Bernard Kouchner dénonce avec virulence l'ONG Arche de Zoé qui voulait évacuer 103 enfants de l'est du Tchad vers la France. Pourtant, en 1994, au Rwanda, l'actuel ministre des Affaires étrangères voulait lui aussi ramener des orphelins en France. Les motivations qui animaient le » French Doctor » semblaient alors assez obscures au commandant des Casques Bleus sur place.
Action humanitaire » dévoyée » , » Arche de zozo » , » triste aventure » : Bernard Kouchner n'a pas eu de mots assez durs pour dénoncer la tentative de cette curieuse Arche de Zoé de ramener en France des enfants du Darfour. Emettant d'emblée des doutes sur la qualité d'orphelins des enfants, le Quai d'Orsay n'en a pas moins rappelé, le 25 octobre, qu'en matière d'adoption » les procédures sont extrêmement rigoureuses dans le bien même des enfants » .
» Procédure » et » rigueur » : deux notions dont Bernard Kouchner semble pourtant, à l'occasion, avoir fait moins de cas. Au Rwanda, en mai 1994, alors que le génocide des Tutsis faisait rage depuis plusieurs semaines, le French Doctor débarquait à Kigali avec une suite de journalistes. Son but : évacuer des orphelins tutsis vers la France, au nom d'un collectif d'ONG française.
L'ancien commandant de la Mission des Nations Unies au Rwanda, le général Roméo Dallaire, a longuement raconté cet épisode dans » J'ai serré la main du diable » , livre témoignage dans lequel il relate sa mission au pays des Mille Collines. Lorsque l'officier canadien rencontre Kouchner dans la capitale rwandaise, ce dernier lui annonce » que le public français est en état de choc et qu'il exige des actions concrètes » .
Le commandant des Casques Bleus s'oppose d'abord au projet » d'exporter des enfants, qu'ils soient orphelins ou pas » .
» On ne pouvait s'en servir comme porte-enseigne pour que quelques Français bien-pensants se sentent un peu moins coupables du génocide » , ajoute-t-il.
En fait, Roméo Dallaire espère encore obtenir les renforts nécessaires pour mettre fin aux massacres. Attitude sans doute naïve, puisque au début du génocide, l'ONU réduisit son contingent de trois mille à moins de trois cents hommes.
Quoi qu'il en soit, au lendemain de leur première rencontre, Dallaire et Kouchner doivent se revoir avec des officiers supérieurs de l'armée rwandaise. Parmi eux, le colonel Théoneste Bagosora, » cerveau » présumé du génocide. La rencontre se déroule au Diplomates, un hôtel de luxe de Kigali. Kouchner attaque les militaires bille en tête, les accusant d'être responsables de la situation tragique dans lequel se trouve le pays. Après quelques protestations de pure forme, les officiers rwandais acceptent l'évacuation d'orphelins tutsis. Roméo Dallaire raconte ainsi la fin de l'entrevue :
» La réunion s'est terminée sur Bagosora et ses chefs promettant d'aider à l'évacuation des orphelins, alors que Kouchner était à la tête de sa pléthore de journalistes. J'ai détesté l'argument de Kouchner qui estimait que ce genre d'action serait une excellente publicité pour le gouvernement intérimaire. Je n'aimais déjà pas l'idée de faire sortir du pays des enfants rwandais, mais se servir de ce geste pour montrer une meilleure image des extrémistes me donnait la nausée. »
» Son rôle était clair »
Contre toute attente, le général canadien se rallie au plan de Kouchner. Il escompte en effet qu'il débouche sur un cessez-le-feu entre l'armée gouvernementale et le FPR, la rébellion tutsie. Mais la milice Interhamwe crée » des problèmes » et l'opération prend du retard. Le colonel Bagosora est » désespéré » car il tient à l'évacuation » avant que Kouchner et sa suite de journalistes ne quittent la ville » .
Lorsque le projet capote définitivement, Bagosora s'en prend au chef des Casques Bleus qu'il accuse de lui faire perdre » la face devant l'opinion mondiale » . Revenant sur l'attitude de Kouchner, Roméo Dallaire écrit :
» J'ai pris mentalement note de bien observer les motifs qui l'inspiraient ainsi que les actions qu'il entreprenait. »
Pour autant, le général canadien confie s'être bien entendu avec Kouchner à qui il trouva de nombreuses qualités. Il se dit » heureux » de le revoir quelques semaines plus tard » même si je ne savais jamais quand, ou, si, son humanitarisme masquait les intérêts du gouvernement français » .
Sa joie fut cependant de courte durée, puisque le French Doctor revenait avec un mandat officiel de Paris pour lui » vendre » Turquoise. Cette intervention militaire française avait été décidée » dans l'intérêt de l'humanité » , lui expliqua Kouchner. Le général canadien entra alors dans une rage folle, dénonçant l'hypocrisie des Français « au courant que leurs alliés étaient responsables des massacres » . » Au moins » , note Roméo Dallaire au sujet de Kouchner, cette fois-ci, » son rôle était clair » .

























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De
12H27 | 14/11/2007 |
c'est cette lettre qui pour moi est incompréhensible..et je la lis pourtant avec un oeil favorable..malgre cela , je ne comprends rien aux interets du docteur frère..(et puis des fois..c'est vrai on choisit pas sa famille..) alors..un complot des Sarkoz'brothers…j'ai des doutes ..
De
12H42 | 14/11/2007 |
Il y a un étrange désir masochiste de la part des gens à se dire que le pire a failli se produire. Je crois qu'ils aiment ça. C'est un aspect de leur amour du divertissement.
François Sarkozy que j'ai eu la joie de connaître, alors qu'il n'était encore qu'un enfant, est un homme d'une intégrité remarquable.
Rue89 s'honorerait à effacer ce torchon au plus vite ou la loi s'en chargera.
Alviano
De Pierre Haski 9
Rue89 | 13H05 | 14/11/2007 |
La lettre à laquelle vous faites référence contient des accusations diffamatoires, ou en tout cas non prouvées, et tombe ds lors dans le cadre de la Charte des commentaires de Rue89. Elle a été retirée.
à Pierre Haski
De
17H07 | 14/11/2007 |
Merci Pierre Haski..
Je m'informais seulement sur cette lettre,car elle circule pas mal et vous aviez notamment le lien sur votre site dans je ne sais plus quel sujet ! !
Ouf,je suis soulagée qu'il n'y ait rien de vrai dans son contenu,si ce ne sont que des accusations diffamatoires ! !
Bonne fin de journée.
à Pierre Haski
De
17H42 | 14/11/2007 |
C'est un zigoto qui s'est fait une spécialité d'usurper ma signature…
Vieille méthode, qui ne saurait tromper personne.
Désolé que ce personnage vous ait ému.
Alviano
De Pierre Haski 9
Rue89 | 18H29 | 14/11/2007 |
Il ne m'a pas « ému », mais il est exact que le contenu de cette lettre peut être jugé diffamatoire, ce qui signifie qu'il y a des accusations non étayées par des preuves -mais ne signifie pas nécessairement qu'elles sont fausses- mais en tout cas elle franchit allègrement la ligne rouge de notre charte.
De
17H32 | 14/11/2007 |
Un homme d'une intégrité remarquable ?
Je te conseille le livre Place Beauvau : la face caché de la police.
PS : Je ne suis pas Pierre Haski, je ne sais pas pourquoi c'est marqué comme étant mon nom.
De
13H38 | 15/11/2007 |
mais c'est trop ça, les diffammations ne cessent de se multiplier de toutes parts quelle est cette lettre, et pensez vous vraiment qu'ils s'en soucient la haut avec tout ce qui circule ?
De
20H47 | 16/11/2007 |
Courageux anonyme,
Parfois les intentions sont aussi graves que les actes ! Se servir d'orphelins pour redorer le triste (et grave rôle) de la France dans ce génocide me parait scandaleux à moi ! Je connais aucun membre des Sarkozy mais je connais bien le Rwanda et son contexte politique… pour y avoir fait de nombreux séjours… contrairement à vous ! Kouchner n'est plus que le caniche de Sarkozy et son triste passé explique cela…
Jerome
De
16H41 | 14/11/2007 |
Kouchner n'a jamais caché qu'il était favorable à l'interventionnisme humanitaire…
Il savait ce que l'Arche de Zoé comptait faire… voir le Canard Enchainé du jour
Pendant ce temps là, les massacres continuent…
Pendant ce temps là, Kouchner enregistre un disque…
LES MOTS SONT IMPORTANTS : : http://lesmots.freelatitude.net
De Daniel R
Visiteur d'entreprise | 20H39 | 14/11/2007 |
J'ai des doutes.
Lorsque l'on a l'honneur d'être choisi comme enquêteur sur la réalité des relations entre les birmans martyrisés et TOTAL, on devrait avoir la décence de refuser tout paiement d'honoraires.
Kouchner, hélas ne semble pas fait de ce bois là. Cela jette une première ombre sur sa personnalité et sur ses engagements. Son ambition sans frein dévoilée par son ralliement à Sarko, confirme que l'individu n'est pas celui que l'on croyait.
La légende du French-doctor n'est-elle en définitive qu'une légende batie par ses amis du show-bizeness-médiatique ?
Ce n'est plus vraiment une surprise. Etre pour l'intervention américaine en Irak, c'est approuver d'avance les massacres collatéraux de centaines de milliers de civils innocents. L'Histoire a montré, de Dresde à Hannoi en passant par Tokyo le goût des bombardements massifs à haute altitude des courageux cow-boys volants de l'oncle Sam.
Qu'un tel homme est pu se faire passer pour ce qu'il n'est pas et faire illusion si longtemps, montrent bien le pouvoir de désinformation des groupes média-militaro-industriels qui nous tiennent sous leur coupe.
De pikasso02
12H56 | 14/11/2007 |
Pourquoi, quand j'appuie sur « utile » concernant les précédents messages, me donnez-vous deux points rouges au lieu d'un, et pourquoi me placez-vous dans « pertinent » ? Votre ordinateur doit avoir des problèmes ! ! !
à pikasso02
De Yifu66
15H36 | 14/11/2007 |
Cette question a déjà été débattue 100 fois.
Je résume :
Pendant que vous lisez les messages l'écran de votre ordinateur ne se faffraichi pas alors que d'autres personnes votent.
Quand vous votez, votre action entraine un rafraichissement de l'écran et c'est la moyenne instantannée que vous voyez.
De
13H44 | 14/11/2007 |
kouchner a bien caché son jeu et dire qu'il était au Ps
je suis effarée d'avoir voté un jour Mitterrand
De
14H03 | 14/11/2007 |
Le Canard enchaîné, vient de publier une lettre dans laquelle le président de l'Arche de Zoé remercie le conseiller pour l'Afrique de Kouchner, auquel il donne du « cher Laurent », de « l'excellent accueil qu'il a reçu au Quai d'Orsay le 4 juillet ».
Dans cette lettre, le président de l'Arche de Zoé fait par ailleurs référence à « la lettre adressée le 1er juin dernier à monsieur le Ministre des Affaires étrangères pour l'informer de notre opération ».
De
16H08 | 14/11/2007 |
L'Arche de Zoé avait promis de « collaborer discrètement » avec le Quai d'Orsay
http://www.20minutes.fr/article/194401/Monde-L-Arche-de-Zoe-avait-promis…
De
15H23 | 14/11/2007 |
ON n'appelait pas encore ça de « l'ingérence humanitaire » mais c'était tout comme.
De
15H32 | 14/11/2007 |
Quels que soient mes sentiments ou les vôtres à l'égard de BK, faire une comparaison entre la situation au Tchad et le Rwanda est malvenu et mal avisé. Pour autant que je déplore sa cooptation par différents gouvernements, je ne peux qu'imaginer le sentiment d'impuissance d'un des fondateurs de MSF devant la situation au Rwanda. C'est peut-être la seule fois que les contours du devoir d'ingérence ont été aussi clairs, et qu'une intervention militaire de grande échelle de la part de la France était justifiée. Le Rwanda est la seule raison qui m'empêche de m'opposer catégoriquement au devoir d'ingérence.
J'ai lu il y a peu de temps une lettre ouverte de Daniel Cohn-Bendit à BK. C'était une lettre amicale qui rappelait que celui aujourd'hui qui est tant vilipendé avait été autrefois un homme extrêmement courageux. Ne fabriquons pas des personnages tout noir ou tout blanc, surtout quand il s'agit de la vie des autres. L'Arche de Zoé est une triste affaire, mais on ne peut pas la comparer à la situation du Rwanda.
De
15H41 | 14/11/2007 |
Comparer l'incomparable est toujours inutile.
1/ Au Rwanda, c'était un génocide, les enfants Tutsi étaient massacrés quotidiennement par les miliciens Interahamwe et les militaires des FAR du seul fait de leur appartenance ethnique.
2/Il serait honnête de rappeler qu'au moment où Kouchner a tenté d'intervenir, plusieurs dizaines d'enfants placés sous la protection du père Blanchard, un français, dans le quartier Nyamirambo à Kigali, venaient d'être assassinés par les miliciens Hutu.
Rwanda : Massacre à l'orphelinat
http://www.humanite.fr/1994-06-13_Articles_-Rwanda-massacre-a-l-orphelin…
Voir aussi « Des images contre un massacre ».
2/Un peu de précision ne nuit pas. Les enfants en question, étaient placés dans l'orphelinat Gisimba également dans le quartier de Nyamirambo, à quelques centaines de mètres des enfants que le père Blanchard a tenté en vain de sauver de la mort. L'orphelinat Gisimba était harcelé nuit et jour par des miliciens Interahamwe. Et sans le courage héroique de Damas Gisimba et de son frère, ces enfants auraient été tués. C'est eux qui ont demandé de l'aide.
Reprocher à Bernard Kouchner d'avoir tenté de sauver ces enfants, c'est méconnaitre ce que c'était le génocide des Tutsi, au Rwanda d'avril à juillet 1994.
Il n'est jamais trop tard pour apprendre. Pourquoi ne pas rencontrer Damas Gisimba ? Il vit toujours à Kigali. C'est toujours mieux que de faire du « google journalisme ».
De
18H21 | 14/11/2007 |
Comment oser reprocher a Kouchner d'avoir tenté de sauver des enfants Tutsis au plus fort du génocide ?
Alors comment oser publier un tel article sur Rue89 ? Tendancieux, inutile, nocif.
De
17H11 | 14/11/2007 |
Vous n'allez pas rester longtemps sur ce site à mon avis…
De Pierre Haski 9
Rue89 | 17H15 | 14/11/2007 |
Non, effectivement, car la loi interdit de lancer des accusations sans preuves, ça s'appelle de la diffamation.
à Pierre Haski
De
20H17 | 14/11/2007 |
Beaucoup doivent se demander de quelle lettre s'agit-il ?
Je récapitule donc,ce matin j'ai envoyé la lettre ouverte du député Tchadien Ngarlejy YORONGAR à notre Président
(lettre ouverte que l'on trouve partout).
Je pensais bien qu'elle serait supprimée…
Un autre a remis le lien…
D'où mon post qu'il ne va pas rester longtemps sur le site..
Voilà..Z'avez compris maintenant, ?
D'ici quelque temps,vous comprendrez mieux…car les langues vont se délier ! !
Monsieur Pierre Haski,puis-je vous demander si certaines investigations sont faites par rapport à ce délicat sujet ?
Merci
De Delmasse
18H14 | 14/11/2007 |
« Bernard Kouchner travaillait pour l'Elysée aux fins de redresser l'image du gouvernement génocidaire » -un journaliste français
Kigali, June 01 (RNA) - Mercredi 23 Mai, le journaliste francais, Serge Farnel, s'est exprimé devant plusieurs centaines d'étudiants dans le Grand Auditorium de l'Université Nationale du Rwanda (UNR) à Butare sur ses réflexions relatives à la question de l'implication de la France dans le génocide des Tutsi du Rwanda, ainsi qu'aux futures relations diplomatiques entre le Rwanda et la France.
[…]
Le journaliste s'est ensuite concrètement penché sur l'avenir des relations diplomatiques entre la France et le Rwanda, ce dans le cadre du nouveau contexte défini par la nomination, au Quai d'Orsay, de Bernard Kouchner.
Rappelant que le French Doctor a récemment préfacé le livre « Rwanda, pour un dialogue des mémoires » (Coédité par Albin Michel et l'Union des Etudiants Juifs de France (UEJF), avril 2007), dans laquelle il écrit que « l'armée française n'a pas plus organisé le massacre qu'elle n'a participé directement au génocide », Farnel a exprimé ses doutes quant au fait que Kouchner soit aujourd'hui le plus à même de rétablir la confiance entre les deux pays.
« Non que l'on puisse affirmer que la France a organisé ou participé directement au génocide », a-t-il précisé, « mais parce que la technique de rhétorique utilisée par l'actuel ministre français des Affaires étrangères est digne des “ stratagèmes ” énoncés par Arthur Schopenhauer dans “ L'art d'avoir toujours raison ”. » Et de considérer que « Kouchner a ainsi tenté, en conscience, d'exonérer la France d'une responsabilité qu'il a lui-même artificiellement circonscrite à l'organisation et à la participation directe dans le génocide. Le French Doctor se gardant bien toutefois d'écrire explicitement que la France n'en fut pas complice. » Une phrase qui, selon le journaliste français, serait du même acabit que celle qui a consisté à affirmer qu » « on ne pouvait tout de même pas accuser les Français d'avoir tenu les machettes. » « De cela non », a poursuivi Farnel, « mais on peut au moins les accuser d'en avoir distribuées aux miliciens pendant l'opération Turquoise, ce si l'on en croit un des témoignages que j'ai pu entendre à Kigali à l'occasion de la deuxième phase de la Commission Mucyo. (Commission Nationale Indépendante relative à l'implication de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda, ndlr) »
Pour ce qui est de la participation directe de la France au génocide, Farnel s'est fait on ne peut plus clair, lorsqu'il a fait référence au témoignage d'un ancien Interahamwe qu'il a lui-même entendu alors qu'il s'était déplacé dans les montagnes de Bisesero, dans l'ouest du Rwanda, aux fins d'accompagner la Commission Mucyo : « Le fait que les militaires français ont aiguillé, à l'aide des barrières qu'ils avaient eux-mêmes érigées, les convois d'assassins vers les lieux précis où s'étaient réfugiés, dans les montagnes de Bisesero, des milliers de civils tutsis, est », a précisé Farnel, « constitutif, à tout le moins, d'une complicité active dans l'exécution même du génocide. »
Serge Farnel a ensuite rappelé que du 12 ou 18 mai 1994, l'actuel chef du Quai d'Orsay s'était rendu au Rwanda officiellement pour ouvrir un « corridor humanitaire » à Kigali afin d'évacuer des orphelins.
Tout en s'appuyant sur un texte de Kapler et Morel, texte puisé au sein de la revue collective « La nuit rwandaise », le premier numéro d'une revue annuelle en hommage à Jean-Paul Gouteux, et parue le 7 avril dernier à Paris et à Kigali, il a tenu à rappeler qu'à la mi-mai 1994, tandis que Jean-Hervé Bradol, alors médecin chez Médecins Sans Frontières, avait, lui, clairement dénoncé, sur TF1, le génocide en cours, allant jusqu'à mettre en cause la France pour son soutien aux tueurs, Kouchner, quant à lui, s'en était, tenu, trois jours plus tard, dans le quotidien français Le Monde, à n'évoquer qu'une « catastrophe humanitaire. » « Or ça faisait pourtant plus d'un mois que le génocide des Tutsi avaient démarré ! », s'est alors indigné Serge Farnel, avant d'ajouter que « Kouchner n'était pas sans l'ignorer. »
C'est que le French Doctor était, selon Farnel qui s'est à nouveau référé à la revue « La nuit rwandaise », missionné par l'Etat français. Le journaliste qui, à l'appui de son affirmation, a cité une note de Bruno Delaye, alors « Monsieur Afrique de l'Elysée », dans laquelle ce dernier fit part au président Mitterrand de l'échec des négociations visant à permettre l'évacuation des orphelins. Le même jour, selon le Canadien Roméo Dallaire, alors chef militaire de la Mission des Nations Unies Au Rwanda (MINUAR), Bernard Kouchner avait tenté de convaincre le cerveau présumé du génocide, Théoneste Bagosora, qu'une telle opération eut été pour le gouvernement intérimaire génocidaire, « une excellente publicité ».
Farnel a alors précisé que cette déclaration stupéfiante de l'actuel ministre français des Affaires étrangères était à mettre en perspective avec l'entrevue qu'avaient eu, quelques jours plus tôt, à Paris, le général français Huchon, alors chef de la mission militaire de coopération, et le lieutenant-colonel rwandais Rwabalinda. Ce dernier avait, en effet, fait état, dans une note qu'il adressa alors à sa hiérarchie, des propos que lui avait tenus le général français : « Les militaires français ont les mains et pieds liés pour faire une intervention quelconque en notre faveur à cause de l'opinion des médias que seul le FPR (Front Patriotique Rwandais, ndlr) semble piloter. » Rwabalinda avait ajouté que « si rien n'(était) fait pour retourner l'image du pays à l'extérieur, les responsables militaires et politiques du Rwanda ser(aie)nt tenus responsables des massacres commis au Rwanda. »
« De là à en déduire que Bernard Kouchner travaillait pour l'Elysée aux fins de redresser l'image du gouvernement génocidaire », a déclaré Farnel aux étudiants de l'Université Nationale du Rwanda, « il n'y a plus qu'un pas à faire. » Et de conclure : « A chacun maintenant de faire son chemin. »
Kouchner qui, a précisé Serge Farnel, est retourné le 17 juin 1994 au Rwanda, se présentant à Dallaire, comme étant l'« interlocuteur pour son gouvernement sur le terrain », et suggérant que les militaires français prennent pied à Kigali aux fins de sauver des orphelins, ce que le chef militaire canadien refusa net. « Et quant à la rencontre entre Kouchner et Kagame, je vous laisse imaginer », a dit Farnel à son auditoire amusé, « quelle fut la réponse de l'actuel président du Rwanda à la proposition du French Doctor d'une intervention militaire de la France. »
Pour ce qui est enfin de la réconciliation entre la France et le Rwanda, Serge Farnel s'est étonné de ce que la Belgique venait, la veille de son intervention, de se proposer pour réconcilier les deux pays. « Après l'Union Européenne », a-t-il déclaré, « c'est maintenant au tour de la Belgique de proposer ses services de médiateur. » Et le journaliste français d'avouer ne pas comprendre à quoi tout cela pouvait bien rimer. « Sur quelle autre base que celle de la reconnaissance de ce qu'une certaine France a fait au Rwanda entendrait-on donc aboutir à une réconciliation entre les deux pays ? Il est vrai », a-t-il repris, « que les absents ont toujours tort. Mais de là à s'arranger avec la vérité entre vivants, et ce sur le dos des morts … » (Fin)
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De Yvonne Mutimura
20H36 | 14/11/2007 |
Comparer l'incomparable est toujours inutile.
1/ Au Rwanda, c'était un génocide, les enfants Tutsi étaient massacrés quotidiennement par les miliciens Interahamwe et les militaires des FAR du seul fait de leur appartenance ethnique.
2/Il serait honnête de rappeler qu'au moment où Kouchner a tenté d'intervenir, plusieurs dizaines d'enfants placés sous la protection du père Blanchard, un français, dans le quartier Nyamirambo à Kigali, venaient d'être assassinés par les miliciens Hutu.
Rwanda : Massacre á l'orphelinat
http://www.humanite.fr/1994-06-13_Articles_-Rwanda-massacre-a-l-orphelin…
Voir aussi « Des images contre un massacre ».
2/Un peu de précision ne nuit pas. Les enfants en question, étaient placés dans l'orphelinat Gisimba également dans le quartier de Nyamirambo, à quelques centaines de mètres des enfants que le père Blanchard a tenté en vain de sauver de la mort. L'orphelinat Gisimba était harcelé nuit et jour par des miliciens Interahamwe. Et sans le courage héroïque de Damas Gisimba et de son frère, ces enfants auraient été tués. C'est eux qui ont demandé de l'aide.
Reprocher à Bernard Kouchner d'avoir tenté de sauver ces enfants, c'est méconnaître ce qu'était le génocide des Tutsi au Rwanda d'avril à juillet 1994.
Il n'est jamais trop tard pour apprendre. Pourquoi ne pas rencontrer Damas Gisimba ? Il vit toujours à Kigali. C'est toujours mieux que de faire du « google journalisme ».
à Yvonne Mutimura
De Dianne
20H50 | 14/11/2007 |
Et si on le laissait se sauver lui-même ?
« J'affirme que ce carnage organisé fut déclenché comme on sonne le clairon avant la bataille et préparé de longues années par des discours de haine, politiques et religieux../… Je le sais parce que j'y étais, parce que j'ai marché dans les bouillies humaines, cheminé sur des crânes frais, et glissé dans les écoles élémentaires et les lycées, sur des ossements que retenaient ensemble quelques bouts de tissus colorés.
J'ai compté jusqu'au vertige les cadavres que charriaient les rivières et je connais quelques-unes des innombrables fosses communes. Je ne pourrai jamais fermer les yeux sans revoir les milliers de prisonniers tutsis entassés dans la cour du séminaire ou de la préfecture de Gitarama, je ne sais plus. Je pleure encore en me souvenant des phrases balbutiées d'une consolation impossible que j'ai prononcées au milieu d'eux, d'eaux qui me serraient si fort que j'en ai eu peur et que je suis parti vers un secours - lequel ne vînt jamais.
Au retour du Rwanda, je me suis tu pendant plus de cinq ans. Je ne pouvais pas raconter ce que j'avais vu. Et rares étaient ceux qui auraient voulu l'entendre.
Chacun voulait se disculper des meurtres qu'il n'avait pas commis directement mais dont il sentait bien qu'il auait pu intervenir pour les freiner.
Par téléphone satellite, dès ma première mission à Kigali, je sollicitai de François Miterrand une intervention humanitaire que d'habitude il décidait sur l'heure….
La suite “Rwanda, pour un dialogue des mémoires” Albin Michel.
De EricRost
Technicien | 22H18 | 15/11/2007 |
Je ne suis pas d'accord avec ce qui ce dis. Je ne crois pas que Bernard Kouchner Faisait des faux pansements et mettaient du produits pour simuler une intraveneuse. Il est l'un des acteurs de l'action humanitaire, et je crois qu'il dis vrai en ce qui concerne l'arche de zoé.
De EricRost
Technicien | 22H32 | 15/11/2007 |
De quel droit, une infos non vérifiée et rapporté de je ne sais ou peut-elle se trouver sur 89 ? Je crois que courageux anonyme ( il m'érite bien son nom ) n'as pas à diffuser ce type d'info, étant donné qu'elle n'as jamais été analysé et dont la sources est plus que douteuse.
De
23H33 | 15/11/2007 |
La mission de Bernard Kouchner en mai 1994 ne semble pas avoir été faite « au nom d'un collectif d'ONG française ».
Sinon il faudrait les citer. Mais il est certain que cette mission était commandée par l'Elysée. Non seulement le film de Klotz montre Kouchner téléphonant à Bruno Delaye, le conseiller Afrique, depuis Kigali, mais celui-ci écrit dans une note du 16 mai 1994 à François Mitterrand ayant comme objet « Rwanda - Mission de B. Kouchner » ceci :
« Je viens d'avoir Bernard Kouchner au téléphone. Les négociations pour l'évacuation des orphelins rwandais viennent d'échouer, elles ont buté sur l'intransigeance des milices hutues d'une part et du FPR d'autre part. Désabusé, il s'apprête à quitter Kigali dès qu'un avion pourra l'évacuer. »
Pour l'Elysée l'objectif était de montrer que le gouvernement intérimaire rwandais n'était pas le commanditaire des massacres et de redresser son image dans les medias. Kouchner est allé
discuter de l'évacuation en France d'orphelins avec des minitres et des militaires rwandais alors que ceux-ci continuaient à massacrer, en particulier à Bisesero les 14 et 15 mai. Dans son interview au Monde le 20 mai, Kouchner ne
met pas en cause ce gouvernement qui organise les massacres et il évite d'utiliser le mot génocide. J. Morel
De EricRost
Technicien | 23H43 | 15/11/2007 |
Je vois que courageux anonyme fouille dans les papier de l'Elysée. Ou sont les preuves de ces dires ?