Réforme de l'université: pourquoi ça bloque

A l'université de Nanterre, pendant une AG (Audrey Cerdan/Rue89).

La grogne s’étend dans les facs. 43 universités étaient perturbées sur 85 vendredi, contre 13 la semaine précédente, d’après le décompte de l’AFP. Et ce n’est pas la rencontre jeudi dernier entre la ministre de l’Enseignement supérieur et les syndicats étudiants qui va faire perdre en intensité au mouvement. Déçu par cette entrevue, Bruno Julliard, président de l’Unef, a appelé « à poursuivre et à amplifier la mobilisation en participant massivement aux assemblées générales et en votant la grève ».

Objet du conflit: la loi LRU (Libertés et responsabilités des universités) promulguée le 10 août. Un texte qui permet aux universités d’accéder à une autonomie de gestion d’ici cinq ans. Priorité du candidat Sarkozy, la réforme avait été menée au pas de charge au coeur de l’été. Au pas de charge, mais pas sans concertation. Des négociations tumultueuses durant lesquelles Valérie Pécresse avait souvent soufflé le chaud et le froid, obligeant le chef de l’Etat à intervenir pour donner des gages aux organisations étudiantes.

La plupart d’entre elles étaient alors apparues soulagées. Ni augmentation des frais d’inscription ni sélection à l’entrée de l’université n’étaient inscrites au menu de la reforme. Et Nicolas Sarkozy promettait bien un budget d’un milliard d’euros supplémentaire pour 2008 (une augmentation de 9% par rapport à 2007), en guise de début de réalisation de sa promesse de campagne: augmenter de 50% en cinq ans les crédits alloués à l’université. Pour autant, les inquiétudes d’autres syndicats étudiants n’étaient pas entièrement levées. Elles se sont réveillées un mois à peine après la rentrée universitaire.

300 millions d’euros, et non un milliard, de dépenses nouvelles

A la tête de la principale organisation étudiante, Bruno Julliard accuse: « Le gouvernement n’a pas tenu ses promesses, notamment d’un point de vue budgétaire. » Selon lui, du milliard d’euros promis et voté, seuls 300 millions correspondent réellement à des dépenses nouvelles, le reste ne servant qu’à « rattraper des crédits qui n’avaient pas été payés les années précédentes ». Le président de l’Unef s’en est expliqué vendredi au micro de France Inter:



Les points d’achoppement entre les étudiants contestataires et leur ministre ne manquent pas. Sur le texte lui-même, sur les conséquences qu’il engendrerait ou sur l’évolution présumée de la politique du gouvernement, les critiques sont multiples:

« Un désengagement de l’Etat au profit des entreprises. » La loi donne la possibilité aux universités de créer des fondations afin de recueillir plus facilement des fonds privés, sans prévoir cependant une baisse d’autant du financement de l’Etat.

« Une toute puissance des présidents d’université. » La loi, au nom de l’autonomie, renforce leurs pouvoirs (engagement des enseignements, modulation des rémunérations…), alors que la représentation étudiante est amoindrie dans les conseils d’administration.

« Une sélection à l’entrée de la fac. » La loi indique qu’un dossier de pré-inscription devra être obligatoirement déposé par les futurs bacheliers, mais ils recevront en retour uniquement un avis consultatif.

« Des universités à deux vitesses. » La loi ne prévoit la suppression d’aucune filière et encore moins d’université, mais des étudiants craignent que l’Etat ne compense pas pour les voies délaissées par les entreprises (philosophie, sociologie…).

« Rien sur le logement étudiant et la réussite en licence. » La ministre reconnaît que les « deux chantiers sont en cours ».

« Une hausse des frais d’inscription. » Là encore, la loi est muette sur le sujet, mais d’aucuns ont peur que des entreprises partenaires ne l’imposent.

« Faux! », martèle Valérie Rosso-Debord, députée UMP en charge du budget de la loi LRU. Comment peut-on parler de désengagement de l’Etat? Je crois qu’il faut être sérieux », s’exclame-t-elle. Avant de réfuter « point par point » toutes les attaques à l’encontre du texte et de stigmatiser un mouvement « artificiel » et « dénué de fondement »:



Fillon: « Ne pas céder aux approximations des slogans »

Même tonalité du côté de Valérie Pécresse qui « demande aux syndicats étudiants de dire non aux blocages », de « se refuser à les cautionner », dans une interview publiée vendredi dans Le Figaro. La veille déjà, le Premier ministre avait interpellé les étudiants « hostiles à cette réforme » sur son blog:

« Chacun est libre de penser ce qu’il veut mais nul n’a le droit de bloquer ceux qui pensent autrement. J’appelle tous les étudiants à la responsabilité et au respect mutuel. Je les invite à examiner sereinement les faits afin de ne pas céder aux approximations des slogans. »

Le gouvernement entend tenir bon. Hors de question de céder, alors que la situation s’aggrave: deux tiers des étudiants français vont à la fac, et aucune université française ne figure pourtant dans le top 50 mondial. Seule concession accordée par le gouvernement depuis le début des blocages: une rallonge budgétaire de 11 millions d’euros pour les logements universitaires.

Un geste loin d’être suffisant pour les organisations étudiantes qui veulent continuer le mouvement. Qu’elles exigent l’abrogation du texte ou son simple aménagement, qu’elles soutiennent les blocages ou les condamnent. La coordination étudiante, réunie pour la troisième fois ce week-end à Tours, a appelé les étudiants à manifester mardi avec les fonctionnaires, et les lycéens à les « rejoindre dans la lutte à travers des débrayages, des blocages, comme durant le CPE » pour une nouvelle journée de grève jeudi.

Lire aussi: La carte de France des facs en grève

Devant la fac de Nanterre le 3 novembre (Audrey Cerdan/Rue89).


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YAJ | enseignante retraitée, non remplacée
22H40 18/11/2007

Que les étudiants tiennent bon !

Qu’ils rejoignent les manifestants du 20 novembre ! Leurs raisons de se mettre en grève et celles des étudiants sont très, très voisines.
La LRU a été votée en catimini, ne pas l’oublier.

 
Courageux anonyme
23H42 18/11/2007
 
Courageux anonyme
00H19 19/11/2007

Absolument, quelle hypocrisie de ressortir des négociations en s’estimant déçu et en appellant à amplifier le mouvement, quand on sait que Bruno Julliard avait approuvé le texte actuel après les négociations estivales et qu’il demandait il y a quelques semaines aux étudiants de calmer le jeu…
J’ose espérer que ces derniers ne seront pas dupes de la valse à deux temps que nous joue le secrétaire général de l’UNEF, et que celui-ci perdra dans l’affaire tout le crédit qu’il a pu accumuler avec le CPE

g.abitbol

 
Courageux anonyme
01H19 19/11/2007

cette grève vous semble donc injustifiée parce que Bruno Julliard a fait l’erreur de l’approuver????????

 
Courageux anonyme
11H12 19/11/2007
 
Courageux anonyme
21H01 19/11/2007

Et dans quelle fac que vous connaissez si bien, avez vous appris l’orthographe ?
Quand on ne sait presque rien, faut s’informer !!

 
Courageux anonyme
11H57 20/11/2007

Ou avez vous appris que l’orthographe s’apprend à la fac?
 rr

 
Courageux anonyme
05H04 20/11/2007

Oui, c’est une vieille stratégie, le vote pendant les vacances d’été, « en catimini », pour éviter les mouvements de grogne d’étudiants ou de lycéens, voire leur simple concertation… les représentants sont alors séparés de leur base, celle-ci peu informée, et surtout non organisée pour manifester une opinion. Technique minable mais qui a fait ses preuves.
 G.A.

 
Courageux anonyme
11H19 19/11/2007

mensonge… Négocier ça ne veux pas dire être satisfait! De plus elle a en effet été passée en catimini car le gouvernement a voulu éviter la contestation sociale qui est pourtant une des ase de notre démocratie !

C’est une raison sufisante de se soulever !

 
pierrejcallard | www.nouvellesociete.org
23H56 20/11/2007

Contester pour des revendications qui sont à cent lieues des vraies préoccupations que devrait susciter l’éducation supérieure ne peut que faire le jeu du Pouvoir, lequel est à faire la preuve par 9 que la France a besoin d’un gouvernement plus autoritaire qui remette les pendules à l’heure. La manipulation du bon peuple est devenue une science exacte.

http://nouvellesociete.org/5161.html
http://nouvellesociete.org/5171.html

Pierre JC Allard

 
Courageux anonyme
03H18 19/11/2007

De plus les 11 millions donnés gracieusement par l’Etat proviennent en fait de la caisse qui été allouée au désamiantage de Jussieu.
Nous ne nous laisserons pas faire et evidemment que nous serons là le 20 mais ce n’est qu’un début et non une finalité.

Etudiant en Master dans une filière « non-rentable » à La Rochelle

 
Courageux anonyme
15H43 19/11/2007

C’est quoi une filière non rentable ? un DEUG Cafet’?

 
Courageux anonyme
12H58 20/11/2007

Une filière non rentable c’est une filière de la faculté des lettres et sciences humaines par exemple, une filière qui n’apprend pas le management, la gestion ou la comptabilité.
Merci d’arrêter de nous prendre pour des fainéants qui ne vont jamais en cours et passent leur vie à la « cafet’ ».Je n’y vais jamais et je ne la vois pas assaillie d’étudiants 24h sur 24.

Une étudiante en master 2 de filière non rentable aussi.

 
20H07 20/11/2007

on passe pour des fainéants. Eux n’ouvrent jamais un livre. Ils n’arrivent tout bonnement pas à se concentrer tout seul devant les pages. Un peu de Ritaline peut-être?

 
20H05 20/11/2007

Que vous avez?

 
Courageux anonyme
14H56 20/11/2007

Petite anecdote… Il y a quelque semaines démarrait une énième saison de la Star Ac’, non sans mal: en effet, cette année, grande première, la production lançait une formule d’enseignement « modulable », avec cours magistraux obligatoires, et options faculatives, afin de « responsabiliser les participants »… au bout de 3 semaines, le bilan était catastrophique: absenteisme, indisciplines, audimat de merde, tout le monde s’en branle, bref, concept à revoir. « Pas efficace » dixit la prod. Resultat: on revient au bon vieux modèle, plus « scolaire », et hop tout le monde est content, Noémi retrouve le sourrire, Sevan s’éclate, c’est génial…bref…

Moi je dis ça, je dis rien ;-))

 
Courageux anonyme
22H53 18/11/2007

Merci pour cet article.
Une remarque annexe, tout de même, quant au fond du sac. Voici le grand lièvre: « aucune université française ne figure pourtant dans le top 50 mondial. » (Drame dans les couloirs, brame dans les coursives, alerte à la bourse, alarme générale et grand SOS.)
Et alors? Où est le problème? Est-ce que « Whole lotta love », par exemple, a déjà figuré dans le Top 50?
L’Université et la Star Academy, ce n’est pas tout à fait le même combat - n’en déplaise aux Jités ou au show-business-school.
Hasta siempre s/commandante!

 
Courageux anonyme
07H26 19/11/2007

Ne confondez pas Nanterre et le Chiapas, guerillero d’opérette…

 
elliot54 | sarkophobe nauséeux
12H50 19/11/2007

Et vous, ne confondez pas RUE89 avec le figaro magazine.

 
Courageux anonyme
14H06 19/11/2007

à Elliot !
tu as raison je retourne vite au Figaro les infos sont plus fiables et moins insultantes !

 
elliot54 | sarkophobe nauséeux
14H48 19/11/2007

Vous considérez donc que « Lecteur du figaro magazine » est une insulte; parce qu’il n’y a somme toute, rien d’autre dans mon post. Je suppose qu’à contrario vous pensez que « guerillero d’opérette » est un compiment.
Enfin, je ne vois pas ce qui vous autorise à me tutoyer. Je sais bien que votre gourou utilise volontiers ce mode d’expression quand il perd ses nerfs, mais vous n’êtes pas obligé de suivre ce lamentable exemple.
Un peu de respect que diable.

 
Courageux anonyme
15H53 19/11/2007

C’est moi qui ait écrit et maintient « guérillero d’opérette », je dois dire que le prurit des petits bourgeois jouant aux révolutionnaires m’a toujours profondément agacé…
Sachant qu’au premier coup dur tout ce petit monde va appeler au secours en pleurnichant…
J’ai encore en tête Régis Debray.

 
elliot54 | sarkophobe nauséeux
18H33 19/11/2007

Et bien, je le note, Monsieur, que c’est vous qui avez écrit……

Vous voulez que je vous dise : Ca me fait une belle jambe de savoir qu’un Courageux Anonyme, fut-ce vous, avez encore en tête (sic) Régis DEBRAY….
Mais, je ne voudrais pas vous mobiliser davantage, ça va être l’heure du journal de TF1.
Bien le bonsoir

 
pierrejcallard | www.nouvellesociete.org
00H05 21/11/2007

C’est vrai que c’est un peu lassant cette procession de CA qu’on tend à confondre dans un même magma où l’insipide ne peut que dominer. Est-ce qu’à défaut d’une identité réelle on ne pourrait pas leur assigner au moins un numero ?

Pierre JC Allard

http://nouvellesociete.org

 
Courageux anonyme
10H58 19/11/2007

Oui Whole Lotta love a fait un carton au top 50 avec l’album d’ailleurs.
Quant à la grève, c’est ça ou crever à petit feu comme au Havre où le directeur de l’hôpital trouve que les malades y séjournent trop longtemps sans tenir compte des nombreuses pathologies liées au travail dans la région (amiante, poumons bousillés par la chimie, accidents du travail…).
Olivier, Le Havre, en grève demain avec plein de travailleurs du privé qu’en ont plein le dos du gouvernement et de leurs amis bourgeois qui bloquent les salaires.

 
11H42 19/11/2007

Et puis peut-etre que les très bon étudiants suivent d’autres cursus: centrale, mine, ENS, écoles d’ingé moins prestigieuses… qui sont eux aussi publiques!
pour les autres filières je ne sais pas… mon cursus est scientifique, mais pour les arts il mesemble que l’école du louvre est publique!

 
Courageux anonyme
17H11 19/11/2007

Cher thoughtthrow,

Et quand on veut étudier le droit, on fait comment à part aller à l’université ? J’ai eu mon bac avec mention Trés Bien, Sciences Po paris m’ouvrait ses portes sur dossier, sans avoir à passer le concours ; mais moi, je veux faire du droit des affaires, avoir une formation juridique solide ; où était l’alternative à l’université? Les « trés bons étudiants », comme vous dites,et j’ai la prétention d’en faire partie, n’ont pas tous une démarche élitiste ; méritent ils pour autant d’étudier dans des bâtiments plein d’amiante, comme à la fac de Caen ? Je suis contre le blocage, l’UNEF m’enerve avec leurs « mettons nous en grêve pour que les méchantes entreprises ne mettent pas les pieds dans nos facs », mais de grâce, arrétez de croire que seuls les cancres vont à l’université, par défaut. Les facs sont pleines d’étudiants de valeur pas forcément en train de chercher tous les moyens possibles pour faire grève et ne pas travailler, et de profs admirables et passionnés. Alors un peu de considération pour ceux qui ne feront pas Centrale !

 
ZAD
18H26 19/11/2007

Bonjour CA 16h11

Si ce que vous dites est vrai, je pense que ce n’est pas une ou deux semaines de cours manqués qui vont vous empêcher de réussir. Vous allez facilement les rattraper…n’est-ce pas?

Alors au lieu de critiquer les grévistes, vous feriez mieux de descendre dans la rue avec eux par solidarité et aussi pour vous faire pardonner d’avance des injustices que provoque votre futur profession…

Car c’est les gens comme vous qui conseillent les entreprises sur « comment licencier en masse pour pas un rond », ou « c’est mieux au Luxembourg pour les impôts » ou encore « je peux vous aider à installer votre usines en chine et payer les gens 1 euros par jour sans être hors-la-loi » et enfin « comment toucher plein de poignons en fin de mois sans faire croire que c’est un salaire »…etc, etc.

Quel bon métier…en tout cas, par les temps qui court, vous n’allez pas souffrir du chômage vous. Très bon choix…et papa il fait quoi dans la vie???

 
Courageux anonyme
20H18 19/11/2007

J’adore votre technique: vous avez un témoignage d’étudiant qui aurait pu rester tranquille à Sc Po (moi j’y suis allé), et vous l’attaquez sur un préjugé personnel à propos d’un métier qu’il n’exerce pas encore. Délit de sale gueule! Mais que voulez vous dire? les avocats payent des impots, bcp, il faut bien les financer, ces services publics, non?! Les accuser des maux économiques dont souffre notre pays, c’est assez gonflé. J’ajouterais que le blocage des facs ne gene que les pauvres; quand il sera temps en medecine ou en droit de passer les exams, les riches auront rattrapé les cours dans des prépas privés(qui fleurissent dans ces bonnes filieres). Quant aux « injustices », on sait qu’en droit, il faut cravacher pour gagner sa croute…

 
Courageux anonyme
21H14 19/11/2007

Oui, d’ailleurs on voit bien que dans les manifs anti-grévistes , il n’y a que des pauvres !!
Mais je suppose que chez vous , c’est une déformation professionnelle ?

 
Courageux anonyme
15H46 20/11/2007

Pourquoi cette remarque? La pauvreté se lit sur la gueule des gens? Ils sont pouilleux c’est ça?
Enlevez donc ce T-shirt Cacharel de Che Guevara, vous êtes vraiment ridicule…

 
Courageux anonyme
21H22 19/11/2007

oui, il n’y a qu’à voir Mlle Dati comme elle a « cravaché » en droit pour gagner la sienne !!

 
Courageux anonyme
01H29 20/11/2007

Réponse sur ces deux commentaires: le niveau est vraiment minable… Prendre les quelques manifestants éparpillés de dimanche ou Mme Dati comme exemple, c’est extrement carricatural, encore une fois, et vous le savez. Je ne vois que des attaques de forme, anecdotiques, et aucune critique sur le fond! Mais parfait, continuez, vous ne dérangez personne, les bons étudiants continueront de quitter la France et de payer leurs impots dans d’autres pays; leur salaire bati sur des études dans des écoles elitistes au recrutement socialement bien inégalitaire, et couteuses pour le contribuable. Il est vrai que le systeme universitaire actuel est si formidable qu’il vaut la peine de le défendre jusqu’à la nausée! Continuez de geindre, enfermé dans vos préjugés et débats stériles, surs de votre supériorité francaise. Je constate que les positions des uns et des autres sont bloquées depuis 20 ans. Plus nous attendons, et plus les réformes seront douloureuses à faire, plus les crispations seront violentes, et les chances d’atteindre un compromis social réduites. Vues vos réflexions, il est vrai que cela semble -paradoxalement- être le cadet de vos soucis.

 
Courageux anonyme
06H23 20/11/2007

Ils n’étaient pas « éparpillés » ils étaient entre 5000 et 7000…J’habite sur le parcours de cette manif…Inutile d’en rajouter.

 
ZAD
12H05 20/11/2007

Bonjour CA 19h18
De préjugés je ne suis pas le seul à en avoir, vous, vous considérez que cet étudiant est issue d’une famille riche. Pourquoi? Car il est en réussite scolaire? Donc les pauvres n’ont pas le droit ou peu de chance de réussir? Puis c’est quoi une bonne filière? Droit? Médecine? Pas socio ou philo? Pourquoi?
Vous considérez aussi que seul les riches font médecine ou droit, pourquoi? Encore un préjugé…

Puis je ne suis pas d’accord avec vous sur le fait que la grève va pénaliser les pauvres. En quoi le niveau économique et social des familles entre en compte?
Je ne suis pas issue d’une famille riche, loin de là, et j’ai aussi connu des grèves pendant mes études, cela ne m’a pas empêché de réussir les examens. C’est le travail et l’investissement personnel qui compte, pas ses revenus.
Alors c’est vrai que dans la rue on ne trouve souvent que des « pauvres », c’est vrai, mais il faut croire aussi que seul les pauvres connaissent réellement le sens de mon « solidarité » et c’est bien dommage…

Ensuite, je suis bien content de savoir que les avocats payent des impôts, heureusement, il ne manquerait plus que cela.
Les impôts ne servent pas qu’à financer les services publics dans le sens « des fonctionnaires qui ne font rien de toutes leurs journées ».
Ils financent aussi la route que vous utilisez tous les jours pour aller bosser, l’électricité dans la rue ou vous habitez, le ramassage de vos poubelles, l’école ou vos enfants se trouvent…etc. Vous voudriez peut-être que tous cela s’arrête? Ou que tous cela deviennent privés? Dans ce cas, je suis d’accord avec vous, cela pénalisera que les pauvres, c’est sûr…

Arrêtons déjà de croire que les services publics sont responsable de tous nos maux et ensuite on pourra discuter sereinement (car c’est encore un préjugé et une manipulation du gouvernement…).

Je suis pour un service public fort, c’est pour cela que je paye des impôts (beaucoup aussi…) et que je suis prêt à en payer encore plus. Je suis contre le désengagement de l’État qui est en route. Vous semblez être quelqu’un d’instruit, donc vous devez savoir que c’est juste une première étape aux privatisations.

Il faudrait plutôt prendre exemple sur les pays nordiques que les USA. Il faut savoir qu’ils payent beaucoup plus d’impôts que nous, pourtant vous les avez déjà entendu se plaindre sur ce sujet? Moi pas. Car ils sont très comptant de leurs services publics et ils ne veulent pas que cela change. C’est cela le progrès a mes yeux, pas l’inverse. Bien sure il faut revoir le fonctionnement du notre, mais surtout pas le faire disparaitre, c’est la pire de chose qui puisse nous arriver.
Regardons maintenant l’Angleterre…vous voulez faire comme eux? Désolé, mais pas moi. Ce n’est pas l’avenir et les conditions de vie que je souhaite pour mes enfants.

Alors les étudiants, les cheminots, les fonctionnaires et tous les autres, continuez les grèves et peu importe si je met 3 heures pour aller bosser, je m’en fou, ce n’est pas grave, c’est nécessaire ce que vous faites et je suis avec vous.

 
Courageux anonyme
15H58 20/11/2007

On fait croire à tout le monde que la population française a la fibre sociale, et donc que l’égalitarisme doit marcher dans ce pays.
La vérité, c’est que la France n’a pas du tout la fibre sociale, elle a bâti son modèle sous l’égide assez autoritaire de De Gaulle, et maintenant les français sont accrochés à ce modèle et ne veulent pas le changer parce qu’ils ont PEUR.
Un type bosse, il va râler parce que en bas de sa fiche de paye y’a des retenues pour « payer ces chômeurs qui foutent rien ». Il se retrouve au chômage, et là il râle parce que « Les riches ils faudrait leur prendre plus pour que j’ai plus à la fin du mois ».
Les français sont de nature individualiste, et voient majoritairement dans le modèle social français non pas un outil de vie commune et de solidarité, mais une vache à qui il faut soutirer le plus de lait possible mais à condition qu’elle ne vienne pas brouter dans son jardin.
Les scandinaves, eux, peut être par instinct de survie collectif face aux hivers très rudes qu’ils ont eu à traverser, ont cette fibre sociale, cette solidarité.
Tout ça pour dire que si l’on veut un jour un modèle social qui marche bien dans ce pays, ce sont les français qui devront changer, riches comme pauvres. Mais ça ça ne s’impose pas (heureusement d’ailleurs)…

 
Courageux anonyme
15H04 20/11/2007

tout à fait d’accord
 voltaireonline

 
20H13 20/11/2007

J’ai un DESS de droit des affaires internationales que j’ai travaillé seule à partir de la 2 éme année à la Sorbonne. J’avais deux boulots à mi-temps. Le droit ne rend pas nécessaires les cours, ni les TD. Il suffit de bosser chez soi, au boulot (standardiste dans un 4 étoiles (de 7 à 15 h) , + bibliothécaire à Beaubourg (de 7 h à 10 h), dans le métro, dans le bus, chez soi. Et c’est tout. Jamais redoublé,jamais repassé en septembre. Travailler à la maison, c’est tout. Et à la bibliothèque.

 
Courageux anonyme
10H47 20/11/2007

« Papa », il n’a pas le bac, il travaille comme employé de banque pour 2000 euros par mois aprés trente ans dans la même entreprise, « maman » est en invalidité et nous sommes trois enfants. Résultat, en plus de mes études de droit (et donc de privilegié si je vous comprends bien) , je cumule deux boulots super interessants : je distribue Metro à 7h du mat’ et je bosse dans un fast food le soir jusqu’à 1h. Vous avez raison, quelle honte de ma part de vouloir gagner de l’argent !

 
ZAD
12H48 20/11/2007

Bonjour CA 09h47
Si ce que vous dites est vrai, c’est malheureux, et je ne comprend vraiment pas pourquoi vous ne soutenez pas les grèves (et bien venu dans notre monde si parfait aux yeux de certains…). Ne voudriez-vous pas pouvoir toucher une bourse pour pouvoir bosser tranquillement?.
Mais si c’est faux, c’est encore plus malheureux, car vous jouer avec un sujet très sensible.

Puis je n’est rien contre les gens qui gagnent de l’argent, je n’ai jamais dis cela.
C’est la manière de le gagner qui me dérange. Quand on gagne son argent sur le dos de pauvres gens je trouve cela immorale, mais peut-être suis-je un peu trop humaniste…désolé de mettre l’être humain avant l’argent, c’est vrai que c’est ignoble comme attitude.

 
Courageux anonyme
10H56 20/11/2007

Ah, et j’oubliais : votre méconnaissance du droit des affaires n’a d’égale que votre mépris pour cette discipline : revenez sur vos vieux clichés, et apprenez que le droit des affaires contient, outre les traditionnelles filières qui vous gênent tellement et qui forment les « requins » dont vous parlez, le droit de l’environnement appliqué à l’entreprise, le droit de la médecine du travail, le droit maritime, le droit aérien, le droit de la propriété littéraire et artistique… des spécialisations bien loin de votre pauvre cliché de l’avocat vampire qui rève de permettre à ses clients de délocaliser en chine ! Mais c’est tellement facile de mettre dans une case « riche, méchant et adhérent de l’Uni » tout étudiant en fac de droit (j’adore me faire traiter de facho quand j’entre dans le bâtiment droit.. vive les amalgames douteux)

 
ZAD
12H58 20/11/2007

Re-bonjour,

Pas besoin de me les citer tous, je les connais, merci.
Mais dites moi, quelle est la spécialisation la plus porteuse en ce moment? Et c’est laquelle que vous souhaiteriez faire?

 
20H19 20/11/2007

Entre la théorie et la pratique il y a un grand fossé que je n’ai jamais franchi. Hors de question de travailler dans un cabinet d’avocats internationaux et jouer les requins. Je suis donc allée travailler aux Jurisclasseurs.
Mes matières en DESS international : droit douanier, droit financier (?), droit fiscal, ou on nous apprenais bien les lois françaises et comment les contourner, droit américain, droit maritime (je crois?!), stage chez un avocat mexicain du 16 éme qui partageait son bureau avec des trafiquants d’armes libanais ( assez drôle!). Avocat mexicain qui voulait que je l’aide à faire sa thèse sur la façon de réduire l’inflation au Mexique ????

 
Courageux anonyme
16H54 20/11/2007

Soyez un peu cartésien s’il vous plait, étant juriste de formation la différence entre l’implication et l’équivalence devrait vous parlez il me semble. Je vous explique: « les très bons étudiants scientifiques suivent d’autres filières » n’est pas equivalent à « ce ne sont que des cancres les étudiants de la fac ». utilisez le même résonnement pour tous les reproches que vous me faites et vous serez plus proche de mes pensées.
Mon ton es autain car vous me faites tenir des propos que je n’ai pas dit. Ensuite j’ai bien spécifié que je parlais des filières scientifiques que je connais.
La question que j’essayais de soulever (avec maladresse je vous l’accorde) est: la fac doit-elle former les meilleurs étudiants ou doit-elle donner sa chance à tout à chacun?
sur ce, je vous souhaite une bonne journée.

Jm

 
ZAD
10H58 21/11/2007

Bonjour CA 15h54
Je vais vous donner mon avis sur votre question.
A mes yeux la Fac doit former tous les étudiants et pas seulement les meilleurs.

Au lycée, on le sait tous je pense, on ne valorise que la capacité d’ingurgitation d’informations les plus diverses. En résumé, c’est la mémoire qui est jugée et valorisée. Il faut apprendre par cœur plein de pages et de formules et c’est bon. Quelle que soit la filière.

A la Fac, on juge un peu plus la réflection, la mémoire entre bien sure toujours en jeu mais un peu moins. Surtout, la différence avec le Lycée et que l’étudiant a choisie sa filière. Il fait maintenant, normalement, ce qu’il lui plait vraiment et tous les cours sont cohérent avec sa filière. De plus, le rythme, les cours et les méthodes de travail ne sont plus du tout les mêmes, et ne sont plus imposés. L’étudiant travail a son rythme, souvent loin de chez lui (ce qui peut être un facteur déterminant) et sans la pression et le suivis qu’on trouve au Lycée. Certains bon éléments ne se révèlent qu’a ce niveau.

Ce que j’entends par là c’est qu’un excellent étudiant au Lycée ne le sera pas systématiquement à la Fac et inversement.
C’est deux mondes totalement différent et je pense qu’il serait dangereux de diriger les étudiants à la seule vu de leurs résultats au Lycée. Un peu comme au Collège ou les résultats dirigent soit vers Lettre, Eco ou Scientifique. C’est stupide, car premièrement, comment à 16 ou 17 ans peut on savoir avec exactitude ce qu’on veut faire 10 ans plus tard, puis ensuite c’est les mêmes remarques que pour le passage du Lycée à la Fac (valorisation de la mémoire plus que de la réflection personnelle).

Ce fut un peu mon cas, vraiment médiocre au Collège et au Lycée mais, sans trop de prétention, très bon résultats à la Fac (pas en lettre, vous avez surement du remarquer cela à mon orthographe…).

Je ne peu développer totalement ma réflection, mais pour conclure je dirais qu’on ne peut pas dire si la Fac doit accepter tous le monde ou seulement les meilleurs car à ce niveau on ne sait pas encore ou sont les meilleurs, tout simplement. Donc elle doit accepter tous le monde, sans distinction et j’irai encore plus loin, dans toutes les filières. Un « littéraire » doit pouvoir faire Mathspé s’il le souhaite, on ne sait jamais.

Je pense que la question devrait se poser au niveau de la Licence pas du DEUG (qui n’existe plus je crois).
A ce moment, l’étudiant a eu 2 ou 3 ans pour faire ses preuves et dans ce cas on peut choisir les « meilleurs », même si je considère encore, mais c’est un autre débat, qu’un bon étudiant ne fera pas toujours un bon professionnel et inversement.

 
Courageux anonyme
14H58 19/11/2007

Bonjour,

le probleme c’est: « qui finance et pourquoi ? »

Qui : les contribuables qui travaillent et payent leurs impots.
Pourquoi : Pour former les étudiants et leur donner un metier. Qui à leur tour leur permettra de payer pour la formation de leurs enfants (ou ceux de leur voisin).

Donc tant qu’a investir (mes impots) j’aimerais autant que ca serve à quelque chose de rentable pour tous… et pas former des etudiants a des trucs trés interressants mais sans débouchés.

Les études ‘plaisir’ devraient être disponibles à tous mais à la charge de ceux qui souhaite en beneficier… Moi en tous cas je ne vois pas pourquoi je payerais pour ca !

aller amusez vous bien… moi j’ai encore du boulot… d’autant qu’avec les greves j’ai mis 2h30 à arriver… La aussi je suis hyper content de financer…

 
Courageux anonyme
20H20 19/11/2007

Pareil !
Moi, je veux aussi arrêter de payer pour les routes où je ne circule jamais ou encore pour les écoles où jamais je ne mettrais mes enfants. Arrêtons d’investir là où l’on sait pertinemment qu’il n’y a qu’une perte financière !

Bon, maintenant pour devenir plus sérieux : l’université, et même l’école plus généralement, ne sont pas là pour former des kleenex tout juste bon à exercer les tâches d’un travail précis, mais surtout à former des esprits. Notament, un esprit bien formé est capable de s’adapter, d’apprendre facilement. En fait, un esprit bien fait est un esprit qui coûte moins cher à un patron en heure de formation ; revers de la médaille, il sait mieux se rendre compte quand on se fout de lui…

 
Courageux anonyme
20H34 19/11/2007

Pas sur que l’université eclaire les esprix…
Je pencherais plustot pour les filiaires avec de vrais resultats (BTS, IUT, ecole d’ingenieur, ENST, ESSEC, HEC, INSA, INSEAD, etc…). Bref en connexion avec le reste du monde qui oublie de cosulter nos sacrosainte Fac pour avancer.
Un truc qui marche quoi… Qui permet de faire des choses… pas seulement de penser qu’on est le seul qui pense…

Aller bon courage!
arf !

 
Courageux anonyme
23H34 19/11/2007

Mais que voici une réflexion intelligente … et tolérante avec ça.

tu n’as peut-être pas tort, supprimons les universités, avec leurs chaires de sociologie, philosophie, lettres modernes … toutes ces disciplines qui ne sont pas productives et ne s’intègrent pas bien dans notre beau système capitaliste…..
Ne gardons que les écoles ou l’on fait un apprentissage en 3 ans maximum, on l’on est en compétition permanente et où l’on doit toujours être plus performant.

En attendant, ce ne sont pas les étudiants en écoles de commerce grâce à qui la démocratie s’est mise en place un jour dans notre pays, ni ceux-là même qui ont réfélchis aux concepts de crimes contre l’humanité et autres notions. et puis des résultats… des résultats sur quoi ? ta capacité à travailler plus rapidement qu’un universitaire ? et le développement personnel ? Il n’y a donc que la productivité qui compte? que l’esprit matérialiste ?
Chaque formule, chaque discipline a sa place et toutes les respecter c’est faire preuve d’ouverture d’esprit.
Je suis à l’université depuis 4 ans et je ne prétend pas être plus intelligente qu’un étudiant sorti d’un BTS… on m’a juste appris à penser d’une manière différente et à me poser des questions que je n’aurais peut-être pas abordé ailleurs… Bien sur, si demain on me met sur le marché du travail je ne serai pas opérationnelle… est-ce que je suis a jeter pour autant ? Les universités sont effectivement des lieux où l’on développe une réflexion sur plusieurs années… n’est-ce pas nécessaire ? Ca a parfois du bon de ne pas être en connexion avec le reste du monde pour pouvoir établir des réflexions indépendantes. D’un autre coté l’université est un très bon lieu pour apprendre à connaitre et comprendre les hommes… et leur monde. Par ailleurs J’ai conscience que dans un autre type d’école j’aurais appris d’autres choses très intéressantes et différentes à la fois… j’ai juste choisi la façon d’apprendre qui me correspondait le mieux sans dénigrer les autres… tu devrais en faire autant.
C’est parce qu’on a des formes d’enseignements diverses que l’on préserve un pluralisme et un équilibre en rapport avec la diversité des aspirations de chacun.

 
Courageux anonyme
01H50 20/11/2007

Evidemment, il ne s’agit pas de dire qu’il faut arreter d’étudier la philosophie ou la grammaire sous pretexte de non-rentabilité et de non-utilité immédiate. Le probleme, c’est la qualité de la formation délivrée. Et elles ne sont pas forcément à la hauteur. Quelques commentaires à ceux qui pensent que les entreprises souhaitent embaucher des abrutis dociles: demandez vous pourquoi elles preferent les diplomés des grandes écoles. Quand une société embauche pr un poste qualifié, elle souhaite évidemment recruter une personne serieuse, rigoureuse, autonome, pas un dézingué! Sur la sélection: personne n’en veut mais tout le monde veut voir son gamin aller en prépa… Qui voudrait d’un diplome que n’importe qui pourrait avoir? Personne, car il ne vaudrait rien! La sélection existe en France, elle est précoce, douloureuse, et se fait insidieusement, par l’échec. Apparemment ce n’est pas près de changer…