courageux anonyme
18H43 30/11/2007

Monsieur Joffrin à Culture Matin s'empêchant de citer le Syndicat du Livre, tant il craint des mesures de rétorsion.

http://anthropia.blogg.org

 
Courageux anonyme
19H50 30/11/2007

Le point essentiel, en l’occurrence, n’est pas le rôle du syndicat du Livre ni des salaires de ses ouvriers mais la censure qu’organise le Progrès. Et là, ce n’est qu’une confirmation, des pratiques de ce journal, qui pour abonder dans la ligne bien pensante des autorités en place, est devenu un journal sans « information », simplement le support de l’OL et du compte rendu de trottoir... Lisez le et vous l’ « apprécierez »

 
Courageux anonyme
12H45 02/12/2007

le progrés ,le journal de saone et loire ,les depeches de dijon ,tous ont les mémes edito les mémes faits divers
enfin du copié collé et on nous dit pluralisme ?

acheté les le méme jour et vous verrez.les redactions sont tenues par l actionnaire unique !!!
c est comme la télé pareil.

 
Courageux anonyme
13H40 02/12/2007

Les rubriques locales et celles des chiens écrasés sont différentes. C'est ça la presse régionale.

 
Courageux anonyme
19H54 30/11/2007

D'expérience, hormis la trop caricaturale minute supplémentaire, ce que raconte M. Schwartzenberg est peu ou prou vrai. D'où les cassages de gueules des pauvres types qui distribuaient les gratuits au moment de leur apparition, au nom de la défense du travail des ouvriers, c'est-à-dire l'obligation pour ces "éditeurs" (Bolloré and co) de sous-presse de faire rouler leurs torchons dans des "imprimeries de presse" et non de labeur (c'est pas les mêmes tarifs, c'est pas les mêmes salaires)…
Pouvoirs publics (dont les largesses du futur ministre de l'Intérieur Sarkozy, en son temps [cf "La Face karchère de Sarkozy]), patronat et ouvriers du livre trouvent toujours, et fort discrètement, un terrain d'entente. Sur les régimes spéciaux et le changement de statut de certains d'entre eux, c'est wouaich wouaich (silence radio)…
Ceci dit, les rotativistes forment "l'élite" la plus BOF , la plus riche et la plus violente du Livre (ce qui ne les distingue pas d'une certaine f(r)ange de la société).
Par ailleurs, le système de "cooptation-népotique" qui prévaut dans ce groupe en voie de disparition ne le distingue en rien du reste de la société.
Si on trouve chez eux un nombre étonnant de boeufs adeptes de Thorez, d'autres sont des intellectuels de valeur de la cause des travailleurs…
Après, leur imputer toute la responsabilité de la crise de la presse me semble un peu gonflé, finalement malgré leur diktat, les gratuits se multiplient…
…et l'espace public se raréfie, qui se scandalise du scandale que constitue l'accaparement de la parole publique par une clique de journalistes, chefs de service (rédac chef, "plumes ?", fils de…), économistes, producteurs, chroniqueurs, experts, éditorialistes, auteurs, éditeurs, prof à Sciences-po (Paris), hôtes et hôtes des mêmes, invitant toujours les mêmes en rond et parfois en famille (pourquoi pas ?)…
Outre ce scandale, qui se demande quel est le prix du plat de lentille auquel volontiers se sont v(r-)endus ces gens, chiens de garde du pouvoir et de leur statut, et qui s'en émeut, puisque leur satisfaite présence est le critère de la valeur de leurs propos. il faut bien vivre, après tout…
Question: en-deçà d'un certain salaire a-t-on le droit de parler de la société, voire même de sa situation (sa vie), sauf à avoir été violé par des multi-récidivistes terroristes ou(et) des pédophiles ou(et) des tortionnaires de chats ou(et) — folle hypothèse— des héros ou(et) victimes,
Pourtant nombres de journalistes sont souvent mal payés (c'est déjà ça, quand ils le sont un peu) et précaires à un point quasi-inimaginable dans d'autres professions…
Enfin, qui peut juger des moyens dont usent les uns ou les autres pour défendre leur gagne-pain ou leur existence ?

 
mmarvin | socialiste tendace coup-de-pied-au-cul
21H15 30/11/2007

Après le financement occulte par une partie du patronat et l'opacité totale qui règne sur les comptes de certains syndicats, cette petite affaire n'est pas faite pour arranger l'image du syndicalisme français qui a toujours été très faible en nombre et inféodé politiquement.

En ce qui concerne les ouvriers du livre, leur niveau de rémunération (s'il est correct) ne leur permet pas que l'on pleure sur leur sort.

Le progrès technique est heureusement la pour mettre fin à une corporation népotique. Bientôt les journaux en papier électronique mettront en grande partie fin au règne de l'encre et de l'arbre abattu. je n'ai d'ailleurs plus qu'un seul journal reçu chez moi en papier. Tout le reste est en pdf et bientot je pourrai les lire bien au chaud sous la couette...

 
Courageux anonyme
22H50 30/11/2007

Et vous savez pourquoi à Rue89, ils se permettent de faire un bras d'honneur au syndicat du livre ?

ZERO PAPIER !

 
Courageux anonyme
00H38 01/12/2007

BON ALLONS Y

indemnités a regler aux victimes

etat français: les ordres
sncf : transport
syndicat du livre : edités les lois vichyste
les ptts :les lettres de denonciations
ect.......

vous croyez que dans mille génération la note
sera réglée?

 
Courageux anonyme
03H20 01/12/2007

Sachant qu'un quotidien comme Le Monde tire aujourd'hui a environ 450 000 exemplaires et qu'il faut environ trois heures pour l'imprimer. Affirmer que les ouvriers terminent volontairement une minute après le temps imparti reviendrai à calculer à la minute près, l'heure a laquelle on arrive sur un trajet de trois heures. Si l'on compte deux ou trois pannes obligatoire, oui, le papier reste fragile et casse régulièrement. Un calcul comme celui ci est proprement impossible.

De plus, ce ne sont pas d'heures supplémentaires dont il faudrait parler mais de demi-heures, information que l'auteur ignore malgré ses soit disant contacts "haut placés".

Ces salaires sont également du n'importe quoi, pourquoi pas 20 000 euros par mois, ben oui les ouvriers gagnent autant que le président, il y aurait bien des gens pour le croire.

Enfin selon l'auteur les patrons de presse « pourraient faire tourner leurs imprimeries avec un quart des affectifs actuels ». Or sur une équipe de cinq, faudrait venir voir sur place pour se faire une idée de la faisabilité de la chose. Pour info, une rotative mesure en gros la taille d'un immeuble de trois étages.

Pour paraphraser un mec, quand on se prétend expert et qu'on en sait pas plus que ça, on devrait avoir le droit de fermer sa gueule!

 
Courageux anonyme
08H11 01/12/2007

A cette époque, toute ma famille travaillait dans la presse. Typo chez Larousse, lino au Parisien Libéré, retouche photo à France Soir.
Je ne sais pas comment ça se passe aujourd'hui, mais à l'époque ils étaient grassement payés. Et c'est justement ce qui fait la force de ce syndicat. Durant les nombreuses grèves, je crois que c'était souvent contre le groupe Hersant, si ma mémoire est bonne, tous les employés de tous les autres journeaux cotisaient de manière à ce que les grévistes touchent leur salaire. Moi je vois cela comme une assurance contre certains abus de pouvoir.
Y'a t'il des abus ? Certainement. Mais ni plus ni moins que dans tout autre milieu.
D'ailleurs, le syndicat de la presse a apparu peu de temps après que Gutenberg eut inventé la presse. Lorsque les imprimeurs publiaent des textes controversés, les foules avaient la facheuse habitude d'attaquer les auteurs, mais aussi les imprimeurs et l'imprimerie elle même. Ils furent parmi les premiers, parmi la population "civile" a avoir le droit de porter l'épée, en dehors des aristos, policiers et militaires.

 
Courageux anonyme
09H39 01/12/2007

je confirme, mon père a été de cette grève d'un autre âge, impensable aujourd'hui, du parisien contre Amaury, une histoire de délocalisation déjà, 2 ans et demi, sans salaire et d'une lutte aussi physique que morale, conflit rendu possible grâce à la solidarité financière des autres camarades qui eux bossaient et reversaient un pourcentage de leur salaire tous les mois. ce n'est pas très moderne mais pour ma part j'admire cette solidarité qui de fait existe de moins en moins.

 
Courageux anonyme
13H52 01/12/2007

Au total, un journaliste du Figaro et de LCI (genre de média ultra-orienté) reproche à des membres du monde ouvriers d'employer les mêmes méthodes que ceux qu'il défend : le patronat. Il leur reproche d'essayer de gagner le plus possible (comme ceux d'en face) avec le seul point fort qu'ils possèdent !

C'est cela que vous voulez dénoncer ? J'ai bien compris ?!

 
14H02 01/12/2007

pendant ce mème temps les ouvrier qui travaillent dans les grands groupe de distribution de presse sont payè 6e30net de l'heure sans 13em mois!!quant a l'argent des encarts payè par les journaux qui me dira un jours ou il va....?

 
Courageux anonyme
16H46 01/12/2007

Je suis un peu surpris par les déclarations citées. Je ne nie pas les droits sociaux réels des salariés du livre, ni l'existence de corruption et magouilles au sein d'organisations ouvrières (syndicats, C.E., mutuelles etc.). Cependant, il ne faut pas généraliser. Mon père était correcteur, syndicaliste et a été quelques années secrétaire national du syndicat des correcteurs CGT du livre et ni mes frères et sœurs ni moi ne sommes dans la presse et n'y avons jamais travaillé même pendant nos études (j'ai été surveillant d'externat et je suis enseignant). Les seuls "avantages" dont on ait bénéficiés restent très courants : 50% des cotisations sportives remboursées et l'arbre de noël du C.E... Pas de quoi crier au scandale ?

 
Antonin Sabot | Etudiant en journalisme
20H07 01/12/2007

salaire moyen des techniciens à La tribune le Progrès à Saint-Etienne : 2000 euros net

 
Antonin Sabot | Etudiant en journalisme
20H08 01/12/2007

Pardon mon clavier a fourché : 2500 net

 
Courageux anonyme
20H55 01/12/2007

bonjour je suis rotativiste ds une entreprise de presse quotidienne regionale ( convention spqr) , les salaires ne sont pas les memes que dans la presse quotidienne nationale mais loin tres loin de ce qu'il est cité . 2000 Euros net a peu pres tous les mois , avec travail deux apres midi en semaine et trois nuit le week end ..... vous apprecierez vos 8H17H du lundi au vendredi .....

effectivement nous avons de bons( decents) salaires ... ce qui devrait etre la norme et non pas l'exception , ce n'est que le fruit de luttes seculaires , et du rapport de force avec le patronat ....
parfois certaines luttes peuvent sembler inutiles .. mais ce n'est pas en subissant , ou en etant passif que l'on fait avancer les conditions de travail et de salaire .

pour info je ne suis plus au syndicat du Livre . Mais participe quand meme aux mouvements quand il y en a en TOUTE liberte

merci

 
Courageux anonyme
00H25 02/12/2007

l'auteur journaliste pourrait aussi de certains secteurs économiques ou les gens sont "exploités", je ne citerai pas de secteurs, mais dans certains secteurs les heures supplémentaires ne sont pas payés, mais malheureusement parler de "privilèges" est un excellent moyen de faire diversion en ne parlant pas des problèmes socio-professionnels