droit de suite

Pétition en faveur du colonel algérien dissident bloqué en Espagne

Si, en raison de l’impossibilité d’extrader un réfugié politique, Alger a peu de chance de récupérer le plus haut gradé dissident de l’armée algérienne, l’ex-colonel Mohammed Samraoui, ce dernier ne peut toujours pas quitter l’Espagne où il avait été arrêté le 22 octobre dans la province de Malaga avant d’être libéré neuf jours plus tard.

Celui qui fut le premier et seul officier supérieur algérien à témoigner à visage découvert sur les exactions du haut commandement militaire pendant la sale guerre de la décennie 90 avait été arrêté dans le cadre d'un mandat d'arrêt international émis par la justice algérienne pour « désertion, atteinte au moral de l’armée et terrorisme ». Or, quinze jours après sa mise en liberté provisoire, ses papiers d'identité ne lui ont toujours pas été rendus et il doit se présenter deux fois par semaine à un juge espagnol. Officiellement Madrid attend qu'Alger lui transmette la demande d'extradition pour étudier le dossier, ce qui peut prendre plusieurs semaines. Du coup, Mohammed Samraoui, qui vit en Allemagne où il bénéficie du statut de réfugié politique depuis 1996, ne peut regagner son domicile et court le risque de perdre son travail.

Face à « cette situation indigne de la démocratie espagnole », de très nombreuses personnalités d’Europe et du Maghreb ont signé une pétition en faveur de ce « vrai démocrate, qui a déserté la Sécurité militaire algérienne (DRS) parce qu'il était en total désaccord avec les violations des droits de l'homme graves et répétées commises par ses chefs ». Ces personnalités s’étonnent que «la justice espagnole ait été la seule à prendre au sérieux cette grotesque accusation de « terrorisme » qui ne vise qu’à persécuter un authentique défenseur de la cause des droits de l'homme dans son pays et à faire taire par la menace tous les opposants au régime antidémocratique algérien».

Refusant de « croire que la justice espagnole puisse se rendre complice de cette manœuvre, ce qui signifierait une violation de la loi qui réglemente le droit d'asile et la situation de réfugié (...), les signataires demandent à la Audiencia Nacional de permettre à Mohammed Samraoui de regagner sans délai son domicile en Allemagne et d'abandonner toutes les poursuites contre lui ». Faute de quoi, la prochaine visite à Alger du premier ministre José Luis Zapatero risque fort d’apparaître comme le non dit de cette situation kafkaïenne.

José garçon


Articles suivis : Alger veut récupérer un colonel dissident réfugié en Europe, et Le colonel algérien dissident libéré par l'Espagne


En notant les commentaires pour leur pertinence, vous en facilitez la lecture. Les moins bien notés se replient d'eux-même mais peuvent s'ouvrir d'un clic. Pour pouvoir commenter et noter, merci de vous inscrire. Les commentaires sont fermés après sept jours. Pour en savoir plus, lire la charte des commentaires.

 
k_reno
12H40 19/11/2007

Pourquoi remettre en cause l’integrité du journaliste sans éléments objectifs ? Bien sûr, on se doute un peu que les gens qui travaillent pour les services spéciaux ne sont pas des saints, celui-ci a eu le mérite de dénoncer les pratiques du moment ?

Alors où est le problème ? Même si ce n’est pas nécessairement un activiste démocrate, il mérite d’être protégé…

Et selon vous, quel serait l’intérêt des services français à faire de la propagande sur la situation en Algérie ? Chercher systématiquement un bouc émissaire permet d’éviter de se remettre en question, ce n’est peut être pas la meilleure des démarches.

 
LIPOCHROME
07H14 19/11/2007

On s en moque de l appartenance de jose ! l essentiel c est d empecher une injustice,laissez m.samraoui en paix..le rapprochement de l espagne avec l algerie n est pas innocent…