focus 13/11/2007 à 16h06

Un chercheur remercié après avoir pris position sur les OGM


Christian Vélot ne décolère pas. Depuis qu'il a sorti le nez de ses éprouvettes pour prendre position sur les OGM, ce chercheur en microbiologie moléculaire et professeur à l'université d'Orsay a des ennuis avec sa direction.

La voix encore pleine d'indignation, il évoque cette lettre du futur directeur de son laboratoire, reçue il y a trois semaines : « Tu comprendras que je ne peux pas compter sur toi pour le prochain contrat de 2010. » Sa faute ? « Peut-être vouloir informer les citoyens ? “ , répond-il en forme de boutade.

Lors d'une réunion publique, il s'indigne des arguments d'un chercheur

Christian Vélot travaille sur des champignons. Pour comprendre les fonctions de certains gènes, il utilise des techniques OGM. Quand le débat sur les OGM agroalimentaires devient public en 2001, il s'étonne de la présentation qui en est faite.

Au cours d'une réunion publique d'information sur la question, il assiste médusé à une passe d'armes entre un chercheur et un agriculteur. Le premier, à court d'arguments, utilise un exemple souvent avancé par la profession : l'insuline, qui soigne des milliers de diabétiques, est synthétisée grâce à des OGM.

C'en est trop pour Christian Vélot, qui s'indigne :

‘ C'est facile. Beaucoup de gens ont des proches diabétiques. Utiliser la santé pour désarmer les gens et éviter les questions de fond, c'est vraiment malhonnête !

L'homme n'a jamais eu la langue dans sa poche. Cette réunion marquera le début de son combat, et il va bientôt fédérer autour de lui beaucoup d'opposants aux OGM : derrière le chercheur se cache en effet un très bon pédagogue. La base de son analyse ? Il faut séparer deux types d'OGM : les outils, qui vont servir en recherche et en médecine ; et les produits finaux, que l'industrie agroalimentaire souhaite généraliser. (Voir la vidéo.)

Au cours d'une table ronde organisée par le Crédit agricole, Christian Vélot monte pour le première fois à l'estrade, devant un parterre d'agriculteurs. Contrairement aux craintes des organisateurs, pas de foire d'empoigne. Les pro et les anti OGM apprécient son discours.

Des prises de position nuancées, mais qui agacent sa hiérarchie

Le bouche-à-oreille fonctionne bien, et bientôt, on le demande un peu partout. Sa popularité grandissante et ses prises de position font grincer des dents dans son laboratoire. Pourtant, son discours reste nuancé, et ne devrait pas gêner sa direction. Mais c'est sans compter les réflexes corporatistes de certains scientifiques.

Les pressions vont crescendo : ses crédits de recherche sont amputés, on lui refuse le renfort d'une doctorante, on l'oblige à déménager... avant de lui montrer la porte. (Voir la vidéo.)

Côté direction, motus et bouche cousue. La tension est palpable. La directrice, jointe au téléphone, explique que ses autorité de tutelle lui interdisent toute déclaration sur le sujet’. Frédéric Dardel, directeur du département Science de la vie au CNRS, sera plus loquace : ‘Le futur directeur a tout loisir pour composer ses équipes, les critères d'éviction sont scientifiques, il n'y a pas eu de discrimination à son égard.’

Ces critères ? Le nombre de publications et... rien d'autre. Dans le jargon du CNRS, Christian Vélot est un ‘non-publiant’. Certes, un chercheur doit montrer l'avancement de son projet à la communauté scientifique à travers des articles dans la presse scientifique.

Mais le nombre de publications est cyclique. Christian Vélot a réuni son équipe en 2005, son thème de recherche est nouveau, et il a des publications en préparation. Quant aux ‘discriminations’, il est bien le seul chercheur de son institut à avoir eu la totalité de ses crédits récurrents réquisitionnés, au titre de la restructuration financière.

Un statut protecteur pour les ‘lanceurs d'alerte’

” On ne peut espérer des critiques constructives si on bafoue les chercheurs dans leur liberté de parole » , commente Christian Vélot. Qui ne compte pas en rester là. Il participait récemment à une conférence de presse commune avec d'autres chercheurs qui, comme lui, subissent des pressions.

Pour se défendre, ils veulent s'inspirer du statut juridique dont bénéficient leurs collègues anglo-saxons. Ce dernier protège les acteurs de la société civile qui dénoncent des agissements contraires à l'intérêt public.

On les appelle les « whistleblowers » , en français les « lanceurs d'alerte » . L'idée en intéresse beaucoup dans l'Hexagone. C'était même l'une des propositions étudiées par le groupe « gouvernance » du Grenelle. Elle n'a pas été retenue.

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  • Domkishoot
    Domkishoot
    Utopiste médiatique
    • Posté à 17h22 le 13/11/2007
    • Internaute
      Utopiste médiatique

    Serait-ce une forme de censure ? C'est à n'y rien comprendre avec les OGM. J'avais cru décoder que Naboléon 1er avait précisé qu'il était urgent d'attendre ! Monsieur Christian Vélot semble donc proche du discourt impérial. Voilà un labo qui risque de perdre ses subventions.
    Par ailleurs question d'un novice candide : Comment la communauté scientifique peut-elle être capable d'obtenir des résultats avérés dans : « Les OGM, le clonage thérapeutique, le clonage humain, les nanotechnologies, le nucléaire, l'espace etc… », et ne pas être capable, alors que l'enjeu économique et écologique est incommensurable, de trouver une molécule, non polluante, capable de se substituer à l'essence ou au gas-oil. Cela semble pourtant plus facile de travailler le fossile que sur le vivant ! C'est à ni rien comprendre ! À bon entendeur…

    PS : Qu'elle est la différence, s'il y en a une, entre un documentariste et un documentaliste ?

    • Pierre-Guy-Raoul Namassepamousse
      • Posté à 17h43 le 13/11/2007

      Un documentariste tourne des documentaires ; un documentaliste rassemble des informations, de la documentation sur un sujet.

      • Allez, Monsieur Vélot, sans rancune ! Je vois que vous êtes dans une mauvaise passe, je vous offre un emploi d'aide-cuisinier préposé à la friteuse à notre restaurant de Millau ! Je ne vous précise pas l'adresse exacte de notre établissement, vous la connaissez.
        Le Directeur Général, McDo France

    • Anonyme répond à Domkishoot

      Bonjour,

      pour ce qui est de la molécule magique non polluante, on la connaît : l'hydrogène. Le problème n'est pas là, le problème est l'absence de source massive d'énergie pour la synthétiser facilement en quantité. Le soleil ferait l'affaire, mais la dimension des installations à réaliser pour l'exploitation est immense. Le problème c'est notre appétit démesuré pour l'énergie.

      VBC91

    • Anonyme répond à Domkishoot

      les labo vivent des contrats de recherche
      les contrats de recherche viennent des entreprises
      ce sont des entreprises qui vendent des OGM
      cqfd

    • Anonyme répond à Domkishoot

      Ouvre un dico ! !

    • Anonyme répond à Domkishoot

      Le documentaliste est celui qui fait de la documentologie, il devra avoir une formation de bibliothécaire, une connaissance réelle et assez poussée des techniques concernées, une compréhension claire et rapide des textes pour discerner leur intérêt, actuel ou futur, (une dose d'intuition), une intelligence ouverte et une aptitude à extraire des sources documentaires les éléments exploitables.
      Bernaténé, Comment concevoir, réaliser et utiliser une docum., 1964, p. 16.

    • Anonyme répond à Domkishoot

      DOCUMENTALISTE, subst.
      Personne dont le métier consiste à rechercher, classer, diffuser, et conserver des documents, dans un service public ou privé. Relation (...) Tel est le mot le plus souvent utilisé par les documentalistes pour dire morphème (Coyaud, Introd. ét. lang. docum., 1966, p. 22)

    • Anonyme répond à Domkishoot

      documentariste masculin ou féminin

      Cinéaste réalisateur de documentaires.

  • Pierre-Guy-Raoul Namassepamousse
    • Posté à 17h39 le 13/11/2007

    Ça rappelle furieusement le cas d'un chercheur (écossais, je crois) à qui on a supprimé ses crédits parce qu'il avait indiqué que la maladie de la vache folle était transmissible à l'homme.

    Il ne faut pas avoir raison le premier surtout si l'on est compétent et reconnu.

    Il ne faut pas contrarier les cardinaux de la religion scientifique.

    Bon courrage Christian.

  • Anonyme

    Visiblement il s'agit au minimum de censure. Qui est ce futur directeur de laboratoire qui s'érige de facto en censeur et surtout qui est son sponsor financier ?

  • Anonyme

    Ce futur directeur de labo devrait porter le badge qui fait de plus en plus fureur ( deux orthographes possibles) : « le haut de l'échelle n'est plus le haut du panier ! »

  • ras-la-patience
    • Posté à 17h47 le 13/11/2007
    • Internaute

    cela parait très simple, il y a des fortunes énormes en jeu, et ce monsieur vélot gène aux entournures, alors exit le chercheur honnête, notre santé passe après le profit des grandes boites agro-alimentaires, tout ceci ne dépare pas dans l'ambiance générale.
    écoeurant ! bon courage monsieur vélot

  • histoire
    • Posté à 17h48 le 13/11/2007

    Bonjour,
    Pour répondre à la question de Pierre-Guy-Raoul....
    Un documentariste réalise des documentaire et la documentaliste est plutôt dans les centre de documentation de justement les laboratoires de recherche. Elle dépouille toutes les publications scientifiques, classes ... Elle est une aide précieuses pour les chercheurs. Je dis elle pour documentaliste car très souvent se sont des femmes.
    Histoire

    • Anonyme répond à histoire

      Je trouve que c'est en rapport direct avec la réforme des facs actuelle : si c'est une société (un exemple au hasard : Monsanto) qui finance en partie une fac... ça donne quoi pour l'indépendance des chercheurs ?

      • Anonyme

        certes, pour Monsanto, mais en l'occurence avec l'Etat il peut aussi y avoir des pressions, la preuve. De bonnes « raisons » politiques m'ont l'air d'être à l'origine des problèmes de ce chercheur.

        Sinon relire Francis Hallé (un autre chercheur), il y a un petit passage assez clair sur les problèmes que pourraient engendrer les OGM. Pour ceux qui voudraient comprendre plus que ce que nous racontent les infos, news, quotidiens…

        Fran

      • Anonyme

        D'une les labos sont déjà depuis des années financés par les entreprises.
        De deux, dans ce cas précis, ce ne sont pas les entreprises qui font pressions mais quelques chercheurs dogmatiques qui pensent qu'il ne faut rien critiquer de la science sous peine de remettre en cause toute leur existence. Ils ne se battent même pas pour l'argent, ils ont une vision religieuse de la science comme l'explique bien Christian Vélot.

  • Anonyme

    « Et pourtant, elle tourne ! ... »
    Lui aussi avait raison contre la hiérarchie de l'époque.

    BA

  • Anonyme

    Si on laisse privatiser l'Université, nous aurons simplement des chercheurs aux ordres des financeurs investisseurs.

    • Anonyme

      Que j'aime ces phrases à l'emporte pièce ! Aux ordres des financeurs investisseurs... Les chercheurs sont aux ordres de qui aujourd'hui ? Du pouvoirs politique : un coup je te donne des millions pour le cancer, un autre coup pour la vache folle, un troisième pour Alzeihmer. Comme si la recherche avançait ainsi. Une quantité de labo n'ont d'autre argent que des salaires à payer. Rien en investissement matériel. Sans parler des disparités de moyens et de résultats entre le CNRS, l'Inserm et l'Université. Un regroupement est inéluctable et souhaitable si les bases d'évaluation sont cohérentes entre les instituts. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Le maillage entre la recherche fondamentale, la recherche « pratiques » et l'industrie est une autre carence de la France. Ce n'est pas être aux ordres que de collaborer à des projets communs, à mettre en pratique des découvertes des lobos publics, à déposer des brevets, à attirer les jeunes checheurs, qui aujourd'hui s'en vont à l'étranger faute d'emploi ici. Regardez autour de vous ! Nos voisins font-ils tous mal ? Sont-ils tous des infâmes négriers ? La recherche française recule sans cesse, et ce n'est pas l'Etat, en faillite, qui peut tout faire, surtout quand lui-même est impétré dans un disfonctionnement généralisé. Unissons nos forces vives ! (Voilà un slogan qui devrait plaire à notre chercheur)

      • Anonyme

        S'il est vrai qu'il est difficile de cerner un problème par une petite phrase, il reste vrai qu'introduire des fonds privés dans un système de recherche ménera TOUJOURS à la forme de censure discutée ici ! Il n'est pas possible que ce ne soit pas le cas ! Quant au système de recherche actuel, je ne connais que mon domaine (geophysique), mais il me semble que si l'ensemble du financement se fait par évaluation scientifique indépendante du politique, ça garantit au mieux d'éviter ce genre de dérive. L'ANR récemment instituée va à l'inverse, puisque l'évaluation devient opaque et directement liée au politique. Ce sera encore pire avec les réformes envisagées actuellement ! Je ne connais pas bien le domaine des sciences de la vie, mais il me semble que s'il y a des dérives, c'est justement parce que l'investissement privé s'est invité dans le système depuis déjà longtemps.
        S.L., chercheur CNRS section 19

  • laomma
    • Posté à 17h59 le 13/11/2007

    c'est d'autant plus lamentable que ce chercheur est un excellent pédagogue, dont l'exposé dans ma ville, l'an dernier, a été très apprécié (ci-joint le lien au site qui permet de visionner et télécharger son excellent diaporama : Lien). Au fait, un diaporama sur les OGM, c'est pas une publication çà « M le futur directeur » ?

  • rincevent38
    • Posté à 18h07 le 13/11/2007

    Ceci conforte la réflexion d'un autre chercheur lors d'un Théma sur Arte diffusé l'année passée, Ce chercheur s'inquietait du fait que lors de débat contradictoire avec des semenciers et autre lobbys proOGM il était systématiquement attaqué sur ses affirmations sauf sur UNE, lorsqu'il affirmait que 80% des chercheurs n'étaient pas libre et subissait des pressions de la part des lobbys et groupes indistriels, ceci n'était pas contester, Donc la seule conclusion viable est que ce nombre est plus faible que la réalité.

    Pitié, pour nous et nos enfants , résistez M. Vélot

  • Anonyme

    serait ce celà l'autonomie promise ?

    Que doit trouver un chercheur ?

    savent ils ce que c'est ?

  • Anonyme

    Il y avait une vidéo en 2 parties sur le net mais je viens de voir qu'elle a était effacé, pourquoi je ne saurai le dire (est ce Christian Velot qui a demandé le retrait ou bien quelqu'un d'autre ? )

    On pouvait trouver la vidéo via google en tapant

    Eclairage scientifique sur les OGM

    et on tombait sur la première partie qui comportait

    « ogm et recherche fondamentale » ainsi que
    « ogm et médecine »

    et dans la deuxième partie on retrouvait les « ogm dans l'agroalimentaire »

    le tout très bien expliqué

    Heureusement que j'ai encore les 2 vidéos ^^ , je les mettrai en ligne après avoir demandé l'autorisation à Mr Christian Vélot

  • abas50
    • Posté à 18h39 le 13/11/2007

    Pour une fois que nous avons un bon pédagogue, qui sait enfin expliquer aux novices les différents OGM... On le censure !

    Il est un des premiers à expliquer la différence entre les OGM servant à la recherche médicale, à l'avancement de techniques en microbiologie moléculaire et les « fameux OGM » issus de l'industrie agroalimentaire qui consiste en priorité à permettre à certaines firmes d'accroitre leur CA (ex : monsento).

    Ayant moi-même travaillé sur des levures et des bactéries génétiquement modifiés, je suis effaré par la confusion des genres. Pour info, la majorité des chercheurs qui travaillent au Généthon (laboratoire crée grâce au don récolté par le Téléthon) utilise des OGM) !

    Médiatiquement, on ne fait guère de différence. Cela est aussi du à quelques personnes dans le mouvement de José Bové, que je respecte par ailleurs, et des journalismes qui font l'amalgame entre les 2 ! De plus, les « prétendus » clonages humains ont amplifié la peur de la génétique et des OGM.

    L'ignorance, encore une fois, est maitresse sur ce sujet et certains dirigeants et lobbing souhaitent qu'ils en soient ainsi !
    Abas50
    Lien

  • Ghislaine
    • Posté à 18h41 le 13/11/2007

    Vous avez le courage de dénoncer ce qui se passe dans les coulisses de la « recherche en France » et d'apporter un témoignagne de « sage » quant aux différentes utilisations des OGM.

    Continuez, c'est notre avenir à tous qui est en jeu face aux enjeux économiques.

    Le progrès ne doit jamais occulter les risques qui peuvent en découler...

    Merci.

    Lien

  • Anonyme

    Les figures de proue prennent les vagues dans la gueules, ceux qui sont à la poupe les prennent dans le cul.
    La différence ?
    Les uns tentent de conduire le bateau à bon port, les autres se laissent mener ...
    Pour mener le bateau au port, il faut baliser, observer attentivement, et éventuellement alerter, baisser les voiles ...
    Mais, que dira l'armateur qui attend ( c'est de l'argent ! ! ! )si jamais le retard s'accumule ? En tout cas si le bateau coule, faute d'un capitaine trop zélé, l'armateurne pleurera que la bateau et la marchandise.
    ALors Christian, courage, continue d'alerter, nous sommes avec toi.
    Caspastroipatauncanard.

  • C. Creseveur
    C. Creseveur
    D'actualité, de dessin surtout
    • Posté à 18h59 le 13/11/2007
    • Internaute
      D'actualité, de dessin surtout

    Les mots ne sont jamais d'un grand secours matériel, mais je vous félicite pour votre position.
    Je trouve également que le chantage aux recherches de santé est une honte absolu. D'autant que les crédits qui y sont alloués sont faibles en comparaison de ce qu'on dépense pour les semences, et que cela créé un espoir du côté des malades.

  • Anonyme

    Après les journalistes, les chercheurs tous doivent suivre la pensée unique.
    tout ce cinema avec le grenelle de l'environement pour pouvoir arriver au final nous faire croire que l'on s'inquiète pour rien et que ce gouvernement ne prendrait pas une decision allant à l'encontre de la santé publique.

    pour les plus septiques je conseille un site canadien dans lequel on trouve pas mal d'article sur mosanto et ses OGM(entre autres). Voir Lien

  • Anonyme

    sur les « whistleblowers » j'ai entendue une émission sur radio suisse romande et il y a aussi un film « du coté des anges » de Mathieu Verboud.

  • Anonyme

    Excusez, mais faudrait peut-être calmer la parano deux minutes. Voici un chercheur qui, malgré qu'il ne soit plus de première jeunesse, n'a à son actif que trois (3) publications scientifiques (vous pouvez les trouver via google scholar).

    Ce n'est pas un total déshonorant pour un étudiant en thèse, mais pour un chercheur en poste c'est notoirement insuffisant -surtout dans le contexte hypercompétitif de la recherche. Avec un dossier aussi faible il n'y a donc rien de surprenant qu'il ne réussisse pas à maintenir ses fonds ou aller en chercher de nouveaux.

    Faudrait-il alors financer un chercheur sur la base de ses prises de position publique plutôt que sur la base de ses résultats ? Quelle mauvaise idée !

    • myotard
      • Posté à 20h35 le 13/11/2007

      Je ne ne vois pas pourquoi ce commentaire est fermé. Vous êtes pas d'accord avec son contenu ? Hé bien c'est pas le rôle des notes de supprimer une opinion qui n'a pas l'honneur de vous plaire..

    • Anonyme

      Marrant : un article pour crier à la censure, un commentaire pour dire que ce n'est pas de la censure, et le commentaire est ...censuré. Bravo les gadjo !

    • Paracelsus
      • Posté à 05h57 le 14/11/2007

      M. Vélot n'a pas trois publications à son actif mais au moins sept dans des revues à comité de lecture d'après la base de données Pubmed qui recence les publications scientifiques dans les domaines de la Biologie et de la Médecine. Cela reste très bas pour un chercheur sénior mais peut s'expliquer par différentes raisons (enseignement, changement de thématique, etc...).
      Dans le domaine sientifique français, ce que l'on entend par « remercier de l'institut » veux dire que M. Vélot doit trouver une autre structure (institut, fac, etc) pour continuer ses recherches. Il ne s'agit donc pas d'un licenciement, mas plus d'une sorte de mise au placard... Cela ne l'empêchera pas de continuer ses conférences !
      Cette situation est relativement courante lors d'un changement de directeur de laboratoire ou d'institut à l'occasion d'un renouvelement du contrat quadriénal.
      Hélas, dans la recherche comme ailleurs la moindre miette de pouvoir conduit quelquefois à transformer des individus en tyran.

  • Anonyme

    Christian Vélot n'est malheureusement pas seul à subir des entraves à cause de ses prises de parole, et je citerai Pierre Meneton (recherches sur le sel dans l'alimentation) qui se trouve dans un cas comparable.

    A écouter : l'émission de Samedi dernier de Ruth Stegassy « Terre à Terre » où étaient présents ces 2 chercheurs en compagnie d'André Cicollela et Jacques Testart.

    Lien

    Il y était bien entendu question de la nécessité de protéger les « lanceurs d'alerte » contre certaines personnes que je qualifierais de « malintentionnées » et « anti-démocrates ».

    Car ces personnes montrent leur opposition à ce que des spécialistes nous expliquent des phénomènes difficiles à cerner sur lesquels portant nous devons être capables de nous prononcer, comme citoyens.

    Les « lanceurs d'alertes » devraient au contraire être considérés comme des joyaux pour la démocratie...

  • Anonyme

    Un chercheur CNRS a le pouvoir de choisir l'équipe qu'il veut intégrer, et c'est très bien. Un institut a également le droit de choisir ses membres, et c'est très bien aussi. Ce sont précisément ces droits qui garantissent la liberté de recherche, et ce sont précisément ces droits que Mr Eisinger remet en question par son article.

    Des arguments comme « le nombre de publications est cyclique » ou « il a des publications en préparation » feront rigoler (jaune) n'importe quel chercheur les lisant.

    • Mathieu Eisinger
      Mathieu Eisinger
      Auteur(e) de l'article
      • Posté à 20h13 le 13/11/2007

      Je me permets de préciser que j'ai contacté des chercheurs pour avoir des avis différents sur ce critères du nombre de publications. Personne au CNRS ne considère comme normal de juger un chercheur sur le SEUL critère de ses publications. Quant au coté cycliques des publications, il suit l'avancement des recherches. Un découverte et c'est d'un coup beaucoup de publications, puis une autre période de recherche (pas de publications) et encore une découverte et donc re-des publications....Quant à la liberté des directeurs, je ne vois pas quand je la remets en question. Ce sont les motifs que je questionne.

      • Anonyme répond à Mathieu Eisinger

        Désolé mais c'est n'importe quoi. Dire qu'il ne faut pas juger « uniquement » sur les publications ne signifie en rien que ce soit le critère le plus important. Sur le côté cyclique, c'est bien évident qu'il y a un effet mais ça fera quand même rire n'importe quel chercheur : si vous avez pas atteint le minimum de 3 articles en 4 ans, surtout dans ce domaine, les cycles ne sont en rien une excuse. Encore moins les « articles en préparation » !

         
        • Mathieu Eisinger
          Mathieu Eisinger
          Auteur(e) de l'article
          • Posté à 10h44 le 14/11/2007

          Il ne s'agit pas de savoir si c'est le plus important ou pas. Dans ce cas, c'est le SEUL. J'ai bein compris que « ca fera rire n'importe quel chercheur ». J'attends vos témoignges de chercheurs qui rigolent quand ils lisent cet article et on fera une nouvelle video.

        1 autres commentaires
      • Paracelsus
        • Posté à 06h05 le 14/11/2007

        Ce post est très révélateur de l'ambiguité de la Science française. Effectivement, si vous demandez à n'importe quel chercheur normalement constitué si le critère « publication » est le seul à prendre en compte pour évaluer la qualité d'un chercheur, nous allons tous répondre par la négative. Cependant, lors de recrutement de chercheur dans une équipe ou pour avoir une idée du travail d'un collègue, nous utilisons systématiquement et uniquement ce critère en consultant des bases de données internationales (comme pubmed, que je cite dans un post plus haut). Ce que je n'ai d'ailleurs pas manqué de faire en lisant votre article (mea culpa) !

  • Anonyme

    Un phenomene inquietant et mondial puisqu'un chercheur en Californie n'avait pas obenu son poste apres avoir publie dans Nature un article sur la contamination des mais mexicain par les mais OGM, je crois me souvenir que pour effacer cette mauvaise impression un autre article avait ete publie expliquant que tout etait rentre dans l'ordre depuis ! ! ! ! !

    On peut rapprocher ceci de la non-titularisation de Norman Finkelstein a cause de ses prises de position sur l'exploitation de l'holocauste, et probablement des centaines d'autres victimes moins mediatiques se voient coincees entre l'honnetete intellectuelle qui derange ou se cacher dans son coin en sachant que ca peut avoir des consequences regrettables.

    On pourrait ajouter un autre probleme aussi grave qui veut que la medecine et l'industrie pharmaceutique (avec la conplicite des chercheurs) dedaignent des traitments medicaux benefiques et tres peu couteux pour des raisons mercantiles (prescrire des medicaments patentes et chers ! ) et je ne parle pas de la prescription de generic, mais de l'utilisation de moelcules non patentables.

    Soutenir ceux qui comme Mr Velot presentent les choses extrememnt clairement et de facon absolument irreprochable du point de vue scientifique est essentiel.

    • Paracelsus
      • Posté à 06h13 le 14/11/2007

      Juste une petite info par rapport à l'étude que vous citez dans le premier paragrahe de votre contribution :
      « Un phenomene inquietant et mondial puisqu'un chercheur en Californie n'avait pas obenu son poste apres avoir publie dans Nature un article sur la contamination des mais mexicain par les mais OGM »

      D'autres publications ont montrés (de mémoire) que les expérimentations réalisées par ce collègue étaient entachées d'erreur manifeste de manipulation. La conclusion qui é été apporté par d'autre papiers étaient que les manips réalisées ne permettent pas de conclure scientifiquement à une transmission horizontale de matériel génétique (ce qui ne veut pas dire que cela n'existe pas)
      Je ne sais pas si c'est cela qui a contribué à l'éviction du chercheur, mais dans tous les cas, cette étude ratée n'a pas du être utilisée en sa faveur.

      • Anonyme répond à Paracelsus

        Tu bosses à Monsanto Paracelsus ?
        Il me semble (de mémoire) que la dissémination d'OGM produits en plein champ est inévitable.
        La buse

  • Anonyme

    Voilà donc le risque d'une recherche et d'une fac payée par les industriels. Les étudiants avaient donc raison, il faut maintenant les soutenir. Ce qui se prépare est grave si la « réforme » Pecresse passe.

  • Anonyme

    vélot remercié alors que les faits commencent à lui donner raison : en effet il estimait que le fait de faire pénétrer dans une chaine d'adn un élement exterieur risquait de perturber cette chaine et que l'on était loin du compte dans la rechehrche sur les conséquences à long terme notamment sur les cultures de plein champs.

    Lien

    alors la conséquence n'est pas dans ce cas facheuse mais démontre le flou artistique régnant sur la maitrise des ogms.

    on reproche à Vélot d'etre chercheur militant( propos de Ryba de l'inra au débat public de Pau).........mais Ryba lui même n'est il pas chercheur militant lorsqu'il participe à des colloques organisés par Coop de France pour dire tout le bien qu'il pense des ogms........

    un agriculteur du sud ouest.

  • Anonyme

    « on lui refuse le renfort d'une doctorante »

    Comment « on » pourrait faire ça ? La seule façon serait indirectement en refusant une bourse de thèse... mais sur le fond est-il injustifié de ne pas envoyer une doctorante couler d'entrée sa future carrière faute de publication ? Une doctorante doit être vue comme une future professionnelle, et pas comme une technicienne d'appoint pour son boss !

    • Anonyme

      Bravo, vous avez touché la circularité du système : pas de doctorants, pas de publications, et pas de publications, pas de doctorants.

      Je ne comprend pas qu'il y ait des chercheurs qui se permettent d'utiliser la bibliométrie pour évaluer les chercheurs. La bibliométrie, c'est bien pour dire par exemple que l'Institut Necker (qui attire les talents), c'est mieux que l'Institut Cochin (qui les fait fuire), mais au niveau individuel, ça ne veut strictement rien dire.

      Tout le monde sait que dans une grande unité, on peut être mis sur un papier simplement pour l'avoir lu, pour rendre service, qu'un matériel donné peut être considéré comme une participation active, digne d'une signature, ou mérite seulement des remerciements à la fin de l'article. Les chercheurs ne devraient pas être dupes : si l'évaluation est aussi dure au niveau individuel et aussi clémente au niveau des institutions, c'est pour des raisons faciles à comprendre.
      Mais dès qu'on remet en cause le niveau général d'une institution, la hiérarchie exige un soutien des chercheurs, et ce sont les moins proches de la hiérarchie qui sont les premiers sacrifiés.

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