« Tout nouvel incident fortuit (décès d'un jeune) provoquera une nouvelle flambée de violences généralisées »…

Les scènes de violence, lundi soir à Villiers-le-Bel, ont marqué les esprits. Policiers, journalistes ou habitants : tous ont vu les CRS en grand uniforme de maintien de l'ordre se faire charger. Tout comme ils ont entendu une bonne partie de la nuit les coups de feu tirés contre les forces de l'ordre. Avec 77 policiers blessés, dont 5 grièvement, les syndicats tirent la sonnette d'alarme : ils n'avaient jamais vu un tel « climat quasi-insurrectionnel » comme le dit Mohamed Douhane. Membre du bureau de Synergie officiers, ce commandant de police estime que les affrontements de Villiers-le-Bel marquent un tournant dans l'expression de la violence :
Dans son récent ouvrage (« Maintien de l'ordre, enquête », Hachette littérature) le journaliste David Dufresne publie intégralement le rapport de synthèse rédigé par les Renseignements généraux le 23 novembre 2005, après trois semaines d'émeutes dans toute la France. Si ce texte met en lumière l'enchaînement des faits, il a surtout pour mérite de livrer une analyse distanciée de ce type de phénomène : les violences urbaines.
« Les violences urbaines sont par essence anti-institutionnelles (même si à l'occasion d'émeutes des commerces sont saccagés et pillés), ce sont essentiellement les institutions (éducation nationale, collectivités locales) qui sont visées. (…) Tout s'est passé comme si la confiance envers les institutions mais aussi le secteur privé, source de convoitises, d'emplois et d'intégration économique, avait été perdue. »
Et les policiers des RG d'expliquer que le « manque criant d'intégration » est souvent à l'origine du malaise, contredisant la vision très délictuelle livrée par le ministre de l'Intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy.
« La montée et la contagion de la violence ont provoqué une prise de conscience collective d'un problème qui n'a rien de nouveau. La France, plus préoccupée par la montée de l'islamisme et d'un terrorisme religieux, a délaissé le problème complexe des banlieues. »
A la lecture de cette analyse des Renseignements généraux, on reste étonné de son acuité. Deux ans après 2005, l'impression est toujours que rien n'a vraiment changé dans la situation des banlieues. Que tout reste volatile et explosif. Le dernier chapitre a d'ailleurs valeur prédictive, sous l'intitulé « Commentaire : un calme tout relatif ». Le constat, en trois temps, est carré :
1/ « Un calme apparent règne désormais dans les cités. Le fond du problème ne se résoudra pas uniquement par la proclamation de bonnes intentions et l'annonce d'un déblocage de subventions. »2/ « Restreindre les derniers événements à de simples violences urbaines serait une erreur d'analyse. Le rétablissement de l'ordre républicain a été accueilli favorablement par la très grande majorité des Français. (…) On peut toutefois redouter qu'il ne provoque un rejet des cités et d'une partie de leurs habitants, ce qui ne fera qu'accroître la fracture entre villes et banlieues, entre jeunes et vieux, Français d'origine et Français issus de l'immigration. »
3/ « Enfin, il est à craindre désormais que tout nouvel incident fortuit (décès d'un jeune d'un quartier) ne provoque une nouvelle flambée de violences généralisées. »
Pour Mohamed Douhane, cette analyse des RG ne doit en rien servir de « caution morale » à ce qui s'est passé à Villiers-le-Bel. Tout en avouant se sentir « démunis », les policiers ne peuvent faillir à leur mission de rétablissement de l'ordre public. L'enjeu, pour ce syndicaliste, c'est la République :
Un discours de moins en moins audible dans les cités où, jeunes ou vieux, les récriminations contre les jeunes policiers arrogants alimentent un fort ressentiment. De quoi faire réfléchir la haute hiérarchie policière quant à un changement de méthode dans le maintien de l'ordre…





















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De Jean-Jacques Louis
20H57 | 27/11/2007 |
Et si l'incident n'était pas fortuit ? Si les policiers de la voiture en question étaient des agents des RG ?
Ces violences arrangeraient bien certaines personnes.
On le sait depuis longtemps : la situation dans les banlieues est explosive, comme elle est partout ou règne un sentiment d'injustice et d'inégalité. Il suffit d'une allumette pour tout déclencher. Pas seulement à Villiers-Le-Bel.
Qui a intérêt à déclencher cette explosion ?
Les gens des banlieues, certainement pas. Ils ne vont pas détruire eux-mêmes le peu qu'ils possèdent.
Le pouvoir, alors ? Pourquoi pas ?
(il y a longtemps qu'on avait plus parlé du 9/11)
à Jean-Jacques Louis
De
21H08 | 27/11/2007 |
Cette analyse est stupide. Arretons de voir du machiavelisme là où il n y'a que du désespoir et de la révolte
De
23H52 | 27/11/2007 |
Bon, d'accord pour dire qu'il y a beaucoup trop d'insinuations vagues ou vaseuses dans les questions soulevées par Jean-Jacques. On peut tout de même s'interroger à ce sujet, (se) poser des questions ouvertes et incertaines, mais il n'y a que les réponses à l'emporte-pièce qui peuvent être bêtes. Aussi, il n'y a pas à faire les messages plus stupides qu'ils ne sont, ni à se cabrer sur un prétendu machiavélisme.
Lorsque Jean-Jacques dit : Ces violences arrangeraient bien certaines personnes. Il va de soi que la violence produit certains effets, les uns voulus, délibérés, recherchés, provoqués ; les autres inattendus, indésirables, pervers, etc. Alors, en effet, il y a tout un parti (politique, économique, social) à tirer de ces violences, non pas pour leur injecter du sens à tout prix, mais pour comprendre que le monde dans lequel nous vivons est profondément abrutissant, côté police, côté population.
Rien à redire non plus sur la suite du propos : la situation dans les banlieues est explosive, comme elle est partout ou règne un sentiment d'injustice et d'inégalité. Il suffit d'une allumette pour tout déclencher. Pas seulement à Villiers-Le-Bel. Oui, il suffit d'un rien pour que tout dégénère : le ressentiment des laissés-pour-compte de la croissance et le désarroi de tous les surnuméraires dans le partage du gâteau sont tels, qu'à tout instant (si ce n'est pas aujourd'hui, demain est un autre jour), le feu peut être mis aux poudres.
La psychologie du « qui a intérêt à », pour prouver que ce ne peut pas être les parties en présence, est une analyse un peu courte. On ne déclenche pas une émeute par intérêt : si une émeute se produit, c'est à cause du nez de Cléopâtre, un presque rien qui monte à la tête, excite la foule rameutée et la rend comme folle. Savoir que deux garçons meurent à moto, nez à nez avec la police, l'association d'idées ne fait ni une ni deux : on se retourne contre l'Ordre, ses forces et son oppression permanente. Le reste est bris de prison !
Un dernier mot : le pouvoir n'est pas une substance. « Le pouvoir », comme disait l'autre, ça n'existe pas. Les relations de pouvoir, en revanche, c'est toute une autre histoire.
De
00H20 | 28/11/2007 |
A part pondre des rapports que personne ne lit, les RG aiment intimider les magistrats pour les dissuader de participer aux manifestations contre la réforme de Rachida Dati.
Et celà ce ne sont pas des insinuations mais des faits rapportés par le Syndicat de la Magistrature.
Mais plutôt que d'aller intimider des voyous pour les dissuader de mettre le feu aux poubelles, il est plus facile bien sûr pour un policier des RG de chercher à impressionner des magistrats. On court moins de risque physique…
Charles.
http://charles.hautetfort.com
De
11H20 | 28/11/2007 |
Il y a toujours une pétition à signer contre la modification constitutionnelle, le traité de lisbonne le 12 et 13 décembre 2007 etc. Si vous avez deux secondes !
De Clic-Clic
photographe de presse | 16H04 | 28/11/2007 |
Il y a même une plainte collective à déposer contre le déni de démocratie, voir le site :
http://www.29mai.eu/
à Clic-Clic
De Ehim
ehim.over-blog.com | 22H18 | 28/11/2007 |
Il pète le feu, notre Sarko !
http://images-d-immondes.over-blog.com/article-14185508.html
à Ehim
De
13H33 | 29/11/2007 |
T'arrêtes pas de faire ta promo dans tous les articles de rue89, on dirait que tu pompes ton omniprésence sur la méthode Sarkozy.
Essaie voir d'être un peu subtil au lieu de copier/coller tes slogans.
De
12H27 | 28/11/2007 |
En Corse on fait péter des bombes on mitraille les casernes de gendarmerie et on tue des préfets
Les gens tenaient des conférences de presse cagoulés et armés mais aucune sanction deux poids deux mesures
on prend des pincettes quand c'est politique
De
16H48 | 28/11/2007 |
Bravo ! voilà des choses clairement dites ! ! deux poids deux mesures ! !
De
11H23 | 28/11/2007 |
C'est une couverture qui occupe les esprits tandis que les bourreaux sont eux au « travail » ; justice/injustice, reformes des institutions, pouvoir d'achat ; le poids de mots pour qui l'on a pas de solution, donc le mano-a-mano continue sur fond de cocktail molotov, et flash-ball, en plus les RG savais ? ? ? malgré cela 2 jeunes meurent encore en banlieue ? ? ?
La leçon de 2005 qui la retenue ? ? ? qui etait le ministre responsable a l'époque des faits ? ? ? quelque chose a été fait pour empecher de nouvelles « 'émeutes » ? ? ?
La peur, qui l'entretient et enclenche le processus malsain quand tout ne tourne pas rond ? ? ? ceux des banlieues ou les RG ? ? ?
De
12H21 | 28/11/2007 |
Le Monde parle d'une video qui irait contre la version de la police ? ? ? Rue89 pouvez-vous eclairer ma chandelle ? ? ?
---
De
14H37 | 28/11/2007 |
Bravo elliot54, mais la RUE elle ? ? que dit-elle de concret sur ce sujet ? ? ?
De Arnaud Aubron
Rue89 | 17H25 | 28/11/2007 |
Nous venons de mettre un article en ligne sur le sujet. Bonne soirée à vous.
Arnaud
De
17H03 | 28/11/2007 |
Deux jeunes meurent encore en banlieue, malheureusement. Cependant, des jeunes qui meurent en faisant les cons sur un engin ou en voiture, il en meurt tous les jours, dur pour la famille, pas pour eux, ils sont plus là pour voire le mal qu'ils ont fait.
Si à chaque fois que des jeunes meurent en sortant de discothèque il fallait la brûler. N'en resterait pas beaucoup.
Faudrait surement que les jeunes policiers arrêtent de jouer les cow-boys et les jeunes des quartiers de jouer les indiens pour certains ou de rejouer la guerre d'Algérie pour d'autres.
S'ils veulent de l'action, n'ont qu'à s'engager dans l'armée, la légion, les syndicats, la politique ou des grandes causes humanitaires, mais peut-être que c'est trop fatiguant. Mais de grâce, qu'ils arrêtent d'emmerder ceux qui ont du mal à gagner leur vie, qu'ils s'en prennent aux nantis ! ! !
De
11H36 | 30/11/2007 |
Quels nantis ? Les cheminots ?
De
19H38 | 30/11/2007 |
Pourquoi les cheminots ? non, tout simplement les nantis de Neuilly ou d'ailleurs. ça ne changera rien mais si ça peut les soulager. Jamais compris pourquoi certains fils de « pôvres » s'en prennent aux « pôvres », à moins d'ajouter la connerie à la pauvreté.
Quand les gosses de riches ont des problèmes, que font-ils ? ? ? ils brûlent les beux quartiers ?
De Lemoine
12H28 | 28/11/2007 |
Rien n'est stupide dans tout ce que je viens de lire, car en fait ces soi-disantes « révoltes » révèlent surtout la nécessité individuelle de ces « jeunes » de se fondre dans une réaction collective face à l'isolement dans lequel ils se trouvent. Certains en tirent bénéfice à titre individuel : les acteurs de ce commerce parralèle que tout le monde connaît, les acteurs avoués ou non d'une idéologie quelconque, d'extrême droite comme d'extrême gauche, etc…
Il s'agit surtout de sortir ces « jeunes » de leur isolement. Comment ? A mon sens, il faut fournir à toutes les associations sur place des cadres formés et des moyens spécifiques. Il faut surtout casser ces ghettos géographiques en y appliquant plus de mixité sociale. Il faut donner aux parents, aux grands frères et aux grandes soeurs, le juste retour de leurs efforts d'insertion, et ils sont nombreux ! Dans ce cas, ils prendront leurs responsabilités éducatives et juguleront les réactions épidermiques individuelles, combattant ainsi ces réflexes grégaires qui ne sont que des conséquences de notre impéritie. Cela n'exclut pas la fermeté envers les délinquants, mais ne mélangeons pas les registres ! Et de grâce, arrêtons ces propos manichéens à leur égard ! Mais nous devons également combattre toute atteinte au bien fondé des missions de service public dont sont investis les policiers, les Maires, les professeurs. Rétablir les règles républicaines, oui, avec fermeté, mais en réparant les dégâts de l'économie et de l'idéologie en même temps, et en cessant également de parler pour ne rien dire.
Bien à vous.
à Lemoine
De
15H10 | 28/11/2007 |
Merci LEMOINE. Un peu de bon sens, surtout venant, semble-t-il, d'un homme d'expérience, ne fait pas de mal en ces temps d'amalgames funestes et de mauvaise foi caractérisée. Je partage pleinement ton analyse. Peut-être oserais-je simplement ajouter que rétablir les règles républicaines est une option (probablement la meilleure), mais dont la substance est fonction de notre capacité à battre en brèche l'idéologie véhiculée par les véritables pillards : ceux qui sont au pouvoir. Comme le dit une gamine pleine de finesse, c'est l'Elysée qu'il convient de nettoyer au karcher, le lieu abritant la racaille véritable, celle qui a le choix, et qui agit en conscience contre les intérêts de ses concitoyens. Comment demander à un gamin de 13 ans, issu des cités, d'agir stratégiquement et de ne pas brûler la voiture de son voisin qui ne gagne pas plus que son père au chômage, mais d'aller mettre le feu aux banques et aux 4x4 de Neuilly, dont les propriétaires sont les véritables artisans de la politique de Sarkozy ? Comment leur demander cette prise de recul avant le déversement de leur rage, alors que l'Education Nationale peine déjà à leur apprendre à lire ? Replaçons les choses dans leur contexte, et cessons de parler pour ne rien dire. Commençons par détruire nos postes de TV et par s'informer stratégiquement, en passant par d'autres médias que ceux détenus par les amis du nain hongrois, Bouygues, Dassault, Lagardère, Arnault, Rothschild, et Cie… Ensuite, à nous, à travers la mise en réseau des initiatives locales, de se réapproprier notre démocratie républicaine, vendue aux fonds de pension et aux financiers transnationaux. Réactivons l'essence de la citoyenneté et dissolvons celle du consommateur qui a été méticuleusement construite, tout au long du XXe siècle (notamment par un certain Edward Bernays), pour se substituer à la première, dans l'intérêt du marché, c'est-à-dire des financiers.
Il est temps d'agir.
Bien à vous.
Un citoyen (et non un consommateur)de seconde zone.
De Lemoine
15H38 | 28/11/2007 |
Mon cher courageux et anonyme, tu es plus dangereux pour notre société imparfaite que tous les banlieusards enragés réunis.
à Lemoine
De
17H16 | 28/11/2007 |
Mais alors, ce ne serait donc pas cette société qui est dangereuse pour elle-même ?
M. Jourdain.
(courageux anonyme involontaire, n'ayant pas trouvé où saisir son nom, mais différent du précédent)
à Lemoine
De
18H11 | 28/11/2007 |
Eh bien voilà une réaction qui clarifie quelque belle position, cher internaute non-anonyme (peut-on y voir du courage ? peut-être… on peut également y voir autre chose).
Quoiqu'il en soit, j'apprécierais cette catégorisation (« plus dangereux pour notre société imparfaite que tous les banlieusards enragés réunis ») si elle n'émanait pas d'une répartie sans autre substance que le souci de protéger l'imparfait. Mais au nom de quoi cherches-tu à protéger l'imparfait ? Au nom de l'impossible utopie que la perfection représente ? Au nom du danger que tout héraut d'une société dite parfaite porte en lui (ouh ! ouh ! haro sur les fous qui sèment les graines du totalitarisme ! ) ?
Revenons au fond. Qu'entends-tu par « société imparfaite » ? Si tu veux par là signifier toute organisation humaine inéluctablement soumise à l'entropie, je te rejoins. Mais il semble que tu m'aies mal compris. Je ne cherche pas la perfection sociétale (qui par essence n'est pas atteignable puisque purement et simplement conceptuelle). Je pense en revanche que chaque citoyen (faut-il que je définisse dans quel sens j'entends la citoyenneté pour t'éviter quelque dérive interprétative ? ) a pour devoir de contribuer au bien-être de l'organisation sociale dans laquelle il évolue, à son échelle, bien évidemment. La société est et restera imparfaite (je dirais même que c'est à souhaiter puisque l'imperfection est consubstancielle à l'humanité : en devenant parfait, nous ne serions plus humains, au mieux des robots évoluant dans une atmoshère glaciale dénuée d'aléa). Ce postulat doit-il pour autant nous amener à accepter le seuil d'imperfection (pour reprendre ton euphémisme) que la classe politique atteint depuis quelques décennies ? Encore faut-il savoir d'où l'on se place pour parler, et ce que l'on entend par perfection/imperfection. Je crains, cher Lemoine, que sans l'énergie (réelle) de cette rage banlieusarde, qui mérite à coup sûr d'être canalisée et sublimée, l'on ne puisse espérer opérer quelque prise de conscience que ce soit dans un corps social profondément anesthésié par la TV, les anti-dépresseurs (légaux ou illégaux), le matraquage permanent d'un concept (le fameux « pouvoir d'achat ») construit pour achever le projet de Bernays, destiné principalement à faire « comprendre » aux masses que c'est avec leur porte-monnaie, dans les hypermarchés, qu'elles pourront faire valoir leur dignité humaine, et certainement pas dans les rues, face aux chiens de garde d'un pouvoir fantôche qui ne fait qu'enregistrer les décisions prises à Bruxelles, elle-même relai des think tanks, porte-paroles de la finance.
Or, c'est précisément ce que semblent avoir compris, instinctivement (là où certain détectent une « rage aveugle », je pense plutôt y voir une « rage instinctive ») ces gamins sur-voltés (à qui on a, hélas me diras-tu, pas assez fait ingurgiter de Ritaline) qui n'acceptent plus de supporter l'outrecuidance de parvenus portés où ils sont par leurs commanditaires (dont j'ai nommé certains dans le message précédent). Ils n'acceptent plus. Point. Leur mode d'expression est probablement « imparfait », comme la société que tu défends. Mais le message est clair. Ils n'acceptent plus la violence d'un système qui cherche à les plier, à les formater, pour en faire de bons petits soldats du patronnat, à travers moult contrats précaires conçus non pour l'insertion mais pour l'allégement des charges des entreprises, et sans aucun perspective.
Je ne cherche pas ici à les excuser. Ils utilisent les outils qu'ils ont à disposition pour s'exprimer. Et ce n'est apparemment pas le capital culturel que tu as tenté de leur transmettre dans ta ZEP qui leur a permis d'exploiter d'autres ressources que celles offertes par une rageuse énergie.
Concrètement, le principe de redistribution des richesses, au fondement de la logique de solidarité, est violemment mis à mal par ce, qu'à l'instar d'une gamine d'origine argentine connue dans certains mouvement citoyens et musicaux, j'apelle « la racaille » (celle qui arpente en ce moment les couloirs de l'Elysée et de bien d'autres institutions de notre République (qui, il faudrait être aveugle pour ne pas le voir, est en pleine déréliction)). Faut-il te dresser une liste des assauts récents et moins récents menés contre ce principe de redistribution ? Je te suppose suffisamment informé pour ne pas avoir à la produire mais si tu y tiens, je le ferai de bon coeur.
Sarkozy est un voyou. Un pillard. Homme de main au service de pillards encore bien plus assis que lui, sur leur butin de rapines à grande échelle. Il pille le patrimoine. Il pille notre culture en la travestissant de la manière la plus éhontée. Il pille les ressources de pays qu'il prétend aider. Il vend ce qui nous appartient (services publics, droits sociaux, économiques, culturels, humains, acquis de hautre lutte, et DANS LA RUE, dois-je te le rappeler ? ) à ses amis.
Cela doit cesser.
Il faut agir en ne perdant surtout pas de vue la necessité pour tout citoyen d'oeuvrer au bien-être d'autrui, qui en retour (rassurez-vous les avares) le lui rendra bien, comme l'a magnifiquement montré Mauss. Ce n'est pas en poursuivant éperduement son bien-être à soi, dans une quête effrenée vers l'« avoir plus que toi », « travailler plus pour gagner plus », etc., que l'on reglera quoi que ce soit. Je peine à adhérer à l'idée de Smith, à cette fameuse main invisible. Je n'y crois pour ainsi dire pas. Sortons de l'absurde idée que le bonheur vient de l'avoir. Commençons à être. Et pour « être », il faut savoir « être » avec l'autre. Il faut réactiver des possibilités de vivre ensemble. Le nain hongrois, je ne t'apprends rien, poursuit précisément l'objectif inverse : divisons pour mieux régner. Formatons. Communiquons. Et les masses finiront par accepter leur sort. C'est cette société imparfaite que tu défends dans ta réponse ? Je ne crois pas. Je ne te pense pas dénué de bonnes intentions. Je pense sincèrement qu'en bon disciple de Comte, tu veuilles améliorer le sort de tes concitoyens en rationnalisant, en « réformant ». Ecoute les petits jeunes dans les rues, ceux qui s'expriment avec leur trippes. Ils nous lancent un message viscéral (peu voir pas réfléchi, probablement) : c'est dans la rue, et non dans les urnes, qu'on chasse les racailles. Sans avoir lu Foucault, Debord, Deuleuze, Bourdieu ni Chomsky, ils ont compris une chose : certains tentent de « fabriquer leur consentement » pour qu'il « consentent » au mirifique projet qu'on leur destine. Ils ont compris. Instinctivement. Derrière une forme de rebellion anti-policière. Ils ont compris instinctivement et refusent ce projet, cette société et son imperfection.
Bien à toi, cher Lemoine.
Un citoyen de seconde zone, définitivement anonyme.
« La volonté de puissance ne consiste pas à convoiter ni même à prendre, mais à créer et à donner ». Nietzsche.
Créons et donnons, citoyens !
De Lemoine
19H18 | 28/11/2007 |
J'ai lu avec grand intéret ton long développement provoqué par mon dernier post.
Ma réaction demeure, de croire que prôner la mise à feu des banques et 4x4 ne va pas non plus dans le bon sens ! C'est en cela qu'ironiquement je te disais que tu étais plus dangereux, car une révolution radicale et violente, même si j'en comprends les arguments, ne tiendrait pas compte de la mondialisation des dérives engendrées par tout ce que tu analyses. Tu es aussi désespéré que nos jeunes de constater tout cela ; mais,si je comprends ton analyse, je n'admets pas ta réaction radicale et cette incitation publique qui ne peut qu'être nocive.
Je ne protège pas l'imparfait, loin de là ! Et je suis pétri des valeurs fondamentales de la République, en bon vieux hussard que je suis resté (et s'il n'en reste qu'un…)J'estime que l'éducation à ces valeurs, par l'enseignement et par l'exemple, est le seul levier que nous puissions encore actionner.
A nous d'en convaincre nos gouvernants !
Puisque tu abordes la théorie des systèmes sociaux, je sais que tu connais la puissance de certaines interactions. A nous de les mettre en oeuvre, mais en les choisissant au mieux et en évitant celles qui détruiraient irrémédiablement le (fragile) équilibre du système, par leur radicalité. Non ce n'est pas dans la rue mais dans les urnes et par l'exemple de notre comportement quotidien qu'on chasse ces racailles dont tu parles. Et ce n'est pas plus facile, crois moi !
Bien cordialement
à Lemoine
De
19H43 | 28/11/2007 |
Et mettre en tole les delinquants (de toute condition) ?
non ?
qu'est ce cous en pensez… Juste appliquer la loi…
De
19H40 | 28/11/2007 |
Et la corée du nord ? tu y a pensé ? Je suis sur qu'ils ont une place pour toi labas.
Donc les riche c'est les mechans et le pauvre doivent les tuer pour survivre !
C'est la grande classe !
Si realiste, et tout et tout…
Si tu t'en sort pas… appel robin des bois
arf arf
De
11H15 | 28/11/2007 |
Rien à voir avec le machiavélisme mais je crois avoir compris que Rue89 « nettoie » de certaines interventions d'internautes les dossiers quand ils décident de les fermer.
Bizarre.
De
11H16 | 28/11/2007 |
Rien à voir avec le machiavélisme mais je crois avoir compris que Rue89 « nettoie » de certaines interventions d'internautes les dossiers quand ils décident de les fermer.
Bizarre.
De
09H01 | 29/11/2007 |
Salut à mes amis français,
Comme on dit chez vous, vous n'êtes pas dans la m… Foutue la France ! Dommage, c'était un beau pays où il faisait bon vivre à une certaine époque. Deux conflits mondiaux l'ont d'abord affecté : le premier physiquement, le second moralement. Suite aux deux guerres mondiales la France a perdu son élan vital en tant que Nation. Puis il y a eu Mai 68 qui imposa ses slogans suicidaires de « métissage » et de « multiculturalisme » pour parachever le déclin d'une grande civilisation. Le résultat est là. Nous assistons aujourd'hui aux premiers soubresauts de l'agonie d'un grand pays en voie d'auto-anihilation.
Condoléances attristées,
Un ami québécois
De PonG
rationaliste fondamentaliste à Pari... | 14H18 | 30/11/2007 |
>« Cette analyse est stupide. Arretons de voir du machiavelisme là où il n y'a que du désespoir et de la révolte »
Sans oublier quand même l'incompétence, l'incurie, le cynisme et… la bêtise d'un président.
Les détails ça compte.
à Jean-Jacques Louis
De
21H18 | 27/11/2007 |
Allons il ne faut pas non plus voir du complot partout, quand aux gens de banlieues vous faites un amalgame, les responsables des destructions sont bien souvent des jeunes qui se foutent royalement du bien d'autrui, qui prennent du plaisir a tout boussiller, ça fait un bon moment que les bagnoles crament et que des batiments sont endommagés sérieusement, les honnêtes gens vivant en banlieue n'ont effectivement rien a y gagner.