
(De Beyrouth) "Tu peux toucher ma jambe gauche", dit Ali à Samir, le cuisinier de 25 ans qui tient un kebab dans la rue Maurice Barrès au centre de Beyrouth. Comme pour le provoquer. «C’est du solide". Toc, toc, toc. "Elle est en bois», sourit le sunnite aux yeux malicieux, avec une pointe de fierté dans la voix avant d’expliquer: "Je l’ai perdue durant la guerre civile (1975-1990).
Je tirais avec ma douchka [mitrailleuse russe, ndlr] sur les chrétiens quand un obus m’a touché. Là-haut, sur cet immeuble, à 200 mètres environ", ajoute l’homme, petit, avant de pointer du doigt une tour abandonnée qui domine le port, encore balafrée par des trous d’obus et de balles. Durant neuf ans, Ali, dont la moustache et les cheveux gris trahissent ses 50 ans, a liquidé ses ennemis. Sans pitié. "J’en ai tué beaucoup. Je ne regrette pas".
Puis, il y a eu la paix en 1990 après quinze ans de conflit. Espoir d’une vie meilleure. Espoir déçu. L’ancien combattant sunnite qui vivote en multipliant les petits boulots sent les démons de la guerre et du communautarisme ressurgir au Liban. "C’est la déprime. Il n’y a plus de travail. Plus d’avenir. La ligne de front qui divisait notre ville et qui passe à deux pas de mon quartier est de nouveau dans les têtes".
S’il le pouvait, Ali partirait. Très loin. "Ça va péter", soupire-t-il, fatigué par cette tension interconfessionnelle qui a déjà fait plusieurs victimes depuis le début de l’année. Fatigué de la présence de l’armée libanaise qui quadrille Beyrouth 24 heures sur 24 avec ses chars. "Mais cette fois, la guerre ne sera pas pour moi. Je laisse ça aux jeunes".
"Les jeunes sont en train de s’habituer à se haïr réciproquement"
A ses côtés, Samir, sunnite lui aussi, opine du chef. Lui est prêt à prendre les armes pour défendre son quartier. Comme les anciens de 1975. Un retour en arrière qu'a dénoncé le cardinal Boutros Sfeir: "Les jeunes sont en train de s’habituer à se haïr réciproquement", affirmait haut et fort le 76e patriarche de l’Eglise maronite. Ce que confirment Ali et Samir: le fossé entre les progouvernementaux de l’alliance du 14 mars et les antigouvernementaux de l’alliance du 8 mars se creuse de plus en plus.
Avec, en particulier, cette étonnante alliance entre Nasrallah, le pro-syrien, et Aoun, le dernier général libanais à avoir combattu les Syriens. "Pourquoi?", réagit le chrétien Daniel, 25 ans, chômeur. "Nous voulons tous les deux le départ du Premier ministre Fouad Siniora. C’est une marionnette entre les mains des Américains et des Israéliens".
Loin du champ de tensions entre pro et antigouvernementaux, d'autres jeunes... "Je ne roule ni pour les uns ni pour les autres", témoigne cet étudiant, croisé au Torino, un bistrot du centre-ville. "Notre drame est le communautarisme. En dehors du clan, tu es perdu. Une grande partie de ma génération veut en finir avec ces familles libanaises qui ont pris en otage le pays depuis l’indépendance en 1943".
Céline, chrétienne, en a aussi gros sur le cœur. "Nous en avons marre des Siniora, des Hariri, des Nasrallah et des Aoun", crie cette publicitaire de 22 ans, rencontrée dans un bar. "On ne veut plus entendre parler des Jaja, des Joumblatt, des Berri, des Gemael. Nous, on veut vivre". Même son de cloche de la part de Rachel, la vingtaine également. "Notre souhait, c’est le changement. On en a assez de ce blocage politique qui n’augure rien de bon. J’ai fini l’université il y a six mois. Depuis, je n’ai pas trouvé d’emploi. S’il le faut, je voterai Hezbollah. Il faut que ça change", ajoute la jeune femme maronite dont l’ami est chiite. "Mon terroriste à moi", plaisante-t-elle en narguant son copain. Lui, rétorque: "Es-tu sûre de donner ta voix au parti de Nasrallah? Tu es vraiment prête à choisir entre la peste et le choléra?"
"A l'université arabe, certains étudiants circulent avec des armes
Et l'armée libanaise, quel sera son choix dans la poussée de fièvre que connaît le pays des cèdres? Ibrahim, officier, qui n'en peut plus de faire le pied de grue dans les rues de Beyrouth, balayées par le vent frais qui remonte de la mer Méditerranée: "Tout ce qui se passe ici est du désordre. Nous serons prêts à intervenir lorsqu'il le faudra."
Le ressort de l'unité nationale s'est cassé au pays du Cèdre, reconnaît Joëlle, 22 ans, étudiante chrétienne:
"A l'Université arabe de Beyrouth, les étudiants de confessions différentes ne se parlent plus. Certains circulent même avec des armes et des couteaux. Avant, je ne m'intéressais pas à la religion de mon voisin. Ce n'était pas important. Aujourd'hui, oui."
Du coup, de nombreux étudiants veulent quitter le pays. "Je veux partir", témoigne Céline, autre universitaire, 20 ans. "Regardez autour de vous, la ville est triste. Les gens ne parlent que de politique et les politiciens de ce pays jouent tous aux pompiers pyromanes". Amir aussi veut partir. "Mon avenir n'est plus ici. Pas comme ça".
"Nous sommes prêts à nous défendre et à nous sacrifier s'il le faut"
Les jeunes Libanais évoquent continuellement les armes qui circulent. Les prix augmentent sur le marché noir. Une kalachnikov se vend désormais entre 750 et 1000 francs contre 130 à 200 francs avant la guerre avec Israël cet été. Et les saisies de fusils, grenades et autres missiles de contrebande se sont multipliées ces dernières semaines, affirme un officiel, alors que tous les regards se tournent vers la banlieue chiite de Beyrouth et le Hezbollah.
C'est le parti de Dieu qui contrôle le trafic, complète l'officiel. "Nous sommes confrontés actuellement à un phénomène très grave, à savoir le réarmement des partis politiques, comme si nous étions condamnés à revenir vingt ans en arrière", s'est inquiété le patriarche Sfeir. "Comme si nous n'avions tiré aucune leçon des drames et des tragédies que nous avons vécus."
Le chiite Ziad le sait. Il le sent, dit-il et ne cache pas ses intentions: "Nous sommes prêts à nous défendre et à nous sacrifier s'il le faut", lance ce serveur au chômage. Un discours qui fait peur à l'ancien combattant Ali, qui marche péniblement vers sa voiture, une vieille Mercedes rouillée et cabossée, en s'appuyant sur sa jambe en bois. "Quand la guerre a commencé, on nous disait que nous étions des héros. Aujourd'hui, je constate combien nous sommes devenus des zéros..."
► Nos amis du quotidien suisse "La Liberté" ont reçu le Prix Nicolas Bouvier décerné par le Club suisse de la Presse pour une série d'articles sur le Liban. Il nous a semblé pertinent de publier l'un de ces reportages au moment où la crise présidentielle libanaise se prolonge, avec un deuxième report de la date de l'élection d'un chef de l'Etat. Nos félicitations aux journalistes de "La Liberté", partenaires de Rue89.


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triste est la réalité libanaise!
Il m'est arrivé, à Beyrouth, de passer dans une rue commerçante où à chaque boutique on me présentait quelqu'un qui allait partir. Celui-là avait son visa, canadien, français, australien, l'autre en cherchait un, le suivant avait dealé avec des passeurs, un autre rejoignait sa famille en Afrique... Et le reste du moyen-orient ne va pas mieux.
Cela dit, si la réalité libanaise est bien triste, en effet, les collègues de La Liberté m'ont donné un coup de bonne vieille nostalgie. C'est du journalisme à l'ancienne comme j'aime : un coup dans les chawarma de Zokak el-Blatt, le soir au Torino, le seul bar de Gemmayzeh vraiment sympa... Peut-être pas totalement exhaustif comme tableau, mais ça nous change des papiers compassés de notre presse quotidienne à nous. Merci pour ça.
Le peuple reste donc, ici ou aileurs, l'otage des intérets des puissants qui nous gouvernent. C'est triste et je comprends leur résignation...
Chez les musulmans (environ 60 % de la population), on distingue les chiites (35 %), les sunnites (23 %), les druzes (5 %) et les alaouites (1 %). Presque tous les autres Libanais sont des chrétiens, dont approximativement 24 % de maronites, 13 % de grecs-orthodoxes, d’arméniens-orthodoxes (3 %).
Au total 17 communautés religieuses qui se méfient les unes des autres. Des majorités, des minorités, plus un mélange politique/religion détonnant.
Fuyez jeunes gens.
Le Liban pour les libanaises
je suis de Beyrouth et je trouve que le reportage colle parfaitement a la realite de notre quotidien... Bravo pour les deux journalistes... On veut encore plus... Ou on peut acheter La Liberté en France...Alex, libanais à Paris
L'un des piliers de l'opposition libanaise, le chrétien Michel Aoun, a déclaré jeudi qu'il était favorable à l'élection à la présidence de la République du chef de l'armée, le général Michel Sleimane , ouvrant ainsi la voie à une sortie de l'impasse politique.
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"Oui bien sûr, je le soutiens, et je suis très heureux", a affirmé à des journalistes M. Aoun, le chef du Courant patriotique libre (CPL), qui s'était lui-même dit candidat au poste de président.
Le Liban est sans président depuis l'expiration du mandat de l'ancien chef de l'Etat Emile Lahoud le 23 novembre à minuit sans successeur, la majorité parlementaire antisyrienne soutenue par l'Occident et l'opposition proche de Damas et Téhéran n'étant pas parvenues à s'accorder sur un nom.
"Si la majorité le veut et que d'autres parties dans l'opposition le veulent, alors c'est bon", a poursuivi M. Aoun, allié du puissant Hezbollah chiite, chef de file de l'opposition.
"Il y a des obstacles constitutionnels qui devraient être levés parce que le gouvernement est illégitime", a-t-il ajouté.
L'élection du général Sleimane nécessiterait un amendement constitutionnel, car en vertu de l'article 49 de la Constitution, il est interdit aux hauts fonctionnaires de devenir chefs de l'Etat, sauf s'ils démissionnent de leur poste deux ans avant l'élection.
Dans ce cas, le gouvernement doit présenter l'amendement au Parlement.
Mais le cabinet de Fouad Siniora est considéré comme illégitime par l'opposition depuis la démission de tous les ministres chiites du gouvernement en novembre 2006.
Mercredi, la coalition au pouvoir a proposé le nom du général Sleimane pour mettre fin au blocage, précisant être prête à ne plus s'opposer à un amendement à la Constitution.
Le Hezbollah a lié la candidature du chef de l'armée à l'approbation de M. Aoun.
La présidence est réservée, selon la tradition, à un chrétien maronite.
En raison de l'impasse politique, la séance du Parlement consacrée à l'élection d'un nouveau chef de l'Etat a été reportée à cinq reprises en deux mois.
Une nouvelle séance est prévue vendredi, mais elle pourrait être elle aussi repoussée, selon des sources proches du président du Parlement, Nabih Berri, un ténor de l'opposition, et des députés.
"Il est probable qu'il n'y aura pas de séance en attendant de trancher la question du consensus", a déclaré Ali Hassan Khalil, député du mouvement Amal (chiite) présidé par M. Berri.
Une autre source proche de M. Berri a indiqué à l'AFP sous couvert de l'anonymat que "la tenue de la séance reste tributaire des contacts, qui n'ont pas encore abouti".
Du côté de la majorité, le député et candidat présidentiel, Boutros Harb, assure également qu'il "n'y aura probablement pas de vote demain".
Depuis sa nomination à la tête de l'armée en 1998, le général Sleimane, qui n'a pas fait acte de candidature, a su garder ses troupes unies et s'est efforcé de maintenir l'institution militaire à l'écart de la lutte pour le pouvoir qui divise la classe politique libanaise.
Bien que certains l'accusent d'être un allié de Damas, le général Sleimane est resté neutre lors de la crise autour de la présidentielle, appelant ses troupes après le départ de M. Lahoud à ignorer les disputes politiques.
L'élection et la réélection de l'ex-président Emile Lahoud, également ancien chef de l'armée, avaient requis en 1998 et 2004 des amendements imposés par la Syrie, puissance de tutelle de l'époque.
La majorité accuse l'opposition de vouloir un président soumis à Damas et Téhéran, tandis que celle-ci estime que la coalition au pouvoir veut un chef de l'Etat inféodé aux Etats-Unis.
Les dirigeants libanais ont reporté d'une semaine, au 7 décembre, l'élection présidentielle qui devait normalement avoir lieu vendredi, afin de tenir des discussions sur un candidat de compromis, annonce le président du Parlement, Nabih Berri.
C'est la sixième fois que le vote est reporté en raison de divergences entre les groupes anti et pro-syriens.
Le général Michel Souleïmane apparaît de plus en plus comme le candidat de compromis à même de régler la question de la succession du pro-syrien Emile Lahoud, dont le mandat a expiré voici une semaine.
"Cette question fait l'objet de sérieuses discussions", a avait déclaré dans la journée le Premier ministre (anti-syrien) Fouad Siniora, en faisant allusion à Souleïmane. "Si Dieu le veut, nous parviendrons à un résultat qui servira les intérêts du Liban", a-t-il dit.
La présidence est vacante depuis le 23 novembre. C'est au parlement d'élire un nouveau chef de l'Etat, traditionnellement un chrétien maronite, et ils ont échoué jusqu'à présent, ne pouvant s'accorder sur un homme de consensus.
Le Liban traverse actuellement une crise politique grave marquée par de fortes tensions. Les risques sécuritaires sont importants.
Dans ces conditions, il convient de s’abstenir de se rendre au Liban sauf raisons impératives.
Kouchner il peut rester quand il veut et comme il veut au Liban mais le peuple on lui conseille:
En raison de la forte instabilité des conditions de sécurité, il est recommandé de se tenir quotidiennement informé de l’évolution de la situation, de faire preuve de prudence et de vigilance et d’éviter les lieux d’attroupements, en particulier à proximité des principaux bâtiments institutionnels situés en centre-ville. Il convient de limiter les déplacements à ceux qui paraissent indispensables. Des barrages ayant été mis en place par les forces de sécurité, il est impératif de circuler avec des papiers d’identité et de marquer l’arrêt à ces barrages.
Il est recommandé de respecter strictement les consignes données à la rubrique "Sécurité" de cette fiche.
L’âne de la fable, c’est quelquefois une pauvre province, prend soin de signaler La Fontaine. Précision superflue pour les Libanais, qui depuis des mois assistent, impuissants, à l’impitoyable écartèlement de l’infortuné baudet : c’est-à-dire de ce système démocratique au départ bien précaire, et que l’on a dépouillé de ses règles même les plus élémentaires. No rules, recommande bien, dans ses annonces publicitaires, une marque de whisky ; le conseil a été fort bien suivi par une classe politique à tel point assoiffée de pouvoir qu’elle en a oublié l’essentiel, à savoir l’intérêt public et national.
Tout au long des douze mois écoulés, il n’a été question dans ce pays que de manœuvres séditieuses, de coups d’État rampants dont on se rejetait réciproquement la paternité et la responsabilité : ici un gouvernement accusé par ses adversaires d’avoir illégalement fait main basse sur le pouvoir en faisant fi du devoir d’association, et là une opposition partiellement armée, squattant sans désemparer le centre-ville de la capitale et menaçant régulièrement d’élargir son champ de contestation.
Au loup, au loup ? En définitive, ce n’est guère par voie de coup d’État, mais par suite de panne d’État, que le commandant de l’armée a amorcé l’irrésistible ascension qui, de son QG de la Défense, promet de le porter bientôt au palais présidentiel. Par son impuissance à transcender ses clivages, à produire le miraculeux compromis susceptible de mettre fin à l’impasse, c’est l’establishment politique lui-même, toutes tendances réunies, qui vient en réalité de sceller sa propre faillite. Qui se résigne à passer la main, parce que le sol se dérobe soudain sous ses pieds. Et qui offre à la plus haute instance militaire de ce pays un ticket de première classe pour l’itinéraire Yarzé-Baabda : parcours d’exception, parcours en tout point anormal, du moins en démocratie, soit dit bien sûr sans préjuger des qualités personnelles dont peut se parer le général Michel Sleimane.
Mais en réalité, l’anormalité n’est-elle pas désormais la règle dans notre simulacre de démocratie ? Des engagements formels transmis à Bkerké et reniés sans vergogne, des dizaines de députés barricadés chez eux ou à l’hôtel car ils craignent pour leurs vies, un Parlement mis au chômage, des ministres démissionnaires mais à moitié seulement et, pour couronner le tout, de dégradantes obédiences étrangères : ces monstrueuses dérives, un vigoureux communiqué du patriarcat maronite les énumérait hier, poignante voix prêchant inlassablement dans le désert des contradictions libanaises. Comment s’étonner dès lors qu’au fil des ratés du système, des incroyables aberrations dont on l’a affublé et des précédents en huit (1958, 1988 et 1998) le commandement de l’armée soit en passe de devenir l’antichambre idéale, sinon le passage obligé, de la magistrature suprême ?
Inaugurée par un coup de théâtre, agréée de bon cœur ou du bout des lèvres par les uns et les autres, c’est une entente de nécessité locale, mais internationale aussi, qui se cristallise ces jours-ci autour du général Sleimane : militaire dont on attend néanmoins qu’il résiste à la tentation totalitaire, qu’il œuvre à la reconstitution de l’État et à la promotion des libertés publiques tout en veillant à la sécurité interne et externe du pays. Dans le capharnaüm ambiant, reste à trouver l’astuce juridique qui, tout en sauvant la face d’un peu tout le monde, autorisera l’amendement de la Constitution nécessaire à l’élection.
Pour cela, soyez tranquilles : à force d’habitude, les amendements ça les connaît...
Issa GORAIEB
igor@lorient-lejour.com.lb
Le ministre de la Justice, Charles Rizk, a déploré, dans une déclaration à la presse, que l’opinion publique soit pratiquement tenue à l’écart du débat politique et constitutionnel actuel sur la présidence de la République.
En sa qualité de ministre « qui n’appartient à aucun bloc politique et qui n’a d’autre référence que l’opinion publique », M. Rizk a souligné qu’« une condition préalable doit être satisfaite avant d’engager le débat politique ou constitutionnel sur l’amendement constitutionnel ». « Cette condition, a-t-il précisé, porte sur le fait que le général Michel Sleimane, que je respecte, devrait fournir les assurances suivantes :
– Préserver le caractère civil du pouvoir en restant attaché au texte et à l’esprit de la Constitution.
– S’engager totalement à soutenir le tribunal à caractère international formé par le Conseil de sécurité, sur base de la résolution 1757, avec tout ce que cette résolution impose au Liban comme obligations.
– Respecter l’autonomie de la magistrature et se conformer aux décisions prises, conformément à la loi, par le Conseil supérieur de la magistrature, notamment en ce qui concerne les nominations judiciaires.
– Œuvrer à adopter un système électoral susceptible de sortir le Liban du clivage actuel entre majorité et minorité, sur une base sectaire et confessionnelle, et adopter plutôt un système électoral qui rétablirait la présence de deux blocs politiques au sein desquels seraient représentées toutes les communautés. »
Et M. Rizk de conclure : « Lorsque ces assurances seront obtenues, le mécanisme constitutionnel aboutissant à l’élection sera possible. »
Signalons, sur un tout autre plan, que le ministre de la Justice a transmis au Conseil supérieur de la magistrature une note dans laquelle il désigne le magistrat qui devrait à son avis être nommé juge d’instruction dans l’affaire de l’assassinat du député-martyr Antoine Ghanem, le 19 septembre dernier.
Michel Sleimane de nouveau sous les feux de la rampe
Le bras de fer entre opposition et majorité se poursuit
Cinq fois reportée pour de plus amples concertations, la séance électorale du 30 novembre (aujourd’hui), risque un sixième report. Car à moins d’un véritable miracle, tout - jusqu’à l’impression de ces lignes - semble indiquer qu’il s’agit encore une fois d’un rendez-vous manqué pour la présidentielle.
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La séance parlementaire d’aujourd’hui serait reportée une fois de plus.
Une semaine après la vacance survenue à la magistrature suprême, personne n’est capable de trancher si ce vide provisoire se terminera de sitôt. En effet, à l’heure où analystes et observateurs émettent des hypothèses selon lesquelles cette phase se prolongera jusqu’au printemps prochain, le temps que mûrisse une conjoncture régionale et internationale favorable, l’appréhension que le vide présidentiel s’installe s’accentue, dès lors que les discours des uns et des autres évoquent déjà la nécessité “d’organiser ce vide”.
Entre-temps et dans l’attente des résultats de la conférence d’Annapolis et leur traduction sur l’arène locale, les protagonistes libanais continuent à échanger les accusations sur la responsabilité de la vacance à la tête de la République. Plus que jamais, le chemin de la présidentielle semble long et semé d’embûches, d’autant que pour le moment, majorité et opposition ayant renoncé de recourir aux mesures extrêmes, maintiennent leurs options ouvertes.
Au cours des dernières heures, le nom du général Michel Sleimane, commandant en chef de l’Armée, a resurgi. Ecarté dans un premier temps, en raison du refus du Premier mi-nistre Fouad Sanioura d’amen-der la Constitution, sa candidature a accusé un retour en force dans la bourse des présidentiables, deux jours avant la séance du scrutin. Mandaté par le Courant du futur, le député Ammar Houri a annoncé mercredi dans une intervention sur la chaîne al-Arabia, que son bloc parlementaire “approuvait l’amendement de la Constitution dans le but de parvenir à un accord sur le nom du chef de l’Armée”.
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Walid Joumblatt pour un président consensuel et modéré.
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Le représentant du Saint-Siège accueilli par Samir Geagea, chef des FL.
Saluée par de nombreuses personnalités dont l’ancien Premier ministre Salim Hoss, la candidature du commandant en chef de l’Armée n’est pas sans soulever les critiques. Au sein de la majorité, tout comme du côté de l’opposition, des voix se sont élevées pour protester contre un éventuel amendement de la Constitution. En effet, dans un entretien sur la chaîne NBN, le candidat à la présidentielle, Boutros Harb s’est déclaré opposé à la candidature du général Sleimane “car, dit-il, elle est en violation avec le système démocratique”. Il a souligné, à cet égard, la nécessité d’en finir une fois pour toutes avec la dérogation qui consiste à amender la Constitutiton “à titre exceptionnel et pour une seule fois”.
Le Dr Samir Geagea, chef du comité exécutif des FL avait laissé entendre qu’un amendement constitutionnel est une mesure “difficilement acceptable”. S’exprimant devant une délégation estudiantine, il a assuré que “les FL sont prêtes à déployer les efforts nécessaires et à consentir des sacrifices pour faciliter la tenue du scrutin.” Appelant tous les députés à se rendre place de l’Etoile, il a indiqué “qu’il est inacceptable d’élire un président faible, soumis à l’influence de la Syrie ou à d’autres Etats étrangers. Le raccourcissement du mandat du président et l’amendement de la Constitution sont en outre, des mesures difficiles à admettre”, a-t-il ajouté.
Du côté de l’opposition, d’aucuns voient dans ce revirement et cet “enthousiasme soudain” envers la candidature de Michel Sleimane une “manœuvre suspecte” de la part de la majorité, voire une tentative d’embarras-ser le général Aoun. Quoi qu’il en soit, le Hezbollah et le mouvement Amal ont conditionné l’amendement de la Constitution à la démission préalable du Cabinet Sanioura, ce dernier étant “anticonstitutionnel”.
A l’issue de sa réunion hebdomadaire, le bloc parlementaire du Hezbollah a fait assumer à la majorité la responsabilité de la vacance à la tête de l’Etat, accusant le Premier ministre Fouad Sanioura “d’avoir écarté du pouvoir une communauté tout entière, ainsi que la majorité d’une deu-xième communauté”. Le bureau politique du mouvement Amal a, pour sa part, publié un communiqué dans lequel il a estimé que le vide présidentiel met en danger le système en entier, tout comme les fonctions importantes telles la présidence de la Chambre ou celle du Conseil, appelant à une entente rapide entre les différentes parties sur l’élection d’un président consensuel, sur base d’un quorum des deux tiers.
Par ailleurs, Mohamed Raad, chef du Bloc de fidélité à la Résistance a, dans une déclaration rapportée par le site naharnet, considéré le gouvernement actuel comme illégitime par une partie des députés et ne peut soumettre au parlement un projet de modification constitutionnelle. Laissant la voie ouverte au dialogue, M. Raad a, néanmoins, avancé que si la candidature du général Michel Sleimane est sérieuse et si la majorité estime réellement qu’il s’agit là de la seule issue possible, il faudra en discuter pour parvenir à une solution qui, probablement, déboucherait sur une proposition commune des députés des deux camps.
Pour sa part, M. Nasser Nasrallah, député du Bloc du développement et de la libération, a laissé entendre qu’en cas d’accord sur la candidature du général Michel Sleimane, l’idéal serait d’annuler, une fois pour toutes, l’article 49 de la Constitution. Précisant que le président de la Chambre Nabih Berri n’a pas de réserve sur la candidature du commandant en chef de l’Armée, M. Nasrallah a estimé qu’il serait facile de trouver un mécanisme constitutionnel pour son élection.
De son côté, l’ancien ministre Mikhaël Daher a estimé qu’il est impossible d’amender la Constitution rappelant qu’en vertu de l’article 75 de la Constitution, le parlement s’est transformé en collège électoral et n’est plus une Assemblée législative.
Refusant de commenter la candidature du commandant en chef de l’Armée et préférant accorder aux juristes le temps avant de se prononcer sur la question, le général Michel Aoun, a laissé entendre que le CPL envisage de lancer dans les prochains jours, un mouvement de protestation pacifique, en réaction à la marginalisation accrue des chrétiens et à la mauvaise gestion de l’Etat depuis le recouvrement de l’Indépendance en 2005. Le chef du Bloc de la réforme et du changement qui a essuyé les critiques des figures chrétiennes du 14 mars après son intervention télévisée sur la NTV, a précisé qu’il ne s’agit pas d’un sit-in centralisé dans le Grand Beyrouth, mais d’une action populaire étendue à l’ensemble du territoire.
A noter que ce mouvement s’inscrit dans le cadre de la vaste campagne que le CPL compte mener en faveur de l’élection présidentielle pour éviter que les Libanais, notamment les chrétiens ne s’accommodent au vide présidentiel et ne se retrouvent privés de cette fonction qui symbolise leur participation au sein du pouvoir. Il intervient, également, au lendemain des consultations entreprises durant trois jours par le chef du Bloc de la réforme et du changement avec des personnalités politiques, des délégations socio-économiques et culturelles chrétiennes à Rabieh. Le but de ces concertations étant de les informer des détails des tractations des deux derniers mois, tout en tirant la sonnette d’alarme sur l’existence éventuelle d’un complot visant le Liban, en général et les chrétiens, en particulier et qui consisterait à ne pas élire un président dans un avenir proche.
Il convient de souligner que, peu avant l’annonce de l’appui de la majorité au général Sleimane, des échos relayés par la presse, ont fait état de tractations qui se poursuivent loin des caméras, pour dégager une entente autour d’un nouveau candidat, choisi hors de la liste de Bkerké. Selon des informations non confirmées, ce candidat serait accepté par les loyalistes et approuvé par l’opposition, la Syrie et l’Iran. Il est également appuyé par l’Egypte et est accepté par l’Arabie saoudite qui ne l’a pas accueilli, bien qu’il ait émis le souhait d’y effectuer une visite. La France et les Etats-Unis le soutiendraient au cas l’Arabie saoudite intercédait en sa faveur. Les tractations qui devront, en principe, déboucher sur une percée, attendent la réponse de l’Iran après la promesse faite par la Syrie à la France de faciliter le processus électoral.
Suivant cette même perspective, les pressions diplomatiques franco-américaines et égyp-tiennes se sont poursuivies cette semaine pour faire infléchir les dirigeants de part et d’autre et faciliter l’élection du général Sleimane dans les plus brefs délais. D’aucuns estiment qu’il est toujours possible de réussir l’échéance du 30 novembre, en amendant la Constitution une journée à l’avance. La navette diplomatique s’est alors accélérée sur la scène locale. Le Vatican se joignant également à ces efforts. Le nonce apostolique, Mgr Luigi Gatti, suivi de M. André Parant chargé d’affaires de France, s’est rendu à Rabieh et à Mehrab où il a rencontré le général Michel Aoun et Samir Geagea, pour convaincre les deux pôles de la nécessité de remplir le vide de la seule présidence chrétienne au Levant.
De son côté, Ahmid al-Bidewy s’est rendu à Moukhatara où il a rencontré Walid Joumblatt. Rappelons que le leader druze a créé récemment la surprise en se prononçant en faveur d’un président modéré et consensuel, élu sur base d’un quorum des deux tiers, capable de rassembler le pays, de rétablir la prééminence de la Constitution et des institutions. Le chef du PSP a appelé les forces politiques à élargir la marge libanaise dans l’échéance présidentielle, soulignant que l’application de la résolution 1559 est sujette au dialogue interne, unique moyen de régler les questions litigieuses.
Quoi qu’il en soit, le scrutin d’aujourd’hui reste tributaire des possibilités constitutionnelles et des tractations de dernière heure. Un éventuel report sera un indicateur certain des nouvelles orientations qui régiront l’élection de l’actuel commandant en chef de l’Armée.
Qui est Michel Sleimane?
photo Marié et père de trois enfants, Michel Sleimane est né le 21 novembre 1948. Originaire de Amchit, ville côtière du caza de Jbeil, il a rejoint l’institution militaire en 1967 et est devenu son commandant en chef en 1998. Respecté, présenté comme une personnalité intègre susceptible de redonner confiance aux Libanais, le général Sleimane est considéré comme un des candidats en lice les plus sérieux à la magistrature suprême, malgré que sa candidature exige l’amendement de la Constitution.
Marqué par le retrait israélien du Liban-Sud en 2000, son mandat a également témoigné de l’agression israélienne contre le Liban en 2006 et des féroces combats de Nahr el-Bared ayant opposé l’Armée libanaise au groupuscule terroriste Fateh el-Islam dérivé d’al-Qaëda. Son refus de réprimer le soulèvement populaire le 14 mars 2005, sa neutralité et sa décision de maintenir l’institution militaire à l’écart des tiraillements et divisions politiques internes et son intransigeance lors des affrontements avec les intégristes islamistes, lui ont valu une popularité indéniable. Bien que les pôles du 14 mars se méfient de lui en raison de son refus d’empêcher et de réprimer les manifestations de l’opposition le 23 janvier, il semble qu’ils aient changé de positions et décidé de soutenir sa candidature, après l’avoir exclu de la course à la présidentielle!
Accrochages armés à Abi Samra
La situation demeure tendue à Tripoli au quartier Abi Samra où des accrochages ont opposé, mardi soir, des miliciens du mouvement fondamentaliste al-Tawhid, à ceux d’Afwaj Trablos, une milice proche du Courant du futur. L’incident a fait deux morts et six blessés, certains étant dans un état grave. Il a été provoqué par une rixe qui a rapidement dégénéré en affrontements armés entre des membres de la famille Hassoun, originaires de Denniyé mais habitant Abi Samra et sympathisants du Courant du futur et des habitants du même quartier appartenant au mouvement al-Tawhid de Bilal Chaabane.
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L’Armée s’est massivement déployée dans le secteur.
vive le liban
Samir Geagea and Bachir Gemayel already discussed the issue. Moreover Sleiman Farnajieh teh son of Toni Franjieh said he turned the page and he will not press charge against any one.
What happened was wrong and if you want to know the truth you have Geagea story, hobeika is dead, and there are few Kataeb leader who are still alive.
Samir Geagea account on the incident is on this website. Anyway, a small search on the site and the forum you will find plenty of materials about it.
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ولكنّني أحسّ بالحاجة إلى دفن رأسي في حفرة قذرة خجلاً من خمسة عشر عامًا من الشهادة والشهداء، ومن الأجيال المقبلة التي أسمعها منذ الآن تقول لجيلنا: تبًّا لكم، يا من خنتم الوديعة واستحققتم لعنة التاريخ والحفداء
انطوان نجم
Pour savoir que Depuis l'indépendance, la constitution libanaise s'efforce de réaliser un équilibre politique entre les trois principaux groupes religieux. C'est ainsi que le Président de la République doit être maronite, le Premier ministre sunnite, et le Président du Parlement chiite. Sans cet équilibre, l'Etat libanais est menacé dans son existence. aujourd'hui il est bloquö
la folie libanaise
Oui mon pays est fou
J'y est perdu mon âme
Le diable m'y a fait danser et les anger m'y ont fair rêver
Mon père s'y est battu, je m'y suis battu et je prépare mon petit garçon à la guerre, et à la mort
Il est comme ça mon pays
Mort et vie
Foutu pays
Si cela peut vous rassurer ou du moins vous encourager, sachez que c'est la situation que nous connaîtrons nous-mêmes bientôt ici en France. Les mêmes acteurs y sont en présence: les barbus du Hezb, les Morabitouns de gauche, les chrétiens pro-Syriens et quelques chrétiens des Kataebs déterminés à préserver leur identité...
je me demande comment des personnes aux pouvoirs durant toute l'occupation syrienne ont encore de la credibilite. partout au monde, ils serainet qualifies de collabos. au liban, ile representent la resistence.
par contre, ceux qui ont ete reprimes et parfois arretes (comme les partisans du General Aoun) deviennent des 'pro syriens'.
il faut m'expliquer....
On voudrait aussi comprendre comme un "résistant" comme Aoun à l'occupation syrienne se retrouve allié des agents libanais de la Syrie dès le lendemain du départ forcé de ses troupes du Liban? Et pourquoi tous les agents de la Syrie font l'éloge de Aoun à longueur de journée?
les libanais sont des fous!
beyrouth mon amour...reportage à l'ancienne... encore des lectures comme ça svp...Merci pour les 2 reporter. un collegue libanais
Combien de fois ai je lu l’impossibilite pour le gouvernement de s’abaisser a telle ou telle exception sous peine de porter atteinte a la constitution – De quoi parle t’on ?? –
Ce brandissement de l’anti-constitutionnel est le comble de l’absurde quand on sait les enjeux d’un vide presidential pour le Liban.
Le Liban est pays de non droit ou les jeunes ont perdu espoir ou les politiques ont perdu toute credibilite, de quelque bord qu’ils soient. Et on s’accroche encore a des restes de constitution, on y joue encore a la POLITIQUE ? Nommer un Sleimane s’il rallie tous les suffrages me parait plus salvateur que tous ces verbiages qui ne visent qu’a tirer la couverture a soi pour tel ou tel parti, sous pretexte de sauver quelquechose de plus grand, de plus important – leurs egos ?
En vertu de quelle constitution, legitime t’on l’elimination pure et simple des adversaires politiques indesirables ? En vertu de quelle constitution voit t-on les deputes vivre pendant des semaines sequestres dans un hotel, un president de chambre fermer le parlement, la politique prendre le pas sur l’interet collectif. Est-ce vraiment cette constitution qui a preserve la paix ? Celle d’hier peut etre/
Ramenons les choses a leur mesure – Le liban a besoin d’un representant de toutes ses couleurs – Si celui qui rallie les suffrages ne rentre pas dans le format etrique, ainsi soit t-il – Il y a des choses plus importantes a regler de toute urgence.
pour ref - http://www.lorientlejour.com/page.aspx?page=article&id=359039