Sur le terrain 13/11/2007 à 17h04

Nanterre : coups de matraque sous les applaudissements

Zineb Dryef | Journaliste Rue89

A la demande du président de la fac, les gendarmes ont violemment délogé les étudiants qui bloquaient l’accès. Reportage.


En chiens de faïence, les pros et antiblocage se sont affrontés à coups de slogans ce mardi matin à Nanterre. A 8h00, 200 étudiants alignés bloquent l’entrée du bâtiment de droit, citadelle traditionnellement imprenable par les étudiants grévistes. En face, une armée de plusieurs centaines d’étudiants gronde, ils veulent aller en cours, réforme des universités ou pas. Dès les premières minutes, le match entre les deux camps se fait agressif. Aux « Aristos au boulot » répondent les « Laissez nous travailler ». Parfois, la conversation se noue à grands renforts de slogans :

- Touche pas à ma fac
- Touche pas à la mienne


A la fac de droit de Nanterre, mardi (Audrey Cerdan)

Leurs voix se rejoignent parfois et tous s’époumonnent en un long « Laissez-nous étudier » adressé à leur camarades bloqueurs pour les uns, au gouvernement pour les autres. Ce sera tout car Nanterre est divisée. Les étudiants sont divisés.

Ce matin, la camaraderie était interdite. Incompréhension profonde ou nervosité excitée par le froid, la haine des uns pour les autres a été mise au jour. « Allez les bleus ! “ C’est par ce cri et par un tonnerre d’applaudissements que les antiblocage ont accueilli les CRS venus déloger les grévistes. Minoritaires, ces derniers revendiquent leur légitimité. Un vote à main levée, la veille, avait donné une majorité d’environ 800 voix pour le blocage. Les antibloqueurs contestent ces résultats. Un étudiant déambulait une boîte en carton à la main pour réclamer un vote à bulletin secret.


A la fac de droit de Nanterre, mardi (Audrey Cerdan)

Les forces de l’ordre ont chargé deux fois. Une première fois pour dégager l’entrée de la faculté et une seconde pour tenter de disperser les étudiants. Coups de matraques et gazs lacrymogènes au programme.

‘Pas normal’ pour certains, indipensable pour d’autres, le blocage a profondément divisé les étudiants :


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  • Anonyme

    Je propose de faire une pause dans l’escalade des insultes pour réfléchir un peu.
    Non, les bloqueurs ne sont pas tous des communistes en culotte rouge admirant Stalline, et les anti-bloqueurs ne sont pas tous non plus des fascistes adorateurs de Le Pen.
    Le principe du bloquage est d’empêcher le déroulement des cours afin qu’une majorité d’étudiants puissent aller manifester sans louper certains morceaux du programme. Personnellement, sur le principe, je n’ai aucune objection, mais pour qu’un tel mouvement soit légitime, il faudrait qu’il soit démocratique : qu’on ai des votes à bulletin secret, avec une comptabilité précise (c’est loin d’être le cas), et que tout cela se déroule sans violences de la part des étudiants (ça n’a pas été non plus le cas à Rennes). Je précise que pour moi l’argument « nous sommes une minorité d’étudiant a avoir voté lors de l’AG,donc le vote n’est pas représentatif » n’est pas recevable, car quand on veut s’exprimer, on vas aux urnes, si on ne le fait pas, on n’a pas à se plaindre du résultat du vote.
    D’autre part, dans les anti-bloqueurs on trouve une partie non-négligeable d’opposants à la loi Pécresse. Ainsi,à mon avis, il faudrait trouver une nouvelle forme de contestation afin de leur laisser la liberté de se joindre au mouvement.
    Pour finir, les blocages nuisent à la dynamique de contestation, car au final, ce qui fait débat, c’est l’occupation des facs, alors que ce devrait être les réformes des universités.

    P.S. : Voir des étudiants acclamer des CRS en train de frapper des étudiants c’est assez affligeant et ça fait froid dans le dos (précison que les « spectateurs » enthousiastes sont des étudiants en droit pour la plupart, donc la future justice de notre pays). J’espère qu’ils sont honteux mais je ne me fait pas d’illusions.

    Mario,Nantes (44)

    • Anonyme

      T’as raison de ne pas te faire d’illusion. Il est tout à fait compréhensible d’applaudir des personnes étant venues libérer un lieu de liberté. Moi ça me rassure de voir les futurs tenants de la justice de ce pays tenir autant à la liberté.

  • Anonyme

    ils feraient bien ces jeunes de réfléchir aux conséquences de cette loi sous tous ces aspects,au devenir des facs et universités, je pense que leurs droits à étudier et bigrement en danger.j’ai 57ans je ne suis jamais allée en fac ni meme au lycée, mais lorsqu’ une loi propose le financement des universités par des industiels cela ne peut etre sans compensation à long terme ou alors j’ai l’esprit mal tourné. il se peut dans un proche avenir que ces jeunes aient bien des desillisions en constatant le non avenir auquel ils seront confrontés. dans la vie tout est relatif à ses choix,ils ont fait le leurs dommage pour eux mais ceux qui n’en voulaient pas vont trinquer aussi et c’est plus que regretable.

  • Anonyme

    Ca indigne tout le monde que ces CRS « frappent » des étudiants..Mais que des étudiants en tabassent dautres ca fait rien à personne.. Ns empecher détudier c’est illégal,vous le savez,vs savez aussi que les CRS vont forcément intervenir..Assumez jusquau bout..Vous voulez passer pr des martyrs ? C’est raté pour le moment.. Ce nest pas un mouvement étudiant c’est dla manipulation et vous foncez tète baissée... Cette loi elle est pas si mal si on prend le temps de la lire.. Pour éviter de passer pour une nanti fifille a son papa je tien à préciser que je bosse le soir jusquà 3h du mat afin de financer mes études.. Et je trouve ca lamentable que des petits merdeux ignorants mempèchent daller étudier.. Ca passe son temps à se plaindre mais ce temps vous feriez mieux de lutiliser pour bosser..La vie c’est marche ou crève que vs soyez daccord OU PAS....
    Je suis contre la violence mais la vous saviez à quoi vs attendre et puis ca fait pas dmal dse prendr des coup de pieds au cul. Vous en aviez besoin..

  • Anonyme

    Après visionnage de la vidéo en question, et la lecture d’une partie des commentaires postés ici, je ne sais pas ce que je trouve le plus inquiétant : applaudir les coups de matraques, ou se répandre en discours haineux comme vous le faîtes presque tous ici ?

    D’un côté ceux qui ont visiblement été touchés par la parole divine d’un président en campagne, et qui ont, en moins de six mois, véritablement sacralisés la notion de travail (« bah ouais je trime dans mon boulot ou pour avoir mes exams alors je vaux plus que les autres, merci mon président pour m’avoir rappelé à moi-même ma vraie valeur »). Dangereuse inclinaison du discours. Qui traitent les bloqueurs d’égoïstes (c’est le comble !). Qui s’inquiètent (sic) « de la prolifération des gauchos ». Que ceux qui se préoccupent de l’avenir de l’Université sont des fumeurs de shit, ou des glandeurs. De toute façon ce sont des facistes (mais des fascistes de gauche, c’est pire, car, n’est-ce-pas, Pétain était plus civil que Staline). Que, de façon plus générale, tous sont, ou seront un jour, des assistés, sauf moi. Moi qui me démerde comme un grand, qui veut avoir la possibilité d’étudier (mais qui paye mon loyer ?).

    AHAH. Alors que, pour être passé par la fac, je sais bien que la moitié des étudiants sèchent, et que ceux qui ne sèchent pas se sont pris une cuite la veille, et que ceux qui sont vraiment motivés, ils ouvrent pas leurs gueules comme ça. Vous me ferez plaisir, Messieurs Mesdemoiselles qui avez applaudis ou le feraient bien volontiers un de ces quatre matin, à avoir une mention très bien d’ici la fin de l’année. Rassurez-vous : la faculté est un lieu d’épanouissement où l’on apprend à travailler par soi-même. Eh oui, il est possible, un jour de grève de la RATP par exemple, de potasser son sujet dans des livres, chez soi, au chaud, plutôt que vociférer des mots de haines dans l’air trop froid du matin.

    De l’autre côté, il y a les bloqueurs ou pros bloqueurs. Qui ne veulent pas reconnaître, de fait, que l’intervention est illégale et liberticide. Mais qu’elle permet par là de se faire entendre. Que les plus durs du mouvement ont sans doute des préoccupations bien plus vagues et tenant au simple anti-Sarkozisme qu’à la défense de l’Université libre et gratuite. Il y a aussi des amalgames. Les anti-bloqueurs sont nécessairement fascistes. De toute façon ils vaut mieux juste les insulter, leur faire entendre raison étant en effet au-delà de tout espoir, puisqu’ils sont déjà par trop gavés de télé Star’ac et autres, dont on apprend avec stupeur, que -pour certains en tout cas- il s’agirait d’un programme véritable fer de lance d’une industrie de décérébralisation à grande échelle, le tout manipulé par le grand capital. Alors que bien entendu, il ne s’agit que d’une bête machine à fric, ni plus ni moins.

    Et il y a tous ceux qui s’inquiètent de l’avenir de la fac, tout simplement. De son faible niveau actuel. De la possibilité de garantir à l’avenir sa presque gratuité. De l’avenir de certaines filières. Mais ceux-là ne se font pas beaucoup entendre...

    Car ce dont parlent les gens ici, ce n’est pas, ou à peine, de la fac. Tout cela a évidemment seulement attrait au personnage de Sarkozy, où à ce qu’il a provoqué, et pas à quatre jours de cours manqués.

    Oui, il divise. A l’époque des présidentielles déjà, on en entendait parler à chaque coin de rue ou de cafés. Seulement ça restait poli. Respectueux. Maintenant ça dégénère. J’ai l’impression que les mentalités changent très vite. Vichy, il me semble, ce n’était pas que sa figure de proue, c’était aussi, et surtout, l’état d’esprit d’une population dans son ensemble.

    Alors remballez vos caricatures et vos mots de haines - surtout vous étudiants, surtout ! Vos coups de matraques virtuelles m’effraient plus que celles des CRS.
    HONTE A VOUS !

  • Anonyme

    dehors les gauchos des facs ! ! !
    Quand j’entends ici et là parler de Vichy, pour des étudiants, cela montre bel et bien, leur faible niveau de pertinence.
    Vraiment, il faudrait selectionner l’entrée des facs et interdire tous les mouvements politiques à l’interieur de celle ci !
    Que les étudiants motivées et bosseurs se le dise, ils détiennent la vérité. Respect à eux !

  • Anonyme

    Bienvenue dans l’air de la « politique » spectacle.
    Nous avons les gentils et les méchants, théoriquement les gentils c’est ceux qui sont avec la justice. Mais bon vus que les gentils veulent que les policers tapent sur les méchants, sa deviens eux les méchants. Par contre les méchants d’avant qui sont devenus gentils car ils se font taper dessus, veulent pas que les anciens gentils aillent en cours. Du coup, ils redeviennent les méchants ! Cependant la plus part de ceux qui sont redevenus les gentils ne connaissent même pas la cause du blocage et s’en foutent tant qu’on les laisses taffé. C’est pas tres gentils de pas tenir compte des préocupations de ses camarades, meme si c’est des méchants ... Du coup pif paf pouf on rechange les rôles ad vitam æternam (le latin c’est la classe), sous des hurlements et des coups de matraque. Sans parler des médias qui prennent leurs images pour ensuite bien faire leur sauce avec. Le soir venu les gentils et les méchants quand ils seront chez eux auront le choix entre une version pro-gentil et une version pro-méchante des mêmes faits. Et le lendemain motivés par les messages de « révolutions » ou de « travailler plus pour gagner plus » ils iront de nouveaux devant leur fac ... (ici il faut reprendre depuis le début du texte).

    Vision bordélique/simpliste certes, mais certainement beaucoup plus réaliste que les pseudo-analyses avec des grands mots pour impressionner la galerie.

    PS : Excusez mon orthographe catastrophique, c’est parceque les crs m’ont trop tapé dessu quand des boulets bloquaient la fac.

  • Anonyme

    c abusé, des CRS qui frappent des gosses, qui pourraient etre leurs enfants ! ! ! on t ils des cerveaux ! ! ! ! bref je crois que en france c’est mort ! ! ! trop individualiste, trop cons ! ! etudiez, faites du frics et cassez vous ! ! ! ! ! !

    • Anonyme

      Un tel niveau de réflexion est consternant !