L'article « Dans les banlieues, le pire reste à venir » écrit par le magistrat Jean de Maillard, un des blogueurs de Rue89, a suscité beaucoup d'émotion. Parmi les nombreux commentaires, la réaction de Jamel a été très remarquée.
Monsieur le magistrat, je vous demande des excuses.
M. le magistrat,
Je suis profondément blessé par vos propos. J'habite le 9-3, dans une très grosse verrue, immonde, parmi celles qui « parsèment le paysage suburbain de notre belle France » comme vous dîtes. Désolé …
M. le magistrat, pensez-vous réellement, que nous ne soyons pas capables de lire la presse ? Croyez-vous sincèrement que « ces lignes n'ont heureusement aucune chance d'être lues dans le 9-3 » ? L'école française, M. le magistrat, nous a donné les armes pour comprendre votre plume. Soyez-en sûr, mes yeux sont comme les vôtres. Ils n'ont besoin d'aucun décodeur, rien n'est plus crypté pour nous que pour vous.
« Auriez-vous peur que vos écrits déclenchent une guerre ? “
M. le magistrat, mon père et ma mère se lèvent chaque matin très tôt pour se rendre au travail, à l'usine pour l'un, en tant qu'employée pour l'autre. Des métiers qu'ils échangeraient bien pour des tâches plus gratifiantes … Deux vies qu'ils auraient préféré passer là où ils sont nés, auprès des leurs … Le choix, M. le magistrat, ils ne l'ont pas aujourd'hui et ne l'ont jamais eu hier … Savourez votre chance.
M. le magistrat, pourquoi ‘heureusement’ ? Pourquoi ‘aucune chance’ ? Auriez-vous peur que vos écrits déclenchent une guerre ? C'est surestimer le poids de propos avancés sans arguments et qui à mes yeux, semblent bien légers.
Nous, jeunes de quartiers comme les autres, garderons de cette lecture ce que nous devons en garder : l'expression d'une opinion dont la solidité ne semble pas avoir été la motivation première de sa publication. Une tribune semblant davantage publiée grâce à la légitimité de votre statut, ou de votre réseau peut-être.
‘Ce genre d'affronts qui accroissent notre sentiment d'être différents’
M. le magistrat, sachez que nous, jeunes de quartiers comme les autres, lirons ces lignes et en rigolerons lorsque nous nous retrouverons en bas. Rigoler : une manière d'oublier ce genre d'affronts qui chaque jour accroissent un peu plus notre sentiment d'être différents. Cette petite douleur enfle quotidiennement au rythme des humiliations de ce genre, et parfois explose.
M. le magistrat, la cacophonie des légitimés médiatiques recommencent. Lequel d'entre vous va le mieux déguiser ses petites impressions de M. Tout-le-monde sous le sceau de l'analyse ? Ceci parce que votre rang, loin du nôtre je vous rassure, vous le permet ? Préparez vos oreilles mes frères, nous allons encore en prendre pour notre grade ! M. le magistrat, c'est vrai, vous ne mettez pas d'huile sur le feu avec vos écrits. Pire, vous vous obstinez, en alimentant cette sémantique nauséabonde, à utiliser de l'essence pour éteindre l'incendie.
‘Je m'attriste qu'un homme de votre fonction puisse tenir pareil discours’
M. le magistrat, je m'attriste qu'un homme de votre fonction puisse tenir pareil discours. Pas surpris donc de cette justice remplissant les prisons surpeuplées en ignorant les peines alternatives avec la bénédiction rassurante du gouvernement.
M. le magistrat, dois-je vous présenter mes excuses pour être venu salir votre belle tribune de mon écriture qui ne devait avoir ‘heureusement aucune chance’ de se trouver ici ? Je ne crois pas.
En revanche, au nom de tous mes semblables, j'attends les vôtres, M. le magistrat.
Là, juste en dessous…
Jamel, Saint-Denis, étudiant dans la capitale française.
► La réponse de Jean de Maillard (déjà publiée dans les commentaires).
Cher Jamel,
J'ai voulu lire toutes les réactions qu'a suscitées mon papier avant d'ajouter (avec réticence) ma réponse à de flot souvent nauséabond, vulgaire, voire obscène. J'ai choisi de vous répondre à vous personnellement car votre réaction permet de maintenir le débat à un niveau de dignité suffisant.
Je ne vois par pourquoi je devrais adresser des excuses et à qui. Je constate simplement, ce que j'avais probablement sous-estimé, qu'on ne peut plus exprimer dans ce pays certaines opinions sans être immédiatement traité de raciste ou autre qualificatif qui décrédibilise immédiatement son auteur.
J'aurais donc dû, mais aurais-je été mieux compris, écrire 9-3 en le mettant entre guillemets. Le ‘9-3’ est devenu une appellation générique qui n'a rien à voir avec la localisation géographique de la Seine-Saint-Denis (d'ailleurs Villiers-le-Bel, comme le rappelle un CA, est dans le 95…) mais qui signifie une certaine forme de banlieue qui est celle dont il était question dans mon papier.
Hélas, non seulement désormais chacun ne lit plus les textes qu'il a sous les yeux pour y comprendre ce qui est écrit, mais pour retrouver ce qu'il soupçonne son auteur d'avoir voulu dire, surtout s'il ne l'a pas compris.
Vous n'avez réagi, cher Jamel, que par rapport à cette phrase. Laissez-moi par conséquent vous rappeler ce que j'ai dit dans le reste de ma chronique. Les banlieues, pas toutes évidemment et pas tout le monde dans ces cités que l'on a laissé se constituer en ghettos, sont devenues des zones de non-droit où les services publics ne fonctionnent plus, quand ils existent encore, et où les relations sociales sont trop souvent commandées par les besoins des trafics qui s'y déroulent dans une impunité à peu près totale.
Je vois souvent à quel point, par exemple, la police n'a plus droit de cité dans ces banlieues, et pas seulement en Seine-Saint-Denis, et ne peut plus effectuer le moinde contrôle sans déclencher une mini-émeute et se faire évidemment traiter de raciste.
Avez-vous remarqué par exemple que la police, dans l'accident qui a déclenché les dernières émeutes de Villiers-le-Bel, a été immédiatement taxée, sans le moindre début de preuve, d'avoir volontairement causé l'accident et de n'avoir pas porté assistance aux victimes ? Lorsque le procureur a donné des informations sur l'état de l'enquête, on a tout de suite accusé la justice de vouloir couvrir une ‘bavure’.
La question que je posais dans ce papier -et c'était la seule, quoiqu'on m'ait accusé- est la suivante : on constate, que cela plaise ou non, une escalade de la violence et une professionnalisation des méthodes employées. On peut continuer de nier certaines réalités, mais elles ne nous rattraperont que plus vite.
Que ferons-nous si, comme je le crains, le tabou de l'usage des armes à feu tirant des balles est transgressé ? Cette question est déjà d'actualité, seule l'omerta des pouvoirs publics la dissimule encore. Heureusement, il n'y a pas encore eu de mort par arme à feu. Mais, quand il sera évidemment trop tard, on devra constater que l'irrémédiable a été franchi et l'on cherchera alors, comme toujours, des solutions dans l'urgence, c'est-à-dire de la pire des façons.
J'ai été consterné par le niveau des échanges, y compris de ceux qui prétendent apporter des solutions aux problèmes de fond que ces événements révèlent. Ce que je crains précisément, c'est que la haine sociale qui monte de tous côtés n'entraîne une situation qui sera non seulement ingérable dans les banlieues, mais aussi dans la société tout entière.
Les discours sur les banlieues sont souvent la première cause des mauvaises analyses qui en sont faites. D'abord, parler à tout bout de champ des ‘jeunes des quartiers’, non seulement ne signifie rien, mais implique l'idée que ceux qui posent de vrais problèmes de sécurité sont de gentils jeunes gens simplement victimes du mal-être social.
S'il est évident que la dérive de toute une partie de la population doit être comprise comme une incidence directe des conditions de sa socialisation, lesquelles sont une honte de notre société, cela n'empêche que la société a aussi le droit de se défendre.
L'impasse dans laquelle se trouve notre pays, c'est que nos dirigeants (de droite comme de gauche) n'ont pas la moindre idée ni de la manière d'offrir aux populations défavorisées d'autres conditions d'existence, ni de la manière d'isoler les noyaux durs de délinquance qui sont le résultat de cette absence de politique, pour les éliminer sans criminaliser non plus tout le reste de la population.
En clair, on ne sait plus ni comment faire de la politique, ni comment faire une répression adaptée là où elle est nécessaire. Ce débat me paraît infiniment plus important et utile que celui sur une prétendue discrimination envers les habitants de Seine-saint-Denis qui ne sauraient pas lire.
Pour revenir une dernière fois sur ce point qui vous a heurté, cette phrase voulait simplement prévenir que mon papier, il est vrai alarmiste, ne cherchait pas à aggraver les choses en disant des vérités que personne ne semble vouloir entendre, car je doute fort (mais peut-être me trompé-je) que ceux qui manient les fusils à pompe et les cocktails molotov perdent leur temps à lire des chroniques sur Rue89 ou ailleurs.
La démocratie, à laquelle je tiens autant que vous, consiste à ‘médiatiser’ les conflits en les manifestant selon des formes acceptables, ce que précisément ces voyous (et ces criminels, comme l'a rappelé Robert Badinter ce matin) ne font pas.
Tirer sur les CRS ne fait pas partie de ces moyens d'expression. J'aurais aimé aussi -reproche pour reproche - que vous ayez un mot pour les policiers qui ont été blessés à Villiers-le-Bel et que vous désolidarisiez de ces comportements inacceptables dans une démocratie.
► Mis à jour, le 29/11 à 14h32 : ajout de la réponse de Jean de Maillard, déjà publiée dans les commentaires du papier original.
► Lire aussi : Dans les banlieues, le pire reste à venir
► Lire aussi : Les articles de Rue89 sur les événements de Villiers-le-Bel
► Rue89 cherche à entrer en contact avec Jamel. Si vous lisez ces lignes, merci d'envoyer un mail à webmaster[at]rue89.com. Merci d'avance.


























108
(Pour réagir, connectez-vous)
De
14H58 | 29/11/2007 |
Félicitations à Rue89 pour donner de la visibilité aux propos de Jamel. Maintenant il serait bon d'avoir la réponse de Mr De Maillard. Il est vrai que Sarko a maintenant dit quil n'y avait pas de problème social dans les banlieux …. On n'est pas sorti de l'auberge de la violence avec ces comportements. J'espère seulement que ces aveugles apprendront un jour !
De YEAM
15H17 | 29/11/2007 |
La réponse de Mr De Maillard a Jamel existe , elle s'est perdue dans le flots des commentaires ( voir à désactiver les commentaires quand un sujet dérape ainsi ? ) .
Voici dons la réponse reprise :
===================================================
Mr De Maillard répondant à Jamel dit :
« Cher Jamel,J'ai voulu lire toutes les réactions qu'a suscitées mon papier avant d'ajouter (avec réticence) ma réponse à de flot souvent nauséabond, vulgaire, voire obscène. J'ai choisi de vous répondre à vous personnellement car votre réaction permet de maintenir le débat à un niveau de dignité suffisant. Je ne vois par pourquoi je devrais adresser des excuses et à qui. Je constate simplement, ce que j'avais probablement sous-estimé, qu'on ne peut plus exprimer dans ce pays certaines opinions sans être immédiatement traité de raciste ou autre qualificatif qui décrédibilise immédiatement son auteur. J'aurais donc dû, mais aurais-je été mieux compris, écrire 9-3 en le mettant entre guillemets. Le “9-3” est devenu une appellation générique qui n'a rien à voir avec la localisation géographique de la Seine-Saint-Denis (d'ailleurs Villiers-le-Bel, comme le rappelle un CA, est dans le 95…) mais qui signifie une certaine forme de banlieue qui est celle dont il était question dans mon papier. Hélas, non seulement désormais chacun ne lit plus les textes qu'il a sous les yeux pour y comprendre ce qui est écrit, mais pour retrouver ce qu'il soupçonne son auteur d'avoir voulu dire, surtout s'il ne l'a pas compris.Vous n'avez réagi, cher Djamel, que par rapport à cette phrase. Laissez-moi par conséquent vous rappeler ce que j'ai dit dans le reste de ma chronique. Les banlieues, pas toutes évidemment et pas tout le monde dans ces cités que l'on a laissé se constituer en ghettos, sont devenues des zones de non-droit où les services publics ne fonctionnent plus, quand ils existent encore, et où les relations sociales sont trop souvent commandées par les besoins des trafics qui s'y déroulent dans une impunité à peu près totale. Je vois souvent à quel point, par exemple, la police n'a plus droit de cité dans ces banlieues, et pas seulement en Seine-Saint-Denis, et ne peut plus effectuer le moinde contrôle sans déclencher une mini-émeute et se faire évidemment traiter de raciste.Avez-vous remarqué par exemple que la police, dans l'accident qui a déclenché les dernières émeutes de Villiers-le-Bel, a été immédiatement taxée, sans le moindre début de preuve, d'avoir volontairement causé l'accident et de n'avoir pas porté assistance aux victimes ? Lorsque le procureur a donné des informations sur l'état de l'enquête, on a tout de suite accusé la justice de vouloir couvrir une “bavure”. La question que je posais dans ce papier - et c'était la seule, quoiqu'on m'ait accusé - est la suivante : on constate, que cela plaise ou non, une escalade de la violence et une professionnalisation des méthodes employées. On peut continuer de nier certaines réalités, mais elles ne nous rattraperont que plus vite. Que ferons-nous si, comme je le crains, le tabou de l'usage des armes à feu tirant des balles est transgressé ? Cette question est déjà d'actualité, seule l'omerta des pouvoirs publics la dissimule encore. Heuresuement il n'y a pas encore eu de mort par arme à feu. Mais, quand il sera évidemment trop tard, on devra constater que l'irrémédiable a été franchi et l'on cherchera alors, comme toujours, des solutions dans l'urgence, c'est-à-dire de la pire des façons.J'ai été consterné par le niveau des échanges, y compris de ceux qui prétendent apporter des solutions aux problèmes de fond que ces événements révèlent. Ce que je crains précisément, c'est que la haine sociale qui monte de tous côtés n'entraîne une situation qui sera non seulement ingérable dans les banlieues, mais aussi dans la société tout entière. Les discours sur les banlieues sont souvent la première cause des mauvaises analyses qui en sont faites. D'abord, parler à tout bout de champ des “jeunes des quartiers”, non seulement ne signifie rien, mais implique l'idée que ceux qui posent de vrais problèmes de sécurité sont de gentils jeunes gens simplement victimes du mal-être social. S'il est évident que la dérive de toute une partie de la population doit être comprise comme une incidence directe des conditions de sa socialisation, lesquelles sont une honte de notre société, cela n'empêche que la société a aussi le droit de se défendre. L'impasse dans laquelle se trouve notre pays, c'est que nos dirigeants (de droite comme de gauche) n'ont pas la moindre idée ni de la manière d'offrir aux populations défavorisées d'autres conditions d'existence, ni de la manière d'isoler les noyaux durs de délinquance qui sont le résultat de cette absence de politique, pour les éliminer sans criminaliser non plus tout le reste de la population. En clair, on ne sait plus ni comment faire de la politique, ni comment faire une répression adaptée là où elle est nécessaire. Ce débat me paraît infiniment plus important et utile que celui sur une prétendue discrimination envers les habitants de Seine-saint-Denis qui ne sauraient pas lire. Pour revenir une dernière fois sur ce point qui vous a heurté, cette phrase voulait simplement prévenir que mon papier, il est vrai alarmiste, ne cherchait pas à aggraver les choses en disant des vérités que personne ne semble vouloir entendre, car je doute fort (mais peut-être me trompé-je) que ceux qui manient les fusils à pompe et les cocktails molotov perdent leur temps à lire des chroniques sur Rue89 ou ailleurs. La démocratie, à laquelle je tiens autant que vous, consiste à “médiatiser” les conflits en les manifestant selon des formes acceptables, ce que précisément ces voyous (et ces criminels, comme l'a rappelé Robert Badinter ce matin) ne font pas. Tirer sur les CRS ne fait pas partie de ces moyens d'expression. J'aurais aimé aussi -reproche pour reproche - que vous ayez un mot pour les policiers qui ont été blessés à Villiers-le-Bel et que vous désolidarisiez de ces comportements inacceptables dans une démocratie. »
==================================================
à YEAM
De
10H44 | 01/12/2007 |
qui à utilisé des armes a feu ? personne sur le moment et pour le moment n'a été apprehendé , même si l'on a entendu , ce qui est louable et le minimum ,que tout sera fait pour retrouver les responsables , je dirais plutot les irresponsbles ; le résultat c'est que cet act est condamné par tous,et c'est la moindre des choses ,mais pour autant la cause ne doit pas passée à la trappe comme ça a l'air d'y aller tout doucement , une interrogation : « a qui profite le crime ? … un jour…
De
03H25 | 30/11/2007 |
dans la même veine nauséabonde, que le discours de ce magistrat, devinez qui a prononcé ces mots sur M6 en réponse à la question « y'aura-t-il toujours des sans-papiers en France ? » :
« si vous rêvez d'une société idéale dans laquelle il n'y aurait que des citoyens honnêtes, propres… c'est un combat permanent. »
allez voir la réponse : http://www.dailymotion.com/video/x3lljk_brice-hortefeux-interview-capita…
De DBL8
Retraité | 12H40 | 30/11/2007 |
Comme l'écrit ce majistrat, qui lit les textes qu'il a sous les yeux, et surtout cherche à les comprendrent ?
Pas grand-monde apparemment !
je suis contrairement à vous tout à fait d'accord avec ce majistrat !
Heureusement qu'il y en a, et pouvu qu'il y en ai pendant encore lontemps ! Pas comme celui de Bobigny ! !
à DBL8
De
19H06 | 30/11/2007 |
et avec les propos de Hortefeux ? vous êtes d'accord aussi ? une france propre et honnête c'est une fance sans sans-pap' ? tous les sans-pap » sont sales et malhonnêtes ? et ce n'est qu'un exemple de la verve du ministre de l'identité nazionale… regardez l'extrait de capital… alors avant de me dire que je n'ai pas lu le texte du magistrat, écoutez les propos du ministre et relisez l'article du magistrat. moi je l'ai lu et le seul mot qui me vient c'est bien celui de « morgues de classe ! ». vous pouvez aussi écoutez l'émission de Mermet sur les bobos de la rue Montorgueil à Paris. et là encore cette même haine, dégoût, des pauvres, du peuple qui gâchent le paysage de ces « propres et honnêtes » personnes. vous pouvez aussi (conseil pour le magistrat par la même) lire Sureveiller et punir, de Michel Foucault. peut-être comprendrez-vous que la délinquance est une partie intégrée du système sécuritaire.
je ne suis pas du 93 (même si j'ai habité à Montreuil), je suis né à la campagne, j'ai vécu dans diverses villes et actuellement je partage la vie des habitants d'un pays à qui le premier monde ferme les portes (un mur même), et je peux vous dire que si un jour il devait y avoir des affrontments plus graves entre les oubliés des pays riches et leurs gouvernements ou entre pays du sud et du nord, je serais du même côté du fusil que celles et ceux qui se révoltent contre cette bêtise grasse et cette conception hyperhiérarchisée de la démocratie.
vive la commune et la république sociale
à DBL8
De
21H11 | 30/11/2007 |
De qui parlez-vous ? D'un certain grand monsieur, humaniste, père, qui agit dans le bon sens concrètement. Ce, d'un certain, est grand, grand Monsieur, Grand bonhomme comme on se plait à le dire dans certains milieux. Oui, monsieur, vous remarquez l'erreur de MAJUSCULE car évidement vous, je devine que vous n'en n'êtes pas un, vous faites sans doute partie de ces hommes qui ont été lobotomisés par les partis magouilles et sa télé merdiatique . Mais comment savez vous, vous servir d'Internet ? quelqu'un doit le faire pour vous ! je suppose. Allons, allons ce n'est pas pour vous, c'est trop tard, allez vite regardez la télé, y'a Julie qui montre ses seins.
De
23H44 | 30/11/2007 |
mon pauv'gars, va !
De
19H02 | 30/11/2007 |
c'est très facile de sortir une phrase de son contexte pour manipuler l'opinion !
De
19H13 | 30/11/2007 |
vous avez reardez l'extrait ? le contexte est à l'avenant de la phrase citée. dans ce cas précis l'avoir sortie de son contexte ne peut que rendre ctte phrase plus douce…
De Annissa75
04H09 | 30/11/2007 |
Ce qui est très dommage c'est que pour pouvoir intervenir dans les medias et pouvoir ainsi donner son avis, il faut un certain statut et reconnaissance publique. Je comprends Jamel quand il dit que seul le satut de ce Magistrat lui permet d'intervenir dans une tribune. Si les medias donnaient la parole à tous et plus particulierement à ceux qui font l'objet de clichés perpetuels cela ferait avancer les choses.
Le « jeune » selon TF1 ou le Droit de savoir n'est qu'un cliché… et non les « jeunes » comme ils disent ne sont pas des especes à part… La France doit arrêter de se voiler la face ! Ces banlieues anciennes cités dortoires n'ont pas été mise là par hasard et faire de la banlieue un territoire à part coupé de tout ne fait qu'agraver la situation. Enfin, cela depend bien sur de quel banlieue on parle bien evidement nous excluerons Neuilly ou encore Saint Mandé et compagnie de mon raisonnement…Un exemple bien précis, j'entends souvent dans les medias presenter certains intervenant comme des « specialistes des banlieues », voila le genre de chose à ne pas faire cataloguer un territoire en faire une specificité, non les habitants de banlieues ne sont pas des habitants en cage dont l'étude necessite un specialiste ! Les medias doivent prendre les mots à leurs sources et comprendre l'origine de chaque mot qu'ils emploient afin d'éviter que la majorité des français ne s'en servent à tout va, comme « otage » durant les greves repris carement par notre 1er consul Sarkozy ou encore « cité » ou encore « racaille » et tant d'autre ! ! ! les amalguames sont devenus chose courante surtout que les dirigeants, choisi par la majorité des votant inscrit, sont eux même à l'origine de ces amalguame ! ! !
à Annissa75
De tobernite
15H14 | 30/11/2007 |
Pour sortir des amalgames, je vais parler de mes copines Fatiha et Hagera, l'une et l'autres femmes de ménage parce que ni l'une ni l'autre ne savent lire, parce qu'en Algérie, il y a cinquante ans, on n'envoyait pas les filles à l'école.
L'une habite dans mon immeuble (quartier petit-bourgeois, pas riche, mais petit-bourgeois quand même), parce qu'elle ne veut pas s'enfermer dans un ghetto où les femmes seules sont lorgnées de travers, quel que soit leur âge. L'autre habite, avec les plus jeunes de ses enfants, dans un assez grand appartement HLM à la Paillade. Elle pousse ses enfants, surtout les filles (allez savoir pourquoi), à aller le plus loin possible dans leurs études. Et avec d'autres mères de familles du même quartier, elle se bat pour qu'il y ait des rondes de flics le soir : elle voudrait que ses gosses puissent rentrer tranquilles et ce n'est pas par racisme qu'elle réclame des flics pour ça. Le magistrat a raison de râler contre l'établissement de zones de non-droit, et il n'est pas le seul : certain(e)s habitant(e)s desdites zones de non-droit aimeraient y habiter plus sereinement.
Quant à l'ambiance de certains quartiers, irrespirable d'intolérance, elle nous rappelle les petits villages de la France Profonde (les rideaux qui s'écartaient discrètement sur votre passage) que certains cinéastes ont dénoncée, par exemple Nelly Kaplan dans « La fiancée du Pirate » … Alors non, on n'a pas besoin d'être « issu de - “, ni même islamo-trotskyste, ou je ne sais quoi encore, pour rendre un quartier invivable : il suffit d'y restaurer l'atmosphère de notre France pur-beurre des années 50. Il suffit de construire un réseau de surveillance réciproque, à côté de la loi.
De
10H57 | 30/11/2007 |
Je pense que Jamel est un nom d'emprunt et que ce jeune homme ( ? ) dont le langagge m'en rappelle d'autres entendus auprès de militants troskistes (appelés par d'autres les islamos gauchistes (amis de Tarik Ramadan grand prophète de l'Islam politique dont le seul but est la destruction de la République Laïque).
De
11H26 | 30/11/2007 |
Voilà encore un propos bien raciste. Cet internaute sous entend qu'un dénommé Jamel ne peut pas écrire correctement le français. Ce bloggeur est non seulement raciste mais intolérant car incapable d'accepter des idées autres que la sienne sans les catégoriser (islamo-gauchiste). Si le XVIII siècle a été le siècle des Lumières le XXI est le siècle de l'obscurantisme.
De
12H30 | 30/11/2007 |
Je partage la pensée de l'internaute à qui vous repondez. Je pense qu'en effet le dénommé Jamel emploie un langage souvent entendu chez les partisans aussi bien d'extrême gauche que de Tariq Ramadan, dont le souhait, bien enveloppé dans sa philosophie « modérée », bien à l'abri de sa résidence suisse, de démolir la laïcité de l'Occident, par ses propos mielleux en apparence et bien repris de façon islamiste dans les banlieues. C'est tout de même inadmissible de se faire traiter de raciste ou même parfois de facho quand on a un minimum de clairvoyance. Par contre, votre idée que le XXI° siècle sera le siècle de l'obscurantisme est bien vraie, et c'est par la faute de personalités bien cachées mais agissantes que celà va arriver…
Mon-Al
De
12H57 | 30/11/2007 |
Je ne partage pas votre pensée. Je pense qu'en effet le dénommé cet internaute emploie le langage des partisans du FN, qui envahissent les forum, et en particulier Rue89, depuis l'élection présidentielle.
De plus, Jamel accuse de Maillard de condescendance, pas de racisme. Votre argumentation, qui tombe à plat, est peut être trompée par le désir d'aller au devant de vos vos croyances politiques, madame, et connue pour qui suit ce forum.
De
19H40 | 30/11/2007 |
Merci de me lire et de me connaitre à travers mes écrits. Celà me renforce dans l'idée que ce site est ouvert à tous, et permet de s'exprimer quelques soient ses « croyances politiques » réelles ou supposées ! J'ose espérer que vous ne me mêler pas à ces « partisans du FN, qui envahissent les forum » et en particulier celui-ci. De quel côté de la ligne faut-il être pour vous complaire ? Mais je persiste et signe : JAMEL est un pseudo, son langage bien trop formaté le prouve.
Mon-Al
De
11H27 | 30/11/2007 |
Devant tant de mépris pour le « 9-3 » devenu un « générique », en fait essentialisé, on comprend que Chavez a raison. (avant de voter que ça n'a rien à voir avec le sujet, réflechissez ! Qui sont les indiens en France ? Et votez ! )
De Thorgal46 4302
Informaticien dans le Lot | 11H43 | 30/11/2007 |
Pour une fois qu'on peut avoir en face de nous un « jeune des banlieues » qui ne nous traite ni de bouffon ni de batard, profitons en pour l'interroger :
Bonjour Jamel, ton post est très interessant car il prouve (si tant est que tu viennes vraiment de là) qu'on peut sortir des cités et se forger un avenir autre que dealer ou voleur à l'arrachée.
Jamel, aurais tu la bonté de nous dire quel est ton parcours ? Comment as tu fait pour échapper à la rue ?
Cela pourrait donner envie et espoir à d'autres…
à Thorgal46
De
15H51 | 30/11/2007 |
Ma soeurette a un haut poste au gouvernement elle est macuée a un des leurs ça aide , je vendait de la came mais maintenant l'affaire se la coule douce et tout va bien pour moi merci…faut bien rigoler c'est tellement triste un chandelier à sept branches alors de temps en temps on fait un beau feu d'artifice mais pour le moment a défaut d'en tenir un on tient les chandelles de ceux qui s'augmentent de 246% et qui trouvent qu'on ne travaille pas assez pourtant mes parents les ont fait les 3x8 ils sont toujours plus bas que terre et même qu » aprés leur 35h ils travaillent au noir pour un patron qui leur doit toujours une grosse somme d'argent pour les tenir encore mieux c'est une méthode bien connu dans le sentier et il ne veut pas leur faire faire des heures supp., c'est pas la peine qu'il dit parce que de toute façon avec toute les poussières qu'ils avalent ils auront le cancer avant 65 ans alors ca sert à rien de cotiser pour la retraite.
Alors pour me sortir de là je ne ferais pas comme mes parents je deviendrais le nouveau Victor Hugo beur et mon éditeur pourra s'en mettre plein les poches.
Ce n'est pas d'en tenir un mais d'en mettre une…
à Thorgal46
De Annissa75
16H43 | 30/11/2007 |
C'est vraiment pathetique… continuez vous tenez le bon bout ! ! !
« Jeunes de banlieues » c'est de pire en pire ! Comment as-tu fais pour echapper à la rue ! ! !
Avec un peu de chance votre commentaire se refermera d'ici ce soir…
à Annissa75
De Thorgal46
4302
Informaticien dans le Lot | 22H36 | 30/11/2007 |
Chère Annissa,
votre courroux vous honore et je suis peiné de vous avoir choquée…mais avez vous vu les guillemets dont j'ai pris soin d'entourer l'expression Jeunes de banlieue ?
Ils signifient, comme le reste de mon post, qu'il y a du second degré dans mes propos.
Pour être franc, si Jamel est vraiment celui qu'il prétend, c'est formidable et j'espère qu'il fera venir ici tous ses amis.
Par contre, ne serait il pas possible que Jamel, malgré la justesse et la qualité de sa prose s'appelle… Gérard ?
Sérieusement, je suis 100% d'accord avec ses propos et chaque jour qui passe me fait détester un peu plus ce Président qui n'en n'est pas un ! !
à Annissa75
De
10H54 | 01/12/2007 |
t'inquiète pas le grand soir vous allez l'avoir, la nuit des long couteaux n'est pas bien loin, vous avez trop tirez sur la ficelle les beni oui-oui.
De
11H48 | 30/11/2007 |
Bravo a jamel pour son argumentation et son style puis-je lui suggerer d'inviter ses copains a utiliser notre langue avec le meme brio la comprehension entre générations y gagnerai
De
15H11 | 30/11/2007 |
Bénédicte du « 7-5 »
En tout cas Mr le Magistrat vous pouvez remercier Mr Jamel qui vous a donner l'occasion de produire une réponse beaucoup plus intéressante et construite que votre premier papier.
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 17H09 | 30/11/2007 |
Tout d'abord merci pour avoir le courage de répondre à vos critiques.
Il aurait pourtant peut-être été pertinent d'essayer d'y répondre, plutôt que de les écarter en les qualifiant de « nauséabondes, vulgaires, voire obscènes ». Ainsi, vous affirmez qu'il…
« faut défendre la société »…
Et cela passe, comme souvent, d'abord en discréditant la parole d'autrui, en traitant de sa forme (« vulgaire » & « obscène ») plutôt que du fond. Laissons de côté le refus de la parole populaire, « vulgaire », c'est-à-dire, venue du « vulgus » : le peuple, la populace (« populus »), etc.
« Nauséabondes » ?
Vs parlez, sans doute, des accusations de discours racistes portés contre vous. Plus précisément, de « racialisation ».
En précisant d'abord que, sans même vous connaître, je suis à peu près certain que vous n'êtes absolument pas « raciste », n'est-ce pas vrai que votre tribune, peut-être écrite sous le coup de l'émotion, véhiculait un certain nombre de sous-entendus racistes ?
Vous vous en défendrez, j'en suis sûr, et même je l'espère !
Le racisme, ou plutôt, la « racialisation », est un phénomène social, collectif, qui n'a rien à voir avec vos idées individuelles explicites.
Le discours raciste traverse chacun d'entre nous, et c'est pour ça qu'il est dangereux.
« Ainsi, pour reconstituer dans l'imaginaire une souveraineté en fait mythique, se développe un racisme institutionnel, beaucoup plus décisif pour l'évolution des attitudes collectives que le système des préjugés ou des idéologies de rejet de l'Autre. »
(Etienne Balibar, http://terra.rezo.net/article600.html)
Vous n'êtes pas sans ignorer, sans doute, les liens entre le discours racialiste et l'équation « classes laborieuses=classes dangereuses ».
Lorsqu'on affirme que les populations du 93 ne lisent pas Rue 89, on ne fait pas qu'une erreur d'analyse, on ne fait pas que prendre les gens pour des idiots…
Vu le contexte actuel, il est clair qu'on les traite, insidieusement, de « sauvages ».
Certes, cela n'était pas votre intention. Mais vous devez savoir qu'un texte ne s'évalue pas à l'intention de son auteur, mais à la réception qu'en font ses lecteurs.
Peut-être voulez-vous aussi tracer une ligne de démarcation, claire, nette et précise, entre le « bon peuple » et les « délinquants » ?
C'est là, en effet, le travail de la police et de la prison depuis sa création :
« Au constat que la prison échoue à réduire les crimes il faut peut-être substituer l'hypothèse que la prison a fort bien réussi à produire la délinquance (…) Or ce processus qui constitue la délinquance-objet fait corps avec l'opération politique qui dissocie les illégalismes et en isole la délinquance » (Foucault, Surveiller et punir, p.323).
Permettez-nous de ne pas croire en cette frontière étanche entre les « délinquants » et le « bon peuple » !
Soyez lucide : voyez dans cette différence d'appréciation bien plus, et bien moins, qu'un différend personnel - car il faut savoir débattre et s'opposer politiquement avec ses amis mêmes !
Voyez-y plutôt l'existence, claire, nette et précise d'un conflit politique radical, entre ceux qui voudraient essentialiser la criminalité et en faire une sorte de seconde nature, la séparant ainsi du « bon peuple » travailleur et honnête, et ceux qui refusent toute essentialisation de quelque subjectivité, sociale ou individuelle, que ce soit !
Essentialiser la subjectivité d'un groupe social, considérer que les « délinquants » sont des personnes à part du reste du « bon peuple », considérer qu'ils sont irrémédiablement perdus,
Ce n'est pas seulement avoir perdu les bons sentiments que doit avoir tout chrétien pour le salut de son adversaire ;
Bien plus : c'est affirmer qu'il y a une certaine « race » d'hommes et de femmes qui sont perdu-e-s pour la société, des « sauvages » analphabètes qui ne connaissent que la violence, dont on ne peut rien faire ni espérer, et que, puisqu'humains, trop humains nous demeurons, nous allons les enfermer, en prison, à l'asile, et encore en prison, afin de garder sauf notre propre santé mentale et notre bonne conscience.
En cela, lorsque vous perdez confiance en l'humanité, en la possibilité de changement et de poursuivre d'autres politiques que celles menées aujourd'hui, et qui sont largement inspirées du versant le plus triste de la criminologie états-unienne, qui rappelle parfois Cesare Lombroso ;
lorsque vous affirmez qu'il faut « défendre la société »
de « délinquants » perdus à jamais ;
oui, vous êtes bien le vecteur inconscient d'un processus social de racialisation.
Moi non plus je ne crois pas en la possibilité de la réhabilitation par la prison. D'ailleurs, dès sa création, personne n'y a jamais cru.
Mais je crois en la possibilité pour chacun de s'en sortir, quelque que soit le « péché » accompli ;
je crois en la possibilité de trouver d'autres alternatives que la prison ;
je crois en la nécessité, non pas de légitimer les actes qui sont contraires à notre sécurité, mais du moins d'y voir des véritables actes politiques, produits de notre société, réactions fébriles face au mépris et à l'injustice …
En outre, vs parlez de « guérilla », c'est bien triste.
Balibar, encore :
« - 1. les méthodes répressives et humiliantes, qui se donnent libre cours dans les moments où l'Etat croit son autorité “défiée” par ceux dont il assimile la présence en France à une délinquance organisée, forment la face visible d'un vaste ensemble de pratiques contraires aux droits fondamentaux inscrits dans nos textes constitutionnels, auxquelles tous les étrangers catalogués comme “immigrés” sont quotidiennement soumis » (http://terra.rezo.net/article600.html)
Ne trouvez-vous pas scandaleux, plutôt, qu'il y ait aujourd'hui, en France, « d'éternels enfants d'immigrés » (titre du chap. V d'Evelyne Ribert, « Liberté, égalité, carte d'identité. Les jeunes issus de l'immigration et l'appartenance nationale, La Découverte, 2006) ?
Selon Balibar, hérédité & désaffiliation se conjuguent pour former “ une catégorie sociale juridiquement et humainement monstrueuse, qui est la condition héréditaire d'immigrant ”
(“Uprising in the banlieues”, Lignes n°21, nov 06, p.79 ; en anglais : www.blackwell-synergy.com/doi/pdf/10.1111/j.1467-8675.2007.00422.x).
Ne croyez-vous pas que, plutôt d'aborder ce problème du seul point de vue répressif, en s'effrayant de la présence d » « armes de guerre » dans les cités, il conviendrait d'abord de s'interroger sur les façons de lutter contre ce racisme institutionnel qui s'insinue à l'intérieur de chacun de nous, en-deça de nos opinions proclamées ?
Pensez-vous qu'il est légitime de dénigrer les travailleurs sociaux, comme si les politiques actuelles ne leur fournissaient pas assez de soucis, alors qu'ils font un travail difficile et admirable, au quotidien ?
Enfin, vous parler d » « experts en guérilla urbaine ». Avez-vous des preuves de cette expertise ?
Un post laissé ici, sur cet article ou un autre, fort éloigné de vos opinions politiques, disait à peu près qu'il fallait rétablir les méthodes de la Bataille d'Alger et détruire toutes ces « casbahs » (sic).
Vous devez savoir que les techniques inhumaines de contre-insurrection développées par Bigeard & co. ont eut un grand succès, de la « sale guerre » en Argentine, aux « escadrons de la mort » du Salvador, en passant par la School of Americas (cf. Marie-Monique Robin, « Escadrons de la mort, l'école française » : http://www.mefeedia.com/entry/2926696/)
Vs devez savoir que le Pentagone a récemment visionné le film de Gille Pontecorvo, pour s'en inspirer pour l'Irak.
Vs n'êtes peut-être pas sans ignorer que des généraux israéliens sont venus en France, après les émeutes de 2005, pour s'instruire ?
Enfin, vous n'êtes pas sans ignorer que, lors du procès fait contre la junte argentine, les juges ont déclaré qu'il n'y avait pas de guérilla, et que par conséquent rien ne justifiait les opérations inhumaines de contre-insurrection qui ont été lancées à cette époque (http://www.desaparecidos.org/arg/doc/secretos/conde.html) ?
Quel rapport avec aujourd'hui ?
Il faut, je croie, se méfier tout particulièrement de ceux qui parlent de « guérilla urbaine », qui prétendent nous faire peur ainsi, avec la seule conséquence possible de légitimer des méthodes de guerre. Qui dit « guérilla » dit en effet « contre-insurrection », et l'histoire nous apprend que de telles méthodes militaires n'ont besoin de nulle guérilla réelle, mais seulement d'un danger imaginaire, pour être utilisées.
Le moindre qu'on puisse espérer d'un magistrat, c'est qu'il fasse respecter l'état de droit et s'oppose, à tout prix, à toute importation, en France, de telles méthodes de guerre (c'est déjà fait, avec les drones… l'état d'exception n'en est pas loin non plus…).
Comment voulez-vous qu'il y ait « guérilla » s'il n'y a nul projet de prendre le pouvoir ? Depuis quand peut-il y avoir une guérilla si elle ne nage pas dans le peuple comme un poisson dans l'eau ? Et depuis quand une guérilla s'amuse à mettre le feu aux voitures dans les cités, au lieu de s'attaquer aux véritables centres de pouvoir ?
Nous ne sommes pas, cher monsieur, ni en Irak, ni en Palestine, ni à Belfast, ni à Salvador.
Il n'y a nul danger révolutionnaire en France, nulle guérilla qui terrorise le bon peuple, et encore moins le pouvoir.
Affirmer le contraire, sans preuves publiques qui plus est, est tout simplement irresponsable.
Cordialement,
un étudiant qui préférerait qu'on sauve le système éducatif, culturel et intellectuel français, en le réformant de manière intelligente, afin de commencer par donner l'ombre d'une solution à ce fameux « problème des banlieues ».
De
15H08 | 29/11/2007 |
bien envoyé.
Une réponse à combien de discours du même type ?
Il faudrait dédier un site pour répondre à la masse des discours de ce genre amplement diffusés dans les médias télés, web, radio, papier.
De
12H31 | 30/11/2007 |
Un tel site existe il s'appelle « Les mots sont importants
www.lmsi.net
Bon il est très militant, il est de gauche radicale. Il ne condamne pas a priori certains réseaux islamistes en France. Où plutôt, il essaie de se défaire d'une interprétation univoque des manifestations publiques de la pratique cultuelle et culturelle des musulmans de France.
Muni de ces précautions d'usage et d'une information suffisante sur les auteurs des contributions, ont peut lire ce qui s'y écrit.
De
15H09 | 29/11/2007 |
ce que je n'aime pas ce sont les commentaires de ces jeunes qui râlent de vivre dans des bâtiments dégradés dont les ascenceurs sont bloqués, qui sentent la pisse (entendu hier à la tv).
QUI DEGRADE ? ? ? ? ? ?
QUI BOUSILLE LES ASCENCEURS ? ? ? ?
QUI PISSE DANS LES ESCALIERS ? ? ? ? ? ?
Quand on veut un environnement propre, on le garde propre
De dogood
rien | 15H14 | 29/11/2007 |
D'un autre côté, ça fait des années qu'ils entubent tout le monde, les membres des élites (auto-proclamées mécaniquement, pourrait-on dire ! ) et il a fallu qu'un de leurs meneurs parvienne à la plus haute marche (qui est donc maintenant la plus basse) pour qu'on s'en rende compte…
Cette fois-ci, cher Monsieur aubrac, l'élan vital dont vous parlez si fort à propos dans ce type de situation, eh bien il vient de ce que les médias appellent les « quartiers », mais pas seulement dans les grandes métropoles. Il vient de ces jeunes gens qui « sentent » que ce n'est pas possible, de discriminer à ce point, jusqu'à l'inscrire dans la République, le Nouvel Apartheid. Ils sentent que le mensonge, la duperie, la corruption ont assez ravagé les générations. La rupture dont ils parlent, les « encostumés de la télé », c'est de leur rupture à eux qu'il s'agit, comme d'habitude - quand on ne peut accepter interieurement une volonté, une pensée, un concept, on le projette mécaniquement autour de soi. C'est ce qu'ils font, engoncés qu'ils sont dans des privilèges dignes de la Cour du Roi ! Auxquels ils ne peuvent renoncer sans disparaître (du moins en ont-ils la sensation) Fiers à jamais d'avoir si bien berné les petites gens, en leur faisant croire que la Révolution était passée par là ! !
Dans les quartiers se cristallisent toutes les problématiques de l'homme moderne, et de la soi-disant démocratie, qui est en fait, et bel et bien, un tissu de mensonge et un hymne constant à la corruption.
le pauvre Magistrat dont vous parlez, et dont j'ai lu la lettre, est dans la même situation : il ne peut renoncer à analyser d'un autre point de vue que le sien. Mais le hic, c'est que le monde change bien plus rapidement, et qu'il faut désormais être prêt à « adapter » et à « ex-plorer » de nouveaux concepts, façons de vivre, etc.
Merci d'avoir brillament rappelé à l'ordre le « Vieil Homme » qui avait oublié qu'il faut du temps avant de devenir un enfant !