TRIBUNE

La non-assistance à Belgique en péril : un piège pour l'Europe

Les régions linguistiques en Belgique (Hérodote).

Voilà plus de cinq mois que le gouvernement belge démissionnaire de Guy Verhofstadt se contente d'expédier les affaires courantes. Les élections législatives du 10 juin ont consacré le succès du parti chrétien-démocrate flamand (CD&V) d'Yves Leterme et de son allié nationaliste flamand, la NVA, partisans pour la Flandre d'une autonomie aussi large que possible. Depuis lors, la Belgique est en attente d'un gouvernement de coalition qui réunirait les chrétiens-démocrates et libéraux francophones et flamands.

Le conflit dépasse le cadre politicien. Il met en jeu la pérennité de la Belgique, minée par le différend linguistique entre néerlandophones (Flamands) et francophones (Wallons et Bruxellois). Les premiers reprochent aux seconds de ne pas faire d'effort pour apprendre le flamand et craignent que celui-ci ne soit pas marginalisé.

Une lente dislocation

La paralysie de l'État fédéral contribue à renforcer les prérogatives déjà très étendues des régions.

Les séparatistes, très nombreux du côté flamand, s'accommodent de cette situation qui mène tout droit à l'éclatement de la Belgique en deux entités indépendantes, la Flandre et la Wallonie. Deux ou trois obstacles freinent cette évolution : le roi, dernier symbole d'unité nationale, la dette publique et surtout le statut de Bruxelles.

La capitale abrite les principales institutions de l'Union européenne et l'OTAN. Elle est majoritairement francophone mais enclavée en Flandre ! Sans surprise, c'est là que l'on semble le plus attaché à l'unité nationale. Il n'est que de voir les drapeaux tricolores accrochés aux fenêtres pour s'en convaincre.

Les séparatistes mettent en avant l'exemple de la Tchécoslovaquie qui, le 1er janvier 1993, s'est disloquée de façon civile, sans coup de feu ni éclat de voix, sans même un référendum, en deux États, la république tchèque et la Slovaquie. Ils y voient un exemple à suivre et font remarquer que les conflits entre Flamands et Wallons n'ont - pour l'instant - causé aucun mort.

La Tchécoslovaquie, comme son nom l'indique, est une création artificielle de la Grande Guerre de 14-18, qui a rapproché l'ancien et prestigieux royaume de Bohème, élément central du Saint Empire romain germanique, de la pauvre Slovaquie, région des Carpathes, à la périphérie du royaume de Hongrie. Bien que proches par la langue, ces deux entités se sont tourné le dos pendant près de mille ans, y compris sous le régime de l'Autriche-Hongrie. Leur « divorce de velours » était donc inéluctable.

Rien de tel avec les Flamands et les Wallons. Bien que de langues différentes (comme les Canadiens, les Suisses, les Indiens et bien d'autres peuples de par le monde), ils partagent le même destin depuis le haut Moyen Âge. Ils ont brillé ensemble dans le commerce, l'industrie et les arts. Ils ont combattu ensemble les Capétiens puis les Habsbourg d'Autriche.

Les conséquences d'un divorce

Même si une majorité de Belges s'opposent encore à la séparation des deux régions, celle-ci apparaît de plus en plus probable sous la pression de minorités déterminées (l'indépendance des États-Unis, le renversement de la monarchie française en 1792 et la révolution bolchevique de 1917 furent aussi le fait de minorités déterminées ! ).

Cette séparation aboutirait à la création d'un État flamand, très riche… et très industriel. Autour du port d'Anvers, sur une superficie équivalente à deux départements français, il abriterait six millions d'habitants, soit la plus forte densité de l'Union européenne à part Malte ! La Wallonie (3 millions d'habitants) et Bruxelles (1 million d'habitants) auraient le choix soit de se transformer en un autre État indépendant et, pourquoi pas ? un district européen dans le style de Washington DC, soit de se rattacher à la France. Un mouvement « rattachiste » plaide dans ce sens.

Il n'est pas sûr que les Wallons et même les Flamands y trouvent leur compte.

Partie intégrante de l'Union européenne, pour le meilleur et pour le pire, les Flamands devront continuer de faire acte de solidarité avec les membres les plus pauvres, y compris la Wallonie… L'entrée de la Turquie sous-développée, que nous promettent nos éminents dirigeants, leur fera paraître légère l'aide qu'ils accordent aujourd'hui à leurs concitoyens francophones.

Du fait de leur démographie - 2% de la population de l'Union européenne -, les Flamands ne pèseront plus d'aucun poids dans les décisions de la Commission européenne… Ils se consoleront avec leurs propres ambassades et leur drapeau devant le siège de l'ONU ! L'effet domino

L'affaire ne se limite pas à la Belgique. Une dislocation de celle-ci relancerait les velléités indépendantistes d'autres régions européennes pour les mêmes raisons : nationalisme exacerbé et refus de solidarité avec les concitoyens plus pauvres.

Par un effet domino, dans les deux ans qui suivraient la naissance d'une Flandre indépendante, on verrait sans doute surgir une Catalogne indépendante puis, peu après, un Pays basque et une Écosse indépendants. Ces trois régions sont, après la Flandre, les plus engagées dans la voie de l'autonomie et de l'indépendance.

La dislocation des États historiques qui ont fait l'Europe s'arrêterait-elle là ? Pas sûr. En Italie comme en France, les mouvements régionalistes seraient encouragés à pousser les feux. Au final, c'est toute l'Europe qui se disloquerait et perdrait ses fondements : la paix et la solidarité.

Les indépendances nouvelles consacreraient la victoire du communautarisme et l'échec de la tentative amorcée il y a un demi-siècle de faire vivre ensemble des peuples de langues et de cultures différentes. Mauvais présage…

Comme l'écrit l'éditorialiste de La Croix, Guillaume Goubert (21 septembre 2007) :

« Pour la Belgique comme pour l'Europe, la question, au fond, se résume ainsi : sommes-nous capables de vivre et de travailler ensemble avec nos différences ? Sommes-nous capables de reconnaître ce qui nous unit comme plus important que ce qui nous sépare ? Si Flamands et Wallons -qui partagent beaucoup- n'y parviennent pas, on ne pourra pas être optimiste pour l'avenir de l'Europe »

, .

Dans le même sens, Le Monde (11-12 novembre 2007) écrit :

« Obnubilée par ses aspirations régionalistes, la Flandre n'a pas voulu prendre en compte le symbole que représente la Belgique : carrefour des langues et des cultures, le pays a longtemps fait figure de véritable laboratoire pour l'Union européenne et les valeurs qu'elle promeut ».

Ajoutons que la Belgique a été, avec Paul-Henri Spaak, pionnière de la construction européenne et du traité de Rome dans les années 1950.

Intervenir ? Laisser faire ?

Autant dire que la situation politique de la Belgique concerne tous les Européens et en premier lieu les chefs d'État et de gouvernement qui siègent au Conseil de l'Union. Il appartient à ceux-ci de soutenir les modérés dans la recherche d'un compromis et d'avertir les ultras qu'ils mettront tout en oeuvre contre le cancer du nationalisme et du communautarisme.

On entend d'ici les objections des tartuffes : l'Europe ne doit pas intervenir dans les affaires intérieures des États membres ; elle doit respecter le suffrage universel ! Quand, en 2000, le populiste Jörg Haider est entré dans le gouvernement autrichien, Vienne a été mise au ban de l'Union européenne et menacée de sanctions diverses.

Plus près de nous, les Français et les Néerlandais, consultés par référendum, ont rejeté à une écrasante majorité le traité constitutionnel européen. C'était au printemps 2005. Deux ans après, le même traité ressurgit sous l'appellation de « traité modificatif », avec les mêmes composantes à l'exclusion de quelques incongruités (références au drapeau, à l'hymne, à la devise et aux valeurs de l'Europe ! ). Cette fois, plus question de référendum (sauf en Irlande). Les dirigeants européens, dans leur infinie sagesse, se satisfont d'une ratification par la voie parlementaire.

Ces exemples montrent que les dirigeants européens n'hésitent pas à intervenir dans les affaires intérieures des États membres et savent, quand l'enjeu en vaut la peine, contourner le suffrage universel.

Le sort de la Belgique en vaut-il la peine ? À en juger par le silence assourdissant des instances européennes, on est en droit de croire que non.

ll est vrai que le séparatisme flamand ne met pas en cause la seule chose qui semble compter aux yeux de nos dirigeants, héritiers indignes de Jean Monnet et Paul-Henri Spaak : la libre circulation des capitaux et des marchandises et la « concurrence libre et non faussée ». Que pèsent à côté de ces valeurs-là l'héritage de Charles Quint, Rubens, Memling, Thyl l'Espiègle et Hergé ? En partenariat avec :



Lire aussi : La pomme de discorde de la Belgique

41 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Courageux anonyme

De

18H28 | 27/11/2007 | Permalien

C'est très difficile votre problème vu de France, bien sûr tous les Français connaissent et aiment la Belgique et les Belges en particulier les wallons qui nous sont si proches.
Mais nous sommes tétanisés devant votre problème qu'à vrai dire nous ne comprenons pas bien.
Nous ne sommes pas les seuls, toute l'Europe n'ose pas dire quoique ce soit de peur de faire des dégats irréparables.
Ecoutez de toute façon la France ne vous laissera pas tomber, mais je ne vois vraiment pas ce que nous pourrions faire ou dire qui ne soit interprété comme une ingérence inacceptable dans vos affaires intérieures.

Portrait de Courageux anonyme

De

18H48 | 27/11/2007 | Permalien

Vous ne comprenez pas bien ? ? voilà bien une réaction de fraçais jacobin ! vous ne savez pas comment vous avez traité vos minorités ? ? comment vous les traitez aujourd'hui ? ? voyagez un peu, monsieur !

Portrait de Courageux anonyme

De

04H29 | 28/11/2007 | Permalien

Je suis effectivement un Républicain…

Portrait de Courageux anonyme

De

10H54 | 28/11/2007 | Permalien

4H29 ? ? vous dormez mal ? ? ce sont les crimes de votre soi disant république qui vous empêchent de dormir ? ?

Portrait de Courageux anonyme

De

17H22 | 28/11/2007 | Permalien

Oh 10h54 ! C'est quoi ton pb ? t'as les coucougnettes à l'envers ?

Portrait de Courageux anonyme

De

10H52 | 03/12/2007 | Permalien

va y touch pas mes coucougnette

Portrait de Claude PELLETIER

De Claude PELLETIER

Retraité dans son jardin | 23H44 | 27/11/2007 | Permalien

CET article argumenté est intéressant voire émouvant. Est-ce donc sous le coup de l'émotion que vous vous arrogez le droit de parler au nom de la France « … la France ne vous laissera pas tomber… » ; ou votre anonymat cache-t-il la plume du Président de la République ?

ET que veut dire « On ne vous laissera pas tomber » ? Seriez-vous tenté Monsieur le Président par une annexion ?

Portrait de Courageux anonyme

à Claude PELLETIER Portrait de Claude PELLETIER De

04H31 | 28/11/2007 | Permalien

Un simple raisonnement : les wallons feront ce qu'ils veulent en cas de partition, s'ils veulent demeurer indépendants, ce sera leur affaire, s'ils veulent être rattachés à la France ils seront les bienvenus…après tout ils ont été longtemps des départements Français.

Portrait de Courageux anonyme

De

08H22 | 28/11/2007 | Permalien

Les bienvenus ? Pas si sûr ! Annexer à la France une région wallone appauvrie par le déclin de ses industries traditionnelles (mines, sidérurgie) et qui a raté sa reconversion tout comme la Lorraine voisine, alourdie du poids de sa part de la dette d'un Etat belge défunt, ce serait loin d'être un cadeau !

Portrait de Courageux anonyme

De

10H31 | 28/11/2007 | Permalien

A ce compte là, au sens strict du terme, il faut se débarrasser, de la Corse, des Antilles, de la Réunion, bref de tout ce qui de près ou de loin ressemble à une ile…
Ëtre Français ce n'est pas une question d'argent mais d'appartenance à la République.
Cette approche comptable est celle des fascistes de la Ligue Lombarde, des nationalistes Basques, Catalans et …des Flamands ! ! !

Portrait de Courageux anonyme

De

09H49 | 29/11/2007 | Permalien

Bien dit, Duconneau Labretelle ! Annexons le Burkina Faso et vite !

Portrait de Courageux anonyme

De

08H35 | 29/11/2007 | Permalien

Avec en plus un paquet cadeau d'un demi-million d'immigrés maghrébins pour arranger la situation chez nous…

Portrait de Courageux anonyme

De

16H28 | 29/11/2007 | Permalien

Les flamands - gauche et droite -ne veulent plus des immigrés extra-européens. C'est le mobile principal
de la sécession.
Un frontalier.

Portrait de Domkishoot

à Claude PELLETIER Portrait de Claude PELLETIER De Domkishoot

Utopiste médiatique | 10H25 | 28/11/2007 | Permalien

Totalement d'accord avec vous. L'emploi du « nous » est stupéfiant. Quelle est la délégation de cet anonyme. Un grand moment d'arrogance et de prétention.

Cela dit l'article est très intéressant, mais il ne laisse pas de place à l'optimisme, sauf à singer le grand Charles par un… Vive la Belgique libre !

Portrait de Awopbopaloobop_Alopbamboom

De Awopbopaloobop_Alopbamboom

récalcitrant | 17H08 | 29/11/2007 | Permalien

Déjà un pays en partition. Je parie que d'autres suivre. Et je parie sur des conflits entre pays européens d'ici quelques années. C trop lourd.

Portrait de Alice77

De Alice77

17H21 | 03/12/2007 | Permalien

On dirait que la commission européenne fait un test pour voir comment fonctionne un gouvernement sans sans gouvernement.
Qui me fera croire que cette séparation n'a pas été manipulée, exagérée, poussée à bout ? En tous cas rien n'a été fait, ou très peu, pour éviter d'aller si loin.
Trop drôle que cela se passe en terre fondatrice d'Europe.

Portrait de Alice77

De Alice77

17H23 | 03/12/2007 | Permalien

Ce crypto fasciste… !

Portrait de Alice77

De Alice77

16H38 | 04/12/2007 | Permalien

Comment peut-on comprendre une telle situation ? La construction européenne est une poupée russe. On dévisse la partie externe, on tombe sur une plus petite, etc. Ou un oignon qu'on épluche. Ou une fusée à plusieurs étages. Ou un iceberg dont la seule différence avec les vrais icebergs est que sous la surface deux blocs partent chacun de leur côté (si ce n'est plus). Il est à peu près aussi difficile d'expliquer la logique européenne que de faire comprendre aux soviétiques de base la signature, à l'époque, du pacte Germano- Soviétique, tant ce que l'on demande à l'Europe est contradictoire avec tout ce que nous avons appris sur la notion d'Etat, de citoyenneté, de modernité. Les instances européennes comptent une importante proportion de représentants basques, catalans, flamands (on y est), frioul*- vénitien qui, en lien avec l'Allemagne, au sein de l'Assemblée des Régions d'Europe (crée par Kohl dans le Traité de Maastricht) excitent l'ardeur identitaire.
Soutenant l'autonomie politique des REGIONS et des groupes ethniques désignés sous le terme de « peuple » cet activisme politique (politicien) donne des idées et des rêves à tous les FEODAUX (rappelons nous Frêche et la Septimanie) qui cherchent à échapper aux pouvoirs de l'état national. Le pays basque espagnol est de la partie, au cœur d'une longue liste de futures « régions états identitaires » européennes. Définition allemande de « l'identitaire » au 19eme : « il faut dégager le substrat ethnique de sa gangue étatique avant de procéder à de nouvelles combinaisons ».
Les conséquences : il va falloir obéir à deux instances dirigeantes (région/état). Il sera forcément plus facile d'obéir à la région tant elle devient un pivot politique de l'Europe et qu'il vaut mieux s'adresser à l'Europe car elle est pourvoyeuse d'argent de part ses fonds structurels.
Se dévoile sous nos yeux une atomisation identitaire des Etats constituants, au travers de revendications concernant les langues (breton, catalan, basque etc.), les minorités sexuelles, les religions (voir l'activisme fou de Alliot Marie en ce moment). Voir la reconnaissance des communautés musulmanes etc. sous le précédent gouvernement.
Les mesures de décentralisation/régionalisation du gouvernement Raffarin sont les conséquences des desideratas européens et d'une besogne de lente, à petits pas, destruction du tissu national. Et voilà, nous y sommes, la Belgique n'est plus une nation. Et l'Europe ne bouge pas. Peut-être est-ce plus facile à comprendre ainsi. De fait, l'intérêt de l'Europe est de diviser pour mieux régner. Berlin y trouve son intérêt même si l'Allemagne risque de devenir l'arroseur arrosé avec les revendications des minorités turques (légitimes grâce à la Charte des Droits Fondamentaux et la Constitution européenne art I.2, I.3 , I.82 qui reconnaissant le phénomène identitaire sous toutes ses formes.
Le gain ECONOMIQUE, FINANCIER pour le libre-échange globalisé importé par les anglo-saxons est majeur. Ce libre-échange a plus de moyens d'être généralisé si l'Europe est découpée en petites entités ethniques installées sur des petites surfaces de territoires plutôt que structurée en Etats- Nation, plus forts car implantés depuis des siècles.
Par ailleurs, à titre d'exemple, par le moyen de programmes de « Lutte contre les discriminations » l'Union subventionne des organisations communautaires. L'association de lobbying de cadres homosexuels l'Autre Cercle a reçu une subvention de 400 000 euros. Toute communauté ethnique, religieuse, sexuelle bénéficie des largesses de Bruxelles.

*Frioul (Friuli en italien, Friûl en frioulan) est une région historique et géographique qui correspond aux provinces actuelles d'Udine et de Pordenone et en partie aux provinces de Gorizia et Venise. La capitale historique du Frioul est Udine, ville qui fut déjà siège du Patriarcat d'Aquileia. Les principaux centres, à part Udine sont Pordenone (chef-lieu de province), Codroipo, Cervignano del Friuli, Gorizia (chef-lieu de province), Cividale del Friuli, Latisana, Tolmezzo et Sacile. Le Frioul est également une île (L'île du Frioul) située à quelques kilomètres de Marseille, après le château d'If.

Portrait de Alice77

De Alice77

16H58 | 04/12/2007 | Permalien

Comment peut-on comprendre une telle situation ? La construction européenne est une poupée russe. On dévisse la partie externe, on tombe sur une plus petite, etc. Ou un oignon qu'on épluche. Ou une fusée à plusieurs étages. Ou un iceberg dont la seule différence avec les vrais icebergs est que sous la surface deux blocs partent chacun de leur côté (si ce n'est plus). Il est à peu près aussi difficile d'expliquer la logique européenne que de faire comprendre aux soviétiques de base la signature, à l'époque, du pacte Germano- Soviétique, tant ce que l'on demande à l'Europe est contradictoire avec tout ce que nous avons appris sur la notion d'Etat, de citoyenneté, de modernité. Les instances européennes comptent une importante proportion de représentants basques, catalans, flamands (on y est), frioul*- vénitien qui, en lien avec l'Allemagne, au sein de l'Assemblée des Régions d'Europe (crée par Kohl dans le Traité de Maastricht) excitent l'ardeur identitaire.

Soutenant l'autonomie politique des REGIONS et des groupes ethniques désignés sous le terme de « peuple » cet activisme politique (politicien) donne des idées et des rêves à tous les féodaux (rappelons nous Frêche et la Septimanie) qui cherchent à échapper aux pouvoirs de l'état national. Le pays basque espagnol est de la partie, au cœur d'une longue liste de futures « régions états identitaires » européennes. Définition allemande de « l'identitaire » au 19eme : « il faut dégager le substrat ethnique de sa gangue étatique avant de procéder à de nouvelles combinaisons ».

Les conséquences : il va falloir obéir à deux instances dirigeantes (région/état). Il sera forcément plus facile d'obéir à la région tant elle devient un pivot politique de l'Europe et qu'il vaut mieux s'adresser à l'Europe car elle est pourvoyeuse d'argent de part ses fonds structurels.

Se dévoile sous nos yeux une atomisation identitaire des Etats constituants, au travers de revendications concernant les langues (breton, catalan, basque etc.), les minorités sexuelles, les religions (voir l'activisme fou de Alliot Marie en ce moment). Voir la reconnaissance des communautés musulmanes etc. sous le précédent gouvernement.

Les mesures de décentralisation/régionalisation du gouvernement Raffarin sont les conséquences des desideratas européens et d'une besogne de lente, à petits pas, destruction du tissu national. Et voilà, nous y sommes, la Belgique n'est plus une nation. Et l'Europe ne bouge pas. Peut-être est-ce plus facile à comprendre ainsi. De fait, l'intérêt de l'Europe est de diviser pour mieux régner. Berlin y trouve son intérêt même si l'Allemagne risque de devenir l'arroseur arrosé avec les revendications des minorités turques (légitimes grâce à la Charte des Droits Fondamentaux et la Constitution européenne art I.2, I.3 , I.82 qui reconnaissant le phénomène identitaire sous toutes ses formes.

Le gain ECONOMIQUE, FINANCIER pour le libre-échange globalisé importé par les anglo-saxons est majeur. Ce libre-échange a plus de moyens d'être généralisé si l'Europe est découpée en petites entités ethniques installées sur des petites surfaces de territoires plutôt que structurée en Etats- Nation, plus forts car implantés depuis des siècles.

Par ailleurs, à titre d'exemple, par le moyen de programmes de « Lutte contre les discriminations » l'Union subventionne des organisations communautaires. L'association de lobbying de cadres homosexuels l'Autre Cercle a reçu une subvention de 400 000 euros. Toute communauté ethnique, religieuse, sexuelle bénéficie des largesses de Bruxelles.

*Frioul (Friuli en italien, Friûl en frioulan) est une région historique et géographique qui correspond aux provinces actuelles d'Udine et de Pordenone et en partie aux provinces de Gorizia et Venise. La capitale historique du Frioul est Udine, ville qui fut déjà siège du Patriarcat d'Aquileia. Les principaux centres, à part Udine sont Pordenone (chef-lieu de province), Codroipo, Cervignano del Friuli, Gorizia (chef-lieu de province), Cividale del Friuli, Latisana, Tolmezzo et Sacile. Le Frioul est également une île (L'île du Frioul) située à quelques kilomètres de Marseille, après le château d'If.

Portrait de Courageux anonyme

De

18H45 | 27/11/2007 | Permalien

J'aime beaucoup la Belgique. Les Wallons paient leur attitude longtemps méprisante à l'égard de la Flandre et de nos amis Flamands, dont nous, les Bretons, nous sentons souvent plus proches que des wallons.
On peut se réjouir peut être de la dislocation probable de la Belgique. L'Etat gaulois se montrera plus disposé à nous accorder un minimum d'autonomie.
Il est temps.

Portrait de Courageux anonyme

De

21H28 | 27/11/2007 | Permalien

\\\« nos amis Flamands, dont nous, les Bretons, nous sentons souvent plus proches\\\ »

Parlez pour vous, je ne me sens rien en commun avec ces régionalistes belliqueux et xénophobes.

Portrait de Courageux anonyme

De

10H48 | 28/11/2007 | Permalien

« régionalistes belliqueux et xénophobes »
Xénophobe vous-même.

Portrait de Courageux anonyme

De

21H35 | 27/11/2007 | Permalien

Ben dis donc, le Breton, faudrait sortir de ta Bretagne ! Tu ne sais pas qui sont les Flamands, ah ah.

Je commence à me poser des questions sur les Bretons et leur ignorance crasse, moi. Doux rêveur ou nostalgique du pire ?

Portrait de Courageux anonyme

De

04H32 | 28/11/2007 | Permalien

Un nostalgique du « Breiz Atao »…

Portrait de Courageux anonyme

De

10H28 | 28/11/2007 | Permalien

Mais si je les connais bien ! j'en ai eu des dizaines dans mon entreprise et ce ne sons pas tous oins de là des régionalistes belliqueux.quant à l'ignorance crasse des Bretons comme vous dites, j'apprécie peu le terme. Les Bretons connaissent bien le monde et votre mépris imbécile est bien la manifestation de votre prétention de soi disant francais, stupide et dominateur. On verra bien.

Portrait de Courageux anonyme

De

14H51 | 28/11/2007 | Permalien

Mon Dieu quel crétin ce type qui insulte les Bretons ! on a voyagé plus que lui (en ce qui me concerne dans plus de 80 pays). Je connais aussi les flamands, grands exportateurs et voyageurs aussi,et leur exemple me réconforte sur le futur de notre inéluctable autonomie.

Portrait de Mael

De Mael

15H14 | 28/11/2007 | Permalien

Comment un tel primate a-t-il accès à un ordinateur ? on se demande ! les insultes aux Bretons ne sont pas acceptées Monsieur l'anonyme.il est lâche en plus.

Portrait de Courageux anonyme

De

01H13 | 28/11/2007 | Permalien

d'un point de vue historique, il me semble que la Bretagne a toujours été partie intégrante de la « gaule ». C'était la Narbonaise (le sud-est actuel de la france) qui n'en faisait pas partie.

Et puis, c'est comme pour la Corse, d'un point de vue purement économique aucune de ces deux régions ne peut survivre séparées de la France.

Et puis je trouve le régionalisme extrémiste plus dangereux encore que le nationalisme. (et pourtant, moi aussi je « suis » bretonne)

Portrait de Courageux anonyme

De

10H00 | 29/11/2007 | Permalien

Mais c'est quand même Doumé le Corse qui t'a accueillie à la descente du train gare Saint-Lazare avec tes sabots et ton panier d'osier…

Portrait de Numerosix

De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 21H32 | 27/11/2007 | Permalien

Vous en appelez à l » Europe . Mais n'est elle pas un peu responsable , avec son grand marché etc etc de cette Europe des Regions que vous voyez poindre et que vous redoutez ( a juste titre)..
Il s » agit d » une question .

Cordialement

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