Le gouvernement ne doit pas céder au mouvement des « facs bloquées »
La contestation contre la loi sur l'autonomie des universités prend de l'ampleur. Les unes après les autres, les » facs » sont » bloquées » . Les tout prochains jours diront si les événements en cours prendront une ampleur comparable à ceux du printemps 2006, à propos du contrat première embauche. Mais une question, d'ores et déjà, se pose : est-ce là une nouvelle crise comme il y en a eu tant d'autres ces vingt dernières années, en attendant la prochaine ? Ou vivons-nous, comme on peut l'espérer, la fin d'une époque ? C'est tout l'enjeu de ce qui est en train de se passer.
Laissons ici de côté les aspects juridiques ou moraux du débat. Rappelons simplement une évidence des plus banales, mais que la presse et les commentateurs passent trop sous silence : si l'on ne saurait remettre en cause le droit de grève à l'université comme ailleurs, l'occupation des établissements aux fins d'en empêcher le fonctionnement normal constitue non seulement un acte illégal, mais elle représente une atteinte grave à la liberté d'étudier (pour les étudiants) ou de travailler (pour les enseignants chercheurs).
Cette atteinte est d'autant plus choquante que l'université constitue, par excellence, un lieu d'échange d'idées, un échange qui n'est possible que dans le respect des plus élémentaires libertés individuelles.
Ne nous leurrons pas : c'est non seulement au mépris de la pure et simple légalité mais aussi, le plus souvent, au prix de procédés foncièrement anti-démocratiques que de telles opérations ont lieu. Absence de toutes règles de fonctionnement des soi-disant assemblées générales (dans lesquelles l'attribution arbitraire de la parole et parfois l'intimidation sont de mise), scrutins organisés sur la base d'un corps électoral indéfini et entachés d'irrégularités, prise de pouvoir par des minorités qui imposent leur volonté aux majorités empêchées de s'exprimer : belle école de démocratie, en vérité, que celles des » facs » » bloquées » .
Au coeur du sujet : le délabrement de l'institution
Mais -on est ici au cœur du sujet- si de tels mouvements sont possibles, c'est avant tout du fait du profond délabrement dans lequel se trouve aujourd'hui l'institution. Que ces actions se produisent généralement en milieu de semestre (d'automne ou de printemps) ne doit rien au hasard : nombre des étudiants qui se retrouvent en première année d'université ont déjà perdu pied, victimes d'une orientation quasi-inexistante, et ils n'ont plus pour horizon que leur échec programmé aux prochains examens. Ils deviennent ainsi une masse de manœuvre facile à utiliser, sachant que les syndicats étudiants, qui ne représentent à peu près qu'eux-mêmes, sont de ce fait incapables de prévenir les débordements ou simplement d'organiser un vrai débat démocratique. Enfin, il faut bien voir que rien de tout cela n'aurait lieu si les universités étaient conduites par des équipes réellement responsables et en mesure d'assurer ne serait-ce qu'un fonctionnement normal de leurs établissements, ce qui est précisément l'objet de la loi.
A partir de là, de deux choses l'une. Soit le gouvernement maintient le cap de la réforme et ne cède pas à un mouvement qui a pourtant toute chance de s'amplifier, les mêmes causes produisant les mêmes effets (les présidents d'université, qui ont voulu et soutenu ce texte, ont adopté une position de fermeté qu'il faut au passage saluer, en espérant qu'ils agiront en cohérence dans leurs établissements). La loi Pécresse serait alors mise en œuvre -ce serait du reste la moindre des choses s'agissant d'une loi votée et promulguée- conduisant à doter enfin les universités d'une gouvernance digne de ce nom.
Malgré les insuffisances de cette loi, que nous avions pointées ici même, un engrenage vertueux de réforme de l'ensemble du système pourra alors s'enclencher, notamment dans le sens d'une véritable orientation active qui mettra fin au gâchis de l'échec en premier cycle -une réforme dont un signe de succès sera, dès lors, de faire de ce genre de mouvement un mauvais souvenir. Les animateurs des événements actuels en sont bien sûr conscients, et c'est là, sans nul doute, l'une de leurs principales motivations.
Soit, au contraire, le gouvernement cède, en retirant la loi (cela s'est vu), ou en en édulcorant l'application (il pourrait être tentant d'acheter la paix sur le front étudiant au moment ou d'autres menaces s'accumulent à l'horizon). Outre qu'une telle attitude aurait pour effet d'hypothéquer peut-être irrémédiablement l'ensemble de la politique de réforme du président Sarkozy- qui a fait de cette loi un emblème de son volontarisme réformateur-, elle aurait pour conséquence certaine de faire retomber durablement, pour ne pas dire définitivement, tout espoir d'une amélioration du système universitaire. Il faudrait alors en conclure que ce gouvernement, comme ses prédécesseurs, n'a en réalité que faire d'un dossier pourtant décisif pour l'avenir du pays.
Il est vrai que nos » élites » n'auraient pas à s'inquiéter : ne disposent-elles pas, pour se reproduire, des meilleures grandes écoles du monde ? Les » blocages » de » facs » auraient alors, une fois encore, de beaux jours devant eux.
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De
10H27 | 09/11/2007 |
http://rue89.com/2007/11/08/une-illustration-des-perils-de-la-loi-sur-la…
De
12H53 | 09/11/2007 |
Mais laissez-les donc bloquer les facs, ces immenses pépinières de futurs RMIstes. Laissez-les faire grêve une fois une deux dans leur vie puisqu'après ils seront chômeurs et n'en auront plus l'occasion. Rien à cirer ! Ca ne changera rien pour la France, la vraie, celle qui va de l'avant !
De
17H12 | 10/11/2007 |
a l'auteur et a CA qui ne daigne pas signer ses blagues
entre fevrier et avril 2006, j'ai participé aux grèves étudiantes (qui ne concernaient pas seulement le CPE mais toute la loi sur l'egalité des chances et aussi le LMD) a l'iut de Lannion (22).
Cet etablissement a été pendant plus de 2 mois, le plus grand lieux d'échanges, de débats, et d'enrichissement culturel auquel j'ai jamais assité. Dans un respect le plus total de la démocratie et de toutes les idées, les étudiants ont discuté, ont argumenté, ont pris part a la vie publique (ce fut pour certain la premiere fois de leur vie citoyenne).
Loin des moutons que l'on décrit, chacun s'est sentie investie dans un combat qui dépassait largement un simple contrat mais qui engloba tres vite une vision globale de la société actuelle.
Tous les jours plus de 500 etudiants (sur 800 au total) assistaient aux AG. Toutes les semaines, un vote a bulletin secret reconduisait le blocus.
Sans aucun syndicat présent dans les amphi, dans la plus strict indépendance des syndicats de travailleurs et des partis politique, la jeunesse de cette sous prefecture des cotes d'armor affirmait sa colere et son refus d'une société ultra libérale qui considère le salarié comme un numéro sur un contrat que l'on peut detruire a tout moment.
De manifestations en actions coup de poing, les étudiants se sont battus pour obtenir du respect. La population a compris ce combat et les ont encourager dans toutes leurs actions. Au summum du mouvement, nous etions 6000 dans la rue (population totale de la ville de 20000 habitants).
Fer de lance du grand ouest (avec l'univerté de rennes), une coordination régionale a été organisé pour généraliser certaines actions.
Le gouvernement n'a pas daigné entendre cette colère. Un ministre en visite dans la region a l'epoque a demandé les renforts d'une centaine de CRS belliqueux pour empécher une simple rencontre entre manifestants et representant du gouvernement.
Le blocage des universités n'est pas une réjouissance c'est seulement le moyen de faire sortir les étudiants des salles de cours pour les encourager a discuter a s'informer a debattre. Quand les cours continuent, personne ne se rend aux AG.
beaucoup de courage a tous ceux qui luttent en ce moment.
FanFan
reactionashow.blogspot.com
De Jean-Patrick Nanteuil
20H05 | 12/11/2007 |
Attitude nombrilique. Hors sujet.
De
10H50 | 09/11/2007 |
Chaire Monsieur l'HISTORIEN, pourriez vous, de votre place nous donnner quelques références et ou une bibliographie concernant les mouvements étudiants.
Etant ignare en la matière, pouvez vous nous dire à quelle époque, quel siècle, on trouve trace des premiers mouvements.
Le doute Cartésien y serait-il pour quelque chose ?
De
10H52 | 09/11/2007 |
« Historien » monsieur Bozo. Il est facile de se cacher derrière une position universitaire pour débiter des inepties.
Que monsieur le « chercheur » aille voir sur le site de « l'Autre Campagne » (http://www.lautrecampagne.org/index.php) pour comprendre ce qui motive les gros méchants étudiants qui empêchent le bon peuple d'étudier.
Au passage il pourra écouter un de ses collègues autrement plus intéressant et plus compétent que lui (J'ai nommé Christophe Charle) expliquer clairement en quoi la loi va menacer l'enseignement supérieur et la recherche.
Matthieu VINCENT
Certifié d'Histoire-Géographie
Agrégatif d'Histoire
De thdu
11H06 | 09/11/2007 |
oui, avec un raisonnement simple ( pas simpliste , simple ) on peut montrer les choses selon sa propre idéologie comme le font certains historiens
l'excuse principale :
« mais elle représente une atteinte grave à la liberté d'étudier (pour les étudiants) ou de travailler (pour les enseignants chercheurs) »
la fameuse liberté , celle qu'on retrouve dans la liberté d'entreprendre , en fait n'est pas la Liberté mais simplement la liberté de … comme de traverser dans les clous
effectivement , dans un monde où les étudiants payent leurs études en travaillant et où les enseignants chercheurs sont quasi pas payés , les bloqueurs deviennent automatiquement des affameurs et des casseurs de la volonté individuelle de réussir pour justement se sortir de cette situation
malheureusement de plus en plus se rendent compte que les sacrifices présents ( travail + études + stages gratuits ) risquent ne rien donner dans le futur , donc à quoi bon continuer , ça devient un moment pour tout remettre en question
excuse suivante :
« les syndicats étudiants, qui ne représentent à peu près qu'eux-mêmes »
les syndicats sont minoritaires et le PR a été élu par une majorité , conclusion : leur parole ne vaut rien et la volonté de l'élu n'est pas discutable
autre excuse :
« en édulcorant l'application (il pourrait être tentant d'acheter la paix sur le front étudiant au moment ou d'autres menaces s'accumulent à l'horizon) »
les étudiants ( les syndicats en fait ) profitent lachement d'une situation qui s'annonce agitée pour obtenir le status quo
pourquoi ne pas se demander comment ce gouvernement se trouve dans cette situation ? simplement parce que l'auteur part du principe que dans cette histoire , le gvt a raison et que tout ce qui s'oppose à lui est une force de régression
personnellement , je ne sais pas si les grévistes sont dans le vrai mais , à l'heure actuelle , il n'existe aucune autre forme de pression que le blocage ( voir les internes et les pêcheurs … )
le PR actuel se contente de décider à qui il va donner des compensations pour éviter que tout le monde se retrouve dans la fronde ( la trouille de 95 même si je pense qu'on en est très loin )
excuse finale : ( pas la moins remarquable )
« Il est vrai que nos “ élites ” n'auraient pas à s'inquiéter : ne disposent-elles pas, pour se reproduire, des meilleures grandes écoles du monde ? Les “blocages” de “facs” auraient alors, une fois encore, de beaux jours devant eux. »
c'est donc utiliser l'évidente injustice sociale entre universités/écoles pour estimer que bloquer l'université va encore augmenter cette inégalité donc aller à l'encontre même du but recherché par les bloqueurs
autrement dit , les petits , ils faut que vous n'arrêtiez pas de bosser si vous voulez avoir une petite chance d'accéder à l'élite qui eux n'ont pas besoin de payer leurs études - juste leurs diplômes peut-être ; )
thdu
http://l.i.b.e.r.t.e.free.fr/
De
11H39 | 09/11/2007 |
C'est marrant, ça fait plutôt article du Figaro sur Rue89, tu m'étonnes que les commentaires ne sont pas tendres.
Pour ajouter mes impressions sur ce débat actuel, je dirai que, de mémoire d'étudiant (6 ans maintenant), je ne me rappelle pas qu'une réforme de l'enseignement supérieur n'ait pas déchainé la colère des « étudiants » (entre guillemets car ce sont certains étudiants dont les organisations syndicales). Est-ce parce qu'elles étaient toutes contre l'intérêt des étudiants ?
C'est triste à dire mais il le faut, ceux qui font la grève sont les étudiants dont les diplômes sont le moins considérés par la société française (les sciences humaines et sociales). Leurs étudiants sont, à juste titre d'après moi, révoltés par le système, et, peu importe la raison (on s'en fout au fond), l'idée est de foutre le bordel.
Sauf qu'au final, personne ne règle le vrai problème : faire quelque chose des étudiants de sciences humaines et sociales (et pas cuistot au MacDo si possible).
De
11H48 | 09/11/2007 |
je sais que la toile est propice aux commentaires sans censure, et c'est tant mieux, mais je suis ébahie du niveau de violence des réponses faites à Frédéric Bozo. je ne connais rien au sujet, je suis sûre qu'il y a matière à discussion, mais ceux qui s'opposent aux idées émises ici le font avec tant de brutalité qu'ils ont du mal à convaincre les ignorants comme moi…
De
13H27 | 09/11/2007 |
une grande majorité ne vient pas sur Rue89 pour dialoguer, argumenter, etc., mais pour avoir le sentiment d'exister.
De
13H38 | 09/11/2007 |
Wouaw ! vous connaissez bien les gens dites moi !
Mais dites-moi, faites-vous ce commentaire pour vous sentir exister vous aussi ?
Enfin pour revenir au sujet, il n'y a pas grand chose à dire du texte de monsieur l'historien. Ultra-réactionnaire, sans fondement, sans argument solide, il ne résiste pas à l'épreuve des faits et à un minimum d'humanité.
De
13H32 | 09/11/2007 |
4 ans de facs & 3 ans sup de co au compteur, j'ai découvert le fossé entre les 2 :
En fac : profs sclérosés à débiter leur bouquin à chaque cours, aucun suivi des étudiants, tu arrive à suivre tant mieux, sinon ciao, aucune souplesse sur l'organisation des cours, aucun contact avec le monde de l'entreprise, aucune obligation d'aller si frotter en stage, bref aucune volonté d'inserer les jeunes dans le monde du travail et dans le monde tout court…
ouais, je veux bien que la société ait besoin de phylosophe, d'historien, ect… mais tout le monde ne peut pas gagner sa vie à la sortie de certaines filières, c'est presque irresponsable d'accepter autant d'étudiants dans certains cas…
Si on rajoute qu'il n'y a pas de selection à l'entrée, désolé mais les diplômes universitaire valent plus grand chose
Pour pas faire de vagues, le gouvernement évite ce problème de selection, et ce dit : inserons un peu de compétitions entre les facs en les rendant autonome, peut-être que ça montera le niveau, si en plus on rajoute un peu d'argent from là ou il y en a, dans le monde économique ! ! !
Pourquoi crier au scandale que les entreprises aident les établissements qui sont sensé un jour leur amenés des salariés ? ? ? un problème de liberté ? ? ? J'ai étudié au US, un prof ne se génait pour critique la stratégie d'une entreprise quand bien même elle avait financé les ordinateurs dans la salle de classe ! ! !
ça fait crise d'ado sur le tard tous ces étudiants…
De
15H19 | 09/11/2007 |
Personnellement après un passage en école d'ingénieur, j'ai fait un petit passage à la fac quelques années plus tard. eh bien…. les cours étaient nettement mieux à la fac. Certes c'était en DESS donc avec des effectifs plus réduits, mais les profs étaient compétents sérieux et surtout pédagogues, rien à voir avec ces consultants externes qui viennent juste se faire un peu de beurre supplémentaire en débitant d'un air blasé des polycopiés bateaux dans ce qu'on appelle les « grandes » écoles…
Certes dans les deux types d'établissement on trouve des bons profs et des mauvais profs, mais pour moi le constat était vraiment sans appel
Et puis Le problème n'est pas vraiment de pouvoir critiquer ou pas le monde de l'entreprise en cours, juste de ne pas transformer la fac en une espèce de pépinière « rentable » où on n'enseignerait que des compétences immédiatemment bénéfiques, au détriments des sciences humaines par exemple, ou de la recherche fondamentale.
De
15H31 | 09/11/2007 |
J'ai cru comprendre que tu voulais instaurer une taxe sur les entreprises afin de financer les université. C'est cela ?
Je suis surpris au vu de ton parcours et de tes références aux states et tout ça… mais cela fait plaisir de voir un commercial vanter les mérites de l'impôt en tant qu'instrument de redistribution des richesses.
Bravo !
De
15H10 | 09/11/2007 |
Si il y a des étudiants qui effectivement profitent du blocage des facs pour se la couler douce (parce qu'un dixieme et encore des étudiants seront aux manifs) ils y en a qui savent pourquoi ou plutot contre quoi ils se battent
Le désengagement de l'Etat auprès des universités entraine forcement un investissement de personnes exterieures ds l'etablissement et qui dit investissement dit avoir pour but PROFIT donc toute filière non rentable ( a savoir sciences sociales,philo…) sera laissée de côté…. ce qui revient a dire participe au systeme capitaliste ou crève !
Ms en plus de ça (déja pas bien brillant) les investisseurs seront présents aux conseils d'administration etc et donc moins de représentants d'étudiants,profs,iatos…(qui sont quand même les pilliers de l'université,non ? )
N'oublions pas que ces chers investisseurs auront donc des droits sur les contenus des programmes,qui ne seront donc pas les mêmes selon les differentes facs et un diplome montpellierain par exemple ne sera pas reconnu a Lille alors déja que c'est la galère ms alors la je vois vraiment pas comment un étudiant peut avoir une chance de s'en sortir !
Et pour couronner le tout, ces généreux investisseurs qui rèvent de gloire et de prestige ne se gèneront pas pour augmenter le prix d'entrée a la fac hé oui parce que qui dit entrée chere dit fac de prestige ! !
Alors oui des étudiants bloquent des facs (et sacrifient souvent leur année pour lutter contre les injustices) ms c'est aussi pour l'avenir et quand vous devrez payer a vos enfants leur fac ds 10 ou 20 ans vs serez ptetre bien contents qu'on se soit battu pour vous ou alors vous vous mordrez les doigts en vs disant « j'ai été con j'aurais du me battre avec eux ! »
De
15H49 | 09/11/2007 |
Il y a une différence entre être en désaccord, manifester, être en grève, et bloquer une fac.
J'ai fait les manifs du CPE il y a deux ans, mais je ne me suis pas mise en grève, et mon université n'a pas été bloquée. Deux choses me paraissaient évidente :
- faire la grève, ce ne serait que me pénaliser moi-même. Ca n'empêchait pas le gouvernement de dormir de savoir que des étudiants n'allaient pas cours. Quel intérêt donc à se mettre en grève si cela ne cause aucune pression (en particulier économique, ce sont celles-ci les plus efficaces)
- bloquer ma fac, c'était forcer la main de ceux qui n'étaient pas d'accord avec moi. Comment pourrais-je justifier de contester une loi parce que le gouvernement a ignoré mon opinion et celle de beaucoup d'autres tout en imposant ma propre opinion à d'autres ?
J'ai presque le même raisonnement aujourd'hui, à ceci près que je ne trouve pas la loi Pecresse aussi grave que le CPE - elle est incomplète au pire, pas profondément injuste comme le CPE. Donc, pour moi, ce coup-ci, ni manif, ni grève, ni blocage.
Mon université n'ayant pas été bloquée il y a deux ans, je doute qu'elle le sera cette fois. Si c'est le cas malgré tout, les bloqueurs auront à m'entendre. J'ai un diplôme à obtenir, c'est ma dernière année d'étude. Si je ne vais pas en cours, je raterai presque certainement mon année - je ne me considère pas suffisamment douée pour réussir mon année en ne travaillant que sur bouquins. Je vous jure que si je redouble à cause d'un mouvement auquel je n'adhère pas, ça va chier. Et je demanderai aux syndicats étudiants de me rembourser mes frais d'inscription l'année prochaine.
Juliette
De Infovite
Plébéien. | 16H06 | 09/11/2007 |
La « piétaille » des grévistes serait donc constituée d'étudiants qui ont perdu pied …
Sans être étudiant, je serai partie prenante du mouvement social qui s'amplifiera dans les jours qui viennent car je dois vous l'avouer, j'ai effectivement perdu pied dans notre « belle » société individualiste.
Etudiants et salariés même combat !
http://info-espress.over-blog.com/
De félicité-mafoi
16H08 | 09/11/2007 |
Cet article est-il un complément aux prises de position de la ministre ? :
« Face à la montée de la contestation et des blocages qui touchent de nombreuses universités, Valérie Pécresse en appelle aux non-grévistes. “La solution, c'est que les étudiants aillent dans les assemblées générales”, a-t-elle affirmé ce matin France Inter. “Que les étudiants qui sont ultra majoritaires et qui veulent aller en cours et qui veulent suivre une scolarité normale (…) que ces étudiants-là se déplacent et fassent entendre leur voix”, a lancé la ministre. »
http://www.liberation.fr/actualite/societe/290319.FR.php
je suis inquiète parce que j'ai l'impression que cet appel à la contestation de la contestation est un appel à la violence, caractéristique des membres de ce gouvernement (et du président en particulier) qui va envoyer ses « troupes » casser le mouvement
De
16H20 | 09/11/2007 |
l'idée de redistribuer par exemple la taxe d'apprentissage versée par les entreprises vers les université ou l'école de son choix est déjà une réalité…
En tant que patron de ma boite, cela ne me génerait pas de filer de l'argent à la fac dans laquelle j'ai passé 4 ans si j'étais sur qu'il serait bien utilisé, mais au vu des méthodes de gestion, j'en doute…
J'ai vu un type faire un chèque de 500 millions de dollars à la fac américaine dans laquelle il avait été, sans attendre le moindre profit en retour, il était à la retraite et n'avait plus rien à prouver. En revanche il voulait un siège au CA pour apprécier l'utilisation de son argent, il s'appelle Red McComb !
et ça en France, on aurait bien trouver quelques grincheux pour dire que c'est inadmissible !
Autre exemple, certains collèges d'oxford en GB sont autonomes et financés par exemple grace leur patrimoine immobilier et à des dons et ça ne les empêche pas d'offrir la gratuité total aux thésards sélectionnés !
plus une seule université française dans les classements mondiaux qui prennent pourtant en compte la recherche et les sciences humaines, …mazette continuer les gars à bloquer les facs, ça amuse le reste de la planête !
De
17H05 | 09/11/2007 |
ça sent la vieille guenille et l'épicerie cafard dans cet article…
E.Q.
De Servais-Jean 4591
alpha-béta | 01H08 | 10/11/2007 |
Ci-dessous un lien qui donne une idée des causes de la grève des étudiants.
C'est plus pour répondre à l'historien réac.
http://rue89.com/2007/11/08/une-illustration-des-perils-de-la-loi-sur-la…
De FREDERIC 67
09H15 | 10/11/2007 |
historien mais pas à l'Université c'est pas possible une ignorance pareille (même so je suis ok surla distinction entre la grève et le blocage)
« engrenage vertueux de réforme de l'ensemble du système pourra alors s'enclencher, notamment dans le sens d'une véritable orientation active qui mettra fin au gâchis de l'échec en premier cycle »
comment pouvez vous imaginer 30 » qu'une loi va pouvoir permettre sans aucun apport financier ! l'orientation de 1500 étudiants (par exemple en droit à Strasbourg) de première année !
qui va le faire un prof de droit est un enseignant chercheur en droit, doit il prendre sur ces heures pour faire de l'orientation et de la psychologie à la petite semaine ce n'est pas son métier ! ! ! ! et un service de quelques personnes ne peut réorienter une masse pareille
Que les gouvernements successifs aient permis l'accession au bac à 80% des élèves a créer un afflux de personnes à l'Université sans réel bagage les IUT font des modules dictée pour leur apprendre à écrire ! ! ! ! ! ! et en plus ils nous demandent de remédier au trop important taux d'échec mais je cauchemarde les étudiants ne savent pas écrire est ce le rôle de l'Université et des enseignants chercheurs de leur apprendre ! ! ! je n'ai pas travaille passé des examens des concours pendant 10 ans pour faire le boulot des instituteurs de primaires (et Dieu sait que leur boulot est essentiel, primordial)
et la loi Pécresse va faire quoi pour y remédier vous croyez que grâce au coup de baguette précresse les entreprises vont les embaucher ! ! !
à FREDERIC 67
De
10H17 | 10/11/2007 |
On avait comme « responsables » du mauvais état de la France :
les fonctionnaires
les étrangers mangeant le pain des français …maintenant on aura les étudiants.
La fac française était assez « égalitaire » et permettait à presque tous l'accès à la REFLEXION.
Pour Sarkozy ça devient l'ENNEMI INTERIEUR par excellence.
De
11H45 | 10/11/2007 |
Pharaon s'entête !
De jpmiura
16H50 | 10/11/2007 |
Je ne suis malheureusement pas surpris par la ringardise des critiques du
papier de F. Bozo sur la nécessité de résister au soi-disant mouvement
étudiant.
Toutes ces critiques veulent en fait qu'on ajoute topujours de l'argent
public dans notre système universitaire, sans jamais le réformer.
Certes, il manque d'argent, mais comment ne pas voir qu'en rajouter sans
rien changer serait tout simplment en perdre sans amélioration.
Alors oui le mouvement étudiant est ultra-minoritaire, la loi a été
votée, il faut s'opposer à une manipulation politique comme le dénonce
la Ministre. Qu'on leur envoie la troupe !
à jpmiura
De
00H02 | 11/11/2007 |
Où avez-vous lu que les étudiants « bloqueurs » ne voulaient pas de réformes. Ils ne veulent pas de cette réforme-là mais ils font des propositions depuis des années, mais encore faudrait-il leur donner la parole. Vous ne voyez pas qu'il y a une véritable manipulation médiatiques dès qu'il s'agit de donner la parole à ceux qui s'opposent aux « Réformes » (cf. le site d'Acrimed).
Une ancienne étudiante en sociologie à qui ses années d'études ont permis de développer un esprit critique et d'analyse constructive.
à jpmiura
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 14H28 | 11/11/2007 |
Franchement, vous me faites rire !
Et si l'on commençait par enfin mettre l'argent dans les facs qui y fait defaut depuis des années ! ! Ne croyez vous pas que ceci pourrait déja mettre bien en branle cet « engrenage vertueux de réforme de l'ensemble du système ( ) » que Bozo voit « alors s'enclencher » grace à la loi Pecresse.
L'enseignement et la recherche universitaire ne sont pas des denrées qu'on peut inpunément privatiser ! Les étudiants ont raison de se battre contre une loi qui a été décretée sans veritable concertation ! Soutenons-les !
De
23H17 | 13/11/2007 |
Etonnant, j'ignorais que Paris III avait un UFR d'histoire ? ! !
C'est peut-être parce qu'il n'en a pas ! ! Alors comment un historien se retrouve à Paris III ? Soit parce qu'il a été trop nul pour intégrer une université plus prestigieuse comme la Sorbonne, soit qu'il aime les petites université et se moque du prestige favorisant les étudiants moins chanceux.
Mais à en juger par les divers articles de monsieur Bozo, c'est avant tout la recherche du prestige qui doit galvaniser une université cherchant à séduire de nouveau genre d'actionnaire et pourquoi pas, qui sait, instaurer un CAC40 des universités ! !
Malheureusement pour monsieur Bozo, un tel système serait catastrophique pour l'avenir de Paris III Sorbonne Nouvelle.
Ayant moi même siégé au CA de Paris III, j'ai pu constater cette recherche de la reconnaissance et du prestige en particulier dans les UFR d'Anglais et de Relations Internationales. Mais cela reste l'illusion de quelques présidents d'UFR qui n'y croient qu'à moitié, tant il savent que mainte fois ils ont failli être fagocités par Paris I ou Paris VII.
Aussi si la lois Pécresse passe Censier sera condamné à devenir une université poubelle avec peu de moyen où seul les étudiants pauvres ou médiocres seront encore capable de remplir les bans des amphis.
Car je doute que bcp de mécénat se penche sur une si petite université qui n'offre que peu de déboucher véritablement « rentable ». Et dans le meilleur des cas Paris III finira par fusionner avec des université plus prestigieuse comme celle où vous n'aurez jamais l'occasion d'enseigner, Monsieur Frédéric Bozo ! !
Allende Quinton, Ancien étudiant de Paris III
De Pascal Riché
Rue89 | 11H12 | 14/11/2007 |
Bonjour Allende,
Vous n'êtes pas obligé d'insulter les gens qui ne partagent pas votre point de vue, cela ne renforce pas la creédibilité de vos propos. Frédéric Bozo est tout sauf un historien « nul » et je vous conseille la lecture de son livre sur Mitterrand et la fin de la guerre froide (Odile Jacob, 2005).
Sur le fond, votre remarque est intéressante par ce qu'elle véhicule. Seule l'existence d'une UFR disciplinaire serait à vos yeux une garantie de qualité ? N'est-ce pas une vision un peu archaïque des choses ?
De
13H50 | 14/11/2007 |
Cher Pascal Riché,
Ca ne l'est pas en effet à mes yeux, mais voyez vous la réforme qui se prépare nous démontrera à moyen terme que pour la majorité des futures étudiants, et des futures mécénats cela le sera.
Pour ma part je n'ai nullement insulté monsieur Bozo, Tout au plus je remet en cause sa faculté et sa pertinence d'analyse. Et qu'il est écrit un bon bouquin ne lui donne pas l'omniscience et la pertinence évidente sur tout les sujets, ni ne garantie sa valeur de professeur. L'exemple d'un prix Nobel de Science nous expliquant qu'il y a des races inférieurs en est la preuve.
Maintenant le fond de mon article démontre surtout de l'irresponsabilité d'une telle réforme et de ceux qui la défende.
Je continuerais bien cette discussion indirecte mais je doit « descendre » dans la rue car moi « j'ose » répondre au provocation de notre président, et je n'aurait pas peur de « mettre un coup de boule » à ses réformes.
Bonne Manif et bonne grève à tous ! !