
(De Papeete) La Polynésie retournera aux urnes les 27 janvier et 10 février prochains pour renouveler le mandat des 57 membres de son assemblée. C’est ce qu’a confirmé le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, Christian Estrosi, lors de son dernier déplacement –le troisième en six mois– dans l’archipel, il y a deux semaines.
En organisant ce scrutin un an avant l’échéance prévue, Paris espère mettre fin à l’instabilité qui dure depuis bientôt quatre ans. Depuis mai 2004 et la victoire de l’indépendantiste Oscar Temaru, le pays a vécu une agitation quasi-permanente. Dans la rue, avec des conflits sociaux, des barrages routiers et même l’occupation de l’assemblée et de la présidence par des gros bras. Dans l’Hémicycle, avec sept motions de censure et cinq élections de président au gré d’alliances et de mésalliances entre les élus.
La dernière en date associe Oscar Temaru et Gaston Flosse, le sénateur UMP qui fut pourtant l’ardent défenseur de la présence française en Polynésie pendant trente ans. Durant des décennies, ces deux hommes se sont affrontés, souvent sans nuance, à propos des essais nucléaires ou de l’indépendance. Il y a encore quelques mois, Flosse orchestrait avec ses francs-tireurs les troubles sociaux et politiques qui ont favorisé le renversement des gouvernements Temaru en 2004 et 2006, sous l’œil bienveillant de l’Etat chiraquien. De ce passé d’opposition frontale, les deux frères ennemis ont ainsi choisi de faire table rase pour mieux se partager le pouvoir. C’est ce qui était prévu, au début en tout cas.
Car face à ce péril bleu-orange (les couleurs des partis de Temaru et de Flosse), l’Etat sarkozyste, qui avait tout misé sur le précédent président polynésien et ancien flossiste Gaston Tong Sang pour incarner sa "rupture", a cette fois réagi sans attendre. Après quelques réunions de concertation à Paris et à Papeete, Estrosi a sorti de sa manchette un projet de loi organique dont l’étude commence ce lundi au Sénat.
Ce texte, clame-t-il, garantira davantage de transparence dans le fonctionnement des institutions et l’utilisation des deniers publics -les transferts financiers métropolitains (dotations, salaires et retraites indexées des fonctionnaires et des militaires…) représentent environ un milliard d’euros par an. Il assurera également une plus grande stabilité puisqu’il prévoit une nouvelle modification du mode de scrutin -la troisième en trois ans– assortie d’élections en janvier et février.
Un mode de scructin favorable aux listes autonomistes
Saisie pour avis, l’assemblée locale a rejeté le texte à une écrasante majorité. Se résignant à la volonté de l’Etat d’organiser de nouvelles élections, la plupart des critiques se sont concentrées sur les seuils d’éligibilité. Estrosi veut en effet imposer un seuil de 10% des suffrages exprimés pour pouvoir participer au second tour, assorti d’un seuil de 3% pour participer à la fusion des listes ainsi qu’à la répartition des sièges.
En fixant des seuils aussi bas, le secrétaire d’Etat espère pouvoir qualifier pour le second tour le maximum de formations autonomistes –aujourd’hui divisées entre pro et anti-Flosse- et les obliger à s’unir et à faire barrage aux indépendantistes, qui peuvent sortir en tête le 27 janvier. L’UPLD de Temaru ne s’y est pas trompée en dénonçant l’attitude "partisane" et "néo-colonialiste" du secrétaire d’Etat.
La semaine dernière, la commission des lois du Sénat s’est prononcée favorablement sur l’ensemble du projet de loi. Néanmoins, sous la pression de Flosse, elle a proposé de rehausser les seuils à 5% et 12,5%. Soucieux d’arrimer définitivement le sénateur UMP dans le giron "républicain", Estrosi pourrait lâcher du lest. Le texte doit encore passer devant l’Assemblée nationale à la fin du mois avant d’être examiné par le Conseil constitutionnel. Le bras de fer entre le Sarko-boy du sud et le dernier chiraquien de l’outre-mer n’est donc pas terminé.









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Adapter et adopter des modalités électorales en fonction de résultats prévisibles, c’est vraiment « exotique » !
http://info-espress.over-blog.com/
Je vais souvent en Polynésie (Tahiti, Huahine,…) et j’en reviens toujours avec cette étrange sentiment d’un peuple malheureux, colonisé, à l’avenir bouché.
Nous étions censés leur apporter la civilisation (NOTRE civilisation) et nous avons détruit leur religion polytéiste, leurs coutumes, leur mode de vie, jusqu’à leur mode vestimentaire. Seuls n’en subsistent que quelques erzats pour de riches touristes américains ou australiens.
Que restent il aux Polynésiens ?? Le commerce aux mains des Chinois, L’hôtellerie aux mains de grands groupes américains, avec du personnel chinois ou thailandais (sauf les femmes de ménages, Tahitiennes), l’administration aux mains des Métropolitains. Les universités les plus proches aus Etats Unis (sauf l’Université de Papeete) Une jeunesse peu formée, abandonnée à son sort (Ennui, alcool, drogue) et peu d’espoir de s’en sortir, sauf l’éxil en métropole pour toucher le RMI. S’ils restent au pays, c’est peu d’emplois, sous qualifiés, sous payés que les attendent.
La politique chiraquienne n’a fait qu’accentuer le phénomène (corruption, nepotisme, affairisme,…) et la dessus, on peut dire que Gaston et Oscar, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.
Si vous souhaitez découvrir l’âme polynesienne dans toute sa noblesse, toute sa grandeur et sa simplicité, lisez « l’ile des rêves écrasés " de Chantal SPITZ, aux éditions " Au vent des iles ».
Vous pouvez aussi faire connaissance avec Chantal Spitz en suivant le lien suivant. Ne manquez pas son texte édifiant sur la francophonie. Décapant, pour nos certitudes de « Poppaa Frani »
http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/spitz.html
« Quant à affirmer comme le fait un commentaire, que nous avons détruit la culture Polynésienne, ce n’est pas si simple. Premièrement parce qu’elle est encore bien présente et c’est tant mieux, deuxièmement parce que ce serait rabaissant pour eux de penser les polynésiens hermétiques aux cultures venues d’ailleurs " nous dit " http://impolitis.over-blog.com »
Certes la culture polynesienne est encore présente, comme au « tahiti village " de Moorea ou au " Capitaine Blight » de Papeete, des shows pour touristes qui viennent retrouver la Polynésie dépeinte par Pierre LOTI ou Bougainville. Celle où des colonisateurs venaient se ravitailler en chair fraiche (et jeune si possible) Le pire, dans ce viol culturel, c’est qu’aujourd’hui bon nombre de polynesiens s’efforcent de répondre à ce cliché, voulu par les blancs, en s’éloignant de leurs racines. Tamouré et Ukulele, quelques Marae pour la forme, et voila, on peut rentrer en métropole faire des conférences sur la Polynésie.
D’ailleurs, « http://impolitis.over-blog.com » le reconnait implicitement lorsqu’il précise que ce sont les cultures américaine et australo-néo-zélandaise qui suscitent le plus d’attrait. On a pourtant éviter d’en venir au niveau d’Hawaï, où ce sont les Hommes, qui, pour satisfaire les touristes, dansent le Tamouré, une danse traditionnelle, uniquement féminine