Christian Vélot ne décolère pas. Depuis qu'il a sorti le nez de ses éprouvettes pour prendre position sur les OGM, ce chercheur en microbiologie moléculaire et professeur à l'université d'Orsay a des ennuis avec sa direction.
La voix encore pleine d'indignation, il évoque cette lettre du futur directeur de son laboratoire, reçue il y a trois semaines : » Tu comprendras que je ne peux pas compter sur toi pour le prochain contrat de 2010. » Sa faute ? » Peut-être vouloir informer les citoyens ? » , répond-il en forme de boutade.
Lors d'une réunion publique, il s'indigne des arguments d'un chercheur
Christian Vélot travaille sur des champignons. Pour comprendre les fonctions de certains gènes, il utilise des techniques OGM. Quand le débat sur les OGM agroalimentaires devient public en 2001, il s'étonne de la présentation qui en est faite.
Au cours d'une réunion publique d'information sur la question, il assiste médusé à une passe d'armes entre un chercheur et un agriculteur. Le premier, à court d'arguments, utilise un exemple souvent avancé par la profession : l'insuline, qui soigne des milliers de diabétiques, est synthétisée grâce à des OGM.
C'en est trop pour Christian Vélot, qui s'indigne :
» C'est facile. Beaucoup de gens ont des proches diabétiques. Utiliser la santé pour désarmer les gens et éviter les questions de fond, c'est vraiment malhonnête ! »
L'homme n'a jamais eu la langue dans sa poche. Cette réunion marquera le début de son combat, et il va bientôt fédérer autour de lui beaucoup d'opposants aux OGM : derrière le chercheur se cache en effet un très bon pédagogue. La base de son analyse ? Il faut séparer deux types d'OGM : les outils, qui vont servir en recherche et en médecine ; et les produits finaux, que l'industrie agroalimentaire souhaite généraliser. (Voir la vidéo.)
Au cours d'une table ronde organisée par le Crédit agricole, Christian Vélot monte pour le première fois à l'estrade, devant un parterre d'agriculteurs. Contrairement aux craintes des organisateurs, pas de foire d'empoigne. Les pro et les anti OGM apprécient son discours.
Des prises de position nuancées, mais qui agacent sa hiérarchie
Le bouche-à-oreille fonctionne bien, et bientôt, on le demande un peu partout. Sa popularité grandissante et ses prises de position font grincer des dents dans son laboratoire. Pourtant, son discours reste nuancé, et ne devrait pas gêner sa direction. Mais c'est sans compter les réflexes corporatistes de certains scientifiques.
Les pressions vont crescendo : ses crédits de recherche sont amputés, on lui refuse le renfort d'une doctorante, on l'oblige à déménager… avant de lui montrer la porte. (Voir la vidéo.)
Côté direction, motus et bouche cousue. La tension est palpable. La directrice, jointe au téléphone, explique que ses autorité de tutelle lui interdisent « toute déclaration sur le sujet ». Frédéric Dardel, directeur du département Science de la vie au CNRS, sera plus loquace : « Le futur directeur a tout loisir pour composer ses équipes, les critères d'éviction sont scientifiques, il n'y a pas eu de discrimination à son égard. »
Ces critères ? Le nombre de publications et… rien d'autre. Dans le jargon du CNRS, Christian Vélot est un « non-publiant ». Certes, un chercheur doit montrer l'avancement de son projet à la communauté scientifique à travers des articles dans la presse scientifique.
Mais le nombre de publications est cyclique. Christian Vélot a réuni son équipe en 2005, son thème de recherche est nouveau, et il a des publications en préparation. Quant aux « discriminations », il est bien le seul chercheur de son institut à avoir eu la totalité de ses crédits récurrents réquisitionnés, au titre de la restructuration financière.
Un statut protecteur pour les « lanceurs d'alerte » » On ne peut espérer des critiques constructives si on bafoue les chercheurs dans leur liberté de parole » , commente Christian Vélot. Qui ne compte pas en rester là. Il participait récemment à une conférence de presse commune avec d'autres chercheurs qui, comme lui, subissent des pressions.
Pour se défendre, ils veulent s'inspirer du statut juridique dont bénéficient leurs collègues anglo-saxons. Ce dernier protège les acteurs de la société civile qui dénoncent des agissements contraires à l'intérêt public.
On les appelle les » whistleblowers » , en français les » lanceurs d'alerte » . L'idée en intéresse beaucoup dans l'Hexagone. C'était même l'une des propositions étudiées par le groupe » gouvernance » du Grenelle. Elle n'a pas été retenue.




















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De Domkishoot
Utopiste médiatique | 17H22 | 13/11/2007 |
Serait-ce une forme de censure ? C'est à n'y rien comprendre avec les OGM. J'avais cru décoder que Naboléon 1er avait précisé qu'il était urgent d'attendre ! Monsieur Christian Vélot semble donc proche du discourt impérial. Voilà un labo qui risque de perdre ses subventions.
Par ailleurs question d'un novice candide : Comment la communauté scientifique peut-elle être capable d'obtenir des résultats avérés dans : « Les OGM, le clonage thérapeutique, le clonage humain, les nanotechnologies, le nucléaire, l'espace etc… », et ne pas être capable, alors que l'enjeu économique et écologique est incommensurable, de trouver une molécule, non polluante, capable de se substituer à l'essence ou au gas-oil. Cela semble pourtant plus facile de travailler le fossile que sur le vivant ! C'est à ni rien comprendre ! À bon entendeur…
PS : Qu'elle est la différence, s'il y en a une, entre un documentariste et un documentaliste ?
à Domkishoot
De Pierre-Guy-Raoul Namassepamousse
17H43 | 13/11/2007 |
Un documentariste tourne des documentaires ; un documentaliste rassemble des informations, de la documentation sur un sujet.
à Pierre-Guy-Raoul Namassepamousse
De
21H16 | 13/11/2007 |
Allez, Monsieur Vélot, sans rancune ! Je vois que vous êtes dans une mauvaise passe, je vous offre un emploi d'aide-cuisinier préposé à la friteuse à notre restaurant de Millau ! Je ne vous précise pas l'adresse exacte de notre établissement, vous la connaissez.
Le Directeur Général, McDo France
De
19H33 | 13/11/2007 |
je vous ai entendu sur france culture « terre à terre ?
je souhaite m'associer à votre combat qui se trouve être égalemnt le mien : faire que la science financée par le sfonds publics soit au service du “bien commun” et non du fric pour le fric.
Yves abibou Formateur et Dirigeant d'entreprise.
De
20H08 | 13/11/2007 |
Comme au Moyen Age et la réponse était : « Et pourtant elle tourne ».
Concernant les lanceurs d'alerte, ce qui avait été signalé par des René Dumont et autres écolos que l'on prenait pour de doux rêveurs ou des oiseaux de mauvais augure, force est de constater qu'ils avaient raison et que nous sommes face à une planète en danger, réellement en danger et ce du fait de la main de l'homme et de technologies mal maîtrisées.
Lanceur d'alerte pour la vérité assumée , contre les lobbies et les puissances d'argent aux profits à court termes .
En profiteront-ils réellement les descendants de ces profiteurs dans un futur qui ne contiendra plus que des déserts .Un tas d'or dans un désert ,ça ne fait pas une vie
De Ferdinand.Bardamu
20H27 | 17/11/2007 |
Ils s'en foutent de leur « après ». Même la vie de leurs enfants et petits enfants, à la figure desquels ils crachent, leur importe peu, pour peu qu'ils puissent continuer à engranger, engranger, et engranger encore et toujours….
Ce sont des criminels de paix.
De Mathieu Eisinger (auteur)
Documentariste | 20H38 | 13/11/2007 |
Je ne suis pas sur que M Velot apprecie la publication de cette lettre qui est destinée a son reseau militant.
De
21H09 | 13/11/2007 |
Merci de ces infos qui nous permettent de savoir ou vous en etes ; j attends la suite et vous assure de tout mom soutient
De
21H38 | 13/11/2007 |
Je viens de prendre connaissance des problemes du Dr Velot. Je trouve deplorable qu'il soit remercie par son institut. S'engager dans un debat d'idee et informer le public est important pour la societe. Expliquer la science a ceux qui ne sont pas specialistes est une necessite et je remercie Dr velot pour son combat, son honnete et son engagement. J'ai fait une recherche preliminaire sur son travail et j'ai ete surpris de trouver seulement deux publications de rang international : une en 2002 et une autre en 2006. Je trouve la liste bien maigre pour un specialiste des OGMs ! Je pense qu'il devrait publier plus activement pour faire passer ses idees sous la forme de revues scientifiques pour qu'il se fasse ecouter vraiment et qu'il soit vraiment reconnu. La credibilite scientifique est importante et la seule maniere qu'il aura de se faire ecouter passera par son implication active dans des projets de financement qui permettraient de tester ses idees.
Je me permets d'ecrire cela car j'ai etudie les mecanismes fondamentaux du developpement des plantes grace aux OGMs a l'institut John Innes en Angleterre de notoriete internationale. L'un des axe de recherche de cet est de comprendre l'effet sur l'environnement des OGMs. J'ai ete surpris du serieux de ces chercheurs qui se posent de multiples questions a propos des OGMs. Ces chercheurs developpaient des plans experimentaux ambitieux et tout a fait innovateurs pour repondre aux questions essentielles associees au risque des OGMs. Ceux-la non jamais ete remercies et continuent toujours de travailler car ils publient et participes activement a la recherche de credits de recherche pour elucider ces questions essentielles pour notre societe.
Dr Velot est un superbe pedagogue et il merite de rester en recherche car c'est la qu'il arrivera a reveiller les consciences sur des sujets aussi important que les OGMs
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 00H53 | 14/11/2007 |
a20H08
20H38
21h09
21h38
Les quatre messages qui précédent ont été massacrés
par un vote Une étoile = Nul.
Je n'adhère pas aux propos de ces messges
mais je tiens à protester contre cette basse et puante manœuvre.
C.P.
De
10H34 | 14/11/2007 |
Bravo pour votre courage.
Il y a surement un moment difficile à passer mais l'avenir vous donnera raison.
De bobdevaise
17H18 | 14/11/2007 |
bonjour ! simple citoyen lambda je veux vous dire mon admiration pour votre action et vous souhaiter bonne chance
à Domkishoot
De
09H16 | 14/11/2007 |
Bonjour,
pour ce qui est de la molécule magique non polluante, on la connaît : l'hydrogène. Le problème n'est pas là, le problème est l'absence de source massive d'énergie pour la synthétiser facilement en quantité. Le soleil ferait l'affaire, mais la dimension des installations à réaliser pour l'exploitation est immense. Le problème c'est notre appétit démesuré pour l'énergie.
VBC91
à Domkishoot
De
20H38 | 16/11/2007 |
les labo vivent des contrats de recherche
les contrats de recherche viennent des entreprises
ce sont des entreprises qui vendent des OGM
cqfd
à Domkishoot
De
15H33 | 19/11/2007 |
Ouvre un dico ! !
à Domkishoot
De
15H34 | 19/11/2007 |
Le documentaliste est celui qui fait de la documentologie, il devra avoir une formation de bibliothécaire, une connaissance réelle et assez poussée des techniques concernées, une compréhension claire et rapide des textes pour discerner leur intérêt, actuel ou futur, (une dose d'intuition), une intelligence ouverte et une aptitude à extraire des sources documentaires les éléments exploitables.
Bernaténé, Comment concevoir, réaliser et utiliser une docum., 1964, p. 16.
à Domkishoot
De
15H36 | 19/11/2007 |
DOCUMENTALISTE, subst.
Personne dont le métier consiste à rechercher, classer, diffuser, et conserver des documents, dans un service public ou privé. Relation (…) Tel est le mot le plus souvent utilisé par les documentalistes pour dire morphème (Coyaud, Introd. ét. lang. docum., 1966, p. 22)
à Domkishoot
De
15H38 | 19/11/2007 |
documentariste masculin ou féminin
Cinéaste réalisateur de documentaires.
De Pierre-Guy-Raoul Namassepamousse
17H39 | 13/11/2007 |
Ça rappelle furieusement le cas d'un chercheur (écossais, je crois) à qui on a supprimé ses crédits parce qu'il avait indiqué que la maladie de la vache folle était transmissible à l'homme.
Il ne faut pas avoir raison le premier surtout si l'on est compétent et reconnu.
Il ne faut pas contrarier les cardinaux de la religion scientifique.
Bon courrage Christian.
De
17H45 | 13/11/2007 |
Visiblement il s'agit au minimum de censure. Qui est ce futur directeur de laboratoire qui s'érige de facto en censeur et surtout qui est son sponsor financier ?
De
17H45 | 13/11/2007 |
Ce futur directeur de labo devrait porter le badge qui fait de plus en plus fureur ( deux orthographes possibles) : « le haut de l'échelle n'est plus le haut du panier ! »
De ras-la-patience
17H47 | 13/11/2007 |
cela parait très simple, il y a des fortunes énormes en jeu, et ce monsieur vélot gène aux entournures, alors exit le chercheur honnête, notre santé passe après le profit des grandes boites agro-alimentaires, tout ceci ne dépare pas dans l'ambiance générale.
écoeurant ! bon courage monsieur vélot
De histoire
17H48 | 13/11/2007 |
Bonjour,
Pour répondre à la question de Pierre-Guy-Raoul….
Un documentariste réalise des documentaire et la documentaliste est plutôt dans les centre de documentation de justement les laboratoires de recherche. Elle dépouille toutes les publications scientifiques, classes … Elle est une aide précieuses pour les chercheurs. Je dis elle pour documentaliste car très souvent se sont des femmes.
Histoire
à histoire
De
18H03 | 13/11/2007 |
Je trouve que c'est en rapport direct avec la réforme des facs actuelle : si c'est une société (un exemple au hasard : Monsanto) qui finance en partie une fac… ça donne quoi pour l'indépendance des chercheurs ?
De
18H50 | 13/11/2007 |
certes, pour Monsanto, mais en l'occurence avec l'Etat il peut aussi y avoir des pressions, la preuve. De bonnes « raisons » politiques m'ont l'air d'être à l'origine des problèmes de ce chercheur.
Sinon relire Francis Hallé (un autre chercheur), il y a un petit passage assez clair sur les problèmes que pourraient engendrer les OGM. Pour ceux qui voudraient comprendre plus que ce que nous racontent les infos, news, quotidiens…
Fran
De
23H37 | 13/11/2007 |
D'une les labos sont déjà depuis des années financés par les entreprises.
De deux, dans ce cas précis, ce ne sont pas les entreprises qui font pressions mais quelques chercheurs dogmatiques qui pensent qu'il ne faut rien critiquer de la science sous peine de remettre en cause toute leur existence. Ils ne se battent même pas pour l'argent, ils ont une vision religieuse de la science comme l'explique bien Christian Vélot.
De
17H51 | 13/11/2007 |
« Et pourtant, elle tourne ! … »
Lui aussi avait raison contre la hiérarchie de l'époque.
BA
De
17H59 | 13/11/2007 |
Si on laisse privatiser l'Université, nous aurons simplement des chercheurs aux ordres des financeurs investisseurs.
De
11H31 | 14/11/2007 |
Que j'aime ces phrases à l'emporte pièce ! Aux ordres des financeurs investisseurs… Les chercheurs sont aux ordres de qui aujourd'hui ? Du pouvoirs politique : un coup je te donne des millions pour le cancer, un autre coup pour la vache folle, un troisième pour Alzeihmer. Comme si la recherche avançait ainsi. Une quantité de labo n'ont d'autre argent que des salaires à payer. Rien en investissement matériel. Sans parler des disparités de moyens et de résultats entre le CNRS, l'Inserm et l'Université. Un regroupement est inéluctable et souhaitable si les bases d'évaluation sont cohérentes entre les instituts. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Le maillage entre la recherche fondamentale, la recherche « pratiques » et l'industrie est une autre carence de la France. Ce n'est pas être aux ordres que de collaborer à des projets communs, à mettre en pratique des découvertes des lobos publics, à déposer des brevets, à attirer les jeunes checheurs, qui aujourd'hui s'en vont à l'étranger faute d'emploi ici. Regardez autour de vous ! Nos voisins font-ils tous mal ? Sont-ils tous des infâmes négriers ? La recherche française recule sans cesse, et ce n'est pas l'Etat, en faillite, qui peut tout faire, surtout quand lui-même est impétré dans un disfonctionnement généralisé. Unissons nos forces vives ! (Voilà un slogan qui devrait plaire à notre chercheur)
De
10H23 | 15/11/2007 |
S'il est vrai qu'il est difficile de cerner un problème par une petite phrase, il reste vrai qu'introduire des fonds privés dans un système de recherche ménera TOUJOURS à la forme de censure discutée ici ! Il n'est pas possible que ce ne soit pas le cas ! Quant au système de recherche actuel, je ne connais que mon domaine (geophysique), mais il me semble que si l'ensemble du financement se fait par évaluation scientifique indépendante du politique, ça garantit au mieux d'éviter ce genre de dérive. L'ANR récemment instituée va à l'inverse, puisque l'évaluation devient opaque et directement liée au politique. Ce sera encore pire avec les réformes envisagées actuellement ! Je ne connais pas bien le domaine des sciences de la vie, mais il me semble que s'il y a des dérives, c'est justement parce que l'investissement privé s'est invité dans le système depuis déjà longtemps.
S.L., chercheur CNRS section 19