La seconde édition du Forum de la Gouvernance de l'Internet s'est ouverte à Rio de Janeiro dimanche 11 novembre… soit une journée avant la date prévue. Les délégations l'ont appris en venant retirer leur badge d'inscription ou au hasard d'un coup de fil. Bienvenue au FGI !
Le planning mis à disposition des 2000 congressistes depuis des semaines sur le site du FGI contenait les différents types de sessions répertoriés par numéros et thème. Avec sept réunions en parallèles étalées sur six tranches horaires différentes, il y avait intérêt à se répartir le programme. Las, le dimanche 11, le planning est subitement devenu obsolète remplacé par un magnifique tableau en couleurs mais sans la numérotation si pratique ; ajout de réunions non prévues pour le jour même ; des dizaines d'imprimantes dans le Net Center, mais non opérationnelles (pas de papier ! ) : le parcours du combattant s'avérait difficile…
Pour pallier à ces inconvénients les congressistes ont donc eu tendance à prioriser les séances plénières au détriment des Workshops (WS), Dynamic Coalition (DC), Open Forum (OF), Best Practices Forum (BPF)… oui, la terminologie onusienne est passée par là et chacun de ces termes recouvre une nuance subtile qui les rend uniques.
Un bref calcul nous a vite montré qu'il aurait fallu venir en délégation non pas de 4 mais d'au minimum 7 délégués pour avoir une chance de suivre correctement les débats. Si on y ajoute une forte tendance à déplacer les salles quelques minutes avant la réunion… la journée du lundi 12 (devenu Jour 2) a été un peu difficile à gérer. Le côté positif c'est que les délégations se parlent, s'envoient des emails pour s'informer sur les déplacements de salle. Cela conduit a des échanges « informels » dans les couloirs, des alliances se nouent lors de recherches de LA session perdue.
Bref c'est un Forum très interactif ! La « Gestion des Ressources Critiques », revenue dans les débats au FGI après avoir été laissée de côté au 1er FGI d'Athènes, a montré la force du lobbying de l »Icann et de ses alliés. Panel d'acteurs prestigieux de l'Internet, platitudes, contre-vérités : tout était en place pour que surtout personne ne remette en cause le bien fondé de l'actuelle organisation et l'implication directe du gouvernement américain. Certes, l'ajout de ce 5e thème, et pas le moindre, en mai dernier à Genève, n'a pas dû faciliter la tâche des organisateurs qui devaient, pour respecter l'Agenda de Tunis, parler « Accès », « Diversité culturelle et linguistique », « ouverture » et « sécurité ». Peu d'interventions critiques, seuls des délégués Saoudiens et Indiens remarquant que, certes, l'Internet était aussi utile que l'électricité pour la bonne marche économique du monde, mais que, chaque pays était libre de son réseau de distribution sans être sous le contrôle d'un monopole comme l'Icann. Cela jette un froid mais sans plus. Le FGI ne produit pas de « résolutions », juste des « recommandations »…
Autre couac, lors des sessions sur la « Diversité » avec le multilinguisme, un des grands sujets de Tunis. Tous les pays avec une langue diacritique (accents) ou non-européenne (russe, arabe, chinois, thaï, …) revendiquent de pouvoir utiliser l'Internet autrement qu'en anglais. Cela concerne les contenus mais également les logiciels, claviers, police de caractères… Depuis plusieurs années l'Icann promet une résolution de ce problème avec la création des IDN (Internationalized Domain Names) permettant un accès en langue maternelle aux pays concernés. Las, on apprend dans au moins deux sessions que l'annonce faite en octobre dernier ne concerne qu'un test, limité à 11 langues.
La déléguée russe Tatiana Ershova venant juste d'expliquer (en anglais, pas de traduction dans les sessions ! ) les 85 Fédérations, 180 groupes ethniques, 150 langues dont 24 officielles en Russie… alors ne proposer une solution que pour une seule langue, le russe, semblait un peu léger. Et on passe allégrement sur le problème de l'Inde avec ses 15 langues officielles et ses 40 millions d'utilisateurs ! Les Chinois faisaient encore plus fort : après avoir fait une démonstration de l'utilisation de mots-clés pour aller sur l'Internet directement en chinois l'an passé à Athènes, ils passent maintenant à la navigation via les mots-clés mais sur les mobiles. Le mobile, remplaçant l'ordinateur pour des utilisations pratiques dans des pays ou régions où l'infrastructure de backbones n'existe pas ? ► Le site du Forum : www.intgovforum.org


























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De
18H20 | 14/11/2007 |
Un simple commentaire. Cet article me semble réducteur de la richesse des échanges qui en se moment se déroulent à Rio, où je me trouve. Je travaille pour l'ONG internationale APC, l'Association pour le progrès des communications.
Contrairement à ce que dit Madame Lebrument, il a de vraiment bonnes discussions critiques autour de la question des ressources critiques de l'Internet (voir http://blogue.apc.org pour plus de détails).
Enfin, plus important que cette question ou celle de la diversité culturelle sur Internet, il me semble qu'il serait bienvenue de pouvoir lire un article sur la question bien plus fondamentale de l'accès à Internet (5 milliards de gens toujours pas branchés).
La question à savoir comment améliorer et étendre l'accès à internet est discutée dans nombre de sessions au FGI de Rio et bien que complexe, elle me semble préalable aux questions sur la diversité. Si on arrive à brancher un milliard d'internautes à internet, dans les pays en développement surtout (là où les besions sont les plus grands), la diversité viendra.
Je suis d'avis que la position de la France, du canada, du Québec et autres pays sur la question de la diversité est forte. Bien que je la respecte, je crois qu'elle délaisse fortement le terrain du développement, qui doit être prioritaire.
Merci.
Frédéric
Frédéric Dubois
Reporter et coordonnateur de l'information, APC
Rio de Janeiro, Brésil
http://blogue.apc.org
Article de Reporters sans frontières sur le FGI, publié le 13 novembre : http://www.rsf.org/article.php3 ? id_article=24352
De frederic_dubois
18H34 | 14/11/2007 |
Pardon, je ne m'étais pas inscrit. Je viens de le faire. Vous pouvez désormais répondre à mon commentaire ci-haut. Merci.
Frédéric
Frédéric Dubois
Reporter et coordonnateur de l'information, APC
Rio de Janeiro, Brésil
De
13H26 | 15/11/2007 |
Bonjour Frédéric,
Pour répondre brièvement à votre commentaire, certes, des tonnes de discussions autour du FGI sur les « ressources critiques » et la connectivité, mais autour. Ce que je souligne c'est que tout se passe en dehors des workshops.
Des tentatives pour parler de ce problème - majeur- ont bien été tentées lors des réunions préparatoires de Genève et c'est bien pour cela que cet item se retrouve au programme, mais les discussions (plénières ou workshops) sont vite étouffées par l'omniprésence de l'Icann qui ne veut vraiment pas que l'on ouvre de nouveau la boite de pandore. Ce que Louis Pouzin appelle le ComIntern ; =))
C'est pourquoi ce que font l'APC, Eurolinc, Wsis,Congo, etc. est si important. Les listes de discussion foisonnent, les blogs également, mais cela n'entre pas du tout dans le mandat de l'IGF et le traitement du paragraphe 72 de l'Agenda de Tunis.
Chantal
De
19H40 | 19/11/2007 |
D'abord, merci a Chantal.
Saoudien et Indiens ont bien raison. Je commence a me demander de maniere recurrente ce qui nous empeche de faire comme les chinois. La volonte politique ? Manquerions nous d'argent pour avoir notre infrastructure ? Vais-je finir par regretter X25 ?
J'attends avec interet le prochain debat, entre nous, sur les ressources communes, sinon critiques.
JYG