Et si le mail n'avait été qu'une étape entre le bon vieux courrier et les formes de communication du futur.

En 2002, tout le monde dans ma famille s'était converti à l'Internet. Pour la génération technophobe des parents, ouvrir un compte e-mail représentait une concession vis-à-vis de nous, les plus jeunes : si les enfants n'appellent pas, pensaient-ils, nous pourrons les joindre grâce à l'ordinateur.
Chacun était particulièrement disposé à envoyer des messages à ma nièce, une enfant peu bavarde au téléphone mais toujours scotchée à son PC. Mais pendant que les autres se racontaient leur vie en s'échangeant des e-mails, elle se faisait rarement entendre. J'ai finalement compris ce qui se passait : elle était trop occupée à envoyer des messages instantanés pour s'occuper du courrier électronique. Je me suis alors rendu compte que mon agilité avec l'e-mail ne faisait plus de moi un champion des nouvelles technologies, mais un vieux papi dépassé.
Ceux qui ont plus de 25 ans ne peuvent imaginer une vie sans e-mail. Pour la génération Facebook, il est difficile d'imaginer une vie limitée à l'e-mail, et encore plus une vie avant cet outil. Je me rappelle encore ce moment de fierté, en 1996, quand j'ai envoyé mon premier courrier électronique depuis un ordinateur de mon université. C'était comme envoyer une carte postale depuis le futur. Rien ne pouvait être plus rapide et plus facile que le courrier électronique.
Dix ans plus tard, l'e-mail est devenu obsolète. Selon une étude de Pew en 2005, près de la moitié des adolescents utilisant le Web préfèrent tchatter avec leurs amis. L'an passé, comScore observait que leur usage de l'e-mail avait baissé de 8%, tandis qu'il avait augmenté de 6% pour l'ensemble des utilisateurs. Tandis que les téléphones portables et les sites comme Twitter ou Facebook se popularisent, nos vieux comptes Yahoo ou Hotmail sommeillent.
L'e-mail n'est pas parfait
Comment avons-nous atteint ce point ? Il n'y a pas si longtemps, les réseaux d'e-mails formaient l'armature de l'Internet. En quelques années à peine, le courrier électronique a modifié considérablement notre manière de communiquer avec nos amis, nos proches et nos collègues. Composer des messages devant son ordinateur est devenu un rituel quotidien, le principal moyen par lequel des centaines de millions de personnes restent en contact.
Vous pourriez attribuer le déclin de l'e-mail à une lubie de nos enfants. Vous n'êtes pas cool si vous n'êtes pas sur Facebook ou MySpace, et tout le monde veut le dernier téléphone portable clinquant. Je me suis cependant résolu à l'idée que le succès de tous ces autres outils vient du fait que l'e-mail n'est pas parfait. Les messages instantanés, les SMS, les blogs et les micro-blogs, les profils sur les sites de réseaux sociaux compensent les défauts de l'e-mail.
Mettons-nous à la place d'un adolescent. D'abord, vous ne pourriez pas envoyer un e-mail à 200 amis en disant : « C'est vendredi, je suis prêt à faire la fête ! ! ! “ Mais avec un ‘tweet’ sur Twitter ou un nouveau statut sur Facebook, vous pouvez diffuser un tel message à tous vos proches. Besoin d'organiser votre soirée de vendredi ? Ce serait idiot d'envoyer un e-mail et de vous tourner les pouces en attendant la réponse ; il est plus rapide d'échanger des messages instantanés avec vos amis.
Si vous avez besoin de leur dire à quel point ils sont formidables de se joindre à vous, postez un message sur leurs pages Facebook ou MySpace pour que tout le monde puisse le voir.
L'e-mail est plus proche de la lettre que de la conversation
Tout cela est-il si surprenant ? N'est-ce pas juste ce que les adolescents font habituellement : bavarder, palabrer, traînasser ? Bien plus que l'e-mail, tous ces moyens de communication instantanée reproduisent les interactions habituelles des enfants dans la rue ou dans leur chambres. L'e-mail, en comparaison, peut sembler guindé et laborieux. Ecrire demande de la méthode et du temps, l'e-mail est plus proche de la lettre que de la conversation. Même son temps de diffusion, à peine quelques secondes, est considéré comme terriblement lent.
Ma nièce et d'autres adolescents à qui j'ai parlé (je veux dire via Facebook ou messagerie instantanée) m'ont dit qu'en moyenne, leurs téléphones portables recevaient 50 messages textes par jour. Ils racontent qu'ils envoient en même temps SMS et messages instantanés et sont sur IM (Messenger) ou Facebook dès le moment où ils rentrent de classe jusqu'à celui où ils éteignent la lumière. Quand tout le monde est en ligne, les enfants restent toujours en compagnie de leurs amis. Si vous n'êtes pas connectés en permanence, disent-ils, vous commencez à vous sentir à l'écart.
Le sentiment de perte que je ressens quant au déclin de l'e-mail a moins à voir avec la manière de communiquer qu'avec ce que nous communiquons. Le moyen par lequel nous envoyons un message influe sur son contenu. Si l'essor du BlackBerry prouve que l'e-mail peut servir à des messages rapides, ce medium semble mieux adapté à des pensées plus élaborées. Au contraire du message instantané, le courrier électronique offre l'espace nécessaire pour réfléchir à ce qu'on écrit et exprimer des nuances.
Une boîte e-mail bien tenue ressemble à une sorte de journal enregistrant vos curiosités, obsessions, introspections, excuses, conversations intimes. Les messages instantanés, au contraire, sont comme des notes sur des Post-it, utiles pour quelques minutes mais ne valant pas la peine d'être gardées. Les messages instantanés sont jetables, l'e-mail est sentimental. J'ai gardé les premiers e-mails de flirt échangés avec ma femme à l'université. J'ai des e-mails de mes parents que j'envisage un jour de montrer à mes enfants.
Première et deuxième générations d'internautes
Il existe maintenant un écart entre la première et la deuxième génération d'internautes. Les universités se rendent compte que les étudiants ignorent les annonces reçues par e-mail. Les messages des grands-parents ne sont pas lus. Et peu importe ce qui domine dans les campus, c'est toujours l'e-mail qui fait la loi dans le monde du travail. Les jeunes diplômés seront forcés de faire du courrier électronique (et non de Facebook) leur première connexion à chaque journée de travail. Pour certains, il est fastidieux de s'habituer à la prose professionnelle de l'e-mail.
La solution est-elle d'intimider ces petits rebelles et de les remettre dans le droit chemin en les obligeant à lire et écrire des e-mails ? Bonne chance. Il est plus problable que les plus vieux, comme souvent, doivent s'adapter aux nouvelles pratiques. Les universités se mettent déjà dans le bain et créent des pages Facebook et MySpace pour garder le contact avec les étudiants.
Depuis que Facebook a ouvert ses portes aux plus âgés cette année, les parents viennent et s'établissent de manière à maintenir leurs enfants à vue. Je suis moi-même devenu un fan de Facebook et la plupart de mes amis rejoignent l'Eglise. Il n'y a pas de meilleur moyen de suivre les activités, importantes et triviales, de ses amis que d'écumer les fils d'information de Facebook.
Gmail mixe élégamment messagerie instantanée et e-mail
Il peut sembler malheureux qu'au moment où les personnes âgées s'approprient l'e-mail, de nouvelles technologies rendent leurs nouvelles habitudes déjà archaïques. Mais la transition au-delà de l'e-mail sera sans doute moins douloureuse que celle vers l'e-mail. Sa popularité va diminuer, mais il est peu probable qu'il disparaisse complètement. Nous aurons toujours besoin d'un moyen pour envoyer des longs messages.
En outre, nous disposons déjà des technologies permettant de communiquer en utilisant ces différents canaux. Gmail mixe élégamment messagerie instantanée et e-mail, permettant de tchatter et de conserver ces conversations à côté des courriers électroniques. Vous pouvez maintenant recevoir des messages instantanés, des e-mails et des messages Facebook sur les nouveaux téléphones portables. Il n'est pas difficile d'imaginer un centre de commande où, sur un seul écran, vous serez capable de choisir entre envoyer un e-mail, un message instantané, une note de blog, actualiser votre statut, envoyer tout cela à la fois et avoir tous ces bouts de texte archivés. Lorsque cela arrivera, les nostalgiques de l'e-mail comme moi ne seront plus obligés de se sentir comme des dinosaures.
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De
14H50 | 15/11/2007 |
Point de vue très intéressant !
Et soudain tout s'éclaire !
Je vais me créer un profil Facebook, je reviens.
De
18H18 | 15/11/2007 |
…est très subtile.
un sujet d'actualité génère des commentaires passionnés ;
un peu trop.
hop, il disparaît de la première page, et il faut vraiment le chercher pour le retrouver.
du suivi des grèves en direct, on passe à un article sur les emails pour portables…
bon, de toutes façons, on ne peut pas s'adresser ailleurs, par ce que c'est partout qu'on se moque de nous.
De
21H12 | 16/11/2007 |
ABSOLUMENT EXACT
KANO LEE
De
09H32 | 17/11/2007 |
J'aime bien cet article, il est sympathique mais je le trouve assez imparfait dans son argumentation. L'e-mail reste LE substitut à la bonne vieille épistole. On l'écrit, on l'envoie, on en reçoit, on y répond ou pas, mais grosso modo c'est une extrapolation du courrier timbré.
La messagerie instantanée procède d'une démarche différente. On se parle (ou s'écrit) et on se voit en temps réel par le truchement d'une webcam émulée à sa bécane. Cela peut être très utile pour toutes sortes de choses. Entre autres, on sait l'intérêt des milieux échangistes pour MSN. C'est une façon de rompre l'isolement.
MySpace et Facebook sont des réseaux sociaux où l'on se crée un profil dans le but de rencontrer des gens au travers de ses goûts, de ses loisirs, de sa créativité. Mais si on creuse un peu, ces réseaux s'avèrent des repaires de no-lifers (littéralement « non-vivants », personnes qui s'emm… dans leur petites vies, ou qui ont du mal à nouer de véritables rapports d'intimité avec leur entourage) communiquant entre eux sur un mode schizophrénique. On ne montre de soi que ce qu'on veut en montrer (je me rappelle une dame d'un certain âge, en quête de bonne fortune sentimentale, qui ne postait que des photos d'elle vieilles de vingt ans) ; on se fait passer pour ce qu'on n'est pas (une poétesse californienne, dont les textes étaient très beaux, éprouvait cependant le besoin d'affirmer qu'elle était détective privée, alors qu'elle vivait en plein désert de Mojave) ; bref on se met en scène, on devient l'acteur de sa propre supercherie, on se fait croire qu'on a des centaines d'« amis » aux noms prestigieux, acteurs, personnalités politiques et du monde des affaires, rappeurs, jazzmen, compositeurs, comédiens (y compris des morts de longue date) mais dans les faits c'est tout seul qu'on pianote devant son écran.
Un beau jour le rêve se brise, et cette cassure ressemble à une descente de coke. Tout à coup on se retrouve dans la vraie vie, un quotidien où les gens ne sont pas célèbres, où rien ne rutile, dont les « amis » de Tokyo, Manchester, Los Angeles, Reykjavik et Ibiza sont désespérément absents.
Réseaux sociaux ? Je dirais plutôt a-sociaux. Car dès qu'on chope le virus (et il est facile à contracter lorsqu'on a un petit vide à combler -personne n'est à l'abri de ce type d'aléa existentiel), on peut passer des heures devant son écran à deviser avec des je-ne-sais-qui, à dix mille kilomètres de là, qui vont vous raconter n'importe quoi de fabuleux en étant convaincu que vous êtes vous-même quelqu'un de parfaitement fabuleux. Autant de temps que vous ne passerez pas à nouer de véritables relations de proximité, les seules qui vaillent. Ce n'est pas avec vos correspondants des antipodes que vous partagerez un lapin chasseur ce samedi soir. Et ce n'est pas avec eux non plus que vous allez bâiller devant les pubes de la télé ce même soir.
Mais bon, ce type de rapport parfaitement artificiel est en même temps une illusion très acceptable, en ce qu'elle fait l'économie de la confrontation au réel, et par là, de l'absence et du deuil. Si on y réfléchit, c'est très en phase avec les temps que nous traversons, la no-life assaisonnée à la sauce MySpace c'est du fast-friendly comme il y a le speed-dating (drague-express) et la fast-food (mal-bouffe). C'est si rapide et inconsistant qu'on ne s'attarde pas sur les faux-semblants et toute la solitude que cela recouvre.
Concernant la vie privée, n'oublions pas que sur la Toile nous ne révélons de nous-mêmes que ce que nous entendons en révéler. A chacun de voir l'intérêt de laisser ses coordonnées persos sur n'importe quel site ou portail. OK, votre FAI va conserver le temps légal des traces de vos surfs. Et après ? Du moment que vous restez « dans les clous » on ne dépêchera pas d'agents de renseignements à vos trousses. Cette soi-disant « transparence » de la vie privée fait partie des fantasmes qui entourent la Toile. La plupart d'entre nous, quidams au dessus de tout soupçon, n'a à cacher que des petites entorses à sa déclaration d'impôts, de ponctuelles atteintes à des législations absurdes, des micro-cocufiages et autres perversions minimes. Tout le monde sait qu'un type devant son écran ira visiter des sites de fesses tous azimuts sitôt que sa femme aura tourné le dos, et que celle-ci ne se gênera pas pour aller télécharger sur Emule le dernier film de George Clooney tout en affirmant haut et fort, au bureau, que sa seule priorité sur Internet c'est la recette du lapin chasseur sur Marmiton.org.
De plus, il existe des outils et des manipulations qui permettent de rendre nos ordinateurs parfaitement imperméables à toute intrusion. Il n'est que le traçage des FAI qui nous échappe… Et nos FAI ont leur image à tenir et leur clientèle à conserver.
De
15H32 | 17/11/2007 |
Bonjour,
En lisant ces quelques lignes,c'est un peu comme si je m'entendais parler, je suis entièrement d'accord sur toute la ligne. Je pense que vous faites partie de ceux qui prennent le temps de la réflexion. Continuez.
De
15H36 | 17/11/2007 |
Bonjour,
En lisant ces quelques lignes,c'est un peu comme si je m'entendais parler, je suis entièrement d'accord sur toute la ligne. Je pense que vous faites partie de ceux qui prennent le temps de la réflexion. Continuez.
De vol19
awash | 18H52 | 17/11/2007 |
Tout à fait en accord avec l'intervention de « Courageux anonyme » de 9h32.
Il y a une grande part de leurre, de projection dans ces contacts électroniques. Du lien peut se former mais…
L'image du « partage du lapin sauté chasseur » bien réel, réussi ou loupé, avec convivialité et l'envie de recommencer une autre fois, est sans doute le seul critère, un de seuls, critères qui peuvent définir si un lien authentique est établi ou pas…
Répondre à des mail, ou des forums, en fait on ne sait dans quel cadre relationnel on se situe vraiment, donc il y a forcément une grande part de projection, d'imaginaire. Le flou peut arranger un moment, un moment seulement.
La confidentialité est sans doute un problème. Il m'est arrivé de retrouver des logiciels espions. Il est un fait qu'avec les mémoires FAI, google, on peut imaginer, s'imaginer, et il y a bien semble t-il une part de réalité dans ces violations qu'une sorte de « caméra du bon dieu » ne cesserait de filmer. La toile se substiturait au « bon Dieu ». Celà peut-il altérer au final les interactions et recherches d'un individu sur le net… ? ou influer sur le « profiling » de certaines instituts ?
Malgré tous ces outils, les individus n'ont rarement eu le sentiment d'avoir été autant pris de solitude… quelle qualité de lien… ? Quant à interpréter les connexions pour profiler quelqu'un à tel ou tel site, ou à telles ou telles réponses, c'est probablement vu la complexité de la psyché et des interactions pas aussi évident.
à vol19
De
19H39 | 17/11/2007 |
@vol19
Une « caméra du bon dieu », dites-vous… là vous évoquez la possible survenue, chez certains, d'une espèce de névrose numérique, à ranger dans le pathologe des nouvelles maladies modernes, avec les addictions évoquées plus haut.
Un regard « venu de haut » qui nous épierait et jouerait sur nos restrictions personnelles quant à la fréquentation de certains sites disons… inconvenants. Un peu comme quand nous étions jeunes, chez le marchand de journaux, nous n'osions pas nous aventurer dans le rayon des revues roses qui tellement nous faisaient envie, nous contentant, contrits, du bon vieux Spirou.
Les logiciels espions n'ont d'autre finalité que commerciale, et tout bon antivirus est capable d'en déjouer les pièges. Il en est de même du traçage Google, dont je ne pense pas qu'il aie quelque chose à voir avec une mission impartie par la CIA et le NSA. Vous pouvez vérifier assez facilement les conséquences d'un tracking. S'il vous arrive de recevoir des offres commerciales provenant de sites de sociétés que vous n'avez pas visités, des spams en fait, c'est que vous êtes tracé. Ou alors, par mégarde vous aurez permis, en laissant votre adresse e-mail sur un site, que vos données personnelles soient utilisées à des fins commerciales - ce que vous pouvez TOUJOURS refuser en cliquant, tout simplement, sous la rubrique associée.
Vous pouvez aussi, pour limiter le tracking, refuser les cookies (manip simple dans la rubrique options de votre explorateur). Mais n'ayez aucune crainte quant à l'existence d'un « tracking de moralité », si celui-ci existait, nous serions probablement quelques millions de petits pervers fétichistes du talon-aiguille, gauchistes révolutionnaires, anarchistes de comptoir et autres échangistes par webcam interposée à avoir reçu la visite de barbouzes mandatés par l'Opus Dei et les RG réunis. Internet c'est d'abord un media, pas le catéchisme. Les finalités d'un media sont essentiellement commerciales. Tout ce qui intéresse les espions numériques, c'est quels ingrédients vous préférez acheter pour composer la sauce de votre lapin chasseur.
De Mimi92
15H20 | 15/11/2007 |
Je ne souscris pas vraiment aux conclusions technophiles de cet article.
D'abord parce que dans le monde profesionnel où je travaille (certainement archaïque et dépassé… je bosse en informatique en SSII pour des clients des grandes entreprises), l'e-mail n'est pas encore considéré totalement comme une « preuve ». Les compte-rendus importants, les contrats restent des documents écrits et signés. Alors le bavardage par messagerie instantanée… du bla bla dévoreur de temps, rien de plus !
Dans la vie privée, ben je fais partie de ces dinosaures archaïques qui préfèrent rencontrer des gens que causer par écrit à des inconnus. L'écrit c'est brutal, ne permet pas de faire passer des nuances, des intonations subtiles. Un smiley ne remplace pas un sourire, un froncement de sourcil, un hochement de tête. Je ne compte pas le nombre de personnes de mon entourage qui se sont fâchées suite à une remarque ironique mal comprise sur un mail !
Et dans ma famille, je préfère parler, ouais, en ouvrant la bouche, pas en écrivant sur des claviers ! l'idée d'un monde où la technologie serait nécessaire pour communiquer me glace le sang.
Désolée pour votre enthousiasme. Mais il faut des gens comme vous : il y a trop de pognon engagé dans ces techno « de pointe », ces outils « indispensables » pour que personne ne s'en serve…
(Maintenant si ça vous aide à ne pas rompre avec votre famille, tant mieux : mieux vaut un dialogue par écrit que plus de dialogue ! )
à Mimi92
De
15H29 | 15/11/2007 |
Entièrement d'accord !
Vive les vrais gens, les vrais (ou faux…) mais, les trahisons, les longs silences, les regards les yeux dans les yeux, la haine et les gifles bien réelles et les relations sexuelles dans un penthouse et pas via un clavier !
De
15H26 | 15/11/2007 |
Moi je trouve çà soporifique et ennuyeux au possible, qu'est-ce qu'on y apprend : rien
En gros le message interminable vise à nous faire comprendre que les mails c'est dépassé et trop technique face à la spontanéité d'autres moyens de communication que tout le monde, du moins ceux qui fréquentent ce type de site d'information générale online, connaît.
Passionnant ! Bientôt un article de deux pages pour nous dire que le fax c'est super parce que çà va plus vite que le courrier postal ?
De
15H30 | 15/11/2007 |
Je vais arrêter les somnifères et m'imprimer l'article pour ce soir
De machinchose
15H35 | 15/11/2007 |
personnellement je suis déjà myspace et facebook et gmail mais tout ce beau monde réalise t il a quel point c'est juste glauque : cet espèce de mise en lumière de sa dernière cuite, la vie privée étalée la surenchère, et surtout l'enregistrement de toutes vos donnés, de tous vos messages, de tous vos mails, de toutes vos images de toutes vos recherches, de vos agendas, de votre calendrier, de vos achats, de vos gouts…
on se livre à un frankenstein dans avec une frénésie qui me semble un peu folle.
personnellement sur mon facebook n'apparaissent que les donnés les plus controlées, pas de photos, pas trop de gouts, pas d'indication de quoique ce soit autre que ce qu'exige ma profession.
idem sur myspace.
PS : pour mieux comprendre ce que je disais plus haut : facebook n'est pas soumis au droit français et garde toutes vos information « à vie » y compris si vous supprimez votre compte.
google « lit » vos mails (gmail) pour vous soumettre de la pub, connait vos recherche par google, connait vos conversation par gtalk, connais votre agenda par calendar, connait vos photos par picassa.
pour yahoo flickr leur appartient je crois.
etc. etc.
à machinchose
De machinchose
15H40 | 15/11/2007 |
J'ajouterais aussi sur un autre thème connexe que le sentiment que j'ai vis à vis de ces merveilles de la communication c'est que l'on se parle beaucoup pour ne rien dire. ça à sans doute toujours été un peu vrai mais il y a un desastre du language en ce moment dans les jeunes générations qui ne savent plus s'exprimer, dispose d'un vocabulaire minimal etc. C'est ou ce sera pour beaucoup d'entre eux à l'origine d'un drame social (études emploi etc.) mais cette réalité est masqué par l'émerveillement un peu couillon des « vieux » devant l'inventivité du sms ou du chat…
personnellement je n'ai rien contre cette inventivité mais si vous ne savez plus vous exprimez autrement ça donne des catastrophes scolaires, vous ne maitrisez plus les concepts, vous n'avez plus le vocabulaire, vous ne comprennez plus et vous êtes vite réellement « exclu » et très vite le sentiment d'appartenance à une « communauté » de 12 000 membres ne fera plus illusion.
à machinchose
De
16H43 | 15/11/2007 |
C'est clair, après éléctions piège à cons, facebouc pièce à plouc
De
20H40 | 15/11/2007 |
Fesse bouc ? Ca craint comme non
à machinchose
De
16H30 | 15/11/2007 |
Oui, d'autant que myspace comme facebook sont des sites hébergés aux USA si je ne m'abuse, et par conséquent soumis à la législation américaine, donc au Patriot Act. En gros, vous êtes un vrai livre ouvert pour qui désire mieux vous connaître. A des fins éloignées de toute velléités mercantiles ou sécuritaires…bien évidemment…
Big Brother is watching you…
De Trente.Nerfs
chercheur en Île de France | 15H35 | 15/11/2007 |
Quand je me suis inscrit sur Facebook, j'ai été noyé sous les e-mails, alors j'ai du mal à comprendre les conclusions de cet article.
On ne peut pas envoyer un e-mail en un clic à 200 personnes ? Mais alors le SPAM c'est quoi ? J'aimerais bien qu'on ne puisse pas, mais c'est mal barré : )
: /
De
15H50 | 15/11/2007 |
Comme vous le faites vous-même remarquer dans votre article, la base de vos prédictions est l'observation des formes actuelles de la sociabilité adolescente. S'il est utile de signaler des évolutions techniques, un élément au moins ne change pas : les adolescents cherchent autant que possible à rester en contact avec les groupes d'amis qui leur servent à définir leur identité.
Ce qui est particulier avec les conditions techniques permises par l'Internet à haut débit (qui n'est pas disponible dans tous les foyers, loin de là - la plupart des étudiants n'ont pas d'accès à Internet, coupés comme ils le sont de leurs parents, ce qui explique en partie pourquoi les messages de l'université restent inaperçus), est que le « rêve » de certains adolescents -ceux qui dans le temps étaient pendus à leur téléphone malgré les récriminations de leurs parents- est enfin réalité : ils peuvent garder le contact avec leur bande et leurs meilleurs amis sans encourir les reproches de leurs parents.
Les nouveaux mediums tels que facebook, le sms, les tchats contribuent-ils à un émiettement des relations sociales ? Je dirais que pour les adolescents, il n'y a pas de différence notable. Ils n'ont pas grand chose à se dire, au fond, et leurs conversations reposent essentiellement sur la fonction phatique, c'est-à-dire le simple acte de parler, de communiquer pour communiquer, pour ne pas se sentir seul.
Cette phase passera (comme on dit), pourvu que l'adolescent ait une maîtrise suffisante de la lecture et de l'écriture pour lire autre chose que des SMS. L'archaïsme et la modernité ne sont nulle part, et en tout cas pas dans l'usage qu'on fait de la technologie. Les adultes n'ont pas les mêmes besoins et les mêmes obsessions que les adolescents. Ils veulent des souvenirs, des choses tangibles, toujours pour constituer leur personnalité.
Chacun sa manière d'utiliser la technologie.
De
16H07 | 15/11/2007 |
Le mail est un standard, Twitter, facebook sont des societes privees.
En disant :
« Mettons-nous à la place d'un adolescent. D'abord, vous ne pourriez pas envoyer un e-mail à 200 amis… »
Vous vous decridibilisez entierement, vous nous proposez un Mail 2.0 ?
De Pibole
auteur | 16H35 | 15/11/2007 |
Pour communiquer, les ados ont à leur disposition toute une gamme d'outils
- le face à face (toujours agréable surtout avec ses meilleurs potes, son ou sa
chérie)
- Le téléphone : mobile, les conversations sont limitées par les forfaits bloqués : parents pas cools !
- Téléphone maison : Surveillé hargneusement par les mêmes parents : attention pas de conversations illimitées sur les portables, mais reste autorisé pour le bavardage sur ligne fixe. A l'autre bout de la ligne, les vieux du correspondant sauront bien faire la police
- SMS ou texto : très pratique. On se sent moins seul, et ça coûte pas cher. Permet de prévenir les parents (jdor ché Juju) et d'éviter de longues négociations. Inconvénient : à la longue, nuit gravement à l'orthographe.
- MSN messagerie instantanée. Génial. je suis sous perf de potes même quand je fais mes devoirs. Je suis capable de tenir dix conversations à la fois. Ma mère s'y met. C'est comme ça qu'elle me prévient qu'il faut que je vienne manger. Le blème c'est qu'elle attend la réponse sans rien faire d'autre. Elle dit que ça lui prend un temps fou. Je la comprends pas, moi je boucle en même temps mon DM de Maths, je tchate avec Lulu et je m'engueule avec Pantin.
- Le Blog. Qui dit que c'est un journal intime ? Interdit aux parents, certes, mais c'est la vitrine de l'ado. il s'y montre à son avantage, va faire des recherches esthétiques, va dévoiler une jolie plume. Il faut qu'il soit fréquenté. Sa popularité est un gage de réussite perso. Un ado peut en avoir plusieurs.
-Le mail : utilisé tout de même, car il faut avoir une adresse pour toutes les inscriptions sur des sites. Permet d'envoyer des CV. Lieu d'échange avec la famille.
- Facebook : permet de se situer dans le groupe
- Le courrier : Parfois, dans une histoire d'amour, le bon vieux bout de papier rend bien des services…
Voyez, nos petits sont des génies. Eux dont on n'est pas sûr qu'ils sachent parler lorsqu'ils sont avec nous à table, sont capable de jouer de chacun de ces instruments avec beaucoup de facilités.. et de subtilité. Alors que nous utilisons éventuellement ces outils l'un après l'autre, eux les utilisent simultanément, en sus des sites du net, qui leur servent pour faire des recherches, copier des liens etc…
Allez, ne soyez pas vieux jeu, imaginez-vous au même âge. Être non-stop en communication avec Patrick, Alain, ou Philippe… hein ?
http://20six.fr/pibole/
à Pibole
De
10H22 | 16/11/2007 |
Il n'y a pas que les petits : ) Ma fille ne sait pas encore écrire, mais avec une mère connectée à 5 comptes de messageries instantanées simultanément, inscrite sur l'ensemble des sites de réseaux sociaux pour parfaire son réseau pro et blogueuse invétérée, il y a fort à croire qu'elle sera soutenue dans sa découverte de la techno, de ses avantages et de ses dangers.
Et pour ceux qui s'accrochent à leur « mais ma bonne dame, on ne se parle plus, de nos jours ! ! ! », je leur opposerai que j'ai pu maintenir un lien fort avec des amis partis au bout du monde, rencontrer des passionnés de photos devenus des amis, trouver l'amour et bien plus encore grâce à ces outils.
Le net ouvre des perspectives illimitées en matière de rencontre et d'appréhension d'autres cultures, mieux ça que causer de la pluie et du beau temps avec Mme Michu !
De machinchose
11H16 | 16/11/2007 |
voilà ! ça ça me tue !
ce n'est pas parce que je suis critique et inquiet que je ne profite pas de ce que m'offre les nouvelles technologies. Graces à elles j'entretients des liens avec des amis au japon aux USA et ailleurs, amis que j'aurais probablement perdus de vue sans ces technologies.
ça ne m'empêche pas de rester lucide.
pourquoi faut il que dans notre monde on soit toujours OUI ou NOn Noir ou Blanc etc.
ras le bol de la pensée binaire.
De
16H17 | 15/11/2007 |
Et combien pour cette pub ^^ allons Rue89 faites nous des articles, pas des bidons d'articles mettant en valeur facebook ou autres. Comme je suis un lecteur sympa j'ai cliqué sur le lien partenaire. ça rapporte combien mon clic : )
Fr@n6 le papoteur briard :
http://papotagebriard.canalblog.com
De
16H46 | 15/11/2007 |
C'est pas une pub », c'est un publi-reportage, nuance.
C'est çà le problème de la gratuité, c'est que si tu sors l'annonceur par la porte en refusant de lui vendre ton indépendance, il revient par les fenêtres te l'acheter…
De Pierre Haski
Rue89 | 17H16 | 15/11/2007 |
Hélas, vous pouvez cliquer autant de fois que vous voulez, ça ne nous rapporte pas un centime, ni à nos partenaires de Slate d'ailleurs. Vous l'avez remarqué, c'est donc un article traduit du site d'informations américain Slate.com. Il y a quelques jours, nous avions repris un précédent article de Slate, expliquant que le programme de pub de Facebook était voué à l'échec, et n'arrivait pas à la cheville en terme de potentiel de Google. Aujourd'hui vous venez nous dire que cet autre article de Slate est une pub pour Facebook ! Et si c'était du journalisme tout court, négatif dans l'analyse du programme pub de Facebook positif sur son aspect réseau ? Ca serait nouveau, non ? Sachez en tout cas que Rue89 n'a d'intérêts financiers ni avec Slate ni avec Facebook. Le seul intérêt dans cette affaire était la pertinence de l'article, mais vous êtes libre d'en juger autrement. Cordialement.
à Pierre Haski
De machinchose
17H24 | 15/11/2007 |
franchement ! une enquête ayant pour base « la niece » de l'auteur et ses potes !
ça ressemble surtout à un article de sujet « société » pour magazine féminin genre « comprenons nos enfants »…
aucun recul, aucune reflexion. Juste une sorte d'éblouissement un peu neuneu devant la merveilleuse fée téchnologie. Vous avez payé pour cet article ?
parce que si oui je peux vous fournir de la reflexion un poil plus poussée sur l'aspect proprement sidérant de ce qui est en train d'être fait à notre vie privée par le net.
Pour résumer mon propos : l'idée de vie privée telle que nous l'entendons depuis pas mal de temps est en train de disparaitre totalement et ça a, l'air de rien, des conséquence potentielles gravissimes.
à machinchose
De
19H25 | 15/11/2007 |
votre remarque finale est intéressante. Il faudrait néanmoins ne pas oublier les (nombreuses) parades à notre disposition.
à machinchose
De Pierre Haski
Rue89 | 19H29 | 15/11/2007 |
N'hésitez pas à nous proposer votre point de vue sur le sujet, évidemment. Et vous ne serez pas plus payé que l'auteur de l'article que vous critiquez tant !
à Pierre Haski
De machinchose
20H06 | 15/11/2007 |
hé hé !
merci de la réponse.
oui je critique parce que je trouve qu'il y a autour de ces question une sorte de fausse inconscience chez les « spécialiste » (voir l'émission sur culture, le vendredi matin sur le net) qui ne veulent pas trop aborder la question fondamentale du controle mais vendent toujours la même soupe un peu simplistes (et ils le savent) du « c'est tellement fun le futur »…
et quand vous en parlez avec eux, en dehors de ce cadre, ils sont en panique totale devant l'inconscience du public qui se rue et se livre. Alors oui il y a des parades mais tout le monde n'est pas informaticien.
Je veux dire qu'il serait très largement temps d'ouvrir le débat sur big brother. Et qu'on ne me dise pas que ça a été fait. c'est faux.