(De Strasbourg) Ils sont contents de se retrouver, les cheminots, à l'occasion de leur huitième assemblée générale (AG) jeudi matin vers 11h, dans la cour de la direction régionale de la SNCF à Strasbourg. Même si ce jeudi matin, c'était pour suspendre la grève. Pour eux qui ne font que se croiser à cause de leurs horaires décalés, les occasions d'être ensemble sont rares. Il faut bien une grève. Et encore.
Car ce matin, les cheminots le constatent d'un coup d'oeil, il en manque. Ils ne sont guère plus d'une centaine à entrer sous le gymnase pour écouter les responsables syndicaux faire leurs rapports sur les négociations menées la veille. Quelques heures avant l'AG, la direction a lâché le nombre de grévistes en Alsace : 3,6%.
« Ceux qui sont encore ici aujourd'hui sont les plus radicaux », explique Xavier Ulrich, secrétaire régional de l'Unsa-Cheminot. Son syndicat a voté depuis lundi la suspension de la grève, mais reste attaché à l'unité syndicale : « C'est ainsi. Ceux qui sont contre la grève ne peuvent pas venir voter, puisqu'ils sont au travail », dit-il. Mais cette fois, c'est fini et tous les cheminots le savent, même si le responsable de la CGT, Pascal Wirsum, a du mal à trouver les mots pour le dire :
Dans l'assistance, les visages sont durs, les bras croisés. Beaucoup voudraient croire qu'après une semaine de blocage quasi-total, le résultat serait plus tangible qu'une promesse de négociations.
Denis Jacob, délégué régional de FO-Cheminots, prend la parole. Pour lui, « le gouvernement se paie les cheminots pour faire passer d'autres réformes auprès d'autres formations syndicales.” Il met en avant des points discutés pendant les négociations, quelques leviers qui restent aux syndicats, comme le mode de calcul de la future pension de retraite des cheminots, puis leur demande “de se déterminer librement » après les avoir remercié pour leur effort.
Seul Sud-Rail appelle clairement à continuer la grève ; mais précise que son syndicat « suivra la décision de l'assemblée générale ». Avant de passer au vote, quelques agents font part de leur amertume :
A l'heure du vote, aucune surprise : 31 cheminots veulent reconduire la grève, 72 veulent la « suspendre » et 22 s'abstiennent.
Pascal Will, contrôleur, a voté la reprise et s'explique.
Remarquant que les derniers mobilisés sont les roulants, il note que « la question de la pénibilité est au centre de ce conflit, elle n'a pourtant été que très peu abordée. Un jour où l'autre, il faudra bien la prendre en considération. »













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S’il avait fallu systématiquement attendre une majorité agissante pour changer le monde, je crois que je serais quelque part dans une grotte à te ballourder des caltards afin que tu me rendes ma peau de bête.
Il faut vraiment être naïf pour penser que le bras de fer entre les cheminots et le gouvernement n’a d’autre objectif que celui de s’attaquer aux soi-disant privilèges des nantis de la SNCF.
En partant d’un principe d’équité bafoué (40 annuités), sur lequel on sait que la majorité silencieuse est chatouilleuse, il s’agit pour le gouvernement de faire plier ce bastion des transports devenu une sorte de référence en matière de lutte sociale, pour bien camper l’image d’un pouvoir inflexible et juste.
En d’autres termes le message à faire passer est simple.
- « Voyez ! Même les durs de la SNCF ont plié devant notre détermination »
Ce cap franchi, il ne reste plus qu’à engager le programme le plus réactionnaire qui soit à destination de toutes les catégories de salariés et dans tous les domaines.
Tranquillité assurée.
Le souvenir de la leçon infligée aux cheminots sera suffisamment cuisant et dissuasif pour rendre possible des réformes les plus rétrogrades. Et une fois lancé, il ne fera pas grève, ce train de réformes.
salut,
saches que je respecte la foi que tu as dans ton syndicat… Je préfère 1000 fois un salarié engagé, même si ce n’est pas dans le même syndicat que moi, qu’un collègue qui attend que l’on se batte à sa place.
Tu as raison quand tu dis que la négociation va se jouer sur le pouvoir d’achat… Mais où sont les revendications communes clamées haut et fort par la base : pas d’allongement de cotisation, pas de casse des régimes spéciaux ?
La CGT a sauvé la face et c’était bien là son principal objectif, face à une « réforme » qu’elle avait accepté à l’avance, et pour ne pas se faire déborder « sur sa gauche… »
Mais alors, où est la place de la CGT aujourd’hui ? Terminé les 37,5 annuités de cotisation pour tous ? Terminé le combat contre le libéralisme ? On croit voir la CFDT pré-Notat… et sans trop se tromper, on peut se dire que l’attachement affectif (que j’ai connu) à ce syndicat repose sur des souvenirs jaunis qui ne sont plus d’actualité.
Dans quels autres combats va-t-on gagner ? Avec quels objectifs ? Contrer ce gouvernement ou aménager ses réformes au moins pire, et tant pis pour l’avenir…
la CGT cherche surtout à sauver sa structure face à la réforme de la représentativité syndicale ! Et préfère négocier main dans la main avec Chérèque qu’avec SUD… en acceptent ne plus lutter contre cette société.
Dommage. Surtout pour nos enfants !
Un chose est sûr : ne soyons pas dupes… ça sera au moins ça de sauvé !
Il faut attendre le résultat des négociations. mais comme on dit en psy, jugeons les actes, pas les paroles !
Salut camarade !!
Qu’il y ait un courant réformiste au sein de la cgt, cela ne fait aucun doute. Personnellement, mais je suis loin d’être seul, je me bats pour conserver la cgt comme un véritable outil aux services des salariés et non comme une courroie de transmission des politiques rétrogrades. En bref, je reste attaché à la Charte d’Amiens.
Le retour pour tous aux 37,5 annuités, je suis pour. Mais cette simple revendication ne suffit pas à regrouper autour de toi les salariés… On peut toujours enchérir dans ce type de revendication mais sans grande certitude sur les résultats enregistrés au final.
Tout comme toi j’ai envie d’en découdre avec ce pouvoir obscène, de combattre la propagation de la vulgate néo-libérale, de réveiller les consciences endormies par le consumérisme et la production de masse.
Mais le gauchisme n’a jamais apporté rien de bon à la cause….
au « courageux » anonyme syndicaliste cgt:
Je souhaite que tu aies raison!…
Mais… Qu’un gouvernement exige la reprise du travail pour daigner entammer des négociations…. je ne trouve pas ça « bon » ni normal;
Bientôt le service minimum va passer == suppression du droit de grève…
@ Jonas2
Bien vu pour l’analyse!
Le défaut des syndicats c’est le manque d’informations données au niveau nationnal.
Pour tout le monde les grèves récentes sont faites pour défendre les « privilèges » de quelques uns alors qu’elles sont faites pour défendre une certaine idée de la société.
Ces idées sont pourtant simples à expliquer,elles découlent toutes des luttes qui se sont déroulées tout au long des deux siècles précédents. Elles étaient menées par les ouvriers,les paysans,les employés qui étaient exploités par une frange de la population.
Les acquis de ces luttes sont les congés payés,les retraites,l’assurance maladie,l’école gratuite…
L’évolution de la société devait conduire à l’évolution de ces acquis,plus de congés,plus de retraite,moins de travail,une meilleure répartition des richesses…
Les 35 heures sont le dernier en date de ces acquis et devaient être étendus à tous,mais la résistance de ceux qui veulent « tout » a été la plus forte car l’opinion n’était pas prète à concevoir le futur qui se dessinait.
Les classes moyennes ou qui se croient tels, commerçants, artisans,professions libérales,petits et moyens paysans…ont pensé y perdre et ont freiné des quatre fers pour s’y opposer.
Mais ces gens là se rendent compte que tout doucement ils glissent vers le bas de la société comportant tous ceux qui par leur travail la font fonctionner.
France d’en bas,France d’en haut,cherchez où vous êtes.
Moi je crains pour le droit de grève (comme répondu plus haut à un « courageux » anonyme de la CGT; je crains aussi pour les 35 heures, vu les déclarations de la patronne des patrons! (du style: « bien que vous pouvez gagner plus: les 35 heures ne sont pas une loi inamovible »….)
Je sais, j’exagère peut-être et puis non.
Mais la véritable démocratie (démos= peuple, cratos=pouvoir) n’aura t-elle pas fini d’exister dans ce monde libéral dans 5 ans ? Dans les dictatures, il y a des élections aussi (par exemple, en Tunisie - paradis des français en vacances mais pas de la majorité des autochtones- avec plus de 94 %, le président a été élu). En 1940, la France est passée facilement de la 3éme république à l’état français, elle s’était alignée sur la forme du fascisme d’alors.
N’utilise pas le mot fascistes n’importe comment, tu insultes les victimes des grandes dictatures de l’histoire (communiste, nazi, …), va voir en Birmanie et reviens me dire si la France c’est vraiment l’enfer. En Birmanie tu serais déja en prison pour de tel propos
Bien sûr que ce bastion est un barrage qui risque d’exploser dans les prochains jour et on va toutes et tous être noyé(e)s sous des réformes + rétrogrades pour le salariat les unes que les autres…
le dynamitage du code du travail est pratiquement bouclé, les lois se succèdent pour soulager le patronat de tout contrôle et de toute obligation. Parallèlement, les salarié(e)s deviennent chaque jour davantage de la chair à profit.
Je suis militant SUD, mais je reconnais que sans la CGT, rien n’est possible dans ce pays. Et cette fois-ci comme en 2003 pour le régime général des retraites, tout le poids de ce syndicat n’a pas été mis dans la balance.
Je ne crache dans aucune soupe intersyndicale mais je fais un constat. Si la CGT a duré dans ce conflit, c’est sous la pression de la base… En 2003, quand SUD rail faisait voter des grèves reconductibles, la CGT passait derrière pour signifier que les cheminots n’étaient pas concernés…
Je bosse à l’hosto et je n’ai pas réussi à passer le message de la solidarité de lutte à mes collègues.
De toute évidence, nous restons le seul syndicat à ne pas vouloir aménager le capitalisme, mais le combattre sous toutes ses formes.
Les cheminots vont passer à 40 ans de cotisations, nous à 41 ou 42, pour l’instant…
Faut-il s’avouer vaincus ou se résigner ? Pour ma part, c’est non ! Mais il va falloir toujours s’habituer à se faire couilloner par des gens, qui semblent être nos alliés, qui ont comme priorité de gérer leur outil et leur institution au lieu de le mettre au service d’un lutte de société.
Les militants CGT vont maintenant recevoir des argumentaires (j’étais représentant national CGT dans le temps…) qui va leur expliquer que le mieux est négocié, que c’est grâce à eux, que la grève n’est que suspendue, et tout le tintouin.
Il y aura peut-être une petite grève pour sauver la face et les élections, et basta !
Pauvres salarié(e)s que nous sommes !
Mais la lutte continue. Là où il y a la volonté, il y a un chemin !
Ps : pour répondre au message + haut, si les résistants en 3-45 avaient du attendre d’être majoritaires pour résister aux nazis, tu serais allemand, ducon !
Tout à fait d’accord avec vous, je suis enseignante et j’ai participé aux grandes grèves de 2003. Nous les profs nous étions prêts pour la première fois à aller jusqu’au bout pour préserver nos droits, jusqu’au boycott des examens. La C.G.T et les autres syndicats ont tout fait capoter en retirant les cheminots du mouvement. On leur avait promis, à l’époque, de ne pas toucher à leurs régimes spéciaux. C’était couru d’avance, on voit le résultat aujourd’hui. Les profs et autres fonctionnaires se sont retrouvés bradés par les syndicats, on est passé à 40 sans aucune compensation d’aucune sorte. Le droit de grève a été modifié et est toujours d’actualité, désormais, tout fonctionnaire faisant grève le vendredi et le lundi se verra retirer son samedi, idem pour le mercredi. Aucun jour de grève n’a été payé et les profs sont restés traumatisés encore aujourd’hui. Et ce n’est pas fini, puisque déjà on annonce l’allongement de la durée de cotisations, l’augmentation des cotisations et la baisse des pensions de retraite. Sûrement les 3 à la fois. Là aussi les syndicats trahissent leur base, sans avoir vraiment de garantie sur les résultats. Je suis à la CGT Sud’Educ, à la base, les gars sont motivés, sur le terrain, mais que se passe-t-il au sommet ? Pour que les leaders se couchent si facilement.
Moi non plus je ne me résigne pas, et j’ai de très grandes craintes sur l’avenir de notre pays. Quand les « gogos » se réveilleront-ils ?
oui choupat tu as parfaitement raison.je suis moi même enseignante, c’est vrai que ces grêves de 2003 ont été un très rude coup, je déplore vivement que les cheminots ne se soient pas mobilises à ce moment. Ils auraient dû anticiper ce qui leur arrive maintenant, s’ils nous avaient soutenus, nous n’en serions probablement pas là. Devant cette droite dure , aristocratie d’un autre temps, il faut dépasser les clivages et les égoismes corporatistes , tous se rassembler et se soutenir dans nos luttes. La stratégie de la division tant prisée par le pouvoir en place doit échouer.Cest une poignée de vrais privilégiés d’ancien régime qui en récoltera le fruit certainement pas la masse des salariés de notre pays.Mais je te l’avoue, moi aussi je nourris de grandes craintes sur l’avenir.
Ne baissez pas les bras et n’oubliez pas qu’en 2008 il y a les elections prud’hommales ! J’espère que les grévistes (et non grévistes solidaires du mouvement) s’en souviendront et ne voteront pas pour la CFDT OU LA CGT.lA SEULE FACON DE PRENDRE NS A SON PROPRE PIEGE EST DE VOTER MASSIVEMENT POUR SUD RAIL.
>C’est ce que l’on se disait en 2003, chaque soir des 2 mois 1/2 de grève dans l’éducation nationale.
hum, il aura manqué 1/2 mois ( celui pendant lequel se passe le bac … )
le grand soir ne se fera jamais dans le confort et de toutes façons , le capitalisme va imploser d’ici 15 ans par manque de pétrole , il suffit d’être patient ;)
http://lescoteauxengreve.free.fr/
« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »
Article XXXV de la déclaration de 1793
Bon, ce n’est pas une légitimation, juste un élément de refexion.
Quand on met des messages dans un forum faut s’attendre à recevoir des réponses.
Ah oui au fait je t’emmerde…