
C’est une députée allemande de Bavière, Gabriele Pauli, qui a lancé l’idée le mois dernier : un mariage à durée déterminée (sept ans), renouvelable. Face au nombre de divorces et aux frais qu’ils engendrent, cette élue de l’Union chrétienne-sociale (CSU) n’a pas hésité à braver son parti, plutôt conservateur, pour proposer ce contrat de mariage, surfant sur la mode du tout jetable.
Une idée saugrenue qui avait déjà des adeptes, comme les animateurs du site Groonk, qui proposait dès fin 2004 de télécharger un formulaire de contrat moral de mariage à durée de trois ou cinq ans.
Au Liban et en Iran, le "mariage de plaisir" est déjà pratiqué
Mais les contrats de mariage précaire ne sont pas l’apanage des sociétés occidentales. Le "mut’a", mariage temporaire ou mariage de plaisir ("zawaj al mut’a") est reconnu par certains chiites. D’une durée convenue entre les époux (au minimum une heure), il est pratiqué dans certains milieux libanais, ou en Iran -où on l’apppelle le sigheh.
De même que la proposition de Gabriele Pauli a été fort mal accueillie dans la société bavaroise et très critiquée au sein de son propre parti, le mut’a jouit d’une très mauvaise image dans l’opinion publique et auprès des religieux musulmans. Ce type d’union est également condamné par les sunnites, soit 90% des musulmans.
Le mariage en CDD, voilà une proposition qui n’a rien de romantique. Mais en théorie, un tel texte de loi serait possible en France. Encore faut-il qu’il y ait un réel intérêt dans la réforme. Et l’argument soulevé par l’élue bavaroise, qui serait d’éviter un divorce douloureux, ne se justifie pas pour Me Caroline Mecary, avocate spécialisée en droit de la famille :
Selon Gabriele Pauli, c’est le coût du divorce qu’un mariage en CDD pourrait éviter. En France, en moyenne, le montant varie de 1 500 euros pour un divorce à l’amiable, à 4 000 euros environ lors d’un divorce pour faute. Mais selon Caroline Mecary, c’est plus les frais liés au partage des biens que le divorce lui-même qui se révèlent coûteux.
En Allemagne, le mariage en CDI a emporté l’élection interne
Au delà de la symbolique "amour-toujours" du mariage traditionnel, l’union civile donne des droits aux conjoints, comme l’acquisition de la nationalité ou le droit au regroupement familial. Des dispositions rappelées par Acerberos, blog juridique suisse, inhérentes au principe d’un mariage à durée indéterminée, et qui seraient alors remises en cause :
Que les adeptes de l’union pour la vie se rassurent, le mariage en CDD n’est pas prêt de voir le jour en France. En Allemagne, l’idée a fait long feu. Si Gabriele Pauli l’a avancée, c’est aussi parce qu’elle entendait se démarquer du président du CSU de l’époque, Edmund Stoiber, connu pour son attachement aux valeurs chrétiennes. La sulfureuse élue avait déjà accusé ce dernier d’espionnage en décembre 2006, le forçant ainsi à quitter ses postes de ministre-président de Bavière et de patron de la CSU.
Mais c’est finalement Erwin Huber qui a succédé à Stoiber à la tête du parti bavarois. Le mariage précaire ne devrait donc rester qu’un mauvais argument de campagne.
Illustration : Serge Bloch
Addendum 07/11 à 10H50 : Correction sur le poste qu’Edmund Stoiber a quitté suite aux accusation de Pauli. Erreur remarquée grâce à un internaute.










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Madame Gabrielle Pauli n’aurait pas une solution aussi pour les mandats électifs ? style « Présidence de la République » ?
Comment revenir sur un engagement que je n’ai pas pris ??
Ne vous mariez donc pas!
Le mutha est surtout pour les pelerins durant le pélerinage, à Meshed, en particulier. Pour l’Occident, il y a longtemps qu’on aurait du ramener le mariage au palier des autres contrats, en prévoyant seulement la protection des droits des « tiers » que sont les enfants à naitre http://nouvellesociete.org/5045.html
Pierre JC Allard
juste pour faire avancer le schimili…le schmilibi… en fin le truc, quoi !
:)
Voici une belle mise en application de nos philosophes des temps modernes: nos auteurs.
L’idée du mariage en CDD reconductible, j’en ai entendu parlé dans un ouvrage d’Amélie Nothomb, Péplum, où dans le « futur », les hommes et femmes se marient selon un CDD de 3 ans renouvelables. J’avoue qu’à l’époque, où je ne croyais pas (plus?) à cet amour éternel, l’idée m’avait séduit.
Aujourd’hui, je ne sais pas si c’est un mal ou un remède… Mais l’idée mérite d’être creusée.
En fait ce serait un peu le business du mariage…
Avant de se marier, on passe devant monsieur le maire et le curé, ou bien devant un DRH ?
si le problème se pose, c’est que le mariage EST un contrat..
pas de contrat, pas de divorce…
après tout le mariage n’est pratiqué par l’ensemble de la population que depuis peu de temps au regard de l’histoire.
et pour les croyants de l’amour, à quoi sert une signature sur un bout de papier
il suffirait de sécuriser - contractuellement - l’avenir des enfants, quand enfant il y a…