Rosalie Evelyn, la danse et la psychologie à l'écoute du corps

On la dit magicienne : il est vrai que Rosalie Evelyn a fait et continue à faire des miracles. Formée en psychologie puis à l’art-thérapie, cette ancienne danseuse classique exerce une pratique toute personnelle de réconciliation avec sa « carcasse », qu’il est difficile de faire rentrer véritablement dans une classification, puisqu’elle mêle tout à la fois psychologie, rééducation fonctionnelle, danse et gymnastique.
Depuis plus de douze ans, elle développe cette thérapie psychocorporelle basée sur la libération du souffle, afin d’amener ceux qu’elle appelle ses « clients » (pour éviter ainsi d’étiqueter d’emblée des individus que l’appellation « patient » indispose parfois) à comprendre les mécanismes physiques et psychiques constitutifs de leur corps, les émotions et sensations agréables ou douloureuses qui le traversent ; les élucider pour mieux les dompter.
La respiration, au coeur de son travail, accompagne des étirements qui visent à rétablir l’axe naturel du corps pour le remettre dans son droit chemin, à laisser revenir et s’épanouir ses « courbes » d’origine. Car le corps a une mémoire ; bien plus puissante qu’on ne l’imagine. Il inscrit de manière visible ou imperceptible les moindres de nos faits, gestes et pensées.
En avoir plein le dos, être courbatu, se sentir coincé, souple, raide, tendu : le corps parle de lui-même. Il nous tient, nous définit. D’où l’importance de le respecter. La tendance penche en effet à oublier un peu de d’écouter cette enveloppe de l’âme. Pas de scoop, ici, mais un simple rappel.

Celui que fait justement Rosalie Evelyn en apportant un éclairage sur sa discipline dans le livre qu’elle publie aux éditions Odile Jacob « Histoire de vie, histoire de corps ». Plus que des témoignages de patients comme elle en avait déjà rassemblés dans son premier essai, « A corps parfait“ (Robert Laffont, 2003), c’est vers un partage des connaissances acquises au fil de sa pratique qu’elle s’oriente.
‘J’ai tenu à faire partager le résultat d’un parcours professionnel qui m’a poussée à m’intéresser à la construction des corps. Pour comprendre leur logique, leur rythme propre, leurs stratégies d’adaptation. L’observation des corps en souffrance m’a conduite à mettre en mots leurs sensations.
Le corps du temps présent représente la rencontre de l’expérience du monde extérieur. J’observe toujours au début des séances un corps sensible et son double ; et au fil du temps, le corps se rassemble, pour ne devenir plus qu’un, lui-même.’
Se libérer par la parole est un chose, certes. Y ajouter une libération du souffle -donc du corps-, presque un devoir salutaire. Ainsi Rosalie Evelyn amène-t-elle ses ‘clients’ -tous âges confondus, adressés par des nutritionnistes, des psychiatres...- à se libérer de leurs douleurs profondes, à ‘faire émerger leurs émotions’.
Elle leur apprend, en accompagnante, à mettre des mots sur leurs sensations corporelles, à les admettre pour mieux les transformer : un travail, en somme, de ‘déconstruction’ du corps malgré lui trop souvent figé dans ses raideurs, une aventure de réconciliation avec soi.
Rosalie s’attèle maintenant à un nouvel ouvrage consacré à l’inscription du traumatisme collectif (Shoah, l’esclavagisme, le génocide cambodgien, le conflit rwandais sur le corps.
► Histoire de vie, histoire de corps de Rosalie Evelyn - ed. Odile Jacob, coll. Psychologie - 256p., 19,90€.
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sal'bête plein'd'poils
sal'bête plein'd'poils
Interessante presentation. Juste que bon, elle a quand meme pas invente le fil a couper le beurre, le tai-chi et le yoga n’ont pas attendu le 21eme siecle pour sortir ce genre de grandes verites.
De plus, je me mefie toujours du melange des genres, en l’occurence entre psy et gym, cela permet de faire des raccourcis inverifiables et pratiques a qui veut se faire une clientele. Il suffit de lire un extrait de la presentation de son livre precedent :
« Rosalie Evelyn a mis au point une méthode basée sur la respiration et sur une approche très particulière de la gymnastique. Elle nous dit dans ce livre comment, après de nombreuses années de pratique, elle a observé que nous modelons notre corps de quatre manières : il y a les corps “ spaghetti ”, les corps “ sirènes ”, les corps “ troncs ” et les corps “ soldats ”… Elle nous explique très clairement comment reconnaître la catégorie dans laquelle nous nous rangeons et, avec des dessins, nous donne les exercices adaptés pour défaire les nœuds qui, installés dans nos organes ou dans nos muscles, nous empêchent de vivre ! »
En gros, loin de toutes considerations fysiotherapeutiques ou medicales, elle categorifie le corps des gens qui se retrouvent d’un coup incapables de vivre - sans ses conseils, bien sur.
Rien de nouveau...
Dommage, je m’etais habitue a de meilleurs sujets de la part d’Ella : -(




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